{"id":7189,"date":"2007-02-07T14:11:40","date_gmt":"2007-02-07T13:11:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=7189"},"modified":"2016-02-07T14:25:57","modified_gmt":"2016-02-07T13:25:57","slug":"temps-et-orientation-le-projet-de-vie-adulte-a-lepreuve-de-la-postmodernite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2007\/temps-et-orientation-le-projet-de-vie-adulte-a-lepreuve-de-la-postmodernite\/","title":{"rendered":"Temps et orientation : le projet de vie adulte \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de la postmodernit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-j\"><strong><em>Francis DANVERS<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_temps_orientation_103_projet.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-7075 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/em><\/strong><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/strong><\/p>\n<table class=\" aligncenter\" style=\"height: 151px;\" border=\"0\" width=\"547\">\n<tbody>\n<tr>\n<th scope=\"row\" width=\"0%\">\n<p class=\"resume\"><strong>\u00ab On ne tire pas sur les fleurs pour les faire pousser. \u00bb<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-r\"><strong>Raymonde Bujold, cit\u00e9e par J.P. Sauz\u00e8de, Inspecteur de l\u2019orientation, Lyon, 2003 in <em>Les cahiers d\u2019\u00e9ducation et devenir, Creil<\/em>, Janvier, n\u00b057, pp. 51-55.<\/strong><\/p>\n<\/th>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Nous sommes les contemporains d\u2019une mutation des temporalit\u00e9s. Hier, le pass\u00e9 \u00e9tait le garant de l\u2019avenir et source d\u2019imitation. C\u2019\u00e9tait le temps de l\u2019histoire, \u00ab ma\u00eetresse de vie \u00bb. D\u00e9sormais, le temps s\u2019acc\u00e9l\u00e8re. Il n\u2019est plus seulement le cadre de ce qui arrive, il devient un acteur : les choses n\u2019adviennent plus dans le temps, mais par lui. Partant du constat que le projet de vie est un ph\u00e9nom\u00e8ne temporellement orient\u00e9, nous analysons les formes dominantes de temporalit\u00e9s pour nous interroger sur la pertinence du mod\u00e8le de l\u2019adulte \u00e9talon dans la post-modernit\u00e9. Avec la mont\u00e9e des incertitudes et de la pr\u00e9carit\u00e9 est-il encore possible de choisir son avenir ?<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"#introduction\">Introduction<\/a><br \/>\n<a href=\"#1\">1. Les repr\u00e9sentations traditionnellement dominantes de temporalit\u00e9s<\/a><br \/>\n<a href=\"#2\">2. Du cosmos au chaos: un changement de paradigme pour penser la \u00abd\u00e9sorientation\u00bb <\/a><br \/>\n<a href=\"#3\">3. Peut-on encore choisir son avenir <\/a><br \/>\n<a href=\"#4\">4. Vers un double effacement de la perspective et de l&rsquo;h\u00e9ritage<\/a><br \/>\n<a href=\"#5\">5. Le temps allong\u00e9 de l&rsquo;insertion socio-professionnelle des jeunes adultes<\/a><br \/>\n<a href=\"#6\">6. De l&rsquo;adulte-\u00e9talon \u00e0 l&rsquo;adultat : une recomposition des \u00e2ges de la vie <\/a><br \/>\n<a href=\"#7\">7. La crise du mitan de vie n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question d&rsquo;\u00e2ge<\/a><br \/>\n<a href=\"#8\">8. L&rsquo;orientation en seconde partie de carri\u00e8re : une question de soci\u00e9t\u00e9 <\/a><br \/>\n<a href=\"#8\">9. N\u00e9cessit\u00e9 oblige, de l&rsquo;unicit\u00e9 du projet de vie adulte \u00e0 la pluralit\u00e9 des projets transitionnels ?<\/a><br \/>\n<a href=\"#conclusion\">Conclusion<\/a><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"introduction\" name=\"introduction\"><\/a>INTRODUCTION<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les experts scientifiques de l\u2019orientation scolaire et professionnelle n\u2019accordent gu\u00e8re d\u2019importance \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du temps et de la dur\u00e9e dans le processus d\u2019orientation<sup>1<\/sup>. Pourtant cette dimension est fondamentale pour qui veut offrir une \u00ab vue synoptique \u00bb de l\u2019orientation dans tous ses \u00e9tats, entendue au sens anthropologique du terme. En effet, nous consid\u00e9rons l\u2019orientation dans le sens le plus large : s\u2019orienter tout au long du cycle de l\u2019existence et s\u2019orienter dans tous les \u00e9tats de la vie, personnelle, sociale et professionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous interrogerons la modernit\u00e9 dans ses ruptures et sa proc\u00e9dure classificatoire des \u00e2ges de la vie. Qu\u2019est-ce qu\u2019\u00eatre adulte aujourd\u2019hui ? Un nouvel \u00e2ge de la personnalit\u00e9 est en train d\u2019\u00e9merger avec l\u2019apparition du vieillissement actif dans des soci\u00e9t\u00e9s de longue vie. \u00ab Choisir un \u00e9tat \u00bb, en s\u2019orientant une fois pour toute au sortir de l\u2019enfance, n\u2019est plus possible. \u00ab Apprendre \u00e0 savoir-devenir \u00bb, en construisant un parcours c\u2019est-\u00e0-dire se r\u00e9orienter, retourner en formation, faire le bilan de son exp\u00e9rience, valoriser ses acquis, entrer dans une proc\u00e9dure de reconnaissance sociale <em>(portfolio)<\/em>, d\u00e9velopper de nouvelles comp\u00e9tences pour d\u2019autres projets\u2026 deviennent des n\u00e9cessit\u00e9s existentielles quand le sujet est expos\u00e9 aux risques d\u2019un monde en changement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Pour comprendre la signification des trajectoires chaotiques et impr\u00e9dictibles de la vie adulte postmoderne, nous nous interrogerons sur le sens d\u2019un nouveau rapport au temps, qui fait une large place \u00e0 la culture, dans l\u2019acte de s\u2019orienter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir tent\u00e9 d\u2019appr\u00e9hender la notion de temps, nous montrerons en quoi la \u00ab d\u00e9sorientation \u00bb actuelle (perte des rep\u00e8res, crise des identit\u00e9s, etc.) peut s\u2019interpr\u00e9ter \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019un changement de paradigme. Notre rapport \u00e0 l\u2019avenir s\u2019est opacifi\u00e9. Le d\u00e9senchantement du monde nous fait douter de l\u2019horizon utopique d\u2019un avenir radieux. Quelles sont les nouvelles temporalit\u00e9s de la vie adulte dans le contexte de la postmodernit\u00e9 ? Nous nous attarderons successivement sur le temps allong\u00e9 de l\u2019insertion professionnelle des jeunes, puis sur les temps recompos\u00e9s de la vie adulte, comprenant notamment la crise du milieu de vie propice \u00e0 l\u2019orientation en seconde partie de carri\u00e8re. Nous conclurons sur la perspective d\u2019une orientation professionnelle continue qui fasse une place \u00e0 la diversit\u00e9 culturelle et interculturelle des temps de vie articul\u00e9s \u00e0 l\u2019apprentissage tout au long de la vie.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"1\" name=\"1\"><\/a>1. LES REPR\u00c9SENTATIONS TRADITIONNELLEMENT DOMINANTES DE TEMPORALIT\u00c9S<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><em>Qu\u2019est-ce que le temps ? \u00ab Le temps est l\u2019image mobile de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 immobile \u00bb (Platon).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le temps est le nombre du mouvement \u00bb (Aristote). Mais savons-nous r\u00e9ellement ce qu\u2019est le temps ? Pour Augustin, le temps est une \u00e9nigme. Le temps est une cr\u00e9ation humaine de m\u00eame que la marque de notre finitude. Apparu aux environs du X\u00e8me si\u00e8cle dans la langue d\u2019o\u00efl, le terme dissimule un grand nombre de notions que traduisent dans d\u2019autres langues des mots diff\u00e9rents : chronologique, atmosph\u00e9rique, grammatical. Multidisciplinaire par excellence, le concept \u00e9merge dans de nombreux domaines de la vie sociale et culturelle, le temps est \u00ab cosmique \u00bb, \u00ab sid\u00e9ral \u00bb, \u00ab existentiel \u00bb, \u00ab biologique \u00bb, \u00ab individuel \u00bb, \u00ab social \u00bb, etc. Le temps peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une dur\u00e9e, mais aussi comme une grandeur orient\u00e9e. Les \u00ab fl\u00e8ches du temps \u00bb sont orient\u00e9es : la fl\u00e8che cosmologique, la fl\u00e8che gravitationnelle, la fl\u00e8che quantique, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le naturaliste S. Gould (1977) discerne dans la repr\u00e9sentation du temps, deux formes oppos\u00e9es et compl\u00e9mentaires, un temps circulaire et un temps irr\u00e9versible, fl\u00e9ch\u00e9, \u00absagittal \u00bb. Toute repr\u00e9sentation sociale du temps est une combinatoire particuli\u00e8re de ces deux \u00e9l\u00e9ments, psychologiquement \u00e9vidents et contradictoires. \u00c0 cette opposition, l\u2019anthropologue E. Leach (1980) ajoute une troisi\u00e8me forme de repr\u00e9sentation, celui d\u2019un temps comme discontinuit\u00e9 de contrastes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, suite d\u2019oscillations entre p\u00f4les oppos\u00e9s, qui est celui des r\u00e9cits mythiques. La repr\u00e9sentation de la temporalit\u00e9 dans diverses soci\u00e9t\u00e9s combine des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux diff\u00e9rents qui permettent de d\u00e9gager les notions \u00ab d\u2019histoire \u00bb, de \u00ab r\u00e9cit \u00bb, et \u00abd\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00bb propres \u00e0 une civilisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Braudel (1949) exposa dans sa th\u00e8se sur<em> La M\u00e9diterran\u00e9e et le monde m\u00e9diterran\u00e9en<\/em> <em>\u00e0 l\u2019\u00e9poque de Philippe II<\/em> une division ternaire du temps historique : le temps long, \u00ab quasi immobile \u00bb, du rapport des hommes et de leur milieu aux structures, le temps moyen des groupes sociaux et de l\u2019\u00e9conomie, le temps court de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Schwartz et Durrive (2003) distinguent \u00ab un temps de longue dur\u00e9e pour les valeurs du bien commun ; un temps plus volatile pour les valeurs du march\u00e9 ; un temps ergologique pour l\u2019activit\u00e9 qui retravaille les valeurs \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Grecs avaient deux mots pour parler du temps, <em>Chronos<\/em>, c\u2019est le temps lin\u00e9aire, programm\u00e9, r\u00e9p\u00e9titif qui fonde le calendrier ; <em>Ka\u00efros<\/em>, le temps de l\u2019occasion, le moment propice, l\u2019\u00e9v\u00e9nement dont on n\u2019a pas la ma\u00eetrise et qui du coup permet l\u2019improvisation et l\u2019habilet\u00e9 dans un contexte frapp\u00e9 d\u2019incertitude. Dans la mythologie, <em>Chronos<\/em> est associ\u00e9 \u00e0 l\u2019omnipotence et <em>Ka\u00efros<\/em>, l\u2019omnipr\u00e9sence. A Chronos est associ\u00e9 le temps et le faire ; \u00e0 Ka\u00efros, \u00e0 l\u2019espace et l\u2019\u00eatre (Pineau, 2000).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Se conformer au moment \u00bb est une \u00e9vidence de la pens\u00e9e chinoise. Si l\u2019on consid\u00e8re la vie en tant que processus, le temps de l\u2019un n\u2019est pas le temps de l\u2019autre. Le temps psychologique est un contexte primordial, sorte de \u00ab quatri\u00e8me dimension dans laquelle nous vivons (et) qui conditionne \u00e0 chaque instant nos actions et nos \u00e9tats d\u2019\u00e2me \u00bb (Droit-Volet, 2005).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Une heure pour chaque exercice, et chaque exercice \u00e0 son heure \u00bb,<em> Le Dictionnaire de p\u00e9dagogie et d\u2019instruction primaire<\/em> (Buisson, 1887) r\u00e9sume l\u2019id\u00e9e fondamentale, longtemps appliqu\u00e9e dans notre organisation scolaire. La conception de l\u2019enseignement du si\u00e8cle dernier a impos\u00e9 dans le secondaire un emploi du temps normalis\u00e9, quels que soient les objectifs \u00e9ducatifs, les contextes et les individus concern\u00e9s. L\u2019invention de l\u2019emploi du temps scolaire est plus politique qu\u2019\u00e9conomique, en ce sens qu\u2019il est li\u00e9 au type d\u2019ordre, donc de domination qui s\u2019est instaur\u00e9 dans nos soci\u00e9t\u00e9s (Weber, 1905).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps de l\u2019\u00e9cole est un temps qui, depuis le XIXe si\u00e8cle, n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019allonger. Aujourd\u2019hui un \u00e9l\u00e8ve passe en moyenne, dix-neuf ans dans l\u2019institution scolaire et le temps de travail hebdomadaire d\u2019un lyc\u00e9en avoisine une quarantaine d\u2019heures. De la maternelle \u00e0 l\u2019universit\u00e9, l\u2019\u00e9colier fran\u00e7ais est confront\u00e9 aux rythmes des cycles d\u2019enseignement qui vont conditionner sa r\u00e9ussite. R\u00e9ussir sa scolarit\u00e9, c\u2019est \u00eatre \u00e0 l\u2019heure\u2026 ou \u00e0 l\u2019avance ! Les nouvelles pratiques p\u00e9dagogiques, les technologies de l\u2019information et de la communication, et l\u2019individualisation des parcours de formation incitent \u00e0 remettre en cause le cadre traditionnel et \u00e0 exp\u00e9rimenter l\u2019emploi du temps mobile (Husti, 1986).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les conduites d\u2019orientation se construisent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 moyen et long terme vers le futur. Comment transmet-on de l\u2019avenir \u00e0 quelqu\u2019un qui en manque ou qui renonce ? Les psychologues savent, aux dires de Levine et Develay (2003), que le futur doit d\u2019autant plus faire partie de l\u2019horizon temporel que les sujets d\u2019angoisse sont forts (sources d\u2019angoisse venant de l\u2019existence personnelle, de la famille, de la soci\u00e9t\u00e9 ou qui concerne le sort de l\u2019esp\u00e8ce) : \u00ab Chacun doit pouvoir trouver une occasion de d\u00e9veloppement\u2026 \u00e0 sa mesure, l\u2019une des finalit\u00e9s de l\u2019\u00e9cole \u00e9tant le d\u00e9veloppement optimal des qualit\u00e9s et des potentialit\u00e9s de chacun dans le cadre de la zone proximale de d\u00e9veloppement \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le drame de l\u2019orientation tient \u00e0 trois choses : le caract\u00e8re irr\u00e9versible du temps (pas de retour en arri\u00e8re possible) ; nous n\u2019avons pas de vie de rechange (chaque \u00eatre humain na\u00eet, cro\u00eet, devient adulte, puis vieillit et meurt qu\u2019une fois) ; le droit \u00e0 l\u2019erreur est une vue de l\u2019esprit (l\u2019id\u00e9e de \u00ab brouillon de vie \u00bb est absurde). <em>Dans \u00catre et temps<\/em>, Heidegger (1927) a montr\u00e9 sur le plan ontologique que l\u2019exposition temporelle de l\u2019\u00eatre-au-monde orient\u00e9 comme \u00eatre vers la mort est une question m\u00e9taphysique qui touche \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00eatre (la transcendance du monde). L\u2019essence de l\u2019homme se d\u00e9ploie dans le temps d\u2019o\u00f9 la question de la m\u00e9moire et de l\u2019histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-on s\u00e9parer le temps de l\u2019espace ? Hawking (1988) dans <em>Une br\u00e8ve histoire du temps observait que le temps<\/em> imaginaire est difficilement dissociable de directions dans l\u2019espace. Le cadre conceptuel de la dissociation spatio-temporelle nous am\u00e8ne \u00e0 consid\u00e9rer que \u00ab dans un monde postmoderne, l\u2019inter-relation du temps et de l\u2019espace ne serait plus command\u00e9e par l\u2019historicit\u00e9 \u00bb (Giddens, 1994). La postmodernit\u00e9, c\u2019est en un sens une autonomie croissante vis-\u00e0-vis des contraintes spatiales et temporelles.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"2\" name=\"2\"><\/a>2. DU COSMOS AU CHAOS: UN CHANGEMENT DE PARADIGME POUR PENSER LA \u00ab D\u00c9SORIENTATION \u00bb<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le sens technique<sup>2<\/sup> de chaos appara\u00eet en 1975. Le monde instable qui nous entoure para\u00eet souvent impr\u00e9visible, plein de d\u00e9sordre et de hasard. Les math\u00e9matiques jouent un r\u00f4le inattendu dans cette compr\u00e9hension avec l\u2019apport de Thom (1980), permettant une classification des catastrophes : \u00ab La th\u00e9orie des catastrophes consiste \u00e0 dire qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne discontinu peut \u00e9merger en quelque sorte spontan\u00e9ment \u00e0 partir d\u2019un milieu continu \u00bb. Une partie de cette complexit\u00e9 du monde est maintenant devenue scientifiquement compr\u00e9hensible gr\u00e2ce \u00e0 la th\u00e9orie du \u00ab chaos d\u00e9terministe \u00bb d\u00e9velopp\u00e9e par les sciences exactes (Gleick, 1989). Cette th\u00e9orie analyse quantitativement les limites \u00e0 la pr\u00e9dictibilit\u00e9 d\u2019une \u00e9volution d\u00e9terministe : une faible incertitude initiale donne lieu dans certains cas \u00e0 une incertitude croissante dans les pr\u00e9visions. Autrement dit, l\u2019incertitude des pr\u00e9visions cro\u00eet \u00e9norm\u00e9ment avec le temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Une cause tr\u00e8s petite, qui nous \u00e9chappe, d\u00e9termine un effet consid\u00e9rable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est d\u00fb au hasard \u00bb (Poincar\u00e9, 1908). Fondamentalement il s\u2019agit du ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019\u00e9mergence d\u2019ordre, \u00e0 partir d\u2019un syst\u00e8me dynamique complexe, par auto-organisation. L\u2019ordre absolu, o\u00f9 tout est d\u00e9termin\u00e9, m\u00e9canique, pr\u00e9visible, ne permet aucune nouveaut\u00e9. Le d\u00e9sordre absolu, le chaos, ne permet aucune stabilit\u00e9. Le chaos d\u00e9terministe d\u00e9crit un \u00e9tat interm\u00e9diaire, caract\u00e9ristique des syst\u00e8mes complexes. Il y a \u00e0 la fois maintien de stabilit\u00e9 et changement permanent plus ou moins pr\u00e9visible : c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 il y a analogie avec le chaos vocationnel. La th\u00e9orie du chaos insiste sur l\u2019importance \u00e0 accorder \u00e0 la non-lin\u00e9arit\u00e9 des \u00e9v\u00e8nements afin d\u2019\u00e9voquer la port\u00e9e de \u00ab l\u2019extraordinaire ordinaire du quotidien \u00bb qui, le plus souvent \u00e0 notre insu, marque l\u2019existence humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le futur individuel ou collectif est une extrapolation ; hier comme aujourd\u2019hui, il reste incertain. Ce qui est nouveau, c\u2019est l\u2019impr\u00e9dictibilit\u00e9 du futur qui affecte d\u00e9sormais globalement notre civilisation toute enti\u00e8re, travers\u00e9e par une acc\u00e9l\u00e9ration du changement social. La postmodernit\u00e9, c\u2019est le temps des trajectoires chaotiques et impr\u00e9dictibles qui font \u00ab \u00e9v\u00e8nement \u00bb. Dans le chaos social, d\u00e9crit par Riverin-Simard (1996), il s\u2019agit de penser un temps qui se d\u00e9tache d\u2019un temps circulaire li\u00e9 au rythme de la nature, et se d\u00e9marque d\u2019un temps lin\u00e9aire et t\u00e9l\u00e9ologique, propre \u00e0 l\u2019Occident jud\u00e9o-chr\u00e9tien.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"3\" name=\"3\"><\/a>3. PEUT-ON ENCORE CHOISIR SON AVENIR ?<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le propre de l\u2019\u00eatre humain est de se projeter dans l\u2019avenir (Dolto, 1988). G\u00e9n\u00e9ralement l\u2019adolescent \u00e9volue avec un rapport amphigourique (compliqu\u00e9 et obscur) \u00e0 l\u2019avenir. Dans l\u2019abstrait, toutes les bifurcations sont possibles dans une autocr\u00e9ation permanente, parce que nous avons toujours \u00ab du mouvement pour aller de l\u2019avant \u00bb. Dans l\u2019absolu, toute personne peut op\u00e9rer tout choix \u00e0 tout moment en fonction de toute fin. Ce constat ne signifie pas la vanit\u00e9 des sciences humaines, qui montrent bien des tendances, des probabilit\u00e9s et des conditions de possibilit\u00e9s, davantage qu\u2019un (pr\u00e9)d\u00e9terminisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier d\u00e9fi de l\u2019\u00e9ducation est de donner le go\u00fbt de l\u2019avenir. \u00ab Avoir le go\u00fbt de l\u2019avenir, c\u2019est vouloir gouverner celui-ci ; c\u2019est refuser qu\u2019il soit livr\u00e9 aux lois du hasard, abandonn\u00e9 \u00e0 la fatalit\u00e9, \u00e0 la domination, aux logiques m\u00e9caniques d\u2019un processus sans sujet\u2026 C\u2019est penser que le pire n\u2019est jamais s\u00fbr, que le futur n\u2019est jamais d\u00e9cid\u00e9 \u00bb (Guillebaud, 2003).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019intervention sociale en orientation s\u2019oppose au principe de la lutte des classes. Une des conditions pour qu\u2019il y ait lutte des classes est que l\u2019individu consid\u00e8re que sa destin\u00e9e ne peut pas \u00eatre fondamentalement influenc\u00e9e par ses propres efforts, mais d\u00e9pend essentiellement du sort de la classe \u00e0 laquelle il appartient. Pour qu\u2019une orientation personnelle puisse s\u2019\u00e9panouir, il faut donc admettre que l\u2019avenir d\u00e9pend avant tout des capacit\u00e9s individuelles, et non pas seulement du destin de classe ou de toute autre forme de d\u00e9terminisme (sexe, ethnie, etc.). Le psychologue canadien, Bandura (1997) a beaucoup insist\u00e9 sur l\u2019importance du sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle (\u00ab croyance d\u2019auto-efficacit\u00e9 \u00bb) qui concerne toutes les sph\u00e8res de la vie : \u00e9ducation, travail, sant\u00e9, loisirs, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son rapport pour le compte du Commissariat au Plan, <em>Le Travail dans 20 ans<\/em>, Boissonnat (1995), \u00e9voquait en ces termes l\u2019\u00e9volution des attentes sociales des Fran\u00e7ais face \u00e0 leur avenir : \u00ab La premi\u00e8re demande est une demande d\u2019identit\u00e9. Elle correspond \u00e0 l\u2019attente forte d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9, et d\u2019\u00eatre reconnu comme tel, d\u2019assumer une fonction socialement utile\u2026 Cette volont\u00e9 d\u2019implication va souvent de pair avec une demande de plus d\u2019autonomie et de responsabilit\u00e9. Pour les salari\u00e9s, cela se traduit par la recherche d\u2019une plus grande marge de manoeuvre et de souplesse dans l\u2019organisation du travail, un refus des hi\u00e9rarchies trop lourdes, une demande d\u2019information plus pr\u00e9cise sur la marche de l\u2019entreprise\u2026 \u00bb. Reste \u00e0 se demander si la nature de ces attentes est compatible avec les caract\u00e9ristiques dominantes de la politique de gestion des ressources humaines dans les entreprises qui sont de plus en plus fond\u00e9es aujourd\u2019hui sur la flexibilit\u00e9<sup>3<\/sup> des emplois, la pr\u00e9carisation des statuts, la hi\u00e9rarchisation des comp\u00e9tences, et la s\u00e9lectivit\u00e9 croissante \u00e0 l\u2019embauche. La \u00ab tyrannie de l\u2019urgence \u00bb, (La\u00efdi, 1999), conduit \u00e0 une d\u00e9valorisation culturelle de l\u2019avenir et \u00e0 une crise de la prospective. L\u2019\u00e9ducation, l\u2019enseignement et a <em>fortiori<\/em> l\u2019orientation sont contraintes de mani\u00e8re irr\u00e9ductible \u00e0 prendre en consid\u00e9ration l\u2019avenir dans leur organisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque \u00e9poque de l\u2019histoire humaine entretient un rapport \u00e0 l\u2019avenir qui lui est propre. A chaque fois notre rapport au pr\u00e9sent s\u2019est vu boulevers\u00e9 par l\u2019Histoire, \u00ab une nouvelle forme de modernit\u00e9 est toujours apparue \u00bb, \u00e9crivait Foucault (1966). Au cours de l\u2019\u00e9volution de la crise de l\u2019\u00e9poque moderne, le rapport \u00e0 l\u2019avenir est devenu toujours plus ouvert et ind\u00e9fini. Comment inventer pour transformer le devenir en avenir ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De Jouvenel (1964) plaide en faveur de l\u2019art de la \u00ab conjecture raisonn\u00e9e \u00bb, en consid\u00e9rant que \u00ab Dans notre soci\u00e9t\u00e9 en mouvement, la r\u00e9flexion sur l\u2019avenir n\u2019est plus seulement curiosit\u00e9 (pratiques divinatoires de l\u2019antiquit\u00e9), mais n\u00e9cessit\u00e9. Si grand que soit le risque d\u2019erreur, l\u2019inconv\u00e9nient est bien moindre que celui de ne point pr\u00e9voir\u2026 La notion de probabilit\u00e9 est un moyen d\u2019orientation dans l\u2019incertain \u00bb. Dans un monde d\u00e9senchant\u00e9, nous avons quitt\u00e9 l\u2019horizon de l\u2019attente et de la promesse et substitu\u00e9 le principe de responsabilit\u00e9 envers les g\u00e9n\u00e9rations futures (Jonas, 1979), au principe d\u2019esp\u00e9rance (Bloch, 1957).<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"4\" name=\"4\"><\/a>4. VERS UN DOUBLE EFFACEMENT DE LA PERSPECTIVE ET DE L\u2019H\u00c9RITAGE<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La perspective d\u00e9signe la fa\u00e7on ordinaire de penser et de sentir d\u2019une personne qui se trouve dans telle situation. Ce concept ph\u00e9nom\u00e9nologique, pr\u00e9sent notamment chez Becker (1963), Schutz (1987) etc. peut s\u2019interpr\u00e9ter comme un ensemble coordonn\u00e9 d\u2019id\u00e9es, de croyances et de sch\u00e8mes d\u2019action qu\u2019une personne utilise pour se sortir<em> (coping)<\/em> des situations probl\u00e9matiques. La perspective repr\u00e9sente en quelque sorte le cadre \u00e0 travers lequel l\u2019individu donne sens au monde qui l\u2019environne. Ainsi une perspective est tributaire du milieu culturel qui la suscite et elle engage \u00e0 l\u2019action, au moyen des strat\u00e9gies d\u00e9ploy\u00e9es en cons\u00e9quence. Par exemple, les \u00abperspectives\u00bb de l\u2019enseignant sont comme des cat\u00e9gories de pens\u00e9es \u00e0 travers lesquelles il appr\u00e9hende son monde professionnel et les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de son identit\u00e9 en tant qu\u2019enseignant. Trois grands types de perspectives peuvent \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s en fonction de leur orientation :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; L\u2019orientation de \u00ab survie \u00bb<br \/>\n&#8211; L\u2019orientation professionnelle<br \/>\n&#8211; L\u2019orientation personnelle<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On distingue aussi les perspectives \u00e0 long terme et les perspectives imm\u00e9diates ; les perspectives individuelles et les perspectives de groupe. Ces derni\u00e8res, comme cadres de r\u00e9f\u00e9rence ne sont que des modes d\u2019interpr\u00e9tation du monde soutenus par un groupe qui doit affronter un probl\u00e8me commun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Nuttin (1980), le comportement humain est caract\u00e9ris\u00e9 par un dynamisme d\u2019autod\u00e9veloppement, car chez l\u2019homme existe une tendance \u00e0 progresser vers des buts de plus en plus avanc\u00e9s. Le comportement humain se caract\u00e9rise \u00e9galement par sa directionnalit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire sa capacit\u00e9 de se donner \u00e0 soi-m\u00eame des orientations, des finalit\u00e9s pour d\u00e9clencher, modifier et r\u00e9guler ses actions au-del\u00e0 de programmes initiaux. La notion de perspective d\u2019avenir, d\u2019horizons temporels, est devenue probl\u00e9matique dans un monde o\u00f9 est remise en question \u00ab l\u2019autorit\u00e9 du futur \u00bb, \u00e0 savoir la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer des projets qui nous autorisent \u00e0 agir aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des repr\u00e9sentations des m\u00e9tiers sont sans rapport avec la r\u00e9alit\u00e9 observable des offres d\u2019emploi et des contextes de travail. La largeur du champ des professions auxquels on pense spontan\u00e9ment est extr\u00eamement r\u00e9duite. En France et chez nos voisins, les conduites d\u2019orientation sont fonction des repr\u00e9sentations construites dans la vie ordinaire, \u00ab ici et maintenant \u00bb: artisanat, sant\u00e9, \u00e9ducation et quelques m\u00e9tiers prestigieux dans l\u2019univers socio-m\u00e9diatique : journaliste, ing\u00e9nieur, arch\u00e9ologue, etc. Les int\u00e9r\u00eats exprim\u00e9s par les personnes sont l\u2019effet d\u2019un choix professionnel restreint. Pourtant, il existe plus d\u2019un millier de m\u00e9tiers couramment r\u00e9pertori\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, avec le passage de la Modernit\u00e9 \u00e0 la postmodernit\u00e9, les temporalit\u00e9s de l\u2019orientation ont vu leur polarit\u00e9 se modifier : logique de l\u2019h\u00e9ritage versus logique de la perspective. Hier, c\u2019\u00e9tait le temps de l\u2019attente et de la promesse, celui de la dur\u00e9e, le temps des commencements et des d\u00e9passements. D\u00e9sormais nous voici plong\u00e9s dans la mont\u00e9e des incertitudes, sous l\u2019emprise d\u2019injonctions paradoxales, c\u2019est le temps des bifurcations. Les h\u00e9ritages sont remis en cause, de m\u00eame les traditions qui assuraient une forme de p\u00e9rennit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 dans la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle. Au coeur du processus de l\u2019orientation humaine, r\u00e9side d\u00e9sormais un principe de non-pr\u00e9dictibilit\u00e9 qui en constitue l\u2019\u00e9nigme et la promesse.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"5\" name=\"5\"><\/a>5. LE TEMPS ALLONG\u00c9 DE L\u2019INSERTION SOCIO-PROFESSIONNELLE DES JEUNES ADULTES<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019insertion socio-professionnelle est un processus qui caract\u00e9rise l\u2019entr\u00e9e dans la vie active, marqu\u00e9e par le changement d\u2019utilisation du temps par l\u2019individu, d\u00e8s lors qu\u2019il en consacre une partie au travail marchand ou \u00e0 la recherche d\u2019un emploi, et une autre \u00e0 b\u00e2tir un \u00ab projet de vie \u00bb. D\u2019un point de vue subjectif Kimmel (1974) a parl\u00e9 d\u2019 \u00ab horloge professionnelle \u00bb, en la d\u00e9finissant comme le sentiment d\u2019\u00eatre en retard ou en avance par rapport \u00e0 son d\u00e9veloppement personnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre la sortie du syst\u00e8me de formation initiale \u00e0 plein temps et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi durable se profile l\u2019entr\u00e9e dans le rapport salarial sous la forme d\u2019un processus temporel fragment\u00e9. En effet, \u00e0 partir des ann\u00e9es soixante, on ne passe plus de l\u2019espace familial au monde de l\u2019emploi, comme il en \u00e9tait auparavant, mais du syst\u00e8me scolaire au march\u00e9 du travail. Ainsi la phase d\u2019entr&amp;eaeacute;e dans la vie active s\u2019\u00e9tire de plus en plus au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, et ses limites deviennent de plus en plus floues : son point de d\u00e9part est incertain du fait de l\u2019intensification des situations interm\u00e9diaires entre activit\u00e9 scolaire et emploi et des reprises d\u2019\u00e9tudes apr\u00e8s un d\u00e9but d\u2019activit\u00e9 professionnelle ; son point d\u2019aboutissement reste de son c\u00f4t\u00e9 de plus en plus ind\u00e9termin\u00e9 car les crit\u00e8res susceptibles de d\u00e9finir aujourd\u2019hui une premi\u00e8re insertion dans l\u2019emploi et une trajectoire de stabilisation professionnelle sont \u00e9minemment probl\u00e9matiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec les crises et les ruptures structurelles intervenues depuis pr\u00e8s d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es dans les mod\u00e8les \u00e9conomiques et sociaux mis en place \u00e0 la suite des \u00ab Trente glorieuses \u00bb, les crit\u00e8res dominants des modes d\u2019entr\u00e9e\/int\u00e9gration soci\u00e9tale ne fonctionnent plus comme autrefois. Verni\u00e8res (1997) les d\u00e9finit comme un processus par lequel des individus n\u2019ayant jamais appartenu \u00e0 la population active, acc\u00e8dent \u00e0 une position stabilis\u00e9e dans le syst\u00e8me d\u2019emploi. L\u2019usage du terme \u00ab stabilis\u00e9 \u00bb et non de \u00ab stable \u00bb est essentiel. En effet, il indique que le processus d\u2019insertion peut se conclure par une position durablement instable dans le syst\u00e8me d\u2019emploi. Il faut en France entre huit et onze ans pour que les jeunes adultes trouvent un emploi stable, contre quatre \u00e0 cinq chez nos voisins europ\u00e9ens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9veloppement de la pr\u00e9carit\u00e9 est devenu un ph\u00e9nom\u00e8ne massif en France. Les discontinuit\u00e9s temporelles de la pr\u00e9carit\u00e9 traduisent d\u2019abord une suj\u00e9tion et une humiliation. Prendre son temps n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tous. L\u2019\u00e9preuve de la pr\u00e9carit\u00e9 juv\u00e9nile impose que les espaces interm\u00e9diaires produisent des cultures de l\u2019al\u00e9atoire, fond\u00e9es avant tout sur la gestion de l\u2019urgence et de l\u2019incertitude o\u00f9 serait reconnu un \u00ab droit \u00e0 l\u2019h\u00e9sitation \u00bb. Il devient d\u00e9sormais n\u00e9cessaire de penser les pratiques d\u2019insertion en int\u00e9grant la capacit\u00e9 des jeunes adultes \u00e0 g\u00e9rer et \u00e0 transformer des situations a <em>priori complexes<\/em>, avec la prise en compte de temps r\u00e9flexifs et d\u00e9lib\u00e9ratifs sur les orientations. Ce que certains sociologues qualifient de \u00ab moratoire juv\u00e9nile \u00bb correspond au fait que l\u2019entr\u00e9e dans la vie adulte s\u2019op\u00e8re \u00e0 travers des \u00e9tapes toujours plus tardives mais resserr\u00e9es (Galland, 1991). S\u2019ins\u00e9rer professionnellement signifie s\u2019ins\u00e9rer socialement. Ce \u00ab nomadisme de l\u2019emploi \u00bb fait \u00e9merger une insertion professionnelle en pointill\u00e9.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"6\" name=\"6\"><\/a>6. DE L\u2019ADULTE-\u00c9TALON \u00c0 L\u2019ADULTAT: UNE RECOMPOSITION DES \u00c2GES DE LA VIE<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\u00catre adulte, cela signifie vouloir devenir d\u00e9pendant de ce qui d\u00e9pend de nous. Freud avait d\u00e9clar\u00e9 dans une conf\u00e9rence qu\u2019\u00eatre adulte, c\u2019\u00e9tait aimer et travailler <em>(lieben und arbeiten)<\/em>. Jusqu\u2019\u00e0 ces derni\u00e8res d\u00e9cennies l\u2019adult\u00e9it\u00e9 suscitait l\u2019image d\u2019un adulte \u00e9talon c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un \u00eatre dont la croissance est achev\u00e9, un individu remplissant les crit\u00e8res suivants : se sentir \u00e0 l\u2019aise dans son corps et avoir termin\u00e9 sa croissance, \u00eatre plus exigeant en mati\u00e8re de connaissance et de compr\u00e9hension (plan intellectuel), la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre responsable de ses actes, de ses d\u00e9cisions, de contr\u00f4ler ses impulsions, et d\u2019agir de mani\u00e8re autonome et r\u00e9aliste, de r\u00e9sister aux frustrations, d\u2019\u00e9tablir des relations amoureuses compl\u00e8tes (plan affectif), organiser sa vie en fonction d\u2019un but, de choisir un m\u00e9tier, une profession (plan professionnel). Jusqu\u2019aux ann\u00e9es cinquante ou soixante, le sentiment de maturit\u00e9 chez l\u2019adulte s\u2019installait dans un cadre de conformit\u00e9 \u00e0 l\u2019opinion, \u00e0 la tradition et \u00e0 l\u2019autorit\u00e9. Des r\u00e8gles d\u2019interdiction, de discipline et d\u2019ob\u00e9issance pr\u00e9valaient. La fin du XX\u00e8me si\u00e8cle a fait pr\u00e9valoir des normes d\u2019initiative et d\u2019autonomie dans l\u2019agir humain. L\u2019individualit\u00e9 s\u2019exp\u00e9rimente d\u00e9sormais dans des choix de vie en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des normes d\u2019\u00e9panouissement personnel et d\u2019exigence de devenir authentiquement soi-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous vivons une \u00e9poque de \u00ab red\u00e9finition des \u00e2ges de la vie \u00bb \u00e0 la faveur de l\u2019allongement de la vie : \u00ab l\u2019enfance est ignor\u00e9e, l\u2019adolescence d\u00e9construite et nous sommes dans un monde sans adultes \u00bb (Gauchet, 2004). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, Havighurst (1972) distingue trois p\u00e9riodes \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte : la p\u00e9riode du jeune adulte de 18 \u00e0 30 ans qui comprend huit t\u00e2ches (choisir un partenaire, apprendre \u00e0 vivre avec un partenaire, fonder une famille, \u00e9lever des enfants, \u00eatre responsable d\u2019un foyer, commencer \u00e0 travailler, \u00eatre citoyen responsable, trouver un groupe d\u2019appartenance) ; la phase du mitan de la vie de 30 \u00e0 55 ans ; la phase de vie adulte avanc\u00e9e apr\u00e8s 55 ans. La question des limites temporelles est probl\u00e9matique. Gould (1978) montre que c\u2019est vers l\u2019\u00e2ge de 16- 22 ans que la conscience adulte \u00e9merge. L\u2019individu ayant une possibilit\u00e9 limit\u00e9e d\u2019improvisation, les parents \u00e9tant sc\u00e9naristes de la vie. Levinson (1978) mettait la fin de l\u2019\u00e2ge adulte \u00e0 partir de 60 ans. Il existe des p\u00e9riodes de recouvrement qui s\u2019imbriquent partiellement, marquant les transitions et la sp\u00e9cificit\u00e9 de chaque p\u00e9riode ou tournant de vie (\u00ab la crise du mitan de vie \u00bb, par exemple) sur le plan personnel, social et professionnel. Boutinet (1998) quant \u00e0 lui distingue trois grandes \u00e9tapes dans la vie adulte, qu\u2019il balise ici entre d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019insertion sociale et professionnelle, de l\u2019autre le d\u00e9part en retraite ; il diff\u00e9rencie ainsi le jeune adulte confront\u00e9 \u00e0 ses nouvelles t\u00e2ches d\u00e9veloppementales, l\u2019adulte du mitan de la vie, un mitan plus psychologique qu\u2019arithm\u00e9tique, l\u2019adulte accompli par ses parcours ant\u00e9rieurs, que nous appelons aujourd\u2019hui le s\u00e9nior.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pineau (2000), d\u00e9finit comme adulte, toute personne qui, gr\u00e2ce au travail, a eu une exp\u00e9rience de vie ind\u00e9pendante des deux institutions scolaire et familiale. Mais quels sont les effets du ch\u00f4mage sur ce que veut dire \u00eatre \u00ab adulte \u00bb ? En France, \u00ab adulte \u00bb s\u2019entend, pour les services de l\u2019emploi, \u00e0 partir de 26 ans, sorti du syst\u00e8me de formation initiale. Dans le cadre des programmes europ\u00e9ens, on entend par \u00ab adulte \u00bb : toute personne de plus de 25 ans ou toute personne entre 16 et 24 ans sortie du syst\u00e8me \u00e9ducatif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00catre adulte, c\u2019est \u00eatre responsable, c\u2019est aussi avoir effectu\u00e9 des \u00ab renoncements n\u00e9cessaires \u00bb (Viorst, 1986). S\u2019orienter dans la vie, c\u2019est \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 des processus de deuil par rapport \u00e0 des possibilit\u00e9s qui ne seront jamais explor\u00e9es. La psychologie de la vie adulte (Boutinet, 1998), est travers\u00e9e par la dislocation du mod\u00e8le adulte comme id\u00e9al de r\u00e9f\u00e9rence, qui devient incertain, d\u00e9prim\u00e9 (Ehrenberg, 1995) ou al\u00e9atoire (Tinland, 1997) multiple et divers, flexible et plurivoque, et m\u00eame immature (Lapassade, 1963) \u00ab en friches \u00bb ou \u00ab sans qualit\u00e9s \u00bb pour les exclus de toutes sortes. L\u2019intermittence devient un ph\u00e9nom\u00e8ne chronique de la vie sociale. Nous vivons une p\u00e9riode de brouillage des \u00e2ges et de vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la vie adulte confront\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame, en raison notamment d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tudi\u00e9 par un sociologue allemand, Kholi (1986) qui parle de \u00ab d\u00e9sinstitutionnalisation du cours de la vie \u00bb. Et l\u2019homme dans tout \u00e7a ? Avec le clonage, l\u2019homme devient une marchandise (Kahn, 2000).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e8me rousseauiste et kantien de la perfectibilit\u00e9 de l\u2019homme se fait plus pragmatique. La notion de \u00ab pr\u00e9paration \u00e0 la vie adulte \u00bb a \u00e9t\u00e9 introduite dans le<em> Thesaurus europ\u00e9en de l\u2019\u00e9ducation<\/em> (1998). Nous sommes en effet devant une crise de la transmission, des projets \u00e0 long terme (finalit\u00e9s) et de la responsabilit\u00e9. Quand la figure de l\u2019adulte s\u2019efface (du surmoi, de la loi, du symbolique, de l\u2019autorit\u00e9, etc.) ou se fragilise en raison du ch\u00f4mage et de l\u2019exclusion (<em>\u00ab L\u2019homme gaspill\u00e9 \u00bb<\/em>, Hub\u00e9rac, 1995), alors surgit le r\u00e8gne des experts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la fin du XXe si\u00e8cle, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e une id\u00e9ologie de l\u2019individu \u00ab ind\u00e9pendant \u00bb qui affirme son autonomie dans un nouvel art de vivre, face \u00e0 un environnement n\u2019ayant plus de signification pour lui. De nombreux essais ont d\u00e9crit l\u2019\u00e9mergence de cet individu \u00ab auto-suffisant \u00bb. Lipovetski (1983) pr\u00e9sente un individu contemporain dont l\u2019identit\u00e9 personnelle devient probl\u00e9matique, envahie par les \u00ab objets et messages \u00bb. Dans la fragmentation du moi qui en r\u00e9sulte, l\u2019individu n\u2019est plus un \u00ab sujet \u00bb, il est soumis \u00e0 des logiques multiples et disparates et \u00e0 une conscience narcissique, \u00ab espace flottant, sans fixation ni rep\u00e8re, disponibilit\u00e9 pure, adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des combinaisons, \u00e0 la fluidit\u00e9 de nos syst\u00e8mes\u2026 \u00bb. Pour Ehrenberg (1991), le nouvel individu aujourd\u2019hui valoris\u00e9 est \u00ab souple, mobile, autonome, ind\u00e9pendant, trouve par lui-m\u00eame ses rep\u00e8res dans l\u2019existence et se r\u00e9alise par son action personnelle \u00bb. On le voit, la phase adulte dans le cycle de l\u2019existence est loin d\u2019\u00eatre une mer \u00e9tale sans agitation int\u00e9rieure, ni mouvement ext\u00e9rieur, \u00ab l\u2019adultat est une p\u00e9riode d\u2019alt\u00e9ration de m\u00fbrissement et de mue \u00bb. Avec l\u2019extension des p\u00e9riodes de transition tout au long de la vie, les professionnels de l\u2019orientation re\u00e7oivent de plus en plus fr\u00e9quemment en consultation des publics d\u2019 \u00ab \u00e2ge m\u00fbr \u00bb.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"7\" name=\"7\"><\/a>7. LA CRISE DU MITAN DE VIE N\u2019EST PAS QU\u2019UNE QUESTION D\u2019\u00c2GE<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La \u00ab crise du mitan de vie \u00bb est la p\u00e9riode de la vie o\u00f9 le rapport au temps, \u00e0 autrui, \u00e0 soi et \u00e0 la vie se transforme significativement : on se savait jusqu\u2019ici mortel, on se sent d\u00e9sormais mortel. Une telle transformation rappelle la \u00ab crise \u00bb de l\u2019adolescence. L\u2019\u00e9tape mi-vie\/mi-carri\u00e8re appara\u00eet comme un stade bouleversant pour l\u2019estime de soi. La r\u00e9\u00e9valuation de soi est un th\u00e8me pr\u00e9dominant \u00e0 cette p\u00e9riode. C\u2019est \u00e0 cet \u00e2ge que l\u2019individu prend conscience de l\u2019\u00e9cart qui existe entre ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il aurait voulu \u00eatre. La frustration reli\u00e9e au fait de ne pas avoir atteint les buts fix\u00e9s peut entra\u00eener une perte importante de l\u2019estime de soi, allant jusqu\u2019au sentiment d\u2019inutilit\u00e9 existentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dante a quarante ans quand il d\u00e9crit ses tourments dans <em>La divine Com\u00e9die<\/em>, v\u00e9ritable parabole de la crise du mitan de vie, Montaigne et Shakespeare \u00e0 peine moins quand ils \u00e9voquent, l\u2019un dans ses<em> Essais<\/em>, l\u2019autre dans ses sonnets, les premiers stigmates du vieillissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les personnes au mitan de leur vie examinent leurs r\u00e9alisations et les valeurs qui les fondent, le sens que prennent ces derni\u00e8res par rapport aux attentes ; elles appr\u00e9cient leurs parcours familiaux, professionnels, sociaux. Pour certains, c\u2019est une p\u00e9riode d\u2019accomplissement, de confiance en soi, de ma\u00eetrise et de comp\u00e9tence, de pouvoir et de responsabilit\u00e9s. Pour d\u2019autres, c\u2019est une p\u00e9riode de crise, de remise en question, de bouleversement \u00e9motionnel, face notamment \u00e0 ce que les Anglo-saxons nomment le \u00ab syndrome du nid vide \u00bb (nostalgie maternelle pathologique). Le mitan de la vie est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme un moment d\u2019introspection et d\u2019\u00e9valuation de leur carri\u00e8re en termes de r\u00e9ussite et d\u2019\u00e9chec. Pour nombre de sujets sociaux, la \u00ab crise des quarante ans \u00bb (la \u00ab demi-vie \u00bb selon l\u2019expression jungienne) est d\u2019abord une crise de la<em> persona<\/em> (masque de l\u2019acteur) ; elle correspond \u00e0 une impossibilit\u00e9 de continuer \u00e0 se mentir \u00e0 soi-m\u00eame en s\u2019identifiant \u00e0 la persona. Selon Jung (1953) cette crise, loin d\u2019\u00eatre pathologique, est hautement souhaitable et correspond \u00e0 un retour sur soi de la conscience. Elle r\u00e9pond \u00e0 une exigence int\u00e9rieure de recherche d\u2019un sens \u00e0 sa vie, par-del\u00e0 les pr\u00e9jug\u00e9s, les opinons, les valeurs collectives. Le mitan de la vie situ\u00e9 au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle vers 40 ans s\u2019est d\u00e9plac\u00e9, avec l\u2019allongement de la vie, entre 45 et 55 ans. Selon Riverin-Simard (1984), \u00ab l\u2019\u00e2ge en soi n\u2019expliquerait rien. Il s\u2019agirait plut\u00f4t de la marche continue du temps et de son irr\u00e9versibilit\u00e9 qui jouerait un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans les cycles inter-\u00e9tapes de la vie adulte et en particulier, celui de la mi-carri\u00e8re \u00bb. La psychiatre et psychoth\u00e9rapeute, Millet-Bartoli (2002), voit dans la Crise du Mitan de Vie, une deuxi\u00e8me chance : \u00ab Il est bon dans cet entre-deux de la vie, d\u2019accepter certains renoncements, car renoncer n\u2019est pas abdiquer, ce peut-\u00eatre l\u2019occasion de d\u00e9gager de l\u2019\u00e9nergie pour autre chose \u00bb. Cette auteure pr\u00e9cise que la crise du milieu de vie ne touche pas les femmes et les hommes de la m\u00eame mani\u00e8re : \u00ab Les hommes, encore aujourd\u2019hui, ont une trajectoire de vie principalement tourn\u00e9e vers la carri\u00e8re professionnelle, alors que les femmes ont des trajectoires multidimensionnelles. Ainsi, les hommes se retrouvent plus en crise dans leur carri\u00e8re professionnelle, alors que les femmes prennent conscience des renoncements qu\u2019elles ont d\u00fb faire\u2026 En outre, les hommes ont souvent une conscience moins aigu\u00eb des remaniements psychologiques qui s\u2019op\u00e8rent en eux et vont davantage exprimer leur malaise \u00e0 travers leur corps \u00bb. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, force est de constater, selon M\u00e9da (2001), que la g\u00e9n\u00e9ralisation du travail des femmes avec l\u2019\u00e9mergence d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 bi-active, n\u2019a fait gu\u00e8re l\u2019objet d\u2019une r\u00e9flexion politique majeure<sup>4<\/sup> permettant de prendre en consid\u00e9ration \u00ab le temps des femmes \u00bb. La pression temporelle n\u2019est pas la m\u00eame pour tous. Ajoutons avec Corbin (2000), que les usages sociaux du temps s\u2019articulent avec les clivages sociaux. La bourgeoisie valorise le temps libre.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"8\" name=\"8\"><\/a>8. L\u2019ORIENTATION EN SECONDE PARTIE DE CARRI\u00c8RE: UNE QUESTION DE SOCI\u00c9T\u00c9<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\u00ab Emploi ou retraite : que faire des 55-64 ans ? \u00bb La question est devenue un probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9, (Le Monde du 11 f\u00e9vrier 2005). Si aujourd\u2019hui, les salari\u00e9s de 25 \u00e0 45 ans sont majoritaires dans la population active, demain les seniors, sous-employ\u00e9s malgr\u00e9 leurs comp\u00e9tences, devront assumer majoritairement la bonne marche des entreprises. Un vieillissement programm\u00e9 de la population active implique de remettre en cause les pratiques de gestion des ressources humaines, y compris dans les PME-PMI (P.M.E. : Petites et Moyennes Entreprises ; P.M.I. : Petites et Moyennes Industries) o\u00f9 la probl\u00e9matique de la gestion des \u00e2ges reste souvent ignor\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On observe par exemple, une modification dans la dimension temporelle au travail. Ainsi, la p\u00e9riode de la vie professionnelle pendant laquelle les cadres sont les plus recherch\u00e9s est tr\u00e8s courte (dans les ann\u00e9es 80 cette p\u00e9riode se situe entre l\u2019\u00e2ge de 28 et 40 ans). La personne vieillissante est de m\u00eame soumise \u00e0 cette forme de temporalit\u00e9. Beaucoup d\u2019entrepreneurs consid\u00e8rent, en effet, que les salari\u00e9s vieillissants ne seraient plus aussi performants au travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport de Camdessus (2004) pr\u00e9conise de permettre aux seniors de travailler plus longtemps et de lever les obstacles \u00e0 l\u2019embauche des salari\u00e9s de plus de 45 ans. En effet la gestion des fins de carri\u00e8re touche particuli\u00e8rement les ch\u00f4meurs \u00e2g\u00e9s, en derni\u00e8re \u00e9tape de leur parcours professionnel, et qui subissent un retrait anticip\u00e9 du march\u00e9 du travail (Burnay, 2000). Comment retarder l\u2019\u00e9mergence du sentiment pr\u00e9coce de fin de vie professionnelle et se lib\u00e9rer d\u2019une \u00ab culture de la sortie pr\u00e9coce \u00bb de la vie professionnelle ? Certains pays affichent une politique d\u2019\u00e2ge d\u00e9termin\u00e9 (Danemark).<sup>5<\/sup><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une \u00e9tude du Centre d\u2019Etudes de l\u2019Emploi le constate, C.E.E. (Valeyne, Lorenz, 2005) : le recrutement est nettement plus discriminant en France qu\u2019en Espagne ou en Grande-Bretagne et s\u2019appuie davantage \u00ab sur des pr\u00e9suppos\u00e9s li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e2ge, \u00e0 la formation, \u00e0 la dur\u00e9e de l\u2019exp\u00e9rience, \u00e0 l\u2019apparence \u00bb qu\u2019\u00e0 la seule comp\u00e9tence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019orientation professionnelle en seconde partie de carri\u00e8re concerne les pouvoirs publics, les entreprises, les partenaires sociaux et les acteurs de l\u2019orientation et de la formation continue. Les \u00ab nouveaux \u00e2ges de l\u2019homme au travail \u00bb (le travailleur devient \u00ab vieux \u00bb pr\u00e9cocement, tout en \u00e9tant maintenu plus longtemps sur le march\u00e9 du travail), impliquent pour la qualit\u00e9 d\u2019un parcours professionnel en deuxi\u00e8me partie de carri\u00e8re, la prise en compte de la sant\u00e9 au travail et les approches territoriales, pour lutter contre les repr\u00e9sentations sociales n\u00e9gatives li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge et au travail. La reconversion professionnelle par exemple, n\u00e9cessite une temporalit\u00e9 qui lui est propre, par un travail subjectif accompagn\u00e9.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a id=\"9\" name=\"9\"><\/a>9. N\u00c9CESSIT\u00c9 OBLIGE, DE L\u2019UNICIT\u00c9 DU PROJET DE VIE ADULTE \u00c0 LA PLURALIT\u00c9 DES PROJETS TRANSITIONNELS ?<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Selon Hall (1984), chaque culture repose sur une conception implicite du temps qui structure l\u2019activit\u00e9 et l\u2019exp\u00e9rience. Dans un syst\u00e8me monochrone, le temps est con\u00e7u comme un flux continu dans lequel on peut distinguer le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur. Le processus temporel traduit en valeurs num\u00e9riques, <em>\u00ab Time is money \u00bb<\/em>, impose aux individus son rythme. Cette vision lin\u00e9aire du temps autorise un d\u00e9coupage en segments que l\u2019on peut affecter \u00e0 des activit\u00e9s pr\u00e9cises. La conception monochrone va de pair avec une programmation rigoureuse de t\u00e2ches effectu\u00e9es successivement. Taylor a ainsi d\u00e9fini trois pr\u00e9ceptes principaux : utiliser l\u2019\u00e9tude des temps et m\u00e9thodes pour d\u00e9couvrir la seule mani\u00e8re possible d\u2019accomplir un ouvrage, fournir au travailleur un moyen de stimulation pour qu\u2019il accomplisse le travail selon la meilleure m\u00e9thode et \u00e0 bonne cadence, utiliser des experts sp\u00e9cialis\u00e9s pour \u00e9tablir les circonstances vari\u00e9es qui entourent le travail de l\u2019ouvrier (m\u00e9thode, vitesse des cadences, priorit\u00e9s des t\u00e2ches, etc.). Cette conception hyperrationaliste fragmente le temps dans un syst\u00e8me unidimensionnel (one best way). Dans un syst\u00e8me polychrone, le temps n\u2019est pas une dimension lin\u00e9aire autonome qui s\u2019imposerait aux individus, ind\u00e9pendamment de l\u2019environnement social. Les individus polychrones sont engag\u00e9s dans plusieurs \u00e9v\u00e8nements et plusieurs relations \u00e0 la fois. On le voit, le rapport au temps est culturellement construit et d\u00e9termine les syst\u00e8mes d\u2019organisation et de communication entre les individus. Le \u00ab management interculturel \u00bb, selon Chevrier (2003), s\u2019appuie pr\u00e9cis\u00e9ment sur cette dimension fondamentale, d\u2019un rapport culturel au temps, qui concerne notamment l\u2019orientation vers le court ou le long terme d\u2019une soci\u00e9t\u00e9. A cela s\u2019ajoute une dimension individuelle : des caract\u00e9ristiques psychologiques de la personnalit\u00e9 temporelle font que certains sujets sont tendanciellement plut\u00f4t \u00ab actifs \u00bb (orient\u00e9s vers le pr\u00e9sent), \u00ab r\u00e9troactifs \u00bb (orient\u00e9s vers le pass\u00e9), \u00ab proactifs \u00bb (orient\u00e9s vers le futur).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Analysant les raisons du m\u00e9contentement des salari\u00e9s le lundi de Pentec\u00f4te, \u00ab journ\u00e9e de la solidarit\u00e9 \u00bb auparavant f\u00e9ri\u00e9e, devenue r\u00e9cemment journ\u00e9e de travail par solidarit\u00e9 avec les personnes , le sociologue Boulin (2005), montre que la r\u00e9sistance du corps social \u00e0 l\u2019injonction gouvernementale r\u00e9side dans les mutations profondes qui se sont produites dans le champ de la dur\u00e9e du travail et des usages sociaux du temps : \u00ab Depuis maintenant plus de deux d\u00e9cennies, la flexibilit\u00e9 du temps de travail s\u2019est amplifi\u00e9e\u2026 mais \u00e9galement l\u2019individualisation des modes de vie\u2026 dans nos soci\u00e9t\u00e9s post-industrielles, les espaces-temps du travail sont fortement cliv\u00e9s de ceux des autres activit\u00e9s familiales, domestiques, de loisir, sociales et personnelles. Alors m\u00eame que le travail demeure une valeur cardinale dans nos soci\u00e9t\u00e9s, de nombreuses enqu\u00eates europ\u00e9ennes montrent que les salari\u00e9s estiment que leurs usages du temps sont par trop contraints par les structures de leur temps de travail \u00bb. Si l\u2019on vit dans une logique d\u2019urgence permanente, comment penser les transitions socio-professionnelles et s\u2019orienter en n\u2019ayant pas le temps de faire la part des choses entre l\u2019essentiel et l\u2019accessoire.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"conclusion\" name=\"conclusion\"><\/a>CONCLUSION<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une vie plus longue<sup>6<\/sup> dans une soci\u00e9t\u00e9 qui, elle, s\u2019acc\u00e9l\u00e8re et o\u00f9 l\u2019instant pr\u00e9sent semble \u00eatre le seul moment qui compte, voil\u00e0 le nouveau \u00ab r\u00e9gime d\u2019historicit\u00e9 \u00bb (Hartog, 2003) que nous avons \u00e0 penser pour l\u2019orientation \u00e0 tout \u00e2ge de la vie. Le temps est un analyseur remarquable pour d\u00e9velopper une conception socio-anthropologique de l\u2019orientation. Nous avons limit\u00e9 l\u2019acception du terme orientation au champ des adultes (des jeunes adultes aux s\u00e9niors), pour d\u00e9signer l\u2019orientation professionnelle continue. L\u2019orientation conseil se conjugue avec la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019individualisation des parcours de formation, de validation des acquis professionnels et des exp\u00e9riences sociales par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9volution du projet de la personne, soumise \u00e0 l\u2019exigence de maintenir son employabilit\u00e9. L\u2019orientation professionnelle \u00e0 vis\u00e9e \u00e9ducative consiste donc \u00e0 rendre les sujets plus conscients de leurs ressources, plus attentifs \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats et plus autonomes dans leurs projets : choisir est en effet l\u2019occasion de d\u00e9velopper son identit\u00e9, d\u2019exprimer sa libert\u00e9 \u00e0 travers les contraintes et les opportunit\u00e9s d\u2019un environnement \u00e0 \u00e9volution rapide et \u00e0 mutations acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es. S\u2019orienter dans un monde incertain o\u00f9 toutes les tentatives planificatrices ont \u00e9chou\u00e9 requiert une comp\u00e9tence r\u00e9elle ; savoir choisir devient objet d\u2019apprentissage et source de d\u00e9veloppement personnel. Choisir la voie \u00e9ducative en orientation, c\u2019est donc croire aux possibilit\u00e9s de changement individuel et collectif. Si l\u2019on admet qu\u2019il existe une \u00ab comp\u00e9tence \u00e0 s\u2019orienter \u00bb, elle repose sur un ensemble de capacit\u00e9s qui rel\u00e8vent du domaine cognitif. Il s\u2019agit en particulier de la capacit\u00e9 \u00e0 se construire une repr\u00e9sentation identitaire, mais aussi \u00e0 se doter d\u2019un ensemble de repr\u00e9sentations \u00e9volutives de l\u2019environnement, et de mettre en relation ces deux champs de repr\u00e9sentation. Un objectif p\u00e9dagogique essentiel r\u00e9side dans les processus d\u2019apprentissage permettant l\u2019acquisition de la capacit\u00e9 \u00e0 se donner des buts, \u00e0 se projeter dans l\u2019avenir. L\u2019\u00e9conomiste am\u00e9ricain visionnaire, J. Rifkin (1995), nous avait pr\u00e9venu avec son ouvrage iconoclaste, <em>The End of Work<\/em> : \u00ab Nous entrons dans une phase nouvelle du monde (\u2026) La substitution massive des machines aux travailleurs s\u2019appr\u00eate \u00e0 contraindre tous les pays \u00e0 repenser le r\u00f4le des \u00eatres humains dans la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019urgence sociale absolue est sans doute, pour le si\u00e8cle \u00e0 venir, de red\u00e9finir des perspectives de vie et les responsabilit\u00e9s de millions de personnes dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019emploi dans sa forme massive actuelle aura disparu \u00bb. Nous avons vu que dans notre soci\u00e9t\u00e9 postindustrielle, nous vivons effectivement dans plusieurs temps, qualitatifs et quantitatifs, qui ne se laissent pas r\u00e9duire \u00e0 un seul et qui peuvent m\u00eame rentrer en conflit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9finition europ\u00e9enne de l\u2019orientation professionnelle est envisag\u00e9e comme : \u00ab un processus continu d\u2019appui aux personnes tout au long de leur vie pour qu\u2019elles \u00e9laborent et mettent en oeuvre leur projet personnel et professionnel en clarifiant leurs aspirations et leurs comp\u00e9tences par l\u2019information et le conseil sur les r\u00e9alit\u00e9s du travail, l\u2019\u00e9volution des m\u00e9tiers et professions, du march\u00e9 de l\u2019emploi, des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et de l\u2019offre de formation \u00bb<sup>7<\/sup>. Dans cette perspective, le recours \u00e0 la reconnaissance des acquis et \u00e0 la validation de l\u2019exp\u00e9rience (loi fran\u00e7aise de modernisation sociale, janvier 2002) participe \u00e0 la construction prospective d\u2019une m\u00e9ta-comp\u00e9tence \u00e0 s\u2019orienter dans le temps du projet d\u2019avenir, personnel, social et professionnel. L\u2019orientation temporelle : utopie ou nouvelle prescription sociale ? La construction socio-biographique de l\u2019orientation-projet au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 apprenante rev\u00eat selon nous, une dimension de nature anthropologique qui justifie une conception ouverte et dynamique de l\u2019orientation \u00e0 tout \u00e2ge de la vie.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"auteur\" name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Francis Danvers<\/strong> est professeur des universit\u00e9s, psychologue de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019UFR des sciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019universit\u00e9 \u00ab Charles de Gaulle \u00bb de Lille III. Membre du laboratoire PROFEOR (\u00c9quipe de recherche sur les interactions Professions, Formation, \u00c9ducation, Orientation et Sant\u00e9). Directeur du SCUAIO (Service Commun Universitaire d\u2019Accueil d\u2019Information et d\u2019Orientation et du Master 2 Professionnel \u00ab Conseil en d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences et valorisation des acquis \u00bb. Il d\u00e9veloppe des recherches sur une conception psycho-socio-anthropologique de l\u2019orientation au cours de la vie.<br \/>\nCourriel : Fdanver@nordnet.fr<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Lille 3<br \/>\nUFR des sciences de l\u2019\u00e9ducation<br \/>\nDomaine du Pont de bois<br \/>\nBP 60.149-Villeneuve d\u2019Ascq<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li class=\"txt-j\">L\u2019index analytique des mots-clefs de la revue <em>L\u2019orientation scolaire et professionnelle<\/em> (1972- 2001) ne signale qu\u2019un renvoi pour \u00ab temps de lecture \u00bb, \u00ab temps de travail \u00bb, \u00ab dur\u00e9e du travail \u00bb. L\u2019ouvrage de synth\u00e8se de Guichard J. et Huteau M., 2001, <em>Psychologie de l\u2019orientation<\/em>, Dunod, n\u2019y fait gu\u00e8re allusion (pp. 325-328). Une communication fait exception : Boutinet J.P., 2001, \u00ab L\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019orientation prise au jeu des nouvelles temporalit\u00e9s \u00bb, Actes du colloque international I.N.O.P.-C.N.A.M.-Paris (Caisse Nationale d\u2019Assurance Maladie), <em>L\u2019orientation scolaire et professionnelle<\/em>, juillet \u2013 vol 30 \u2013 H.S. (pp. 71-84).<\/li>\n<li class=\"txt-j\">V<sup>\u00e8me<\/sup> colloque sur le chaos temporel et le chaos spatio-temporel, 12-13 d\u00e9cembre 2005, INSA Rouen et universit\u00e9 du Havre.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">La flexibilit\u00e9 est devenue un des grands th\u00e8mes de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. Travail recompos\u00e9 et organisation flexible dessinent les contours d\u2019un temps \u00e9lastique dans son organisation ou dans sa forme, <em>Cahiers d\u2019\u00e9conomie de l\u2019innovation<\/em>, n\u00b022, \u00c9ditions L\u2019Harmattan, 2005.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Le programme europ\u00e9en EQUAL (2000-2008) : \u00ab Combattre les discriminations, r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s, pour une meilleure coh\u00e9sion sociale \u00bb comprend un axe intitul\u00e9 : Articulation des temps de vie.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Les Fran\u00e7ais se consid\u00e8rent comme \u00ab vieux \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 74 ans et ils aimeraient prendre leur retraite \u00e0 55 ans, selon une estimation faite par AXA (Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019assurance internationale ayant son si\u00e8ge social en France), 2005 (Le Monde du 12 mai 2005).<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Quel changement, alors qu\u2019au milieu du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle un adulte mourait en laissant un enfant en moyenne \u00e2g\u00e9 de 14 ans. L\u2019esp\u00e9rance de vie gagne trois mois chaque ann\u00e9e. D\u00e9sormais les g\u00e9n\u00e9rations ne se succ\u00e8dent plus, elles vivent ensemble, c\u2019est-\u00e0-dire en m\u00eame temps, mais plus sous le m\u00eame toit. D\u00e9finition europ\u00e9enne de \u00ab l\u2019orientation professionnelle \u00bb faite \u00e0 la Conf\u00e9rence PETRA (Rome, novembre 1994).<\/li>\n<li class=\"txt-j\">D\u00e9finition europ\u00e9enne de \u00ab l\u2019orientation professionnelle \u00bb faite \u00e0 la Conf\u00e9rence PETRA (Rome, novembre 1994).<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"abtract\" name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">We are experiencing change in temporalities. Yesterday, the past guaranteed the future and served as a model to be imitated. It was the time of history, when history governed life. Now, time has speeded up. It is no longer only the framework in which things occur; it has become a player. Things no longer happen in time, but are caused by time. Beginning with the observation that a life plan is a temporally oriented phenomenon, we analyse dominant forms of temporality to examine the relevance of the standard of adulthood in post-modernity. With the increase in uncertainty and insecurity, is it still possible to choose one\u2019s future?<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">AUBERT, N. (2003). <em>Le culte de l\u2019urgence \u2013 La soci\u00e9t\u00e9 malade du temps<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BANDURA, A. (1997). <em>Auto-efficacit\u00e9. Le sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle<\/em>. Bruxelles : De Boeck, trad. 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BECKER, H. (1963), <em>Outsiders, Etude de Sociologie de la d\u00e9viance<\/em>, Paris : M\u00e9taili\u00e9 1985 trad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BERTHIER, P. (1996). <em>L\u2019ethnographie de l\u2019\u00e9cole<\/em>. Paris: Anthropos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BIDEAU, J., HOUDE, O. &amp; PEDINIELLI, J.L. (2002). <em>L\u2019homme en d\u00e9veloppement<\/em>. Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BLOCH, E. (1957). <em>Le principe esp\u00e9rance<\/em>, Paris : Gallimard 1982, trad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOISSONNAT J., (1995). <em>Le Travail dans vingt ans<\/em>, Paris : Odile Jacob et La Documentation fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOIVIN, M.D. &amp; GOYER, L. (2004). De l\u2019orientation \u00e0 vie \u00e0 l\u2019orientation tout au long de la vie. Quels d\u00e9fis pour les pratiques en orientation. <em>La qualit\u00e9 de vie au travail dans les ann\u00e9es 2000<\/em>. Paris Elsevier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOULIN, J.Y. (2005). Pentec\u00f4te : les raisons de la grogne des salari\u00e9s. <em>Le Monde<\/em> 15-16 mai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOUTINET, J.P. (1995). Psychologie de la vie adulte. <em>Que sais-je ?<\/em> N\u00b0 2966. Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOUTINET, J-P. (1998). <em>L\u2019immaturit\u00e9 de la vie adulte<\/em>, Paris : Presses universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOUTINET, J.P. (2004). <em>Vers une soci\u00e9t\u00e9 des agendas : une mutation de temporalit\u00e9s<\/em>. Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BRAUDEL, F. (1949) <em>La M\u00e9diterran\u00e9e et le monde m\u00e9diterran\u00e9en \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Philippe II<\/em>, Paris : Armand Colin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BUISSON, F. (1887). <em>Dictionnaire de p\u00e9dagogie et d\u2019instruction primair<\/em>e, Paris : Hachette, 1997.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BURNAY, N. (2000). <em>Ch\u00f4meurs en fin de parcours professionnel<\/em>, Neuch\u00e2tel : Delachaux et Niestl\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CAMDESSUS, M. (2004). <em>Le sursaut. Vers une nouvelle croissance pour la France<\/em>, Paris : La Documentation fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C.E.E., (1998). <em>Thesaurus europ\u00e9en de l\u2019\u00e9ducation<\/em>, Thot\/Cursus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CHEVRIER, S. (2003). Le management culturel. <em>Que sais-je ?<\/em> N\u00b0 2535. Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CORBIN, A. (2000). <em>Historien du sensible<\/em>. Paris : La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DANVERS, F. (2004). La condition postmoderne du sujet de la soci\u00e9t\u00e9 de connaissance, Action culture Lille III, <em>Observatoire de la citoyennet\u00e9 europ\u00e9enne<\/em>. p. 49-68.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DANVERS, F. (2003). <em>500 mots-clefs pour l\u2019\u00e9ducation et la formation tout au long de la vie<\/em>. Villeneuve d\u2019Ascq : Presses Universitaires du Septentrion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DOLTO, F. (1988) <em>Lorsque l\u2019enfant para\u00eet<\/em>. Paris : Le Seuil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DROIT-VOLET, S. (2005). Le temps psychologique. <em>Psychologie fran\u00e7aise<\/em>, 50, p. 5-6.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">EHRENBERG, A. (1991). <em>Le culte de la performance<\/em>, Paris : Calmann-L\u00e9vy.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">EHRENBERG, J. (1995). <em>L\u2019individu incertain<\/em>. Paris : Le Seuil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FLEURY, F. (2003). Max Weber. <em>Que sais-je ?<\/em> N \u00b0 3612. Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FOUCAULT, M. (1966). <em>Les mots et les choses<\/em>, Paris : Gallimard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GALLAND, O. (1991). <em>Sociologie de la jeunesse<\/em>, Paris : A. Colin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GAUCHET, M. (2004). <em>La red\u00e9finition des \u00e2ges de la vie. Le d\u00e9bat.<\/em> N\u00b0 132, nov-d\u00e9c, p. 27-44.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GLEICK, J. (1989) <em>La th\u00e9orie du chaos, vers une nouvelle science<\/em>. Paris : Albin Michel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GOULD, S.J. (1977). <em>Ontogeny and Phylogeny<\/em>. Harvard University Press 1977.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GOULD, R.G. (1978). <em>Transformations, Growth and change in Adult Life<\/em>, New-York : Simon and Schuster.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GUIDDENS, A. (1994). <em>Les cons\u00e9quences de la modernit\u00e9<\/em>. Paris : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GUILLEBAUD, J.C. (2003). <em>Le go\u00fbt de l\u2019avenir<\/em>. Paris : Le Seuil<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HALL, E.T. (1984). <em>La danse de la vie. Temps culturel, temps v\u00e9cu.<\/em> Paris : Le Seuil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HARTOG, H. (2003). <em>R\u00e9gimes d\u2019historicit\u00e9. Pr\u00e9sentisme et exp\u00e9rience du temps<\/em>. Paris : Le Seuil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HAVIGHURST, R.J. (1972),<em> Developmental Tasks and Education<\/em>, New York : McKay.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HAWKING, S. (1988), <em>Une br\u00e8ve histoire du temps<\/em>. Paris : Flammarion, trad. 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HEIDEGGER, M. (1927). <em>\u00catre et temps<\/em>. 1986. Paris : Gallimard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HOUDE, R. (1991). <em>Les temps de la vie<\/em>. Qu\u00e9bec. Canada : Ga\u00ebtan Morin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HUBERAC, J-P. (1995). <em>L\u2019homme gaspill\u00e9<\/em>, Paris : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HUSTI, A. (1986). <em>Le temps mobile<\/em>. Paris : I.N.R.P.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JONAS, H. (1979). <em>Le principe responsabilit\u00e9<\/em>, Paris : Le Cerf, 1990, trad. De JOUVENEL, B. (1964). L\u2019art de la conjecture, Paris : \u00c9ditions du Rocher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JULLIEN, F. (2005). <em>Conf\u00e9rence sur l\u2019efficacit\u00e9<\/em>. Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JUNG, C.G. (1953). <em>La gu\u00e9rison psychologique<\/em>, Paris : Buchet-Chastel, trad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">KAHN, A. (2000), <em>Et l\u2019Homme dans tout \u00e7a ? \u2013 Plaidoyer pour un humanisme moderne<\/em>. Paris : Editions Nil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">KHOLI, M. (1986). \u00ab The world we forget : an historical review of the life course \u00bb, in <em>Later Life<\/em> : the social psychology of aging, Sage Publications, pp. 567-592.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">KIMMEL, D.C. (1974), <em>Adulthood and Aging : An Interdisciplinary Development View<\/em>, Toronto, Wiley.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LAIDI, Z. (1999). <em>La tyrannie de l\u2019urgence<\/em>. Qu\u00e9bec : Fides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LAPASSADE, G. (1963). <em>L\u2019entr\u00e9e dans la vie<\/em>. Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LEACH, E. (1980) <em>L\u2019unit\u00e9 de l\u2019homme<\/em>, Paris : Gallimard, trad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LEVINE, J. &amp; DEVELAY, M. (2003). <em>Pour une anthropologie des savoirs scolaires<\/em>. Paris : E.S.F.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LEVINSON, D. 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Sauz\u00e8de, Inspecteur de l\u2019orientation, Lyon, 2003 in Les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":101011,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-7189","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-volume-11-numero-1-2007"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7189","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/101011"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7189"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7189\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7195,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7189\/revisions\/7195"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7189"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7189"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7189"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}