{"id":7040,"date":"2007-02-05T16:10:05","date_gmt":"2007-02-05T15:10:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=7040"},"modified":"2016-02-05T16:45:09","modified_gmt":"2016-02-05T15:45:09","slug":"variations-du-travail-professoral-en-fonction-detapes-de-la-carriere-donnees-basees-sur-deux-recherches-1991-2003-menees-dans-les-universites-quebecoises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2007\/variations-du-travail-professoral-en-fonction-detapes-de-la-carriere-donnees-basees-sur-deux-recherches-1991-2003-menees-dans-les-universites-quebecoises\/","title":{"rendered":"Variations du travail professoral en fonction d&rsquo;\u00e9tapes de la carri\u00e8re : donn\u00e9es bas\u00e9es sur deux recherches (1991, 2003) men\u00e9es dans les universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong><i>Roland FOUCHER et Denis BERTRAND<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_319_variations.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6934 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/PDF-1.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/i><\/strong><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Est-ce que le temps consacr\u00e9 au travail, sa distribution entre les t\u00e2ches effectu\u00e9es et l\u2019int\u00e9gration de ces derni\u00e8res varient en fonction d\u2019\u00e9tapes de la carri\u00e8re professorale, celles-ci \u00e9tant d\u00e9finies par le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans la profession<sup>1<\/sup>? C\u2019est \u00e0 ces trois questions, particuli\u00e8rement pertinentes en cette p\u00e9riode de vieillissement de la main-d\u2019oeuvre, que les r\u00e9sultats de recherche pr\u00e9sent\u00e9s dans cet article visent \u00e0 r\u00e9pondre.<\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Les donn\u00e9es analys\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 obtenues aupr\u00e8s des professeurs du r\u00e9seau universitaire qu\u00e9b\u00e9cois lors de deux enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 12 ans d\u2019intervalle, soit en 1991 et en 2003. Elles mettent en relief les tendances suivantes : 1. il n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9 que les professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises parvenus \u00e0 des \u00e9tapes diff\u00e9rentes de leur carri\u00e8re consacrent \u00e0 leur travail un temps qui diff\u00e8re en fonction d\u2019\u00e9tapes de leur carri\u00e8re; 2. il est d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 certaines t\u00e2ches diff\u00e8re en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re lors des deux sondages alors que, pour d\u2019autres t\u00e2ches et activit\u00e9s, des diff\u00e9rences n\u2019ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es que lors d\u2019une des deux enqu\u00eates, montrant ainsi un effet possible du temps; 3. il est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par les deux enqu\u00eates que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont plus de difficult\u00e9 \u00e0 articuler et \u00e0 int\u00e9grer leurs diff\u00e9rentes t\u00e2ches que leurs coll\u00e8gues plus exp\u00e9riment\u00e9s. La port\u00e9e th\u00e9orique et pratique de ces r\u00e9sultats est discut\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Mots-cl\u00e9s : charge de travail, \u00e9tapes de carri\u00e8re, professeurs d\u2019universit\u00e9<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"#1\">1. Contexte de l&rsquo;\u00e9tude<br \/>\n<\/a><\/strong><strong><a href=\"#2\">2. La m\u00e9thodologie<\/a><\/strong><br \/>\n<strong><a href=\"#3\">3. La charge temporelle hebdomadaire de travail<\/a><\/strong><br \/>\n<strong><a href=\"#4\">4. L\u2019importante relative des t\u00e2ches<\/a><\/strong><br \/>\n<strong><a href=\"#5\">5. L\u2019articulation et l\u2019int\u00e9gration des t\u00e2ches<\/a><\/strong> <strong><a href=\"#conclusion\">Discussion en conclusion<\/a><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"1\" name=\"1\"><\/a>1. Contexte de l&rsquo;\u00e9tude<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019universit\u00e9 est une des rares organisations o\u00f9 des professionnels salari\u00e9s ont le privil\u00e8ge et l\u2019importante obligation de d\u00e9terminer eux-m\u00eames \u00e0 la fois la dur\u00e9e de leur charge temporelle de travail et l\u2019importance relative des t\u00e2ches et des activit\u00e9s qui la composent. En effet, nonobstant les pressions qu\u2019ils subissent, que ce soit pour assumer des t\u00e2ches ou pour atteindre des r\u00e9sultats, les professeurs d\u2019universit\u00e9 jouissent de cette double marge d\u2019autonomie professionnelle. En cons\u00e9quence, il est vraisemblable que ces derniers se donnent une charge temporelle de travail plus ou moins grande, qu\u2019ils am\u00e9nagent leurs t\u00e2ches de fa\u00e7on variable et qu\u2019ils les articulent plus ou moins selon leur exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire ou les \u00e9tapes de leur carri\u00e8re en tant que professeurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Depuis les travaux de Super parus en 1957 et ses publications subs\u00e9quentes de 1984 et de 1991, la carri\u00e8re est divis\u00e9e en \u00e9tapes caract\u00e9ris\u00e9es par des pr\u00e9occupations particuli\u00e8res. Ces \u00e9tapes sont celles de l\u2019exploration, de l\u2019\u00e9tablissement, du maintien et du d\u00e9sengagement. M\u00eame s\u2019il existe des apports divers concernant la fa\u00e7on de concevoir les phases de la carri\u00e8re, tels ceux de Dalton, Thomson et Price (1977) et de Rush, Peacock et Milkovich (1980), ces travaux se fondent, d\u2019apr\u00e8s Bedeian et al. (1991), sur des postulats communs \u00e0 l\u2019effet que les individus \u00e9voluent \u00e0 travers des phases sp\u00e9cifiques se diff\u00e9renciant par des attitudes exprim\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard du travail. Il est donc logique que plusieurs recherches aient port\u00e9 sur les liens entre les \u00e9tapes de carri\u00e8re et des ph\u00e9nom\u00e8nes tels que la satisfaction au travail, l\u2019engagement envers l\u2019organisation et la motivation au travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">R\u00e9cemment, l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les phases de la carri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 stimul\u00e9 par l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique de la main-d\u2019\u0153uvre et les d\u00e9fis que pose celle-ci en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement du travail. D\u2019une part, le recrutement des jeunes d\u00e9pend de la capacit\u00e9 des organisations \u00e0 leur confier des t\u00e2ches correspondant \u00e0 leurs aspirations, notamment en mati\u00e8re de d\u00e9fis \u00e0 relever et de conciliation entre la vie priv\u00e9e et le travail (Audet, 2004). D\u2019autre part, le vieillissement de la population et la n\u00e9cessit\u00e9 de conserver plus longtemps au travail des travailleurs \u00e2g\u00e9s posent le double probl\u00e8me de la productivit\u00e9 et de l\u2019am\u00e9nagement particulier des t\u00e2ches pour cette cat\u00e9gorie de personnel. Des chercheurs, tels que Gu\u00e9rin et Saba (2004a, 2004b) et Marbot et Peretti (2004), proposent des solutions pour mieux tirer profit des apports professionnels du personnel plus \u00e2g\u00e9. Sur un autre plan, plus fondamental, des chercheurs s\u2019int\u00e9ressent aux effets mod\u00e9rateurs qu\u2019exerce l\u2019am\u00e9nagement du travail par rapport au vieillissement cognitif (Loarer, \u00e0 para\u00eetre; Loarer, Chartier et Rozencwajg, 1998; Loarer, Rozencwajg et Chartier, 1997).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces travaux nous invitent \u00e0 analyser comment le travail est am\u00e9nag\u00e9, dans une m\u00eame profession, par des membres se situant \u00e0 des phases diff\u00e9rentes de leur carri\u00e8re et \u00e0 ainsi r\u00e9pondre, entre autres, aux questions suivantes. Dans quelle mesure le temps consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une profession varie-t-il selon l\u2019\u00e9tape de carri\u00e8re \u00e0 laquelle ses membres sont arriv\u00e9s? Comment ceux qui en sont \u00e0 des \u00e9tapes diff\u00e9rentes distribuent-ils leur temps de travail entre leurs t\u00e2ches? Dans quelle mesure le degr\u00e9 de coordination et d\u2019int\u00e9gration entre les t\u00e2ches varie-t-il selon l\u2019\u00e9tape de carri\u00e8re \u00e0 laquelle sont parvenus les membres d\u2019une m\u00eame profession?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En plus d\u2019apporter une information pr\u00e9sentant un int\u00e9r\u00eat en soi, la r\u00e9ponse \u00e0 ces questions peut alimenter la r\u00e9flexion sur les m\u00e9canismes, externes et internes aux sujets, qui influent sur le temps consacr\u00e9 au travail et sur son am\u00e9nagement. Sur un autre plan, elle peut apporter un \u00e9clairage sur des probl\u00e8mes pratiques tels que le maintien en emploi de personnes ayant d\u00e9pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge \u00abnormal\u00bb de la retraite dans leur profession et l\u2019aide \u00e0 apporter pour un am\u00e9nagement ad\u00e9quat du travail \u00e0 des moments diff\u00e9rents de la carri\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">C\u2019est donc aux trois questions mentionn\u00e9es dans le paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent que la recherche pr\u00e9sent\u00e9e dans cet article vise \u00e0 r\u00e9pondre. La population cible est celle des professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises. Ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 choisis en raison notamment de l\u2019autonomie dont ils jouissent dans l\u2019exercice de leurs fonctions. Celle-ci est d\u00e9finie par la latitude de choix dont jouissent les membres d\u2019une m\u00eame profession par rapport \u00e0 des objets tels que les objectifs du travail, les moyens d\u2019action, les horaires de travail et les crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation (Breaugh, 1985). Susman (1976) inclut aussi l\u2019ind\u00e9pendance, le contr\u00f4le des fronti\u00e8res du poste et la gouvernance \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces derni\u00e8res. En cons\u00e9quence, affirmer que les professeurs d\u2019universit\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une marge d\u2019autonomie ne signifie pas qu\u2019ils sont exempts de toute forme de contr\u00f4les, particuli\u00e8rement ceux qui proviennent, comme le mentionnait Mintzberg (1979) il y a pr\u00e8s de 30 ans en d\u00e9crivant les modes en vigueur dans les bureaucraties professionnelles, des r\u00e9sultats \u00e0 atteindre et des exigences \u00e0 satisfaire aupr\u00e8s de divers \u00e9valuateurs du travail professoral : comit\u00e9s de r\u00e9daction, comit\u00e9s d\u2019octroi de subventions, etc. Cela ne signifie pas, non plus, qu\u2019ils sont soumis \u00e0 aucune contrainte, notamment celles qui r\u00e9sultent d\u2019un manque de ressources.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour \u00e9tudier l\u2019\u00e9volution au cours de la vie professionnelle, les chercheurs se servent des \u00e9tapes de carri\u00e8re qui sont d\u00e9finies \u00e0 partir de deux types de crit\u00e8res. Plusieurs utilisent des indices indirects tels que l\u2019\u00e2ge (Rush, Peacock et Milkovich, 1980), les ann\u00e9es de service dans l\u2019emploi (Allen et Meyer, 1993) et le nombre d\u2019ann\u00e9es dans la profession (Reilly et Orsak, 1991). D\u2019autres, plus rares, se basent sur les pr\u00e9occupations de carri\u00e8re comme telles; c\u2019est le cas par exemple de Flaherty et Pappas (2002), de Ornstein et Isabella (1990) et de Smart (1998). M\u00eame si cette seconde approche peut s\u2019av\u00e9rer int\u00e9ressante pour pr\u00e9dire certaines attitudes au travail, comme le soutiennent Flaherty et Pappas (2002), le recours aux ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans une profession constitue un crit\u00e8re logique de d\u00e9coupage pour analyser l\u2019am\u00e9nagement du travail selon les \u00e9tapes de la carri\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour diverses raisons, le d\u00e9but et la fin de la carri\u00e8re des professeurs, d\u00e9finis par le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans la profession, pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat certain. Pour bien lancer leur carri\u00e8re, ceux qui d\u00e9butent se doivent de relever des d\u00e9fis et d\u2019assumer des obligations sur divers plans : sur celui de l\u2019enseignement, ils doivent pr\u00e9parer de nouveaux cours, pas toujours dans leur domaine de sp\u00e9cialisation; sur celui de la recherche, ils sont tenus de publier, entre autres pour satisfaire aux crit\u00e8res d\u2019attribution de la permanence, en plus d\u2019avoir \u00e0 r\u00e9agir aux pressions pour obtenir rapidement des subventions dans un contexte de plus en plus concurrentiel; sur celui de la supervision des travaux de recherche des \u00e9tudiants, ils doivent se faire conna\u00eetre de ceux qu\u2019ils aimeraient diriger, obtenir les fonds n\u00e9cessaires lorsqu\u2019ils doivent les r\u00e9mun\u00e9rer et \u00e9tablir leur cr\u00e9dibilit\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019eux; sur le plan des services externes \u00e0 l\u2019universit\u00e9, ils sont appel\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir leur r\u00e9putation afin que l\u2019on ait recours \u00e0 eux dans un avenir plus ou moins lointain. En revanche, il est peu probable qu\u2019ils occupent des postes de gestion acad\u00e9mique, pour les raisons suivantes : ils manquent d\u2019exp\u00e9rience, ils doivent faire leur preuve et ils sont appel\u00e9s \u00e0 investir massivement dans d\u2019autres t\u00e2ches. Enfin, en raison des possibilit\u00e9s moins grandes de choix qui s\u2019offrent \u00e0 eux et des pressions auxquelles ils font face, il se pourrait qu\u2019ils aient plus de difficult\u00e9s \u00e0 coordonner et \u00e0 int\u00e9grer leurs t\u00e2ches que des coll\u00e8gues plus exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour leur part, les professeurs en fin de carri\u00e8re sont souvent des sp\u00e9cialistes d\u00e9j\u00e0 reconnus dans leur domaine qui n\u2019ont plus rien \u00e0 prouver. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, il est peu probable qu\u2019ils aient l\u2019obligation de pr\u00e9parer de nouveaux cours et, plus ils s\u2019approchent du moment de leur d\u00e9part, de demander de nouvelles subventions de recherche. Leur exp\u00e9rience et les possibilit\u00e9s de choix qui s\u2019offrent \u00e0 eux leur donnent aussi probablement plus de facilit\u00e9 \u00e0 articuler et int\u00e9grer leurs t\u00e2ches.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, une importante recherche am\u00e9ricaine a port\u00e9 sur l\u2019\u00e9tude du travail des professeurs d\u2019universit\u00e9 en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re. C\u2019est celle de Finkelstein et al. (1998) qui cherche \u00e0 d\u00e9finir les caract\u00e9ristiques des deux groupes suivants d\u00e9finis, sans autre crit\u00e8re pr\u00e9cis, en fonction de leur exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire : ceux qui ont 7 ans et moins d\u2019exp\u00e9rience; ceux qui ont 8 ans et plus. Se basant sur les donn\u00e9es du <em>National Study of Postsecondary Faculty<\/em>, ces chercheurs ont montr\u00e9 que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re se diff\u00e9rencient de leurs coll\u00e8gues plus exp\u00e9riment\u00e9s, entre autres par rapport aux dimensions suivantes : 1) ils consacrent l\u00e9g\u00e8rement plus de temps \u00e0 leur travail; 2) ils investissent plus de temps dans la recherche; 3) ils accordent moins de temps \u00e0 l\u2019enseignement et \u00e0 la consultation. Il est \u00e9tabli aussi qu\u2019ils souhaiteraient consacrer encore plus de temps \u00e0 la recherche et moins de temps \u00e0 l\u2019enseignement.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En raison des limites m\u00e9thodologiques (d\u00e9coupage arbitraire des \u00e9tapes de carri\u00e8re, aspects mesur\u00e9s, population de r\u00e9pondants) qui restreignent, entre autres, la possibilit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralisation des r\u00e9sultats de la seule \u00e9tude recens\u00e9e, il y a donc place pour d\u2019autres recherches sur les caract\u00e9ristiques du travail professoral, notamment au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la carri\u00e8re. C\u2019est ce \u00e0 quoi tend la recherche pr\u00e9sent\u00e9e dans cet article, qui se divise en quatre parties. En plus de la section sur la m\u00e9thodologie, ce texte en comporte trois autres correspondant aux questions pos\u00e9es, qui portent sur la comparaison des aspects suivants selon les \u00e9tapes de la carri\u00e8re telles que retenues : la charge temporelle des professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises; le temps qu\u2019ils consacrent \u00e0 chacune de leurs t\u00e2ches et aux composantes de ces derni\u00e8res; leurs opinions concernant l\u2019int\u00e9gration et l\u2019articulation de leurs t\u00e2ches.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"2\" name=\"2\"><\/a>2. La m\u00e9thodologie<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour identifier les caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res du travail des professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises pendant diverses \u00e9tapes de la carri\u00e8re, nous avons eu recours \u00e0 des donn\u00e9es recueillies en 1990-1991 et en 2002-2003 : les premi\u00e8res par une \u00e9quipe de recherche de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec (Bertrand, Foucher, Jacob, Fabi et Beaulieu, 1994); les secondes par le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation dans le cadre d\u2019une annexe au rapport annuel 2002-2003, annexe intitul\u00e9e<em> Diversit\u00e9, continuit\u00e9 et transformation du travail professoral dans les universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises (1991 et 2003)<\/em>. (Bertrand, 2004). L\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces deux banques permet pour la premi\u00e8re fois au Qu\u00e9bec de comparer des donn\u00e9es collect\u00e9es \u00e0 plus de dix ans d\u2019intervalle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Lors de l\u2019enqu\u00eate de 1990-1991, un questionnaire a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par la poste \u00e0 tous les professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises. Un total de 2 520 personnes y ont r\u00e9pondu, soit 30 % de l\u2019ensemble des professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises. Les 2 520 r\u00e9pondants et la population se distribuaient dans des proportions semblables par rapport aux caract\u00e9ristiques suivantes : \u00e2ge, sexe et titre universitaire; taille, \u00e9tat de d\u00e9veloppement et langue principale de travail de leur \u00e9tablissement. Pour l\u2019enqu\u00eate publi\u00e9e en 2004, le Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation a fait appel \u00e0 un \u00e9chantillon probabiliste stratifi\u00e9 en fonction des domaines d\u2019enseignement et de recherche. Cette m\u00e9thode a permis d\u2019adresser un questionnaire par internet \u00e0 3 153 personnes; les 1 290 r\u00e9pondants repr\u00e9sentent 41 % de l\u2019\u00e9chantillon et 17% de l\u2019ensemble des professeurs d\u2019universit\u00e9 au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour les fins de cette \u00e9tude, nous avons retenu trois groupes de professeurs : ceux qui sont en d\u00e9but de carri\u00e8re; ceux qui sont en fin de carri\u00e8re; ceux qui sont parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re. Tel que mentionn\u00e9, le crit\u00e8re d\u2019exp\u00e9rience en tant que professeur d\u2019universit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 retenu pour constituer ces trois groupes. Le tableau 1 fournit des pr\u00e9cisions sur la composition de chacun.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le premier groupe est celui des personnes ayant 6 ans ou moins d\u2019exp\u00e9rience en tant que professeurs. Cette coupure a \u00e9t\u00e9 choisie parce qu\u2019elle correspond dans la plupart des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec \u00e0 la p\u00e9riode de temps requis pour l\u2019obtention de la permanence. Le deuxi\u00e8me groupe est celui des professeurs en fin de carri\u00e8re, soit ceux qui avaient, au moment des deux enqu\u00eates, 25 ans et plus d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire. Dans ce cas, le choix de ce point de coupure visait \u00e0 obtenir un nombre ad\u00e9quat de sujets parvenus \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de leur carri\u00e8re. Enfin, faute de crit\u00e8res objectifs pour distinguer les \u00e9tapes de carri\u00e8re des autres personnes, soit celles qui avaient de 7 \u00e0 24 ans d\u2019exp\u00e9rience au moment des enqu\u00eates, nous les avons conserv\u00e9es en un seul groupe. Puisque nous nous int\u00e9ressons principalement aux professeurs en d\u00e9but et en fin de carri\u00e8re, ce troisi\u00e8me groupe servira principalement \u00e0 des fins de comparaison.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le premier groupe, celui des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re, se composait de 622 personnes en 1990-1991 et de 407 en 2002-2003, repr\u00e9sentant respectivement 26 % et 31 % des personnes ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enqu\u00eate. Leur \u00e2ge moyen \u00e9tait de 37 ans lors de la premi\u00e8re enqu\u00eate et de 41 ans lors de la seconde. Les deux fois, plus du tiers de ces professeurs \u00e9taient des femmes et 78 % \u00e9taient titulaires d\u2019un doctorat. Le deuxi\u00e8me groupe, celui des professeurs en fin de carri\u00e8re, \u00e9tait compos\u00e9 respectivement de 339 personnes en 1990-1991 et de 293 en 2002-2003, repr\u00e9sentant 14 % et 23 % des r\u00e9pondants. L\u2019\u00e2ge moyen de ses membres \u00e9tait de 58 ans en 1990-1991 et de 59 ans en 2002-2003. Les femmes constituaient 11,5 % de ce groupe en 1990-1991 et 17,4 % en 2002-2003. Enfin, 78 % des professeurs de ce groupe avaient un doctorat lors de la premi\u00e8re enqu\u00eate et 82 % lors de la seconde. Le dernier groupe comprenait, en 1990-1991, 1 458 professeurs; en 2002-2003, 588. Ceux-ci repr\u00e9sentaient respectivement 60 % et 46 % des r\u00e9pondants. Ayant entre 7 et 24 ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire, ils constituent les professeurs parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re. Leur \u00e2ge moyen \u00e9tait de 47 ans en 1990-1991 et de 48 ans en 2002-2003. Seulement 18 % des professeurs de ce groupe \u00e9taient des femmes lors de la premi\u00e8re enqu\u00eate et 34 % lors de la seconde. Enfin, 82 % \u00e9taient titulaires d\u2019un doctorat en 1990-1991 et 88 % en 2002-2003.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 1<br \/>\n<\/strong><strong>R\u00e9partition et caract\u00e9ristiques des professeurs ayant r\u00e9pondu au questionnaire selon diverses \u00e9tapes de carri\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7052\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p343_t1.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p343_t1\" width=\"730\" height=\"326\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les deux premi\u00e8res parties de cet article ont pour objet principal des questions qui, en raison de leur similitude dans les deux enqu\u00eates, permettent une comparaison directe de donn\u00e9es collect\u00e9es \u00e0 12 ans d\u2019intervalle. Faute de questions communes aux deux enqu\u00eates, la troisi\u00e8me partie, qui porte sur l\u2019int\u00e9gration et l\u2019articulation des t\u00e2ches, se limitera \u00e0 l\u2019analyse des deux s\u00e9ries de donn\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Compte tenu que la question de recherche visait \u00e0 d\u00e9terminer s\u2019il existe des diff\u00e9rences entre trois groupes de r\u00e9pondants, nous nous sommes servis de tests d\u2019inf\u00e9rence statistique de type bivari\u00e9, con\u00e7us pour d\u00e9tecter la pr\u00e9sence de ces variations. Ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 choisis en fonction de la nature des donn\u00e9es recueillies. Celles des parties 2 et 3 \u00e9tant de nature continue, nous nous sommes servis, dans un premier temps, d\u2019analyses de variance pour d\u00e9terminer si les r\u00e9sultats \u00e0 chacune des variables prises en compte varient de fa\u00e7on significative en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re; dans un second temps, nous avons eu recours au test de Scheff\u00e9 pour identifier les diff\u00e9rences entre les trois groupes aux dimensions o\u00f9 il y a une variation significative, ce test permettant de comparer chacun des groupes aux deux autres pour d\u00e9terminer s\u2019ils diff\u00e8rent entre eux. Le th\u00e8me de la quatri\u00e8me partie ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019\u00e9chelles nominales, nous avons utilis\u00e9 des tests de khi-deux pour v\u00e9rifier l\u2019existence de diff\u00e9rences en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re. Les donn\u00e9es \u00e9tudi\u00e9es ont trait d\u2019abord \u00e0 l\u2019articulation et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de l\u2019ensemble des t\u00e2ches, ensuite \u00e0 celles des deux principales t\u00e2ches que sont l\u2019enseignement et la recherche. Afin d\u2019\u00e9viter d\u2019identifier, en raison de la grande taille des \u00e9chantillons, des diff\u00e9rences qui ne seraient attribuables qu\u2019\u00e0 un manque de puissance des techniques statistiques, nous n\u2019avons retenu que celles qui sont significatives au seuil de p &lt;0,001 pour les tests de Scheff\u00e9 et les khi-deux.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"3\" name=\"3\"><\/a>3. La charge temporelle hebdomadaire de travail<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Est-ce que le nombre d\u2019heures que les professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec affirment consacrer \u00e0 leur travail varie en fonction de leur exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire? C\u2019est \u00e0 cette premi\u00e8re question que les donn\u00e9es du tableau 2 apportent une r\u00e9ponse. Celle-ci est n\u00e9gative. Alors que les donn\u00e9es de 1990-1991 indiquent une variation significative (F = 4,87; p &lt;0,008), le test de Scheff\u00e9 ne permet pas de d\u00e9montrer que les trois groupes diff\u00e8rent entre eux au seuil de p &lt; 0,001. Quant aux donn\u00e9es portant sur 2002-2003, elles ne r\u00e9v\u00e8lent aucune diff\u00e9rence significative. En cons\u00e9quence, l\u2019information recueillie \u00e0 12 ans d\u2019intervalle ne permet pas de conclure que la charge temporelle de travail des professeurs d\u2019universit\u00e9 au Qu\u00e9bec, telle qu\u2019ils l\u2019estiment eux-m\u00eames, diff\u00e8re selon des \u00e9tapes de carri\u00e8re. Il n\u2019est donc pas d\u00e9montr\u00e9, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on entend souvent dire, que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re consacrent plus de temps \u00e0 leur travail que les professeurs approchant de leur retraite et que leurs coll\u00e8gues parvenus \u00e0 la p\u00e9riode de maturit\u00e9 de leur carri\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces donn\u00e9es doivent cependant \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es en tenant compte de leur nature et de leur limite. Ayant pour objet la charge temporelle de travail, les estim\u00e9s fournis ne permettent pas de conclure sur la charge physique ou sur la charge mentale que subissent les professeurs \u00e0 des \u00e9tapes diff\u00e9rentes de la carri\u00e8re. Elles ne permettent pas, non plus, de tirer des conclusions sur les pressions que subissent les professeurs et sur leur marge de libert\u00e9 dans l\u2019organisation de leur travail \u00e0 des moments diff\u00e9rents de la carri\u00e8re. Cependant, il est plausible que les nouveaux professeurs, bien qu\u2019ils ne consacrent pas plus de temps \u00e0 leur travail que leurs coll\u00e8gues plus exp\u00e9riment\u00e9s selon les estim\u00e9s fournis, subissent plus de pressions et de contraintes lors de la p\u00e9riode initiale de leur carri\u00e8re qui doit leur permettre d\u2019acqu\u00e9rir la permanence.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"4\" name=\"4\"><\/a>4. L\u2019importante relative des t\u00e2ches<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir trait\u00e9 du temps total que les professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises estiment accorder \u00e0 leur travail, nous analyserons le nombre d\u2019heures qu\u2019ils affirment investir dans chacune de leurs t\u00e2ches, selon les \u00e9tapes de leur carri\u00e8re telles que d\u00e9finies pour les fins de cette recherche. L\u2019information est regroup\u00e9e en fonction des t\u00e2ches suivantes : 1) l\u2019enseignement (tableau 3); 2) la recherche (tableau 4); 3) l\u2019encadrement des \u00e9tudiants, soit la direction de recherche des \u00e9tudiants des cycles sup\u00e9rieurs en 1990-1991 et l\u2019encadrement des \u00e9tudiants de tous les cycles en 2002-2003 (tableau 5); les services internes \u00e0 l\u2019universit\u00e9, les services externes \u00e0 cette derni\u00e8re et le perfectionnement professionnel (tableau 6).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 2<\/strong><br \/>\n<strong>La charge temporelle de travail des professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises selon diverses \u00e9tapes de la carri\u00e8re (1991 et 2003)<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7051\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p345_t2.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p345_t2\" width=\"730\" height=\"167\" \/><br \/>\n<strong>4.1 La t\u00e2che d\u2019enseignement<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans cette premi\u00e8re section, des r\u00e9ponses seront apport\u00e9es \u00e0 trois questions, \u00e0 partir des donn\u00e9es rapport\u00e9es au tableau 3. La premi\u00e8re a trait \u00e0 la variation du temps que les professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec estiment consacrer \u00e0 leur t\u00e2che d\u2019enseignement selon l\u2019\u00e9tape de leur carri\u00e8re. Les deux autres d\u00e9coulent de la r\u00e9ponse \u00e0 cette premi\u00e8re question. Dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 cette derni\u00e8re est positive, il y aura lieu de d\u00e9terminer si les diff\u00e9rences observ\u00e9es s\u2019expliquent par des facteurs tels que le nombre de cours donn\u00e9s, le nombre de d\u00e9gr\u00e8vements d\u2019enseignement obtenus et la proportion plus ou moins grande de cours diffus\u00e9s aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Il faudra aussi v\u00e9rifier si ces variations s\u2019expliquent par le temps investi dans les composantes constitutives de la t\u00e2che d\u2019enseignement : prestation de cours, pr\u00e9paration de ces derniers, \u00e9valuation des apprentissages \u00e9tudiants, encadrement des \u00e9tudiants et gestion courante des activit\u00e9s d\u2019enseignement.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En 1990-1991, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont affirm\u00e9 accorder plus d\u2019heures (13,9 heures, en moyenne) par semaine \u00e0 leur t\u00e2che d\u2019enseignement que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (11,2 heures) (F : 25,781; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2). On retrouve ce m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne lors de l\u2019enqu\u00eate de 2002-2003 : les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re estimaient investir 12,6 heures en moyenne par semaine dans leur t\u00e2che d\u2019enseignement, alors que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re n\u2019affirmaient consacrer que 10,7 heures \u00e0 cette m\u00eame t\u00e2che (F = 7,01; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2). En revanche, les r\u00e9sultats des deux enqu\u00eates n\u2019indiquent pas que les professeurs en fin de carri\u00e8re accordent un nombre diff\u00e9rent d\u2019heures \u00e0 leur t\u00e2che d\u2019enseignement que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes, cette conclusion se fondant elle aussi sur les estim\u00e9s fournis par les personnes interrog\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour expliquer la diff\u00e9rence observ\u00e9e, nous avons d\u2019abord cherch\u00e9 \u00e0 v\u00e9rifier si celle-ci pouvait \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 des caract\u00e9ristiques qui ne repr\u00e9sentent pas des activit\u00e9s constitutives de la t\u00e2che d\u2019enseignement. \u00c0 aucun des facteurs examin\u00e9s, nous n\u2019avons identifi\u00e9 de diff\u00e9rence significative. Premi\u00e8rement, il n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9 que le nombre de cours donn\u00e9s par les professeurs au cours des ann\u00e9es universitaires 1989-1990 et 1990-1991 varie selon les \u00e9tapes de la carri\u00e8re professorale, les trois groupes ayant donn\u00e9, en moyenne, 6,5 ou 6,4 cours en deux ans. Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne se r\u00e9p\u00e8te en 2002-2003 : peu importe les \u00e9tapes de leur carri\u00e8re, les professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises disent avoir donn\u00e9, en moyenne, 3,2 ou 3,3 cours durant cette ann\u00e9e-l\u00e0.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Deuxi\u00e8mement, il n\u2019est pas \u00e9tabli non plus, tant en 1990-1991 qu\u2019en 2002-2003, que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9grev\u00e9s d\u2019enseignement pour se consacrer \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches dans des proportions diff\u00e9rentes de celles de leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes. Troisi\u00e8mement, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 non plus que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re donnent une proportion plus petite de leurs cours aux 2<sup>e<\/sup> et 3<sup>e<\/sup> cycles que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes, ni que les professeurs en fin de carri\u00e8re concentrent plus leur enseignement aux 2<sup>e<\/sup> et 3<sup>e<\/sup> cycles que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes. Il s\u2019en suit qu\u2019il faut trouver d\u2019autres facteurs explicatifs du temps plus important que les \u00ab nouveaux professeurs \u00bb accordent \u00e0 l\u2019enseignement. L\u2019enqu\u00eate de 2002-2003 n\u2019a pas permis de colliger de l\u2019information fiable sur l\u2019importance des activit\u00e9s constitutives de la t\u00e2che d\u2019enseignement. Les donn\u00e9es recueillies \u00e0 ce sujet en 1990-1991 r\u00e9v\u00e8lent les tendances suivantes : le temps que les professeurs affirment consacrer \u00e0 la prestation directe des cours, \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des apprentissages et \u00e0 la gestion courante des activit\u00e9s d\u2019enseignement ne diff\u00e8re pas de fa\u00e7on significative selon les trois \u00e9tapes de carri\u00e8re retenues. En revanche, le temps que les professeurs estiment investir dans la pr\u00e9paration de leurs cours et dans l\u2019encadrement des \u00e9tudiants varie en fonction de leur exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 3<\/strong><br \/>\n<strong>Analyse de certaines dimensions de la t\u00e2che d\u2019enseignement des professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec, selon diverses \u00e9tapes de carri\u00e8re (1991 et 2003)<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7050\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p347_t3.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p347_t3\" width=\"730\" height=\"607\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re affirment consacrer plus de temps \u00e0 la pr\u00e9paration de leurs cours que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes, soit une moyenne de 6,3 heures par semaine, comparativement \u00e0 4,2 heures pour les professeurs ayant de 7 \u00e0 24 ans d\u2019exp\u00e9rience et \u00e0 4,7 heures pour ceux qui ont 25 ans ou plus d\u2019exp\u00e9rience (F = 44, 493; p &lt;0,001; Test de Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2, 3). Il est possible que cette diff\u00e9rence soit attribuable \u00e0 une des trois caract\u00e9ristiques suivantes : 1) une exp\u00e9rience plus grande des professeurs des deux derniers groupes leur permettant de faire leur travail plus rapidement; 2) une moins grande pr\u00e9paration \u00e0 fournir pour des cours donn\u00e9s depuis plusieurs ann\u00e9es; 3) une obligation moins forte d\u2019avoir \u00e0 pr\u00e9parer de nouveaux cours. De plus, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re accordent plus de temps (moyenne de 2,4 heures par semaine) \u00e0 l\u2019encadrement des \u00e9tudiants \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs cours que leurs coll\u00e8gues ayant de 7 \u00e0 24 ans d\u2019exp\u00e9rience (2,0 heures) (F = 6,996; p &lt;0,001; Test de Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2). Il n\u2019est cependant pas d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019ils investissent dans cette activit\u00e9 un temps qui diff\u00e8re de celui que lui accordent leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re, cette conclusion se basant elle aussi sur des estim\u00e9s faits par les personnes interrog\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>4.2 La t\u00e2che de recherche<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir analys\u00e9 la variation du temps consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019enseignement, nous v\u00e9rifierons si le nombre d\u2019heures que les professeurs affirment accorder \u00e0 la t\u00e2che de recherche et \u00e0 ses composantes diff\u00e8re en fonction d\u2019\u00e9tapes de la carri\u00e8re. Rapport\u00e9es au tableau 4, les donn\u00e9es sur lesquelles se base cette analyse r\u00e9v\u00e8lent des tendances diff\u00e9rentes en 1990-1991 et 2002-2003. Lors de la premi\u00e8re enqu\u00eate, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont affirm\u00e9 avoir investi en moyenne 16,5 heures par semaine dans la recherche, comparativement aux 11,2 heures et aux 12,1 heures estim\u00e9es par leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes de professeurs plus exp\u00e9riment\u00e9s (F : 25,781; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2, 3). En revanche, l\u2019enqu\u00eate de 2002-2003 n\u2019indique pas une variation significative entre les trois groupes (F : 2,92; p &lt;0,0543); en cons\u00e9quence, le test de Scheff\u00e9 n\u2019a pas permis de d\u00e9montrer que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re investissent en recherche un nombre diff\u00e9rent d\u2019heures que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes pris en compte.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La diff\u00e9rence entre les r\u00e9sultats des deux enqu\u00eates est attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019augmentation des moyennes de temps consacr\u00e9 hebdomadairement \u00e0 cette t\u00e2che par les personnes au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (15,9 en 2002-2003, comparativement \u00e0 11,2 seulement en 1991) et par leurs coll\u00e8gues qui en sont \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de cette derni\u00e8re (14,5 en 2003, comparativement \u00e0 12,1 en 1990-1991), contrairement aux nouveaux professeurs qui disent avoir accord\u00e9 un nombre semblable d\u2019heures \u00e0 cette t\u00e2che (16,5 heures en 1990-1991 et en 2002-2003). Cette variation des comportements dans les deux groupes plus exp\u00e9riment\u00e9s peut s\u2019expliquer par des pressions du contexte organisationnel incitant l\u2019ensemble des professeurs \u00e0 s\u2019investir davantage en recherche. Cette interpr\u00e9tation est compatible avec cet autre r\u00e9sultat. En 1990-1991, les r\u00e9ponses des professeurs en fin de carri\u00e8re concernant le temps qu\u2019ils estimaient accorder \u00e0 la recherche ne diff\u00e9raient pas de celles des professeurs au c\u0153ur de leur carri\u00e8re alors qu\u2019elles divergeaient de celles qu\u2019avaient fournies les professeurs d\u00e9butant la leur. En revanche, les r\u00e9ponses de 2002-2003 ne permettent pas de d\u00e9montrer que les estim\u00e9s fournis par les professeurs en fin de carri\u00e8re concernant le temps investi en recherche diff\u00e8rent de ceux qu\u2019ont rapport\u00e9s leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes d\u2019exp\u00e9rience. Quant aux professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re, l\u2019absence d\u2019accroissement du temps consacr\u00e9 \u00e0 la recherche lors des deux enqu\u00eates peut s\u2019expliquer par un manque \u00ab d\u2019\u00e9lasticit\u00e9 \u00bb, leurs autres t\u00e2ches requ\u00e9rant d\u00e9j\u00e0 un pourcentage de leur temps de travail qui ne peut pas \u00eatre diminu\u00e9.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 4<\/strong><br \/>\n<strong>Analyse de certaines dimensions de la t\u00e2che de recherche des professeurs<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7049\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p349_t4.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p349_t4\" width=\"730\" height=\"635\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de la variation du temps accord\u00e9 \u00e0 chacune des activit\u00e9s constitutives de la t\u00e2che de recherche apporte une information compl\u00e9mentaire. Premi\u00e8rement, les r\u00e9ponses des professeurs aux deux composantes suivantes de la t\u00e2che de recherche ne diff\u00e8rent pas, lors des deux enqu\u00eates, selon l\u2019\u00e9tape de carri\u00e8re \u00e0 laquelle ils sont rendus : l\u2019analyse, le traitement et l\u2019interpr\u00e9tation des donn\u00e9es; la gestion courante de la t\u00e2che de recherche. Deuxi\u00e8mement, les deux enqu\u00eates indiquent que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re estiment consacrer plus d\u2019heures que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes \u00e0 l\u2019\u00e9laboration technique des demandes de subvention (1991 : F = 31,427; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2, 3; 2003 : F = 12,12; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2, 3). Troisi\u00e8mement, deux autres diff\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es \u00e0 propos des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re, mais dans une seule des deux enqu\u00eates. Celle de 1990-1991 nous r\u00e9v\u00e8le que ces derniers affirmaient consacrer hebdomadairement plus d\u2019heures (3,9 heures, en moyenne) \u00e0 la conception des projets de recherche que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur (3,2 heures) ou \u00e0 la fin de leur carri\u00e8re (2,9 heures) (F = 9,188; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 1 \u2260 2, 3). Celle de 2002-2003 a montr\u00e9, pour sa part, que les \u00ab nouveaux professeurs \u00bb disaient passer moins de temps \u00e0 la diffusion de leurs r\u00e9sultats de recherche (2,9 heures par semaine en moyenne) que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (3,3 heures) (F = 5,04; p &lt;0,0066; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2). Quatri\u00e8mement, les diff\u00e9rences suivantes ont aussi \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00e0 propos des professeurs en fin de carri\u00e8re. En 1990-1991, ceux-ci estimaient accorder moins de temps que leurs coll\u00e8gues en d\u00e9but de carri\u00e8re \u00e0 la conception de projets de recherche (2,9 heures, en moyenne, \u00e0 chaque semaine comparativement \u00e0 3,9 heures pour leurs coll\u00e8gues en d\u00e9but de carri\u00e8re) et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration technique de demandes des subventions (1,1 heure, en moyenne, \u00e0 chaque semaine, comparativement \u00e0 2,1 heures). En 2002-2003, des diff\u00e9rences sont aussi r\u00e9v\u00e9l\u00e9es concernant le nombre d\u2019heures que les professeurs affirment consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9laboration technique de demandes de subvention; les professeurs en fin de carri\u00e8re disant y accorder moins de temps (1,2 heures, en moyenne, par semaine) que leurs coll\u00e8gues en d\u00e9but de carri\u00e8re (2,2 heures, en moyenne, par semaine) et que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (1,8 heures, en moyenne, par semaine) (F = 12,12; p &lt;0,001; Scheff\u00e9 : 1 \u2260 2, 3; 2 \u2260 3). Ces diff\u00e9rences peuvent provenir, d\u2019une part, du nombre de demandes de subvention formul\u00e9es et de leur ampleur; d\u2019autre part, elles peuvent aussi \u00eatre caus\u00e9es par le degr\u00e9 variable d\u2019expertise en mati\u00e8re de r\u00e9daction de projet de recherche.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>4.3 La t\u00e2che d\u2019encadrement des \u00e9tudiants<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les donn\u00e9es sur la t\u00e2che d\u2019encadrement des \u00e9tudiants r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 des objets diff\u00e9rents en 1990-1991 et en 2002-2003. Dans le premier cas, elles ont trait \u00e0 la direction de recherche des \u00e9tudiants des cycles sup\u00e9rieurs; dans le second, elles portent sur l\u2019encadrement des \u00e9tudiants de tous les cycles. En cons\u00e9quence, il ne sera pas possible de comparer directement les r\u00e9ponses obtenues lors des deux enqu\u00eates. Les donn\u00e9es collig\u00e9es sont rapport\u00e9es au tableau 5.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En 1990-1991, le temps que les r\u00e9pondants affirment consacrer \u00e0 la direction des \u00e9tudiants des cycles sup\u00e9rieurs varie en fonction de l\u2019\u00e9tape de la carri\u00e8re (F = 3,790; p &lt;0,02), mais le test de Scheff\u00e9 ne r\u00e9v\u00e8le pas l\u2019existence de diff\u00e9rence significative entre les trois groupes. La m\u00eame tendance se manifeste, en 2002-2003, \u00e0 propos de l\u2019encadrement des \u00e9tudiants de tous les cycles.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 5<\/strong><br \/>\n<strong>Analyse, selon des \u00e9tapes de la carri\u00e8re, de certaines dimensions de la t\u00e2che de direction de recherche des professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises en 1990-1991 et d\u2019encadrement des \u00e9tudiants de tous les cycles en 2002-2003<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7048\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p351_t5.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p351_t5\" width=\"730\" height=\"480\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ainsi, les donn\u00e9es collect\u00e9es lors des deux enqu\u00eates ne permettent pas d\u2019affirmer que les trois groupes de professeurs \u00e9tudi\u00e9s investissent un temps diff\u00e9rent dans l\u2019encadrement des \u00e9tudiants, que ce soit ceux des cycles sup\u00e9rieurs d\u2019\u00e9tude la premi\u00e8re fois ou ceux de tous les cycles la seconde. En 1990-1991, la charge temporelle de travail que les trois groupes estimaient consacrer \u00e0 l\u2019encadrement des \u00e9tudiants des cycles sup\u00e9rieurs \u00e9tait de 5 \u00e0 6 heures. En 2002-2003, le temps que les trois groupes ont jug\u00e9 investir dans l\u2019encadrement des \u00e9tudiants de tous les cycles \u00e9tait de quelque 8 heures par semaine.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les donn\u00e9es rapport\u00e9es au tableau 5 r\u00e9v\u00e8lent cependant que le temps accord\u00e9 \u00e0 certaines activit\u00e9s constitutives de la t\u00e2che d\u2019encadrement diff\u00e8re selon les \u00e9tapes de carri\u00e8re. Certains \u00e9carts se manifestent lors des deux enqu\u00eates, d\u2019autres lors d\u2019une seule.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les deux enqu\u00eates indiquent que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re dirigent moins d\u2019\u00e9tudiants des cycles sup\u00e9rieurs (ma\u00eetrise, doctorat et stage postdoctoral) que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (3,9 \u00e9tudiants en moyenne, comparativement \u00e0 5,1 en 1990-1991; 3,2 \u00e9tudiants, comparativement \u00e0 4,7 en 2002-2003), les tests de Scheff\u00e9 \u00e9tant d\u2019ailleurs significatifs dans les deux cas. Toutefois, les r\u00e9sultats ne montrent pas que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re encadrent un nombre d\u2019\u00e9tudiants autre que de celui de leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me diff\u00e9rence commune aux deux enqu\u00eates a trait au nombre d\u2019\u00e9tudiants de doctorat dirig\u00e9s. Tant en 1990-1991 qu\u2019en 2002-2003, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re dirigent moins d\u2019\u00e9tudiants de doctorat (0,92 et 0,99, en moyenne) que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (1,83 et 1,75) ou \u00e0 la fin de leur carri\u00e8re (1,88 et 1,52). Lors des deux enqu\u00eates, les tests de Scheff\u00e9 se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s significatifs (1 \u2260 2, 3).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les comportements des professeurs concernant la direction des \u00e9tudiants de ma\u00eetrise et celle des \u00e9tudiants post-doctoraux sont plus difficiles \u00e0 cerner :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; En 1990-1991, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re encadraient plus d\u2019\u00e9tudiants de ma\u00eetrise (moyenne de 2,86) que leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re (moyenne de 2,19). Il n\u2019a cependant pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019ils supervisaient un nombre d\u2019\u00e9tudiants de ma\u00eetrise diff\u00e9rent de celui de leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re. En revanche, la seconde enqu\u00eate a indiqu\u00e9 qu\u2019en 2002-2003 les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re dirigeaient les travaux d\u2019un moins grand nombre d\u2019\u00e9tudiants de ma\u00eetrise (moyenne de 1,95) que leurs coll\u00e8gues arriv\u00e9s au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (moyenne de 2,63); toutefois, leur comportement \u00e0 ce sujet ne diff\u00e9rait pas de celui de leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; En 1990-1991, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re encadraient moins d\u2019\u00e9tudiants de niveau postdoctoral que leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re : 0,16, en moyenne, comparativement \u00e0 0,37 (Test de Scheff\u00e9 : significatif). En 2002-2003, les donn\u00e9es collig\u00e9es ne d\u00e9montrent aucune diff\u00e9rence quant \u00e0 l\u2019importance du nombre de stagiaires postdoctoraux dirig\u00e9s par les trois groupes de professeurs pris en compte.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9sum\u00e9, les donn\u00e9es collect\u00e9es tant en 1990-1991 qu\u2019en 2002-2003 ne r\u00e9v\u00e8lent pas de diff\u00e9rence, en fonction des \u00e9tapes de carri\u00e8re, du temps que les professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises affirment consacrer \u00e0 l\u2019encadrement des \u00e9tudiants. Cependant, concernant les composantes de cette t\u00e2che, une diff\u00e9rence m\u00e9rite toute notre attention en raison de sa grande stabilit\u00e9 \u00e0 12 ans d\u2019intervalle : c\u2019est celle en vertu de laquelle les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re dirigent un total moins \u00e9lev\u00e9 d\u2019\u00e9tudiants des 2<sup>e<\/sup>, 3<sup>e<\/sup> et 4<sup>e<\/sup> cycles que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re. En cons\u00e9quence, chaque \u00e9tudiant encadr\u00e9 par les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re profiterait de plus de temps d\u2019encadrement, sans que l\u2019on puisse \u00e9tablir avec certitude les raisons de ce ph\u00e9nom\u00e8ne : conception diff\u00e9rente de la t\u00e2che d\u2019encadrement, apprentissage amenant \u00e0 consacrer davantage de temps, \u00e9tudiants encadr\u00e9s posant des exigences diff\u00e9rentes\u2026<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: left;\"><strong>4.4 Les t\u00e2ches de services internes \u00e0 l\u2019universit\u00e9, de services externes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et de perfectionnement professionnel<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Cette derni\u00e8re section est consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019analyse des trois autres t\u00e2ches professorales que nous avons prises en compte : les services internes \u00e0 l\u2019universit\u00e9, les services externes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et le perfectionnement professionnel. La variation, en fonction d\u2019\u00e9tapes de carri\u00e8re, du temps que les professeurs attribuent \u00e0 ces t\u00e2ches est rapport\u00e9e au tableau 6.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les donn\u00e9es collig\u00e9es tant en 1990-1991 qu\u2019en 2002-2003 indiquent que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re investissent moins de temps dans les services internes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 que leurs coll\u00e8gues plus exp\u00e9riment\u00e9s : la premi\u00e8re enqu\u00eate montre qu\u2019ils se d\u00e9marquent de leurs coll\u00e8gues arriv\u00e9s au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (moyenne hebdomadaire de 5,3 heures comparativement \u00e0 7,3 heures, le test de Scheff\u00e9 \u00e9tant significatif); la seconde enqu\u00eate r\u00e9v\u00e8le une diff\u00e9rence avec les deux autres groupes (moyenne hebdomadaire de 4,3 heures, comparativement \u00e0 6,2 et \u00e0 6,3 heures, le test de Scheff\u00e9 s\u2019av\u00e9rant significatif).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9ponses recueillies lors des deux enqu\u00eates permettent aussi de d\u00e9gager un profil semblable de diff\u00e9rence en ce qui concerne les services externes \u00e0 l\u2019universit\u00e9. D\u2019une part, les donn\u00e9es de 1990-1991 et de 2002-2003 indiquent que les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re estiment consacrer moins d\u2019heures \u00e0 cette t\u00e2che (moyenne hebdomadaire de 2,6 et de 2,0 heures) que leurs coll\u00e8gues parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re (moyenne hebdomadaire de 3,4 et de 2,9 heures). De plus, en 2002-2003, ils affirment \u00e9galement accorder \u00e0 cette t\u00e2che moins de temps (2,0 heures) que leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re (2,7 heures) (Scheff\u00e9 :1 \u2260 3). Les deux explications suivantes sont propos\u00e9es. Premi\u00e8rement, il faut en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale jouir d\u2019une r\u00e9putation bien \u00e9tablie pour \u00eatre sollicit\u00e9 par des demandeurs externes. Deuxi\u00e8mement, c\u2019est d\u2019abord par leur performance en tant qu\u2019enseignants et chercheurs que les nouveaux professeurs pourront acc\u00e9der \u00e0 la permanence, d\u2019o\u00f9 le temps qu\u2019ils accordent \u00e0 ces t\u00e2ches.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Enfin, en mati\u00e8re de perfectionnement professionnel, les diff\u00e9rences de comportement des professeurs, selon les \u00e9tapes de leur carri\u00e8re, sont plus difficiles \u00e0 saisir et \u00e0 interpr\u00e9ter. D\u2019abord, l\u2019enqu\u00eate de 1990-1991 n\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aucune diff\u00e9rence de temps investi dans le perfectionnement professionnel entre les trois groupes de professeurs constitu\u00e9s d\u2019apr\u00e8s leur \u00e9tape de carri\u00e8re. Ensuite, l\u2019analyse de variance (F = 7,123; p &lt;0,001) et le test de Scheff\u00e9 (1 \u2260 3) indiquent qu\u2019en 2002-2003 les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont affirm\u00e9 investir moins de temps (moyenne hebdomadaire de 2,6 heures) dans leur perfectionnement professionnel que leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re (moyenne hebdomadaire de 3,5 heures). Nous retenons les explications suivantes. Les premiers, les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re, sortent d\u2019une longue p\u00e9riode de formation. Les seconds, les professeurs en fin de carri\u00e8re, ont \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 des changements, d\u2019ordre disciplinaire et d\u2019ordre technologique, touchant leur travail et \u00e0 leur futur \u00e9tat de retrait\u00e9s; en cons\u00e9quence, le temps requis pour s\u2019adapter \u00e0 ces transformations, joint \u00e0 la libert\u00e9 dont ils disposent pour le faire, peuvent contribuer \u00e0 expliquer le nombre d\u2019heures plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019ils estiment avoir accord\u00e9es \u00e0 leur perfectionnement professionnel en 2002-2003.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 6<\/strong><br \/>\n<strong>Analyse des t\u00e2ches de services internes \u00e0 l\u2019universit\u00e9, de services externes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et de perfectionnement professionnel des professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec, selon diverses \u00e9tapes de carri\u00e8re (1991 et 2003)<\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7047\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p354_t6.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p354_t6\" width=\"730\" height=\"309\" \/><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"5\" name=\"5\"><\/a>5. L\u2019articulation et l\u2019int\u00e9gration des t\u00e2ches<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les tableaux 7 et 8 permettent d\u2019analyser la r\u00e9partition des trois groupes de professeurs en fonction des choix qui leur ont \u00e9t\u00e9 offerts sur l\u2019articulation et l\u2019int\u00e9gration, d\u2019abord de l\u2019ensemble de leurs t\u00e2ches, ensuite de celles d\u2019enseignement et de recherche. Les questions des deux enqu\u00eates \u00e9tant diff\u00e9rentes, nous avons rapport\u00e9 dans le tableau 7 les donn&amp;eaeacute;es recueillies lors de la recherche de 1990-1991 et regroup\u00e9 dans le tableau 8 celles de la recherche datant de 2002-2003.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re partie du tableau 7 porte sur l\u2019articulation et l\u2019int\u00e9gration de l\u2019ensemble des t\u00e2ches. Le test du khi-deux nous indique d\u2019abord que, en 1990-1991, les opinions sur ce sujet \u00e9mises par les professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec variaient selon les \u00e9tapes de la carri\u00e8re professorale (<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/x2.gif\" alt=\"x2\" width=\"13\" height=\"12\" \/> = 41,110; p &lt;0,001). Seulement 16 % des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont dit que leurs t\u00e2ches \u00e9taient tr\u00e8s int\u00e9gr\u00e9es et articul\u00e9es, alors que 24 % de leurs coll\u00e8gues ayant 6 ans et plus mais moins de 25 ans d\u2019exp\u00e9rience ont soutenu la m\u00eame position. De plus, le tiers des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re ont affirm\u00e9 que leurs t\u00e2ches et activit\u00e9s \u00e9taient plut\u00f4t r\u00e9alis\u00e9es de fa\u00e7on ind\u00e9pendante les unes par rapport aux autres; en revanche, 27 % des professeurs ayant 6 ans et plus mais moins de 25 ans d\u2019exp\u00e9rience et 18 % seulement des professeurs arriv\u00e9s \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de leur carri\u00e8re se sont dits d\u2019accord avec cette m\u00eame position.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me partie du tableau 7 porte sur la relation entre l\u2019enseignement et la recherche en 1990-1991. Le test du khi-deux permet d\u2019\u00e9tablir, dans un premier temps, que les opinions des professeurs sur la relation entre l\u2019enseignement et la recherche diff\u00e8rent en fonction de l\u2019\u00e9tape de carri\u00e8re \u00e0 laquelle ils sont parvenus (<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/x2.gif\" alt=\"x2\" width=\"13\" height=\"12\" \/> = 44,285; p &lt;0,001). La moiti\u00e9 des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re estiment que leur enseignement et leur recherche \u00e9voluent selon leur dynamisme propre; en revanche, ce pourcentage est respectivement de 42 % chez ceux qui ont plus de 6 ans mais moins de 25 ans d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire et de seulement 36% chez ceux qui sont en fin de carri\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019enqu\u00eate de 2002-2003 nous permet d\u2019observer les m\u00eames ph\u00e9nom\u00e8nes. En effet, la premi\u00e8re partie du tableau 8 nous apprend que les professeurs des universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises avaient, durant l\u2019hiver 2003, des opinions sur l\u2019int\u00e9gration de leurs t\u00e2ches qui variaient selon l\u2019\u00e9tape de leur carri\u00e8re (<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/x2.gif\" alt=\"x2\" width=\"13\" height=\"12\" \/> = 43,3627; p &lt;0,001). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, 63 % des \u00ab nouveaux professeurs \u00bb et 60 % des professeurs parvenus au c\u0153ur de leur carri\u00e8re se sont dits d\u2019accord avec l\u2019\u00e9nonc\u00e9 suivant : <em>Les t\u00e2ches de mon travail sont difficiles \u00e0 int\u00e9grer<\/em>. Cependant, seulement 45 % des professeurs en fin de carri\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 de cet avis. La seconde partie du m\u00eame tableau porte sur les positions tenues par les professeurs au sujet de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 suivant : <em>Les t\u00e2ches d\u2019enseignement et de recherche s\u2019articulent difficilement<\/em>. On y constate que les professeurs ont des opinions diff\u00e9rentes \u00e0 ce sujet selon l\u2019\u00e9tape de leur carri\u00e8re (<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/x2.gif\" alt=\"x2\" width=\"13\" height=\"12\" \/> = 25,4747; p &lt;0,001). Ce sont 51 % des \u00ab nouveaux professeurs \u00bb et 49 % des professeurs au c\u0153ur de leur carri\u00e8re qui sont d\u2019accord avec cet \u00e9nonc\u00e9, contre seulement 38 % de leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re. Les donn\u00e9es de 1990-1991 et 2002-2003 confirment donc l\u2019existence de deux ph\u00e9nom\u00e8nes compl\u00e9mentaires : 1) la difficult\u00e9 pour les professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec, peu importe l\u2019\u00e9tape de leur carri\u00e8re, d\u2019articuler et d\u2019int\u00e9grer leurs diff\u00e9rentes t\u00e2ches, et particuli\u00e8rement celles d\u2019enseignement et de recherche; 2) la difficult\u00e9 plus grande des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re et la facilit\u00e9 plus grande des professeurs en fin de carri\u00e8re \u00e0 articuler et \u00e0 int\u00e9grer leurs diff\u00e9rentes t\u00e2ches, particuli\u00e8rement celles d\u2019enseignement et de recherche.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La difficult\u00e9 \u00e9prouv\u00e9e par les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re \u00e0 coordonner et \u00e0 int\u00e9grer leurs t\u00e2ches peut s\u2019expliquer de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons : leur moins grande exp\u00e9rience; l\u2019obligation pour eux de donner des cours en dehors de leur domaine de recherche; leur libert\u00e9 moins grande de d\u00e9terminer l\u2019importance qu\u2019ils accordent \u00e0 chacune de leurs t\u00e2ches; l\u2019incitation qu\u2019ils subissent pour s\u2019adapter aux priorit\u00e9s et aux exigences des organismes subventionnaires.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 7<\/strong><br \/>\n<strong>Articulation et int\u00e9gration des t\u00e2ches constitutives du travail des professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec, selon diverses \u00e9tapes de carri\u00e8re<sup>1<\/sup><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7046\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p356_t7.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p356_t7\" width=\"730\" height=\"423\" \/><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"conclusion\" name=\"conclusion\"><\/a>Discussion et conclusion<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le vieillissement de la population et la n\u00e9cessit\u00e9, dans certaines professions, de maintenir au travail des personnes ayant d\u00e9pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge \u00abnormal\u00bb de la retraite, sont deux des facteurs qui contribuent \u00e0 justifier la question de recherche suivante : \u00ab Est-ce que des professionnels jouissant d\u2019une marge importante d\u2019autonomie dans l\u2019exercice de leurs fonctions travaillent un nombre diff\u00e9rent d\u2019heures, am\u00e9nagent leurs t\u00e2ches de fa\u00e7on variable et les articulent diff\u00e9remment selon l\u2019\u00e9tape de carri\u00e8re \u00e0 laquelle ils sont rendus, celle-ci \u00e9tant d\u00e9finie par le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans la profession? \u00bb Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, nous avons choisi la population des professeurs d\u2019universit\u00e9 qui ont, malgr\u00e9 les pressions dont ils sont l\u2019objet, la possibilit\u00e9 d\u2019effectuer plusieurs choix concernant l\u2019am\u00e9nagement de leur travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La conclusion de cet article servira premi\u00e8rement \u00e0 faire la synth\u00e8se des donn\u00e9es recueillies sur la distribution des trois objets suivants en fonction de l\u2019\u00e9tape de carri\u00e8re des r\u00e9pondants : la charge temporelle de travail; l\u2019importance relative des t\u00e2ches et des activit\u00e9s qui composent leur travail; l\u2019articulation et l\u2019int\u00e9gration de ces t\u00e2ches. Cette synth\u00e8se sera accompagn\u00e9e d\u2019une discussion des r\u00e9sultats et de suggestions sur des pistes de recherche. La discussion sera bas\u00e9e sur le cadre d\u2019analyse de l\u2019am\u00e9nagement du travail professoral pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la figure 1, selon lequel les choix concernant le travail professoral sont le lieu d\u2019interactions provenant de l\u2019individu lui-m\u00eame, du contexte organisationnel dans lequel il travaille, de son environnement personnel et familial et du contexte externe. Enfin, un rappel des limites de la recherche aidera \u00e0 situer les r\u00e9sultats obtenus dans une perspective plus large.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong> La charge temporelle de travail<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Certaines questions pos\u00e9es lors de ces recherches visaient \u00e0 v\u00e9rifier si le temps que les professeurs d\u2019universit\u00e9 estiment consacrer \u00e0 leur travail varie selon des \u00e9tapes de la carri\u00e8re, d\u00e9finies par le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans la profession. Les r\u00e9sultats des deux enqu\u00eates effectu\u00e9es aupr\u00e8s des professeurs du r\u00e9seau universitaire qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 12 ans d\u2019intervalle n\u2019ont pas permis de d\u00e9celer \u00e0 ce sujet de diff\u00e9rence significative entre les trois groupes pris en compte : de 0 \u00e0 6 ans d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019enseignement universitaire; de 7 \u00e0 24 ans; 25 ans ou plus (test de Scheff\u00e9; seuil de p &lt;0,001 retenu en raison de la grande taille de l\u2019\u00e9chantillon). Autrement dit, m\u00eame si les professeurs les plus exp\u00e9riment\u00e9s ont la possibilit\u00e9 de r\u00e9duire leur charge de travail parce qu\u2019ils ont une marge de latitude dans l\u2019am\u00e9nagement de leur travail qui pourrait leur permettre de le faire, les donn\u00e9es recueillies ne d\u00e9montrent pas qu\u2019ils agissent ainsi.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Cette absence de diff\u00e9rence suscite des interrogations sur ses raisons d\u2019\u00eatre. Pour rendre compte de cette derni\u00e8re, au moins trois hypoth\u00e8ses explicatives peuvent \u00eatre avanc\u00e9es : 1) les pressions exerc\u00e9es par diverses formes de contr\u00f4le (influence des pairs et des organismes de subvention, pressions de socialisation amenant l\u2019introjection de certaines normes) s\u2019av\u00e8rent tellement fortes qu\u2019elles uniformisent le temps moyen de travail investi par les individus, m\u00eame si celui-ci n\u2019est pas l\u2019objet de contr\u00f4les directs; 2) l\u2019int\u00e9r\u00eat du travail lui-m\u00eame et la motivation intrins\u00e8que qu\u2019il suscite invitent \u00e0 investir de fa\u00e7on semblable quel que soit le nombre d\u2019ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9rience dans la profession; 3) la possibilit\u00e9 d\u2019am\u00e9nager le travail de fa\u00e7on diff\u00e9rente au cours de la carri\u00e8re incite \u00e0 consacrer du temps dans des activit\u00e9s susceptibles de varier, mais pour une somme totale qui ne diff\u00e8re pas selon l\u2019exp\u00e9rience dans la profession. Chacune de ces hypoth\u00e8ses explicatives ayant des fondements logiques, il est possible qu\u2019elles contribuent toutes \u00e0 une part de l\u2019explication.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si des travaux additionnels seraient n\u00e9cessaires pour trancher le d\u00e9bat, notre recherche permet de jeter un regard sur une de ces hypoth\u00e8ses, soit l\u2019am\u00e9nagement variable des t\u00e2ches au cours de la carri\u00e8re. Avant d\u2019en traiter, il convient de mentionner que les r\u00e9sultats obtenus rappellent un des d\u00e9fis de la gestion des ressources humaines, soit celui de formuler des politiques et des mesures concernant la retraite qui ne d\u00e9couragent pas de rester en emploi ceux qui veulent et qui peuvent poursuivre leur carri\u00e8re de fa\u00e7on fructueuse. Nos r\u00e9sultats indiquent que les professeurs qui en sont \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de leur carri\u00e8re peuvent assumer la charge temporelle requise.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 8<br \/>\n<\/strong><strong>Articulation et int\u00e9gration des t\u00e2ches constitutives du travail des professeurs des universit\u00e9s du Qu\u00e9bec, selon diverses \u00e9tapes de carri\u00e8re (hiver 2003)<\/strong><\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7045\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p358_t8.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p358_t8\" width=\"730\" height=\"303\" \/><\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Le temps consacr\u00e9 aux diff\u00e9rentes t\u00e2ches<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si la charge temporelle de travail ne diff\u00e8re pas, est-ce que le temps consacr\u00e9 aux t\u00e2ches constitutives du travail professoral et aux activit\u00e9s composant ces derni\u00e8res varie en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re, particuli\u00e8rement celles du d\u00e9but et de la fin de cette derni\u00e8re. \u00c0 cette deuxi\u00e8me question faisant l\u2019objet de cet article, la r\u00e9ponse est plus complexe et nuanc\u00e9e, comme le montrent les donn\u00e9es du tableau 9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019un c\u00f4t\u00e9, celles-ci n\u2019ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les groupes de professeurs parvenus \u00e0 trois \u00e9tapes d\u00e9termin\u00e9es de la carri\u00e8re se comportent diff\u00e9remment vis-\u00e0-vis les dimensions suivantes de leur travail; le nombre de cours qu\u2019ils donnent; la proportion de cours qu\u2019ils dispensent au 1<sup>er<\/sup> cycle ainsi qu\u2019aux 2<sup>e<\/sup> et 3<sup>e<\/sup> cycles; le temps allou\u00e9 \u00e0 la prestation directe des cours, \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des apprentissages et \u00e0 la gestion courante des activit\u00e9s d\u2019enseignement; le temps allou\u00e9, en recherche, \u00e0 l\u2019analyse, au traitement et \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des donn\u00e9es et \u00e0 la gestion courante de leurs activit\u00e9s en cette mati\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On retrouve, dans la deuxi\u00e8me colonne du m\u00eame tableau, les diff\u00e9rences entre les trois groupes de professeurs qui ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es lors des deux enqu\u00eates. Il en ressort trois t\u00e2ches auxquelles le temps accord\u00e9, tel qu&rsquo;estim\u00e9 par les r\u00e9pondants, diff\u00e8re selon que les professeurs sont en d\u00e9but de carri\u00e8re ou qu&rsquo;ils sont parvenus \u00e0 une \u00ab \u00e9tape interm\u00e9diaire \u00bb. Les nouveaux professeurs consacrent plus de temps que ces derniers \u00e0 l&rsquo;enseignement et moins aux services, \u00e0 la fois internes et externes, \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Sur le plan des activit\u00e9s, ils investissent plus de temps dans l&rsquo;\u00e9laboration technique des demandes de subventions de recherche; cependant, ils r\u00e9alisent moins de directions de recherche, principalement moins de directions de th\u00e8ses de doctorat. Enfin, ils consacrent plus de temps \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration technique des subventions de recherche que leurs coll\u00e8gues en fin de carri\u00e8re; en revanche, ils assurent moins de directions de doctorat qu&rsquo;eux.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: center;\"><strong>Figure 1<\/strong><br \/>\n<strong>Cadre d&rsquo;analyse de l&rsquo;am\u00e9nagement du travail professoral en lien avec des \u00e9tapes de carri\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7044\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p359_f1.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p359_f1\" width=\"730\" height=\"463\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces diff\u00e9rences. Le temps plus grand accord\u00e9 \u00e0 l&rsquo;enseignement par les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re alors qu&rsquo;ils donnent tout de m\u00eame le m\u00eame nombre de cours peut \u00eatre d\u00fb au manque d&rsquo;exp\u00e9rience en la mati\u00e8re, mais aussi \u00e0 la diffusion d&rsquo;un plus grand nombre de nouveaux cours. En mati\u00e8re de services internes \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, le fait que les nouveaux professeurs soient moins nombreux \u00e0 occuper des postes de direction acad\u00e9mique et les politiques informelles de plusieurs institutions, qui encouragent les nouveaux professeurs \u00e0 investir \u00e0 ce stade de leur carri\u00e8re dans leurs t\u00e2ches premi\u00e8res d&rsquo;enseignement, de recherche et de direction de recherche, peuvent \u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine du temps moins grand que les professeurs d\u00e9butants consacrent \u00e0 cette t\u00e2che. La tendance des professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re \u00e0 diriger, au total, moins d&rsquo;\u00e9tudiants que les professeurs parvenus \u00e0 la phase interm\u00e9diaire de leur carri\u00e8re peut \u00eatre due \u00e0 l&rsquo;une des deux raisons suivantes : les professeurs d\u00e9butants ont \u00e0 faire leurs preuves en recherche avant de diriger les travaux des \u00e9tudiants des cycles sup\u00e9rieurs; ils ont besoin de se faire conna\u00eetre des \u00e9tudiants et d&rsquo;avoir, dans certains domaines, des subventions de recherche pour les r\u00e9mun\u00e9rer. Le fait que les nouveaux professeurs dirigent moins d&rsquo;\u00e9tudiants de doctorat, lors des deux enqu\u00eates, que les deux autres groupes de coll\u00e8gues parvenus \u00e0 des stades plus avanc\u00e9s de leur carri\u00e8re, va dans le sens de ces hypoth\u00e8ses interpr\u00e9tatives. Enfin, une autre diff\u00e9rence demeure stable lors des collectes d&rsquo;information effectu\u00e9es sur deux d\u00e9cennies : c&rsquo;est le temps plus grand qu&rsquo;accordent les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re \u00e0 la pr\u00e9paration technique des demandes de subvention de recherche, comparativement \u00e0 celui qui y est investi par les deux autres groupes de coll\u00e8gues ayant plus d&rsquo;exp\u00e9rience universitaire. Les donn\u00e9es disponibles ne permettent pas cependant de d\u00e9terminer si la cause de cette diff\u00e9rence est attribuable \u00e0 un manque d&rsquo;exp\u00e9rience, au nombre plus grand de demandes pr\u00e9par\u00e9es, \u00e0 la complexit\u00e9 de celles-ci ou \u00e0 d&rsquo;autres facteurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9sum\u00e9, il existe un nombre limit\u00e9 de t\u00e2ches ou d&rsquo;activit\u00e9s par rapport auxquelles les investissements de temps des professeurs diff\u00e8rent, lors des deux sondages, en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re telles que d\u00e9finies dans cette recherche.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Quelques diff\u00e9rences additionnelles sont observ\u00e9es lors d&rsquo;une seule enqu\u00eate et ne semblent donc pas s&rsquo;av\u00e9rer le reflet de tendances stables. Nous avons choisi de les pr\u00e9senter en fonction des professeurs en fin de carri\u00e8re, en commen\u00e7ant par les t\u00e2ches pour poursuivre avec les activit\u00e9s. En 1990-1991, les professeurs en fin de carri\u00e8re consacraient moins de temps \u00e0 la recherche que leurs coll\u00e8gues qui d\u00e9butaient la leur, mais cette diff\u00e9rence n&rsquo;appara\u00eet plus en 2002-2003. En revanche, ils ont accord\u00e9 plus de temps \u00e0 leur perfectionnement, en 2002-2003, que les deux autres groupes de coll\u00e8gues moins exp\u00e9riment\u00e9s. Enfin, les professeurs en fin de carri\u00e8re investissent plus de temps par semaine dans les services internes et externes \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, en 2002-2003, que leurs coll\u00e8gues qui d\u00e9butaient dans la profession. Cependant, nous n&rsquo;avons pas retrouv\u00e9 ces deux derniers ph\u00e9nom\u00e8nes en 1990-1991. Sur le plan des activit\u00e9s, les professeurs en fin de carri\u00e8re consacraient moins de temps en 1990-1991 \u00e0 la pr\u00e9paration des cours et \u00e0 la conception de projets de recherche que leurs coll\u00e8gues en d\u00e9but de carri\u00e8re. Ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes n&rsquo;apparaissent pas en 2002-2003. Aucun de ces constats n&rsquo;est surprenant. Ce qui nous interroge, c&rsquo;est le fait que ces ph\u00e9nom\u00e8nes ne se retrouvent pas d&rsquo;une recherche \u00e0 l&rsquo;autre, \u00e0 12 ans d&rsquo;intervalle. Ces changements indiquent-ils un nouveau mouvement de fond ou sont-ils purement conjoncturels?<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: center;\"><strong>Tableau 9<\/strong><br \/>\n<strong>Les tendances ressortant des enqu\u00eates de 1990-1991 et de 2002-2003*<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7043\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2007\/02\/Volume11_1-2_Variations_p361_t9.gif\" alt=\"Volume11_1-2_Variations_p361_t9\" width=\"730\" height=\"508\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">*G1 : 0 \u00e0 6 ans d&rsquo;exp\u00e9rience; G2 : de 7 \u00e0 24 ans d&rsquo;exp\u00e9rience; G3 : 25 ans et plus d&rsquo;exp\u00e9rience<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Nonobstant cette remarque, la comparaison des donn\u00e9es recueillies \u00e0 12 ans d&rsquo;intervalle a permis de montrer certaines diff\u00e9rences quant au temps que les professeurs consacrent, \u00e0 certaines t\u00e2ches et activit\u00e9s, en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re. Cette tendance rev\u00eat en soi un int\u00e9r\u00eat. Elle indique que la modulation du temps que les professeurs d&rsquo;universit\u00e9 investissent dans leurs t\u00e2ches, selon les \u00e9tapes de leur carri\u00e8re, varie dans le temps. Ce changement touchant certaines t\u00e2ches et certaines activit\u00e9s constitutives de ces derni\u00e8res peut \u00eatre d\u00fb \u00e0 des facteurs individuels, telle une \u00e9volution des aspirations des professeurs, ou organisationnels, comme des demandes diff\u00e9rentes adress\u00e9es aux individus par leur milieu.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;articulation et l&rsquo;int\u00e9gration des t\u00e2ches<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La troisi\u00e8me question \u00e0 laquelle cette recherche voulait proposer une r\u00e9ponse a trait \u00e0 l&rsquo;articulation et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration des t\u00e2ches selon les \u00e9tapes de la carri\u00e8re telles que d\u00e9finies. D&rsquo;apr\u00e8s les opinions exprim\u00e9es lors des deux sondages, les professeurs en fin de carri\u00e8re ont moins de difficult\u00e9s \u00e0 articuler et \u00e0 int\u00e9grer leurs t\u00e2ches que leurs coll\u00e8gues des deux autres groupes. \u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, ce sont les professeurs en d\u00e9but de carri\u00e8re qui \u00e9prouvent le plus de difficult\u00e9s \u00e0 articuler et \u00e0 int\u00e9grer les leurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La capacit\u00e9 plus grande d&rsquo;int\u00e9gration de leurs t\u00e2ches exprim\u00e9e par les professeurs plus exp\u00e9riment\u00e9s peut d\u00e9pendre \u00e0 la fois de leur exp\u00e9rience et de la possibilit\u00e9 plus grande qu&rsquo;ils ont de choisir leurs t\u00e2ches et d&rsquo;am\u00e9nager leur travail. La possibilit\u00e9 qu&rsquo;ils ont de mieux articuler et coordonner leurs t\u00e2ches peut contribuer \u00e0 leur bien-\u00eatre au travail et les encourager \u00e0 se maintenir en emploi. Les difficult\u00e9s \u00e9prouv\u00e9es par ceux qui d\u00e9butent la leur sont susceptibles de g\u00e9n\u00e9rer une charge mentale plus lourde, du stress et de l&rsquo;insatisfaction. La situation de ces personnes m\u00e9riterait, \u00e0 notre avis, une analyse plus pouss\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Les limites de la recherche<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Quoique les limites m\u00e9thodologiques de cette recherche ne remettent pas en cause les conclusions qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9es, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;en traiter. Celles qui ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es portent sur quatre aspects : la nature de l&rsquo;information concernant le temps investi dans les t\u00e2ches, l&rsquo;absence d&rsquo;information sur le rendement, les crit\u00e8res utilis\u00e9s pour d\u00e9finir les \u00e9tapes de la carri\u00e8re et l&rsquo;\u00e9chantillon provenant d&rsquo;une seule population.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Premi\u00e8rement, l&rsquo;information sur le temps consacr\u00e9 aux t\u00e2ches consiste en perceptions. Plusieurs raisons justifient ce choix, celles-ci \u00e9tant \u00e0 la fois d&rsquo;ordre m\u00e9trique et d&rsquo;ordre pratique. Par exemple, une m\u00e9thode telle l&rsquo;agenda a trois limites importantes : le nombre restreint de candidats qui acceptent de participer; l&rsquo;horizon temporel plus restreint que l&rsquo;ann\u00e9e; les erreurs de mesure pouvant \u00eatre caus\u00e9es par le difficult\u00e9 de coder l&rsquo;information. En cons\u00e9quence, le questionnaire n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement moins valable qu&rsquo;une autre m\u00e9thode.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Deuxi\u00e8mement, m\u00eame si les r\u00e9sultats de la recherche n&rsquo;indiquent pas de diff\u00e9rence d&rsquo;investissement en temps, cela ne garantit pas que l&rsquo;investissement fait est de qualit\u00e9 \u00e9gale et qu&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re aussi efficace. La difficult\u00e9 d&rsquo;avoir une information fid\u00e8le et valide sur le rendement a emp\u00each\u00e9 l&rsquo;insertion de mesures sur ce th\u00e8me dans les questionnaires de recherche.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Troisi\u00e8mement, m\u00eame si le d\u00e9coupage de la carri\u00e8re en trois \u00e9tapes d\u00e9finies \u00e0 partir du nombre d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;exp\u00e9rience se d\u00e9fend, il a des limites. Celles-ci sont de deux types. D&rsquo;une part, les chiffres choisis (0-6 ans; 7-24 ans; 25 ans et plus) constituent un crit\u00e8re relatif et peuvent comporter une erreur de mesure. Par exemple, six ans ne constituent pas le d\u00e9but de la permanence d&#8217;emploi dans toutes les universit\u00e9s du Qu\u00e9bec. D&rsquo;autre part, les indices subjectifs (pr\u00e9occupations de carri\u00e8re) commun\u00e9ment retenus \u00e0 la suite des travaux de Super pour d\u00e9finir les \u00e9tapes de carri\u00e8re n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 retenus dans le cadre de cette recherche. Compte tenu que les professeurs d\u00e9butent dans l&rsquo;enseignement universitaire \u00e0 un \u00e2ge qui varie, la prise en compte de ces pr\u00e9occupations permettrait certainement un ajout pertinent au chapitre des variables ind\u00e9pendantes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Enfin, m\u00eame si la recherche a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e aupr\u00e8s de professeurs d&rsquo;universit\u00e9 provenant d&rsquo;une m\u00eame population, les r\u00e9sultats qui s&rsquo;en d\u00e9gagent pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat pour d&rsquo;autres groupes professionnels. Ainsi, il serait int\u00e9ressant de v\u00e9rifier si les tendances observ\u00e9es sont valables, en premier lieu, pour les professeurs d&rsquo;universit\u00e9 travaillant dans d&rsquo;autres contextes g\u00e9ographique, politique, \u00e9conomique et culturel, et en second lieu, pour des professionnels jouissant d&rsquo;une marge d&rsquo;autonomie semblable \u00e0 celle des professeurs d&rsquo;universit\u00e9. Ces recherches permettraient de consolider les r\u00e9ponses aux questions pos\u00e9es par notre \u00e9tude \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9volution de la charge temporelle de travail, de l&rsquo;am\u00e9nagement des t\u00e2ches et de l&rsquo;int\u00e9gration de ces derni\u00e8res en fonction des \u00e9tapes de la carri\u00e8re.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"auteur\" name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Roland Foucher<\/strong>, Ph.D. est Professeur titulaire au D\u00e9partement des relations industrielles de l&rsquo;Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec en Outaouais et Professeur associ\u00e9 au D\u00e9partement d&rsquo;organisation et de gestion des ressources humaines \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences de la gestion de l&rsquo;Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al. Courriel : roland.foucher@uqo.ca<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec en Outaouais 101, rue St-Jean-Bosco Case postale 1250, succursale Hull Gatineau (Qu\u00e9bec) Canada J8X 3X7<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Denis Bertrand<\/strong>, Ph.D., est Professeur associ\u00e9 au D\u00e9partement d&rsquo;organisation et de gestion des ressources humaines \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences de la gestion de l&rsquo;Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al. Courriel : bertrand.denis@uqam.ca<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">D\u00e9partement d&rsquo;organisation et de gestion des ressources humaines Facult\u00e9 des sciences de la gestion Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al 315, rue Sainte-Catherine Est, Montr\u00e9al (Qu\u00e9bec) H2X 3X2<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">Notes<\/h3>\n<ol class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\n<li>Ces donn\u00e9es font r\u00e9f\u00e9rence aux ann\u00e9es 1986-1987 \u00e0 1990-1991 ou au temps \u00e9coul\u00e9 depuis leur entr\u00e9e en fonction en tant que professeur.<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"abstract\" name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Variations of Quebec universities professors work according to different career phases: data from two studies<\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Does the time dedicated to work, it\u2019s distribution amongst the different tasks performed and the coordination between these vary amongst Quebec university professors according to different career phases, as defined by the length of professional experience. These are the three questions, particularly relevant in the actual demographic context, that the research results presented in this article intend to answer.<\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Data has been provided by two surveys carried out with Quebec university professors, the first in 1991 and the second in 2003. The four following tendencies arise from the data analysed: 1. it has not been demonstrated that Quebec university professors dedicate to their work an amount of time that differs according to their career stage; 2. in 1991 and 2003, the time allocated to some of their tasks by Quebec university professors differs according to their career stage, thus indicating a stable trend; 3. however, the time allocated to some of their tasks by Quebec university professors varies according to their career stage in only one of the two surveys, thus indicating a possible impact of time; 4. it is demonstrated by the two surveys that professors with less than 6 years of experience have more difficulties coordinating and integrating their tasks. Theoretical and practical impact of these results are discussed.<\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Key words: career stages, university professors, workload<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ALLEN, J. A. et MEYER, J. P. (1993). Organizational commitment: Evidence of career stage effects. <em>Journal of Business Research<\/em>, vol., 29, p. 49-61.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ARTHUR, M. P., BAILYN, L., LEVINSON, D. J. et SHEPARD, H. A. (Dir.) (1984). <em>Working with Careers<\/em>, New York, Center for Research in Career Development, Columbia University.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">AUDET, M. (2004). 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