{"id":6683,"date":"2005-02-03T17:31:28","date_gmt":"2005-02-03T16:31:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6683"},"modified":"2016-02-04T14:57:06","modified_gmt":"2016-02-04T13:57:06","slug":"explication-des-resultats-dinventaires-dinterets-aux-clients-en-counseling-dorientation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2005\/explication-des-resultats-dinventaires-dinterets-aux-clients-en-counseling-dorientation\/","title":{"rendered":"Explication des r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats aux clients en counseling d\u2019orientation"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><b><em>Marie-Chantal GU\u00c9DON et R\u00e9ginald SAVARD<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2005\/02\/Volume10_1-2_14_explication.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6682 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/em><\/b><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Cet article aborde la question de l\u2019utilisation des inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats en counseling d\u2019orientation en se centrant sur le processus d\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats au client. Apr\u00e8s un rappel de l\u2019utilit\u00e9 des inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats en orientation professionnelle, les auteurs exposent un cadre th\u00e9orique permettant de comprendre des aspects de l\u2019interrelation client-conseiller lors d\u2019une entrevue de restitution des r\u00e9sultats, et d\u00e9crivent la d\u00e9marche qu\u2019ils proposent.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu1\"><b>Introduction<\/b><\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu2\"><b>Principes de base<\/b><\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu3\"><b>Les int\u00e9r\u00eats et le counseling d\u2019orientation<\/b><\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu4\">Cadre th\u00e9orique propos\u00e9<\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu5\">D\u00e9marche sugg\u00e9r\u00e9e<\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu6\">R\u00e9flexions compl\u00e9mentaires<\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu7\">Conclusion<\/a><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a name=\"contenu1\"><\/a>Introduction<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans la pr\u00e9face d\u2019un ouvrage r\u00e9cent consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des tests, Lichtenberg et Goodyear (1999) d\u00e9plorent le fait qu\u2019il existe relativement peu de textes permettant d\u2019expliquer comment interpr\u00e9ter des r\u00e9sultats d\u2019instruments psychom\u00e9triques \u00e0 des clients, en s\u2019appuyant sur des fondements th\u00e9oriques coh\u00e9rents pour justifier les strat\u00e9gies sugg\u00e9r\u00e9es. On constate, en effet, qu\u2019il se publie beaucoup plus d\u2019ouvrages sur les instruments de mesure, dont les inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, que sur la fa\u00e7on de les utiliser et d\u2019en communiquer les r\u00e9sultats. Comme le font remarquer Hood et Johnson (2002) la formation dispens\u00e9e aux professionnels susceptibles d\u2019utiliser des instruments psychom\u00e9triques suit cette tendance, en octroyant habituellement une plus grande place \u00e0 la connaissance de la psychom\u00e9trie et des instruments de mesure qu\u2019aux diff\u00e9rentes fa\u00e7ons d\u2019expliquer, aux clients qui les passent, les r\u00e9sultats qu\u2019ils fournissent. Et pourtant, c\u2019est l\u2019utilisation qui en est faite avec des clients, et assez largement, pour les inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, si on se fie aux enqu\u00eates faites \u00e0 ce sujet (Buisson, 1990), qui justifie les efforts consentis par les chercheurs et les maisons d\u2019\u00e9dition pour mettre sur le march\u00e9 des instruments psychom\u00e9triques de qualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pr\u00e9sent article traitera donc de la communication des r\u00e9sultats d\u2019inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats aux clients, dans un contexte de counseling d\u2019orientation, \u00e0 partir d\u2019une position th\u00e9orique concernant les processus en jeu dans cette communication.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un premier temps, nous pr\u00e9ciserons la perspective dans laquelle se situe l\u2019approche qui est propos\u00e9e dans le pr\u00e9sent texte. Dans un second lieu, nous reviendrons bri\u00e8vement sur l\u2019apport d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 une d\u00e9marche d\u2019orientation professionnelle. Ensuite, nous exposerons quelques \u00e9l\u00e9ments th\u00e9oriques ayant guid\u00e9 notre r\u00e9flexion sur le sujet, pour d\u00e9crire un peu plus loin la d\u00e9marche que nous sugg\u00e9rons et fournir des lignes directrices quant \u00e0 la fa\u00e7on de mener une entrevue de communication de r\u00e9sultats d\u2019inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats tout en utilisant le counseling. Nous terminerons par quelques r\u00e9flexions concernant des aspects particuliers de cette communication.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><b><a name=\"contenu2\"><\/a>Principes de base<\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conception que l\u2019on a de l\u2019intervention en orientation professionnelle guide le type d\u2019utilisation que l\u2019on fait des instruments psychom\u00e9triques, en particulier en ce qui a trait \u00e0 la place que prennent respectivement le sp\u00e9cialiste et le client dans le traitement de l\u2019information d\u00e9coulant de ces instruments. Il convient donc de pr\u00e9ciser que la perspective adopt\u00e9e ici est celle d\u2019une intervention visant \u00e0 donner \u00e0 la personne qui consulte le maximum de pouvoir quant aux d\u00e9cisions qu\u2019elle a \u00e0 prendre pour sa carri\u00e8re. Dans cette perspective, les inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, comme tout autre type de tests, sont utilis\u00e9s d\u2019abord pour favoriser la connaissance de soi de la personne qui consulte (Goldman, 1971), pour l\u2019aider \u00e0 s\u2019explorer, \u00e0 se comprendre et pour concr\u00e9tiser cette compr\u00e9hension de soi dans des d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9es. Il ne s\u2019agit donc pas seulement, pour le sp\u00e9cialiste, de vouloir mieux conna\u00eetre cette personne en vue de lui conseiller l\u2019orientation qui lui para\u00eet optimale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En second lieu, l\u2019approche propos\u00e9e prend pour acquis qu\u2019il est possible, et m\u00eame n\u00e9cessaire, lorsqu\u2019on a recours \u00e0 la psychom\u00e9trie dans l\u2019intervention en orientation professionnelle, de l\u2019int\u00e9grer au counseling. En ce sens, nous adoptons la ligne pr\u00f4n\u00e9e par Daniels et Altekruse (1982), Patterson et Watkins (1982), Prediger (1980, 1994) et Zytowski (1990), parmi d\u2019autres, plut\u00f4t que d\u2019affirmer, comme Goldman (1972, 1994), que la psychom\u00e9trie et le counseling ne peuvent, par d\u00e9finition, faire bon m\u00e9nage. Pr\u00e9cisons, cependant, que Goldman avait d\u2019abord, en 1971, propos\u00e9 une approche touchant l\u2019utilisation de la psychom\u00e9trie en counseling. Il semble que ses textes ult\u00e9rieurs remettent en question surtout la mani\u00e8re dont les psychologues et les conseillers travaillent avec les tests plut\u00f4t que le principe de l\u2019int\u00e9gration de donn\u00e9es d\u2019\u00e9valuation au counseling.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><a name=\"contenu3\"><\/a><b>Les int\u00e9r\u00eats et le counseling d\u2019orientation<\/b><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019article de T\u00e9treau, dans la pr\u00e9sente revue, r\u00e9pertorie un certain nombre de recherches concernant le r\u00f4le que jouent les int\u00e9r\u00eats dans les choix professionnels. Si ce r\u00f4le n\u2019est pas toujours \u00e9vident, il semble quand m\u00eame que les int\u00e9r\u00eats repr\u00e9sentent une facteur important dans les choix que font les individus. L\u2019int\u00e9r\u00eat indique en effet, en quelque sorte, la direction dans laquelle une personne canalise spontan\u00e9ment son \u00e9nergie. Quelle que soit la fa\u00e7on dont cette direction s\u2019est peu \u00e0 peu impos\u00e9e \u00e0 la personne (impact d\u2019exp\u00e9riences de succ\u00e8s ou d\u2019\u00e9checs, r\u00e9sultat d\u2019un sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle ou de comp\u00e9tence, mise en place de m\u00e9canismes d\u2019autoprotection et d\u2019autor\u00e9gulation<sup>1<\/sup>, d\u2019identifications \u00e0 des personnes significatives, etc.), cette derni\u00e8re a tout avantage \u00e0 en avoir conscience lorsque vient le moment de prendre des d\u00e9cisions relatives \u00e0 sa carri\u00e8re. En explorant et en clarifiant l\u2019histoire de ses int\u00e9r\u00eats, le client peut mieux comprendre les besoins ou les motivations qui les sous-tendent, tout en \u00e9clairant le processus de d\u00e9cision et la mise en \u0153uvre de son projet professionnel. Savickas (1995) encourage ainsi les conseillers \u00e0 examiner la signification subjective des int\u00e9r\u00eats dans l\u2019histoire de vie du client. Cette signification peut \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle que le conseiller lui attribuerait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les int\u00e9r\u00eats prennent racine dans les multiples interactions de l\u2019individu avec son environnement physique, social, \u00e9conomique et culturel. Selon Fink (1991), ils r\u00e9sultent d\u2019une processus de r\u00e9gulation de l\u2019action qui s\u2019effectue \u00e0 diff\u00e9rents niveaux. C\u2019est en effet dans une dynamique d\u2019ajustement cr\u00e9ateur \u00e0 un environnement plus ou moins facilitant que les int\u00e9r\u00eats \u00e9mergent. Chaque int\u00e9r\u00eat porte sa propre histoire de r\u00e9gulation avec l\u2019environnement, dans divers contextes de vie. Chaque int\u00e9r\u00eat, comme chaque \u00ab\u00a0non-int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb, est issu d\u2019exp\u00e9riences tant\u00f4t satisfaisantes, tant\u00f4t d\u00e9plaisantes, qui contribuent au degr\u00e9 de confort avec lequel la personne va le vivre ou l\u2019agir. Ainsi, un int\u00e9r\u00eat peut prendre naissance pour r\u00e9pondre aux attentes du milieu, par exemple pour plaire \u00e0 une personne significative. D\u2019autres peuvent se d\u00e9velopper plut\u00f4t dans un mouvement spontan\u00e9, en lien avec le besoin de croissance de la personne, parce que cette personne y retrouve un potentiel naturel de d\u00e9veloppement, au plan personnel ou au plan professionnel. En outre, les int\u00e9r\u00eats ne sont pas seulement une affaire de go\u00fbts. Ils entretiennent des liens avec le sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle et de comp\u00e9tence de l\u2019individu, de m\u00eame qu\u2019avec ses besoins, ses valeurs, ses croyances et ses aptitudes (Savickas, 1999; Lent, Brown et Hackett 1996; Super,1973).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, l\u2019identification ou l\u2019expression d\u2019un int\u00e9r\u00eat peut \u00eatre influenc\u00e9e par divers facteurs\u00a0: pression sociale et culturelle, besoin d\u2019appartenance ou, au contraire, besoin de diff\u00e9renciation, par exemple. Ainsi, une personne peut avoir un int\u00e9r\u00eat qui n\u2019est pas valid\u00e9 par ses proches ou son milieu socioculturel; si cette personne ne b\u00e9n\u00e9ficie pas du soutien de personnes qu\u2019elle per\u00e7oit comme significatives pour affirmer cet int\u00e9r\u00eat, elle pourrait avoir tendance \u00e0 le garder secret, de peur d\u2019\u00eatre humili\u00e9e ou de se retrouver en conflit avec son entourage; il se pourrait aussi que, dans un tel cas, la personne \u00e9prouve de la honte d\u2019avoir des int\u00e9r\u00eats jug\u00e9s non conformes \u00e0 son sexe ou \u00e0 son statut, et r\u00e9siste \u00e0 les reconna\u00eetre ou \u00e0 les agir. Le besoin d\u2019appartenance et le besoin de diff\u00e9renciation influencent aussi l\u2019expression des int\u00e9r\u00eats et peuvent \u00eatre en tension \u00e0 cette occasion. Si c\u2019est le besoin d\u2019appartenance qui est privil\u00e9gi\u00e9, il est possible que la personne adopte et affirme surtout des int\u00e9r\u00eats approuv\u00e9s par son entourage. Par contre, si c\u2019est le besoin de diff\u00e9renciation qui domine, la personne peut \u00e9prouver le besoin d\u2019affirmer un int\u00e9r\u00eat en r\u00e9action aux attentes qu\u2019elle per\u00e7oit de son environnement, ou de maintenir cet int\u00e9r\u00eat malgr\u00e9 les obstacles qui s\u2019opposent \u00e0 sa mise en oeuvre. Dans les deux cas, la personne se retrouve dans une situation complexe, o\u00f9 sa mani\u00e8re d\u2019interagir avec son environnement risque de cr\u00e9er une certaine tension qui menace sa coh\u00e9sion interne ou, du moins, de l\u2019inconfort ou de l\u2019insatisfaction dans l\u2019actualisation de l\u2019int\u00e9r\u00eat en jeu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On comprend, de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, que l\u2019information relative aux int\u00e9r\u00eats professionnels est loin d\u2019\u00eatre anodine. Et ce, m\u00eame si les r\u00e9sultats des inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats semblent souvent plus faciles \u00e0 transmettre \u00e0 un client que des scores \u00e0 des tests d\u2019aptitudes, si on en juge par les propos des \u00e9tudiants en orientation. Toucher aux int\u00e9r\u00eats, c\u2019est toucher \u00e0 la notion de plaisir dans une activit\u00e9, mais aussi aux besoins, aux motivations, aux croyances, aux valeurs, aux aptitudes, \u00e0 une certaine repr\u00e9sentation de soi et de son rapport au monde, construite \u00e0 la fois par l\u2019exp\u00e9rience et le regard des autres. Parfois, l\u2019estime de soi ou le sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle sont en cause; ou encore, ce peut-\u00eatre une exp\u00e9rience douloureuse, associ\u00e9e au d\u00e9veloppement d\u2019un certain style de vie, qui demande \u00e0 \u00eatre revue \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un examen de ses int\u00e9r\u00eats. L\u2019utilisation des r\u00e9sultats d\u2019un inventaire peut donc conduire \u00e0 l\u2019exploration de situations d\u00e9licates. Lorsque cette utilisation est int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 un processus de counseling, la personne concern\u00e9e a la latitude requise pour explorer et clarifier, avec de l\u2019aide, les implications de ses r\u00e9sultats, en lien avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de ses exp\u00e9riences de vie pass\u00e9es ou actuelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une distinction s\u2019impose, cependant, entre les int\u00e9r\u00eats comme tels et les r\u00e9sultats \u00e0 un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats. D\u2019o\u00f9 la distinction que faisait Super (1964) entre les int\u00e9r\u00eats exprim\u00e9s, les int\u00e9r\u00eats manifest\u00e9s, les int\u00e9r\u00eats test\u00e9s et les int\u00e9r\u00eats inventori\u00e9s. Les r\u00e9sultats d\u2019un inventaire ne sont pas toujours le reflet exact des int\u00e9r\u00eats \u00ab\u00a0r\u00e9els\u00a0\u00bb, pour toutes sortes de raisons\u00a0: limites techniques de l\u2019inventaire utilis\u00e9, conditions particuli\u00e8res de passation de l\u2019inventaire, \u00e9tat de confusion, manque de congruence, d\u2019authenticit\u00e9, de sinc\u00e9rit\u00e9 ou de s\u00e9rieux du client ou de la cliente, etc. Les facteurs que nous citions plus haut\u00a0: pression sociale, honte, besoin d\u2019appartenance ou de diff\u00e9renciation\u2026 peuvent aussi jouer un r\u00f4le pour orienter les r\u00e9ponses fournies lors de la passation de l\u2019inventaire. Malgr\u00e9 tout, les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 un inventaire constituent presque toujours une porte d\u2019entr\u00e9e au monde des int\u00e9r\u00eats, aux motivations, aux besoins, un moyen d\u2019avoir acc\u00e8s aux r\u00eaves et aux aspirations de la personne, \u00e0 l\u2019histoire de ces r\u00eaves, \u00e0 ce qui leur a donn\u00e9 naissance comme aux obstacles qu\u2019ils ont connus. En ce sens, ils peuvent jouer un r\u00f4le important dans l\u2019exploration et la compr\u00e9hension de la dynamique interne de l\u2019individu, indispensables \u00e0 la concr\u00e9tisation d\u2019un choix et \u00e0 un processus d\u2019orientation r\u00e9ussi. Mais pour ce faire, il faut qu\u2019ils soient, non seulement communiqu\u00e9s, mais aussi discut\u00e9s avec la personne concern\u00e9e afin qu\u2019elle puisse leur donner un sens de continuit\u00e9 (pass\u00e9, pr\u00e9sent, futur) avec son exp\u00e9rience subjective. Cette pr\u00e9occupation se retrouve dans les lignes directrices expos\u00e9es plus loin.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><a name=\"contenu4\"><\/a><b>Cadre th\u00e9orique propos\u00e9<\/b><\/span><b> <\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les textes consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation de tests en counseling de carri\u00e8re ou d\u2019orientation professionnelle offrent assez souvent des conseils sur le choix d\u2019instruments psychom\u00e9triques et la fa\u00e7on d\u2019en pr\u00e9senter les r\u00e9sultats aux clients. Cependant, il est rare que ces conseils prennent appui sur une compr\u00e9hension globale du processus de communication et de r\u00e9ception de donn\u00e9es psychom\u00e9triques. Depuis que Bixler et Bixler, en 1946, ont fait \u00e9tat des lacunes qu\u2019ils avaient constat\u00e9es \u00e0 ce sujet, peu de progr\u00e8s semblent avoir \u00e9t\u00e9 accomplis dans ce domaine. Ainsi, \u00e0 la fin d\u2019une recension des recherches faites sur les m\u00e9thodes de restitution des questionnaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, Bernaud et Vrignaud (1996) mentionnent la n\u00e9cessit\u00e9 de standardiser ces m\u00e9thodes en se basant sur une logique d\u2019ensemble. Quelques tentatives r\u00e9centes font cependant \u00e9cho \u00e0 cette pr\u00e9occupation. Martin, Prupas et Sugarman (1999), notant eux aussi qu\u2019on manque de cadre th\u00e9orique pour comprendre l\u2019effet que peut avoir, sur un client, la communication de ses r\u00e9sultats de test, proposent, pour rem\u00e9dier \u00e0 cette lacune, un cadre socio-constructiviste ax\u00e9 sur les changements que les r\u00e9sultats de tests peuvent favoriser chez le client. Claiborn et Hanson (1999) apportent une autre contribution \u00e0 cette question en se situant dans la perspective de l\u2019influence sociale (pour eux, l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un test \u00e0 un client est consid\u00e9r\u00e9e comme un processus durant lequel le conseiller influence le client) et en pr\u00e9cisant quels sont les facteurs qui, du c\u00f4t\u00e9 du conseiller et du test, du c\u00f4t\u00e9 du message, et du c\u00f4t\u00e9 du client, interviennent dans le processus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour notre part, pour rendre compte de la mani\u00e8re dont un client peut r\u00e9agir \u00e0 un r\u00e9sultat de test ou d\u2019inventaire, comprendre le jeu des ph\u00e9nom\u00e8nes en cause et proposer des balises pour guider les entrevues durant lesquelles le conseiller transmet au client des r\u00e9sultats de test ou d\u2019inventaires, nous avons trouv\u00e9 utile de combiner des \u00e9l\u00e9ments de recherche sur le feedback (Lecomte, 1994) avec une approche adoptant un point de vue intersubjectiviste. Autrement dit, nous consid\u00e9rons les personnes en cause (conseiller et client) comme ayant chacune leur fa\u00e7on de percevoir, de ressentir et d\u2019organiser leur exp\u00e9rience, et comme s\u2019influen\u00e7ant r\u00e9ciproquement dans cette exp\u00e9rience lorsqu\u2019elles sont en relation (Natterson et Friedman, 1995). Dans cette optique, l\u2019exp\u00e9rience subjective est l\u2019\u00e9l\u00e9ment central \u00e0 consid\u00e9rer dans la fa\u00e7on dont un client peut saisir et int\u00e9grer les donn\u00e9es, pourtant objectives, que sont les r\u00e9sultats qu\u2019il a obtenus \u00e0 un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats. C\u2019est aussi la clef pour comprendre la mani\u00e8re qu\u2019a le conseiller d\u2019interagir avec ce client. Ce point de vue nous am\u00e8ne, comme on le verra, \u00e0 nous r\u00e9f\u00e9rer au concept d\u2019organisation de l\u2019exp\u00e9rience subjective (Lecomte et Savard, 2002), que ce soit \u00e0 propos du client ou \u00e0 propos du conseiller. Cette organisation est le syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence int\u00e9rieur que la personne s\u2019est construit et \u00e0 partir duquel elle interpr\u00e8te et r\u00e9gule ses propres exp\u00e9riences subjectives. Toute personne a en effet tendance \u00e0 organiser son exp\u00e9rience subjective (ce qu\u2019elle ressent, per\u00e7oit, vit\u2026) en lui donnant une signification, un sens, en l\u2019int\u00e9grant dans une structure personnelle significative (Assy et Lambert, 2000; Atwood et Stolorow, 1984). Cette structure cherche \u00e0 se maintenir tout en \u00e9tant en constante \u00e9volution. On peut la voir comme un syst\u00e8me ouvert qui, tout en cherchant \u00e0 pr\u00e9server sa coh\u00e9sion, aspire \u00e0 se diff\u00e9rencier et \u00e0 se d\u00e9velopper par l\u2019int\u00e9gration de nouvelles donn\u00e9es susceptibles de la faire \u00e9voluer. Ces nouvelles donn\u00e9es peuvent \u00eatre, en l\u2019occurrence, des r\u00e9sultats de tests ou d\u2019inventaires, comme nous le pr\u00e9cisons dans les lignes qui suivent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les principaux fondements de l\u2019approche que nous sugg\u00e9rons (Gu\u00e9don et Savard, 2000) sont les suivants\u00a0:<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li type=\"1\">Tout r\u00e9sultat de test, et c\u2019est le cas des r\u00e9sultats \u00e0 un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eat, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un feedback susceptible de modifier dans une certaine mesure les conceptions et l\u2019image que la personne a d\u2019elle-m\u00eame ou, en des termes plus pr\u00e9cis, l\u2019organisation de son exp\u00e9rience subjective.<\/li>\n<li>La r\u00e9ception de ce feedback (r\u00e9sultats de l\u2019inventaire) se fait par un processus d\u2019assimilation et d\u2019accommodation o\u00f9 divers m\u00e9canismes d\u2019autor\u00e9gulation et d\u2019autoprotection permettent \u00e0 la personne, par des mouvements d\u2019expansion (ouverture) et de contraction (maintien) de consid\u00e9rer l\u2019information transmise tout en conservant sa coh\u00e9sion interne. La personne a tendance \u00e0 maintenir l\u2019organisation de son exp\u00e9rience subjective, pour pr\u00e9server le sens de son identit\u00e9. Cependant, elle accueille aussi constamment de nouvelles donn\u00e9es, ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 modifier son organisation interne et \u00e0 mieux s\u2019adapter, par un ajustement progressif et cr\u00e9ateur, \u00e0 son environnement physique, \u00e9conomique, social et culturel. Cette double tendance au maintien et \u00e0 l\u2019ouverture s\u2019inscrit dans un processus constant d\u2019autor\u00e9gulation de soi et de r\u00e9gulation interactive qui ressemble \u00e0 un mouvement oscillatoire d\u2019expansion et de contraction, d\u2019approche et de retrait (Lecomte et Savard, 2002). Dans une situation d\u2019orientation professionnelle, ce processus se concr\u00e9tise par une recherche de r\u00e9organisation du syst\u00e8me form\u00e9 par ses int\u00e9r\u00eats, ses valeurs, ses croyances, ses aptitudes\u2026 pour en arriver \u00e0 une d\u00e9cision favorisant un ajustement optimal dans son environnement. Par ailleurs, lorsque de nouvelles informations risquent d\u2019entra\u00eener une d\u00e9stabilisation mena\u00e7ant sa coh\u00e9sion interne, la personne va mettre en place des m\u00e9canismes d\u2019autoprotection bloquant de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons l\u2019impact de ces informations. Ces m\u00e9canismes s\u2019appliquent aussi dans le cas o\u00f9 la personne est invit\u00e9e \u00e0 consid\u00e9rer les r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats. Si les r\u00e9sultats sont validants et tol\u00e9rables pour elle, la personne sera en mesure de les accueillir. Par contre, si ces informations sont mena\u00e7antes pour l\u2019organisation de son exp\u00e9rience subjective (par exemple, trop diff\u00e9rentes de ce \u00e0 quoi elle s\u2019attendait), il est possible qu\u2019elle fasse obstacle \u00e0 leur prise en consid\u00e9ration (par exemple, en leur niant toute importance ou en critiquant l\u2019inventaire utilis\u00e9). Ces m\u00e9canismes d\u2019autoprotection, n\u00e9cessaires au maintien de la coh\u00e9sion interne, devront \u00eatre pris en compte, explor\u00e9s et clarifi\u00e9s, pour aider la personne \u00e0 comprendre ce qui est menac\u00e9 si elle consid\u00e8re ces informations dans le processus de prise de d\u00e9cision et au besoin, pour l\u2019accompagner dans ses tentatives de r\u00e9organisation de son exp\u00e9rience subjective. Cette r\u00e9organisation et l\u2019int\u00e9gration qui devrait en d\u00e9couler sont facilit\u00e9es par les pr\u00e9cautions qui peuvent \u00eatre prises lors de la transmission de l\u2019information, notamment en faisant en sorte que cette information soit discut\u00e9e, qu\u2019elle soit mise en relation avec l\u2019exp\u00e9rience du client et avec son histoire d\u00e9veloppementale, et que les r\u00e9actions qu\u2019elle suscite soient exprim\u00e9es, re\u00e7ues, explor\u00e9es et clarifi\u00e9es.<\/li>\n<li>L\u2019impact de ce feedback d\u00e9pend de plusieurs variables touchant, entre autres, la cr\u00e9dibilit\u00e9, pour le client, de la personne qui l\u2019\u00e9met (le conseiller), la qualit\u00e9 de la relation entre cette personne et celle qui le re\u00e7oit (le client), la nature du message transmis ainsi que des caract\u00e9ristiques de la personne (client) qui le re\u00e7oit\u00a0: attentes, degr\u00e9 d\u2019engagement dans le processus, ressources \u00e9motives et intellectuelles, etc. La situation particuli\u00e8re dans laquelle la personne se trouve lorsqu\u2019elle re\u00e7oit ce feedback peut aussi avoir un effet sur sa capacit\u00e9 \u00e0 l\u2019accueillir. Par exemple, recevoir les r\u00e9sultats d\u2019un instrument psychom\u00e9trique pass\u00e9 dans un contexte de s\u00e9lection place la personne dans des conditions de r\u00e9ceptivit\u00e9 tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celles qui pr\u00e9valent dans un contexte de counseling d\u2019orientation. Les recherches rapport\u00e9es par Bernaud et Vrignaud (1996), Fouad et Meyer Chan (1999) et Claiborn et Hansen (1999) fournissent des exemples des nombreuses variables susceptibles d\u2019influencer l\u2019efficacit\u00e9 des strat\u00e9gies utilis\u00e9es lors de la restitution des r\u00e9sultats d\u2019inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats.<\/li>\n<li>La communication de r\u00e9sultats de tests, c\u2019est-\u00e0-dire la transmission du feedback et la discussion qu\u2019elle suscite, se fait dans le cadre de l\u2019interaction dynamique des deux \u00aborganisations subjectives\u00bb en cause, non seulement celle du client, d\u00e9crite plus haut, mais aussi celle du conseiller, pour lequel les m\u00eames types de m\u00e9canismes s\u2019appliquent, avec toutes les r\u00e9gulations que cette interaction provoque. Ainsi, ce qui se passe dans l\u2019entrevue est influenc\u00e9 par le feedback que transmet le conseiller, auquel r\u00e9pondent les r\u00e9actions de son interlocuteur, lesquelles r\u00e9actions am\u00e8nent des r\u00e9gulations internes qui, \u00e0 leur tour, modifient les r\u00e9actions exprim\u00e9es, lesquelles ont un impact sur la r\u00e9ponse de l\u2019autre personne, etc. Le tout se d\u00e9roulant \u00e0 la fois de mani\u00e8re simultan\u00e9e (en m\u00eame temps) et non simultan\u00e9e (r\u00e9ponse n\u00e9cessairement d\u00e9cal\u00e9e par rapport au stimulus qui la produit), au plan intrapersonnel comme au plan interpersonnel. La compr\u00e9hension de la dynamique intersubjective qui caract\u00e9rise ainsi l\u2019entrevue am\u00e8ne \u00e0 souligner l\u2019importance, pour le conseiller, de rester attentif aux r\u00e9actions de son client comme aux siennes propres. C\u2019est cette attention qui lui permet de suivre vraiment l\u2019impact de l\u2019information qu\u2019il transmet (et de la fa\u00e7on dont il la transmet) au fur et \u00e0 mesure, de comprendre comment le client la re\u00e7oit, de s\u2019adapter \u00e0 ce qu\u2019il vit et de rajuster \u00e9ventuellement des conceptions erron\u00e9es \u00e0 propos de soi, des autres ou de son environnement.<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu5\"><\/a>D\u00e9marche sugg\u00e9r\u00e9e<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Allison, Lichtenberg et Goodyear (1999) distinguent trois phases dans l\u2019utilisation d\u2019un test avec des clients : l\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats, la communication de cette interpr\u00e9tation au client et l\u2019int\u00e9gration de l\u2019information dans un processus de compr\u00e9hension ou d\u2019action. Nous allons reprendre ces trois phases, mais en les d\u00e9taillant d\u2019apr\u00e8s le mod\u00e8le que nous avons d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9 (Gu\u00e9don et Savard, 2000). Il convient de signaler, cependant que, dans le mod\u00e8le que nous pr\u00e9conisons, la communication des r\u00e9sultats est faite de mani\u00e8re \u00e0 ce que l\u2019information fournie soit int\u00e9gr\u00e9e au fur et \u00e0 mesure par le client. La troisi\u00e8me phase prend alors moins d\u2019importance et peut se limiter \u00e0 une r\u00e9capitulation des \u00e9l\u00e9ments abord\u00e9s ainsi qu\u2019\u00e0 la clarification de leur impact sur la suite du processus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><b>Interpr\u00e9tation<\/b><\/span><b> <\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9vident, comme le soulignent d\u2019ailleurs Allison, Lichtenberg et Goodyear (1999), que le conseiller doit effectuer une interpr\u00e9tation d\u00e9taill\u00e9e et rigoureuse des r\u00e9sultats de l\u2019inventaire avant de transmettre ces r\u00e9sultats au client. Nous conseillons de distinguer trois \u00e9tapes dans cette interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019abord, il est n\u00e9cessaire de faire une interpr\u00e9tation stricte et objective des r\u00e9sultats, pour tracer un portrait des int\u00e9r\u00eats de la personne tels qu\u2019ils se d\u00e9gagent de ces r\u00e9sultats, en faisant abstraction de ce que l\u2019on sait d\u00e9j\u00e0 de cette personne. Autrement dit, l\u2019interpr\u00e9tation que l\u2019on fait \u00e0 ce stade est une description des int\u00e9r\u00eats ou des pr\u00e9f\u00e9rences de la personne, bas\u00e9e uniquement sur les donn\u00e9es de l\u2019inventaire utilis\u00e9. \u00c0 cette \u00e9tape, il n\u2019y a pas de relation faite entre les autres \u00e9l\u00e9ments d\u2019information que l\u2019on peut poss\u00e9der sur la personne et le portrait qui ressort des r\u00e9sultats de l\u2019inventaire. On se centre sur la signification qu\u2019il convient de donner aux r\u00e9sultats obtenus en suivant fid\u00e8lement les sp\u00e9cifications pr\u00e9sent\u00e9es dans le manuel de l\u2019inventaire. Cette absence de r\u00e9f\u00e9rents autres que les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire, dans l\u2019analyse qui est faite de ceux-ci, laisse la possibilit\u00e9 de profiter pleinement de l\u2019apport de cette analyse, y compris de la possibilit\u00e9 d\u2019y d\u00e9couvrir des \u00e9l\u00e9ments nouveaux ou diff\u00e9rents par rapport \u00e0 ceux que l\u2019on connaissait d\u00e9j\u00e0, et limite le risque de projeter, dans l\u2019interpr\u00e9tation, l\u2019image que l\u2019on a d\u00e9j\u00e0 de la personne, soit la propre subjectivit\u00e9 du conseiller. En r\u00e9duisant cette possibilit\u00e9 de projection, on diminue par le fait m\u00eame la probabilit\u00e9 de certaines des erreurs inf\u00e9rentielles d\u00e9nonc\u00e9es par Tracey et Rounds (1999). Lors de cette phase, si le conseiller n\u2019arrive pas \u00e0 mettre de c\u00f4t\u00e9 les autres informations qu\u2019il poss\u00e8de sur la personne, ni ses propres r\u00e9actions aux donn\u00e9es qu\u2019il analyse, il a avantage \u00e0 noter ces \u00e9l\u00e9ments par \u00e9crit afin de s\u2019en distancer temporairement et de cr\u00e9er l\u2019espace n\u00e9cessaire \u00e0 une lecture objective des r\u00e9sultats. Les notes prises lui serviront ult\u00e9rieurement \u00e0 approfondir son interpr\u00e9tation et sa compr\u00e9hension de la dynamique de son client.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois compl\u00e9t\u00e9e cette analyse, il s\u2019agit, dans un deuxi\u00e8me temps, de mettre le portrait obtenu en lien avec les donn\u00e9es disponibles par ailleurs sur le client, de fa\u00e7on \u00e0 faire ressortir les \u00e9l\u00e9ments confirm\u00e9s par ces donn\u00e9es, de m\u00eame que ceux qui s\u2019ajoutent au portrait d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9, et m\u00eame, parfois, ceux qui surprennent ou qui semblent en contradiction avec ce que l\u2019on sait d\u00e9j\u00e0. C\u2019est l\u2019occasion de formuler des hypoth\u00e8ses de travail qui pourront \u00eatre examin\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de donn\u00e9es additionnelles. C\u2019est aussi le moment, pour le conseiller, d\u2019identifier ses r\u00e9actions subjectives internes provoqu\u00e9es par ces r\u00e9sultats (jugement, accord, d\u00e9saccord, satisfaction ou d\u00e9ception, par exemple) et risquant d\u2019influencer sa mani\u00e8re d\u2019interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats \u00e0 son client ou sa fa\u00e7on d\u2018interagir avec ce dernier dans cette interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, dans un troisi\u00e8me temps, l\u2019interpr\u00e9tation est orient\u00e9e plus sp\u00e9cifiquement en fonction des questions particuli\u00e8res qui ont amen\u00e9 \u00e0 faire passer un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats au client. Il s\u2019agit alors de se demander en quoi les informations fournies par l\u2019inventaire, en lien avec les donn\u00e9es d\u00e9j\u00e0 connues, permettent de r\u00e9pondre aux besoins de la personne. \u00c0 cette \u00e9tape, on pr\u00e9cise l\u2019interpr\u00e9tation en se basant sur la dynamique de l\u2019organisation de l\u2019exp\u00e9rience subjective du client, sur ses m\u00e9canismes d\u2019autor\u00e9gulation et d\u2019autoprotection, sur la constellation de ses int\u00e9r\u00eats, de ses valeurs, de ses croyances et de ses aptitudes, sur les besoins qui ont \u00e9merg\u00e9 ou sur les questions auxquelles il faut r\u00e9pondre de fa\u00e7on plus pressante. L\u00e0 encore, on \u00e9tablit des hypoth\u00e8ses de travail qui auront \u00e0 \u00eatre examin\u00e9es avec le client. Cette \u00e9tape de l\u2019analyse permet aussi d\u2019\u00e9tablir un ordre de priorit\u00e9 parmi les \u00e9l\u00e9ments qui seront pr\u00e9sent\u00e9s au client et discut\u00e9s avec lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce travail d\u2019interpr\u00e9tation, pr\u00e9liminaire \u00e0 l\u2019entrevue avec le client concern\u00e9, passe donc par les trois \u00e9tapes distingu\u00e9es par Zitowski et Borgen (1983, cit\u00e9s par Bernaud et Vrignaud, 1996), soit la description, l\u2019extrapolation et la synth\u00e8se. Cependant, il faut pr\u00e9ciser que, dans la d\u00e9marche que nous pr\u00e9conisons, un certain nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments extraits des donn\u00e9es analys\u00e9es restent au niveau de l\u2019hypoth\u00e8se de travail tant qu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s avec le client concern\u00e9. La participation de ce dernier est alors d\u00e9terminante et indispensable \u00e0 la finalisation de l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><b>Communication<\/b><\/span><b> <\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs recherches ont \u00e9t\u00e9 faites sur l\u2019impact de diff\u00e9rentes m\u00e9thodes pouvant \u00eatre utilis\u00e9es pour transmettre \u00e0 un client ses r\u00e9sultats de tests. Les plus cit\u00e9es sont probablement celles de Goodyear (1990). Jones et Gelso (1988) se sont aussi pench\u00e9s sur cette question. Plus r\u00e9cemment, Bernaud et Vrignaud (1996) ont effectu\u00e9 une recension critique exhaustive des recherches faites sur la transmission de r\u00e9sultats d\u2019inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats. Bien que les r\u00e9sultats de ces recherches ne permettent pas de rep\u00e9rer de grandes diff\u00e9rences, entre les m\u00e9thodes \u00e9tudi\u00e9es, quant \u00e0 leur impact, il semble que les clients retirent plus de satisfaction d\u2019entretiens leur permettant de jouer un r\u00f4le actif dans l\u2019interpr\u00e9tation de leurs r\u00e9sultats et de les commenter, plut\u00f4t que d\u2019avoir \u00e0 recevoir passivement une information pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re dogmatique. On note d\u2019ailleurs que plusieurs sp\u00e9cialistes en la mati\u00e8re (Hood et Johnson, 2002; Tinsley et Bradley, 1986) recommandent d\u2019impliquer le client dans l\u2019interpr\u00e9tation de ses r\u00e9sultats, d\u2019utiliser une approche interactive dans l\u2019entrevue, permettant au client de r\u00e9agir, de commenter, de nuancer l\u2019information qu\u2019il re\u00e7oit, au lieu de lui imposer une interpr\u00e9tation \u00e9labor\u00e9e en dehors de lui. Martin, Prupas et Sugarman (1999) parlent de l\u2019entrevue de communication des r\u00e9sultats de tests comme d\u2019une \u00ab\u00a0conversation th\u00e9rapeutique\u00a0\u00bb. C\u2019est le point de vue que nous avons aussi adopt\u00e9, en partant du cadre th\u00e9orique pr\u00e9sent\u00e9 plus haut. Dans cette perspective, l\u2019entrevue de communication des r\u00e9sultats de tests ou d\u2019inventaires se d\u00e9roule de mani\u00e8re aussi \u00ab\u00a0relationnelle\u00a0\u00bb que l\u2019ensemble du processus de counseling dont elle fait partie. Les principes de base inh\u00e9rents \u00e0 ce cadre am\u00e8nent en effet \u00e0 favoriser une mani\u00e8re interactive d\u2019aborder l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un inventaire, lors de l\u2019entrevue pr\u00e9vue \u00e0 cette fin, en tenant compte, dans cette interaction, du jeu des influences qu\u2019exercent l\u2019un sur l\u2019autre les deux univers subjectifs en pr\u00e9sence, celui du client et celui du conseiller.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><b>Lignes directrices pour cette communication <\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tant donn\u00e9 la grande vari\u00e9t\u00e9 des inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats et de la forme que prennent leurs r\u00e9sultats, il serait fastidieux d\u2019exposer en d\u00e9tail des strat\u00e9gies de communication. Plusieurs instruments connus, comme l\u2019Inventaire des int\u00e9r\u00eats de Strong (Hansen, 1992), le Guide de recherche d\u2019une orientation professionnelle (Roy et Thibault, 1993) ou l\u2019inventaire des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles de Jackson (Verhoeve, 1993) comportent d\u2019ailleurs, dans leurs manuels d\u2019utilisation ou dans la documentation d\u2019appoint qui les accompagne, des conseils ou des suggestions pour bien expliquer les r\u00e9sultats aux clients. Il est possible, cependant, en restant \u00e0 un niveau relativement g\u00e9n\u00e9ral, de d\u00e9finir quelques balises essentielles, communes \u00e0 toute d\u00e9marche d\u2019explication de r\u00e9sultat d\u2019inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, fond\u00e9es sur les principes pr\u00e9sent\u00e9s plus haut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d\u2019abord, il va de soi que le conseiller gagne \u00e0 bien pr\u00e9parer l\u2019entrevue. En plus d\u2019avoir fait une interpr\u00e9tation approfondie des donn\u00e9es, il est avantageux d\u2019\u00e9tablir des priorit\u00e9s parmi les donn\u00e9es apr\u00e8s avoir rep\u00e9r\u00e9 celles qui ont le plus d\u2019importance pour le client ou risquent de susciter des r\u00e9actions. Il faut aussi planifier une fa\u00e7on de faire qui tienne compte des caract\u00e9ristiques du client et du contexte de l\u2019entrevue. Les \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s plus haut quant aux variables qui influencent la r\u00e9ception d\u2019un feedback peuvent servir de guides \u00e0 ce sujet. Par exemple, si les r\u00e9sultats font ressortir des pr\u00e9f\u00e9rences marqu\u00e9es pour un domaine d\u2019activit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 mis de c\u00f4t\u00e9 par le client, et sont en dissonance avec le projet qu\u2019il est en train de construire, il faut tenir compte, dans la mani\u00e8re de les expliquer, de la remise en question qu\u2019ils risquent de susciter, en lien avec les caract\u00e9ristiques personnelles de ce client (ressources intellectuelles, traits de personnalit\u00e9, entre autres). Les r\u00e9sultats-m\u00eames, fournis par l\u2019inventaire, offrent parfois certaines pistes susceptibles d\u2019\u00eatre exploit\u00e9es en donnant des indications sur les attitudes ou les comportements auxquels on peut s\u2019attendre de la part du client. Ainsi, si les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire utilis\u00e9 font ressortir, pour un client, un type I selon la typologie de Holland, on a avantage \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des questions, parfois pointues, sur la fa\u00e7on dont les r\u00e9sultats sont obtenus; si les r\u00e9sultats indiquent plut\u00f4t que l\u2019on a affaire \u00e0 un client de type C, selon la m\u00eame typologie, l\u2019interpr\u00e9tation sera plus facile \u00e0 suivre pour lui si elle lui est pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re m\u00e9thodique et structur\u00e9e. L\u2019aspect \u00e9motif est \u00e9galement important \u00e0 prendre en consid\u00e9ration dans la pr\u00e9paration de l\u2019entrevue. En effet, avoir conscience de ses propres r\u00e9actions internes devant ces donn\u00e9es, tout en envisageant celles du client, aide \u00e0 pr\u00e9voir diff\u00e9rents sc\u00e9narios pour le d\u00e9roulement de l\u2019entrevue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de l\u2019entrevue, il est souvent appropri\u00e9 de commencer par revenir sur la passation de l\u2019inventaire, sur les raisons pour lesquelles il a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9, les conditions dans lesquelles cela s\u2019est pass\u00e9, les r\u00e9actions subjectives internes du client et les m\u00e9canismes d\u2019autor\u00e9gulation et d\u2019autoprotection qu\u2019il a pu mettre en place \u00e0 cette occasion pour pr\u00e9server sa coh\u00e9sion interne et son estime de soi, etc. On sait que, pour la plupart des inventaires, les r\u00e9ponses fournies, et donc les scores qui en d\u00e9coulent, peuvent varier dans une certaine mesure selon les conditions dans lesquels ils ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s\u00a0: \u00e9tat \u00e9motif du client, raison de la passation, etc. Il est donc utile de s\u2019y arr\u00eater.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, c\u2019est la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats. Cette pr\u00e9sentation devrait se faire, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, sur un mode interactif et relationnel. On explique au client, en termes compr\u00e9hensibles pour lui, la signification de ses r\u00e9sultats, en lui laissant la place n\u00e9cessaire pour qu\u2019il exprime ses r\u00e9actions subjectives internes, tout en \u00e9tant sensible \u00e0 ses m\u00e9canismes d\u2019autor\u00e9gulation et aux strat\u00e9gies d\u2019autoprotection qui peuvent \u00e9merger. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der permet de v\u00e9rifier, et la compr\u00e9hension qu\u2019a le client des donn\u00e9es transmises, et l\u2019impact qu\u2019elles peuvent avoir sur les diff\u00e9rentes facettes de son exp\u00e9rience. Il est alors possible de lui refl\u00e9ter la compr\u00e9hension que l\u2019on a de cet impact, en \u00e9tant r\u00e9ceptif \u00e0 l\u2019information additionnelle que les r\u00e9actions \u00e0 cette prise de conscience peuvent apporter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En outre, la discussion qui a lieu devrait favoriser les liens que le client peut faire entre les r\u00e9sultats de l\u2019instrument et des \u00e9l\u00e9ments de son exp\u00e9rience, que ce soit pour renforcer la validit\u00e9 de ces r\u00e9sultats ou la mettre en doute et la nuancer. On peut aussi lui soumettre les hypoth\u00e8ses de travail qui ont pu \u00eatre pr\u00e9par\u00e9es, en restant ouvert \u00e0 la modification de ces hypoth\u00e8ses en cours de discussion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En bref, le sch\u00e9ma g\u00e9n\u00e9ral est un peu le suivant\u00a0: Voici tel r\u00e9sultat\u2026 en voici la signification\u2026 trouvez-vous que cela correspond \u00e0 votre r\u00e9alit\u00e9 ou \u00e0 votre exp\u00e9rience?\u2026 reflet de cette r\u00e9action\u2026 tout en \u00e9tablissant, s\u2019il y a lieu, des relations avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments d\u2019information obtenus au cours des entrevues pr\u00e9c\u00e9dentes. L\u2019entrevue prend alors la forme d\u2019un dialogue aliment\u00e9 par les \u00e9l\u00e9ments d\u2019information issus de l\u2019inventaire et les pr\u00e9cisions fournies par le client, mais toujours centr\u00e9 sur la signification subjective de ces \u00e9l\u00e9ments pour le client.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Exemple\u00a0<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conseiller\u00a0: Votre r\u00e9sultat \u00e0 cette partie de l\u2019inventaire indique que vous pr\u00e9f\u00e9rez nettement les activit\u00e9s reli\u00e9es au type \u00abConventionnel\u00bb (d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9) par rapport aux autres. Qu\u2019est-ce que vous en pensez?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cliente\u00a0: \u2026 Oui, j\u2019aime bien savoir ce que j\u2019ai \u00e0 faire; j\u2019adore l\u2019informatique, comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit\u2026 mais je me vois mal toute seule devant un \u00e9cran toute la journ\u00e9e dans un bureau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conseiller\u00a0: Vous aimez l\u2019informatique et vous avez besoin aussi d\u2019\u00eatre avec d\u2019autres personnes quand vous travaillez?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cliente\u00a0: Oui. Je suis sociable, j\u2019aime parler avec des gens, \u00e9couter leurs histoires, me sentir entour\u00e9e\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conseiller\u00a0: Cet aspect-l\u00e0 de vous ressort aussi dans vos r\u00e9sultats. Dans votre profil, le type \u00absocial\u00bb (d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9) est le second en importance. Cela sugg\u00e8re que\u2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cliente\u00a0: Je suis bien contente de voir que \u00e7a se refl\u00e8te dans mes int\u00e9r\u00eats\u2026 Je n\u2019aurais pas aim\u00e9 \u00eatre seulement \u00abconventionnelle\u00bb!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conseiller\u00a0: On dirait que quelque chose vous d\u00e9range dans l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre de type \u00abConventionnel\u00bb?<br \/>\n(Le dialogue se poursuit, le conseiller explorant avec la cliente la signification de ce type pour elle, dans la perspective des d\u00e9cisions qu\u2019elle a \u00e0 prendre pour son orientation. Est-ce le terme \u00abconventionnel\u00bb qui la d\u00e9range? Est-ce la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019il recouvre? Se voit-elle devoir renoncer \u00e0 des aspirations per\u00e7ues comme fantaisistes? Etc.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit l\u2019importance, d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9e, de porter attention \u00e0 la fois \u00e0 la compr\u00e9hension des donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es, aux r\u00e9actions \u00e9motives, et aux liens que la personne \u00e9tablit entre ces donn\u00e9es et des \u00e9l\u00e9ments de son univers subjectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Durant ce dialogue, m\u00eame si le conseiller se pr\u00e9occupe particuli\u00e8rement de l\u2019impact \u00e9motif et cognitif de l\u2019information transmise sur son client, il reste aussi sensible aux messages que lui procurent, \u00e0 ce sujet, ses propres r\u00e9actions internes. En effet, face aux r\u00e9sultats de l\u2019inventaire et lors de l\u2019interpr\u00e9tation de ces r\u00e9sultats avec le client, le conseiller a lui aussi des r\u00e9actions actives ou passives\u00a0: Il peut \u00eatre d\u00e9\u00e7u des r\u00e9sultats, ou encore en \u00eatre tr\u00e8s satisfait s\u2019ils r\u00e9pondent \u00e0 ses attentes; il peut se sentir impatient ou en col\u00e8re si le client ne r\u00e9agit pas comme il le souhaiterait \u00e0 ses explications; il peut souhaiter convaincre le client de la justesse de ses r\u00e9sultats, lui d\u00e9montrer qu\u2019ils sont int\u00e9ressants et pertinents, lui prouver que, s\u2019ils ne correspondent pas \u00e0 ses projets, c\u2019est parce que ceux-ci sont irr\u00e9alistes; il peut aussi endosser la d\u00e9ception \u00e9ventuelle, ou au contraire, la grande satisfaction de son client devant ces r\u00e9sultats\u2026 Ces mouvements de dissonance et de consonance doivent \u00eatre pris en consid\u00e9ration. Ce sont des indicateurs permettant de mieux comprendre ce qui se passe dans la relation. D\u2019en prendre conscience permet au conseiller d\u2019\u00eatre au fait de ses propres r\u00e9actions subjectives internes, et de les comprendre lui permet de retrouver une position int\u00e9rieure qui laisse de la place \u00e0 la fois \u00e0 sa propre perspective et \u00e0 celle du client. C\u2019est dans la recherche de cette position de \u00abr\u00e9sonance interactive\u00bb qu\u2019il peut le mieux aider le client, dans sa d\u00e9marche d\u2019exploration et de clarification de soi, pr\u00e9alable \u00e0 la prise de d\u00e9cision vocationnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, les r\u00e9sultats d\u2019inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, ouvrent parfois la porte \u00e0 l\u2019expression d\u2019exp\u00e9riences v\u00e9cues par le client, importantes \u00e0 prendre en consid\u00e9ration, tant pour la compr\u00e9hension de sa situation actuelle que pour une projection plus ajust\u00e9e de l\u2019orientation qu\u2019il pourra prendre. C\u2019est pourquoi il est indispensable de laisser la possibilit\u00e9 au client d\u2019exprimer ses r\u00e9actions, au lieu de se limiter \u00e0 un expos\u00e9 de la signification des donn\u00e9es, aussi clair et pr\u00e9cis soit-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><b>Int\u00e9gration<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme nous l\u2019avons vu, dans l\u2019approche que nous d\u00e9crivons, l\u2019int\u00e9gration se fait en bonne partie au fur et \u00e0 mesure que l\u2019information est communiqu\u00e9e au client et travaill\u00e9e avec lui. Cependant, il n\u2019en reste pas moins n\u00e9cessaire de pr\u00e9voir, \u00e0 la fin de l\u2019entrevue ou \u00e0 une entrevue subs\u00e9quente, un retour sur les r\u00e9sultats qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s de m\u00eame que sur leur impact sur les d\u00e9cisions que la personne a \u00e0 prendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u00e9tape consiste d\u2019abord \u00e0 r\u00e9sumer avec le client l\u2019essentiel de la discussion, tant au niveau de l\u2019information qui s\u2019en d\u00e9gage sur les int\u00e9r\u00eats du client que par rapport \u00e0 l\u2019int\u00e9gration qu\u2019il fait de cette information, au plan cognitif comme au plan \u00e9motif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, on peut pr\u00e9ciser la port\u00e9e de tout cet ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments sur la suite du processus. Il peut s\u2019agir de sp\u00e9cifier des directions \u00e0 explorer, de d\u00e9cider d\u2019approfondir des aspects de sa dynamique personnelle, etc. Un point important \u00e0 souligner est que les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 l\u2019ensemble des autres donn\u00e9es disponibles, qu\u2019ils enrichissent, pour guider la prise de d\u00e9cision, et non consid\u00e9r\u00e9s en eux-m\u00eames. Pour les sp\u00e9cialistes de l\u2019orientation, il va de soi qu\u2019on ne peut baser un choix professionnel sur la seule information qu\u2019apporte un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eat. La n\u00e9cessit\u00e9 de cette prudence est moins \u00e9vidente pour les clients, qui ont parfois tendance \u00e0 croire que l\u2019inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats qu\u2019ils ont pass\u00e9 \u00ab\u00a0peut leur dire o\u00f9 ils doivent aller\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9sum\u00e9, le recours \u00e0 des instruments psychom\u00e9triques tels que les inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats, dans un processus de counseling d\u2019orientation, peut s\u2019int\u00e9grer de fa\u00e7on harmonieuse \u00e0 l\u2019ensemble de la d\u00e9marche, en respectant les m\u00eames principes que ceux qui, dans le reste de cette d\u00e9marche, r\u00e9gissent les \u00e9changes entre le client et le conseiller.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu6\"><\/a><b> <span class=\"s-titre\">R\u00e9flexions compl\u00e9mentaires<\/span> <\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de terminer, il appara\u00eet utile de s\u2019arr\u00eater sur certaines des questions que suscite parfois l\u2019utilisation des inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats en orientation professionnelle, soit les suivantes\u00a0: quand utiliser les r\u00e9sultats, comment g\u00e9rer les r\u00e9actions \u00e0 des situations sp\u00e9cifiques, comment tenir compte de l\u2019aspect \u00e9volutif des int\u00e9r\u00eats et de leur diversit\u00e9 \u00e9ventuelle. L\u2019effet \u00ab\u00a0Barnum\u00a0\u00bb est aussi important \u00e0 rappeler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"intertitre\">Quand utiliser les r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019impact des r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats peut varier selon le moment o\u00f9 ils sont introduits dans le processus. Au tout d\u00e9but de la d\u00e9marche, ils ont surtout comme avantage de stimuler l\u2019exploration de pistes susceptibles de convenir au client. Il est alors important de s\u2019assurer que, ce faisant, le client ne referme pas trop t\u00f4t l\u2019\u00e9ventail des choix possibles en se limitant aux voies dessin\u00e9es par les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire. Une cristallisation trop rapide des int\u00e9r\u00eats peut bloquer l\u2019exploration du soi ou avoir des r\u00e9percussions f\u00e2cheuses, par exemple d\u2019encourager la personne \u00e0 adopter un profil qui n\u2019est pas tout \u00e0 fait le sien, ou de l\u2019inciter \u00e0 se soumettre aux r\u00e9sultats de l\u2019inventaire sans les remettre en question, pour sortir rapidement d\u2019un \u00e9tat de confusion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Amen\u00e9s au milieu de la d\u00e9marche, alors que le client a d\u00e9j\u00e0 pu faire un certain travail d\u2019exploration et de compr\u00e9hension de soi, ces donn\u00e9es peuvent venir, \u00e0 la fois, consolider les r\u00e9sultats de cette exploration et de cette compr\u00e9hension et ouvrir \u00e9ventuellement de nouvelles pistes. \u00c0 cette \u00e9tape, les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire peuvent faire vivre une exp\u00e9rience de vitalisation, favorisant l\u2019espoir, l\u2019ouverture \u00e0 de nouvelles modalit\u00e9s d\u2019organisation de l\u2019exp\u00e9rience subjective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Transmis \u00e0 la fin du processus, les r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats ont surtout comme fonction de valider les d\u00e9cisions envisag\u00e9es et de rassurer le client quant \u00e0 la pertinence de celles-ci. Cependant, il faut alors se garder du temps pour explorer et clarifier les \u00e9l\u00e9ments qui pourraient remettre en question les projets d\u00e9j\u00e0 \u00e9labor\u00e9s. Cette mise en garde est d\u2019autant plus importante que le client vit encore de l\u2019incertitude et des doutes quant \u00e0 la possibilit\u00e9 de r\u00e9ussir son projet. Quelquefois, une trop grande quantit\u00e9 d\u2019informations peut retarder et m\u00eame tuer la d\u00e9cision (Gingras, Savard, Robidoux, M\u2019batika et St-Louis, 2001). La confusion engendr\u00e9e par cet afflux de donn\u00e9es peut paralyser l\u2019action, augmenter la peur face \u00e0 l\u2019environnement et bloquer la prise de d\u00e9cision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"intertitre\"> Comment g\u00e9rer certaines r\u00e9actions aux r\u00e9sultats transmis<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu\u2019un client a pass\u00e9 plusieurs entrevues, en plus des exercices entre les entrevues, \u00e0 explorer et \u00e0 clarifier ses caract\u00e9ristiques personnelles, il est rare que les r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats lui causent une grande surprise. La plupart du temps, ces r\u00e9sultats confirment les grandes lignes qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 esquiss\u00e9es, et c\u2019est normal qu\u2019il en soit ainsi. Les r\u00e9sultats d\u2019un inventaire d\u2019int\u00e9r\u00eats ne font pas autre chose que de renvoyer au client ses propres r\u00e9ponses aux questions qui lui ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es, mais en les lui pr\u00e9sentant d\u2019une mani\u00e8re structur\u00e9e, en fonction de cat\u00e9gories qui, elles peuvent \u00eatre nouvelles pour lui et lui permettre d\u2019\u00e9tablir des liens nouveaux avec son environnement. Souvent, cependant, ces liens ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. Deux r\u00e9actions s\u2019observent alors fr\u00e9quemment\u00a0: le client exprime sa satisfaction de se voir confirm\u00e9 et valid\u00e9, ou il se dit d\u00e9\u00e7u de n\u2019apprendre rien de nouveau sur lui-m\u00eame. Dans les deux cas, il est utile d\u2019explorer et de clarifier la r\u00e9action pour en d\u00e9gager l\u2019information qu\u2019elle v\u00e9hicule, soit sur le processus, soit sur la personne elle-m\u00eame ou encore sur la relation et l\u2019alliance de travail avec le conseiller. Le m\u00eame effort de clarification s\u2019impose lorsque le client se dit d\u00e9courag\u00e9 de voir confirmer des int\u00e9r\u00eats li\u00e9s pour lui \u00e0 des exp\u00e9riences d\u00e9cevantes et qu\u2019il aurait aim\u00e9 d\u00e9passer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les r\u00e9sultats ne concordent pas avec l\u2019image que le client a de lui-m\u00eame, l\u00e0 encore, il faut examiner la nature des divergences, leurs causes possibles, et la fa\u00e7on d\u2019en tenir compte. Souvent, dans un tel cas, il est utile de faire un retour sur les conditions de passation de l\u2019inventaire ou le format de celui-ci. Par exemple, nous avons constat\u00e9 qu\u2019un format \u00e0 choix forc\u00e9, qui force effectivement l\u2019expression de pr\u00e9f\u00e9rences autrement floues, d\u00e9bouche parfois sur un portrait un peu d\u00e9form\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue par le client. Il faut alors nuancer ce portrait en fonction de cette limite de l\u2019instrument utilis\u00e9. On voit, l\u00e0 encore, l\u2019importance de discuter les donn\u00e9es avec le client.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les profils \u00abplats\u00bb posent des d\u00e9fis particuliers, surtout pour les clients, et parfois les conseillers, qui s\u2019attendent \u00e0 ce que l\u2019inventaire utilis\u00e9 fasse ressortir comme par magie des aspirations cach\u00e9es ou une passion que les entretiens ant\u00e9rieurs n\u2019ont pas permis de d\u00e9celer. Comme si les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire devaient correspondre \u00e0 une sorte de fantaisie curative et fournir au client la clef de son bonheur. Il faut rappeler ici que les meilleurs inventaires sont ceux qui refl\u00e8tent fid\u00e8lement la r\u00e9alit\u00e9 de la personne, et non ceux qui vont \u00e0 tout coup faire ressortir des pr\u00e9f\u00e9rences. Si la r\u00e9alit\u00e9 du client est celle d\u2019une personne indiff\u00e9rente aux activit\u00e9s qu\u2019elles pourrait faire, ou attir\u00e9e sans discernement dans toutes sortes de direction, les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire traduisent cette r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est alors l\u2019occasion d\u2019aborder ou d\u2019approfondir avec le client concern\u00e9 ce point important que constitue l\u2019absence de direction qui lui est renvoy\u00e9e par les r\u00e9sultats de l\u2019inventaire.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Tenir compte de l\u2019\u00e9volution et de la vari\u00e9t\u00e9 possibles des int\u00e9r\u00eats de l\u2019individu<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il convient de se rappeler et, dans certains cas, de rappeler au client, que les int\u00e9r\u00eats peuvent \u00e9voluer avec le temps (m\u00eame si plusieurs des recherches cit\u00e9es par T\u00e9treau, dans la pr\u00e9sente revue, font \u00e9tat de la stabilit\u00e9 qu\u2019on observe habituellement dans les int\u00e9r\u00eats professionnels). Les r\u00e9sultats qui sont communiqu\u00e9s au client refl\u00e8tent un \u00e9tat susceptible de se moduler au fil des exp\u00e9riences qui l\u2019attendent. On ne peut \u00e9videmment faire autrement que de b\u00e2tir l\u2019avenir sur cet \u00e9tat pr\u00e9sent; mais il est utile, ce faisant, d\u2019aider la personne \u00e0 prendre conscience du fait qu\u2019elle est un \u00eatre en d\u00e9veloppement et que les d\u00e9cisions prises sur la base de son \u00e9tat actuel peuvent \u00eatre un tremplin pour une \u00e9volution qui l\u2019am\u00e8nera \u00e9ventuellement ailleurs. Par exemple, un client tr\u00e8s centr\u00e9 sur son c\u00f4t\u00e9 Investigateur, mis en \u00e9vidence par l\u2019inventaire qu\u2019il a pass\u00e9, peut prendre conscience, lors de la discussion avec lui sur cet aspect, de besoins affectifs qu\u2019il n\u00e9glige en s\u2019investissant seulement dans des activit\u00e9s intellectuelles; il peut d\u00e9cider de continuer \u00e0 actualiser cet aspect, qui lui r\u00e9ussit par ailleurs, tout en apprivoisant progressivement son besoin de relations interpersonnelles satisfaisantes; il est alors possible que, plus tard, la dimension sociale prenne davantage de place dans les choix professionnels qu\u2019il aura \u00e0 faire \u00e0 ce moment. L\u2019int\u00e9r\u00eat central peut prendre diff\u00e9rentes directions selon le d\u00e9veloppement personnel et professionnel du client, et il s\u2019av\u00e8re parfois important de sensibiliser celui-ci \u00e0 cette possibilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est souvent pertinent d\u2019\u00e9tablir des distinctions entre les int\u00e9r\u00eats pouvant \u00eatre actualis\u00e9s dans le travail et ceux qui peuvent l\u2019\u00eatre dans d\u2019autres domaines d\u2019activit\u00e9s\u00a0: loisirs, b\u00e9n\u00e9volat, par exemple. Cette distinction est particuli\u00e8rement importante pour les personnes ayant des int\u00e9r\u00eats multiples, se traduisant par des scores \u00e9lev\u00e9s \u00e0 plusieurs des \u00e9chelles de l\u2019inventaire utilis\u00e9. De comprendre qu\u2019elles n\u2019ont pas toujours \u00e0 renoncer \u00e0 des int\u00e9r\u00eats, mais plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9cider de la fa\u00e7on de les actualiser dans les diff\u00e9rentes facettes de leur vie, peut faciliter le passage \u00e0 un choix professionnel satisfaisant, qui ne leur laissera pas l\u2019impression constante qu\u2019il leur manque quelque chose dans leur travail. En outre, le fait d\u2019avoir un int\u00e9r\u00eat pour un type donn\u00e9 d\u2019activit\u00e9 n\u2019oblige en rien la personne \u00e0 l\u2019actualiser. La libert\u00e9 dont elle dispose \u00e0 ce sujet doit parfois lui \u00eatre rappel\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, les int\u00e9r\u00eats, les valeurs, les aptitudes, les croyances et les besoins sont parfois en tension, ce qui peut contribuer \u00e0 installer de la confusion et de l\u2019incertitude. Par exemple, un individu peut se sentir attir\u00e9 par des activit\u00e9s qu\u2019il valorise peu, ou constater qu\u2019il n\u2019\u00e9prouve que peu d\u2019attirance envers des fonctions pour lesquelles il a pourtant des aptitudes marqu\u00e9es. Il arrive aussi que, apr\u00e8s avoir exp\u00e9riment\u00e9 un int\u00e9r\u00eat dans un contexte d\u00e9favorable qui ne r\u00e9pondait pas \u00e0 ses besoins, l\u2019individu se sente tiraill\u00e9 entre cet int\u00e9r\u00eat et les besoins qu\u2019il cherche \u00e0 combler, et que l\u2019int\u00e9r\u00eat en question ait pris pour lui une connotation n\u00e9gative. Ces tensions doivent \u00eatre explor\u00e9es et clarifi\u00e9es pour permettre \u00e0 la personne de faire des choix satisfaisants.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Attention \u00e0 la soumission excessive du client<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les \u00e9changes avec le client, il convient d\u2019\u00eatre particuli\u00e8rement attentif \u00e0 ce que Goodyear (1990) nomme l\u2019effet Barnum, c\u2019est-\u00e0-dire la tendance \u00e0 accorder une grande cr\u00e9dibilit\u00e9 aux r\u00e9sultats de l\u2019inventaire, quitte \u00e0 remettre en question son propre point de vue. Le d\u00e9sir de plaire au conseiller est un autre facteur qui peut aussi amener une personne \u00e0 accepter facilement les interpr\u00e9tations qui lui sont propos\u00e9es. Le client doit \u00eatre encourag\u00e9 \u00e0 exprimer ses opinions ou ses r\u00e9actions dans un climat qui lui permette de sentir que c\u2019est lui qui, apr\u00e8s avoir examin\u00e9, discut\u00e9, nuanc\u00e9 et assimil\u00e9 tous les \u00e9l\u00e9ments en cause, tout en ayant le soutien du conseiller, est ma\u00eetre de sa d\u00e9cision. La qualit\u00e9 de la relation entre le client et le conseiller est alors de premi\u00e8re importance pour que le premier puisse r\u00e9agir en toute libert\u00e9 aux \u00e9l\u00e9ments qui sont discut\u00e9s avec lui. On voit ici l\u2019importance de prendre le temps d\u2019\u00e9tablir une bonne alliance de travail avec le client, entre autres en lui pr\u00e9cisant les objectifs vis\u00e9s par la passation de l\u2019inventaire et l\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats, et en s\u2019entendant avec lui sur les t\u00e2ches \u00e0 r\u00e9aliser, avant de lui faire part des r\u00e9sultats.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu7\"><\/a>Conclusion<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est possible d\u2019utiliser des inventaires d\u2019int\u00e9r\u00eats en orientation professionnelle en les int\u00e9grant \u00e0 un travail de r\u00e9flexion approfondie sur la probl\u00e9matique d\u2019orientation de la personne qui vient consulter. Il faut alors se pr\u00e9parer \u00e0 g\u00e9rer la complexit\u00e9, non seulement dans la compr\u00e9hension des donn\u00e9es \u00e0 interpr\u00e9ter, en lien avec toutes les dimensions de l\u2019exp\u00e9rience qui se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 travers elles, mais aussi en tenant compte de l\u2019ensemble des facteurs r\u00e9gissant la relation client-conseiller dans laquelle ces donn\u00e9es sont discut\u00e9es. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019on permettra au client de profiter au maximum des informations qui peuvent lui \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es pour aller plus loin dans la conduite de sa vie.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Marie-Chantal Gu\u00e9don<\/b> est psychologue et conseill\u00e8re d\u2019orientation. D\u00e9tentrice d\u2019un Ph.D. en psychologie, elle est actuellement professeure \u00e0 la facult\u00e9 d\u2019\u00e9ducation de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke, o\u00f9 elle enseigne la psychom\u00e9trie au d\u00e9partement d\u2019orientation professionnelle.Courriel : <u>Marie-Chantal.Guedon@USherbrooke.ca<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>R\u00e9ginald Savard <\/b>est conseiller d\u2019orientation et psychoth\u00e9rapeute. D\u00e9tenteur d\u2019un Ph.D. en psychop\u00e9dagogie, il est actuellement professeur \u00e0 la facult\u00e9 d\u2019\u00e9ducation de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke, o\u00f9 il enseigne le counseling individuel et groupal au d\u00e9partement d\u2019orientation professionnelle. Courriel : <u>Reginald.Savard@USherbrooke.ca<\/u><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">Note<\/h3>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>L\u2019autor\u00e9gulation est \u00abl\u2019ensemble des fonctions et processus relatifs au contr\u00f4le intrins\u00e8que d\u2019un syst\u00e8me complexe qui d\u00e9sire maintenir son \u00e9quilibre ou favoriser son adaptation\u00bb (Legendre, 1993, p. 1104).<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"abstract\" name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">This article discusses the use of interest inventories in guidance counselling, in particular, the process of interpreting findings for clients. After a note on the usefulness of interest inventories in career counselling, the authors provide a theoretical framework that explains aspects of the client-counsellor relationship at interviews when findings are presented, and describe the approach they propose.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">ALLISON, R. D., LICHTENBERG J. W. et GOODYEAR, R.K. (1999). Science and the practice of test interpretation. <i>In<\/i> J. W. Lichtenberg et R .K. Goodyear (dir.) : <i>Scientist-practitioner perspectives on test interpretation<\/i>. Toronto\u00a0: Allyn &amp; Bacon, 167-182.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ASSY, T. P. et LAMBERT, M. J. (2000). The empirical case for the common factors in therapy\u00a0: qualitative finding. <i>In<\/i> M. A. HUBBLE, B. L. Duncan et S. D. Miller: <i>the heart and soul of change<\/i>. 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