{"id":6668,"date":"2005-02-03T17:01:35","date_gmt":"2005-02-03T16:01:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6668"},"modified":"2016-02-04T15:10:25","modified_gmt":"2016-02-04T14:10:25","slug":"les-determinants-de-lattractivite-face-a-une-demarche-de-conseil-en-orientation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2005\/les-determinants-de-lattractivite-face-a-une-demarche-de-conseil-en-orientation\/","title":{"rendered":"Les d\u00e9terminants de l\u2019attractivit\u00e9 face \u00e0 une d\u00e9marche de conseil en orientation"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b><i>Jean-Luc BERNAUD et Ang\u00e9lique BIDEAULT<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2005\/02\/Volume10_1-2_16_determinants.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6522 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><br \/>\n<\/i><\/b><i>Universit\u00e9 de Rouen, France<\/i><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"s-titre\">R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Quels facteurs expliquent l\u2019attractivit\u00e9 d\u2019une consultation d\u2019orientation ? Cette recherche diff\u00e9rentielle et exp\u00e9rimentale analyse les intentions de consultation d\u2019\u00e9tudiant(e)s suite \u00e0 la pr\u00e9sentation d\u2019une brochure pr\u00e9sentant les services fictifs d\u2019un centre d\u2019orientation professionnelle. L\u2019exp\u00e9rience 1) fait varier le niveau de reconnaissance institutionnelle du centre et la participation financi\u00e8re \u00e0 la consultation et 2) \u00e9tudie le r\u00f4le de variables diff\u00e9rentielles ayant par hypoth\u00e8se un effet au niveau de l\u2019intention de consulter. L\u2019analyse des donn\u00e9es montre que la non-gratuit\u00e9 est dissuasive et que la reconnaissance du centre incite \u00e0 consulter. Le besoin de r\u00e9orientation ou de sp\u00e9cialisation et l\u2019attitude face au conseil augmentent l\u2019attractivit\u00e9. La discussion porte sur l\u2019anticipation dans la d\u00e9cision de consultation.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu1\">Introduction<\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu2\"><b>Mod\u00e8le et hypoth\u00e8ses<\/b><\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu3\"><b>M\u00e9thode<\/b><\/a><br \/>\n<span class=\"lien-2\"><a href=\"#contenu3\">Sujets<br \/>\nInstruments<br \/>\nApplication du protocole<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu4\"><b>R\u00e9sultats<\/b><\/a><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu5\"><b>Discussion<\/b><\/a><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu1\"><\/a>Introduction<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au cours de leur cursus universitaire, les \u00e9tudiants sont r\u00e9guli\u00e8rement confront\u00e9s \u00e0 des besoins d\u2019accompagnement en orientation professionnelle. Ces besoins s\u2019expliquent de diverses mani\u00e8res : choix d\u2019une formation professionnalisante suite \u00e0 un cursus g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9chec dans la pr\u00e9paration d\u2019un dipl\u00f4me ou d\u2019un concours, difficult\u00e9s sociales, psychologiques ou financi\u00e8res. Or la complexit\u00e9 et la diversit\u00e9 des fili\u00e8res de formation ne rendent pas la prise de d\u00e9cision ais\u00e9e, surtout lorsque la question se pose cons\u00e9cutivement au renoncement d\u2019un cursus d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En France, diff\u00e9rentes formules de \u00ab guidance \u00bb sont propos\u00e9es pour r\u00e9pondre aux besoins des \u00e9tudiants. Les Services Universitaires d\u2019Information et d\u2019Orientation (SUIO) et quelques centres priv\u00e9s proposent des prestations qui s\u2019appuient sur des entretiens individuels, des travaux dirig\u00e9s, des s\u00e9minaires collectifs ou des bilans d\u2019orientation individualis\u00e9s. Les formes d\u2019accompagnement ont fait l\u2019objet de tentatives de structuration (Gilles, Saulnier-Cazals, Vuillermet-Cortot, 1994), n\u00e9anmoins il n\u2019existe pas d\u2019observatoire national des pratiques pr\u00e9sentant les prestations propos\u00e9es et examinant leurs effets. Ces services sont diversement utilis\u00e9s par les \u00e9tudiants, alors que potentiellement les besoins sont importants. Or on sait aujourd\u2019hui relativement peu de choses quant aux motifs qui poussent un \u00e9tudiant qui en \u00e9prouve le besoin \u00e0 consulter un centre d\u2019orientation.. La recherche pr\u00e9sent\u00e9e ci-apr\u00e8s se donne donc pour objectif de fournir quelques pistes relatives aux d\u00e9terminants de l\u2019entr\u00e9e en consultation d\u2019orientation.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Mod\u00e8le et hypoth\u00e8ses<\/b><\/h3>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">On peut, dans le contexte pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crit, supposer qu\u2019interviennent des facteurs relatifs \u00e0 la repr\u00e9sentation que se font les \u00e9tudiants des services et les pr\u00e9f\u00e9rences qu\u2019ils \u00e9laborent vis-\u00e0-vis des formes d\u2019accompagnement en orientation (Bernaud et Caron, 2003 ; Shivy et Koehly, 2002). N\u00e9anmoins les publications scientifiques sont rares en ce qui concerne l\u2019engagement dans une d\u00e9marche de conseil en orientation, ce sujet \u00e9tant d\u2019un int\u00e9r\u00eat r\u00e9cent (Rochlen, Mohr et Hargrove, 1999). Les travaux sont toutefois plus cons\u00e9quents dans le domaine de la relation d\u2019aide (ou \u00ab counseling \u00bb) qui inclut le conseil en orientation (\u00ab career counseling \u00bb). Par exemple, la relation entre l\u2019identit\u00e9 de genre et la demande de consultation est un th\u00e8me relativement bien document\u00e9 (Good, Dell et Mintz, 1989 ; Roberston et Fitzgerald, 1992 ; Rochlen et O\u2019Brien, 2002 ; Addis et Mahalik, 2003). Ainsi, il appara\u00eet que les personnes d\u00e9veloppant une identit\u00e9 masculine sont g\u00e9n\u00e9ralement moins enclines \u00e0 consulter, ce qui se traduit \u00e0 la fois par une attitude plus mod\u00e9r\u00e9e vis-\u00e0-vis de la relation d\u2019aide et un engagement effectif moins fr\u00e9quent. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne trouve une explication dans le processus de socialisation des hommes : pour ces derniers, la recherche de soutien social serait associ\u00e9e, dans les repr\u00e9sentations communes, \u00e0 un signe de faiblesse et de vuln\u00e9rabilit\u00e9, ce qui est peu compatible avec le sch\u00e9ma de masculinit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur un plan plus g\u00e9n\u00e9ral, Turner et Quinn (1999) se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la perception de l\u2019utilit\u00e9 des services psychologiques chez des \u00e9tudiants d\u2019une Universit\u00e9 am\u00e9ricaine. La position de ces derniers est pour le moins paradoxale : si une \u00e9crasante majorit\u00e9 (plus de 90%) s\u2019accorde \u00e0 penser que la psychologie est utile pour maintenir un \u00ab bon \u00e9tat de sant\u00e9 \u00bb, seulement 55% consid\u00e8rent qu\u2019il faut rencontrer un professionnel en cas de confrontation \u00e0 un probl\u00e8me non soluble par soi-m\u00eame. Le sentiment de la plupart des sujets est que la consultation est requise en cas de difficult\u00e9 grave ou vitale (troubles mentaux, id\u00e9ations suicidaires), alors que les probl\u00e8mes transitoires ou mod\u00e9r\u00e9s (stress, difficult\u00e9s de type scolaire) ne le n\u00e9cessitent pas vraiment (un \u00e9tudiant sur trois seulement jugeant alors qu\u2019il est n\u00e9cessaire de consulter).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kushner et Sher (1991) ont r\u00e9alis\u00e9 une revue de questions sur les freins \u00e0 la consultation psychologique. Ils citent, aux \u00c9tats-Unis, des besoins de consultation de l\u2019ordre de 15% alors que seuls 3% franchissent la porte d\u2019un sp\u00e9cialiste. Pour expliquer ce d\u00e9calage, les auteurs proposent un inventaire des facteurs ayant une incidence. Les facteurs li\u00e9s au contexte sont principalement l\u2019accessibilit\u00e9 aux services (notamment, le co\u00fbt des prestations), la disponibilit\u00e9 des int\u00e9ress\u00e9s, ainsi que l\u2019influence de l\u2019entourage, qui peut modifier la d\u00e9cision de consultation. Parmi les facteurs psychologiques facilitateurs figure l\u2019intensit\u00e9 des sympt\u00f4mes, alors qu\u2019au niveau inhibiteur diff\u00e9rentes craintes auraient une incidence (crainte de se trouver dans une situation g\u00eanante, crainte de changement, crainte li\u00e9e aux st\u00e9r\u00e9otypes des structures de soin, etc.). Par ailleurs des variables sociologiques peuvent jouer un r\u00f4le suppl\u00e9mentaire (par exemple, le contact avec des conseillers adultes est plus difficile \u00e0 l\u2019adolescence).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il nous a sembl\u00e9 int\u00e9ressant d\u2019\u00e9tudier en quoi certains des facteurs mentionn\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment \u2013 ainsi que d\u2019autres &#8211; pouvaient influencer l\u2019attractivit\u00e9 d\u2019une prestation d\u2019orientation ainsi que la d\u00e9cision d\u2019engagement qui en r\u00e9sulte. Pour pouvoir \u00e9tudier exp\u00e9rimentalement les facteurs qui ont une incidence, le paradigme de la brochure, utilis\u00e9 dans des recherches sur le counseling et\/ou le counseling d\u2019orientation \u2013 para\u00eet pertinent. Il consiste \u00e0 pr\u00e9senter aux sujets une brochure de prestations fictives de services, puis \u00e0 \u00e9valuer les conduites que les sujets adoptent \u00e0 l\u2019issue de la pr\u00e9sentation. Ce paradigme poss\u00e8de le double avantage de permettre une manipulation exp\u00e9rimentale et de mettre les sujets dans une situation relativement proche de situations sociales r\u00e9elles, augmentant ainsi la validit\u00e9 \u00e9cologique des r\u00e9sultats. Il a notamment permis de montrer le r\u00f4le de la dur\u00e9e de consultation (Uffelman et Hardin, 2002) et l\u2019influence de l\u2019identit\u00e9 de genre (Rochlen, Blazina et Raghunathan, 2002). Nous l\u2019aborderons ici dans une perspective g\u00e9n\u00e9rale et diff\u00e9rentielle, en \u00e9tudiant conjointement le r\u00f4le de facteurs individuels susceptibles d\u2019avoir une incidence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><b>Hypoth\u00e8ses<\/b><\/span><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La recherche s\u2019appuie sur un mod\u00e8le multidimensionnel pour rendre compte de l\u2019engagement dans une consultation d\u2019orientation. A partir de l\u2019examen de la litt\u00e9rature, nous avons retenu deux variables situationnelles et cinq variables diff\u00e9rentielles pouvant avoir un impact sur l\u2019attractivit\u00e9 de la consultation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H1 : L\u2019effet de la reconnaissance institutionnelle du centre de consultation. On suppose que la reconnaissance joue \u00e0 la fois sur le sentiment de s\u00e9curit\u00e9 et sur la perception de la qualit\u00e9 des pratiques. Cette variable est proche de la \u00ab r\u00e9putation \u00bb d\u2019une institution qui semble avoir un impact sur l\u2019engagement en consultation (Kushner et Sher, 1991). Nous avons donc fait varier sur la premi\u00e8re page de la brochure d\u00e9crite ci-apr\u00e8s la pr\u00e9sence de la mention \u00ab <i>labellis\u00e9 en 2003 par le conseil r\u00e9gional de Normandie et le minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation nationale <\/i>\u00bb (pr\u00e9sence ou absence). Le label est fictif mais devait, par une double reconnaissance de repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat, activer une repr\u00e9sentation de \u00ab l\u00e9gitimit\u00e9 \u00bb de l\u2019institution. Nous supposons que les centres pr\u00e9sent\u00e9s comme labellis\u00e9s seront plus attractifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H2 : L\u2019effet de la tarification des prestations du centre. Le co\u00fbt est un des facteurs d\u00e9terminants de l\u2019accessibilit\u00e9 des services (Kushner et Sher, 1991). Si en France, les services publics d\u2019orientation sont gratuits, dans d\u2019autres pays francophones (comme le Canada ou la Suisse) certains centres demandent une participation financi\u00e8re aux \u00e9tudiants. Nous avons \u00e9galement fait varier sur la plaquette les conditions tarifaires en proposant une modalit\u00e9 gratuite (pr\u00e9sent\u00e9e explicitement comme telle) et une modalit\u00e9 payante (factur\u00e9e \u00e0 150 Euros la prestation de 4 demi-journ\u00e9es). Nous supposons que les prestations payantes joueront un r\u00f4le inhibiteur de l\u2019engagement, car l\u2019id\u00e9e de financer individuellement les consultations d\u2019orientation n\u2019est pas r\u00e9pandue dans la culture fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H3 : Les composantes de l\u2019ind\u00e9cision vocationnelle. Les recherches sur l\u2019ind\u00e9cision sont abondantes, y compris en langue fran\u00e7aise (Dosnon, 1996). Cette variable peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019\u00e9quivalent du facteur de souffrance psychologique en psychoth\u00e9rapie : elles renvoient toutes deux au sujet confront\u00e9 \u00e0 un \u00e9tat inconfortable. Nous nous sommes appuy\u00e9s sur un mod\u00e8le des composantes de l\u2019ind\u00e9cision propos\u00e9 par Chartrand, Robbins, Morrill et Boggs (1990) et supposons qu\u2019un niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019ind\u00e9cision augmentera le recours \u00e0 la consultation d\u2019orientation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H4 : La proximit\u00e9 d\u2019une d\u00e9cision d\u2019orientation. Il s\u2019agit ici de prendre en compte les facteurs de contexte auxquels les \u00e9tudiants sont confront\u00e9s. La plupart des \u00e9tudiants sont engag\u00e9s dans une fili\u00e8re sp\u00e9cialis\u00e9e, les questions li\u00e9es \u00e0 l\u2019orientation sont donc naturellement moins cruciales que chez les lyc\u00e9ens. Nous supposons que deux cas peuvent se poser : la confrontation au choix d\u2019une sp\u00e9cialit\u00e9 dans le cursus et la confrontation \u00e0 une r\u00e9orientation. Nous supposons que ces confrontations augmenteront l\u2019attractivit\u00e9 vis-\u00e0-vis des consultations d\u2019orientation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H5 : la dissimulance (ou \u00ab self-concealment \u00bb). Cette variable a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par Larson et Chastain (1990) qui la d\u00e9finissent comme \u00ab <i>une pr\u00e9disposition \u00e0 dissimuler activement aux autres des informations personnelles qui sont per\u00e7ues comme douloureuses ou n\u00e9gatives<\/i> \u00bb. Cette variable traduit la crainte que le sujet ressent de partager son intimit\u00e9 avec un tiers ; les personnalit\u00e9s dissimulantes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites par Kelly et Achter (1995) comme des personnalit\u00e9s \u00ab \u00e9nigmatiques \u00bb : elles sont plus dispos\u00e9es que la moyenne \u00e0 rencontrer un conseiller ou un th\u00e9rapeute, mais ont une opinion moins favorable de la relation d\u2019aide. Un mod\u00e8le explicatif g\u00e9n\u00e9ral de type structural du lien entre dissimulance et engagement dans une relation d\u2019aide a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par Cramer (1999). Nous supposons ici que les personnalit\u00e9s dissimulantes, confront\u00e9es \u00e0 des probl\u00e8mes d\u2019expression de leurs difficult\u00e9s d\u2019orientation, seront plus attir\u00e9es par l\u2019id\u00e9e d\u2019une consultation d\u2019orientation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H6 : le niveau de disponibilit\u00e9 des sujets. La disponibilit\u00e9 temporelle et mat\u00e9rielle devrait jouer le r\u00f4le de pr\u00e9-requis pour que la consultation d\u2019orientation ait lieu. Nous examinerons les possibilit\u00e9s que les sujets \u00e9nonceront en terme de possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s au centre d\u2019orientation compte tenu de leur emploi du temps et des horaires d\u2019ouverture annonc\u00e9s (9h-18h du lundi au vendredi, 9h-12h le samedi matin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H7 : l\u2019attitude vis-\u00e0-vis du conseil en orientation. Les sujets \u00e9tudiants ont g\u00e9n\u00e9ralement eu l\u2019occasion de se confronter \u00e0 des d\u00e9marches de conseil en orientation lors des ann\u00e9es lyc\u00e9ennes. Ceci leur a permis de se forger une repr\u00e9sentation de l\u2019utilit\u00e9 du conseil et de d\u00e9velopper des attitudes g\u00e9n\u00e9rales face au conseil en orientation. Nous supposons qu\u2019une attitude pr\u00e9alable positive incitera davantage \u00e0 entrer en consultation.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu3\" name=\"contenu3\"><\/a>M\u00e9thode<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b><br \/>\n<span class=\"intertitre\">Sujets<\/span><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">80 \u00e9tudiant(e)s de diff\u00e9rentes fili\u00e8res universitaires de l\u2019Universit\u00e9 de Rouen composent l\u2019\u00e9chantillon. Il y a autant d\u2019hommes que de femmes et la moyenne d\u2019\u00e2ge est de 21.6 ans. Les sujets proviennent de diff\u00e9rents cycles universitaires : 1er cycle (55.1%), 2\u00e8me cycle (42.5%) et 3\u00e8me cycle (2.5%). Plusieurs sp\u00e9cialit\u00e9s sont repr\u00e9sent\u00e9es. Nous avons volontairement \u00e9cart\u00e9 les \u00e9tudiants en psychologie, sociologie et sciences de l\u2019\u00e9ducation qui sont familiers avec la probl\u00e9matique de l\u2019exp\u00e9rimentation en sciences humaines. L\u2019\u00e9chantillon est finalement compos\u00e9 d\u2019\u00e9tudiants de la fili\u00e8re histoire et g\u00e9ographie (23.8 %), sciences (25.0 %), lettres (25.0 %) et juridique\/\u00e9conomique (26.3 %). Les fili\u00e8res sont repr\u00e9sent\u00e9es de fa\u00e7on \u00e9quitable dans les diff\u00e9rentes conditions exp\u00e9rimentales (voir tableau I).<\/p>\n<p><center><b>Tableau I : R\u00e9partition des sujets selon les conditions exp\u00e9rimentales<br \/>\n(effectif et pourcentage dans chaque condition exp\u00e9rimentale)<\/b><\/center><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-6739 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2005\/02\/Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-1.gif\" alt=\"Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-1\" width=\"942\" height=\"334\" \/><\/center><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"intertitre\">Instruments<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les instruments se composent de deux ensembles : la brochure construite pour l\u2019exp\u00e9rience et cinq s\u00e9ries de mesures. Pour ces derni\u00e8res, un seul mode de r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 : une \u00e9chelle d\u2019approbation unique en cinq niveaux (de \u00ab pas du tout d\u2019accord \u00bb \u00e0 \u00ab tout \u00e0 fait d\u2019accord \u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <b>La brochure de pr\u00e9sentation d\u2019une prestation fictive de consultation d\u2019orientation<br \/>\n<\/b>Pour \u00e9viter les interf\u00e9rences avec des institutions existantes, nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 pr\u00e9senter un centre se situant en dehors de l\u2019Universit\u00e9. Les services d\u2019un centre fictif ont donc \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9s sur une brochure de quatre pages (format 1\/2 A4). Quelques \u00e9l\u00e9ments ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s afin d\u2019accro\u00eetre la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la pr\u00e9sentation : logo sp\u00e9cifique, coordonn\u00e9es du centre, site Internet, chiffrage du nombre de consultations, t\u00e9moignages de consultants, pr\u00e9sentation en couleur, heures d\u2019ouverture. La brochure contient en outre comme information des indications sur les prestations propos\u00e9es (nature des phases, objectifs, moyens mis \u00e0 disposition, dur\u00e9e). Nous avons choisi de pr\u00e9senter une formule de consultation sp\u00e9cifique, le bilan d\u2019orientation, d\u2019une dur\u00e9e de 10 heures en quatre demi-journ\u00e9es, de fa\u00e7on \u00e0 proposer une prestation suffisamment consistante et attractive pour les personnes. La d\u00e9marche a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e pour s\u2019apparenter \u00e0 un bilan de comp\u00e9tences simplifi\u00e9, visant l\u2019aide au projet professionnel du consultant, comportant plusieurs tests, des entretiens et une aide \u00e0 la recherche documentaire. Quatre brochures diff\u00e9rentes, signal\u00e9es par un code discret, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es pour correspondre aux conditions exp\u00e9rimentales : reconnaissance institutionnelle du centre (pr\u00e9sence ou absence) et participation financi\u00e8re \u00e0 la consultation (effective ou non). Vingt sujets entraient dans la composition de chaque condition exp\u00e9rimentale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <b>L\u2019inventaire CFI (Career Factor Inventory) <\/b>de<b> <\/b>Chartrand, Robbins, Morrill et Boggs (1990) a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour mesurer les composantes de l\u2019ind\u00e9cision vocationnelle<b>. <\/b>Il comporte 21 questions et mesure quatre dimensions. L\u2019anxi\u00e9t\u00e9 (An) face au choix d\u2019orientation mesure le niveau d\u2019appr\u00e9hension du sujet confront\u00e9 \u00e0 une d\u00e9cision d\u2019orientation, l\u2019ind\u00e9cision g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e (Ig) est l\u2019oppos\u00e9 de la comp\u00e9tence \u00e0 prendre des d\u00e9cisions d\u2019orientation, le besoin d\u2019information professionnelle (Bp) indique les besoins, pour la personne, d\u2019acqu\u00e9rir des informations sur le monde professionnel et le besoin d\u2019information sur soi (Bs) est d\u00e9fini comme le besoin d\u2019acqu\u00e9rir des donn\u00e9es sur ses capacit\u00e9s et sa personnalit\u00e9. Dans la version am\u00e9ricaine, la fid\u00e9lit\u00e9 test-retest des \u00e9chelles est comprise entre .76 et .84 et la consistance interne, mesur\u00e9e par le coefficient alpha de Cronbach, est comprise entre .73 et .86 (\u00e9chelle globale .87). Une adaptation fran\u00e7aise men\u00e9e par Bernaud et Caron (2003) a montr\u00e9 un coefficient alpha global comparable de .83. L\u2019ad\u00e9quation des donn\u00e9es au mod\u00e8le en 4 facteurs pr\u00e9conis\u00e9 par les auteurs a \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9 dans la version d\u2019origine et dans la version adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019aide du mod\u00e8le LISREL (GFI ou Goodness of Fit Index =.88 dans la version fran\u00e7aise et compris entre .91 et .94 dans la version am\u00e9ricaine).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; La <b>confrontation \u00e0 une d\u00e9cision d\u2019orientation<\/b> a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e par deux items, construits sur mesure pour l\u2019exp\u00e9rience : \u00ab <i>je dois dans le courant de l\u2019ann\u00e9e me r\u00e9orienter vers une autre fili\u00e8re<\/i> \u00bb (besoin de r\u00e9orientation) et \u00ab <i>je dois dans le courant de l\u2019ann\u00e9e choisir une sp\u00e9cialit\u00e9 dans ma fili\u00e8re<\/i> \u00bb (besoin de sp\u00e9cialisation).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <b>L\u2019\u00e9chelle SCS (self-concealment scale<\/b>) a \u00e9t\u00e9 traduite et adapt\u00e9e pour mesurer la dissimulance. Cette \u00e9chelle est compos\u00e9e de 10 items: comme le fait de garder pour soi des informations (\u00ab <i>il y a beaucoup de choses me concernant que je ne dis \u00e0 personne<\/i> \u00bb), le fait de poss\u00e9der un secret douloureux \u00e0 \u00e9voquer (\u00ab <i>j\u2019ai vis-\u00e0-vis de moi-m\u00eame des opinions n\u00e9gatives que je n\u2019ai jamais partag\u00e9es avec quiconque<\/i> \u00bb) et l\u2019appr\u00e9hension \u00e0 l\u2019id\u00e9e de partager ces informations (\u00ab <i>si je communiquais tous mes secrets \u00e0 mes amis, ils m\u2019appr\u00e9cieraient moins<\/i> \u00bb). L\u2019\u00e9chelle d\u00e9velopp\u00e9e par Larson et Chastain (1990) a fait l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes psychom\u00e9triques. Les auteurs l\u2019ont test\u00e9 sur un \u00e9chantillon de 306 professionnels et \u00e9tudiants et ont obtenu une fid\u00e9lit\u00e9 interne (mesur\u00e9e par le coefficient alpha de Cronbach) de .83 et une fid\u00e9lit\u00e9 test-retest \u00e0 un mois d\u2019intervalle de .81. L\u2019argument de l\u2019unidimensionnalit\u00e9 est assez bien d\u00e9fendu par les donn\u00e9es : une analyse factorielle confirmatoire men\u00e9e par Cramer et coll. (1999) permet d\u2019appuyer cette hypoth\u00e8se.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <b>Le niveau de disponibilit\u00e9 des sujets <\/b>par rapport aux propositions d\u2019horaires et de lieu g\u00e9ographique du centre de consultation a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019une \u00e9chelle compos\u00e9e de quatre items prenant en compte les possibilit\u00e9s de consulter compte tenu de l\u2019emploi du temps de l\u2019\u00e9tudiant, de son assiduit\u00e9 et de la possibilit\u00e9 d\u2019arriver \u00e0 l\u2019heure aux rendez-vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <b>L\u2019\u00e9chelle ATCCS (attitude envers les conseillers et le conseil en orientation)<\/b> a \u00e9t\u00e9 traduite et adapt\u00e9e du travail de Rochlen, Mohr et Hargrove (1999). L\u2019\u00e9chelle am\u00e9ricaine est compos\u00e9e de 16 items et mesure deux dimensions (8 items chacune) : la valeur du conseil en orientation (exemple d\u2019item : \u00ab <i>si je devais changer de fili\u00e8re professionnelle, je trouverais utile de rencontrer un(e) conseiller(e) d\u2019orientation<\/i> \u00bb) et la crainte des cons\u00e9quences li\u00e9es au conseil (exemple d\u2019item : \u00ab <i>si je rencontrais un conseiller(e) en orientation, je ne voudrais pas que cela se sache<\/i> \u00bb). La fid\u00e9lit\u00e9 test-retest \u00e0 trois mois est estim\u00e9e \u00e0 .80 pour les deux \u00e9chelles et les coefficients alpha sont compris entre .80 et .90. Cette \u00e9chelle dispose par ailleurs de nombreux \u00e9l\u00e9ments de validit\u00e9 convergente et discriminante (Rochlen, Mohr et Hargrove, 1999). L\u2019adaptation fran\u00e7aise a repris les m\u00eames items, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019un d\u2019entre eux qui a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 car il pr\u00e9sentait une m\u00e9diocre corr\u00e9lation item-test.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <b>L\u2019attractivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale vis-\u00e0-vis des prestations de conseil en orientation<\/b> a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une \u00e9chelle compos\u00e9e de quatre items. Le premier traite de l\u2019incitation \u00e0 l\u2019engagement (\u00ab <i>Si je connaissais une personne confront\u00e9e \u00e0 des difficult\u00e9s d\u2019orientation scolaire ou professionnelle, je lui conseillerais d\u2019aller consulter dans ce centre<\/i> \u00bb), le second traite de l\u2019engagement conditionnel (<i>Si je rencontrais des difficult\u00e9s d\u2019orientation scolaire ou professionnelle, j\u2019irais consulter dans ce centre<\/i>), le troisi\u00e8me traite de l\u2019engagement ressenti (<i>actuellement, je ressens le besoin de consulter dans ce centre d\u2019orientation<\/i>) et le dernier de aborde l\u2019intention d\u2019engagement effectif (<i>je compte prendre un rendez-vous dans ce centre dans les semaines qui viennent<\/i>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><b>Application du protocole<\/b><\/span><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les sujets ont \u00e9t\u00e9 contact\u00e9s individuellement sur leur lieu de formation. L\u2019exp\u00e9rimentateur s\u2019adressait directement \u00e0 des \u00e9tudiants disponibles pour leur demander de participer \u00e0 une recherche, soit individuellement, soit en petit groupe de 4 sujets maximum. Les refus furent relativement rares (environ 2 %). Aucun sentiment de doute sur la v\u00e9racit\u00e9 de la brochure ne fut spontan\u00e9ment exprim\u00e9. L\u2019exp\u00e9rimentation ayant lieu sur les sites m\u00eames, l\u2019administration du protocole \u00e9tait men\u00e9e soit dans des salles de travail, soit dans les biblioth\u00e8ques se situant dans les b\u00e2timents universitaires. Les sujets \u00e9taient confront\u00e9s aux \u00e9tapes suivantes :<br \/>\n1) consignes g\u00e9n\u00e9rales sur la recherche et r\u00e9ponses de l\u2019exp\u00e9rimentateur aux questions ;<br \/>\n2) application des questionnaires CFI, ATCCS, SCS, besoin d\u2019engagement ;<br \/>\n3) pr\u00e9sentation de la brochure fictive en demandant aux sujets d\u2019en prendre connaissance;<br \/>\n4) r\u00e9ponses des sujets aux questions sur la disponibilit\u00e9 et sur l\u2019engagement en consultation ;<br \/>\n5) d\u00e9briefing pr\u00e9sentant aux sujets la recherche et ses objectifs.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><br \/>\n<\/span><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu4\" name=\"contenu4\"><\/a>R\u00e9sultats<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b><span class=\"intertitre\"><br \/>\n<\/span><\/b><span class=\"intertitre\">Analyses pr\u00e9liminaires : caract\u00e9ristiques des \u00e9chelles<\/span><\/p>\n<p><center><b>Tableau II : Description des \u00e9chelles utilis\u00e9es dans le protocole<br \/>\n<\/b><\/center><center><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-6738 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2005\/02\/Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-2.gif\" alt=\"Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-2\" width=\"838\" height=\"696\" \/><\/center>Les r\u00e9sultats observ\u00e9s au niveau des \u00e9chelles (tableau II) montrent un pouvoir discriminant \u00e9lev\u00e9 et comparable \u00e0 ce qui a pu \u00eatre observ\u00e9 dans les \u00e9chantillons am\u00e9ricains pour les \u00e9chelles qui ont fait l\u2019objet d\u2019un travail d\u2019adaptation. Le statut de variables diff\u00e9rentielles des \u00e9chelles semble donc pleinement observ\u00e9. On notera toutefois que l\u2019\u00e9chelle de \u00ab niveau de disponibilit\u00e9 \u00bb donne lieu \u00e0 un score moyen \u00e9lev\u00e9 : pr\u00e8s d\u2019un sujet sur quatre (23.8%) affirme avoir une disponibilit\u00e9 totale (soit un score de 20 points), et pr\u00e8s d\u2019un sujet sur deux (48.7%) d\u00e9clare une disponibilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e (soit un score sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 16 points). On constate de m\u00eame des scores assez \u00e9lev\u00e9s pour l\u2019\u00e9chelle d\u2019\u00e9valuation de la valeur du conseil en orientation et de besoin d\u2019information professionnelle. L\u2019attractivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale vis-\u00e0-vis de la prestation d\u2019orientation est bien diff\u00e9renci\u00e9e. Les coefficients alpha obtenus sur l\u2019\u00e9chantillon (N= 80) sont tr\u00e8s satisfaisants : tous sauf un sont sup\u00e9rieurs \u00e0 .70 et dans l\u2019ensemble, compte tenu du nombre limit\u00e9 d\u2019items pour chaque \u00e9chelle, la fid\u00e9lit\u00e9 interne peut \u00eatre estim\u00e9e comme \u00e9tant \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"intertitre\">Effet des variables manipul\u00e9es : reconnaissance institutionnelle du centre et participation financi\u00e8re \u00e0 la consultation<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour v\u00e9rifier les hypoth\u00e8ses H1 et H2, nous avons eu recours \u00e0 l\u2019analyse de la variance \u00e0 deux facteurs ind\u00e9pendants (ANOVA) avec un plan S &lt; R2 * P2 &gt; et en prenant pour variable d\u00e9pendante l\u2019attractivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale vis-\u00e0-vis de la prestation de bilan d\u2019orientation. Le tableau III pr\u00e9sente les principaux r\u00e9sultats obtenus.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: center;\"><b>Tableau III : Effet de la reconnaissance institutionnelle et\u00a0de la participation financi\u00e8re \u00e0 la consultation sur l\u2019attractivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-6737 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2005\/02\/Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-3.gif\" alt=\"Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-3\" width=\"837\" height=\"345\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re hypoth\u00e8se (H1) est v\u00e9rifi\u00e9e : le fait d\u2019annoncer la lab\u00e9lisation du centre a un effet positif sur son attractivit\u00e9 (p &lt;.001). Ainsi les brochures pr\u00e9sentant un label donnent lieu \u00e0 un score d\u2019attractivit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 que les brochures n\u2019en pr\u00e9sentant pas. La diff\u00e9rence entre les deux conditions exp\u00e9rimentales reste toutefois mod\u00e9r\u00e9e (de l\u2019ordre d\u2019un demi \u00e9cart-type). En calculant les corr\u00e9lations de Spearman entre le niveau de reconnaissance et chacun des quatre items de l\u2019\u00e9chelle d\u2019attractivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, on constate que ce sont les items relatifs \u00e0 l\u2019engagement personnel qui sont les plus affect\u00e9s par les variations de la variable ind\u00e9pendante : les corr\u00e9lations pour l\u2019incitation \u00e0 l\u2019engagement et l\u2019engagement conditionnel sont mod\u00e9r\u00e9es et non significatives (r\u00a0=\u00a0.17\u00a0et\u00a0.18) alors que pour l\u2019engagement ressenti et l\u2019intention d\u2019engagement elles apparaissent plus \u00e9lev\u00e9es et significatives (r\u00a0=\u00a0.32\u00a0et\u00a0.37,\u00a0p\u00a0&lt;\u00a0.01). La lab\u00e9lisation semble donc avoir plus d\u2019incidence lorsque le sujet est personnellement et actuellement concern\u00e9 par la prestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde hypoth\u00e8se (H2) est \u00e9galement plus v\u00e9rifi\u00e9e (p &lt;.001), avec toutefois des diff\u00e9rences plus manifestes, de plus d\u2019un \u00e9cart-type et demi, entre les deux conditions exp\u00e9rimentales. Le fait d\u2019\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 une participation financi\u00e8re appara\u00eet fortement dissuasif. Toutefois, au niveau de l\u2019analyse des items, c\u2019est le ph\u00e9nom\u00e8ne inverse du pr\u00e9c\u00e9dent qui se produit : les corr\u00e9lations de Spearman sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es pour l\u2019incitation \u00e0 l\u2019engagement et l\u2019engagement conditionnel (r = .58 et .77, p &lt; .001), alors qu\u2019elles sont plus mod\u00e9r\u00e9es pour l\u2019engagement ressenti et l\u2019intention d\u2019engagement (r = .33 et .40 ; p &lt;.01). On peut expliquer ce r\u00e9sultat par le fait que le co\u00fbt joue probablement moins comme une entrave quand la personne ressent le besoin de consulter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On constate enfin qu\u2019il n\u2019existe pas d\u2019effet d\u2019interaction entre les deux variables (F=0.51, N.S.). Il est possible de r\u00e9sumer l\u2019ensemble de ces r\u00e9sultats de la fa\u00e7on suivante : lorsque le centre est labellis\u00e9 et sans tarification, 25 % se d\u00e9clarent pr\u00eats \u00e0 s\u2019engager dans une consultation, 30 % y songent, 95 % se d\u00e9clarent pr\u00eats \u00e0 s\u2019y rendre en cas de difficult\u00e9 d\u2019orientation et 100 % le conseilleraient \u00e0 un tiers ; alors que lorsque le centre n\u2019est pas labellis\u00e9 et est payant, 0% se d\u00e9clarent pr\u00eats \u00e0 s\u2019engager dans une consultation, 0% y songe, 5 % se d\u00e9clarent pr\u00eats \u00e0 s\u2019y rendre en cas de difficult\u00e9 d\u2019orientation et 25% le conseilleraient \u00e0 un tiers.<br \/>\n<span class=\"intertitre\"><br \/>\n<strong>Effet des variables diff\u00e9rentielles <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour \u00e9tudier le r\u00f4le des variables diff\u00e9rentielles et \u00e9valuer les hypoth\u00e8ses H3, H4, H5, H6 et H7, nous avons appliqu\u00e9 le mod\u00e8le de la r\u00e9gression lin\u00e9aire multiple avec l\u2019option s\u00e9quentielle (ou \u00ab pas \u00e0 pas \u00bb), afin d\u2019examiner la part propre de chaque variable dans l\u2019explication de l\u2019attractivit\u00e9. Les variables diff\u00e9rentielles ont eu dans ce mod\u00e8le le statut de variables explicatives alors que la variable d\u00e9pendante \u00e9tait l\u2019attractivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale vis-\u00e0-vis de la prestation de bilan d\u2019orientation. L\u2019analyse a permis de retenir 4 variables diff\u00e9rentielles dans l\u2019explication (voir tableau IV).<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: center;\"><b>Tableau IV : R\u00e9sultats des analyses de r\u00e9gression lin\u00e9aire multiple<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-6736 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2005\/02\/Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-4.gif\" alt=\"Volume10_1-2_D\u00e9terminant_Tableau-4\" width=\"629\" height=\"244\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">N.B. Le coefficient \u00df est le coefficient standardis\u00e9, R<sup>2<\/sup> est la part de variance expliqu\u00e9e, \u0394R<sup>2<\/sup> l\u2019accroissement significatif d\u2019une \u00e9tape \u00e0 l\u2019autre<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mod\u00e8le aboutit, avec une corr\u00e9lation multiple de .58, \u00e0 une explication globale de l\u2019attractivit\u00e9 de l\u2019ordre d\u2019un tiers de la variance, ce qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme assez consid\u00e9rable. L\u2019hypoth\u00e8se H4 est la plus amplement v\u00e9rifi\u00e9e. Le fait d\u2019\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 un contexte qui n\u00e9cessite une r\u00e9orientation ou une sp\u00e9cialisation augmente l\u2019attractivit\u00e9 de la prestation. La corr\u00e9lation (Bravais-Pearson) entre besoin de r\u00e9orientation et l\u2019attractivit\u00e9 est de .37, celle entre besoin de sp\u00e9cialisation et attractivit\u00e9 est de .31. Ces deux variables expliquent \u00e0 elles seules 16% de la variance (la corr\u00e9lation multiple \u00e9tant \u00e9gale \u00e0 .43).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019hypoth\u00e8se H7 est \u00e9galement v\u00e9rifi\u00e9e. L\u2019attitude face au conseil en orientation proc\u00e8de \u00e0 un accroissement significatif de l\u2019explication (+ 9%) et la corr\u00e9lation Bravais-Pearson entre cette attitude et l\u2019attractivit\u00e9 est de .34. De la m\u00eame mani\u00e8re avec un coefficient Bravais-Pearson de -.27, la deuxi\u00e8me sous-\u00e9chelle explique \u00e9galement l\u2019attractivit\u00e9, mais cette variable n\u2019appara\u00eet pas dans le tableau final de r\u00e9gression car elle n\u2019apporte pas une part significative suppl\u00e9mentaire dans l\u2019explication de l\u2019attractivit\u00e9. Les attitudes vis-\u00e0-vis des professionnels de l\u2019orientation et la crainte des cons\u00e9quences jouent donc un r\u00f4le dans l\u2019attractivit\u00e9 d\u2019une prestation de conseil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019hypoth\u00e8se H3 n\u2019est pas v\u00e9rifi\u00e9e. Aucune des variables de l\u2019inventaire CFI ne pr\u00e9sente de corr\u00e9lation Bravais-Pearson significative. Le besoin d\u2019information sur soi entre bien dans la composition du mod\u00e8le de r\u00e9gression, mais sa part est modeste (4% de variance suppl\u00e9mentaire expliqu\u00e9e) et il se situe \u00e0 l\u2019inverse de ce qui \u00e9tait pr\u00e9conis\u00e9 dans les hypoth\u00e8ses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019hypoth\u00e8se H5 n\u2019est pas non plus v\u00e9rifi\u00e9e. La corr\u00e9lation entre dissimulance et attractivit\u00e9 de la prestation est quasiment nulle (-.07). Il est possible que cette variable traite un processus plus g\u00e9n\u00e9ral, d\u2019un int\u00e9r\u00eat certain dans une d\u00e9marche th\u00e9rapeutique, mais que des recherches devraient \u00eatre conduites pour adapter cette variable au contexte d\u2019orientation pour en \u00e9tudier l\u2019effet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, l\u2019hypoth\u00e8se H6 n\u2019est pas v\u00e9rifi\u00e9e. Le niveau de disponibilit\u00e9 est corr\u00e9l\u00e9 modestement et de fa\u00e7on non-significative \u00e0 l\u2019attractivit\u00e9 de la prestation (.10). Ce ph\u00e9nom\u00e8ne pourrait s\u2019expliquer par le fait que les \u00e9tudiants universitaires sont relativement disponibles (cf. les commentaires sur les caract\u00e9ristiques des \u00e9chelles), mais cette variable garde peut-\u00eatre son int\u00e9r\u00eat pour d\u2019autres populations.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu5\" name=\"contenu5\"><\/a>Discussion<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b><br \/>\n<\/b>Cette recherche avait pour objectif de mod\u00e9liser les causes de l\u2019attractivit\u00e9 pour une prestation de conseil en orientation chez des \u00e9tudiants. Il s\u2019agissait de comprendre quels facteurs li\u00e9s \u00e0 la nature de la prestation et aux caract\u00e9ristiques de sujets sont susceptibles d\u2019expliquer pourquoi ceux-ci s\u2019engagent ou souhaitent s\u2019engager (pour eux-m\u00eames ou pour un proche) dans une consultation. Comme il existe peu de recherches sur le sujet, nous avons \u00e9tudi\u00e9 un certain nombre de variables pouvant avoir par hypoth\u00e8se une incidence, en nous appuyant sur le paradigme de la brochure, dans le cadre d\u2019une perspective g\u00e9n\u00e9rale et diff\u00e9rentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9sultats montrent que des raisons individuelles de type conjoncturelles poussent principalement \u00e0 la consultation, \u00e9cartant des explications plus \u00ab psychologiques \u00bb. C\u2019est le besoin actuel du sujet, confront\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre une d\u00e9cision, qui augmente l\u2019attractivit\u00e9 et suscite l\u2019engagement dans une consultation. Les sujets ont donc tendance \u00e0 raisonner non par anticipation, mais en r\u00e9ponse \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9nouer un probl\u00e8me contemporain. Leur \u00e9tat d\u2019ind\u00e9cision, la crainte de partager leur intimit\u00e9 et leur niveau de disponibilit\u00e9 ne semblent pas jouer de r\u00f4le dans leur d\u00e9cision de consulter. Pour que la consultation ait lieu, il faut n\u00e9anmoins remplir d\u2019autres conditions : le co\u00fbt de la consultation est puissamment inhibiteur et la lab\u00e9lisation du centre, lui conf\u00e9rant une certaine r\u00e9putation, encourage mod\u00e9r\u00e9ment \u00e0 consulter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question du co\u00fbt de la prestation m\u00e9riterait une interpr\u00e9tation \u00e9largie. On peut comprendre que les \u00e9tudiants universitaires, qui pour un bon nombre disposent de moyens modestes, accueillent ti\u00e8dement l\u2019id\u00e9e d\u2019une consultation payante. Il serait int\u00e9ressant, dans des recherches futures, de pr\u00e9voir une modalit\u00e9 suppl\u00e9mentaire \u2013 de paiement symbolique pour frais de dossier \u00e0 quelques euros et de prendre en compte le niveau de ressources de la famille \u2013 pour \u00e9tudier si c\u2019est le co\u00fbt en lui-m\u00eame qui pose probl\u00e8me ou si c\u2019est l\u2019engagement du sujet qui fait d\u00e9faut.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour pouvoir interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats, il faut les replacer dans le contexte tr&amp;egraegrave;s particulier du protocole de la brochure, qui a \u00e9t\u00e9 choisi pour cette exp\u00e9rience. Il y a bien \u00e9videmment des limites \u2013 ou du moins des pr\u00e9cautions d\u2019usage \u00e0 sp\u00e9cifier dans la lecture des r\u00e9sultats. L\u2019interpr\u00e9tation vaut tout d\u2019abord pour un public d\u2019\u00e9tudiants universitaires. Nous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 que les besoins d\u2019accompagnement en orientation se posent de mani\u00e8re tr\u00e8s sp\u00e9cifique pour ces publics qui sont d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es dans une fili\u00e8re et qui ne peuvent se poser la question que sous l\u2019angle d\u2019une sp\u00e9cialisation ou d\u2019une r\u00e9orientation. Il serait donc int\u00e9ressant de r\u00e9pliquer cette exp\u00e9rience sur d\u2019autres publics (lyc\u00e9ens et adultes notamment) pour \u00e9tudier leur g\u00e9n\u00e9ralisabilit\u00e9. Une seconde particularit\u00e9 concerne le type de prestation propos\u00e9e, qui s\u2019apparente \u00e0 un bilan de comp\u00e9tences. Cette prestation ne constitue qu\u2019une forme d\u2019accompagnement parmi de nombreuses autres possibles (Bernaud et Caron, 2003). Comme les formes d\u2019assistance sont diff\u00e9remment pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es et per\u00e7ues, il est probable que leur confrontation entra\u00eene des engagements vari\u00e9s d\u2019un sujet \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse des r\u00e9sultats de cette exp\u00e9rience permet d\u2019esquisser les contours de la relation particuli\u00e8re qu\u2019entretiennent les \u00e9tudiants universitaires avec la consultation d\u2019orientation approfondie. Comme l\u2019ont montr\u00e9 Galassi, Crace, Martin, James et Wallace (1992), les \u00e9tudiants recherchent des consultations br\u00e8ves, de l\u2019ordre de trois s\u00e9ances. S\u2019ils ne semblent gu\u00e8re pr\u00eats \u00e0 s\u2019impliquer sur le plan du temps pass\u00e9 en consultation, la d\u00e9pense financi\u00e8re n\u2019est pas per\u00e7ue comme acceptable et ils recherchent prioritairement des informations directement utilisables notamment de type professionnel (Bernaud et Caron, 2003). Dans ce cadre, le recours \u00e0 la consultation devient essentiellement la prise de contact avec un service des \u00ab urgences vocationnelles \u00bb, lorsque l\u2019\u00e9chec est pressenti et que la personne ne sait plus comment s\u2019en sortir. Il s\u2019agit davantage, chez la majorit\u00e9 des consultants, d\u2019une vision plus utilitariste que strat\u00e9gique de la consultation d\u2019orientation. Il est possible, sinon probable que la consultation d\u2019orientation n&rsquo;est pas per\u00e7ue diff\u00e9remment d\u2019un produit de consommation, acquis en fonction du besoin imm\u00e9diat et ne demandant pas d\u2019investissement personnel ou d\u2019anticipation. Cette attitude est sans doute sp\u00e9cifique des publics jeunes \u2013 encore que des recherches compl\u00e9mentaires restent \u00e0 le d\u00e9montrer \u2013 et semblent quelque peu paradoxale par rapport \u00e0 l\u2019importance des enjeux de l\u2019orientation, son impact sur la r\u00e9ussite acad\u00e9mique et sur le temps pass\u00e9 en formation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or la consultation d\u2019orientation doit aussi \u00eatre pens\u00e9e sous l\u2019angle de la pr\u00e9vention, car le fait de se trouver dans une situation d\u2019urgence face aux choix ne facilite pas une bonne int\u00e9gration de l\u2019information et une prise de d\u00e9cision objective. Le r\u00f4le de l\u2019orientation \u00e9ducative, pris au sens large, est certainement de contribuer \u00e0 la gestion de l\u2019espace temporel, \u00e0 aider le jeune \u00e0 acqu\u00e9rir une perspective temporelle, en lien avec les temps de l\u2019orientation. On sait en effet que des conduites proactives augmentent significativement le succ\u00e8s subjectif et objectif de carri\u00e8re (Seibert et coll. 1999).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, pour mieux saisir l\u2019amplitude ces ph\u00e9nom\u00e8nes, des recherches restent \u00e0 d\u00e9velopper. Notamment, l\u2019\u00e9tude de l\u2019attractivit\u00e9 de la consultation d\u2019orientation \u2013 dans le cadre du paradigme de la brochure \u2013 est \u00e0 \u00e9largir \u00e0 des composantes li\u00e9es au conseiller : l\u2019analyse de l\u2019attractivit\u00e9 physique, le lien avec la distance sociale, la prise en compte des logiques discursives, constituent des pistes compl\u00e9mentaires que nous comptons explorer, de fa\u00e7on \u00e0 mieux saisir les facteurs susceptibles de d\u00e9clencher ou d\u2019inhiber la demande de consultation.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Jean-Luc Bernaud<\/b> est ma\u00eetre de conf\u00e9rences en psychologie diff\u00e9rentielle \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Rouen. Ses travaux de recherche portent sur les repr\u00e9sentations, les processus en jeu et les effets des consultations d\u2019orientation professionnelle. Courriel : <u>bernaud.jl@wanadoo.fr<\/u>.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Jean-Luc BERNAUD, Universit\u00e9 de Rouen \u2013 Laboratoire PRIS (Psychologie des r\u00e9gulations individuelles et sociales), UFR de psychologie, sociologie et sciences de l\u2019\u00e9ducation, rue Lavoisier, F-76821 MONT SAINT AIGNAN CEDEX \u2013 France &#8211; T\u00e9l\u00e9phone : 02 35 14 61 15 \u2013 06 03 28 75 66 &#8211; Fax : 02 35 14 61 04<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Ang\u00e9lique Bideault<\/b> pr\u00e9pare une ma\u00eetrise de psychologie du travail \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Rouen.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">What factors make career counseling appealing ? This differential and experimental research analyses student intentions to seek career counseling after having been presented with a catalog containing fictitious services of a professional career orientation center. The experiment varies the level of institutional recognition towards a particular center as well as the financial fees required for a consultation. It also studies the role of variables that hypothetically have an effect on the intensity of the drive to seek consultation. Analyses of the results show that career-counseling services are dissuasive when fees must be paid and that a center\u2019s recognition encourages consultation. Other elements which enhance appeal are the need for reorientation or specialization, and the preexisting attitude facing career counseling. The implications for research, time management and counseling are also discussed.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ADDIS, M.E. &amp; MAHALIK, J.R. (2003). Men, masculinity, and the contextes of help seeking. <i>American psychologist<\/i>, vol . 58, n\u00b01, 5-14.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BERNAUD, J.L. &amp; CARON, M. (2003).<b> <\/b>Un mod\u00e8le diff\u00e9rentiel des pr\u00e9f\u00e9rences vis-\u00e0-vis de la relation d\u2019aide en orientation professionnelle. Article soumis \u00e0 la revue <i>L\u2019orientation scolaire et professionnelle.<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CHARTRAND, J.M., ROBBINS, S.B., MORRILL, W.H. &amp; BOGGS, K. (1990). Development and validation of the career factors inventory. <i>Journal of counseling psychology<\/i>, vol. 37, n\u00b04, 491-501.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CRAMER, K. M. (1999). Psychological antecedents to help-seeking behavior: A reanalysis using pathing modeling structures. <i>Journal of Counseling Psychology<\/i>, 46 (3), 381-387.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CRAMER, K. M., &amp; BARRY, J. E. (1999). Psychometric properties and confirmatory factor analysis of the self-concealment scale. <i>Personality and Individual Differences<\/i>, 27, 629-637.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DOSNON, O. (1996). L\u2019ind\u00e9cision face au choix professionnel: concepts et mesures. <i>L\u2019orientation scolaire et professionnelle<\/i>, 25, n\u00b01, 129-168.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GALASSI, J.P., CRACE, R.K., MARTIN, G.A., JAMES, R.M. &amp; WALLACE, R.L. (1992). Client preferences and anticipations in career counseling : a preliminary investigation. <i>Journal of counseling psychology<\/i>, vol. 39, n\u00b01, 46-55.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GILLES, D., SAULNIER-CAZALS, J. &amp; VUILLERMET-CORTOT, M.J. (1994). <i>Socrate, le retour. Pour accompagner la r\u00e9ussite universitaire et professionnelle des \u00e9tudiants<\/i>. Sainte-Foy, les \u00e9ditions Septembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GOOD, G.E., DELL, D.M. &amp; MITZ, L.B. (1989). Male role and gender role conflict : relations to help seeking in men. <i>Journal of counseling psychology<\/i>, vol. 36, n\u00b03, 295-300.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">KELLY, A. E.., &amp; ACHTER, J. A. (1995). Self-concealment and attitudes toward counseling in university students. <i>Journal of Counseling Psychology<\/i>, 42, 40-46.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">KUSHNER, M.G. &amp; SHER , K.J. (1991). The relation of treatment fearfulness and psychological service utilization : an overview. <i>Professional psychology : research and practice<\/i>, vol. 22, n\u00b03, 196-203.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LARSON, D. G., &amp; CHASTAIN, R. L. (1990). Self-concealment: Conceptualization, measurement, and health implications. <i>Journal of Social and Clinical Psychology<\/i>, 9, 439-455.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROBERTSON, J.M. &amp; FITZGERALD, L.F. (1992). Overcoming the masculine mystique : preferences for alternative forms of assistance among men who avoid counseling. <i>Journal of counseling psychology<\/i>, vol. 39, n\u00b02, 240-246.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROCHLEN, A.B. &amp; O\u2019BRIEN, K.M. (2002). The relation of male gender role conflict and attitudes toward career counseling to interest in and preferences for different career counseling styles. <i>Psychology of men and masculinity<\/i>, n\u00b01, 9-21.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROCHLEN, A.B., MOHR, J.J. &amp; HARGROVE, B.K. (1999). Development of the attitudes toward career counseling scale. <i>Journal of counseling psychology<\/i>, vol.46, n\u00b02, 196-206.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROCHLEN, A.B., BLAZINA, C. &amp; RAGHYNATHAN, R. (2002). Gender role conflict, attitudes toward career counseling, career decision making, and perception of career counseling advertising brochures. <i>Psychology of men and masculinity<\/i>, vol. 3, n\u00b02, 127-137.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SEIBERT, S.E., CRANT, J.M. &amp; KRAIMER, M.L. (1999). Proactive personality and career success. <i>Journal of applied psychology<\/i>, vol.84, n\u00b03, 416-427.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">TURNER, A.L. &amp; QUINN, K.F. (1999). College students\u2019perception of the value of psychological services : a comparison with APA\u2019s public education research<b>. <\/b><i>Professional psychology : research and practice<\/i>, vol. 30, n\u00b04, 368-371.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">UFFELMAN, R.A. &amp; HARDIN, S.I. (2002). Session limits at university counseling centers : effects on help-seeking attitudes. <i>Journal of counseling psychology<\/i>, vol. 49, n\u00b01, 127-132.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Luc BERNAUD et Ang\u00e9lique BIDEAULT Universit\u00e9 de Rouen, France Auteur R\u00e9sum\u00e9\/Abstract Quels facteurs expliquent l\u2019attractivit\u00e9 d\u2019une consultation d\u2019orientation ? 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