{"id":6635,"date":"2006-02-02T21:48:35","date_gmt":"2006-02-02T20:48:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6635"},"modified":"2016-02-02T21:56:15","modified_gmt":"2016-02-02T20:56:15","slug":"significations-du-travail-et-roles-de-vie-perspectives-dialectiques-et-strategiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2006\/significations-du-travail-et-roles-de-vie-perspectives-dialectiques-et-strategiques\/","title":{"rendered":"Significations du travail et r\u00f4les de vie : perspectives dialectiques et strat\u00e9giques"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><strong><i>Genevi\u00e8ve FOURNIER et Jean-Philippe GAUDRON<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Significations_du_travail_01_significations.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6522 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/i><\/strong><\/span><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9veloppement industriel de la fin du XIX<span class=\"style1\"><sup>e<\/sup><\/span> si\u00e8cle a cr\u00e9\u00e9 des besoins massifs en mati\u00e8re de main-d&rsquo;\u0153uvre. Selon Freiche et Le Boulaire (2000), le travail est alors pay\u00e9 en fonction de l\u2019offre et de la demande et rel\u00e8ve davantage d\u2019un rapport de servage. Au cours du XX<span class=\"style1\"><sup>e<\/sup><\/span> si\u00e8cle, la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique croissante ouvre la porte \u00e0 la stabilit\u00e9 salariale et permet aux collectifs de travailleurs et de travailleuses de s&rsquo;organiser et de faire reconna\u00eetre leurs droits : droit de gr\u00e8ve, droit de syndicalisation, droit de repos, droit de s\u00e9curit\u00e9, etc. Durant la p\u00e9riode des \u00ab Trente Glorieuses \u00bb <span class=\"style1\"><sup>1<\/sup><\/span> , caract\u00e9ris\u00e9e par le plein emploi, la probabilit\u00e9 pour une personne active d\u2019\u0153uvrer dans une m\u00eame organisation toute sa vie est alors tr\u00e8s forte. Selon plusieurs auteurs, c\u2019est au cours de cette p\u00e9riode que s\u2019est constitu\u00e9e la norme typique de l\u2019emploi correspondant au contrat de travail \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e (Castel, 1995; Marchand, 1998). Cette situation a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 possible par une conjonction aujourd\u2019hui bien connue de plusieurs facteurs : la g\u00e9n\u00e9ralisation progressive de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, l\u2019augmentation de la taille et de la stabilit\u00e9 des entreprises, la croissance du salariat statutaire dans le secteur public et nationalis\u00e9 et, enfin, l\u2019action syndicale (Paugam, 2000). Ainsi, au cours de cette p\u00e9riode historique exceptionnelle dans l\u2019histoire du travail, le syst\u00e8me productif s&rsquo;inscrit dans une p\u00e9riode de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique remarquable et le travail salari\u00e9 devient la r\u00e9ponse la plus pertinente aux besoins de d\u00e9veloppement des entreprises et d&rsquo;accomplissement des individus (Freiche &amp; Le Boulaire, 2000). L&rsquo;entreprise est alors le lieu de r\u00e9f\u00e9rence majeur dans l&rsquo;\u00e9tablissement des liens sociaux, un mode d&rsquo;int\u00e9gration sociale privil\u00e9gi\u00e9, associant m\u00e9tier, statut, revenus garantis. Elle est le <em>lieu mythique<\/em> de l&rsquo;affirmation identitaire des populations actives, des hommes et des femmes, et le centre des r\u00e9gulations \u00e9conomiques, individuelles et sociales (Freiche &amp; Le Boulaire, 2000). L\u2019emploi salari\u00e9, de plus en plus codifi\u00e9, r\u00e9glement\u00e9 et valoris\u00e9, appara\u00eet ainsi comme un r\u00e9f\u00e9rent majeur dans la d\u00e9termination des liens sociaux, en m\u00eame temps que s&rsquo;affaiblissent les enracinements traditionnels li\u00e9s \u00e0 la religion, \u00e0 la r\u00e9gion et \u00e0 la famille (Freiche &amp; LeBoulaire, 2000 ; Kraus, 1998).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La crise \u00e9conomique de la fin des ann\u00e9es 1970 annonce cependant un bouleversement profond de cette dynamique. L&rsquo;ampleur des mutations \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans et hors de l&rsquo;entreprise modifie radicalement les r\u00e8gles du jeu. L&rsquo;ouverture des march\u00e9s, l&rsquo;internationalisation de la concurrence et l&rsquo;instabilit\u00e9 des capitaux d\u2019une part, l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration des changements technologiques, d\u2019autre part, et les \u00e9volutions culturelles enfin, sont quelques-unes des mutations qui remettent en cause les rapports de travail et les rapports de pouvoir entre les salari\u00e9s, les entreprises et les \u00c9tats (Freiche &amp; Le Boulaire, 2000). Cette crise \u00e9conomique s\u2019accompagne ainsi d\u2019une crise du syst\u00e8me productif, marqu\u00e9e tout particuli\u00e8rement par l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un nouveau mod\u00e8le qui se substitue au mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique des ann\u00e9es des Trente Glorieuses (Giauque et Uebelhart, 1999). Ce nouveau mod\u00e8le, qualifi\u00e9 par certains de postfordiste, correspond \u00e0 l&rsquo;introduction, dans les entreprises et les administrations (publiques ou priv\u00e9es), de nouveaux principes de gestion, d&rsquo;une nouvelle organisation du travail et de nouveaux rapports salariaux (Dubar, 2000). Il est marqu\u00e9 par une tendance g\u00e9n\u00e9rale visant \u00e0 la flexibilisation de tous les facteurs de production en vue de permettre l&rsquo;augmentation des gains de productivit\u00e9 (Giauque et Uebelhart, 1999). Comme le souligne Castel (1995), c\u2019est au moment o\u00f9 la civilisation du travail para\u00eet s\u2019imposer d\u00e9finitivement sous l\u2019h\u00e9g\u00e9monie du salariat que l\u2019\u00e9difice se fissure, remettant \u00e0 l\u2019ordre du jour la vieille obsession populaire d\u2019avoir \u00e0 vivre \u00ab au jour la journ\u00e9e \u00bb. Le couplage entre le revenu et la protection sociale a \u00e9t\u00e9 une innovation extraordinaire rendue possible par le passage du contrat individualis\u00e9 au contrat collectif. Or, le retour actuel \u00e0 l\u2019individualisation du contrat menace d\u2019abord les plus vuln\u00e9rables. L&rsquo;image du salariat s&rsquo;est donc profond\u00e9ment transform\u00e9e depuis les vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, sous l&rsquo;influence d&rsquo;un double ph\u00e9nom\u00e8ne : l&rsquo;extension des formes pr\u00e9caires d&#8217;emploi et la diminution du volume d\u2019emploi stable. Ces transformations ne sont pas sans cons\u00e9quences sur la construction des repr\u00e9sentations collectives du travail de m\u00eame que sur la signification que lui accorde chaque individu.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Or, apporter des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 la question de la signification du travail pour un individu, c\u2019est d\u2019une part chercher \u00e0 comprendre la valeur qu\u2019il lui accorde et, d\u2019autre part, identifier les relations d\u2019interd\u00e9pendance qu\u2019il \u00e9tablit entre les activit\u00e9s de la sph\u00e8re professionnelle et celles des autres domaines de vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><b>La place du travail: un difficile consensus<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La question de la valeur sociale du travail de m\u00eame que des significations qu\u2019il prend pour la personne font l\u2019objet de nombreux d\u00e9bats aujourd\u2019hui. Ces d\u00e9bats sont largement aliment\u00e9s par les modifications structurelles du march\u00e9 du travail que nous venons bri\u00e8vement d\u2019\u00e9voquer et par la rar\u00e9faction de l\u2019emploi, du moins dans sa forme traditionnelle, qui l\u2019accompagne. Ainsi, plusieurs auteurs reconnaissent d\u2019embl\u00e9e l\u2019importance du travail dans la construction de l\u2019identit\u00e9 personnelle et sociale et sa valeur comme source de r\u00e9alisation de soi et de bien-\u00eatre psychologique (Kanchier et Unruh, 1989 ; L\u00e9vy-Leboyer, 1990). Ceux-l\u00e0 soutiennent que s\u2019il y a \u00e9vidence d\u2019une crise grave de l\u2019emploi salari\u00e9, la centralit\u00e9 du travail dans l\u2019organisation sociale et le r\u00f4le qu\u2019il joue dans le d\u00e9veloppement de l\u2019individu ne sont pas pour autant mis en cause. Le travail d\u00e9finit toujours les cat\u00e9gories sociales et constitue la pierre angulaire de l\u2019organisation du temps et de l\u2019espace, de m\u00eame que des \u00e9changes sociaux. Il est une voie indispensable de socialisation et d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la citoyennet\u00e9, un moyen incontournable de survie \u00e9conomique et un lieu \u00ab d\u2019expression de dignit\u00e9 de soi \u00bb. (Gagnon, 1996 ; Schnapper, 1997).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Certains r\u00e9sultats d\u2019\u00e9tudes pr\u00eachent \u00e9galement en faveur de la th\u00e8se de la valeur centrale du travail. Par exemple, Sverko et Vizek-Vidovic (1995), \u00e0 partir d\u2019une synth\u00e8se des enqu\u00eates \u00e9tats-uniennes se rapportant aux significations du travail, ont relev\u00e9 quatre fonctions distinctes du travail,<sup>2<\/sup> dans la vie de l\u2019individu. D\u2019abord, la fonction \u00e9conomique : le travail permet de gagner sa vie. Ensuite, la fonction sociale : le travail permet des interactions sociales et donne l\u2019occasion de se faire des amis. Puis, le travail comme source de statut social et de prestige : la position sociale d\u2019une personne d\u00e9pend du travail qu\u2019elle fait. Enfin, la fonction psychologique : le travail est une source importante d\u2019identit\u00e9, d\u2019estime et de r\u00e9alisation de soi. Pour Sverko et Vizek-Vidovic, la pr\u00e9sence syst\u00e9matique et constante de ces quatre fonctions du travail dans les r\u00e9sultats d\u2019enqu\u00eate, rend compte de la place centrale, tant sociale qu\u2019individuelle, qui est d\u00e9volue au travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une autre \u00e9tude men\u00e9e par Fournier et Croteau (1999) aupr\u00e8s de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s a permis de mettre en \u00e9vidence le sens important que prend le travail dans la vie des jeunes g\u00e9n\u00e9rations mais aussi la place qu\u2019il occupe par rapport aux autres domaines de vie. \u00c0 l\u2019instar de Sverko et Super (1995), Fournier et Croteau ont observ\u00e9 que le travail occupe, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, une place importante dans la vie des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s et ce, malgr\u00e9 le contexte d\u2019incertitude qui r\u00e8gne sur le march\u00e9 du travail. Ces derniers veulent que leur travail ait du sens dans leur vie, qu\u2019il soit source d\u2019utilit\u00e9 et de reconnaissance sociales, de valorisation, de satisfaction et d\u2019\u00e9panouissement personnel. Ils souhaitent que le travail leur permette d\u2019actualiser leurs potentialit\u00e9s et de r\u00e9aliser leurs projets. Par contre, les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude ont \u00e9galement permis d\u2019entrevoir des nuances importantes quant \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la sph\u00e8re travail par rapport aux autres sph\u00e8res de la vie (loisirs, vie de famille, relations amoureuses, engagement social ou communautaire) pour ces jeunes adultes. En effet, si la moiti\u00e9 d\u2019entre eux exprime clairement l\u2019id\u00e9e selon laquelle le travail est le lieu d\u2019investissement le plus important par rapport aux autres sph\u00e8res de vie, pr\u00e8s de 20% lui accorde une valeur \u00e9gale et insiste sur l\u2019importance de ne pas laisser le travail d\u00e9border les autres sph\u00e8res de vie et contrarier les projets qui y sont \u00e9labor\u00e9s. Un pourcentage semblable de sujets (18%), tout en reconnaissant aussi l\u2019importance du travail, le place davantage au second et m\u00eame troisi\u00e8me rang. Ainsi, pour de nombreux jeunes, le travail demeure important mais il n\u2019est pas n\u00e9cessairement l\u2019axe unique ou fondamental autour duquel gravite la vie. Fournier et Croteau (1999) avancent l\u2019hypoth\u00e8se que, tout en exprimant un engagement r\u00e9el vis-\u00e0-vis du travail, ces jeunes manifestent une volont\u00e9 d\u2019envisager leur vie dans une perspective plus globale et de lier plus \u00e9troitement les sph\u00e8res de vie personnelle et professionnelle. Le travail serait ainsi envisag\u00e9 positivement mais sa centralit\u00e9 serait relativis\u00e9e selon les \u00e9tapes de vie ou selon les objectifs poursuivis et les exp\u00e9riences v\u00e9cues dans les autres sph\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si la th\u00e8se de la valeur sociale du travail de m\u00eame que sa contribution au d\u00e9veloppement de l\u2019identit\u00e9 personnelle et sociale semblent admise par plusieurs, force est de constater que certains la remettent s\u00e9rieusement en question. En fait, il faut le dire, il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, Sartin (1975) observait que le travail n\u2019\u00e9tait plus sacralis\u00e9 par les jeunes g\u00e9n\u00e9rations et repr\u00e9sentait davantage un moyen l\u00e9gal de gagner l\u2019argent n\u00e9cessaire \u00e0 leur s\u00e9curit\u00e9 plut\u00f4t qu\u2019un moyen pour se r\u00e9aliser. Un peu plus tard, Frances (1986) constatait chez les jeunes une <em>allergie au travail<\/em> tandis qu\u2019Eisenberger (1989) notait chez ces derniers un manque d\u2019investissement dans leur r\u00f4le de travailleur. Kanter et Mirvis (1989), tout comme l\u2019avait fait Sartin (1975) auparavant, ont interpr\u00e9t\u00e9 cette manifestation de m\u00e9contentement comme la cons\u00e9quence de ne pouvoir exercer un travail valorisant et stimulant et qui offre des possibilit\u00e9s d\u2019avancement. Plus r\u00e9cemment, Gamba-Nasica (1999) faisait observer que pour plusieurs jeunes, le bonheur r\u00e9side ailleurs que dans la sph\u00e8re professionnelle, laquelle occupe une place plus ou moins marginale par rapport aux projets envisag\u00e9s dans les autres sph\u00e8res de vie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans une critique plut\u00f4t s\u00e9v\u00e8re \u00e0 l\u2019endroit du caract\u00e8re h\u00e9g\u00e9monique du travail, Cournoyer (1997) s\u2019oppose \u00e0 la signification g\u00e9n\u00e9ralement accord\u00e9e au travail dans notre soci\u00e9t\u00e9, d\u00e9finition qui renvoie essentiellement \u00e0 une conception du travail comme source importante de d\u00e9veloppement de l\u2019identit\u00e9, du sentiment d\u2019utilit\u00e9, d\u2019autonomie et d\u2019int\u00e9gration sociale. Elle soutient qu\u2019une telle vision du travail occulte la r\u00e9alit\u00e9 des individus pour qui le travail, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la r\u00e9alisation de soi, est un lieu d\u2019ali\u00e9nation et de destruction de soi. Dans la m\u00eame veine, M\u00e9da (1995) appuie l\u2019id\u00e9e selon laquelle la valeur travail est fortement en d\u00e9clin dans les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es et rappelle qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 exist\u00e9 et qu\u2019il continue d\u2019exister bien d\u2019autres mani\u00e8res que le travail salari\u00e9 de participer au bien-\u00eatre de la soci\u00e9t\u00e9. Elle questionne \u00e9nergiquement l\u2019id\u00e9e du travail comme seul <em>outil valable du lien social<\/em> et comme moyen privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019\u00e9panouissement personnel. Le consid\u00e9rer comme tel rel\u00e8verait d\u2019ailleurs d\u2019une <em>utopie collective<\/em> puisque tr\u00e8s peu de travailleurs ont la possibilit\u00e9 r\u00e9elle d\u2019occuper un emploi valorisant qui leur permette de se r\u00e9aliser. De son c\u00f4t\u00e9, Rifkin (1996) propose une vision assez sombre du travail, du moins pour l\u2019avenir. Il soutient que l\u2019organisation du march\u00e9 du travail a tellement chang\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, que le travail ne pourra plus d\u00e9finir le r\u00f4le de l\u2019individu dans la soci\u00e9t\u00e9. Il mentionne \u00e0 ce propos que \u201c &#8230;le remplacement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 du labeur humain par des machines laisse la masse des travailleurs priv\u00e9s d\u2019identit\u00e9, sans plus aucune fonction soci\u00e9tale. \u201d(p.313).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 des ces visions oppos\u00e9es sur la valeur du travail que nous venons tr\u00e8s bri\u00e8vement d\u2019esquisser, il faut souligner que questionner la signification du travail n\u00e9cessite d\u2019interroger \u00e9galement la place qu\u2019il occupe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres activit\u00e9s dans la vie de l\u2019individu. En effet, l&rsquo;investissement au travail est loin d\u2019\u00eatre exclusif et on constate de mani\u00e8re synchronique une pluralit\u00e9 d&rsquo;investissements dans diff\u00e9rents autres r\u00f4les et espaces de vie, notamment dans la famille, les loisirs et la vie associative (Bercot, 1999). Ces investissements multiples sont parfois en concurrence et peuvent occasionner divers d\u00e9s\u00e9quilibres. Ils sont parfois en synergie et se compl\u00e8tent et s&rsquo;enrichissent les uns les autres. En effet, la pluralit\u00e9 des sph\u00e8res de vie dans lesquelles les personnes sont engag\u00e9es les am\u00e8ne \u00e0 confronter des objectifs et des projets diversifi\u00e9s et \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les valeurs qu\u2019elles privil\u00e9gient. Ces sph\u00e8res constituent autant de mondes divers dans lesquels elles s\u2019expriment et jouent des r\u00f4les distincts (Almudever, Croity-Belz et Hajjar, 2000 ; Bercot, 1999). Comme le souligne Bercot (1999), la question, parfois de taille, est de concilier et d\u2019harmoniser vie professionnelle, vie sociale et vie familiale. En outre, il faut le dire, l\u2019investissement plus ou moins intense dans les divers r\u00f4les n\u2019est pas toujours choisi. Il est entre autre influenc\u00e9 par la nature de l\u2019activit\u00e9 professionnelle et il peut varier en fonction des cycles de vie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, Curie et Dupuy (1996) remarquent que de nombreux changements culturels semblent accentuer un d\u00e9cloisonnement entre les diff\u00e9rents domaines de vie. Ils citent \u00e0 ce titre la diminution de la sp\u00e9cialisation des r\u00f4les masculin et f\u00e9minin et la croissance consid\u00e9rable du travail salari\u00e9 f\u00e9minin ; la plus grande perm\u00e9abilit\u00e9 des temps de vie ; la r\u00e9duction du temps de travail ; la formation tout au long de la vie ; le positionnement g\u00e9ographique des lieux de travail et de vie ; le d\u00e9veloppement des t\u00e2ches qui impliquent r\u00e9flexion en dehors du bureau ou de l\u2019entreprise. Pour ces auteurs, ces changements, dont certains sont accentu\u00e9s et d\u2019autres affaiblis par le sous-emploi, laissent penser qu\u2019une certaine recomposition des rapports de la vie au travail et de la vie hors travail est en train de s\u2019op\u00e9rer.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les recherches sur les relations entre les diff\u00e9rents domaines de vie sont nombreuses. \u00c0 partir d\u2019\u00e9tudes portant les unes sur l\u2019influence du travail sur la vie hors travail et les autres sur l\u2019influence de la vie hors travail sur la vie de travail, Curie et Hajjar (1987) ont tir\u00e9 quatre conclusions : (1) Le travail apporte \u00e0 la vie hors travail des contraintes et des ressources multiples, mais r\u00e9ciproquement la vie hors travail constitue pour la vie de travail une source de contraintes et de ressources. (2) Dans de nombreuses recherches, les rapports entre ces deux sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s apparaissent comme ambigus ou paradoxaux (par exemple, compensation par le loisir des contraintes du travail et\/ou diffusion des conditions de travail dans la vie de loisir). (3) L\u2019existence des ces ambigu\u00eft\u00e9s appartient \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, mais les processus d\u2019interaction entre ces deux sph\u00e8res sont insuffisamment analys\u00e9s. (4) Il est n\u00e9cessaire de d\u00e9placer l\u2019interrogation des influences r\u00e9ciproques de la vie au travail et de la vie hors travail prises isol\u00e9ment sur le fonctionnement m\u00eame du syst\u00e8me d\u2019interd\u00e9pendance qu\u2019elles constituent. L\u2019hypoth\u00e8se qui sous-tendra d\u2019ailleurs nombre de travaux de Curie et ses collaborateurs sur ce syst\u00e8me est que l\u2019individu se comporte face aux interd\u00e9pendances entre ses diff\u00e9rentes sph\u00e8res de vie (travail, famille\u2026) en sujet cherchant le sens de son existence par rapport aux pressions divergentes et aux opportunit\u00e9s concurrentes de ses milieux de vie (Curie, 2000, p. 208).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Quelles significations les personnes accordent-elles au travail?\u00a0L\u2019activit\u00e9 professionnelle est-elle encore une activit\u00e9 signifiante? Quelle\u00a0place occupe-t-elle par rapport aux autres activit\u00e9s humaines? Ce sont l\u00e0 quelques-unes des questions qui sont abord\u00e9es dans ce num\u00e9ro th\u00e9matique.\u00a0Les textes qui y sont regroup\u00e9s proposent, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, une\u00a0analyse particuli\u00e8re de la signification que prend le travail dans la\u00a0vie des individus et de ses liens avec ses autres activit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour d\u00e9buter l\u2019ouvrage, Lilian Negura aborde d\u2019entr\u00e9e de jeu la question de la n\u00e9cessit\u00e9 ou non de r\u00e9\u00e9valuer la valeur sociale du travail en raison des transformations profondes qui affectent aujourd\u2019hui le march\u00e9 du travail. L\u2019auteur pr\u00e9sente d\u2019abord une r\u00e9flexion critique sur les principaux changements \u00e9conomiques structuraux survenus sur le march\u00e9 du travail au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es et leurs effets sur les pratiques de gestion des entreprises, sur l\u2019organisation g\u00e9n\u00e9rale du march\u00e9 de l\u2019emploi et sur la vie au travail des personnes. Parmi les principaux effets observ\u00e9s, Lilian Negura met en \u00e9vidence la mont\u00e9e fulgurante du ch\u00f4mage dans les pays industrialis\u00e9s, fl\u00e9au qui affecte particuli\u00e8rement les travailleurs et les travailleuses les moins qualifi\u00e9s. Vient ensuite une plus grande flexibilit\u00e9 du travail, laquelle peut \u00eatre source de satisfaction et d\u2019une plus grande autonomie au travail pour certains ou, source de mal-\u00eatre et de d\u00e9saffiliation, pour d\u2019autres. Le statut atypique de plusieurs emplois (ex. contrat \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e) et les conditions pr\u00e9caires de travail qui y sont souvent associ\u00e9es constituent d\u2019autres effets importants des modifications structurelles du march\u00e9 du travail. Ces nouvelles r\u00e9alit\u00e9s ont bien souvent des cons\u00e9quences d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour la personne et, selon l\u2019auteur, la difficult\u00e9 de se construire une v\u00e9ritable identit\u00e9 au travail compte certainement parmi l\u2019une des plus lourdes. Pour terminer cette partie de son analyse, Lilian Negura traite d\u2019abord des modifications profondes qui s\u2019op\u00e8rent au sein des organisations syndicales, modifications qui prennent la forme <em>d\u2019un dispersement de leur unit\u00e9 traditionnelle et d\u2019un affaiblissement de leur capacit\u00e9 offensive<\/em>, au moment m\u00eame o\u00f9 les salari\u00e9s ont un besoin flagrant de protection. Le d\u00e9clin de l\u2019\u00c9tat Providence constitue le dernier effet des transformations du march\u00e9 du travail propos\u00e9 par l\u2019auteur. Pour ce dernier, l\u2019expansion du n\u00e9olib\u00e9ralisme et les transformations au sein de la soci\u00e9t\u00e9 salariale font en sorte que l\u2019\u00c9tat Providence n\u2019est plus capable d\u2019assurer sa fonction de soutien aux citoyens et citoyennes. Lilian Negura poursuit ensuite sa r\u00e9flexion en s\u2019interrogeant \u00e0 savoir si la \u00ab fin du travail en Occident \u00bb n\u2019est pas l\u2019expression d\u2019une crise profonde des repr\u00e9sentations collectives du travail. Il appuie son propos sur quelques \u00e9tudes empiriques dont les conclusions sont parfois contradictoires. Selon certaines, le travail, notamment chez les jeunes, n\u2019est plus une valeur centrale, il est m\u00eame une valeur en voie de disparition. Pour d\u2019autres, si le travail s\u2019associe \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de combler des besoins socio-\u00e9conomiques, son r\u00f4le dans l\u2019\u00e9panouissement individuel et la cr\u00e9ation de liens sociaux demeure nodal. L\u2019auteur exprime son accord avec ce dernier point de vue. Il conclut son expos\u00e9 en sugg\u00e9rant que la fin du travail annonc\u00e9e par certains intellectuels est possiblement l\u2019expression d\u2019un <em>hiatus<\/em> entre les changements dans l\u2019organisation du travail et la repr\u00e9sentation sociale du travail h\u00e9rit\u00e9e des Trente Glorieuses. Il propose de faire un <em>effort collectif de reconstitution de la repr\u00e9sentation du travail<\/em> afin de cr\u00e9er un imaginaire collectif adapt\u00e9 aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Reconnaissant que les concepts de travail et de carri\u00e8re ont subi une transformation historique majeure, Marcelle Gingras, Armelle Spain et Laurence Cocandeau-Bellanger cherchent \u00e0 comprendre dans quelle mesure les significations accord\u00e9es au travail et aux autres r\u00f4les de vie peuvent contribuer \u00e0 la d\u00e9finition du concept de carri\u00e8re. Elles ont choisi de pr\u00e9senter une synth\u00e8se r\u00e9trospective, par ordre chronologique, des diff\u00e9rentes conceptions de la carri\u00e8re au fil du temps. Ainsi, dans les d\u00e9buts, les premi\u00e8res d\u00e9finitions propos\u00e9es sont davantage li\u00e9es \u00e0 la carri\u00e8re professionnelle bien que de mani\u00e8re non uniforme. Elles mettent \u00e0 contribution des concepts tr\u00e8s proches (ex. emploi, profession), elles impliquent une dimension temporelle, elles sont centr\u00e9es sur l\u2019individu et ont tendance \u00e0 occulter le contexte dans lequel il \u00e9volue. Les auteures font ensuite \u00e9tat d\u2019une \u00ab conception \u00e9largie du concept de carri\u00e8re \u00bb en s\u2019appuyant principalement sur les travaux de Donald E. Super. Cette conception de la carri\u00e8re prend notamment en compte l\u2019ensemble des r\u00f4les de vie et des stades de d\u00e9veloppement de la personne, le caract\u00e8re temporel et dynamique de la carri\u00e8re en terme de dur\u00e9e, de continuit\u00e9 et de discontinuit\u00e9, de m\u00eame que les liens entre l\u2019individu et les institutions. Poursuivant leur r\u00e9flexion, les auteures traitent ensuite d\u2019une \u00ab perspective circonscrite \u00bb du concept de carri\u00e8re. Selon cette perspective, la carri\u00e8re s\u2019associe \u00e0 l\u2019id\u00e9e de productivit\u00e9 et d\u2019accomplissement. Elle implique \u00e9galement une dimension temporelle de m\u00eame que des aspects objectifs et subjectifs. S\u2019appuyant principalement sur les ouvrages de Hall et Mirvis et sur ceux de Cardinal, les auteures poursuivent leur analyse en pr\u00e9sentent la \u00ab perspective organisationnelle \u00bb de la carri\u00e8re. Elles expliquent comment, selon cette perspective, des concepts tels que \u00ab carri\u00e8re sans fronti\u00e8res \u00bb, \u00ab carri\u00e8re \u00e9clat\u00e9e \u00bb, \u00ab carri\u00e8re prot\u00e9iforme \u00bb viennent remplacer les d\u00e9finitions traditionnelles de la carri\u00e8re. L\u2019explicitation de ces concepts permet de mettre en lumi\u00e8re \u00e0 quel point la d\u00e9marcation entre les diff\u00e9rents r\u00f4les de vie est aujourd\u2019hui floue, sinon absente de m\u00eame qu\u2019elle met en \u00e9vidence le r\u00f4le important que joue l\u2019individu (par rapport \u00e0 l\u2019organisation) dans la construction de l\u2019ensemble de son projet de vie. Gingras, Spain et Cocandeau-Bellanger proposent ensuite une \u00ab perspective f\u00e9ministe \u00bb de la carri\u00e8re, perspective selon laquelle les liens avec les personnes significatives, avec l\u2019environnement socio-historique de m\u00eame que l\u2019interaction entre les diff\u00e9rentes sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s sont des \u00e9l\u00e9ments centraux \u00e0 consid\u00e9rer pour comprendre le cheminement de carri\u00e8re. La derni\u00e8re perspective abord\u00e9e, la \u00ab perspective contextuelle \u00bb, s\u2019apparente \u00e0 une conception holistique de la carri\u00e8re, laquelle se construit en relation avec les diff\u00e9rents contextes dans lesquels la personne \u00e9volue. Les notions de transition, de subjectivit\u00e9, de perceptions individuelles, d\u2019int\u00e9gration des r\u00f4les, de progression tout au long de la vie, etc. sont au centre de cette perspective. Les auteures terminent leur analyse en proposant des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019elles jugent importants \u00e0 inclure dans la d\u00e9finition de la carri\u00e8re et soulignent que cette derni\u00e8re est un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe, multidimensionnel et en perp\u00e9tuelle \u00e9volution.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour aborder les significations et la place que prend le\u00a0travail dans la vie de la personne, Armelle Spain, Lucille B\u00e9dard et Lucie\u00a0Paiement ont choisi d\u2019interroger des hommes sur les motivations qui ont\u00a0orient\u00e9 les d\u00e9cisions professionnelles prises tout au long de leur carri\u00e8re.\u00a0L\u2019article propos\u00e9 s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un programme de recherche\u00a0plus vaste amorc\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1990 aupr\u00e8s de sujets f\u00e9minins. Certains\u00a0r\u00e9sultats de ces recherches avaient permis de mettre en \u00e9vidence l\u2019importance\u00a0de la dimension relationnelle comme point d\u2019ancrage et de coh\u00e9rence du\u00a0cheminement de carri\u00e8re f\u00e9minin et comme source de signification accord\u00e9e\u00a0au travail. L\u2019\u00e9quipe s\u2019est alors interrog\u00e9 sur la pr\u00e9sence \u00e9ventuelle\u00a0de cette dimension relationnelle dans le cheminement professionnel des\u00a0hommes et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, sur sa nature et son r\u00f4le dans leur d\u00e9veloppement\u00a0professionnel. Les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s dans cet ouvrage font ressortir\u00a0trois grandes cat\u00e9gories d\u2019enjeux \u00e0 la base des d\u00e9cisions professionnelles\u00a0prises par les hommes interrog\u00e9s. La premi\u00e8re grande cat\u00e9gorie regroupe\u00a0des enjeux <em>d\u2019ordre pragmatique<\/em>. Ces derniers sont fort diversifi\u00e9s.\u00a0Il peut tout aussi bien s\u2019agir de la n\u00e9cessit\u00e9 de gagner sa vie, que du\u00a0d\u00e9sir de se sentir bien ou encore de structurer son temps. Viennent ensuite\u00a0les enjeux <em>d\u2019ordre relationnel<\/em> qui varient notamment en fonction\u00a0des circonstances qui entourent les choix. Les hommes mentionnent appuyer\u00a0leurs d\u00e9cisions sur des besoins tels que celui d\u2019\u00eatre en contact avec\u00a0autrui (ex. coll\u00e8gues, client\u00e8le), de se sentir utile aux autres, de s\u2019engager\u00a0dans la communaut\u00e9 ou encore d\u2019obtenir une reconnaissance sociale. Le\u00a0rapport avec les proches significatifs est aussi un enjeu fort de cette\u00a0cat\u00e9gorie et plusieurs hommes mentionnent que cet aspect a eu un impact\u00a0pr\u00e9pond\u00e9rant dans leurs d\u00e9cisions professionnelles. Enfin, la troisi\u00e8me\u00a0grande cat\u00e9gorie d\u2019enjeux mis en \u00e9vidence par les auteures sont <em>d\u2019ordre\u00a0d\u00e9veloppemental<\/em>. Ici encore, ces enjeux sont diversifi\u00e9s et concernent\u00a0tout autant le d\u00e9sir d\u2019apprendre, <em>de tirer des le\u00e7ons de coll\u00e8gues\u00a0exp\u00e9riment\u00e9s ou plus qualifi\u00e9s<\/em>, de mettre ses comp\u00e9tences \u00e0 profit,\u00a0que de relever des d\u00e9fis, de trouver du plaisir dans ce que l\u2019on fait\u00a0ou de cr\u00e9er. Spain, B\u00e9dard et Paiement proposent ensuite une r\u00e9flexion\u00a0sur ces enjeux, r\u00e9flexion qui permet de faire \u00e9merger une signification\u00a0particuli\u00e8re et singuli\u00e8re \u00e0 l\u2019ensemble de la vie de travail de ces hommes\u00a0et d\u2019apporter un \u00e9clairage sur le r\u00f4le que joue le travail dans leur vie,\u00a0sur les diff\u00e9rentes dimensions que recouvre la vie professionnelle de\u00a0m\u00eame que sur les aspects \u00e0 consid\u00e9rer en intervention de carri\u00e8re. Les\u00a0auteures sugg\u00e8rent notamment que le travail continue d\u2019\u00eatre un lieu privil\u00e9gi\u00e9\u00a0de d\u00e9veloppement et d\u2019accomplissement, en synergie avec les autres r\u00f4les\u00a0de vie. De m\u00eame, l\u2019univers relationnel et le rapport social avec la communaut\u00e9\u00a0par l\u2019entremise du travail sont des donn\u00e9es importantes du v\u00e9cu professionnel\u00a0des hommes. Sur ce dernier point, les auteures soulignent le besoin important,\u00a0exprim\u00e9 par les sujets, d\u2019appartenir \u00e0 une collectivit\u00e9, d\u2019y contribuer\u00a0et d\u2019y recevoir une reconnaissance qui confirme l\u2019utilit\u00e9 de leur existence\u00a0parmi les autres.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Constatant le nombre croissant d\u2019\u00e9tudiants et d\u2019\u00e9tudiantes qui travaillent en faisant leurs \u00e9tudes, Val\u00e9rie Cohen-Scali s\u2019est interrog\u00e9 sur le r\u00f4le et l\u2019influence du travail-\u00e9tudiant sur la construction de l\u2019identit\u00e9 professionnelle. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, dans l\u2019article propos\u00e9 ici, l\u2019auteure cherche \u00e0 mieux comprendre dans quelle mesure l\u2019occupation de petits boulots en cours d\u2019\u00e9tudes peut exercer une influence sur les repr\u00e9sentations de soi, les conceptions du travail et sur les projets professionnels des jeunes. Ainsi, comme le souligne l\u2019auteure, les exp\u00e9riences de petits boulots sont rarement prises en compte dans le cadre de l\u2019orientation scolaire et professionnelle des jeunes. Or, ajoute-t-elle, l\u2019exp\u00e9rience de petits boulots peut offrir des occasions d\u2019orientation ou d\u2019insertion de m\u00eame qu\u2019elle peut transformer certaines repr\u00e9sentations de soi, du travail et de l\u2019avenir. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de mieux cerner comment et par quels processus les exp\u00e9riences de travail pendant les \u00e9tudes peuvent concourir \u00e0 la construction de l\u2019identit\u00e9 professionnelle des jeunes. L\u2019auteure \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se que les exp\u00e9riences de travail jug\u00e9es positives auront un effet positif sur les repr\u00e9sentations de soi, du travail et de l\u2019insertion. Les exp\u00e9riences de travail jug\u00e9es n\u00e9gatives auront l\u2019effet inverse. L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s de 208 \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes en 1ere ann\u00e9e de psychologie. Les r\u00e9sultats ont d\u2019abord permis de faire \u00e9merger deux typologies, l\u2019une portant sur l\u2019exp\u00e9rience plus ou moins positive des petits boulots (les proactifs, les h\u00e9sitants, les instrumentalistes), l\u2019autre sur les repr\u00e9sentations du travail en lien avec les exp\u00e9riences professionnelles (les humanistes, les prudents, les cr\u00e9atifs, les ambitieux). Les r\u00e9sultats mettent ensuite en \u00e9vidence que des exp\u00e9riences de travail jug\u00e9es positives sont associ\u00e9es \u00e0 des repr\u00e9sentations de soi plus favorables et qu\u2019elles pourraient avoir un effet b\u00e9n\u00e9fique sur les repr\u00e9sentations de l\u2019insertion professionnelle et sur la construction de projets professionnels. Enfin, une derni\u00e8re s\u00e9rie d\u2019analyses a permis de rep\u00e9rer les effets conjugu\u00e9s des exp\u00e9riences de travail, des repr\u00e9sentations de soi et des repr\u00e9sentations du travail. L\u2019auteure a regroup\u00e9 ces effets conjugu\u00e9s en quatre cat\u00e9gories distinctes : repr\u00e9sentations positives du travail\/construction identitaire renforc\u00e9e; repr\u00e9sentations n\u00e9gatives du travail\/construction identitaire incertaine; repr\u00e9sentations positives du travail\/construction identitaire renouvel\u00e9e; repr\u00e9sentations n\u00e9gatives du travail\/construction identitaire fragilis\u00e9e. Val\u00e9rie Cohen-Scali propose ensuite une r\u00e9flexion sur la base des r\u00e9sultats obtenus. Elle mentionne notamment que son hypoth\u00e8se n\u2019est que partiellement confirm\u00e9e et ce, dans les cas d\u2019exp\u00e9riences professionnelles positives ou n\u00e9gatives. Par ailleurs, les r\u00e9sultats mettent \u00e9galement en \u00e9vidence que les repr\u00e9sentations et les exp\u00e9riences de travail s\u2019influencent mutuellement et co-construisent l\u2019identit\u00e9 professionnelle. L\u2019auteure sugg\u00e8re qu\u2019une place plus importante soit accord\u00e9e \u00e0 l\u2019analyse des exp\u00e9riences professionnelles des jeunes dans les services d\u2019aide \u00e0 l\u2019orientation.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9volution actuelle du travail interroge l\u2019organisation des autres temps de vie. Quelles propositions peut-on faire pour organiser et accompagner cette \u00e9volution dans un cadre collectif? Jusqu\u2019\u00e0 quel point la validation des acquis d\u2019exp\u00e9rience (VAE) et le contrat d&rsquo;activit\u00e9 peuvent-ils \u00eatre analys\u00e9s comme une tentative de recr\u00e9er des rep\u00e8res collectifs et des garanties minimales de stabilit\u00e9 professionnelle? Telle sont les questions et le sujet de r\u00e9flexion que nous propose Gilles Pinte dans son article. D\u2019entr\u00e9e de jeu, l\u2019auteur fait remarquer que l\u2019organisation du travail s\u2019est radicalement transform\u00e9e au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, l\u2019apparition des nouvelles formes d\u2019emploi ou la baisse de la dur\u00e9e hebdomadaire du travail en sont des manifestations tangibles. Or, selon l\u2019auteur, la r\u00e9flexion sur la nouvelle organisation du travail doit n\u00e9cessairement s\u2019accompagner d\u2019une r\u00e9flexion sur l\u2019organisation des temps de vie de l\u2019individu. Gilles Pinte soutient l\u2019id\u00e9e selon laquelle le temps de travail n\u2019est aujourd\u2019hui qu\u2019un des temps de la vie et ce temps a m\u00eame passablement tendance \u00e0 diminuer, lib\u00e9rant ainsi les autres temps de la vie. Par contre, il faut reconna\u00eetre que ces autres temps, contrairement au temps de travail, ont peu de valeur marchande et sont peu valoris\u00e9s socialement, parce que non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Face \u00e0 ce constat, Gilles Pinte note qu\u2019il est important de prendre conscience de l\u2019importance \u00e9conomique et sociale de ces temps hors de l\u2019activit\u00e9 professionnelle, de les valider et de leur reconna\u00eetre une valeur collective. L\u2019auteur poursuit sa r\u00e9flexion \u00e0 ce propos en montrant la place importante que prennent d\u00e9sormais l\u2019autoformation et l\u2019autodidaxie, comp\u00e9tences d\u00e9velopp\u00e9es et savoirs acquis dans des environnements professionnels, certes, mais aussi dans des environnements associatifs, familiaux, etc. Dans ce nouveau contexte, un syst\u00e8me de validation des acquis d\u2019exp\u00e9rience (VAE) pourrait comporter de nombreux avantages. Il pourrait \u00eatre un moyen de reconna\u00eetre et de valoriser l\u2019exp\u00e9rience du travail domestique, familial ou associatif, un moyen de motivation et de mise en confiance des adultes en formation continue, une mani\u00e8re de concilier projets professionnels, sociaux, personnels et familiaux, enfin, il pourrait \u00eatre une fa\u00e7on de reconna\u00eetre d\u2019autres champs de d\u00e9veloppement personnel et social utiles \u00e0 la collectivit\u00e9. Finalement, Gilles Pinte propose une r\u00e9flexion sur certains avantages de la flexibilit\u00e9 pour les salari\u00e9s. Cette flexibilit\u00e9 leur offre notamment la possibilit\u00e9 de mieux coordonner leurs temps de vie, de <em>choisir leurs temps<\/em>, de mani\u00e8re flexible et r\u00e9versible. Mais, encore faut-il leur reconna\u00eetre collectivement une valeur \u00e9conomique. L\u2019auteur propose \u00e0 ce sujet l\u2019instauration d\u2019un contrat d\u2019activit\u00e9 qui permettrait d\u2019inclure les p\u00e9riodes de formation, d\u2019activit\u00e9s sociales, familiales, associatives, etc. Ce contrat, qui suppose une meilleure articulation entre le champ social et le domaine \u00e9conomique, serait aussi un contrat de soci\u00e9t\u00e9 qui permettrait de garantir les droits et les devoirs des salari\u00e9s dans un nouveau contrat de travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si les nouvelles r\u00e9alit\u00e9s du travail peuvent offrir une certaine marge de man\u0153uvre aux travailleurs et travailleuses dans l\u2019articulation de leurs temps de vie, il faut dire que la conciliation entre les activit\u00e9s professionnelles et familiales repr\u00e9sente \u00e9galement un d\u00e9fi de taille pour de nombreux salari\u00e9s qui sont activement engag\u00e9s dans ces deux sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s. Il semble que certains d\u2019entre eux arrivent \u00e0 trouver un \u00e9quilibre satisfaisant entre leur vie de travail et leur vie familiale en \u00e9vitant relativement bien les conflits interr\u00f4les tandis que d\u2019autres y sont plus ou moins s\u00e9v\u00e8rement confront\u00e9s. C\u2019est du moins ce qu\u2019avancent Lise Lachance, Marie-H\u00e9l\u00e8ne Gilbert et Bernard T\u00e9treau dans leur article dans lequel ils cherchent \u00e0 mieux comprendre dans quelle mesure le niveau d\u2019engagement dans les r\u00f4les de travailleur et\/ou familiaux peut \u00eatre un facteur de risque ou de protection dans l\u2019apparition de conflits interr\u00f4les. Plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019\u00e9tude pr\u00e9sent\u00e9e dans cet ouvrage cherche globalement \u00e0 \u00e9tablir les profils d\u2019engagement dans les r\u00f4les de travailleur, de conjoint, de parent et de responsable de maison et \u00e0 comparer, sur le plan des conflits entre le travail et les divers r\u00f4les familiaux, les personnes appartenant \u00e0 chacun des profils identifi\u00e9s. L\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s de 486 sujets, travailleurs et travailleuses, vivant en couple depuis au moins 6 mois. Afin d\u2019\u00e9tablir les profils d\u2019engagement des sujets en rapport avec les r\u00f4les de travailleurs, de parent, de conjoint et de responsable de la maison, l\u2019\u00e9quipe de chercheurs a r\u00e9alis\u00e9 une analyse typologique qui a permis de faire \u00e9merger trois profils d\u2019engagement distincts : DUALIT\u00c9, TRAVAIL, FAMILLE. D\u2019autres analyses ont \u00e9galement permis d\u2019observer des diff\u00e9rences significatives selon plusieurs variables telles que le sexe, le niveau d\u2019emploi, le niveau de scolarit\u00e9, le revenu personnel, le nombre d\u2019heures allou\u00e9es par semaine aux diverses activit\u00e9s \u00e9valu\u00e9es, etc. dans l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019un ou l\u2019autre des trois profils d\u2019engagement. Finalement, en ce qui concerne la pr\u00e9sence de conflits interr\u00f4les selon le profil d\u2019engagement des sujets, les auteurs observent notamment que les individus formant le profil DUALIT\u00c9 ne vivent pas davantage de conflits interr\u00f4les que les autres et qu\u2019ils \u00e9prouvent m\u00eame, tout comme ceux inscrits dans le profil FAMILLE, davantage de satisfaction de vie et d\u2019ajustement dyadique que ceux appartenant au profil TRAVAIL. Il semble donc que l\u2019engagement dans plusieurs r\u00f4les n\u2019entra\u00eene pas n\u00e9cessairement de conflits interr\u00f4les. \u00c9galement, les r\u00e9sultats de la recherche ont permis de mettre en \u00e9vidence que les sujets formant le profil TRAVAIL vivent davantage de conflits entre le travail et l\u2019organisation de la maison que les individus formant les profils FAMILLE et DUALIT\u00c9. Enfin, l\u2019\u00e9quipe de chercheurs note que les femmes de leur \u00e9tude vivent un niveau plus \u00e9lev\u00e9 de conflits travail\/loisirs, travail\/organisation de la maison et famille\/travail (bas\u00e9s sur le temps et non bas\u00e9s sur la tension psychologique). \u00c0 ce sujet, les auteurs font remarquer que les hommes b\u00e9n\u00e9ficient davantage de temps pour leurs loisirs que les femmes et, dans ce sens, le surplus de temps consacr\u00e9 aux responsabilit\u00e9s familiales par les femmes, pourrait \u00eatre pris au d\u00e9triment du temps pour soi.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019engagement dans les r\u00f4les professionnels et familiaux constitue une donn\u00e9e d\u2019importance pour la compr\u00e9hension de l\u2019articulation entre les diff\u00e9rents domaines de vie, une situation de mobilit\u00e9 professionnelle ascendante est certainement un des lieux privil\u00e9gi\u00e9s pour analyser de mani\u00e8re fine et nuanc\u00e9e la nature de cet engagement. C\u2019est ce que nous proposent Christine Martin-Canizares et Alain Baubion-Broye dans l\u2019article propos\u00e9 ici dans lequel ces chercheurs pr\u00e9sentent les r\u00e9sultats d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e aupr\u00e8s de dix cadres de l\u2019Action Sociale en France. \u00c0 partir d\u2019entretiens semi-directifs, les auteurs ont cherch\u00e9 \u00e0 comprendre comment ces personnes investissent leurs r\u00f4les professionnels et quelles significations elles donnent \u00e0 leur engagement et \u00e0 leurs r\u00f4les dans leur milieu de travail. Se distinguant \u00e0 plusieurs \u00e9gards des mod\u00e8les classiques de la socialisation organisationnelle, la position th\u00e9orique \u00e0 la base de l\u2019\u00e9tude consid\u00e8re notamment que les investissements consentis dans la vie de travail entretiennent des rapports d\u2019interd\u00e9pendance avec les activit\u00e9s dans l\u2019ensemble des milieux de socialisation, que ces activit\u00e9s (dans et hors travail) et les choix qui y sont inh\u00e9rents sont parfois sources de tension, sinon de conflits, que les significations qu\u2019attribuent les individus \u00e0 leurs engagements et \u00e0 leurs r\u00f4les professionnels rel\u00e8vent d\u2019exp\u00e9riences multiples qui se rapportent \u00e0 des temporalit\u00e9s diff\u00e9rentes et, enfin, que ces engagements sont signifi\u00e9s par les sujets en fonction des perspectives de leur socialisation et des r\u00f4les qu\u2019ils d\u00e9sirent assumer dans leurs diff\u00e9rentes sph\u00e8res de vie. De l\u2019analyse des entretiens, Christine Martin-Canizares et Alain Baubion-Broye font \u00e9merger quatre modalit\u00e9s d\u2019engagement socioprofessionnel et personnel qui se diff\u00e9rencient en fonction de trois dimensions sp\u00e9cifiques. D\u2019abord, la<em> temporalit\u00e9<\/em> qui, lorsqu\u2019elle est longue, t\u00e9moigne d\u2019un parcours dont les \u00e9tapes sont perm\u00e9ables au doute et \u00e0 l\u2019h\u00e9sitation mais qui, lorsque plus courte, se trouve assujettie \u00e0 des exigences professionnelles que la prise de fonction et l\u2019exercice de nouveaux r\u00f4les doivent satisfaire. Ensuite, le \u00ab type de centration \u00bb permet de diff\u00e9rencier les discours tourn\u00e9s vers des \u00ab autrui \u00bb li\u00e9s \u00e0 la sph\u00e8re professionnelle de ceux qui n\u2019y font pas r\u00e9f\u00e9rence. Enfin, \u00ab l\u2019implication \u00bb distingue les discours qui t\u00e9moignent d\u2019une attitude d\u2019implication au travail de ceux dans lesquels celle-ci se trouve absente. Quant \u00e0 l\u2019orientation des r\u00f4les, les auteurs en font \u00e9merger deux grandes classes : l\u2019innovation au service des publics de l\u2019Action Sociale et une hyperactivit\u00e9 dans un temps acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Quatre dimensions permettent de les diff\u00e9rencier. D\u2019abord, les \u00ab objets \u00bb de la centration du r\u00f4le, vers soi ou vers les publics et les acteurs de l\u2019organisation. Ensuite, l\u2019impulsion de l\u2019action de r\u00f4le, caract\u00e9ris\u00e9e par une volont\u00e9 d\u2019innovation ou par une n\u00e9cessit\u00e9<em> de faire<\/em>. En troisi\u00e8me lieu, le contr\u00f4le, caract\u00e9ris\u00e9 par une fonction d\u2019encadrement plus \u00ab r\u00e9fl\u00e9chi \u00bb ou plus al\u00e9atoire. Enfin, comme derni\u00e8re dimension, le lieu d\u2019ancrage qui distingue le r\u00f4le ancr\u00e9 dans l\u2019univers organisationnel de celui qui s\u2019exerce dans un mode ind\u00e9fini. Pour terminer, Christine Martin-Canizares et Alain Baubion-Broye propose une r\u00e9flexion sur les liens possibles entre l\u2019engagement et l\u2019orientation de r\u00f4le en situation de mobilit\u00e9 professionnelle. Ils proposent notamment que c\u2019est \u00e0 partir d\u2019insatisfactions et de potentialit\u00e9s que leur ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 leurs multiples exp\u00e9riences, que les sujets ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 signifier leurs engagements professionnels comme des mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de soi au travail et hors travail. Ces sujets esp\u00e8rent que leurs engagements leur permettront de d\u00e9passer ces insatisfactions et de r\u00e9aliser leurs potentialit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Comme le font remarquer Jean-Luc M\u00e8gemont et Alexis le Blanc au d\u00e9but de leur article, la mobilit\u00e9 professionnelle, de plus en plus fr\u00e9quente aujourd\u2019hui, peut rev\u00eatir diff\u00e9rentes significations pour le sujet. Elle peut \u00eatre per\u00e7ue par certains comme une contrainte socialement situ\u00e9e ou, par d\u2019autres, comme une occasion de d\u00e9veloppement professionnel et\/ou personnel. S\u2019appuyant sur une approche syst\u00e9mique des conduites, les auteurs soutiennent la th\u00e8se selon laquelle les exp\u00e9riences et les activit\u00e9s r\u00e9alis\u00e9es dans le domaine professionnel sont signifi\u00e9es par les sujets en fonction des hi\u00e9rarchies de valeurs qu\u2019ils \u00e9tablissent entre ce domaine et les autres sph\u00e8res de leur vie (familiale, personnelle et sociale). Ces activit\u00e9s, sous-syst\u00e8mes d\u2019un syst\u00e8me plus global, sont interd\u00e9pendantes et ob\u00e9issent \u00e0 des r\u00e9gulations qui peuvent aussi bien se produire au sein d\u2019un seul domaine (local) qu\u2019entre les domaines (central). La prise en compte de cette interd\u00e9pendance des diff\u00e9rentes sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s a conduit les auteurs \u00e0 examiner le r\u00f4le des processus de valorisation des projets attach\u00e9s aux diff\u00e9rents domaines de vie de la personne dans la d\u00e9finition de son estime de soi. Elle les a \u00e9galement amen\u00e9s \u00e0 privil\u00e9gier la d\u00e9finition d\u2019indicateurs d\u2019estime de soi sp\u00e9cifiques \u00e0 chacun des domaines de vie. L\u2019objectif de l\u2019article propos\u00e9 ici est d\u2019examiner les effets d\u2019une mobilit\u00e9 professionnelle ascendante sur l\u2019estime de soi des sujets. L\u2019hypoth\u00e8se formul\u00e9e par les auteurs est \u00e0 l\u2019effet que la situation de mobilit\u00e9 professionnelle ascendante n\u2019aura pas d\u2019effet direct sur le niveau d\u2019estime de soi de la personne mais aura un effet modul\u00e9 par le degr\u00e9 de valorisation qu\u2019elle accorde \u00e0 chacun des domaines de sa vie. L\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019un groupe de 251 sujets engag\u00e9s dans la pr\u00e9paration d\u2019un dipl\u00f4me d\u2019ing\u00e9nieur par la voie de la formation professionnelle continue. Les r\u00e9sultats tir\u00e9s des analyses permettent notamment d\u2019observer que seul le niveau d\u2019estime de soi familiale varie en fonction des temps de la mobilit\u00e9: il est plus \u00e9lev\u00e9 en d\u00e9but de parcours que lors des phases ult\u00e9rieures. Ils montrent \u00e9galement une interaction significative entre la valorisation du domaine familial et les diff\u00e9rents temps de la mobilit\u00e9 dans la d\u00e9termination du niveau d\u2019estime de soi professionnelle : le niveau d\u2019estime de soi professionnelle augmente en cours de mobilit\u00e9<strong> uniquement<\/strong> pour les sujets qui valorisent fortement le domaine familial. Les auteurs proposent enfin une r\u00e9flexion qui porte notamment sur l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une approche syst\u00e9mique des activit\u00e9s dans l\u2019\u00e9tude des conduites humaines. Cette approche permet de saisir les relations d\u2019interd\u00e9pendance entre les vis\u00e9es de valorisation de soi dans le travail et celles attach\u00e9es \u00e0 d\u2019autres domaines de vie. Comme le soulignent Jean-Luc M\u00e8gemont et Alexis le Blanc, le sentiment d\u2019accomplissement de soi au travail-dont l\u2019estime de soi peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un indicateur majeur- appara\u00eet fortement li\u00e9 \u00e0 la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 r\u00e9organiser son \u00ab mod\u00e8le de vie \u00bb sur la base de transactions plus ou moins explicites, r\u00e9elles ou symboliques, avec des personnes de son entourage significatif.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si le march\u00e9 du travail a subi de profondes transformations depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, les liens entre le monde de l\u2019\u00e9ducation et le monde du travail se sont aussi profond\u00e9ment complexifi\u00e9s au cours de la m\u00eame p\u00e9riode. Ces liens apparaissent d\u2019ailleurs \u00e0 certains \u00e9gards paradoxaux. D\u2019une part, la relation entre l\u2019emploi et les comp\u00e9tences acquises lors de la formation initiale devient de plus en plus t\u00e9nue (ex. disqualification du dipl\u00f4me, obsolescence de certaines formations). D\u2019autre part, ce lien n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi fort et interd\u00e9pendant, la vie au travail est en effet de plus en plus ponctu\u00e9e de retours \u00e0 dur\u00e9e variable dans le monde de la formation, ce qui place de nombreux travailleurs et travailleuses dans une situation continuelle d\u2019apprentissage. L\u2019autoformation assist\u00e9e est certainement un moyen privil\u00e9gi\u00e9 par les travailleurs et travailleuses pour maintenir leurs comp\u00e9tences \u00e0 jour ou pour en d\u00e9velopper de nouvelles. Mais quels sont les facteurs les plus susceptibles de favoriser ou de nuire \u00e0 la pers\u00e9v\u00e9rance dans ce type de formation ? Jusqu\u2019\u00e0 quel point la conciliation travail-famille-formation peut-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un des facteurs cl\u00e9 de la pers\u00e9v\u00e9rance ou de l\u2019abandon? Telles sont les questions abord\u00e9es par Francine D\u2019Ortun dans l\u2019article propos\u00e9 ici. L\u2019\u00e9tude a pour objectif de saisir les facteurs les plus susceptibles d\u2019influencer la pers\u00e9v\u00e9rance ou l\u2019abandon de sujets inscrits \u00e0 un programme de formation. L\u2019\u00e9chantillon est compos\u00e9 de 16 femmes inscrites \u00e0 une autoformation assist\u00e9e, dont la moiti\u00e9 a obtenu son dipl\u00f4me et l\u2019autre a abandonn\u00e9 en cours de formation. Les sujets ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s en entretiens semi-directifs d\u2019une dur\u00e9e d\u2019environ 60 minutes au cours duquel ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s trois ordres de facteurs -psychologiques, p\u00e9dagogiques et environnementaux-, susceptibles de jouer un r\u00f4le dans la pers\u00e9v\u00e9rance ou l\u2019abandon de la formation. Les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019ouvrage, issus d\u2019une des questions de l\u2019entretien, regroupent trois facteurs li\u00e9s \u00e0 la formation-travail-famille, susceptibles de jouer un r\u00f4le dans la d\u00e9cision de poursuivre ou d\u2019abandonner la formation. Le premier facteur, <em>responsabilit\u00e9s assum\u00e9es<\/em> outre la formation, fait r\u00e9f\u00e9rence aux lourdes charges familiales de l\u2019ensemble des femmes rencontr\u00e9es. Par exemple, la charge d\u2019enfants, le travail \u00e0 temps complet et l\u2019horaire atypique font en sorte que plusieurs d\u2019entre elles se disent essouffl\u00e9es malgr\u00e9 la flexibilit\u00e9 qu\u2019offre la formation \u00e0 distance. Le deuxi\u00e8me facteur, <em>ressources de l\u2019\u00e9tudiant<\/em>, renvoie notamment au peu de soutien re\u00e7u de la famille ou du conjoint dans le projet de formation ou encore \u00e0 des circonstances particuli\u00e8res de la vie, telles qu\u2019un cong\u00e9 de maternit\u00e9 ou une p\u00e9riode de ch\u00f4mage, qui peuvent faciliter la poursuite de la formation. Enfin, le troisi\u00e8me facteur identifi\u00e9 par Francine D\u2019Ortun,<em> tout autre facteur susceptible de favoriser ou non la formation<\/em>, concerne davantage certains aspects politiques ou organisationnels du contexte de la formation. Par exemple, quelques femmes disent devoir empi\u00e9ter sur leur \u00ab cong\u00e9 de maladie \u00bb pour \u00e9tudier. Par ailleurs, certaines conventions collectives contiennent certaines clauses qui favorisent la formation continue et pr\u00e9voient des hausses de salaire. L\u2019auteure termine son article en pr\u00e9sentant son propre mod\u00e8le de pers\u00e9v\u00e9rance dans une autoformation assist\u00e9e et en le discutant \u00e0 la lumi\u00e8re des r\u00e9sultats de sa recherche.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les transformations structurelles du march\u00e9 du travail font en sorte que la trajectoire professionnelle de nombreux individus se trouve aujourd\u2019hui jalonn\u00e9e de multiples transitions. Qu\u2019elles soient initi\u00e9es ou subies par l\u2019individu, pr\u00e9visibles ou soudaines, ces transitions donnent lieu \u00e0 une p\u00e9riode de d\u00e9s\u00e9quilibre plus ou moins importante, marqu\u00e9e par un rapport \u00e0 l\u2019avenir incertain et une identit\u00e9 fragilis\u00e9e. Elles n\u00e9cessitent une r\u00e9vision de l&rsquo;organisation de vie ainsi que du rapport \u00e0 soi et aux autres et peuvent \u00e9ventuellement entra\u00eener un \u00e9tat de crise ou de rupture, particuli\u00e8rement lorsque les individus sont amen\u00e9s \u00e0 reconsid\u00e9rer, et parfois m\u00eame \u00e0 renoncer \u00e0 des projets dans les sph\u00e8res de vie professionnelle, personnelle, familiale ou sociale. Dans ce contexte, Sandrine Croity-Belz, Jean-Philippe Gaudron, Patricia Baudin et Marie-H\u00e9l\u00e8ne Simonet observent que de nombreuses personnes, confront\u00e9es \u00e0 une situation de transition socioprofessionnelle, sollicitent fr\u00e9quemment non seulement l\u2019aide et le soutien des praticiens de l\u2019orientation mais \u00e9galement ceux de leurs proches. Le but de l\u2019\u00e9tude propos\u00e9e ici est pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019examiner le r\u00f4le des relations interpersonnelles d\u00e9ploy\u00e9es au sein et hors de la sph\u00e8re de travail dans le d\u00e9passement de la transition que constitue une situation de r\u00e9orientation professionnelle. S\u2019appuyant sur la perspective th\u00e9orique d\u2019une socialisation plurielle et active, les auteurs soutiennent l\u2019id\u00e9e selon laquelle la valeur que le sujet attribue aux personnes significatives de son entourage et celle qu\u2019il accorde aux activit\u00e9s et projets poursuivis avec ces personnes, sont des dimensions nodales \u00e0 prendre en compte dans l\u2019\u00e9tude des transitions. L\u2019\u00e9tude rapport\u00e9e ici a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e aupr\u00e8s de neuf sujets demandeurs d\u2019emploi et ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un Bilan de Comp\u00e9tences Approfondi (B.C.A.). L\u2019analyse du discours a permis d\u2019\u00e9clairer le r\u00f4le per\u00e7u du conseiller dans l\u2019accompagnement des personnes interview\u00e9es, celui de la famille dans l\u2019\u00e9laboration d\u2019une nouvelle trajectoire, des amis au cours du bilan, de m\u00eame qu\u2019elle a permis de mettre en \u00e9vidence les incidences du changement sur les relations aux autrui significatifs. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les chercheurs ont observ\u00e9 trois fonctions essentielles du conseiller dans l\u2019aide \u00e0 la r\u00e9orientation professionnelle. Le conseiller favorise la parole du consultant, il l\u2019aide \u00e0 donner sens \u00e0 sa situation et il facilite la conciliation et le d\u00e9passement des contradictions per\u00e7ues entre les activit\u00e9s et objectifs poursuivis dans les diff\u00e9rents domaines de vie. Quant \u00e0 la famille, son r\u00f4le est surtout d\u00e9crit en terme d\u2019encouragement, d\u2019aide et de soutien pour traverser la p\u00e9riode de <em>perturbation<\/em>. Enfin, les amis occupent \u00e9galement une place importante au cours du bilan de comp\u00e9tences en ce qu\u2019ils semblent constituer un v\u00e9ritable r\u00e9seau d\u2019entraide informel pour les sujets. Quant aux incidences du changement sur les relations professionnelles, elles se manifestent entre autres par le sentiment de perte d\u2019un soutien affectif et \u00e9motionnel qui s\u2019\u00e9tait construit et renforc\u00e9 au cours du temps pass\u00e9 dans l\u2019organisation de travail. Les incidences de la r\u00e9orientation professionnelle sur les relations avec l\u2019entourage familial sont \u00e9galement importantes et diversifi\u00e9es. Par exemple, la r\u00e9orientation professionnelle peut parfois constituer une entrave aux engagements et responsabilit\u00e9s extra-professionnelles comme elle peut alt\u00e9rer le soutien \u00e9motionnel apport\u00e9 par les proches. Les chercheurs discutent ensuite de leurs observations \u00e0 la lumi\u00e8re de la position th\u00e9orique sur laquelle s\u2019appuie leur \u00e9tude. Ils soutiennent notamment que c&rsquo;est dans la dynamique des \u00e9changes interpersonnels avec les diff\u00e9rentes personnes de leur entourage que le sujet peut trouver le soutien et l&rsquo;aide n\u00e9cessaires pour red\u00e9finir son avenir. De m\u00eame, ils soulignent toute l\u2019importance de l\u2019accompagnement individuel dans le contexte actuel de la formation tout au long de la vie et de l\u2019\u00e9volution rapide du monde du travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces diff\u00e9rentes contributions illustrent bien les deux fa\u00e7ons diff\u00e9rentes d\u2019envisager les rapports entre la vie de travail et les autres domaines de vie sugg\u00e9r\u00e9s par Curie et Hajjar (1987) : soit comme th\u00e8me d\u2019\u00e9tude adjacent \u00e0 un champ de recherche sp\u00e9cialis\u00e9 en psychologie du travail, de la famille, etc. ; soit comme un objet de recherche sp\u00e9cifique. Certains auteurs se sont en effet pos\u00e9s la question de savoir en quoi le travail modifiait les activit\u00e9s hors travail et\/ou inversement en quoi la vie hors travail modifiait la vie de travail. D\u2019autres se sont situ\u00e9s sur les rapports entre les diff\u00e9rentes sph\u00e8res de vie, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur les processus qui les rendent interd\u00e9pendantes. Leur juxtaposition dans ce m\u00eame num\u00e9ro souligne, tels Curie et Hajjar, combien ces deux types de recherche ont entre eux des rapports de compl\u00e9mentarit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au final, elles permettent de reposer la question de la signification que l\u2019individu donne \u00e0 son travail en reprenant \u00e0 notre compte trois aspects d\u00e9gag\u00e9s par Curie et Dupuy (1996). (1) Tout d\u2019abord, l\u2019individu occupe plusieurs places : salari\u00e9(e), responsable de famille, \u00e9poux(se), militant(e),\u2026 Chacun de ses milieux d\u2019appartenance (et de r\u00e9f\u00e9rence) est porteur de temporalit\u00e9s, de logiques, de normes, de contraintes, de projets et de finalit\u00e9s souvent en concurrence, parfois en contradiction. (2) Ensuite, cet individu m\u00e8ne \u00e0 chaque instant une \u00ab double vie \u00bb car quand il est ici et maintenant, il sait aussi qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 et qu\u2019il sera ailleurs (Curie et Dupuy, <em>Ibid<\/em>.). Ainsi, l\u2019activit\u00e9 de travail est dirig\u00e9e \u00e9galement par des pr\u00e9occupations du sujet dont l\u2019origine est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la vie de travail (Curie, 2000 ; Clot, 2002). (3) Enfin, pour d\u00e9passer ces contradictions, pour g\u00e9rer des conflits qui s\u2019installent en lui, mais \u00e9galement pour transf\u00e9rer dans un domaine de vie des conqu\u00eates de comp\u00e9tences et d\u2019autonomie qu\u2019il estime avoir faites dans d\u2019autres domaines de vie, conqu\u00eates auxquelles il entend ne pas renoncer (Curie et Dupuy, <em>Ibid<\/em>.), cet individu d\u00e9veloppe des strat\u00e9gies qui concilient plus ou moins bien ses engagements dans diff\u00e9rentes sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Genevi\u00e8ve Fournier<\/strong>, Centre de recherche et d\u2019intervention sur l\u2019\u00e9ducation et la vie au travail (CRIEVAT),<br \/>\nFacult\u00e9 des sciences de l\u2019\u00e9ducation, Universit\u00e9 Laval. Courriel : <a class=\"style2\" href=\"mailto:Genevieve.fournier@fse.ulaval.ca\">Genevieve.fournier@fse.ulaval.ca<\/a><\/p>\n<p><strong>Jean-Philippe Gaudron<\/strong>, Laboratoire Personnalisation et changements sociaux, Universit\u00e9 Toulouse-le-Mirail. Courriel : <a class=\"style2\" href=\"mailto:gaudron@univ-tlse2.fr\">gaudron@univ-tlse2.fr<\/a><\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"notes\"><\/a><span class=\"s-titre\">Notes<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"style3\"><sup>1<\/sup><\/span> Dans la documentation scientifique fran\u00e7aise, cette expression fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la p\u00e9riode qui s\u2019\u00e9chelonne\u00a0entre 1950 et 1980 environ.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"style3\"><sup>2<\/sup><\/span> Pour Sverkko et Vizek-Vidovic, les significations et les fonctions du travail se confondent et s\u2019\u00e9quivalent.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ALMUDEVER, B., CROITY-BELZ, S., et HAJJAR, V. (2000). D\u00e9calages entre attentes et r\u00e9alit\u00e9s professionnelles: les strat\u00e9gies d\u2019insertion d\u2019enseignants chercheurs r\u00e9cemment recrut\u00e9s. Dans B. Gangloff (Eds.), <em>Satisfactions et souffrance au travail<\/em> (pp. 159-171). Montr\u00e9al : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BERCOT, R. (1999). Devenir des individus et investissement au travail. Montr\u00e9al (Qu\u00e9bec) : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CASTEL, R. (1995).<em> Les m\u00e9tamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat<\/em>. Paris : Fayard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CLOT, Y. (2002).<em> La fonction psychologique du travail<\/em>. Paris : Presses Universitaires de France. 3<span class=\"style3\"><sup>\u00e8me<\/sup><\/span> \u00e9dition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">COURNOYER, M. (1997). Le travail: quelle crise? <em>Possibles,<\/em> 21<br \/>\n(2), 29-46.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CURIE, J. (2000). <em>Travail, personnalisation et changements sociaux<\/em>. Toulouse : Octar\u00e8s \u00c9ditions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CURIE, J. &amp; DUPUY, R. (1996). <em>L\u2019organisation du travail contre l\u2019unit\u00e9 du travailleur. In Y. Clot (Ed.), Les histoires de la psychologie du travail. Approche pluridisciplinaire<\/em> (pp. 141-156). Toulouse : \u00c9ditions Octar\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CURIE, J., &amp; HAJJAR, V. (1987). Vie de travail, vie hors travail : la vie en temps partag\u00e9e. In C. Levy-Leboyer et J.-C. Sp\u00e9randio (Eds.),<em> Trait\u00e9 de psychologie du travail<\/em> (pp. 37-55). Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DUBAR, C. (2000). <em>La crise des identit\u00e9s. L\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une mutation<\/em>. 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