{"id":6616,"date":"2006-02-02T21:35:10","date_gmt":"2006-02-02T20:35:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6616"},"modified":"2016-02-02T21:38:19","modified_gmt":"2016-02-02T20:38:19","slug":"levolution-de-la-representation-sociale-du-travail-dans-le-contexte-de-mutations-economiques-en-occident","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2006\/levolution-de-la-representation-sociale-du-travail-dans-le-contexte-de-mutations-economiques-en-occident\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9volution de la repr\u00e9sentation sociale du travail dans le contexte de mutations \u00e9conomiques en Occident"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><em><b>Lilian Negura,<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Evolution_representation_02_evolution.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6522 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><br \/>\n<\/b>CRIEVAT, Universit\u00e9 Laval<\/em><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"s-titre\">R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019article met en relief les grands bouleversements des fondements du syst\u00e8me d\u2019emploi en affirmant qu\u2019une crise du travail sans pr\u00e9c\u00e9dent vient de s\u2019instaurer dans les soci\u00e9t\u00e9s capitalistes. Tous ces changements profonds du monde du travail ont transform\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9 sociale institu\u00e9e en Occident depuis quelques d\u00e9cennies apr\u00e8s la deuxi\u00e8me Guerre Mondiale. La repr\u00e9sentation sociale du travail a connu dans la p\u00e9riode des Trente Glorieuses une transformation dans le sens d\u2019une plus grande impr\u00e9gnation des caract\u00e9ristiques li\u00e9es \u00e0 son \u00ab humanisation \u00bb, en tant que facteur d\u2019\u00e9panouissement individuel. La grande majorit\u00e9 des \u00e9tudes d\u2019apr\u00e8s cette p\u00e9riode indiquent le d\u00e9placement d\u2019une repr\u00e9sentation du travail manuel, fatiguant, contraignant et mat\u00e9riel vers une repr\u00e9sentation du travail intellectuel, l\u00e9ger, plaisant et g\u00e9n\u00e9rateur de liens sociaux. L\u2019auteur se demande si le fait que des discussions sur la fin du travail animent les derni\u00e8res d\u00e9cennies des vifs d\u00e9bats sur la place publique ne seraient que le reflet d\u2019une crise repr\u00e9sentationnelle cr\u00e9\u00e9e par ces mutations du travail.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"style1\"><a href=\"#contenu1\">1. Introduction<br \/>\n<\/a><\/span><a href=\"#contenu2\">2. La r\u00e9volution technologique et la mondialisation<br \/>\n<\/a><a href=\"#contenu3\">3. La r\u00e9volution de l\u2019emploi et du travail<br \/>\n<\/a><a href=\"#contenu4\">4. La fin du travail en Occident : une crise repr\u00e9sentationnelle ?<\/a><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu1\"><\/a>Introduction<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, aux \u00c9tats-Unis, Fr\u00e9d\u00e9ric W. Taylor (1856 &#8211; 1915) lan\u00e7a la conception d\u2019un nouveau syst\u00e8me d\u2019organisation du travail dit organisation scientifique du travail (OST) qui a r\u00e9volutionn\u00e9 le syst\u00e8me de production capitaliste. Les techniques de base de l\u2019OST pr\u00e9conisaient une s\u00e9paration radicale entre la conception et l\u2019ex\u00e9cution des t\u00e2ches et la parcellisation des activit\u00e9s, entra\u00eenant la sp\u00e9cialisation des ouvriers attach\u00e9s \u00e0 un poste de travail fixe et \u00e0 une op\u00e9ration \u00e9l\u00e9mentaire. Le but de ces techniques \u00e9tait d\u2019augmenter la productivit\u00e9 du travail. Plus tard, dans les ann\u00e9es 1920, Henry Ford a beaucoup am\u00e9lior\u00e9 le taylorisme en d\u00e9veloppant deux principes essentiels d\u2019organisation et de r\u00e9gulation de l\u2019\u00e9conomie : la production \u00e0 grande \u00e9chelle et la consommation de masse. Associ\u00e9 \u00e0 l\u2019intervention de l\u2019\u00c9tat de type keyn\u00e9sien, il a d\u00e9termin\u00e9 la croissance \u00e9conomique des pays capitalistes apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Cette p\u00e9riode est entr\u00e9e dans l\u2019histoire avec le nom des \u00ab Trente Glorieuses \u00bb (1945 &#8211; 1975).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il faut remarquer que l\u2019organisation tayloriste du travail reste efficiente seulement sous certaines conditions (Vendramin et Valenduc, 2000) : 1) la possibilit\u00e9 de parcellisation de la production dans des t\u00e2ches tr\u00e8s structur\u00e9es et simplifi\u00e9es ; 2) la demande pour des produits et des services identiques et en grande s\u00e9rie ; 3) la stabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie, qui garantit les investissements technologiques, les approvisionnements permanents et une demande constante ; 4) des ressources humaines pr\u00e9visibles dans leur comportement. Ces conditions caract\u00e9risaient la p\u00e9riode des \u00ab Trente Glorieuses \u00bb, p\u00e9riode marqu\u00e9e par une croissance \u00e9conomique sans pr\u00e9c\u00e9dent, mais aussi par une s\u00e9curit\u00e9 sociale et de l\u2019emploi, la baisse du ch\u00f4mage et la mont\u00e9e des salaires.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir des ann\u00e9es 1990, l\u2019\u00e9volution \u00e9conomique des pays occidentaux\u00a0ne correspond plus aux conditions de viabilit\u00e9 du taylorisme. Le capitalisme\u00a0devient l\u2019objet d\u2019une nouvelle crise d\u00e9termin\u00e9e par les r\u00e9alit\u00e9s r\u00e9centes\u00a0: la mondialisation et la concurrence internationale, les hautes technologies\u00a0et l\u2019informatisation, les nouvelles demandes individualis\u00e9es et les cataclysmes\u00a0politiques et g\u00e9opolitiques ont affect\u00e9 consid\u00e9rablement la stabilit\u00e9\u00a0de l\u2019\u00e9conomie capitaliste. Ces transformations ont d\u00e9termin\u00e9 un changement\u00a0brutal du monde du travail. \u00c0 partir de ces ann\u00e9es, les intellectuels\u00a0ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019alarmer au sujet de l\u2019\u00e9volution du r\u00f4le du travail dans\u00a0ces nouvelles circonstances \u00e9conomiques. Certains parlent des m\u00e9tamorphoses\u00a0du travail (Gorz, 1988), d\u2019autres de la disparition de la valeur travail\u00a0(M\u00e9da, 1995) et d\u2019autres encore annoncent tout simplement de la fin du\u00a0travail (Rifkin, 1996). Mais que s\u2019est-il en fait pass\u00e9 pour que l\u2019on\u00a0soit aussi inquiet du sort du travail ?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans un premier temps nous nous proposons une analyse des\u00a0conditions qui ont entra\u00een\u00e9 le changement du contexte \u00e9conomique global.\u00a0Nous pr\u00e9sentons ensuite l\u2019effet de ce contexte sur la nature de l\u2019emploi\u00a0et du travail dans les pays industrialis\u00e9s. Finalement, nous nous interrogeons,\u00a0en nous appuyant sur les r\u00e9sultats des enqu\u00eates effectu\u00e9es en Europe Occidentale,\u00a0sur les actuelles dynamiques de la repr\u00e9sentation sociale du travail.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><b><a id=\"contenu2\" name=\"contenu2\"><\/a>2. La r\u00e9volution technologique et la mondialisation<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Beaucoup d\u2019\u00e9conomistes sont convaincus qu\u2019une nouvelle forme d\u2019\u00e9conomie \u00e0 la base capitaliste est en train d\u2019\u00e9merger. Nous nous attarderons sur les principales caract\u00e9ristiques de cette \u00e9conomie. Deux concepts cl\u00e9s peuvent expliquer les changements en cours : la mont\u00e9e des hautes technologies et la mondialisation.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Les nouvelles technologies<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La mutation technologique en train de se r\u00e9aliser en Occident est d\u2019abord marqu\u00e9e par l\u2019avancement des NTIC (nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication). L\u2019extraordinaire \u00e9ruption des technologies biog\u00e9n\u00e9tiques est un exemple parmi d\u2019autres (Rifkin, 1998).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Toutes les \u00e9tapes de l\u2019\u00e9poque moderne ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9es par des \u00e9volutions technologiques. Par ailleurs, contrairement aux technologies pr\u00e9c\u00e9dentes, les nouvelles technologies ne se substituent pas aux anciennes (Duval et Jacot, 2000). Effectivement, pour les NTIC \u00ab ce ne sont pas tant les technologies qui sont nouvelles que le syst\u00e8me technique dont elles permettent l\u2019\u00e9mergence et qui se diff\u00e9rencie fortement des \u00e9tapes pr\u00e9c\u00e9dentes d\u2019informatisation des entreprises \u00bb (p. 20). La nouveaut\u00e9 de ces technologies est la possibilit\u00e9 qu\u2019elles accordent \u00e0 l\u2019interactivit\u00e9 \u00e0 distance, en temps r\u00e9el ou en temps diff\u00e9r\u00e9. Pour l\u2019entreprise, ce n\u2019est pas la complexit\u00e9 de la machine qui est nouvelle, ou bien la technique sophistiqu\u00e9e et avanc\u00e9e, mais le d\u00e9veloppement du r\u00e9seau et la communication qu\u2019il permet. Les nouvelles technologies n\u2019engendrent des perturbations dans le monde \u00e9conomique que dans la mesure o\u00f9 elles ont des effets sur l\u2019organisation du travail dans les entreprises. Le caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire de cette \u00e9tape d\u2019avancement technologique est garanti par la convergence de trois domaines initialement distincts : les t\u00e9l\u00e9communications, les m\u00e9dias et l\u2019informatique. Ceci a permis une transformation essentielle des techniques de gestion qui sont devenues plus contraignantes pour les employ\u00e9s. Ces techniques ont d\u00e9termin\u00e9 l\u2019intensification sans pr\u00e9c\u00e9dent du travail et, avec elles, la multiplication des formes de stress professionnel. En m\u00eame temps, les effets \u00ab classiques \u00bb provoqu\u00e9s par les technologies restent toujours en vigueur, comme par exemple le remplacement du travail non-qualifi\u00e9 des ouvriers et, en cons\u00e9quence, la mont\u00e9e du ch\u00f4mage (Aznar, 1996 ; Morin, 1994).<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>La mondialisation<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les technologies modernes facilitent aussi les processus de mondialisation (Rinehart, 2001). Les grandes entreprises multinationales utilisent l\u2019information analys\u00e9e sur l\u2019ordinateur pour communiquer, lier et contr\u00f4ler les r\u00e9seaux de leurs filiales et de leurs sous-traitants dans le monde entier. Les nouveaux contextes politiques sont aussi favorables \u00e0 la mondialisation de l\u2019\u00e9conomie. La chute du mur de Berlin, par exemple, a beaucoup \u00e9largi l\u2019espace de la mondialisation.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La mondialisation est d\u2019abord caract\u00e9ris\u00e9e par la libre circulation du travail et des capitaux. Ces deux caract\u00e9ristiques ont une influence dramatique sur l\u2019augmentation du ch\u00f4mage dans les pays industrialis\u00e9s<sup>1<\/sup>. La mondialisation du march\u00e9 du travail implique une concurrence directe entre la main-d\u2019\u0153uvre des pays b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un revenu \u00e9lev\u00e9 et celle des pays ayant un revenu moins important. Les entreprises ont tendance \u00e0 se d\u00e9localiser vers des pays dont les co\u00fbts de production sont moindres. La libre circulation des capitaux permet en m\u00eame temps aux entreprises, dans des conditions de surpopulation et de raret\u00e9 du capital, de placer ses actifs sur le march\u00e9 financier et de jouer sur le taux \u00e9lev\u00e9 de l\u2019int\u00e9r\u00eat pour obtenir du profit sans investir dans la production et, par cons\u00e9quent, sans cr\u00e9er des emplois. \u00ab La ma\u00eetrise de la finance et le rendement des placements financiers permettent souvent aux industriels et aux commer\u00e7ants de d\u00e9gager des marges bien sup\u00e9rieures \u00e0 celles qu\u2019ils retirent de la production et de la commercialisation de leurs produits \u00bb (Aznar, 1996, p. 36).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Un des effets notoires de ces tendances d\u00e9termin\u00e9es par la mondialisation est l\u2019augmentation du ch\u00f4mage des personnes moins qualifi\u00e9es dans les pays riches. Mais nous devons aussi mettre en lumi\u00e8re une autre facette de la m\u00e9daille. Le ch\u00f4mage de certaines cat\u00e9gories sociales dans les pays riches est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui est indiscutablement tr\u00e8s grave et n\u00e9cessite une intervention urgente. Globalement, les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es ne deviennent pas moins riches, bien au contraire. \u00ab Notre richesse ne diminue pas, elle peut m\u00eame augmenter, mais le ch\u00f4mage augmente. Il deviendra n\u00e9cessaire de trouver des solutions pour \u00e0 la fois redistribuer cette richesse (qui n\u2019est plus directement li\u00e9e au travail) et organiser une redistribution de l\u2019emploi actuel \u00bb (Aznar, 1996, p. 36).<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Les r\u00e9volutions dans l\u2019entreprise<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour les entreprises, les transformations technologiques et la mondialisation entra\u00eenent une concurrence acerbe pour les march\u00e9s, concurrence qui se traduit par une r\u00e9\u00e9valuation des principes de fonctionnement de ces entreprises. Un nouvel esprit du capitalisme vient de s\u2019installer (Boltanski et Chiapello, 1999) et a brutalement chang\u00e9 les anciennes r\u00e9alit\u00e9s des entreprises. Cet esprit est domin\u00e9 par une nouvelle religion : celle de la flexibilit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Total Quality Management (TQM)<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le travail dans les entreprises a \u00e9t\u00e9 repens\u00e9 \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 selon une m\u00e9thode emprunt\u00e9e \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience des entreprises japonaises. Dans les manufactures de Toyota le principe de Total Quality Management (TQM) fonctionnait d\u00e9j\u00e0 depuis quelques temps avec une certaine influence sur la productivit\u00e9. Ce principe a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 rapidement par les entreprises multinationales de services et de production. TQM est une m\u00e9thode de gestion ayant pour but d\u2019augmenter la qualit\u00e9 des produits et des services, mais elle a eu, en m\u00eame temps, des cons\u00e9quences sur la r\u00e9duction des co\u00fbts de production et sur l\u2019\u00e9limination des employ\u00e9s (Rinehart, 2001). Le travail est organis\u00e9 en \u00e9quipe et par projet, afin de r\u00e9duire le temps de travail et obliger les employ\u00e9s \u00e0 utiliser leurs connaissances collectivement pour \u00e9liminer les d\u00e9fauts et les probl\u00e8mes de qualit\u00e9 de la production. Le syst\u00e8me a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u de telle mani\u00e8re que les employ\u00e9s soient oblig\u00e9s, par le flux de production et par l\u2019esprit d\u2019\u00e9quipe, de contr\u00f4ler et d\u2019\u00e9liminer les d\u00e9faillances r\u00e9alis\u00e9es par les coll\u00e8gues. Cette gestion a augment\u00e9 la productivit\u00e9 au travail et, en m\u00eame temps, diminu\u00e9 le co\u00fbt de production. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en mettant en exergue les cinq z\u00e9ros : \u00ab z\u00e9ro stock \u00bb, \u00ab z\u00e9ro d\u00e9faut \u00bb, \u00ab z\u00e9ro d\u00e9lai \u00bb, \u00ab z\u00e9ro panne \u00bb et \u00ab z\u00e9ro papier \u00bb.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Reengineering<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour rapidement s\u2019adapter aux exigences de leurs clients et \u00eatre comp\u00e9titives, les entreprises cultivent une r\u00e9activit\u00e9 et une souplesse de plus en plus grande quant \u00e0 leur structure interne. Les anciens syst\u00e8mes de communication \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019entreprise ne satisfont plus les exigences croissantes de la flexibilit\u00e9 et de la rapidit\u00e9 impos\u00e9es par le march\u00e9 mondialis\u00e9. Dans cette situation, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la transmission de l\u2019information entre l\u2019entreprise et les clients devient vitale. Cette vitesse croissante doit \u00eatre assur\u00e9e \u00e0 un faible co\u00fbt et dans les meilleures conditions. Les nouvelles technologies permettent de rencontrer ces nouvelles n\u00e9cessit\u00e9s. Le concept de \u00ab communication dans l\u2019entreprise \u00bb a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement r\u00e9vis\u00e9 en fonction des possibilit\u00e9s du r\u00e9seau informatique et de l\u2019ordinateur. Ainsi, les structures hi\u00e9rarchiques ont-elles \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9es par des organisations transversales qui facilitent la circulation des informations.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Externalisation<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour faire face \u00e0 l\u2019accentuation de la concurrence et survivre dans ces nouvelles conditions, les entreprises ont eu tendance \u00e0 augmenter la productivit\u00e9 par l\u2019utilisation d\u2019autres strat\u00e9gies organisationnelles. La tendance g\u00e9n\u00e9rale a \u00e9t\u00e9 de maintenir le statut de salari\u00e9 \u00e0 temps plein, avec un contrat \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, \u00e0 un nombre limit\u00e9 de personnel, constituant l\u2019ossature stable de l\u2019entreprise. En m\u00eame temps, le nombre de salari\u00e9s \u00e0 temps partiel et avec un contrat \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 significativement. La couche sociale des salari\u00e9s sur laquelle \u00e9taient fond\u00e9s la stabilit\u00e9 et l\u2019\u00e9quilibre prosp\u00e8re des pays industrialis\u00e9s dans la p\u00e9riode des Trente Glorieuses a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment affect\u00e9e. Ceci a eu des cons\u00e9quences importantes sur la condition sociale des salari\u00e9s. Certains auteurs parlent de l\u2019externalisation de certains co\u00fbts sociaux de l\u2019entreprise dans la soci\u00e9t\u00e9 (Roman et Blum, 1999). Une nouvelle cat\u00e9gorie sociale s\u2019est impos\u00e9e : les membres du noyau stable de l\u2019entreprise, ainsi que la nouvelle \u00e9lite technocratique, les fameux manipulateurs des symboles (Rifkin, 1996) riches et tout-puissants, se d\u00e9tachant nettement du reste de la population.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La mondialisation et la r\u00e9volution technologique ont pouss\u00e9 les entreprises \u00e0 augmenter leur rentabilit\u00e9 et leur productivit\u00e9 en se \u00ab recentrant sur leur m\u00e9tier \u00bb (Beaujolin, 1999), c\u2019est-\u00e0-dire en r\u00e9duisant au minimum les fonctions de l\u2019entreprise pour garder seulement celles qui sont jug\u00e9es absolument indispensables. Une grande partie des activit\u00e9s a \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9e aux divers sous-traitants. On peut ici parler d\u2019un autre type d\u2019externalisation op\u00e9r\u00e9e par les entreprises dans leur qu\u00eate d\u2019efficience : l\u2019externalisation des fonctions. La logique \u00e9conomique est de transformer les co\u00fbts fixes des salari\u00e9s permanents en co\u00fbts variables. Les deux types d\u2019externalisation sont responsables des changements importants dans le monde du travail.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Just-in-time<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La production \u00e0 flux tendu ou en anglais <em>\u00ab just-in-time \u00bb<\/em> facilite une organisation du temps qui doit assurer une interd\u00e9pendance des phases successives de production et de commercialisation des produits et des services. La communication imm\u00e9diate entre le producteur et les consommateurs sur le march\u00e9 fait que toute activit\u00e9 de production doit \u00eatre r\u00e9ajust\u00e9e imm\u00e9diatement aux fluctuations du march\u00e9. Cette relation directe est maintenue par un encha\u00eenement d\u2019activit\u00e9s intenses r\u00e9alis\u00e9es par des \u00e9quipes multidisciplinaires reli\u00e9es en r\u00e9seaux. Le moindre retard d\u00e9termin\u00e9 par le dysfonctionnement au niveau d\u2019un maillon de la cha\u00eene entra\u00eene une perturbation majeure de la production ce qui provoque une perte consid\u00e9rable pour l\u2019entreprise. Le rythme intense entra\u00een\u00e9 par une communication instantan\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019entreprise, et entre l\u2019entreprise et le march\u00e9, produit une pression du temps impitoyable sur les employ\u00e9s de l\u2019entreprise, mais aussi sur les sous-traitants, les distributeurs et les fournisseurs. Les employ\u00e9s sont oblig\u00e9s d\u2019accro\u00eetre l\u2019intensit\u00e9 de leur travail \u00e0 cause du risque de perdre le renouvellement de leur contrat.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu3\" name=\"contenu3\"><\/a>3. La r\u00e9volution de l\u2019emploi et du travail<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Tous ces changements qui ont marqu\u00e9 la vie de l\u2019entreprise ont influenc\u00e9 in\u00e9vitablement le travail. On parlait souvent, dans diff\u00e9rentes \u00e9poques et p\u00e9riodes de l\u2019histoire \u00e9conomique de la modernit\u00e9, de crise du travail. Di Ruzza et Duharcourt (1995) ont montr\u00e9, \u00e0 travers quelques exemples, comment toutes les grandes crises structurales ont produit des r\u00e9flexions sur le r\u00f4le et l\u2019\u00e9volution du travail. Mais il s\u2019agit de la premi\u00e8re fois o\u00f9 sont pris au s\u00e9rieux les d\u00e9bats sur la fin du travail (Gorz, 1988 ; Rifkin, 1996 ; M\u00e9da, 1995 ; Schnapper, 1997). Quelles sont les sources de ces r\u00e9actions alarmistes au sujet du travail ou de la \u00ab valeur-travail \u00bb (M\u00e9da, 1995) ? Est-ce que le travail est menac\u00e9 au point qu\u2019il faille r\u00e9\u00e9valuer sa valeur ?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019ampleur des processus dans l\u2019\u00e9conomie et l\u2019entreprise que nous venons de d\u00e9crire dans les pages pr\u00e9c\u00e9dentes a produit in\u00e9vitablement la d\u00e9stabilisation du syst\u00e8me d\u2019emploi. Ce fait ne peut masquer l\u2019\u00e9volution du syst\u00e8me du travail salari\u00e9 lui-m\u00eame. En plus, un r\u00f4le important est jou\u00e9 par le facteur psychologique : l\u2019actuel bouleversement dans le monde du travail est per\u00e7u sur fond de stabilit\u00e9 de l\u2019emploi et de prosp\u00e9rit\u00e9 relative de la classe moyenne majoritaire pendant les Trente Glorieuses. Le contraste entre le sentiment de confort, qui pr\u00e9dominait dans les pays capitalistes d\u2019avant les ann\u00e9es 1990 o\u00f9 pr\u00e9valait l\u2019emploi \u00e0 temps plein \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e et l\u2019instabilit\u00e9 ressentie avec la tendance observ\u00e9e de diminution de ces types d\u2019emploi apr\u00e8s les ann\u00e9es 1990 pourraient ainsi amplifier la perception n\u00e9gative des changements. Essayons de faire un court bilan des effets des changements structuraux \u00e9conomiques sur le travail actuel.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>La mont\u00e9e du ch\u00f4mage<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9v\u00e9nement le plus important, et qui a profond\u00e9ment marqu\u00e9\u00a0la majorit\u00e9 des pays capitalistes, est la mont\u00e9e invariable du ch\u00f4mage\u00a0des individus sous-qualifi\u00e9s et la tendance de disparition de la classe\u00a0moyenne. \u00c0 la suite des r\u00e9organisations des entreprises, de la mise en\u00a0place des politiques de <em>reengineering<\/em> et de la d\u00e9localisation\u00a0des entreprises, de nombreux employ\u00e9s moins qualifi\u00e9s sont licenci\u00e9s.\u00a0On constate donc plusieurs facteurs responsables du licenciement massif\u00a0des travailleurs faiblement qualifi\u00e9s dans les pays de l\u2019Europe Occidentale.\u00a0Avec la mont\u00e9e des nouvelles technologies et la technicisation compl\u00e8te\u00a0de la production, les t\u00e2ches routini\u00e8res et manuelles sont effectu\u00e9es\u00a0pour leur grande majorit\u00e9 par les machines. Les employeurs pr\u00e9f\u00e8rent investir\u00a0dans les nouvelles technologies, moins ch\u00e8res \u00e0 long terme et apportant\u00a0une qualit\u00e9 plus comp\u00e9titive de leurs produits, que de maintenir en place\u00a0les salari\u00e9s de leurs entreprises. De plus, la suppression des fronti\u00e8res,\u00a0comme nous l\u2019avons remarqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, favorise la d\u00e9localisation des\u00a0entreprises dans les pays \u00e0 faible revenu et instaurent des statuts l\u00e9gaux\u00a0de travail moins contraignants pour les entreprises. Les entreprises des\u00a0pays occidentaux ferment leurs portes pour ouvrir des filiales et engager\u00a0des sous-traitants dans les pays du tiers-monde. La mondialisation d\u00e9termine\u00a0aussi des changements importants sur le march\u00e9 des capitaux, entra\u00eenant\u00a0des transformations dramatiques sur le march\u00e9 du travail. Comme le capital\u00a0devient d\u00e9ficitaire, que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat augmentent et que le march\u00e9\u00a0du travail s\u2019\u00e9largit sur la base des pays \u00e0 faible revenu, le travail\u00a0devient de plus en plus concurrenc\u00e9 par le capital (Aznar, 1996). Il devient\u00a0plus rentable dans ces conditions d\u2019effectuer des sp\u00e9culations sur le\u00a0march\u00e9 des capitaux que d\u2019investir dans la production.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Tous ces facteurs ont d\u00e9termin\u00e9 la mont\u00e9e sans pr\u00e9c\u00e9dent du ch\u00f4mage des travailleurs moins qualifi\u00e9s dans les pays industrialis\u00e9s. Mais le ch\u00f4mage n\u2019est pas le seul probl\u00e8me du travail conditionn\u00e9 par les nouvelles dynamiques \u00e9conomiques. M\u00eame lorsque l\u2019employ\u00e9 parvient \u00e0 conserver son emploi, la nature du travail et ses conditions d\u2019exercice changent profond\u00e9ment.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>La flexibilit\u00e9 du travail<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les entreprises de plus en plus flexibles sous l\u2019influence de la concurrence impitoyable demandent des employ\u00e9s flexibles. \u00ab Qu\u2019il s\u2019agisse de rep\u00e9rer la nouvelle dynamique des entreprises, de d\u00e9gager les qualifications requises pour accomplir les t\u00e2ches, ou encore de mettre en relief les profils de qualification recherch\u00e9s par les employeurs en vue du recrutement, un th\u00e8me revient sans cesse comme un v\u00e9ritable leitmotiv : la flexibilit\u00e9. \u00bb (Dub\u00e9 et Mercure, 1999, p. 47). Pour Barbier et Nadel (2000) la flexibilit\u00e9 de l\u2019emploi et du travail est \u00ab la capacit\u00e9 de l\u2019ensemble des variables de l\u2019emploi \u00e0 se plier aux \u00e9volutions quantitatives et qualitatives de l\u2019accumulation du capital \u00bb (p. 56). Deux grands types d\u2019innovation ont d\u00e9termin\u00e9 la valorisation de la flexibilit\u00e9 : les nouvelles fa\u00e7ons de penser la performance et les nouvelles modalit\u00e9s d\u2019organiser le travail et la production. Les employ\u00e9s sont oblig\u00e9s de combiner l\u2019autonomie et la performance dans le but d\u2019augmenter la qualit\u00e9 finale du produit. Le processus de production est devenu plus flexible sous l\u2019influence des nouveaux types de gestion, comme le <em>just-in-time<\/em>, les cinq z\u00e9ros ou la TQM, qui supposent une dynamisation de l\u2019organisation pour une adaptation rapide et ad\u00e9quate aux besoins du client. Les comp\u00e9tences des employ\u00e9s sont aussi devenues plus flexibles, l\u2019accent sur la formation continue remplace l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 la formation initiale. Enfin, les salaires deviennent plus flexibles, soit par l\u2019individualisation de la r\u00e9mun\u00e9ration, soit par le biais d\u2019une multitude de formes de contrat.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La flexibilit\u00e9 a donc boulevers\u00e9, au sens pur et dur du terme, le monde du travail. Certains auteurs trouvent que le travail est devenu plus int\u00e9ressant gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance obtenue par le salari\u00e9, mais plusieurs indicateurs sugg\u00e8rent plut\u00f4t l\u2019inverse. La pression du temps, la hausse de la qualit\u00e9, l\u2019intensification du travail, le risque du ch\u00f4mage, l\u2019individualisme cultiv\u00e9, la charge des comp\u00e9tences toujours \u00e0 renouveler, etc., sont autant de facteurs de la flexibilit\u00e9 qui influent de mani\u00e8re n\u00e9gative sur le bien-\u00eatre des employ\u00e9s : \u00ab la zone de vuln\u00e9rabilit\u00e9 se dilate, elle empi\u00e8te sur celle de l\u2019int\u00e9gration et elle alimente la d\u00e9saffiliation\u00bb (Castel, 1995).<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Le travail atypique<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Sous la pression de la flexibilit\u00e9, les entreprises ont beaucoup diversifi\u00e9 les formes de travail. Le travail atypique, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas encore dominant, prend de plus en plus d\u2019ampleur par rapport au nombre total d\u2019emplois. En s\u2019appuyant sur des enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par les institutions statistiques habilit\u00e9es ou par les agences sp\u00e9cialis\u00e9es, plusieurs auteurs indiquent des dizaines de formes d\u2019emploi atypique (Vendramin et Valenduc, 2000 ; Chanlat, 2001). Il devient ainsi possible de cr\u00e9er des typologies. Du point de vue de l\u2019employ\u00e9, les formes atypiques du travail peuvent \u00eatre class\u00e9es en fonction du temps de travail, du type du contrat, de la localisation et du rapport avec les entreprises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6624 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_1.gif\" alt=\"Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_1\" width=\"485\" height=\"377\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La multiplication de toutes ces formes de travail atypique a boulevers\u00e9 les statuts des employ\u00e9s (Aznar, 1996). On parle aujourd&rsquo;hui, en se rapportant aux employ\u00e9s, des personnes pr\u00eat\u00e9es, sous-trait\u00e9es, implant\u00e9es, sans \u00e9tiquette, externalis\u00e9es, d\u00e9tach\u00e9es, \u00e9cartel\u00e9es, partag\u00e9es, port\u00e9es, etc. (Chanlat, 2001). L&rsquo;effet principal de la multiplication des formes atypiques du travail se per\u00e7oit sur le plan de l&rsquo;identit\u00e9 (Francfort, Osty, Sainsalieu et Uhalde, 1995). Les salari\u00e9s poss\u00e8dent des statuts temporaires et flexibles, ce qui rend presque impossible la constitution d&rsquo;une v\u00e9ritable identit\u00e9 au travail.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>La pr\u00e9carit\u00e9 du travail<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On observe aussi une pr\u00e9carisation des conditions de travail reli\u00e9es \u00e0 ces statuts atypiques. Par rapport aux p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dentes, les risques au travail ont aussi chang\u00e9. Il y a quelques d\u00e9cennies, la sant\u00e9 au travail \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9e en grande mesure par des probl\u00e8mes de nature physique, comme les accidents, les conditions ergonomiques, la p\u00e9nibilit\u00e9 du travail physique, le bruit, etc. Le travail devient aujourd\u2019hui de plus en plus pr\u00e9caire \u00e0 cause des transformations organisationnelles et par la suite de pressions psychiques (D\u00e9jours, 1993). La flexibilit\u00e9, le risque, le stress, la pression du temps, l\u2019intensification du travail, le statut incertain, le contr\u00f4le continu, l\u2019exigence d\u2019adaptabilit\u00e9, etc., sont autant de facteurs qui am\u00e8nent \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions de travail. On parle de plus en plus souvent des cons\u00e9quences importantes d\u2019un travail sans qualit\u00e9s associ\u00e9 aux nouvelles conditions de travail sur le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral des individus (Sennet, 2000).<br \/>\nUne autre caract\u00e9ristique importante est que la pr\u00e9carit\u00e9 du travail touche principalement certains groupes sociaux : les jeunes et les femmes (Rose, 2000). M\u00eame si les tendances d\u00e9crites sont valables pour toutes cat\u00e9gories sociales, les jeunes et les femmes sont surtout affect\u00e9s par la fragmentation du statut de leur emploi et par le risque plus grand du ch\u00f4mage. En plus, la r\u00e9mun\u00e9ration individualis\u00e9e et les disparit\u00e9s parfois aberrantes entre le revenu des cadres par rapport aux autres employ\u00e9s marque profond\u00e9ment l\u2019accentuation des in\u00e9galit\u00e9s sociales. On parle de plus en plus souvent de la disparition de la classe moyenne et de l\u2019apparition de couches sociales contrast\u00e9es par rapport \u00e0 leur niveau de vie (Rifkin, 1996).<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Le changement du r\u00f4le des syndicats et des relations du partenariat social<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les derniers changements dans le monde de l\u2019entreprise risquent de transformer profond\u00e9ment le fonctionnement des organisations syndicales en diminuant leur r\u00f4le dans les n\u00e9gociations sociales, malgr\u00e9 la pr\u00e9carisation du travail des salari\u00e9s qui doit normalement contribuer \u00e0 l\u2019activation des syndicats. Au moins trois facteurs d\u00e9terminent ces mutations. D\u2019abord, l\u2019individualisation encourag\u00e9e par les nouvelles gestions diminue beaucoup l\u2019attractivit\u00e9 de l\u2019affiliation syndicale. Les individus sont plus int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 n\u00e9gocier directement avec leur employeur les conditions de travail. En m\u00eame temps, la multiplication des formes atypiques de l\u2019emploi disperse l\u2019unit\u00e9 traditionnelle des organisations syndicales et affaiblit beaucoup leur capacit\u00e9 offensive. Enfin, la d\u00e9localisation des entreprises, vers les pays avec une pauvre tradition syndicale et avec des conditions de travail pr\u00e9caires l\u00e9galis\u00e9es, laisse les syndicats dans les pays industrialis\u00e9s sans membre adh\u00e9rent. Dans la forme actuelle, le syndicat peut devenir peu \u00e0 peu une m\u00e9thode d\u00e9pass\u00e9e de repr\u00e9sentativit\u00e9 du salariat. En effet, il est fortement important que les syndicats changent eux aussi leurs m\u00e9thodes pour renforcer leur pouvoir. Selon certains auteurs (Schnapper, 1997 ; Rose, 2001), il ne faut pas diminuer le r\u00f4le des syndicats et de la soci\u00e9t\u00e9 civile dans ces processus contradictoires du monde du travail car leur mission importante est de corriger les tendances n\u00e9gatives de l\u2019\u00e9volution du capitalisme. Et le capitalisme lui-m\u00eame est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 s\u2019humaniser s\u2019il veut survivre.<\/p>\n<p class=\"intertitre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019affaiblissement de l\u2019\u00c9tat Providence<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On observe \u00e9galement une crise de l\u2019\u00c9tat Providence d\u00e9termin\u00e9e\u00a0par les derni\u00e8res \u00e9volutions politiques et \u00e9conomiques. Apr\u00e8s la chute\u00a0du communisme en Europe de l\u2019Est, l\u2019id\u00e9ologie lib\u00e9rale sous sa forme n\u00e9olib\u00e9rale\u00a0a obtenu une cr\u00e9dibilit\u00e9 morale sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire. Dans ces\u00a0conditions, la majorit\u00e9 des \u00c9tats ont adopt\u00e9 dans leur politique \u00e9conomique\u00a0des d\u00e9cisions d\u2019inspiration n\u00e9olib\u00e9rale qui supposent grosso modo une\u00a0intervention minimale de l\u2019\u00c9tat dans l\u2019\u00e9conomie (Singer, 1999). Ces politiques\u00a0ont \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9es par les macro-organismes internationaux comme la Banque\u00a0Mondiale (BM), le Fond Mon\u00e9taire International (FMI) et, plus r\u00e9cemment,\u00a0par l\u2019Organisation Internationale du Commerce (OIC). Leur politique est\u00a0fond\u00e9e sur la privatisation du secteur public, la diminution des d\u00e9penses\u00a0sociales de l\u2019\u00c9tat, la r\u00e9duction des subsides pour les secteurs vitaux\u00a0non-rentables comme l\u2019agriculture ou la culture et, enfin, l\u2019ouverture\u00a0des fronti\u00e8res pour les capitaux \u00e9trangers (Rinehart, 2001). Les sources\u00a0de la crise de l\u2019\u00c9tat Providence peuvent \u00eatre cherch\u00e9es dans les transformations\u00a0du march\u00e9 du travail. La mont\u00e9e du ch\u00f4mage, la pr\u00e9carisation de l\u2019emploi\u00a0et la multiplication des cat\u00e9gories sociales exigeant un r\u00e9gime de protection\u00a0sociale ont des effets importants sur le fonctionnement de l\u2019\u00c9tat Providence.\u00a0\u00ab L\u2019\u00c9tat Providence est indissociable de l\u2019expansion de la soci\u00e9t\u00e9 salariale\u00a0: les droits sociaux qu\u2019il institue et organise ont son effet assis sur\u00a0le travail \u00bb (Perret, 1995, p. 226). Comme le nombre de cotisants diminue\u00a0et le nombre de personnes \u00e0 charge augmente, L\u2019\u00c9tat Providence n\u2019est plus\u00a0capable d\u2019assurer sa fonction. L\u2019expansion du n\u00e9olib\u00e9ralisme et les transformations\u00a0au sein de la soci\u00e9t\u00e9 salariale conduisent l\u2019\u00c9tat Providence \u00e0 perdre\u00a0son fondement et sa viabilit\u00e9 comme r\u00e9gime politique. Toutes les discussions\u00a0sur l\u2019allocation universelle ou la solidarit\u00e9 collective ne font que renforcer\u00a0la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019opinion d\u2019une crise dans le domaine du travail.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu4\" name=\"contenu4\"><\/a><b>4. <\/b>La fin du travail en Occident : une crise repr\u00e9sentationnelle ? <\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Nous avons vu comment le syst\u00e8me d\u2019emploi dominant dans la p\u00e9riode des \u00ab Trente Glorieuses \u00bb, qui se caract\u00e9risait par la pr\u00e9pond\u00e9rance des emplois \u00e0 temps plein garantis pour la vie, par des contrats \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, etc., a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment boulevers\u00e9 par les nouvelles tendances de l\u2019\u00e9conomie. Pour le monde occidental, cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 mat\u00e9rielle, la stabilit\u00e9 de l\u2019emploi, l\u2019existence d\u2019un \u00c9tat Providence qui assurait un minimum de s\u00e9curit\u00e9 sociale, la croyance en la viabilit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me fond\u00e9 sur la classe moyenne qui repr\u00e9sentait la majorit\u00e9 des membres de la soci\u00e9t\u00e9, la vie rythmique et pr\u00e9visible o\u00f9 la carri\u00e8re \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement ascendante et les itin\u00e9raires socioprofessionnels lin\u00e9aires. L\u2019opinion dominante consistait \u00e0 dire qu\u2019on avait trouv\u00e9 la meilleure solution pour une soci\u00e9t\u00e9 juste. Il est vrai, selon cette opinion, qu\u2019on n\u2019a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 des crises et dysfonctionnements p\u00e9riodiques, absolument normaux dans un syst\u00e8me autor\u00e9gulateur, mais au fond stable et \u00e9quitable dans ses principes. Par ce confort mat\u00e9riel et psychologique, v\u00e9cu mais peu conscientis\u00e9, renforc\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980 par l\u2019effondrement du syst\u00e8me sovi\u00e9tique concurrent &#8211; jug\u00e9 post-mortem comme non-fonctionnel &#8211; la moindre crise du syst\u00e8me pouvait provoquer des images \u00ab apocalyptiques \u00bb dans l\u2019imaginaire social.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La mutation du syst\u00e8me d\u2019emploi, sous la pression de l\u2019avancement des nouvelles technologies informationnelles et la mondialisation de l\u2019\u00e9conomie, a imm\u00e9diatement provoqu\u00e9 des d\u00e9bats sur la viabilit\u00e9 des fondements de la soci\u00e9t\u00e9. Les d\u00e9bats sur le r\u00f4le du travail dans la soci\u00e9t\u00e9 en constituent un bel exemple. Puisqu\u2019on parle des soci\u00e9t\u00e9s occidentales comme de soci\u00e9t\u00e9s fond\u00e9es sur le travail (M\u00e9da, 1995), la valeur centrale de ces soci\u00e9t\u00e9s se trouve remise en question. Des d\u00e9bats sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de la valeur du travail se d\u00e9roulaient de temps en temps en Occident avant m\u00eame cette p\u00e9riode. On pense par exemple aux discussions sur le caract\u00e8re ali\u00e9nant du travail qui animaient certains milieux intellectuels au d\u00e9but de la soci\u00e9t\u00e9 salariale. D\u2019autres avan\u00e7aient une critique de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, sujet \u00e0 la mode dans certains milieux acad\u00e9miques dits post-modernes. Le mouvement de d\u00e9saffection \u00e0 l\u2019\u00e9gard du travail, apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements de Mai 1968, eut enfin un impact tr\u00e8s important sur la valeur du travail car il a profond\u00e9ment marqu\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Mais jamais les discussions sur le travail n\u2019ont pris une tournure aussi dramatique et n\u2019ont autant choqu\u00e9 l\u2019opinion publique. Mais comment les membres ordinaires de la soci\u00e9t\u00e9 vivent-ils les nouveaux bouleversements dans le monde du travail ? Pour eux, est-ce la fin de la valeur-travail ou le travail reste-t-il une valeur centrale ? Quel est l\u2019effet de ces transformations profondes de la soci\u00e9t\u00e9 sur les personnes ordinaires?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Comme l\u2019a fait remarquer Flament (1996), la majorit\u00e9 des positions soutenues dans cette dispute sur la fin de la valeur-travail sont peu argument\u00e9es empiriquement. Cependant, il existe plusieurs \u00e9tudes empiriques qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la question de l\u2019\u00e9volution de la repr\u00e9sentation sociale du travail, notamment en Europe.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une recherche de r\u00e9f\u00e9rence portant sur la repr\u00e9sentation du travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en Italie au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 par Salmaso et Pombeni (1986). L\u2019image-prototype du travail au sein de la population enqu\u00eat\u00e9e est, d\u2019apr\u00e8s cette \u00e9tude, le travail manuel salari\u00e9. L\u2019exemple de travail consid\u00e9r\u00e9 par les r\u00e9pondants comme le meilleur est celui en usine. Le travail du mineur ou celui du ma\u00e7on sont \u00e9galement repr\u00e9sentatifs. Par contre, le travail intellectuel ou artistique sont, selon les r\u00e9pondants, de mauvais exemples \u00e0 ce propos. En m\u00eame temps, les activit\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution sont jug\u00e9es plus typiques de la notion travail que les activit\u00e9s lib\u00e9rales ou de gestion. Cl\u00e9mence (1998) soutient ainsi que le travail pourrait \u00eatre jug\u00e9 en voie de disparition d\u2019apr\u00e8s cette repr\u00e9sentation, puisque les professions d\u2019ex\u00e9cution sont en diminution continue depuis les derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans les \u00e9tudes consacr\u00e9es \u00e0 la repr\u00e9sentation sociale du travail de cette \u00e9poque, la dimension de la r\u00e9mun\u00e9ration semble primer sur les autres aspects du ph\u00e9nom\u00e8ne. Une \u00e9tude suisse sur la repr\u00e9sentation du travail des apprentis (B\u00e9rud, Cl\u00e9mence, Meyer, 1985) montre que le travail appara\u00eet comme un moyen de gagner sa vie. Le fait d\u2019\u00eatre un facteur d\u2019\u00e9panouissement personnel reste encore tr\u00e8s peu significatif.<br \/>\nUne autre \u00e9tude importante montre que la repr\u00e9sentation du travail est organis\u00e9e autour de deux p\u00f4les : l\u2019argent et l\u2019\u00e9conomie familiale (salaire, gagner sa vie, argent) d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le plaisir et les aspects humains du travail (plaisir, connaissances, ambiance, partie de la vie) de l\u2019autre (Grize, Verg\u00e8s et Salem, 1987). Il faut remarquer qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque les \u00e9l\u00e9ments qui rel\u00e8vent de l\u2019\u00e9conomie familiale sont plus saillants que ceux r\u00e9unis par le th\u00e8me des aspects humains du travail. Le caract\u00e8re contraignant du travail figure parmi les \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s par les r\u00e9pondants, mais la signification de ces \u00e9l\u00e9ments est ambivalente dans le cadre de la repr\u00e9sentation sociale du travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6623 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_2.gif\" alt=\"Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_2\" width=\"541\" height=\"376\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le travail appara\u00eet, selon cette \u00e9tude, comme une \u00ab\u00a0ressource \u00e9conomique, contrainte mais bien humaine\u00a0\u00bb (Grize et coll., 1987, p. 126). Nous pouvons remarquer qu&rsquo;il est fort probable que la repr\u00e9sentation du travail d\u00e9crite par Grize et autres soit organis\u00e9e autour du salaire. Cependant, la nature contraignante du travail appara\u00eet \u00e9galement comme un \u00e9l\u00e9ment important, quoiqu&rsquo;il soit subordonn\u00e9, selon toute probabilit\u00e9, au salaire. Le plaisir du travail demeure encore assez p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Flament a effectu\u00e9 deux \u00e9tudes importantes fond\u00e9es sur des donn\u00e9es h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Dans sa premi\u00e8re \u00e9tude, effectu\u00e9e sur la repr\u00e9sentation du travail, Flament (1994) a analys\u00e9 les donn\u00e9es de plusieurs enqu\u00eates pour \u00ab\u00a0identifier les principales caract\u00e9ristiques repr\u00e9sentationnelles du travail\u00a0\u00bb. Deux types de questionnaires ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour obtenir les donn\u00e9es empiriques qui constituent l&rsquo;objet de l&rsquo;analyse\u00a0: \u00e0 r\u00e9ponse auto-distribu\u00e9e et \u00e0 r\u00e9ponses libres. Les sujets questionn\u00e9s \u00e9taient des \u00e9tudiants, des cadres, des repr\u00e9sentants de professions lib\u00e9rales ainsi que des travailleurs manuels et des apprentis. Deux items principaux caract\u00e9risent, selon l&rsquo;optique de ces enqu\u00eates, la repr\u00e9sentation du travail\u00a0: le plaisir et la r\u00e9mun\u00e9ration. Le tableau repr\u00e9sent\u00e9 ci-dessous expose les \u00e9l\u00e9ments associ\u00e9s \u00e0 chaque item dans diff\u00e9rents questionnaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6622 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_3.gif\" alt=\"Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_3\" width=\"542\" height=\"374\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude montrent que m\u00eame si la distinction quantitative des deux \u00e9l\u00e9ments est importante, la diff\u00e9rence qualitative doit \u00eatre aussi prise en compte et analys\u00e9e. La r\u00e9mun\u00e9ration joue ainsi un r\u00f4le central dans la repr\u00e9sentation du travail, car elle est jug\u00e9e absolument n\u00e9cessaire, voire exclusive, par les r\u00e9pondants. Par contre, le plaisir, qui est un \u00e9l\u00e9ment r\u00e9cent selon l\u2019auteur, est tr\u00e8s souhaitable pour le travail, mais non n\u00e9cessaire. L\u2019argent appara\u00eet plus important dans les r\u00e9ponses auto-distribu\u00e9es du questionnaire tandis que le plaisir appara\u00eet plus souvent dans les r\u00e9ponses libres. \u00ab Tout se passe comme si la libert\u00e9 de r\u00e9ponse permettait de r\u00eaver, alors que la concurrence pour la premi\u00e8re place, en r\u00e9ponses auto-distribu\u00e9es, obligerait \u00e0 faire un choix difficile, conduisant \u00e0 mettre en avant l\u2019item traditionnel, R\u00e9mun\u00e9ration \u2013 dont le statut particulier devra \u00eatre cern\u00e9 par une autre technique \u00bb (Flament, 1994, p. 66). L\u2019apparition de l\u2019\u00e9l\u00e9ment \u00ab plaisir \u00bb est jug\u00e9e comme un indice de transformation de la repr\u00e9sentation du travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une autre \u00e9tude de Flament (1996), qui part de la diff\u00e9renciation selon l\u2019\u00e2ge, conduit \u00e0 la m\u00eame conclusion de la transformation de la repr\u00e9sentation du travail. Cette \u00e9tude, qui met la repr\u00e9sentation du travail en contraste avec le ph\u00e9nom\u00e8ne du ch\u00f4mage, prend en consid\u00e9ration des donn\u00e9es obtenues par une analyse factorielle (ACP). L\u2019\u00e2ge et la qualification en constituent les variables les plus diff\u00e9renciatrices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6621 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_4.gif\" alt=\"Volume10_3-4_Evolution_representation_tableau_4\" width=\"465\" height=\"382\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La conclusion de l\u2019\u00e9tude est que le travail devient moins \u00ab valoris\u00e9 \u00bb car les \u00ab jeunes \u00bb sont d\u00e9sormais tent\u00e9s de lui accorder moins d\u2019importance que les \u00ab vieux \u00bb. Les \u00e9l\u00e9ments associ\u00e9s au travail par les jeunes indiquent son caract\u00e8re p\u00e9riph\u00e9rique dans leurs pr\u00e9occupations (financer ses loisirs, des contraintes). Selon Flemanet (1994), \u00ab ce que nous observons est la confirmation que le travail est une valeur en voie de disparition \u00bb (p. 124). Nous avons quelques doutes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la pertinence de cette conclusion. Nous consid\u00e9rons que cette diff\u00e9renciation entre les jeunes et les vieux est obtenue par l\u2019intervention d\u2019une autre variable qui n\u2019a malheureusement pas \u00e9t\u00e9 retenue : le fait d\u2019avoir ou non un travail. D\u2019autres \u00e9tudes (Br\u00e9chon, 2000) montrent qu\u2019\u00eatre ou non actif influence consid\u00e9rablement les opinions sur le travail. Pour les \u00e9tudiants, le travail est \u00e9videmment une activit\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique et le loisir a un r\u00f4le fondamental dans leur vie apr\u00e8s les \u00e9tudes. L\u2019observation de Cl\u00e9mence (1998) est remarquable dans ce sens : \u00ab on aurait tort de penser que le travail pourrait perdre son sens en mettant en exergue le fait qu\u2019il n\u2019occupe plus une place importante dans la vie des individus parce qu\u2019ils n\u2019ont plus d\u2019emploi ou parce qu\u2019ils ex\u00e9cutent une activit\u00e9 de plus en plus abstraite \u00bb (p. 99).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de Cl\u00e9mence (1998) montre un fort consensus en ce qui concerne l\u2019association du travail \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 socio-\u00e9conomique, en \u00e9voquant en m\u00eame temps son caract\u00e8re humain, son r\u00f4le dans l\u2019\u00e9panouissement personnel et la cr\u00e9ation de liens sociaux. Aussi, entre les travailleurs manuels et les intellectuels a-t-on toujours constat\u00e9 des diff\u00e9rences. Les intellectuels per\u00e7oivent le travail comme une fa\u00e7on de r\u00e9alisation de soi, tandis que les travailleurs manuels le ressentent comme une contrainte vitale. Mais toutes ces variations d\u00e9pendent \u00e9galement du contexte id\u00e9ologique dans lequel agit l\u2019individu. Si le contexte id\u00e9ologique valorise le travail comme un accomplissement de soi, les individus agissant dans ce milieu tendent eux aussi \u00e0 donner au travail une valorisation positive. Pour Cl\u00e9mence (1998), la fin du travail est la fin du mod\u00e8le artisanal, car \u00ab la fin du travail est associ\u00e9e \u00e0 une vision normative du travail repr\u00e9sent\u00e9 par la figure de l\u2019artisan \u00bb (p.99).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En guise de conclusion, nous pouvons constater que les grands bouleversements des fondements du syst\u00e8me d\u2019emploi ont entra\u00een\u00e9 une crise du travail sans pr\u00e9c\u00e9dent dans le monde capitaliste. La mont\u00e9e des hautes technologies d\u2019information et de communication (TIC) a d\u00e9termin\u00e9 le remplacement du travail non-qualifi\u00e9 par les machines, une r\u00e9organisation des entreprises selon de nouvelles formes de gestion et d\u2019\u00e9changes \u00e9conomiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. La mondialisation de l\u2019\u00e9conomie a augment\u00e9, en m\u00eame temps, la concurrence entre les entreprises, les a amen\u00e9es \u00e0 trouver de nouvelles strat\u00e9gies pour diminuer les d\u00e9penses et a chang\u00e9 l\u2019\u00e9quilibre sur le march\u00e9 des capitaux en stimulant la sp\u00e9culation en d\u00e9faveur de la production. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes ont eu des r\u00e9percussions importantes sur le fonctionnement du syst\u00e8me d\u2019emploi. On remarque deux tendances majeures : la mont\u00e9e du ch\u00f4mage et la pr\u00e9carisation de l\u2019emploi. D\u2019abord, la mont\u00e9e du ch\u00f4mage des personnes peu qualifi\u00e9es est d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019avancement de la haute technologie dans l\u2019industrie et le secteur des services et, ensuite, par la re-localisation des entreprises dans les pays avec un co\u00fbt r\u00e9duit de la main-d\u2019\u0153uvre. La pr\u00e9carisation des formes de l\u2019emploi constitue la deuxi\u00e8me tendance qui se manifeste par la multiplication des formes d\u2019emplois dits atypiques (contrat de courte dur\u00e9e, emploi \u00e0 temps partiel, t\u00e9l\u00e9travail, etc.), ainsi que par une s\u00e9rie de facteurs comme la flexibilit\u00e9 de la production, les nouvelles gestions des entreprises<em> (Just-in-time, Total Quality Management, etc.)<\/em> et l\u2019intensification du travail. Tous ces changements profonds du monde du travail ont transform\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9 sociale institu\u00e9e en Occident depuis quelques d\u00e9cennies apr\u00e8s la deuxi\u00e8me Guerre mondiale. La p\u00e9riode des Trente Glorieuses est associ\u00e9e \u00e0 la constitution de la classe moyenne prosp\u00e8re et majoritaire, la s\u00e9curit\u00e9 sociale, les emplois stables et \u00e0 temps plein et une gestion fordiste des entreprises, fond\u00e9e sur la production et la consommation de masse. Les transformations actuelles dans l\u2019\u00e9conomie et dans la soci\u00e9t\u00e9 ont un impact psychologique tr\u00e8s fort sur les individus, se manifestant par une crise repr\u00e9sentationnelle profonde. La repr\u00e9sentation du travail a connu dans la p\u00e9riode des Trente Glorieuses une transformation dans le sens d\u2019une plus grande impr\u00e9gnation des caract\u00e9ristiques li\u00e9es \u00e0 son \u00ab humanisation \u00bb, en tant que facteur d\u2019\u00e9panouissement individuel. La grande majorit\u00e9 des \u00e9tudes apr\u00e8s cette p\u00e9riode indiquent le d\u00e9placement d\u2019une repr\u00e9sentation du travail manuel, fatigant, contraignant et mat\u00e9riel vers une repr\u00e9sentation du travail intellectuel, l\u00e9ger, plaisant et g\u00e9n\u00e9rateur de liens sociaux. L\u2019importance accord\u00e9e sur la place publique aux discours apocalyptiques tenus par certains intellectuels sur la fin du travail peut traduire l\u2019effet d\u2019un hiatus qui est en train de se produire entre le changement du travail et sa repr\u00e9sentation sociale h\u00e9rit\u00e9e de l\u2019\u00e9poque des Trente Glorieuses. Il se peut qu\u2019un effort de reconstitution repr\u00e9sentationnelle de la r\u00e9alit\u00e9 du travail soit demand\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 afin de cr\u00e9er un imaginaire adapt\u00e9 aux nouvelles conditions. Quel contenu prendra-t-elle, dans ces conditions, la nouvelle repr\u00e9sentation sociale du travail ?<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Lilian Negura,<\/b>CRIEVAT, Universit\u00e9 Laval. Ancien\u00a0\u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00c9cole Doctorale en Sciences Sociales de l\u2019Europe Orientale\u00a0et docteur en sociologie de l\u2019Universit\u00e9 Laval, Lilian Negura est actuellement\u00a0chercheur postdoctoral au Centre de Recherche Interdisciplinaire de la\u00a0Vie au Travail (CRIEVAT). Boursier Marie Curie, \u00c9GIDE, AUF et CRSH, il\u00a0poursuit ses recherches dans deux directions : la sociologie du travail\u00a0et la sociologie de la sant\u00e9. Courriel : <a class=\"style2\" href=\"mailto:Lilian.Negura@fse.ulaval.ca\">Lilian.Negura@fse.ulaval.ca<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 Laval<br \/>\nFacult\u00e9 des sciences de l&rsquo;\u00e9ducation, Bureau 650\u00a0Qu\u00e9bec QC G1K 7P4<br \/>\nT\u00e9l.: (418) 656-2131 poste 12634<br \/>\nFax: (418) 656-2885<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">Notes<\/h3>\n<ol class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\n<li>Il faut cependant remarquer que dans certaines \u00e9conomies avanc\u00e9es, notamment en Am\u00e9rique du Nord, on observe ces derni\u00e8res ann\u00e9es une tendance donnant lieu \u00e0 une p\u00e9nurie de main-d\u2019oeuvre. Ce fait est souvent expliqu\u00e9 par l\u2019effet d\u2019un facteur g\u00e9n\u00e9rationnel : le retrait du march\u00e9 de travail de la g\u00e9n\u00e9ration des <em>baby-boomers<\/em><\/li>\n<li>Plus les \u00e9l\u00e9ments sont fr\u00e9quents et leurs rangs moyens forts, plus la centralit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments est \u00e9lev\u00e9e. Selon cette hypoth\u00e8se, les \u00e9l\u00e9ments centraux sont situ\u00e9s dans la premi\u00e8re colonne \u00e0 gauche (les \u00e9l\u00e9ments les plus fr\u00e9quents et avec un rang moyen forts)<\/li>\n<li>Il s\u2019agit ici du rang d\u2019apparition des mots dans une preuve d\u2019association<\/li>\n<li>Nous avons extrait seulement les \u00e9l\u00e9ments de la repr\u00e9sentation du travail qui nous int\u00e9ressent ici<\/li>\n<li>Les chiffres entre parenth\u00e8ses indiquent la saturation des variables<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"abstract\" name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\"><i>This article outlines the sweeping changes of the fundamentals of employment systems by positing that capitalist societies have been recently affected by an employment crisis without precedent. All these profound changes in the sphere of employment have transformed the social reality that existed in the Western world since World War II for several decades. During the Glorious Thirties, the social representation of work has undergone a transformation that implied a greater emphasis on its \u201chumanization\u201d and how it factors into personal fulfilment. Most studies of this period indicate a shift in the representation of the exhausting, restrictive and material manual labour versus the intellectual labour which is easy pleasant and engenders social links. The author wonders if the discussions on the ultimate ends of labour that have enlivened public debates in the last decades are nothing but representative of the mutations of labour.<\/i><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">AZNAR, G. (1996). <em>Emploi : la grande mutation<\/em>. Paris : Hachette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BARBIER, J.-C. et NADEL H. (2000). <em>La flexibilit\u00e9 du travail et de l\u2019emploi<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOLTANSKI, L. et CHIAPELLO \u00c9. (1999).<em> Le nouvel esprit du capitalisme<\/em>. Paris : Gallimard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BEAUJOLIN, R. (1999). <em>Les vertiges de l&#8217;emploi : l&rsquo;entreprise face aux r\u00e9ductions d&rsquo;effectifs<\/em>. Paris : B. Grasset Le Monde de l&rsquo;\u00e9ducation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">B\u00c9RUD, G., CL\u00c9MENCE, A. et MEYER, G. (1985). Les apprentis : image de soi et images du monde.<em> Revue Suisse de Sociologie<\/em>, 1, pp. 73-84.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CASTEL, R. (1995). <em>Les m\u00e9tamorphoses de la question sociale<\/em>, Paris : Fayard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CHANLAT, J.-F. (2001). Modes de gestion, temps de travail et organisation. Dans St-Jarre, C. et Dupuy-Walker, L. <em>Le temps en \u00e9ducation. Regards multiples<\/em>, Montr\u00e9al : Presse de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CL\u00c9MENCE, A. (1998). <em>Le travail dans la pens\u00e9e quotidienne<\/em>. Dans Hunyadi, M. et Manz, M., Le travail r\u00e9figur\u00e9, Paris : Georg Editor.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00c9JOURS, C. (1993) <em>Travail, usure mentale. De la psychopathologie \u00e0 la psychodynamique du travail<\/em>. Paris : Bayard \u00c9ditions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DI RUZZA, R. et DUHARCOURT, P. (1995). Peut-on parler d\u2019une crise du travail? Dans Bidet, J. et Texier, J. <em>La crise du travail<\/em>, Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DUB\u00c9, A. et MERCURE, D. (1999). Les nouveaux mod\u00e8les de qualification fond\u00e9s sur la flexibilit\u00e9. Entre la professionnalisation et la taylorisation du travail. <em>Relations industrielles<\/em>, 54, (1), pp. 26-50.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DUVAL, G. et JACOT, H. (2000). <em>Le travail dans la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information. Paradoxes et enjeux des Nouvelles Technologies d\u2019Information et de Communication<\/em>. Paris : \u00c9ditions Liaison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FLAMENT, Cl. (1994). Le Plaisir et la R\u00e9mun\u00e9ration dans la repr\u00e9sentation sociale du Travail. <em>Les Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale<\/em>, 23, pp. 61-69.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FLAMENT, Cl. (1996). Les valeurs du travail, psychologie des repr\u00e9sentations sociales comme observatoire d\u2019un changement historique. Dans Abric, J.-C. (dir.) <em>Exclusion sociale, insertion et pr\u00e9vention<\/em>, pp. 113-124, Aix-en-Provence : \u00c9R\u00c8S<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FRANCFORT, I., OSTY, F., SAINSALIEU, R., Uhalde, M. (1995). <em>Les mondes\u00a0sociaux de l\u2019entreprise<\/em>. Paris: DDB.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GORZ, A. (1988). <em>M\u00e9tamorphoses du travail<\/em> : qu\u00eate du sens. Critique de la raison \u00e9conomique. Paris : Galil\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GRIZE, J.-B., VERG\u00c8S, P. et SILEM, A. (1987). S<em>alari\u00e9s face aux nouvelles technologies<\/em>. Paris : \u00c9d. du CNRS.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00c9DA, D. (1995). <em>Le travail, une valeur en voie de disparition<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MORIN, P. (1994).<em> La grande mutation du travail et de l\u2019emploi<\/em>. Paris : Les \u00c9ditions d\u2019Organisations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PERRET, B. (1995). <em>L\u2019avenir du travail. Les d\u00e9mocraties face au ch\u00f4mage<\/em>. Paris : \u00c9ditions du SEUIL.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">RIFKIN, J. (1998). <em>Le si\u00e8cle biotech : le commerce des g\u00e8nes dans le meilleur des mondes<\/em>. Paris, Montr\u00e9al : \u00c9ditions La D\u00e9couverte et Bor\u00e9al.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">RIFKIN, J. (1996).<em> La fin du travail<\/em>. Montr\u00e9al : \u00c9ditions du Bor\u00e9al.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">RINEHART, J. (2001). <em>The tyranny of WORK. Alienations and the labour process<\/em>. Toronto, Montr\u00e9al : Harcourt Canada.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROMAN, P.M. et BLUM, T.C. (1999). Externalization and internalization as frames for understanding workplace deviance, the management of alcohol and drug abuse, <em>Sociology of work<\/em>, 8, 139-164.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROSE, J. (2000). <em>Disparition ou transformation des formes de l\u2019emploi<\/em>. Sainte-Foy : Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SALMASO, P. et POMBENI, L. (1986). Le concept de travail. Dans Doise, W. et Palmonari, A., <em>L\u2019\u00e9tude des repr\u00e9sentations sociales<\/em>, pp. 196-205, Neuch\u00e2tel : Delachaux et Niestl\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SCHNAPPER, D. (1997). <em>Contre la fin du travail<\/em>. Paris : Les \u00e9ditions Textuel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SENNET, R. (2000). <em>Le travail sans qualit\u00e9s<\/em>. Paris : Albin Michel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SINGER, D. (1999). <em>Whose Milenium ? Theirs or Ours?<\/em> New York : Monthly Review Press.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">VENDRAMIN, P. et VALENDUC, G. (2000). <em>L\u2019avenir du travail dans la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information. Enjeux individuels et collectifs<\/em>. Paris : L\u2019Harmattan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lilian Negura, CRIEVAT, Universit\u00e9 Laval Auteur R\u00e9sum\u00e9\/Abstract L\u2019article met en relief les grands bouleversements des fondements du syst\u00e8me d\u2019emploi en affirmant qu\u2019une crise du travail sans pr\u00e9c\u00e9dent vient de s\u2019instaurer&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":101011,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[88],"tags":[],"class_list":["post-6616","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-volume-10-numero-3-2006"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6616","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/101011"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6616"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6616\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6626,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6616\/revisions\/6626"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6616"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6616"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6616"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}