{"id":6591,"date":"2006-02-02T16:35:35","date_gmt":"2006-02-02T15:35:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6591"},"modified":"2016-02-02T16:41:59","modified_gmt":"2016-02-02T15:41:59","slug":"travail-formation-vie-sociale-et-associative-repenser-lorganisation-des-temps-de-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2006\/travail-formation-vie-sociale-et-associative-repenser-lorganisation-des-temps-de-la-vie\/","title":{"rendered":"Travail, formation, vie sociale et associative : repenser l\u2019organisation des temps de la vie"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><em><b>Gilles PINTE, <a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/Volume10_3-4_Travail_Formation_06_temps_vie.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6522 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/b><br \/>\nEnseignant-chercheur en sciences de l\u2019\u00e9ducation UCO Vannes-Arradon (France)<\/em><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"s-titre\">R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9volution actuelle du travail interroge l\u2019organisation des autres temps de vie des individus. Malgr\u00e9 les discours exag\u00e9r\u00e9s sur la fin du travail, celui-ci reste encore le premier \u00e9l\u00e9ment de la construction de l\u2019identit\u00e9 sociale de l\u2019individu ; l\u2019activit\u00e9 professionnelle \u00e9tant d\u2019ailleurs souvent confondue avec l\u2019identit\u00e9 professionnelle. Depuis trente ans, le temps de travail ne cesse de baisser et laisse la place \u00e0 d\u2019autres activit\u00e9s que l\u2019on commence \u00e0 bien identifier. Ces derni\u00e8res sont \u00e9galement constitutives d\u2019identit\u00e9s pour les individus, mais elles n\u2019ont pas ou peu de reconnaissance sociale : le travail parental, le travail associatif, le travail de formation\u2026 Ces activit\u00e9s sont pourtant sources d\u2019enrichissement personnel \u00e0 travers l\u2019autoformation, mais sont aussi socialement et collectivement utiles.<br \/>\nQuelles propositions peut-on faire pour organiser et accompagner cette \u00e9volution dans un cadre collectif ?<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"style1\"><a href=\"#contenu1\">Introduction<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu2\">Le travail comme mod\u00e9lisateur de l\u2019organisation des autres temps de vie<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu3\">Des temps de vie peu valoris\u00e9s qui peuvent aussi \u00eatre des temps de travail<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu4\">Des temps sociaux producteurs de savoirs et de comp\u00e9tences<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu5\">Le contrat d\u2019activit\u00e9 : une nouvelle utopie ?<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu6\">Pour ne pas conclure\u2026<\/a><\/span><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu1\"><\/a>Introduction<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><em>\u201c Si on fait une civilisation du loisir sans sens, je crains qu\u2019on ne devienne de plus en plus agressifs. En revanche, on peut tr\u00e8s bien inventer une culture des 35 heures. Je fais le pari que ceux qui b\u00e9n\u00e9ficieront de cette nouvelle morale du bonheur, ce seront ceux qui auront une double vie, organis\u00e9e autour de deux projets : un projet social (il faut gagner sa vie) et un projet personnel (tenter une belle aventure). \u201d<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Boris Cyrulnik, in Viard (2002)<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les trajectoires professionnelles sont de moins en moins\u00a0lin\u00e9aires et stables. La validit\u00e9 du terme \u201c carri\u00e8re \u201d qui avait une\u00a0connotation de s\u00e9curit\u00e9 et de lin\u00e9arit\u00e9 peut \u00eatre questionn\u00e9e ; les carri\u00e8res\u00a0actuelles \u00e9tant davantage que par le pass\u00e9 sources d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et d\u2019ins\u00e9curit\u00e9\u00a0pour les individus. Le terme \u201c trajectoire \u201d ne devrait \u00eatre employ\u00e9 qu\u2019au\u00a0pluriel pour d\u00e9signer les \u00e9volutions professionnelles et sociales actuelles.\u00a0Cette nouvelle donne interroge les rapports entre temps de travail et\u00a0autres temps de la vie dans la construction de l\u2019identit\u00e9 des individus.\u00a0Le sociologue Jean Viard (2002, p. 43) estime que : \u201c encore sous Napol\u00e9on,\u00a0la vie d\u2019un homme en France \u00e9tait \u00e0 70\u00a0% consacr\u00e9e au travail &#8211; d\u2019o\u00f9\u00a0l\u2019enjeu d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un statut d\u2019inactif ; en 1900, ce chiffre \u00e9tait r\u00e9duit\u00a0\u00e0 50\u00a0%. Avant les 35 heures, nous \u00e9tions \u00e0 moins de 20\u00a0% de\u00a0la vie \u00e9veill\u00e9e \u201d. Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 comment le temps de travail avait\u00a0organis\u00e9 les autres temps de la vie, nous tenterons d\u2019expliciter deux\u00a0dispositifs qui pourraient permettre de prendre en compte les \u00e9volutions\u00a0de carri\u00e8re et contribuer \u00e0 la construction d\u2019un cadre collectif : la\u00a0validation des acquis de l\u2019exp\u00e9rience (VAE) et le contrat d\u2019activit\u00e9.\u00a0Le premier, la VAE, est un dispositif concret qui se met en place suite\u00a0\u00e0 la loi de Modernisation sociale vot\u00e9e en janvier 2002. Le contrat d\u2019activit\u00e9\u00a0est, quant \u00e0 lui, un concept d\u00e9velopp\u00e9 depuis 1995 qui fait d\u00e9bat en France\u00a0et dans quelques pays d\u2019Europe, mais qui n\u2019est pas instrument\u00e9. Ces deux\u00a0dispositifs, sans constituer une panac\u00e9e aux d\u00e9r\u00e8glements \u00e9conomiques\u00a0et sociaux que l\u2019on observe depuis les ann\u00e9es quatre-vingt, peuvent n\u00e9anmoins\u00a0\u00eatre analys\u00e9s comme une tentative de recr\u00e9er des rep\u00e8res collectifs et\u00a0des garanties minimales de stabilit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><a name=\"contenu2\"><\/a><b>Le travail comme mod\u00e9lisateur de l\u2019organisation des autres temps de vie<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le travail, tel que nous le connaissons dans sa forme salari\u00e9e, est une construction sociale relativement r\u00e9cente dont la g\u00e9n\u00e9ralisation remonte \u00e0 la r\u00e9volution industrielle. Marx et Weber ont d\u2019ailleurs d\u00e9fini le travail salari\u00e9 comme la forme d\u2019organisation \u00e9conomique par excellence du capitalisme. Aujourd\u2019hui en France, l\u2019activit\u00e9 salari\u00e9e reste encore la premi\u00e8re forme d\u2019activit\u00e9 et les salari\u00e9s n\u2019ont jamais repr\u00e9sent\u00e9 un tel pourcentage de la population active. C\u2019est d\u2019ailleurs certainement la baisse du temps de travail qui modifiera le capitalisme \u00e0 long terme. Boltanski et Chiapello (1999) estiment que le capitalisme poss\u00e8de un avantage par rapport \u00e0 d\u2019autres croyances \u00e9conomiques par le fait qu\u2019il se nourrit de la critique et se transforme gr\u00e2ce \u00e0 elle. En effet, le capitalisme, \u00e0 certaines p\u00e9riodes, a int\u00e9gr\u00e9 les revendications touchant \u00e0 la dur\u00e9e du travail, \u00e0 la promotion sociale et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Pour Guy Aznar (1996), le travail conna\u00eet une mutation sans pr\u00e9c\u00e9dent. Nous produisons plus avec moins de travail. En vingt ans, la richesse produite en France a doubl\u00e9 avec le m\u00eame volume de travail. Par contre, dans ce m\u00eame temps, en sortant du compromis fordiste des \u201c Trente Glorieuses \u201d, nous n\u2019avons pas encore imagin\u00e9 la fa\u00e7on dont ce surplus de richesse et cette baisse de la quantit\u00e9 de travail devaient \u00eatre partag\u00e9s et redistribu\u00e9s. Beaucoup d\u2019\u00e9conomistes, Alain Caill\u00e9 en t\u00eate, estiment que la p\u00e9riode est r\u00e9volue o\u00f9 un salari\u00e9 occupe toute sa vie un emploi \u00e0 plein temps. Il place les diff\u00e9rentes crises de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ou europ\u00e9enne (crise de l\u2019\u00e9cole, du syst\u00e8me m\u00e9dical et social\u2026) au centre d\u2019une crise plus profonde, celle de l\u2019institution salariale.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Des penseurs du XIX<span class=\"style3\"><sup>e<\/sup><\/span> si\u00e8cle et du XX<span class=\"style3\"><sup>e<\/sup><\/span> si\u00e8cle ont envisag\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le travail des machines allait remplacer celui de l\u2019homme. Celui-ci pourrait alors se consacrer \u00e0 des loisirs. Marx id\u00e9alisait une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les hommes seraient \u00e0 tour de r\u00f4le chasseurs, philosophes, ing\u00e9nieurs\u2026 Andr\u00e9 Gorz, dans la m\u00eame lign\u00e9e utopiste, propose une nouvelle fa\u00e7on de penser le plein emploi des temps de la vie&#8230;<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La baisse du temps de travail, en tant que processus historique<span class=\"style3\"><sup>1<\/sup><\/span>, a entra\u00een\u00e9 depuis son origine des modifications dans l\u2019organisation du temps des salari\u00e9s. Nous sommes pass\u00e9s d\u2019un stade o\u00f9 les salari\u00e9s perdaient leur vie \u00e0 la gagner<span class=\"style3\"><sup>2<\/sup><\/span> \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le travail n\u2019est qu\u2019un des temps de la vie de l\u2019individu. Joffre Dumazedier (1992) a \u00e9t\u00e9 un des premiers \u00e0 d\u00e9montrer que la dur\u00e9e de travail est devenue plus courte que le temps libre et ceci, hors temps physiologiques, c\u2019est-\u00e0-dire le temps n\u00e9cessaire au sommeil ou \u00e0 l\u2019alimentation. La dur\u00e9e de travail annuelle est pass\u00e9e de 1950 heures en 1945 \u00e0 1520 heures en 1995<span class=\"style3\"><sup>3<\/sup><\/span>.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il faut, par contre, prendre de la distance par rapport aux statistiques, car le temps de travail a de plus en plus tendance \u00e0 d\u00e9border les autres temps de la vie. La rationalit\u00e9 toujours accrue des m\u00e9thodes de travail et le d\u00e9veloppement des nouvelles technologies augmentent la pression sur beaucoup de salari\u00e9s ; qu\u2019ils soient cadres ou agents de production. Cet accroissement de la tension a forc\u00e9ment des r\u00e9percussions sur la vie priv\u00e9e des salari\u00e9s. Daniel Cohen (1999) parle m\u00eame de nouveau stakhanovisme.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Actuellement, la baisse du temps de travail n\u2019est pas seulement li\u00e9e \u00e0 la loi fran\u00e7aise sur les 35 heures. On peut m\u00eame affirmer que celle-ci est marginale par rapport aux autres ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9conomiques et sociaux qui ont marqu\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es. En effet, la baisse du temps de travail ne se mesure pas seulement en volume hebdomadaire. Le temps de travail a baiss\u00e9 \u00e9galement pour les individus depuis l\u2019allongement de la dur\u00e9e des \u00e9tudes ; l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la vie \u201c active \u201d se faisant de plus en plus tard. La crise \u00e9conomique a aussi r\u00e9duit la dur\u00e9e du temps de travail des salari\u00e9s : p\u00e9riodes plus ou moins longues de ch\u00f4mage, p\u00e9riode de reconversion, pr\u00e9retraites g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es<span class=\"style3\"><sup>4<\/sup><\/span> dans certains secteurs \u00e9conomiques, g\u00e9n\u00e9ralisation du temps partiel, contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e\u2026 Le temps de travail s\u2019est donc r\u00e9duit aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de la vie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9bat sur le temps de travail qui a eu lieu en Europe et particuli\u00e8rement en France avec l\u2019application des lois sur les 35 heures entre 1997 et 2002 s\u2019est situ\u00e9 sur le double plan de la red\u00e9finition du travail (sa r\u00e9organisation par rapport \u00e0 la r\u00e9duction) et de son articulation par rapport aux autres temps sociaux. Le travail n\u2019est qu\u2019un des temps sociaux, m\u00eame si celui-ci a pris une place pr\u00e9pond\u00e9rante au cours du dernier si\u00e8cle et que les autres temps sociaux ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s par rapport \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Un premier bilan objectif de l\u2019application de la loi est difficile \u00e0 faire pour plusieurs raisons. Le d\u00e9bat politique sur cette loi n\u2019est pas encore \u00e9teint et les passions sont encore vives. De plus, le recul manque encore pour observer de mani\u00e8re globale les cons\u00e9quences de la mise en place de la loi dans les organisations et dans la soci\u00e9t\u00e9, m\u00eame si les \u00e9volutions sociologiques sont plus importantes que les \u00e9volutions \u00e9conomiques (Pinte, 2002). En effet, la loi a permis de justifier des besoins et des aspirations jusqu\u2019alors peu explicit\u00e9s et revendiqu\u00e9s par les salari\u00e9s ou par les cadres. La crise \u00e9conomique et la peur du ch\u00f4mage avaient, en partie, \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine du refoulement de ces aspirations. La reprise \u00e9conomique va \u00e0 nouveau lib\u00e9rer ces derni\u00e8res. Le temps de travail professionnel n\u2019est plus la seule source de r\u00e9alisation personnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En un si\u00e8cle, la dur\u00e9e hebdomadaire du travail a baiss\u00e9 de 40\u00a0%. Le temps n\u00e9cessaire \u00e0 la production industrielle ne cesse de baisser. Les gains de productivit\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans les activit\u00e9s \u00e9conomiques lib\u00e8rent de nouveaux espaces : loisirs, vie familiale et sociale\u2026 mais aussi ch\u00f4mage. La r\u00e9flexion sur la nouvelle organisation du travail ne peut passer que par une r\u00e9flexion sur l\u2019organisation de la vie des individus. D\u2019une gestion collective du temps li\u00e9e \u00e0 l\u2019industrialisation, nous glissons progressivement vers une individualisation o\u00f9 le temps devient une marchandise que l\u2019on peut n\u00e9gocier. Les r\u00e9formes sur les retraites engag\u00e9es dans la plupart des pays industriels int\u00e8grent de mani\u00e8re plus ou moins sensible cette individualisation. Cette individualisation se double aussi d\u2019un morcellement des cadres collectifs du travail. Schein (1996) affirmait que la notion d\u2019ancre de carri\u00e8re \u00e9tait toujours valide. On peut s\u2019interroger sur le degr\u00e9 de solidit\u00e9 de ces ancres en constatant que les carri\u00e8res sont de plus en plus nomades. L\u2019image maritime des ancres \u201c flottantes \u201d serait plus pertinente pour d\u00e9signer l\u2019\u00e9volution actuelle des carri\u00e8res qui d\u00e9pendent davantage des mouvements de mar\u00e9e et des vents socio-\u00e9conomiques. Une \u00e9tude de l\u2019INSEE (Martin-Houssart, 2001) montre que les formes particuli\u00e8res d\u2019emploi, hors contrats \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e (CDI), ne cessent de se d\u00e9velopper en France et repr\u00e9sentent des formes juridiques atypiques (contrats de qualification, contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e (CDD), int\u00e9rim, contrats de retour \u00e0 l\u2019emploi \u2026). De 1990 \u00e0 2000, les emplois stables en CDI ont augment\u00e9 de 2\u00a0%, alors les CDD ont augment\u00e9 de 60\u00a0%, l\u2019int\u00e9rim de 130\u00a0% et les contrats aid\u00e9s par l\u2019Etat de 65\u00a0%. Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019un des enjeux sociaux majeurs sera de tenter de concilier les exigences de flexibilit\u00e9 formul\u00e9es par les entreprises avec une recherche l\u00e9gitime de s\u00e9curit\u00e9 professionnelle pour les individus.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><a name=\"contenu3\"><\/a><b>Des temps de vie peu valoris\u00e9s qui peuvent aussi \u00eatre des temps de travail<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La discussion sur la baisse du temps de travail a mis en \u00e9vidence le fait que le temps de travail n\u2019est qu\u2019un des temps de la vie. Le temps de travail professionnel commence \u00e0 laisser la place \u00e0 d\u2019autres temps qui sont aussi, pour certains, des temps de travail mais qui trouvent leurs diff\u00e9rences dans le fait qu\u2019ils ne sont pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et donc peu valoris\u00e9s dans nos soci\u00e9t\u00e9s : le travail parental, le travail associatif, le travail de formation\u2026 Yves Schwartz (1997), psychologue du travail, explique que le travail hante le non-travail et vice-versa. Ces temps de travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s encore peu reconnus sont \u00e0 la fronti\u00e8re des int\u00e9r\u00eats individuels de ceux qui les exercent et de l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif. Comment \u00e9valuer d\u2019un point de vue \u00e9conomique des activit\u00e9s \u00e9ducatives, parentales ou associatives ? Ne repr\u00e9sentant pas un \u00e9change marchand, ces activit\u00e9s ne sont pas valoris\u00e9es. Pourtant, ces activit\u00e9s sont importantes pour la soci\u00e9t\u00e9 : leur rentabilit\u00e9 peut \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e bien que ce soit une rentabilit\u00e9 de long terme ou de moyen terme.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les cong\u00e9s sabbatiques en France, encore peu g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s (parce que non financ\u00e9s et donc r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 une cat\u00e9gorie de salari\u00e9s privil\u00e9gi\u00e9s), sont un exemple de cette aspiration \u00e0 articuler les temps. Les b\u00e9n\u00e9ficiaires de ce cong\u00e9 travaillent parfois davantage que dans leur m\u00e9tier. Ils sont plus \u201c actifs \u201d que dans leur activit\u00e9 professionnelle. Le cadre du cong\u00e9 sabbatique repr\u00e9sente un bon laboratoire pour observer les rapports entre temps de travail professionnel et temps de travail non professionnel. La r\u00e9duction du temps de travail a le double m\u00e9rite, peut-\u00eatre involontairement, de donner une place \u00e0 ces autres temps de travail non professionnels et de faire prendre conscience que le temps de travail est li\u00e9 de mani\u00e8re end\u00e9mique aux autres temps de la vie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il para\u00eet important de commencer \u00e0 d\u00e9terminer les besoins sociaux mais surtout de leur donner une valeur marchande. \u00c0 partir de ce moment seulement, d\u2019autres activit\u00e9s jug\u00e9es non professionnelles actuellement pourront \u00eatre prises en compte dans le d\u00e9roulement de la vie active d\u2019un individu et ainsi permettre de r\u00e9soudre certains paradoxes. En effet, un actif aujourd\u2019hui peut avoir un emploi et ne pas travailler ; c\u2019est le cas d\u2019un salari\u00e9 au ch\u00f4mage partiel ou en formation, mais un autre actif peut aussi travailler sans avoir un emploi ; c\u2019est le cas de la m\u00e8re de famille. Ce nouveau secteur d\u2019activit\u00e9 qualifi\u00e9 de quaternaire par certains \u00e9conomistes, sociologues et philosophes semble \u00eatre bien identifi\u00e9. D\u00e9j\u00e0, certains salari\u00e9s, de mani\u00e8re volontaire ou involontaire, ont \u00e9volu\u00e9 dans un syst\u00e8me de va-et-vient entre le travail et les autres activit\u00e9s. Cette mutation est sociologique et repr\u00e9sente une tendance lourde : de plus en plus d\u2019hommes et de femmes aspirent \u00e0 se former ou se recycler, \u00e0 \u00e9lever leurs enfants, \u00e0 mieux se conna\u00eetre\u2026Il s\u2019agira \u00e0 l\u2019avenir d\u2019organiser ces temps et cette mobilit\u00e9 entre ceux qui travaillent \u00e0 un moment donn\u00e9 et ceux qui se forment ou qui \u00e9l\u00e8vent leurs enfants. Il faut cependant \u00eatre r\u00e9aliste : il faudra plusieurs d\u00e9cennies pour que l\u2019on prenne conscience de l\u2019importance \u00e9conomique et sociale de ces temps non professionnels. D\u2019ailleurs aujourd\u2019hui, le d\u00e9bat porte sur la valorisation \u00e9conomique de ces temps, c\u2019est-\u00e0-dire leur r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La notion de temps social reste \u00e0 d\u00e9finir de mani\u00e8re plus pr\u00e9cise. Pendant longtemps, cette notion \u00e9tait apparent\u00e9e au temps de loisir, lui-m\u00eame d\u00e9fini comme un non-temps de travail. La notion de temps libre recouvrait les activit\u00e9s de repos ou de loisir, les activit\u00e9s associatives, les activit\u00e9s m\u00e9nag\u00e8res. Les activit\u00e9s hors temps de travail ne sont donc pas forc\u00e9ment des activit\u00e9s de loisirs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les fronti\u00e8res elles-m\u00eames entre temps de travail et temps libre se sont amenuis\u00e9es avec la perte d\u2019influence du mod\u00e8le de production industriel. Les salari\u00e9s qualifi\u00e9s qui travaillent sur des projets, qui travaillent en autonomie ne peuvent pas \u00e9tablir des distinctions tr\u00e8s pr\u00e9cises entre leurs diff\u00e9rents temps de vie. Le mod\u00e8le de management des entreprises \u00e9voluant dans la sph\u00e8re de la \u201c nouvelle \u00e9conomie \u201d repr\u00e9sente une bonne illustration de ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 tous les m\u00e9tiers qui mobilisent les capacit\u00e9s intellectuelles des individus. Boltanski et Chiapello (1999) parle de soci\u00e9t\u00e9 du projet pour identifier la phase du capitalisme dans laquelle nous nous situons : les individus performants et valoris\u00e9s socialement sont ceux qui jonglent d\u2019une activit\u00e9 \u00e0 une autre, qui rebondissent apr\u00e8s la finalisation d\u2019un projet, qui savent cr\u00e9er et g\u00e9rer des r\u00e9seaux et mener \u00e0 bien leurs projets professionnels, personnels, familiaux et sociaux. Il est bien s\u00fbr \u00e9vident que cette \u00e9volution ne touche pas tous les individus de la m\u00eame fa\u00e7on ; le capital social, culturel, financier ayant un impact sur la capacit\u00e9 de l\u2019individu \u00e0 rebondir d\u2019un projet \u00e0 un autre.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><a name=\"contenu4\"><\/a><b>Des temps sociaux producteurs de savoirs et de comp\u00e9tences<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les temps sociaux sont producteurs de connaissances, de savoirs, de comp\u00e9tences transversales. La question r\u00e9currente est celle de leur validation et de leur reconnaissance sociale. Pour le moment, c\u2019est surtout l\u2019exp\u00e9rience du travail qui a \u00e9t\u00e9 valoris\u00e9e \u00e0 travers le d\u00e9veloppement de la formation professionnelle continue. L\u2019offre de formation initiale et continue est de plus en plus importante<span class=\"style3\"><sup>5<\/sup><\/span>. Malgr\u00e9 cette inflation de l\u2019offre, de plus en plus de possibilit\u00e9s et de pratiques d\u2019autoformation individuelle et collective \u00e9mergent en dehors des institutions professionnelles. L\u2019autoformation touche d\u00e9sormais des cat\u00e9gories sociales diverses : les cadres, les instituteurs, les femmes au foyer, les chefs d\u2019entreprises\u2026 L\u2019autodidaxie n\u2019est plus non plus limit\u00e9e \u00e0 des ouvriers ou aux cat\u00e9gories qui ont le moins \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole<span class=\"style3\"><sup>6<\/sup><\/span>. L\u2019obligation scolaire et la baisse du nombre d\u2019ouvriers dans les soci\u00e9t\u00e9s industrielles depuis les ann\u00e9es soixante-dix auraient logiquement d\u00fb faire diminuer ces pratiques.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Longtemps r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e au milieu ouvrier, l\u2019autoformation traverse aujourd\u2019hui des milieux sociaux et culturels tr\u00e8s diff\u00e9rents et peut s\u2019\u00e9loigner du monde du travail. Ceci doit nous amener \u00e0 repenser notre dispositif de formation continue et m\u00eame notre syst\u00e8me de formation initiale. L\u2019objectif selon Dumazedier (2002, p. 15) est de former des \u201c <em>sujets sociaux apprenants<\/em> \u201d. Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les rep\u00e8res collectifs sont de plus en plus flous, les adultes conna\u00eetront des p\u00e9riodes d\u2019apprentissage individualis\u00e9es tir\u00e9es de contextes diff\u00e9rents ; professionnels \u00e9videmment, mais aussi associatifs, familiaux\u2026<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La vision historique de l\u2019\u00e9cole de transmission des savoirs est remise en cause aujourd\u2019hui. On lui assigne la mission de se recentrer ou de se red\u00e9velopper vers sa mission d\u2019 \u201c <em>apprendre \u00e0 apprendre<\/em> \u201d puisque l\u2019on ne cesse de nous r\u00e9p\u00e9ter que les savoirs et les comp\u00e9tences deviennent vite obsol\u00e8tes. Les m\u00e9thodes d\u2019apprentissage doivent favoriser l\u2019int\u00e9gration de m\u00e9tacomp\u00e9tences, comme, par exemple, prendre des notes ou parler en public\u2026 Plusieurs facteurs plaident en la faveur du d\u00e9veloppement de l\u2019autoformation. Pour Dumazedier (2002, p. 18), la formation des adultes va de plus en plus \u00eatre marqu\u00e9e par l\u2019autonomie et l\u2019autodidaxie que ce soit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des institutions \u00e9ducatives. Une enqu\u00eate de l\u2019INSEE et de la DARES<span class=\"style3\"><sup>7<\/sup><\/span> montre que 9 millions d\u2019adultes ont suivi une formation entre 1999 et 2000, soit 28\u00a0% de la population. Ce qui signifie que, pour les autres, aucune formation par les institutions n\u2019est assur\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dumazedier a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement un des premiers \u00e0 constater que la dur\u00e9e du temps libre \u00e9tait devenue plus longue que celle du travail. Si pour Norbert Elias (1973), le loisir reste \u00e0 civiliser, on peut pr\u00e9sumer qu\u2019une partie des individus consacrera une partie plus importante de ce temps \u00e0 l\u2019autoformation<span class=\"style3\"><sup>8<\/sup><\/span>.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On peut \u00e9galement constater un certain \u00e9chec de notre syst\u00e8me scolaire<span class=\"style3\"><sup>9<\/sup><\/span> : d\u00e9crochage, absent\u00e9isme, ins\u00e9curit\u00e9, illettrisme. Les adolescents se voient aujourd\u2019hui oblig\u00e9s d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole jusqu\u2019\u00e0 16 ans. Dans certains cas, ils ne le souhaitent pas et se montrent inadapt\u00e9s \u00e0 la p\u00e9dagogie classique. Le r\u00e9sultat est souvent un rejet en bloc de toute situation \u00e9ducative. Penser une alternance entre autoformation et formation institu\u00e9e peut \u00eatre une solution pour certains adolescents\u2026<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019autoformation ne signifie pas que les individus apprennent tout seul. Le dictionnaire d\u00e9finit l\u2019autodidacte comme quelqu\u2019un qui s\u2019est instruit lui-m\u00eame sans professeur. Cette d\u00e9finition ne cadre pas avec les \u00e9tudes faites aupr\u00e8s des autodidactes qui disent, pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019aides et de personnes ressources. Bien au contraire, Dumazedier (2002) reprend dans son dernier ouvrage les motivations d\u2019autoformation \u00e0 travers le t\u00e9moignage d\u2019autodidactes<sup>10<\/sup> depuis les ann\u00e9es cinquante jusqu\u2019\u00e0 2000. Tous ces t\u00e9moignages montrent que ces autodidactes ont toujours pr\u00e8s d\u2019eux des personnes-relais ou des personnes ressources. L\u2019autodidaxie n\u2019est ni solitaire, ni ind\u00e9pendante. L\u2019autodidaxie est \u00e0 la fois individuelle et collective. Reste \u00e0 organiser le collectif.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La validation des acquis de l\u2019exp\u00e9rience (VAE) est certainement un moyen de reconna\u00eetre et de valoriser l\u2019exp\u00e9rience du travail domestique, familial ou associatif qui ne fait pas directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la formation puisque l\u2019acquisition et le d\u00e9veloppement de comp\u00e9tence peut \u00eatre la r\u00e9sultante d\u2019un apprentissage exp\u00e9rientiel. Tout le monde reconna\u00eet que l\u2019exp\u00e9rience est productrice de savoir depuis des mill\u00e9naires. La question r\u00e9currente est celle de sa validation et de sa reconnaissance sociale. Le fait d\u2019int\u00e9grer \u00e0 la n\u00e9gociation actuelle sur la formation professionnelle continue la VAE peut \u00eatre analys\u00e9 comme une v\u00e9ritable r\u00e9volution culturelle. C\u2019est reconna\u00eetre d\u2019autres champs de d\u00e9veloppement personnel et social que l\u2019entreprise ou la soci\u00e9t\u00e9, si elles le souhaitent, peuvent mobiliser.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Reconna\u00eetre les acquis de l\u2019exp\u00e9rience repr\u00e9sente aussi un formidable moyen de motivation et de mise en confiance des adultes en formation continue quel que soit leur parcours ant\u00e9rieur ; les individus valorisant leur propre exp\u00e9rience comme productrice de savoir.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La VAE mise en avant dans la loi fran\u00e7aise de modernisation sociale, vot\u00e9e le 17 janvier 2002 fait na\u00eetre la possibilit\u00e9 pour toute personne qui a une activit\u00e9 professionnelle, salari\u00e9e, non-salari\u00e9e ou b\u00e9n\u00e9vole depuis 3 ans de se voir faire reconna\u00eetre son exp\u00e9rience. Ces personnes peuvent demander la validation de leurs acquis pour l\u2019obtention d\u2019une partie ou de la totalit\u00e9 d\u2019un dipl\u00f4me ou d\u2019un titre d\u00e9livr\u00e9 par un \u00e9tablissement d\u2019enseignement sup\u00e9rieur. La VAE pourrait devenir, si elle est bien con\u00e7ue et si on lui donne l\u2019ambition d\u2019articuler sph\u00e8re du travail et sph\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation, une fa\u00e7on pour les individus de concilier projets professionnels, projets sociaux et projets personnels et familiaux et donc de redonner un sens \u00e0 un concept tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude, et qui n\u2019a jamais trouv\u00e9 de traduction juridique : l\u2019\u00e9ducation permanente. La VAE repr\u00e9sente un outil int\u00e9ressant pour favoriser le passage et les allers-retours entre la formation et le travail en int\u00e9grant l\u2019ensemble des temps sociaux de l\u2019individu : le d\u00e9veloppement des proc\u00e9dures de validation des acquis signifie \u00e0 terme la reconnaissance de m\u00e9canismes d\u2019apprentissages propres \u00e0 diff\u00e9rentes activit\u00e9s professionnelles ou sociales, voire familiales, \u00e0 diff\u00e9rents lieux (l\u2019\u00e9cole, le travail, l\u2019environnement social et familial\u2026), \u00e0 diff\u00e9rents processus d\u2019apprentissage (l\u2019autoformation, l\u2019\u00e9coformation\u2026). La VAE peut permettre de reconna\u00eetre d\u2019autres champs de d\u00e9veloppement personnel et social utiles \u00e0 l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Cet esprit de la loi visant \u00e0 prendre en compte les diff\u00e9rents\u00a0moments de la vie d\u2019un individu peut aussi \u00eatre lu dans l\u2019\u00e9mergence du\u00a0concept de contrat d\u2019activit\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><a name=\"contenu5\"><\/a><b>Le contrat d\u2019activit\u00e9 : une nouvelle utopie ?<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La flexibilit\u00e9 exig\u00e9e par les entreprises ne doit pas \u00eatre une revendication unilat\u00e9rale. Si les avantages de la flexibilit\u00e9 ne sont pas \u00e0 d\u00e9montrer pour les entreprises, ils sont tout aussi importants pour les individus. Les avantages de la flexibilit\u00e9, d\u00e9finie comme la possibilit\u00e9 pour les actifs de coordonner leurs diff\u00e9rents temps de vie ne sont pas \u00e0 d\u00e9montrer. Il ne suffit pour s\u2019en convaincre que de prendre en compte les r\u00e9sultats des \u00e9tudes qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s des actifs, et notamment les femmes, qui ont la capacit\u00e9 de choisir une articulation entre temps de travail et autres temps sociaux, que ce soit dans le cadre d\u2019un cong\u00e9 parental ou d\u2019un travail \u00e0 temps partiel choisi. Un des enjeux des n\u00e9gociations futures entre partenaires sociaux sera peut-\u00eatre de concilier les exigences de la flexibilit\u00e9 pour les entreprises et les actifs, notamment pour ceux qui subissent les trajectoires les plus chaotiques. Pour ce faire, il faut \u00e9largir \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re le d\u00e9bat sur le travail, comme le sugg\u00e8re Alain Supiot, dans un rapport pour la Commission europ\u00e9enne (1999) en estimant que la n\u00e9gociation sur le temps de travail ne doit pas seulement \u00eatre l\u2019affaire des partenaires sociaux. La n\u00e9gociation sur le temps de travail n\u2019est pas qu\u2019un probl\u00e8me social, c\u2019est aussi un probl\u00e8me civique. Un nouvel \u00e9quilibre de la soci\u00e9t\u00e9 peut en d\u00e9couler. Peu de personnes mettent en doute qu\u2019une vie de famille \u00e9quilibr\u00e9e est aussi un facteur d\u2019\u00e9quilibre pour la soci\u00e9t\u00e9. Il n\u2019est pas impensable de revenir \u00e0 une situation qui a pr\u00e9valu durant les ann\u00e9es de croissance \u00e9conomique en France, c\u2019est-\u00e0-dire de relancer une n\u00e9gociation sociale qui remplirait deux objectifs :<\/p>\n<p>&#8211; assurer l\u2019attachement des salari\u00e9s \u00e0 l\u2019entreprise qui permettrait \u00e0 celle-ci un meilleur amortissement des efforts de formation et une meilleure gestion des comp\u00e9tences d\u00e9velopp\u00e9es et acquises ;<\/p>\n<p>&#8211; pour les salari\u00e9s, se voir assurer une s\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019entreprise qui aurait pour cons\u00e9quence de d\u00e9velopper une motivation meilleure dans la sph\u00e8re du travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Tout comme les entreprises, les salari\u00e9s veulent avoir la possibilit\u00e9 de \u201c choisir leurs temps \u201d et cela de mani\u00e8re flexible et r\u00e9versible. L\u2019enjeu est important puisqu\u2019il s\u2019agit de trouver un nouvel \u00e9quilibre entre le temps consacr\u00e9 \u00e0 la sph\u00e8re productive, \u00e0 la sph\u00e8re sociale et \u00e0 la sph\u00e8re individuelle. Afin qu\u2019une telle proposition ne soit pas catalogu\u00e9e d\u2019utopie, il est n\u00e9cessaire de mon\u00e9tariser ces deux derni\u00e8res sph\u00e8res, c\u2019est-\u00e0-dire de leur attribuer une valeur \u00e9conomique ou encore d\u2019\u00e9laborer de nouveaux indicateurs qui prennent en compte la qualit\u00e9 de vie des individus, des couples. On parle bien dans les m\u00e9dias du <em>moral des consommateurs<\/em>. Pourquoi ne pas \u00e9tablir un indice du <em>moral des couples bi-actifs<\/em> bas\u00e9 sur l\u2019acc\u00e8s aux services publics, le temps pass\u00e9 dans les transports ?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Comme nous l\u2019avons vu plus haut, le temps de travail a \u00e9t\u00e9 d\u00e9construit au cours de ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, on pourrait presque parler d\u2019anomie pour d\u00e9crire ce ph\u00e9nom\u00e8ne. L\u2019\u00e9volution actuelle du travail interroge l\u2019organisation du temps de vie de l\u2019individu. Le temps a accompagn\u00e9 les activit\u00e9s de production dans une soci\u00e9t\u00e9 industrielle et en a permis une repr\u00e9sentation collective. D\u2019une gestion collective de la vie active (temps d\u2019apprentissage, temps d\u2019activit\u00e9 professionnelle, temps de retraite), nous sommes pass\u00e9s \u00e0 une gestion individualis\u00e9e de nos temps. De la s\u00e9paration des temps et des activit\u00e9s nous sommes pass\u00e9s \u00e0 une interp\u00e9n\u00e9tration de ceux-ci. Les individus ont maintenant pour mission de g\u00e9rer leurs projets de vie. Certains individus se retrouvent dans cette nouvelle donne. D\u2019autres souffrent du manque de rep\u00e8res dans ce nouveau monde qui fait peser la responsabilit\u00e9 des \u00e9checs professionnels sur les seules \u00e9paules des individus. Ce transfert de responsabilit\u00e9 du collectif \u00e0 l\u2019individuel contribue au processus de brouillage des rep\u00e8res de la vie adulte (Boutinet, 1998). Jacques Freyssinet (1997) estime que du temps collectif organis\u00e9 et r\u00e9glement\u00e9 du travail, on est pass\u00e9 \u00e0 un temps de travail en miettes. Cette tendance amorc\u00e9e dans les ann\u00e9es quatre-vingt marque la rupture avec le compromis fordiste qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 par les partenaires sociaux depuis les ann\u00e9es cinquante.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Comment organiser alors une reconnaissance de ce travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 mais pourtant productif ? Comment, par le fait m\u00eame, redonner des rep\u00e8res \u00e0 l\u2019individu dans la construction de son parcours personnel et professionnel ?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une piste de construction de rep\u00e8res collectifs pourrait passer par l\u2019instauration d\u2019un contrat d\u2019activit\u00e9s. L&rsquo;activit\u00e9 englobe toutes les actions socialement utiles. Le travail est une activit\u00e9 normalement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. L&#8217;emploi est un travail organis\u00e9 dans la dur\u00e9e. L\u2019enjeu est celui de la cr\u00e9ation d\u2019une v\u00e9ritable politique pour l\u2019emploi en Europe. La Commission du Plan charg\u00e9e de dresser une \u00e9tude prospective sur le travail, pr\u00e9sid\u00e9e par Jean Boissonnat (1995), proposait, pour concilier ces diff\u00e9rents temps un contrat d\u2019activit\u00e9 qui couvre l\u2019ensemble des activit\u00e9s du salari\u00e9, professionnelles ou non\u2026 Le contrat d&rsquo;activit\u00e9 doit donc \u00eatre un contrat, couvrant pour 5 ou 10 ans des p\u00e9riodes de travail productif en entreprises, de travail en formation et de cong\u00e9s d&rsquo;utilit\u00e9 sociale (familiale par exemple). Pendant ces diff\u00e9rentes p\u00e9riodes, \u00ab\u00a0l&rsquo;actif\u00a0\u00bb conserverait ses garanties sociales. Le mode de r\u00e9mun\u00e9ration, par contre m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 car le risque est de fournir une allocation universelle pay\u00e9e par la collectivit\u00e9, visant \u00e0 compenser une exclusion de fait du march\u00e9 du travail. Jean Boissonnat propose que le contrat soit conclu entre un actif et un collectif comprenant un r\u00e9seau d&rsquo;entreprises constitu\u00e9 librement et d&rsquo;autres acteurs publics ou priv\u00e9s (chambres de commerce, collectivit\u00e9s locales, \u00e9coles, associations diverses). Ainsi une entreprise temporairement priv\u00e9e d&rsquo;un certain volume de commandes, pourrait pr\u00eater certains salari\u00e9s \u00e0 une autre entreprise, les faire travailler \u00e0 temps partiel, les placer en formation, les aider \u00e0 exercer pendant un temps une activit\u00e9 ind\u00e9pendante, ou encore d\u00e9gager \u00e0 leur intention du temps pour d&rsquo;autres activit\u00e9s sociales. On trouve cette conception du travail en Europe du Nord, notamment dans le domaine de la formation pour les petites entreprises avec le <em>job rotation<\/em>.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le contrat d\u2019activit\u00e9 mis en lumi\u00e8re dans le livre <em>Le travail dans vingt ans<\/em><span class=\"style3\"><sup>11<\/sup><\/span> est consid\u00e9r\u00e9 comme g\u00e9n\u00e9reux, mais utopique. Il a en tout cas l\u2019int\u00e9r\u00eat de prendre en compte les diff\u00e9rents temps de vie de l\u2019individu. \u00c9conomiquement, il est int\u00e9ressant car il permettrait de prendre en compte et de mani\u00e8re globale les temps de vie qui ne sont pas des temps de \u201c travail \u201d. Par exemple, le d\u00e9bat sur le salaire des \u00e9tudiants revient souvent lors des campagnes \u00e9lectorales de grande ampleur. Le contrat d\u2019activit\u00e9 pourrait \u00eatre une fa\u00e7on de garantir les droits et les devoirs des salari\u00e9s dans un nouveau contrat de travail qui soit aussi un contrat de soci\u00e9t\u00e9 : ce nouveau contrat permettrait d\u2019inclure les p\u00e9riodes de formation, d\u2019activit\u00e9s sociales ou familiales\u2026 Bernard Gazier (2003), \u00e9conomiste, \u00e9met \u00e9galement des pistes dans son dernier livre, <em>Tous sublimes : vers un nouveau plein emploi<\/em>. Il pr\u00e9voit que dans le futur proche, il se pourrait que l\u2019on ait \u00e0 gagner sa vie \u00e0 travers une succession de projets temporaires, de trajectoires productives complexes d\u00e9pendant de r\u00e9seaux et de carri\u00e8res discontinues. Il va s\u2019agir alors de baliser ces passages et de prot\u00e9ger ces trajectoires.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"intertitre\"><a name=\"contenu6\"><\/a><b>Pour ne pas conclure\u2026<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Alors que l\u2019on constate que les carri\u00e8res sont devenues al\u00e9atoires et nomades, des d\u00e9bats \u00e9mergent en Europe sur la possibilit\u00e9 d\u2019organiser les transitions professionnelles dans un cadre collectif. Le questionnement porte aussi sur la capacit\u00e9 de nos syst\u00e8mes productifs \u00e0 inventer une s\u00e9curit\u00e9 sociale professionnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La baisse quantitative du temps de travail et son r\u00f4le moindre\u00a0dans la construction identitaire des individus laissent entrevoir de nouvelles\u00a0perspectives qu\u2019il reste \u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 organiser si l\u2019on veut rendre\u00a0les parcours de vie plus idiosyncratiques. Le contrat d\u2019activit\u00e9 et la\u00a0VAE repr\u00e9sentent quelques-uns des moyens de traduire juridiquement ces\u00a0\u00e9volutions sociales marqu\u00e9es par une imbrication plus forte des temps\u00a0de vie ; une porosit\u00e9 et une perm\u00e9abilit\u00e9 plus importante des fronti\u00e8res\u00a0entre temps de travail et autres temps de vie. Ces questionnements ont\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat de relancer la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9ducation permanente. Le slogan\u00a0europ\u00e9en de formation tout au long de la vie et sa traduction nord am\u00e9ricaine\u00a0de <em>lifelong learning<\/em> ne r\u00e9pondent que partiellement \u00e0 la question\u00a0de la finalit\u00e9. S\u2019agit-il de permettre au \u201c citoyen \u201d de se former et\u00a0de se d\u00e9velopper ou alors d\u2019adapter le \u201c producteur \u201d aux \u00e9volutions \u00e9conomiques\u00a0et technologiques ? Selon la r\u00e9ponse, l\u2019\u00e9ducation et la formation tout\u00a0au long de la vie seront du ressort de l\u2019entreprise ou bien des syst\u00e8mes\u00a0\u00e9ducatifs. Dans tous les cas, la r\u00e9ponse ne pourra \u00eatre binaire et il\u00a0s\u2019agira de penser une articulation entre le champ social et le domaine\u00a0\u00e9conomique.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Gilles Pinte <\/b> est enseignant-chercheur en sciences de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Catholique de l&rsquo;Ouest (UCO) de Vannes-Arradon (France) ; il assure des missions de conseil dans le domaine des ressources humaines et de l\u2019organisation du travail. Ses th\u00e8mes de recherche portent sur la formation des adultes et l\u2019\u00e9ducation permanente.<br \/>\nCourriel : <a class=\"style2\" href=\"mailto:gilles.pinte@uco.fr\">gilles.pinte@uco.fr<\/a><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">Notes<\/h3>\n<ol class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\n<li>Sans remonter aux premi\u00e8res discussions sur la dur\u00e9e du travail qui, selon Jacques Le Goff (1977), trouvent leur origine aux XIIIe et XIVe si\u00e8cles dans le secteur de la draperie, la v\u00e9ritable question commence \u00e0 se poser avec la R\u00e9volution industrielle qui a pour cons\u00e9quence de provoquer l\u2019extension du salariat. Le temps de travail va prendre une place centrale et va structurer les autres temps sociaux.<\/li>\n<li>Les ouvriers de l\u2019industrie m\u00e9tallurgique utilisaient l\u2019expression \u201c aller au chagrin \u201d pour parler du travail.<\/li>\n<li>Statistique INSEE, La baisse de la dur\u00e9e du travail, mars 1996.<\/li>\n<li>Seulement 35\u00a0% des plus de 55 ans sont en activit\u00e9 professionnelle.<\/li>\n<li>\u201c La FPC financ\u00e9e par l\u2019entreprise touche plus des trois quarts des actions de formation des adultes \u201d (Dumazedier, 2002, p. 9).<\/li>\n<li>Nicole Tremblay montrait d\u00e9j\u00e0 en 1986 que des individus issus de la classe moyenne avaient des pratiques d\u2019autodidaxie.<\/li>\n<li>\u201c Formation continue 2000 \u201d. Paris : La Documentation Fran\u00e7aise.<\/li>\n<li>Dumazedier (1978) liait d\u00e9j\u00e0 les loisirs et l\u2019acquisition de la culture g\u00e9n\u00e9rale.<\/li>\n<li>100 000 jeunes sortent du syst\u00e8me scolaire fran\u00e7ais sans qualification.<\/li>\n<li>Notamment gr\u00e2ce aux travaux de Christian Leray ou Gaston Pineau.<\/li>\n<li>Sous la direction de Jean Boissonnat, Le travail dans 20 ans, Paris, \u00c9ditions Odile Jacob, 1995.<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"abstract\" name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\"><i>The present evolution of work is questioning the organization of other lifetimes of people. Despite exaggerated talks about the end of work, it remains the first element of the social construction of a person. The professional activity is often merged with professional identity. For thirty years, working time has been reducing and giving way to other activities which we could identify, but which have not or a little social recognition : parental activities, associative work, learning activities\u2026 This activities are nevertheless producing personal enrichment throughout self learning but are also socially useful.<br \/>\nWhat proposals could we make in order to organize this individual and social evolutions?<br \/>\n<\/i><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">AZNAR, G. (1996). <em>Emploi, la grande mutation<\/em>. Paris : Hachette.<\/p>\n<p>BOISSONNAT, J. (1995).<em> Le travail dans vingt ans<\/em>. Paris : \u00c9ditions Odile Jacob.<\/p>\n<p>BOLTANSKI, L. et CHIAPELLO, E. (1999). <em>Le nouvel esprit du capitalisme<\/em>. Paris : Gallimard.<\/p>\n<p>BOUTINET, J-P. (1998). <em>L\u2019immaturit\u00e9 de la vie adulte<\/em>. Paris : PUF.<\/p>\n<p>COHEN, D. (1999). <em>Nos temps modernes<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p>DUMAZEDIER, J. (1978). La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9ducative et ses incertitudes. <em>\u00c9ducation permanente, n\u00b044<\/em>, octobre, pp. 3-13.<\/p>\n<p>DUMAZEDIER, J. (1992) Le temps libre, cet inconnu. <em>Futuribles<\/em>, 165-166.<\/p>\n<p>DUMAZEDIER, J. (2002). <em>Penser l\u2019autoformation : soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui et pratiques d\u2019autoformation<\/em>. Lyon : Chronique sociale.<\/p>\n<p>DUMAZEDIER, J. et LESELBAUM, N. (1993). \u201c \u00c9mergence d\u2019un nouveau secteur des sciences de l\u2019\u00e9ducation : la sociologie de l\u2019autoformation \u201d.<em> Revue fran\u00e7aise de p\u00e9dagogie<\/em>, mars 1993.<\/p>\n<p>ELIAS, N. (1973). <em>Civilisation des m\u0153urs<\/em>. Paris : Agora.<\/p>\n<p>FREYSSINET, J. (1997). <em>Le temps de travail en miettes<\/em>. Paris : Les \u00c9ditions de l\u2019atelier.<\/p>\n<p>GAZIER, B. (2003). <em>Tous sublimes : vers un nouveau plein emploi<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p>GUY, V. (dir.). (1994). <em>L\u2019\u00e9ducation prisonni\u00e8re de la forme scolaire\u00a0: scolarisation et socialisation dans les soci\u00e9t\u00e9s industrielles<\/em>.\u00a0Lyon : Presses Universitaires de Lyon.<\/p>\n<p>LE GOFF, J. (1977). <em>Pour un autre Moyen-\u00e2ge, Temps, travail et culture en occident<\/em>. Paris : Gallimard.<\/p>\n<p>MARTIN-HOUSSARD, G. (2001). De plus en plus de passages vers un emploi stable. <em>Insee Premi\u00e8re, 769, avril. <\/em><\/p>\n<p>M\u00c9DA, D. (1996). <em>Le travail, une valeur en voie de disparition<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p>PINEAU, G., LI\u00c9TARD, B, CHAPUT, M. (1997). <em>Reconna\u00eetre les acquis. D\u00e9marches d\u2019exploration personnalis\u00e9e<\/em>. Paris : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>PINTE, G. (2002). La VAE comme point de rencontre entre deux conceptions de la formation des adultes qui se sont oppos\u00e9es \u00e0 travers l\u2019histoire : la formation professionnelle continue et l\u2019\u00e9ducation permanente. <em>\u00c9ducation Permanente<\/em>, n\u00b0150, pp. 95-106.<\/p>\n<p>PINTE, G. (2002). \u201c Les cons\u00e9quences de l\u2019application de la loi des 35 heures : penser une nouvelle organisation des temps entre l\u2019individuel et le collectif \u201d. In B. Raveleau. <em>L\u2019individu au travail : antagonismes d\u2019une transformation sociale<\/em>. Paris : L\u2019Harmattan, pp. 265-278.<\/p>\n<p>SCHWARTZ, Y. (1997). <em>Reconnaissance du travail<\/em>. Paris : PUF.<\/p>\n<p>SCHEIN, E.H. (1996). Career anchors revisited : implication for career development in the 21st century, The <em>Academy of management Executive<\/em>, 10, n\u00b04, novembre, p. 80-88.<\/p>\n<p>SUPIOT, A. (1999). <em>Au del\u00e0 de l\u2019emploi<\/em>. Paris : Flammarion.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">TREMBLAY, N. (1986). <em>Apprendre en situation d\u2019autodidaxie : une \u00e9tude des besoins des apprenants et des comp\u00e9tences des intervenants<\/em>. Montr\u00e9al : Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>VIARD, J. (2002).<em> Le sacre du temps libre<\/em>. Paris : \u00c9ditions de l\u2019Aube.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gilles PINTE, Enseignant-chercheur en sciences de l\u2019\u00e9ducation UCO Vannes-Arradon (France) Auteur R\u00e9sum\u00e9\/Abstract L\u2019\u00e9volution actuelle du travail interroge l\u2019organisation des autres temps de vie des individus. 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