{"id":6551,"date":"2006-02-02T15:21:52","date_gmt":"2006-02-02T14:21:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6551"},"modified":"2016-02-02T15:54:54","modified_gmt":"2016-02-02T14:54:54","slug":"variations-de-lestime-de-soi-au-cours-dune-mobilite-professionnelle-ascendante-et-valorisation-des-domaines-de-vie-approche-systemique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2006\/variations-de-lestime-de-soi-au-cours-dune-mobilite-professionnelle-ascendante-et-valorisation-des-domaines-de-vie-approche-systemique\/","title":{"rendered":"Variations de l\u2019estime de soi au cours d\u2019une mobilit\u00e9 professionnelle ascendante et valorisation des domaines de vie &#8211; Approche syst\u00e9mique"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><em><b>Jean-Luc M\u00e8gemont, Alexis le Blanc<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume10_3-4_Variation_09_variation.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6522 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2006\/02\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/b><\/em><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteurs<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"s-titre\">R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Cette \u00e9tude examine les effets d&rsquo;une mobilit\u00e9 professionnelle ascendante sur l&rsquo;estime de soi des sujets qui en font l&rsquo;exp\u00e9rience. L&rsquo;enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de 251 techniciens engag\u00e9s dans la pr\u00e9paration, en cours de carri\u00e8re, d&rsquo;un dipl\u00f4me d&rsquo;ing\u00e9nieur. En r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un mod\u00e8le d&rsquo;analyse syst\u00e9mique, nous montrons, d&rsquo;une part, que les effets d&rsquo;une mobilit\u00e9 professionnelle sur l&rsquo;estime de soi se diff\u00e9rencient en fonction des domaines de vie auxquels celle-ci se rapporte, d&rsquo;autre part, que la variation des niveaux d&rsquo;estime de soi au cours des phases de la mobilit\u00e9 s&rsquo;explique par le degr\u00e9 de valorisation que le sujet accorde \u00e0 ses aspirations en diff\u00e9rentes sph\u00e8res de vie. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, cette \u00e9tude met en lumi\u00e8re l&rsquo;importance des processus de signification dans la construction de l&rsquo;identit\u00e9 au travail ainsi que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;une perspective th\u00e9orique qui prend en compte les relations d&rsquo;interd\u00e9pendance entre ce domaine d&rsquo;activit\u00e9s et les autres lieux de socialisation du sujet.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"style1\"><a href=\"#contenu1\">Introduction : la mobilit\u00e9 professionnelle, une probl\u00e9matique actuelle pour les sciences humaines et sociales<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu2\">Relation entre mobilit\u00e9 professionnelle et estime de soi<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu3\">Probl\u00e9matique et hypoth\u00e8se de la recherche : le r\u00f4le des processus de valorisation des domaines de vie<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu4\">Dispositif de la recherche<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu5\">R\u00e9sultats de la recherche<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"style1\"><a href=\"#contenu6\">Discussion<\/a><\/span><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu1\"><\/a>Introduction : la mobilit\u00e9 professionnelle, une probl\u00e9matique actuelle pour les sciences humaines et sociales<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les changements importants et de plus en plus rapides de leurs environnements \u00e9conomiques, technologiques et sociaux, incitent les organisations de travail \u00e0 initier, depuis quelques ann\u00e9es, des transformations de leurs structures et de leurs modes de fonctionnement (Greenan et Mairesse, 2003 ; Preece, Steven et Steven, 1999 ; Wanberg et Banas, 2000). Dans ce contexte, marqu\u00e9 \u00e0 la fois par une relative impr\u00e9visibilit\u00e9 de ces changements et par de fortes exigences d&rsquo;adaptation (Fay, 2004), nombre d&rsquo;organisations orientent leur politique de gestion des ressources humaines vers la recherche d&rsquo;une plus grande flexibilit\u00e9 de leur main-d&rsquo;\u0153uvre (Brangier, Lancry et Louche, 2004). Cette \u00e9volution n&rsquo;est pas sans cons\u00e9quence sur les conduites de d\u00e9veloppement de carri\u00e8re des salari\u00e9s (Power et Rothausen, 2003) auxquels on demande aujourd&rsquo;hui de pr\u00e9server et\/ou d&rsquo;accro\u00eetre leur \u00ab\u00a0niveau d&#8217;employabilit\u00e9\u00a0\u00bb face \u00e0 un avenir professionnel de plus en plus incertain (Palmade, 2003). Ces transformations structurelles se traduisent par un \u00e9largissement des perspectives de changement en cours de carri\u00e8re et, corr\u00e9lativement, par la mise en oeuvre d&rsquo;un ensemble de dispositifs qui tendent \u00e0 promouvoir et soutenir les conduites de mobilit\u00e9 professionnelle : bilan de comp\u00e9tences, gestion par les comp\u00e9tences, d\u00e9veloppement des pratiques \u00ab\u00a0d&rsquo;outplacement\u00a0\u00bb, validation des acquis de l&rsquo;exp\u00e9rience, droit individuel \u00e0 la formation&#8230;<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il est alors l\u00e9gitime de s&rsquo;interroger sur les significations que prend, pour les salari\u00e9s, l&rsquo;\u00e9mergence de ce nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement de carri\u00e8re qui consid\u00e8re la mobilit\u00e9 professionnelle comme un facteur essentiel au bon fonctionnement et \u00e0 la p\u00e9r\u00e9nit\u00e9 des organisations de travail dans des environnements aussi fluctuants. Cette mobilit\u00e9 peut \u00eatre v\u00e9cue par certains comme une contrainte socialement situ\u00e9e dans un contexte de pr\u00e9carit\u00e9 croissante de l&#8217;emploi (Berton, 2001) et de succession de p\u00e9riodes de ch\u00f4mage. D\u00e9sir\u00e9e par d&rsquo;autres, elle est susceptible de constituer un instrument privil\u00e9gi\u00e9 du d\u00e9veloppement professionnel et\/ou personnel en r\u00e9ponse aux aspirations d&rsquo;ascension sociale et\/ou de r\u00e9alisation de soi dans le travail. Dans le champ des sciences humaines et sociales, les questionnements que soul\u00e8vent les ph\u00e9nom\u00e8nes de mobilit\u00e9 doivent conduire, non seulement \u00e0 d\u00e9crire les flux de main-d&rsquo;\u0153uvre entre cat\u00e9gories sociales et professionnelles et leurs \u00e9volutions, mais aussi \u00e0 identifier les cons\u00e9quences, aux plans psychologique et identitaire, de ces changements, \u00e0 analyser comment ces salari\u00e9s vivent, dans diff\u00e9rentes phases de leur parcours de mobilit\u00e9, ce passage d&rsquo;une situation d&#8217;emploi \u00e0 une autre. Dans cette perspective, nous consid\u00e9rons qu&rsquo;une approche des conduites de mobilit\u00e9 qui viserait \u00e0 mettre \u00e0 jour les processus psychosociaux qui les sous-tendent peut contribuer au renouvellement des probl\u00e9matiques qui leur sont li\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Aborder la question telle que nous l&rsquo;avons pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9nonc\u00e9e suppose, en amont, de clarifier le concept de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9\u00a0\u00bb dont l&rsquo;usage courant et polys\u00e9mique a masqu\u00e9 la pluralit\u00e9 de ses acceptions. Boudon (1989) propose ainsi de d\u00e9finir la mobilit\u00e9 sociale comme \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;ensemble des m\u00e9canismes statistiquement significatifs qui d\u00e9crivent soit les mouvements des individus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me professionnel au cours de leur existence, soit les mouvements qui caract\u00e9risent les individus d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration au regard de la pr\u00e9c\u00e9dente ou des pr\u00e9c\u00e9dentes<\/em>\u00ab\u00a0. Si cette d\u00e9finition de la mobilit\u00e9 sociale exclut du champ conceptuel les ph\u00e9nom\u00e8nes de mobilit\u00e9 g\u00e9ographique (Hirschhorn et Berthelot, 1996), elle conduit toutefois \u00e0 distinguer deux principales formes de mobilit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; la premi\u00e8re, le plus souvent qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 professionnelle\u00a0\u00bb, concerne le parcours du sujet au cours de sa carri\u00e8re et se r\u00e9f\u00e8re aux diff\u00e9rents changements de situation qui la sp\u00e9cifient (mobilit\u00e9s horizontales impliquant par exemple un changement de m\u00e9tier ou mobilit\u00e9s verticales, ascendantes ou parfois descendantes, supposant un changement de statut professionnel) ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; l&rsquo;autre, \u00e0 laquelle on doit r\u00e9server le terme de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb (ou de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb), correspond au d\u00e9placement des individus par rapport \u00e0 leur milieu familial d&rsquo;origine (cf. la construction de \u00ab\u00a0tables de mobilit\u00e9\u00a0\u00bb visant \u00e0 d\u00e9crire ces mouvements inter-g\u00e9n\u00e9rationnels et \u00e0 comparer les positions sociales occup\u00e9es par les individus avec celles de leur milieu d&rsquo;origine).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Toutefois, reprendre cette distinction, heuristiquement fond\u00e9e, ne doit pas pour autant amener \u00e0 consid\u00e9rer ces deux dimensions de la mobilit\u00e9 comme ind\u00e9pendantes l&rsquo;une de l&rsquo;autre. En effet, elles peuvent \u00eatre li\u00e9es dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un nouveau statut professionnel peut impliquer la d\u00e9finition d&rsquo;une nouvelle position au sein du milieu familial. Aussi, dans la suite de cet article, si notre int\u00e9r\u00eat se porte plus particuli\u00e8rement sur une situation de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 professionnelle ascendante\u00a0\u00bb, en l&rsquo;occurrence celle par laquelle s&rsquo;op\u00e8re l&rsquo;acc\u00e8s au statut de cadre<sup>1<\/sup>, il nous para\u00eet important de ne pas exclure d&#8217;embl\u00e9e la prise en compte des enjeux sociofamiliaux de ce changement professionnel.<\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu2\"><\/a>Relation entre mobilit\u00e9 professionnelle et estime de soi<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exp\u00e9rience que repr\u00e9sente pour certains salari\u00e9s l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un nouveau statut professionnel, au cours de leur carri\u00e8re, est susceptible, selon Dubar (1995), d&rsquo;induire des transactions biographiques \u2013 entre le soi ant\u00e9rieur et le soi projet\u00e9 \u2013 et relationnelles \u2013 entre le soi attribu\u00e9 par autrui et le soi revendiqu\u00e9 \u2013 dont les cons\u00e9quences psychologiques restent encore aujourd&rsquo;hui fort peu explor\u00e9es. Ces transactions peuvent en effet se traduire par des transformations significatives des repr\u00e9sentations que la personne se fait d&rsquo;elle-m\u00eame, observables notamment au niveau d&rsquo;une de leurs composantes essentielles : l&rsquo;estime de soi. Bien que l&rsquo;estime de soi a souvent \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie de mani\u00e8re tr\u00e8s diversifi\u00e9e, ce concept psychologique est le plus fr\u00e9quemment utilis\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9finition propos\u00e9e par Rosenberg (1986) selon laquelle l&rsquo;estime de soi d\u00e9signe le sentiment qu&rsquo;a chacun de sa propre valeur en tant que personne. Consid\u00e9r\u00e9e comme la composante \u00e9valuative et affective du concept de soi (Burns, 1979 ; Tap, 1998), elle renvoie \u00e0 l&rsquo;acceptation g\u00e9n\u00e9rale de la personne, c&rsquo;est-\u00e0-dire au degr\u00e9 avec lequel une personne pense avoir de la valeur en tant qu&rsquo;individu. Elle r\u00e9sulte d&rsquo;un jugement \u00e9valuatif que les individus portent sur eux-m\u00eames et sur leurs comp\u00e9tences \u00e0 r\u00e9aliser leurs aspirations. Bien s\u00fbr, ce sentiment de valeur de soi est aussi une construction sociale dans la mesure o\u00f9 cette \u00e9valuation est \u00e9troitement li\u00e9e aux images plus ou moins int\u00e9rioris\u00e9es que leur renvoie autrui (Harter, 1998).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La question relative au degr\u00e9 de stabilit\u00e9 de l&rsquo;estime\u00a0de soi fait l&rsquo;objet d&rsquo;un important d\u00e9bat en psychologie. Tandis que certains\u00a0chercheurs tendent \u00e0 l&rsquo;assimiler \u00e0 un trait de personnalit\u00e9 et donc \u00e0\u00a0pr\u00e9supposer qu&rsquo;elle demeure stable dans le temps (Fournier et Payne, 1994\u00a0; Cheng et Furnham, 2003), nous consid\u00e9rons avec d&rsquo;autres psychologues\u00a0sociaux (Gergen, 1981 ; Jones, Rhodewalt, Berglas et Skelton, 1981 ; Wells,\u00a01988 ; Murray, Griffin, Bellavia et Bellavia, 2003 ; Trzesniewsky, Donnellan\u00a0et Robins, 2003) qu\u2019elle est susceptible d\u2019\u00e9voluer selon les \u00e9tapes de\u00a0vie du sujet, en fonction des situations sociales que celui-ci rencontre.\u00a0En ce sens, l&rsquo;activit\u00e9 de travail et les exp\u00e9riences qui lui sont associ\u00e9es,\u00a0sont de nature \u00e0 jouer un r\u00f4le important dans la d\u00e9finition et dans les\u00a0variations au cours de la vie adulte de la valeur que chacun accorde \u00e0\u00a0lui-m\u00eame (Hugues, 1958 ; Bruner, 1996). Dans ce cadre, la question se\u00a0pose de savoir quelles cons\u00e9quences peut avoir un changement professionnel\u00a0majeur, tel que celui qu&rsquo;implique une mobilit\u00e9 professionnelle, sur le\u00a0niveau d&rsquo;estime de soi des personnes qui en font l&rsquo;exp\u00e9rience. Dans le\u00a0cas particulier d&rsquo;une mobilit\u00e9 ascendante, on pourrait s&rsquo;attendre \u00e0 une\u00a0\u00e9l\u00e9vation du niveau d&rsquo;estime de soi des sujets dans la mesure o\u00f9 ceux-ci\u00a0vont, par ce biais, acc\u00e9der \u00e0 une cat\u00e9gorie professionnelle qui est socialement\u00a0plus valoris\u00e9e que leur cat\u00e9gorie d&rsquo;origine. A l&rsquo;appui de cette hypoth\u00e8se,\u00a0diverses \u00e9tudes montrent que le niveau d&rsquo;estime de soi est plus \u00e9lev\u00e9\u00a0chez des sujets issus d&rsquo;un milieu social \u00ab\u00a0favoris\u00e9\u00a0\u00bb que chez ceux issus\u00a0d&rsquo;un milieu social \u00ab\u00a0d\u00e9favoris\u00e9\u00a0\u00bb (McMullin et Cairney, 2004 ; Miyamoto,\u00a0Hishinuma, Nishimura, Nahulu, Andrade et Goebert, 2000 ; Zhang et Postiglione,\u00a02001). Notons, toutefois, que la plupart de ces travaux ont mis \u00e0 jour\u00a0cette influence sociale aupr\u00e8s de populations d&rsquo;enfants, d&rsquo;adolescents\u00a0ou de jeunes adultes (\u00e9tudiants) en prenant comme crit\u00e8re de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0la cat\u00e9gorie sociale d&rsquo;appartenance des parents. D&rsquo;autre part, l&rsquo;examen\u00a0des \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es directement aupr\u00e8s de populations d&rsquo;adultes font\u00a0\u00e9tat de r\u00e9sultats contradictoires qui ne permettent pas de statuer clairement\u00a0sur l&rsquo;existence d&rsquo;un lien entre estime de soi et position socioprofessionnelle\u00a0tant sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes les crit\u00e8res de mesure de cette position (Faunce,\u00a01989). Au-del\u00e0 d&rsquo;une \u00e9tude d\u00e9j\u00e0 ancienne de Rosenberg et Pearling (1978),\u00a0r\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de sujets adultes, qui \u00e9tablissait une relation, qualifi\u00e9e\u00a0par les auteurs de \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9e\u00a0\u00bb, entre ces deux variables, rares sont les\u00a0recherches, d&rsquo;apr\u00e8s Khon (1994), qui montrent de mani\u00e8re probante une\u00a0relation directe entre le niveau de r\u00e9ussite professionnelle (dont l&rsquo;exp\u00e9rience\u00a0d&rsquo;une mobilit\u00e9 ascendante peut constituer un indicateur) et le niveau\u00a0d&rsquo;estime de soi chez des populations de salari\u00e9s.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu3\"><\/a>Probl\u00e9matique et hypoth\u00e8se de la recherche : le r\u00f4le des processus de valorisation des domaines de vie<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">De fait, la faiblesse des travaux consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de cette probl\u00e9matique comme les r\u00e9sultats contradictoires auxquels ils parviennent, am\u00e8nent \u00e0 s&rsquo;interroger sur l&rsquo;existence d&rsquo;un lien direct entre l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une mobilit\u00e9 professionnelle ascendante chez des salari\u00e9s et l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation de leur niveau d&rsquo;estime de soi. Cette interrogation est soutenue par les r\u00e9sultats d&rsquo;une recherche de Gecas et Seff (1990) qui remettent en cause l&rsquo;\u00e9tablissement de cette relation directe et qui soulignent l&rsquo;influence mod\u00e9ratrice qu&rsquo;exerce la centralit\u00e9 accord\u00e9e au travail par le sujet : les auteurs observent en effet une relation significative entre statut social (appr\u00e9hend\u00e9 \u00e0 partir du m\u00e9tier exerc\u00e9) et estime de soi, uniquement lorsque la personne valorise fortement \u00ab\u00a0le soi professionnel\u00a0\u00bb ; par contre les auteurs n&rsquo;observent pas d&rsquo;influence mod\u00e9ratrice des autres composantes du concept de soi (familial notamment).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Cette derni\u00e8re \u00e9tude introduit la perspective th\u00e9orique\u00a0que nous soutenons selon laquelle les exp\u00e9riences et les activit\u00e9s r\u00e9alis\u00e9es\u00a0dans le domaine professionnel sont signifi\u00e9es par les sujets en fonction\u00a0des hi\u00e9rarchies de valeurs qu&rsquo;ils \u00e9tablissent entre ce domaine et leurs\u00a0autres sph\u00e8res d&rsquo;existence : celles des activit\u00e9s familiales, personnelles\u00a0et sociales (Baubion-Broye et Hajjar, 1998). Cette perspective affirme\u00a0tout d&rsquo;abord que les activit\u00e9s de l&rsquo;individu forment un syst\u00e8me dans la\u00a0mesure ou chacune d&rsquo;elles peut constituer une ressource ou une contrainte\u00a0pour l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;ensemble des autres. D\u00e8s lors, on doit consid\u00e9rer\u00a0qu&rsquo;elles sont interd\u00e9pendantes : afin de r\u00e9aliser une activit\u00e9 dans un\u00a0domaine de sa vie (professionnel par exemple), la personne peut non seulement\u00a0s\u2019appuyer sur des ressources (temporelles, informationnelles, motivationnelles)\u00a0propres \u00e0 ce domaine, mais elle doit aussi tenir compte d&rsquo;autres registres\u00a0d&rsquo;activit\u00e9s, qui peuvent aussi bien g\u00e9n\u00e9rer de nouvelles ressources que\u00a0des contraintes suppl\u00e9mentaires pour cette r\u00e9alisation. Les activit\u00e9s\u00a0sont ainsi constitu\u00e9es en sous-syst\u00e8mes (ou domaines de vie) sp\u00e9cifiques\u00a0entre lesquels se produisent des \u00e9changes. Selon le mod\u00e8le th\u00e9orique g\u00e9n\u00e9ral\u00a0(Curie, Baubion-Broye et Hajjar, 1988), l\u2019ensemble du syst\u00e8me ob\u00e9it \u00e0\u00a0des r\u00e9gulations qui peuvent se produire aussi bien \u00e0 un niveau local (au\u00a0sein d\u2019un domaine) qu\u2019\u00e0 un niveau central (entre domaines) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; au niveau local, la r\u00e9gulation est assur\u00e9e par un \u201cmod\u00e8le d\u2019action\u201d par lequel l\u2019individu \u00e9tablit une hi\u00e9rarchie d\u2019objectifs au sein d\u2019un sous-syst\u00e8me d\u2019activit\u00e9s, se repr\u00e9sente les conditions n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019atteinte de ceux-ci et \u00e9labore des projets ;<br \/>\n&#8211; au niveau central, le \u201cmod\u00e8le de vie\u201d assure quant \u00e0 lui le contr\u00f4le des \u00e9changes entre les diff\u00e9rents sous-syst\u00e8mes d\u2019activit\u00e9s. C\u2019est par cette instance centrale de r\u00e9gulation que s\u2019op\u00e8re l\u2019intersignification des activit\u00e9s de sorte que \u201cles comportements dans un domaine de vie sont r\u00e9gul\u00e9s par la signification que le sujet leur accorde dans d\u2019autres domaines\u201d (Malrieu, cit\u00e9 par Hajjar et Curie, 1985, p.75). Cette intersignification met en jeu, notamment, des processus de hi\u00e9rarchisation et de valorisation des objectifs et aspirations que les sujets poursuivent dans une pluralit\u00e9 de domaines d&rsquo;existence.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La prise en compte des relations d\u2019interd\u00e9pendance entre les diff\u00e9rentes sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s de la personne nous conduit \u00e0 examiner le r\u00f4le que jouent les processus de valorisation des activit\u00e9s ou projets attach\u00e9s aux diff\u00e9rents domaines de vie de la personne dans la d\u00e9finition de son estime de soi. De plus, cette perspective syst\u00e9mique suppose d&rsquo;envisager que les repr\u00e9sentions de soi ne sont pas forc\u00e9ment homog\u00e8nes puisqu&rsquo;elles se rapportent, de fait, \u00e0 une multitude de registres d&rsquo;activit\u00e9s et d&rsquo;\u00e9valuation de soi. Ce qui n\u00e9cessite, selon nous, de privil\u00e9gier la d\u00e9finition d&rsquo;indicateurs d&rsquo;estime de soi sp\u00e9cifiques \u00e0 chacun des domaines de vie distingu\u00e9s au d\u00e9triment d&rsquo;une seule mesure globale de l&rsquo;estime de soi g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Nous soutenons alors l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle, lors d&rsquo;une situation de mobilit\u00e9 professionnelle ascendante, l&rsquo;insertion dans une cat\u00e9gorie socioprofessionnelle \u00ab\u00a0sup\u00e9rieure\u00a0\u00bb n&rsquo;aura pas d&rsquo;effet direct sur son niveau d&rsquo;estime de soi et que cet effet d\u00e9pendra du degr\u00e9 de valorisation accord\u00e9 par le sujet \u00e0 chacun de ses domaines de vie. C&rsquo;est dire que pour analyser les effets psychologiques d&rsquo;une telle situation de mobilit\u00e9, il nous para\u00eet essentiel d&rsquo;appr\u00e9hender le r\u00f4le des valorisations dont sont objets non seulement l&rsquo;activit\u00e9 de travail mais aussi l&rsquo;ensemble des activit\u00e9s de la personne, dans leurs rapports r\u00e9ciproques.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu4\"><\/a>Dispositif de la recherche<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Afin de mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve notre hypoth\u00e8se de recherche, nous avons r\u00e9alis\u00e9 une enqu\u00eate par questionnaire aupr\u00e8s d&rsquo;une population de 251 sujets adultes engag\u00e9s dans la pr\u00e9paration d&rsquo;un dipl\u00f4me d&rsquo;ing\u00e9nieur par la voie de la Formation Professionnelle Continue (M\u00e8gemont, 2000). D&rsquo;une dur\u00e9e de deux ann\u00e9es \u00e0 temps complet (3600 heures, soit l&rsquo;\u00e9quivalent de 3 ann\u00e9es universitaires), cette formation, organis\u00e9e par le Centre d&rsquo;\u00c9tudes Sup\u00e9rieures Industrielles (CESI), s&rsquo;adresse \u00e0 une population de techniciens sup\u00e9rieurs et d&rsquo;agents de ma\u00eetrise poss\u00e9dant au moins un niveau \u00ab\u00a0Bac + 2\u00a0\u00bb et justifiant d&rsquo;une exp\u00e9rience professionnelle de cinq ann\u00e9es. La s\u00e9lection tr\u00e8s exigeante des candidats lors de l&rsquo;entr\u00e9e en formation, et le suivi individualis\u00e9 assur\u00e9 par cette \u00e9cole, garantissent un taux de r\u00e9ussite des \u00e9tudes tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 (sup\u00e9rieur \u00e0 90%). Ainsi, les \u00e9l\u00e8ves admis sont quasiment certains, s&rsquo;ils suivent leurs \u00e9tudes s\u00e9rieusement jusqu&rsquo;au bout du cursus, d&rsquo;obtenir leur dipl\u00f4me d&rsquo;ing\u00e9nieur. De plus, l&rsquo;organisme se charge du placement des \u00e9l\u00e8ves ing\u00e9nieurs dans les entreprises partenaires apr\u00e8s l&rsquo;obtention du dipl\u00f4me. Pr\u00e9cisons que le CESI, organisme implant\u00e9 nationalement (avec 30 centres r\u00e9gionaux) a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante par de grandes entreprises fran\u00e7aises et qu&rsquo;il b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une excellente image dans le milieu industriel. On peut donc consid\u00e9rer que l&rsquo;entr\u00e9e en formation marque v\u00e9ritablement le d\u00e9but d&rsquo;un parcours de mobilit\u00e9 professionnelle ascendante qui comporte de tr\u00e8s faibles risques d&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9chantillon, repr\u00e9sentatif de cette population, est compos\u00e9e de 93% d&rsquo;hommes et de 7% de femmes, 13% d&rsquo;entre eux ont moins de 30 ans, 55% ont entre 30 et 35 ans et 32% ont plus de 35 ans. Lors de l&rsquo;entr\u00e9e en mobilit\u00e9, 57% \u00e9taient en activit\u00e9 et 43% au ch\u00f4mage. Parmi ceux qui \u00e9taient en activit\u00e9, certains ont demand\u00e9 un cong\u00e9 formation afin d&rsquo;accomplir leur parcours de mobilit\u00e9 (32%), d&rsquo;autres ont d\u00e9missionn\u00e9 de leur entreprise (16%), quelques-uns ont \u00e9t\u00e9 inscrits par leur entreprise (9%) et b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un financement complet de leur formation. L&rsquo;origine sociale des sujets est relativement diversifi\u00e9e : sur la base du crit\u00e8re le plus fr\u00e9quemment retenu dans les recherches (\u00e0 savoir la profession exerc\u00e9e par le p\u00e8re), on constate que 7% sont issus d&rsquo;un milieu agricole, 25% d&rsquo;un milieu d&rsquo;ouvriers ou d&#8217;employ\u00e9s, 14% sont fils ou filles de commer\u00e7ants ou d&rsquo;artisans, 18% des p\u00e8res exercent des professions interm\u00e9diaires (technicien, agent de ma\u00eetrise, instituteur), et 27% sont issus d&rsquo;un milieu social \u00ab\u00a0sup\u00e9rieur\u00a0\u00bb (p\u00e8re cadre, ing\u00e9nieur, professeur, profession lib\u00e9rale).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">A d\u00e9faut d&rsquo;une approche longitudinale qu&rsquo;il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 possible de mettre en \u0153uvre dans cette recherche, nous avons opt\u00e9 pour une approche transversale afin d&rsquo;appr\u00e9hender comment l&rsquo;estime de soi des sujets est susceptible de varier en fonction des diff\u00e9rents moments du parcours de mobilit\u00e9<sup>2<\/sup>. Trois groupes de sujets ont ainsi \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; ceux situ\u00e9s au d\u00e9marrage du cursus de formation (temps \u00ab\u00a0T1\u00a0\u00bb, n= 86),<br \/>\n&#8211; ceux qui ach\u00e8vent leur premi\u00e8re ann\u00e9e de formation (temps \u00ab\u00a0T2\u00a0\u00bb, n=85) et qui vont entamer une p\u00e9riode d&rsquo;alternance entre stage en entreprise et formation th\u00e9orique, ce qui marque le d\u00e9but du processus de professionnalisation sur le terrain ;<br \/>\n&#8211; ceux qui ont achev\u00e9 le cursus de deux ann\u00e9es de formation et viennent d&rsquo;obtenir leur dipl\u00f4me d&rsquo;ing\u00e9nieur (temps \u00ab\u00a0T3\u00a0\u00bb, n= 80).\u00a0Nous notons que ces trois sous-\u00e9chantillons pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques sociobiographiques relativement similaires.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour mesurer le niveau d&rsquo;estime de soi, nous avons \u00e9labor\u00e9 un inventaire sur la base de celui propos\u00e9 par Coopersmith (1967) dans sa version adulte. Toutefois, les items de cette \u00e9chelle ont \u00e9t\u00e9 remani\u00e9s afin de les adapter au mieux aux objectifs de notre recherche ainsi qu&rsquo;\u00e0 la population \u00e9tudi\u00e9e<span class=\"style3\"><sup>3<\/sup><\/span>. A cette fin, nous nous sommes appuy\u00e9s sur deux autres questionnaires d\u2019estime de soi pour le choix et la formulation des items : le \u201cPersonal Evaluation Inventory\u201d de Shrauger (1990) et le \u201cTexas Social Behavior Inventory\u201d de Helmreich, Stapp et Ervin (1974). L\u2019inventaire d\u2019estime de soi ainsi \u00e9tabli comporte 32 items (voir annexe n\u00b01) r\u00e9partis de mani\u00e8re \u00e9quilibr\u00e9e en quatre domaines de vie : familial, professionnel, social et personnel. Les items sont formul\u00e9s de mani\u00e8re positive ou n\u00e9gative \u00e0 proportion \u00e9gale. Les sujets doivent indiquer le degr\u00e9 de correspondance entre chacune de ces affirmations et l\u2019opinion qu\u2019ils ont d\u2019eux-m\u00eames sur une \u00e9chelle \u00e0 4 niveaux (de 1=\u201c<em>ne me correspond pas<\/em>\u201d \u00e0 4=\u201c<em>me correspond<\/em>\u201d). Les indices de fiabilit\u00e9 \u00e9tant satisfaisants (alpha de Cronbach &gt;.70) pour chacun des quatre indicateurs retenus, nous avons \u00e9tabli des scores d&rsquo;estime de soi relative aux diff\u00e9rents domaines de vie du sujet (estime de soi familiale, professionnelle, sociale et personnelle) par addition des notes obtenues aux items relatifs \u00e0 chacun de ces domaines. L&rsquo;inventaire ainsi \u00e9labor\u00e9, sensiblement diff\u00e9rent de la version originale de Coopersmith, n&rsquo;a pu b\u00e9n\u00e9ficier des op\u00e9rations de validation scientifique normalement requises. Aussi, les r\u00e9sultats obtenus devront \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s avec une certaine prudence, surtout dans la comparaison \u00e9ventuelle avec d&rsquo;autres \u00e9tudes ayant eu recours \u00e0 des \u00e9chelles d&rsquo;estime de soi valid\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Conform\u00e9ment \u00e0 notre hypoth\u00e8se, nous avons \u00e9galement mesur\u00e9 la valeur que les sujets attribuent \u00e0 leurs diff\u00e9rents domaines de vie \u00e0 partir d&rsquo;un instrument mis au point par notre \u00e9quipe de recherche : il s&rsquo;agit de l\u2019Inventaire du Syst\u00e8me des Activit\u00e9s (Curie, Hajjar, Marqui\u00e9 et Roques, 1990 ; Baubion-Broye et Hajjar, 1998 ; le Blanc, 1993, 2001). Cet instrument permet, notamment, d&rsquo;appr\u00e9hender le degr\u00e9 de valorisation des objectifs assign\u00e9s aux diff\u00e9rents domaines de vie. Dans l\u2019exercice n\u00b01 \u201c<em>Importance des aspirations<\/em>\u201d du protocole, une liste de 32 objectifs r\u00e9partis en 4 domaines de vie (familial, professionnel, personnel et social) est propos\u00e9e au sujet (voir annexe n\u00b02). Celui-ci doit indiquer le degr\u00e9 d\u2019importance (en notant de 1=<em>pas important<\/em> \u00e0 4=<em>tr\u00e8s important<\/em>) qu\u2019il attribue \u00e0 l&rsquo;accomplissement de chacun de ces objectifs. L&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chelle pour chaque domaine de vie \u00e9tant jug\u00e9e satisfaisante (les indices alpha de Cronbach sont tous sup\u00e9rieurs \u00e0 .65)<span class=\"style3\"><sup>4<\/sup><\/span>, les notes obtenues aux items relatifs \u00e0 chacune des sous-dimensions de l&rsquo;\u00e9chelle ont \u00e9t\u00e9 additionn\u00e9es afin d&rsquo;\u00e9tablir des scores de valorisation par domaine de vie du sujet.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu5\"><\/a>R\u00e9sultats de la recherche<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"intertitre\">Niveaux d&rsquo;estime de soi en fonction des diff\u00e9rents temps du parcours de mobilit\u00e9<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;analyse de la variance r\u00e9alis\u00e9e sur les moyennes des scores d&rsquo;estime de soi des trois groupes de sujets situ\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents moments du parcours de mobilit\u00e9 (comparaison entre groupes T1, T2 et T3) indique qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de diff\u00e9rence significative (au seuil p <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"..\/08_socialisation\/images\/symbole_1.gif\" alt=\"\" width=\"11\" height=\"9\" \/> .05) du niveau d&rsquo;estime de soi professionnelle en fonction des temps de la mobilit\u00e9 (F=.44, p=.64). De m\u00eame, les niveaux d&rsquo;estime de soi sociale et personnelle ne varient pas de mani\u00e8re significative en fonction des temps de la mobilit\u00e9 (respectivement : F=.61, p=.54 et F=.08, p=.93). On constate cependant que le niveau d&rsquo;estime de soi familiale est significativement plus \u00e9lev\u00e9 en d\u00e9but du parcours que lors des phases ult\u00e9rieures de la mobilit\u00e9 (F=4.2, p=.016).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" src=\"images\/tableau_1.gif\" alt=\"\" \/><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6554 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume10_3-4_Variation_tableau_1.gif\" alt=\"Volume10_3-4_Variation_tableau_1\" width=\"559\" height=\"188\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces premiers constats vont \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;une analyse intuitive selon laquelle l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un statut professionnel socialement valoris\u00e9 se traduirait syst\u00e9matiquement par une \u00e9l\u00e9vation de la valorisation de soi. Ils mettent ainsi en question les travaux (cit\u00e9s ci-dessus) qui tendent \u00e0 affirmer l&rsquo;existence d&rsquo;une relation directe entre la position sociale occup\u00e9e par les sujets et leur niveau d&rsquo;estime de soi (toutefois, cette affirmation m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre nuanc\u00e9e en raison des modifications apport\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de Coopersmtih originale, ainsi que nous l&rsquo;avons sugg\u00e9r\u00e9 dans la pr\u00e9sentation de notre dispositif m\u00e9thodologique). De plus, la perspective syst\u00e9mique que nous avons adopt\u00e9e permet de rep\u00e9rer que l&rsquo;accomplissement d&rsquo;un parcours de mobilit\u00e9 ascendante produit des effets diff\u00e9rents selon les composantes de l&rsquo;estime de soi \u00e9tudi\u00e9es. Les diff\u00e9rences observ\u00e9es de l&rsquo;estime de soi familiale entre des sujets situ\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents moments du parcours de mobilit\u00e9 tendent \u00e0 confirmer l&rsquo;existence de relations d&rsquo;interd\u00e9pendance entre ce domaine de vie et celui du travail. On peut supposer que plus les sujets se rapprochent de la fin de leur parcours de mobilit\u00e9 et donc du statut d&rsquo;ing\u00e9nieur, mieux ils per\u00e7oivent ces relations d&rsquo;interd\u00e9pendance. Sans doute prennent-ils alors conscience des retomb\u00e9es n\u00e9gatives au plan de la vie familiale de ce changement de situation professionnelle (implication au travail plus importante, moindre disponibilit\u00e9 pour s&rsquo;investir dans les activit\u00e9s familiales, etc.) et des \u00ab\u00a0co\u00fbts\u00a0\u00bb que ce changement induit.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">A partir de ces r\u00e9sultats et premi\u00e8res interpr\u00e9tations, on devine que l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un statut socioprofessionnel \u00ab\u00a0sup\u00e9rieur\u00a0\u00bb pr\u00e9sente certes l&rsquo;avantage de faire \u00e9voluer \u00ab\u00a0vers le haut\u00a0\u00bb une situation professionnelle mais qu&rsquo;il s&rsquo;accompagne aussi d&rsquo;un certain nombre de renoncements susceptibles d&rsquo;affecter les sph\u00e8res d&rsquo;activit\u00e9s \u00ab\u00a0hors travail\u00a0\u00bb, notamment celle de la vie familiale, ce qui expliquerait les diff\u00e9rences d&rsquo;estime de soi observ\u00e9es dans ce domaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"intertitre\">R\u00f4le mod\u00e9rateur<span class=\"style4\"><sup>5<\/sup><\/span> des processus de valorisation des domaines de vie<br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le recours \u00e0 une ANOVA \u00e0 deux facteurs nous a permis d&rsquo;analyser les diff\u00e9rences de niveau d&rsquo;estime de soi des sujets en fonction de l&rsquo;effet conjugu\u00e9 des phases du parcours et des modalit\u00e9s de valorisation des domaines de vie. On remarque d&rsquo;abord que la centralit\u00e9 (ou le degr\u00e9 de valorisation) accord\u00e9e au domaine professionnel n&rsquo;a pas d&rsquo;influence significative sur la variation de l&rsquo;estime de soi professionnelle au cours de la mobilit\u00e9 (F=.06, p=.94), ni sur les composantes familiale (F=.20, p=.82), sociale (F=1.17, p=.31) et personnelle (F=.36, p=.70) de l&rsquo;estime de soi. Ce r\u00e9sultat tend ainsi \u00e0 nuancer les conclusions de l&rsquo;\u00e9tude de Gecas et Seff (1990), \u00e9voqu\u00e9e plus haut, selon lesquelles l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un statut professionnel sup\u00e9rieur se traduirait par une \u00e9l\u00e9vation de l&rsquo;estime de soi lorsque le domaine professionnel est valoris\u00e9 par le sujet.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par contre, nous observons (figure n\u00b01) une interaction significative entre le degr\u00e9 de valorisation du domaine familial et les diff\u00e9rents temps de la mobilit\u00e9 dans la d\u00e9termination du niveau d&rsquo;estime de soi professionnelle (F=4.07, p=.018) : plus les sujets avancent dans leur parcours de mobilit\u00e9 et se rapprochent du statut d&rsquo;ing\u00e9nieur, plus leur estime de soi professionnelle est \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la condition, toutefois, qu&rsquo;ils valorisent fortement le domaine familial (valfam+). Tandis que pour ceux qui accordent une faible valeur aux objectifs relevant de ce domaine de vie (valfam-), on observe le ph\u00e9nom\u00e8ne inverse : plus les sujets se rapprochent du statut d&rsquo;ing\u00e9nieur, plus leur niveau d&rsquo;estime de soi professionnelle est faible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6553 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume10_3-4_Variation_figure_1.gif\" alt=\"Volume10_3-4_Variation_figure_1\" width=\"510\" height=\"443\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Notons qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effet d&rsquo;interaction significatif entre les temps du parcours de mobilit\u00e9 et les modalit\u00e9s de valorisation des autres domaines de la vie professionnelle, sociale et personnelle sur les diff\u00e9rentes composantes de l&rsquo;estime de soi des sujets. Pr\u00e9cisons encore, pour \u00eatre complet, que le degr\u00e9 de valorisation du domaine familial (comme celui des autres domaines de vie) ne varie pas de mani\u00e8re significative en fonction des moments du parcours de mobilit\u00e9, pas plus qu&rsquo;en fonction du milieu d&rsquo;origine ou de la situation ant\u00e9rieure (en activit\u00e9 ou au ch\u00f4mage).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il est alors permis de supposer que le domaine familial, lorsqu&rsquo;il est fortement valoris\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire lorsque le sujet lui accorde beaucoup d&rsquo;importance, procure des ressources psycho-affectives (partage d&rsquo;activit\u00e9s avec des proches, soutien per\u00e7u&#8230;) susceptibles de soutenir une \u00e9valuation positive de soi, en particulier dans le domaine professionnel. Sans doute, ces ressources deviennent-elles plus pr\u00e9cieuses et sont-elles davantage mobilis\u00e9es en fin de parcours, lorsque les sujets s&rsquo;aper\u00e7oivent qu&rsquo;il existe une plus forte porosit\u00e9 entre leur vie au travail et leur vie hors travail, ce qui caract\u00e9rise au premier chef le mode de vie des cat\u00e9gories professionnelles \u00ab\u00a0sup\u00e9rieures\u00a0\u00bb auxquelles ces sujets aspirent. Par contre, en d\u00e9but de parcours, les vis\u00e9es d&rsquo;accomplissement de soi au plan professionnel sont sans doute per\u00e7ues comme peu compatibles avec la r\u00e9alisation des aspirations familiales : il est vraisemblable que l&rsquo;engagement en mobilit\u00e9 induit des perturbations plus ou moins importantes de l&rsquo;\u00e9quilibre familial (baisse des revenus, incertitude par rapport \u00e0 l&rsquo;avenir, prise de d\u00e9cision parfois conflictuelle avec le conjoint, r\u00e9organisation des activit\u00e9s familiales&#8230;). Ainsi, les sujets situ\u00e9s en \u00ab\u00a0T1\u00a0\u00bb manifestent plus facilement une valorisation positive de soi au plan professionnel lorsqu&rsquo;ils minorent l&rsquo;importance des aspirations familiales qui sont susceptibles, au d\u00e9but d&rsquo;un long et difficile parcours de mobilit\u00e9 (reprise d&rsquo;\u00e9tudes avec deux ann\u00e9es de formation \u00e0 temps plein), de faire obstacle aux vis\u00e9es d&rsquo;accomplissement des sujets dans la sph\u00e8re professionnelle.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu6\"><\/a>Discussion<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Sous r\u00e9serve qu&rsquo;ils soient confirm\u00e9s par d&rsquo;autres recherches\u00a0\u00e0 caract\u00e8re longitudinal, les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s contribuent \u00e0 mettre\u00a0en question l&rsquo;existence d&rsquo;un lien direct et syst\u00e9matique entre l&rsquo;accomplissement\u00a0d&rsquo;un parcours de mobilit\u00e9 professionnelle ascendante et l&rsquo;\u00e9volution de\u00a0l&rsquo;estime se soi. Ils attestent que la valorisation de soi, en particulier\u00a0dans le champ professionnel, mobilise des processus de signification qui\u00a0ne sont pas circonscrits \u00e0 la seule sph\u00e8re de travail. Ils donnent ainsi\u00a0un argument aux critiques formul\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;approches qui restreignent\u00a0l&rsquo;analyse des dynamiques identitaires au travail \u00e0 ce seul domaine d&rsquo;activit\u00e9s.\u00a0Ces r\u00e9sultats tendent \u00e0 montrer que si les repr\u00e9sentations de soi sont\u00a0objets de restructuration au cours d&rsquo;une mobilit\u00e9 ascendante, c&rsquo;est \u00e0\u00a0la condition de consid\u00e9rer que l&rsquo;exp\u00e9rience de la mobilit\u00e9 professionnelle\u00a0ici vis\u00e9e n&rsquo;est pas seulement une exp\u00e9rience significative dans la \u00ab\u00a0carri\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0mais qu&rsquo;elle l&rsquo;est aussi sur un plan familial et socioaffectif. Ce r\u00e9sultat\u00a0prolonge celui \u00e9tabli par Dupuy, le Blanc et Rossi (2000) aupr\u00e8s de jeunes\u00a0dipl\u00f4m\u00e9s de haut niveau de qualification et inscrits dans un dispositif\u00a0de formation professionnelle. Centr\u00e9e sur l&rsquo;analyse des transformations\u00a0des repr\u00e9sentations du futur m\u00e9tier, au cours de la formation, l&rsquo;\u00e9tude\u00a0soulignait le r\u00f4le jou\u00e9 par les processus de valorisation des domaines\u00a0de vie, notamment personnel et familial.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces recherches convergent \u00e0 d\u00e9gager l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;une approche syst\u00e9mique des activit\u00e9s de construction de l&rsquo;identit\u00e9 de la personne, qui seule permet de saisir les relations d&rsquo;interd\u00e9pendance entre les vis\u00e9es de valorisation de soi dans le travail et celles attach\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres domaines de vie. Comme tend \u00e0 le montrer cette \u00e9tude, la red\u00e9finition des repr\u00e9sentations de soi \u2013 ici saisie au plan axiologique \u2013 que suscite l&rsquo;engagement du sujet dans un parcours de mobilit\u00e9 professionnelle active des processus d&rsquo;\u00e9valuation des cons\u00e9quences du changement anticip\u00e9 (ici, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un nouveau r\u00f4le professionnel). C&rsquo;est que le changement d&rsquo;occupation professionnelle, qui dans le cas d&rsquo;une mobilit\u00e9 ascendante suppose notamment une red\u00e9finition de sa \u00ab\u00a0position\u00a0\u00bb au sein de l&rsquo;ensemble des cat\u00e9gories sociales, n&rsquo;est pas sans incidence sur les activit\u00e9s, les projets, mais aussi les relations de la vie \u00ab\u00a0hors travail\u00a0\u00bb. Le sentiment d&rsquo;accomplissement de soi au travail \u2013 dont l&rsquo;estime de soi professionnelle peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un indicateur majeur \u2013 appara\u00eet fortement li\u00e9 \u00e0 la capacit\u00e9 du sujet de r\u00e9organiser son \u00ab\u00a0mod\u00e8le de vie\u00a0\u00bb, sur la base de transactions plus ou moins explicites (r\u00e9elles ou symboliques) avec des \u00ab\u00a0autrui significatifs\u00a0\u00bb. Selon notre mod\u00e8le th\u00e9orique, la prise en compte des processus de valorisation des diff\u00e9rentes sph\u00e8res de vie informe sur le r\u00f4le que joue le mod\u00e8le de vie de la personne. Rappelons que celui-ci est une instance de signification et de d\u00e9lib\u00e9ration, non seulement entre des r\u00f4les identifiables dans une pluralit\u00e9 de sc\u00e8nes sociales (tels que d\u00e9finis par exemple dans les travaux de Super), mais aussi entre des registres d&rsquo;exp\u00e9riences et des sous-syst\u00e8mes d&rsquo;activit\u00e9s dont l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 peut \u00eatre source de dissonances pour la personne (Baubion-Broye, 1998).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ainsi, les diff\u00e9rences d&rsquo;estime de soi observ\u00e9es dans une telle situation de mobilit\u00e9 ne sauraient \u00eatre strictement d\u00e9termin\u00e9es par les caract\u00e9ristiques \u00ab\u00a0objectives\u00a0\u00bb de la situation, pas plus qu&rsquo;elles ne sauraient \u00eatre le r\u00e9sultat d&rsquo;un simple effet d&rsquo;inculcation ou d&rsquo;adaptation anticip\u00e9e au nouveau r\u00f4le professionnel. Comme le sugg\u00e8rent Roberts et Rosenwald (2001), il est vraisemblable que, lors d&rsquo;une phase de changement professionnel, \u00e9mergent des tensions conflictuelles entre, d&rsquo;une part, la volont\u00e9 ou la n\u00e9cessit\u00e9 de faire \u00e9voluer des repr\u00e9sentations de soi en r\u00e9ponse \u00e0 la situation nouvelle et aux enjeux identitaires dont elles est porteuse, et, d&rsquo;autre part, les r\u00e9sistances qu&rsquo;oppose le d\u00e9sir contradictoire, et plus ou moins conscient, de pr\u00e9server les \u00e9quilibres ant\u00e9rieurement construits, notamment au plan socioaffectif. Ainsi peut-on mieux comprendre que les \u00e9l\u00e8ves ing\u00e9nieurs ne vivent pas tous le changement dans lequel ils sont engag\u00e9s sur le mode d&rsquo;une valorisation de soi positive.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les enseignements tir\u00e9s de notre \u00e9tude m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre resitu\u00e9s dans un contexte de transformation du travail qui suscite de nos jours un renouvellement des questionnements relatifs \u00e0 la place qu&rsquo;il occupe dans la vie du sujet et aux fonctions psychologiques qu&rsquo;il remplit (Clot, 1999). Il est vrai que les \u00e9volutions rapides des contextes sociaux, \u00e9conomiques, organisationnels et technologiques des environnements professionnels confrontent, plus fr\u00e9quemment qu&rsquo;auparavant, les individus \u00e0 des changements plus ou moins subis ou d\u00e9sir\u00e9s qui ne sont pas sans incidence sur la d\u00e9finition, et l&rsquo;\u00e9volution, de leur sentiment d&rsquo;identit\u00e9. Adopter une approche syst\u00e9mique pour appr\u00e9hender les dynamiques identitaires \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans une telle exp\u00e9rience de mobilit\u00e9, c&rsquo;est aussi en retour, au plan pratique, \u00e9clairer les conditions d&rsquo;engagement du sujet dans l&rsquo;organisation de travail.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteurs<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Jean-Luc M\u00e8gemont et Alexis le Blanc <\/b> sont Ma\u00eetres de Conf\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Toulouse-le Mirail (France) et membres du laboratoire \u00ab\u00a0Personnalisation et Changements Sociaux\u00a0\u00bb. Leurs travaux portent sur la construction des identit\u00e9s et projets professionnels tout au long de la carri\u00e8re.<br \/>\nCourriel : <a class=\"style2\" href=\"mailto:megemont@univ-tlse2.fr\">megemont@univ-tlse2.fr<\/a><br \/>\nCourriel : <a class=\"style2\" href=\"mailto:aleblanc@univ-tlse2.fr\">aleblanc@univ-tlse2.fr<\/a><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Toulouse-le Mirail,<br \/>\nUFR de Psychologie, 5 all\u00e9es Antonio Machado,\u00a031058 Toulouse cedex 9.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">Notes<\/h3>\n<ol class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\n<li>Ce choix de privil\u00e9gier les situations de mobilit\u00e9 professionnelle<br \/>\nascendante (donnant acc\u00e8s au statut de cadre) tient en partie aux sp\u00e9cificit\u00e9s<br \/>\nculturelles du d\u00e9veloppement de carri\u00e8re en France et aux enjeux symboliques<br \/>\ndont cette transition est porteuse pour les salari\u00e9s concern\u00e9s (cf.<br \/>\nBoltanski, 1982).<\/li>\n<li>Bien s\u00fbr, il sera important, notamment lors de l&rsquo;interpr\u00e9tation et<br \/>\nla discussion des r\u00e9sultats, de garder en m\u00e9moire les limites inh\u00e9rentes<br \/>\n\u00e0 ce type d&rsquo;approche m\u00e9thodologique quand il s&rsquo;agit, comme c&rsquo;est le<br \/>\ncas dans cette \u00e9tude, d&rsquo;inf\u00e9rer des transformations \u00e0 partir d&rsquo;une simple<br \/>\ncomparaison entre groupes situ\u00e9s en des temps diff\u00e9rents de la mobilit\u00e9.<\/li>\n<li>Nous avons, notamment, r\u00e9duit le nombre d&rsquo;items de mani\u00e8re \u00e0 rendre<br \/>\nl&rsquo;inventaire compatible avec la dur\u00e9e de passation qui nous \u00e9tait impartie.<\/li>\n<li>De mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, on rel\u00e8ve les indices suivants : <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/a.png\" alt=\"\" width=\"12\" height=\"12\" \/>=.<br \/>\n72 pour E.S. familiale,<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/a.png\" alt=\"\" width=\"12\" height=\"12\" \/>=.<br \/>\n66 pour E.S. professionnelle, <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/a.png\" alt=\"\" width=\"12\" height=\"12\" \/>=.<br \/>\n67 pour E.S. sociale, <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/a.png\" alt=\"\" width=\"12\" height=\"12\" \/><br \/>\n=.70 pour E.S. personnelle.<\/li>\n<li>On parle d&rsquo;effet mod\u00e9rateur (ou modulateur) lorsque l&rsquo;effet de la<br \/>\nvariable ind\u00e9pendante sur la variable d\u00e9pendante est diff\u00e9rent selon<br \/>\nles niveaux de la variable mod\u00e9ratice. On \u00e9voquera un effet m\u00e9diateur<br \/>\nlorsque l&rsquo;effet de la variable ind\u00e9pendante sur la variable d\u00e9pendante<br \/>\nest indirect car il est transmis par la variable m\u00e9diatrice. Ce dernier<br \/>\ncas suppose l&rsquo;existence d&rsquo;une relation significative entre la variable<br \/>\nind\u00e9pendante et la variable m\u00e9diatrice de m\u00eame qu&rsquo;entre celle-ci et<br \/>\nla variable d\u00e9pendante (Brauer, 2000).<\/li>\n<\/ol>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"abstract\" name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\"><i>This study examines the effects of upward professional mobility on the subjects&rsquo; self-esteem. The investigation was carried out on a sample of 251 technicians preparing for their engineering degree during their career. In reference to a model of systemic analysis, we show, on one hand, that the effects of a professional\u2019s mobility on their self-esteem differ according to the domains of life to which this one relates ; on the other hand, that the variation of self-esteem levels during the phases of mobility is explained by the valuation of the subject\u2019s aspirations in various spheres of life. In a more general way, this study highlights the importance of meaning processes in the construction of identity at work as well as the interest of a theoretical perspective which considers the interdependent links between this domain of activities (i.e., work) and other places of the subject&rsquo;s socialization.<\/i><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">BAUBION-BROYE, A., HAJJAR, V. (1998). Transitions psychosociales et activit\u00e9s de personnalisation. 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Th\u00e8se de Doctorat Nouveau R\u00e9gime, Universit\u00e9 de Toulouse \u2013 le Mirail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MIYAMOTO, R.H., HISHINUMA, E.S., NISHIMURA, S.T., NAHULU, L.B., ANDRADE,\u00a0N.N., GOEBERT, D.A. (2000). Variation in self-esteem among adolescents\u00a0in an Asian\/Pacific-Islander sample. <em>Personality and Individual Differences<\/em>,\u00a029, n\u00b01, 13-25.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MURRAY, S.L., GRIFFIN, D.W., BELLAVIA P. R., BELLAVIA, G.M. (2003). Calibrating the Sociometer: The Relational Contingencies of Self-Esteem. <em>Journal of Personality and Social Psychology<\/em>, 85, n\u00b0 1, 63-84.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PALMADE, J. (2003). <em>L&rsquo;incertitude comme norme<\/em>. Paris : P.U.F.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">POWER, S.J., ROTHAUSEN, T.J. (2003). The work-oriented midcareer development model : An\u00a0extension of Super\u2019s maintenance stage. <em>The Counselling Psychologist<\/em>, 31, n\u00b02, 157-197.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PREECE, D., STEVEN, G., STEVEN V. (1999). <em>Work, Change and Competition : Managing for Bass<\/em>. Routledge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROBERTS, J.S., ROSENWALD, G.C. (2001). Ever upward and no turning back : social mobility and identity formation among first-generation college student. In D.P McAdam, R. Josselson, A. Lieblich (Eds), <em>Turns in the road : Narrative studies of lives in transition<\/em>, Washington, DC : American Psychological Association.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROSENBERG, M., &amp; PEARLIN, L. 1. (1978). Social class and self-esteem among children and <em>adults. American Journal of Sociology<\/em>, 84, 53-77.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROSENBERG, M. (1986).<em> Conceiving the Self.<\/em> Krieger: Malabar, FL.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SHRAUGER, J. S. (1990). <em>Self-confidence : Its conceptualization, measurement, and behavioral implications<\/em>. Suny (Buffalo) : \u00c9diteur inconnu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">TAP, P. (1998). Pr\u00e9face. In M. Bolognini, Y. Pr\u00eateur (Eds), <em>Estime de soi : perspectives d\u00e9veloppementales<\/em>. Lausanne : Delachaux et Niestl\u00e9, p. 9-30.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">TRZESNIEWSKI, K.H., DONNELLAN, M.B., ROBINS, R.W. (2003). Stability of Self-Esteem Across the Life Span. <em>Journal of Personality and Social Psychology<\/em>, 84, n\u00b01, 205-220.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">WANBERG, C.R., BANAS, J.T. (2000). Predictors and Outcomes of Openness to Changes in a Reorganizing Workplace.<em> Journal of Applied Psychology<\/em>, 85, n\u00b01, 132-142.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">WELLS, A.J. (1988). Variations in Mothers&rsquo; Self-Esteem in Daily Life. <em>Journal of Personality and Social Psychology<\/em>, 55, n\u00b0 4, 661-668.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ZHANG, L.F. ET POSTIGLIONE, G.A. (2001). Thinking styles, self-esteem,\u00a0and socio-economic status. <em>Personality and Individual Differences<\/em>,\u00a031, n\u00b08, 1333-1346.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>Annexe 1 : \u00c9chelle d&rsquo;estime de soi<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine familial<\/u><br \/>\nDans ma famille je suis tr\u00e8s aim\u00e9 de tout le monde<br \/>\nMa famille me comprend bien<br \/>\nJe me sens en d\u00e9calage avec mes parents<br \/>\nIl m\u2019arrive de penser que j\u2019aurais aim\u00e9 vivre seul, sans attaches<br \/>\nMes parents sont fiers de moi<br \/>\nDans ma famille on a souvent tendance \u00e0 me faire des reproches<br \/>\nJe passe souvent de bons moments en famille<br \/>\nJe souffre parfois de l\u2019indiff\u00e9rence de mes parents \u00e0 mon \u00e9gard<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine professionnel<\/u><br \/>\nJe me sens en d\u00e9calage avec mes coll\u00e8gues de travail<br \/>\nEn situation d\u2019apprentissage je comprends et assimile tr\u00e8s vite<br \/>\nJe suis fier de mon parcours professionnel<br \/>\nDans le domaine du travail, je ne r\u00e9ussis pas aussi bien que je le voudrais<br \/>\nOn ne reconna\u00eet pas suffisamment mes qualit\u00e9s professionnelles<br \/>\nJe pense pouvoir devenir quelqu\u2019un de brillant sur le plan professionnel<br \/>\nLe domaine professionnel est un domaine o\u00f9 je me sens valoris\u00e9<br \/>\nDans le domaine du travail je me sens souvent mal \u00e0 l&rsquo;aise<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine social<\/u><br \/>\nJ\u2019ai souvent des rapports difficiles avec les autres<br \/>\nJe trouve tr\u00e8s p\u00e9nible d\u2019avoir \u00e0 prendre parole dans un groupe<br \/>\nOn recherche plut\u00f4t ma compagnie<br \/>\nLes autres ne me font pas souvent confiance<br \/>\nJ&rsquo;ai g\u00e9n\u00e9ralement de l\u2019influence sur les autres<br \/>\nDans les activit\u00e9s de groupe on a tendance \u00e0 demander mon avis<br \/>\nJe suis plut\u00f4t m\u00e9fiant dans mes relations avec autrui<br \/>\nLes gens ont tendance \u00e0 se confier \u00e0 moi<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine personnel<\/u><br \/>\nJe me sens en forme et bien dans ma peau<br \/>\nJe n\u2019arrive pas \u00e0 me sentir pleinement heureux<br \/>\nJe me sens calme et assur\u00e9<br \/>\nJe n\u2019aime pas me voir en vid\u00e9o<br \/>\nJe me sens souvent maladroit<br \/>\nJe trouve que j\u2019ai de l\u2019\u00e9loquence<br \/>\nJe pense avoir du charme<br \/>\nJe suis trop souvent h\u00e9sitant<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>Annexe 2 : Echelle de valorisation des domaines de vie<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine familial <\/u><br \/>\nParticiper aux t\u00e2ches domestiques (cuisine, m\u00e9nage, &#8230;)<br \/>\nAvoir un enfant ou un autre enfant<br \/>\nParticiper aux r\u00e9unions familiales (f\u00eates, repas)<br \/>\nM\u2019occuper de la maison (am\u00e9nager, d\u00e9corer,..)<br \/>\nPartager mes loisirs avec ma famille (balades, sport,..)<br \/>\nCombler ma famille mat\u00e9riellement<br \/>\nFaire des voyages en famille<br \/>\nPartager mes connaissances et mes savoirs avec ma famille<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine professionnel<\/u><br \/>\nProgresser dans la hi\u00e9rarchie<br \/>\nFaire un travail diversifi\u00e9 qui touche plusieurs domaines<br \/>\nObtenir un salaire tr\u00e8s confortable<br \/>\nFaire un travail cr\u00e9atif, mettre en \u0153uvre mes id\u00e9es personnelles<br \/>\nFaire des voyages professionnels \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<br \/>\nEtre reconnu par ma hi\u00e9rarchie et mes coll\u00e8gues<br \/>\nFaire un travail o\u00f9 je puisse continuer d\u2019apprendre<br \/>\nTravailler avec des personnes que je trouve int\u00e9ressantes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine social<\/u><br \/>\n\u00catre membre d\u2019une association ou d\u2019un club<br \/>\n\u00c9largir le cercle de mes relations et de mes amis<br \/>\nAider les personnes en difficult\u00e9 (b\u00e9n\u00e9volat)<br \/>\nPrendre une part active \u00e0 la vie politique ou syndicale<br \/>\nParticiper \u00e0 des activit\u00e9s de groupe (sport, balade, jeux,..)<br \/>\nEntretenir des relations de bon voisinage l\u00e0 o\u00f9 j\u2019habite<br \/>\nAm\u00e9liorer mes comp\u00e9tences relationnelles en dehors du travail<br \/>\nD\u00e9velopper des relations extra-prof. avec mes coll\u00e8gues de travail<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u>Domaine personnel<\/u><br \/>\nPratiquer un sport en solitaire<br \/>\nGarder du temps pour lire<br \/>\nM\u2019am\u00e9nager des moments de r\u00e9flexion personnelle<br \/>\nProfiter de la nature (balade en solitaire, p\u00eache, chasse, ..)<br \/>\nPratiquer une activit\u00e9 artistique (peinture, musique, &#8230;)<br \/>\nMe d\u00e9tendre, regarder la t\u00e9l\u00e9, \u00e9couter la musique<br \/>\nSortir en ville (faire les magasins, aller au march\u00e9, &#8230;)<br \/>\nVoyager seul<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Luc M\u00e8gemont, Alexis le Blanc Auteurs R\u00e9sum\u00e9\/Abstract Cette \u00e9tude examine les effets d&rsquo;une mobilit\u00e9 professionnelle ascendante sur l&rsquo;estime de soi des sujets qui en font l&rsquo;exp\u00e9rience. 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