{"id":6469,"date":"2004-02-02T00:16:21","date_gmt":"2004-02-01T23:16:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6469"},"modified":"2016-02-02T00:54:11","modified_gmt":"2016-02-01T23:54:11","slug":"de-la-connaissance-la-reconnaissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2004\/de-la-connaissance-la-reconnaissance\/","title":{"rendered":"De la connaissance la reconnaissance"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><b>D\u00e9fis que pose et que devra affronter l\u2019approche\u00a0centr\u00e9e sur la personne dans une perspective dialogique et \u00e9thique\u00a0en ce d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_06_schmid.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6320 size-full alignright\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b> <i>Peter F. SCHMID<br \/>\nTraduction\u00a0: Marie-Andr\u00e9e Dionne, trad.a.<\/i><\/b><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><a href=\"06.schmid_eng.html\">english version<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu1\">1. \u00abPersonne\u00bb et \u00abrencontre\u00bb\u00a0&#8211; Deux concepts fondamentaux dans une perspective dialogique<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu2\"> 2. Pr\u00e9sence \u2013 Les \u00abconditions essentielles\u00bb\u00a0dans une perspective dialogique<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu3\"> 3. \u00catre interpell\u00e9(e) et r\u00e9pondre\u00a0\u2013 Le changement de paradigme \u00e9thique et \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0de Carl Rogers<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu4\"> 4. D\u00e9fis paradigmatiques \u2013 Quelques perspectives\u00a0pour l\u2019avenir de l\u2019approche<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Mon intention dans cet article<sup>1<\/sup>, est d\u2019approfondir\u00a0les fondements de l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne en mettant\u00a0l\u2019accent sur la psychoth\u00e9rapie et le counseling. Je l\u2019ai\u00a0con\u00e7u de fa\u00e7on \u00e0 stimuler un \u00e9change au sujet\u00a0des d\u00e9fis <i>que pose <\/i>et <i>que devra affronter <\/i>l\u2019approche\u00a0centr\u00e9e sur la personne en ce d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle,\u00a0dans la perspective de la philosophie de la rencontre, du dialogue, de\u00a0l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie et de l\u2019\u00e9thique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Je suis convaincu que Carl Rogers lui-m\u00eame aurait\u00a0beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 cette fa\u00e7on de c\u00e9l\u00e9brer\u00a0son 100<sup>e<\/sup> anniversaire\u00a0: ne pas se contenter de nommer\u00a0et d\u2019\u00e9num\u00e9rer ses m\u00e9rites, mais bien, dans l\u2019esprit\u00a0qui le caract\u00e9risait, aller de l\u2019avant dans la compr\u00e9hension\u00a0de ce que sa r\u00e9volution \u2013\u00a0car c\u2019\u00e9tait bel\u00a0et bien une r\u00e9volution\u00a0\u2013 signifie aujourd\u2019hui et\u00a0des d\u00e9fis qui nous attendent demain, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur\u00a0et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de notre communaut\u00e9 \u2013\u00a0notre\u00a0\u00ab\u00a0politique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure\u00a0\u00bb,\u00a0pour ainsi dire. En d\u2019autres mots\u00a0: les t\u00e2ches qui nous\u00a0attendent si nous tentons de pousser plus loin dans la voie qu\u2019il\u00a0a trac\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour commencer, j\u2019aimerais vous convier \u00e0\u00a0un petit exercice d\u2019imagination\u00a0: Imaginez que, quelles que\u00a0soient les circonstances qui vous aient men\u00e9(e) l\u00e0, vous\u00a0vous retrouvez plong\u00e9(e) au milieu d\u2019une culture qui vous\u00a0est inconnue sur une \u00eele isol\u00e9e o\u00f9 vous devez repartir\u00a0\u00e0 z\u00e9ro et vous refaire une vie compl\u00e8tement nouvelle,\u00a0sans aucune des personnes que vous avez connues jusqu\u2019ici. Est-ce\u00a0que votre d\u00e9veloppement \u00e0 partir de ce moment fera de vous\u00a0une personne diff\u00e9rente de celle que vous \u00e9tiez avant\u00a0?\u00a0Ou resterez-vous pas mal la m\u00eame personne \u2013\u00a0avec quelques\u00a0diff\u00e9rences ext\u00e9rieures\u00a0\u2013 mais au fond la m\u00eame\u00a0personne qu\u2019auparavant\u00a0? Comment vous consid\u00e9rez-vous\u00a0?\u00a0Qu\u2019est-ce qui fait de vous la personne que vous \u00eates\u00a0?\u00a0Ce que vous avez apport\u00e9 avec vous, ce qui vous a \u00e9t\u00e9\u00a0donn\u00e9 depuis le tout d\u00e9but et ce qui, au fil du temps, a\u00a0grandi \u00e0 partir de l\u2019int\u00e9rieur de vous-m\u00eame\u00a0?\u00a0Ou bien ce que vous avez d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 travers les\u00a0relations importantes de votre vie et qui, par cons\u00e9quent, va continuer\u00a0de changer au fil de vos nouvelles relations\u00a0? Qu\u2019est-ce qui\u00a0fait de vous ce que vous \u00eates\u00a0?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Et de gr\u00e2ce, ne r\u00e9pondez\u00a0pas trop vite\u00a0: \u00ab\u00a0les deux\u00a0\u00bb. Chaque personne\u00a0a une th\u00e9orie profonde et souvent implicite, non r\u00e9fl\u00e9chie,\u00a0au sujet d\u2019elle-m\u00eame et, quand \u00e7a compte vraiment, elle\u00a0se dit\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai la force int\u00e9rieure pour affronter\u00a0cela\u00a0\u00bb, ou bien elle est convaincue d\u2019\u00eatre d\u00e9pendante\u00a0des relations qu\u2019elle a avec les autres. Alors, quelle est votre\u00a0conviction \u00e0 propos de vous-m\u00eame\u00a0?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans une approche centr\u00e9e\u00a0sur la <i>personne<\/i>, r\u00e9fl\u00e9chir de fa\u00e7on fondamentale\u00a0\u00e0 la conception de l\u2019\u00eatre humain sur laquelle on doit\u00a0fonder sa th\u00e9orie et sa pratique, et par cons\u00e9quent adopter\u00a0une position anthropologique de base, a une importance d\u00e9cisive.\u00a0Il va sans dire que ceci ne peut \u00eatre fait sans tenter de se comprendre\u00a0soi-m\u00eame. Les th\u00e9rapeutes et les \u00ab\u00a0counselors\u00a0\u00bb\u00a0doivent savoir comment ils et elles se consid\u00e8rent eux-m\u00eames\u00a0et elles-m\u00eames pour pouvoir \u00eatre ouvert(e)s \u00e0 la conception\u00a0de soi de leur client(e) dans <i>son<\/i> \u00eele isol\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le nom de cette approche contient\u00a0le mot \u00ab\u00a0personne\u00a0\u00bb, ce qui suffit pour demander\u00a0ce que cela signifie en r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame si le nom peut\u00a0avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli \u00e0 l\u2019origine pour des\u00a0raisons pragmatiques (c&rsquo;est-\u00e0-dire pour trouver un terme pouvant\u00a0englober de nouveaux champs d\u2019application, au-del\u00e0 des client(e)s),\u00a0Rogers l\u2019a aussi choisi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment en raison\u00a0de sa signification essentielle (voir Kirschenbaum 1979, p. 424). En effet,\u00a0contrairement \u00e0 d\u2019autres interpr\u00e9tations psychoth\u00e9rapeutiques\u00a0et sociopsychologiques, l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne\u00a0jette un regard radical sur l\u2019\u00eatre humain en tant que personne\u00a0et repr\u00e9sente par cons\u00e9quent un changement radical de paradigme\u00a0en philosophie, en psychologie et en psychoth\u00e9rapie. Ce que Carl\u00a0Rogers a fait \u00e9tait ni plus ni moins que de relier entre eux psychoth\u00e9rapie\u00a0et domaines connexes \u00e0 la grande tradition occidentale qui consiste\u00a0\u00e0 consid\u00e9rer l\u2019\u00eatre humain comme une personne\u00a0au lieu de le traiter comme un objet, de l\u2019analyser comme une machine,\u00a0comme \u00ab\u00a0l\u2019appareil de la psyche\u00a0\u00bb, ou de le\u00a0r\u00e9duire \u00e0 son comportement et \u00e0 son rendement \u2013\u00a0ou\u00a0encore, dans les d\u00e9veloppements plus r\u00e9cents du dernier\u00a0si\u00e8cle, de d\u00e9grader les personnes en les r\u00e9duisant\u00a0\u00e0 des fonctions dans des syst\u00e8mes.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a name=\"contenu1\"><\/a>1. \u00ab\u00a0Personne\u00a0\u00bb\u00a0et \u00ab\u00a0rencontre\u00a0\u00bb \u2014 Deux concepts fondamentaux\u00a0dans une perspective dialogique<\/b><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><b><i>1.1 \u00ab\u00a0Personne\u00a0\u00bb\u00a0:\u00a0l\u2019\u00eatre humain dans son ind\u00e9pendance et son interd\u00e9pendance<\/i><\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le mot \u00ab\u00a0personne\u00a0\u00bb\u00a0d\u00e9note une vision sp\u00e9cifique de l\u2019\u00eatre humain\u00a0enti\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9e et \u00e9labor\u00e9e\u00a0dans la tradition jud\u00e9ochr\u00e9tienne et, par cons\u00e9quent,\u00a0dans la philosophie et la th\u00e9ologie occidentales. Il combine deux\u00a0dimensions irr\u00e9vocables<b> <\/b>de l\u2019existence humaine\u00a0:\u00a0l\u2019aspect substantiel ou individuel \u2013\u00a0\u00eatre une personne\u00a0\u2013,\u00a0et l\u2019aspect relationnel ou transcendant ou dialogique \u2013\u00a0devenir\u00a0une personne. J\u2019ai travaill\u00e9 sur ceci en d\u00e9tail (Schmid\u00a01991; 1998a; 2001d) et je vais en faire un bref survol comme point de\u00a0d\u00e9part.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">C\u2019est Bo\u00e8ce (480-525\u00a0ap. J.-C.) qui, le premier, a d\u00e9fini <i>la conception substantialiste\u00a0(ou individualiste) <\/i>de la personne\u00a0: <i>Persona est rationalis\u00a0naturae individua substantia<\/i> (la personne est une substance individuelle\u00a0de nature rationnelle). Le mot \u00ab\u00a0substance\u00a0\u00bb d\u00e9rive\u00a0de <i>sub-stare,<\/i> qui signifie litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0atteindre\u00a0une position debout \u00e0 partir d\u2019en-dessous\u00a0\u00bb. Par\u00a0cons\u00e9quent, cela signifie se tenir debout par soi-m\u00eame, \u00eatre\u00a0fond\u00e9 sur soi-m\u00eame,<b> <\/b>et implique donc autonomie et\u00a0ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, quiconque\u00a0associe personne avec ind\u00e9pendance et unicit\u00e9, libert\u00e9\u00a0et dignit\u00e9, unit\u00e9, souverainet\u00e9 et autod\u00e9termination,\u00a0responsabilit\u00e9, droits humains, etc., se voit lui-m\u00eame ou\u00a0elle-m\u00eame dans la tradition d\u2019une telle conception individualiste\u00a0de la personne. C\u2019est ce qu\u2019on veut dire lorsqu\u2019on d\u00e9finit\u00a0l\u2019\u00eatre humain comme une personne \u00e0 partir du moment\u00a0de la conception, sans \u00e9gard \u00e0 sa sant\u00e9 ni \u00e0\u00a0son d\u00e9veloppement physique ou mental. \u00catre une personne signifie\u00a0par cons\u00e9quent \u00eatre-par-soi (en allemand\u00a0: <i>Aus-sich-Sein<\/i>)\u00a0et \u00eatre-pour-soi (<i>F\u00fcr-sich-Sein<\/i>).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019influence de cette conception\u00a0de la personne est particuli\u00e8rement marqu\u00e9e dans les d\u00e9buts\u00a0de la r\u00e9flexion de Carl Rogers, p\u00e9riode durant laquelle,\u00a0en se fondant sur la tendance actualisante, il comprend l\u2019\u00eatre\u00a0humain principalement du point de vue individualiste, et o\u00f9 par\u00a0cons\u00e9quent il consid\u00e8re la th\u00e9rapie comme un processus\u00a0de d\u00e9veloppement de la personnalit\u00e9 avec accent sur la confiance\u00a0dans l\u2019organisme, un Moi r\u00e9aliste et par-dessus tout la consid\u00e9ration\u00a0positive ainsi que l\u2019empathie comme conditions b\u00e9n\u00e9fiques.\u00a0Rogers cr\u00e9e alors l\u2019expression \u00ab\u00a0personne fonctionnant\u00a0pleinement\u00a0\u00bb pour exprimer la notion id\u00e9ale de l\u2019\u00eatre\u00a0humain mature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><i>La notion relationaliste\u00a0<\/i>de ce que signifie \u00eatre une personne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie\u00a0par Richard de Saint-Victor (1173 ap. J.-C.) dans la tradition de la th\u00e9ologie<b>\u00a0<\/b>patristique<b>\u00a0<\/b>: il comprenait la personne comme une <i>naturae\u00a0rationalis incommunicabilis exsistentia<\/i><b> <\/b>(existence incommunicable\u00a0d\u2019une nature raisonnable). Ici, la personne n\u2019est pas con\u00e7ue\u00a0comme une sub-sistence, mais comme une ek-sistence, comme venant \u00e0\u00a0\u00eatre \u00e0 partir de l\u2019ext\u00e9rieur (\u00ab\u00a0ex\u00a0\u00bb),\u00a0\u00e0 travers les autres, et se tenant devant les autres. Par cons\u00e9quent,\u00a0une personne est celui ou celle qui est devenu(e) lui-m\u00eame ou elle-m\u00eame\u00a0pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 travers les autres, ce qui implique\u00a0interd\u00e9pendance, solidarit\u00e9 et responsabilit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ainsi, quiconque comprend la personne\u00a0\u00e0 travers les relations, \u00e0 travers le dialogue, \u00e0\u00a0travers le partenariat, \u00e0 travers les rapports avec le monde, \u00e0\u00a0travers la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres,\u00a0\u00e0 travers \u00ab\u00a0l\u2019interrelationalit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0[<i>interconnectedness<\/i>], quiconque le ou la voit dans la totalit\u00e9\u00a0de la communaut\u00e9, comme fondamentalement indisponible, quiconque\u00a0met l\u2019accent sur le fait qu\u2019un homme ou une femme est une personne\u00a0en autant qu\u2019il ou elle est en relation avec d\u2019autres, suit\u00a0la tradition de la conception relationaliste de la \u00ab\u00a0personne\u00a0\u00bb.\u00a0\u00catre une personne signifie donc \u00eatre-par- et \u00eatre-dans-une-relation\u00a0(en allemand\u00a0: <i>aus- und in-Beziehung-sein<\/i>), \u00eatre \u00e0\u00a0travers les autres.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Cette conception de l\u2019\u00eatre\u00a0humain en tant que personne caract\u00e9rise particuli\u00e8rement\u00a0l\u2019\u0153uvre tardive de Rogers, o\u00f9 il comprend la personne\u00a0comme relationnelle, incluse dans un groupe ou une communaut\u00e9,\u00a0comme ayant des rapports interpersonnels, \u00e0 cause de son \u00ab\u00a0interrelationalit\u00e9\u00a0\u00bb.\u00a0Il s\u2019ensuit que la rencontre mutuelle est un \u00e9l\u00e9ment\u00a0d\u00e9cisif en th\u00e9rapie et dans le d\u00e9veloppement personnel,\u00a0et Rogers consid\u00e8re d\u00e8s lors la sinc\u00e9rit\u00e9<sup>2\u00a0<\/sup>comme une condition facilitatrice pr\u00e9\u00e9minente.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces deux fa\u00e7ons de comprendre\u00a0l\u2019\u00eatre humain sont contradictoires, et m\u00eame conflictuelles,\u00a0mais c\u2019est exactement cette tension entre autonomie et interrelationalit\u00e9,\u00a0ind\u00e9pendance et interd\u00e9pendance, autosuffisance<b> <\/b>et\u00a0engagement, souverainet\u00e9 et solidarit\u00e9, qui donne \u00e0\u00a0l\u2019humain son caract\u00e8re unique. De plus, on peut clairement\u00a0montrer que la signification du mot \u00ab\u00a0personne\u00a0\u00bb\u00a0dans le contexte original et authentique [de l\u2019approche] centr\u00e9e\u00a0sur la personne fait pr\u00e9cis\u00e9ment r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00e0 ces deux dimensions que l\u2019on peut caract\u00e9riser par\u00a0les expressions accrocheuses \u00ab\u00a0tendance actualisante\u00a0\u00bb\u00a0et \u00ab\u00a0personne fonctionnant pleinement\u00a0\u00bb d\u2019une\u00a0part, et \u00ab\u00a0relation\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0rencontre\u00a0\u00bb<b>\u00a0<\/b>d\u2019autre part. Qui plus est, cette position anthropologique, bien\u00a0d\u00e9velopp\u00e9e par la ph\u00e9nom\u00e9nologie et la philosophie\u00a0personnaliste (ou dialogique ou de la rencontre), est la caract\u00e9ristique\u00a0distinctive de la compr\u00e9hension, de la pens\u00e9e et de l\u2019action\u00a0centr\u00e9es sur la personne. Ce n\u2019est que dans la dialectique\u00a0de ces deux interpr\u00e9tations, non dans un \u00ab\u00a0ou bien\u2026\u00a0ou bien\u2026\u00a0\u00bb mais dans un \u00ab\u00a0et\u2026 et\u2026\u00a0\u00bb,\u00a0que le myst\u00e8re de la personne devient accessible \u00e0 quiconque\u00a0se permet de s\u2019impliquer dans une relation de personne \u00e0 personne.\u00a0Une conception de la personne issue de ces deux perspectives contraste\u00a0avec une conception privatiste de l\u2019\u00eatre humain tout aussi\u00a0bien qu\u2019avec une conception collectiviste.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pendant de nombreuses ann\u00e9es,\u00a0Rogers lui-m\u00eame s\u2019est plus occup\u00e9 de l\u2019aspect individuel\u00a0de la personne, au sens th\u00e9orique, mettant l\u2019accent sur la\u00a0personne en tant qu\u2019individu unique et \u00e0-ne-pas-diriger en\u00a0th\u00e9rapie. Ce n\u2019est que plus tard qu\u2019il s\u2019est concentr\u00e9\u00a0de plus en plus sur la dimension relationnelle. En outre, il n\u2019a\u00a0pas document\u00e9 cela de fa\u00e7on aussi structur\u00e9e que\u00a0lorsqu\u2019il \u00e9crivait, dans ses ouvrages plus anciens, au sujet\u00a0de l\u2019aspect substantiel de l\u2019individu dans la relation th\u00e9rapeutique.\u00a0N\u00e9anmoins, contact et relation formaient une cat\u00e9gorie centrale\u00a0de son anthropologie d\u00e8s les tout d\u00e9buts (cf. Schmid 2001c),\u00a0et la formulation des \u00ab\u00a0conditions n\u00e9cessaires et suffisantes\u00a0d\u2019une modification th\u00e9rapeutique de la personnalit\u00e9\u00a0\u00bb<b>\u00a0<\/b>n\u2019aurait jamais pu voir le jour sans cela. D\u00e9j\u00e0,\u00a0ici, la premi\u00e8re condition fait r\u00e9f\u00e9rence au contact\u00a0\u2013\u00a0un fondement relationnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Ce n\u2019est certainement pas une co\u00efncidence\u00a0si Rogers a fr\u00e9quemment et explicitement fait r\u00e9f\u00e9rence\u00a0(par exemple\u00a0: Rogers, 1961, 153) \u00e0 deux philosophes \u00e0\u00a0qui l\u2019histoire du concept de personne a toujours accord\u00e9 une\u00a0position de premi\u00e8re importance\u00a0: Kierkegaard, qui consid\u00e8re\u00a0la mis\u00e8re de l\u2019individu, et Buber, qui souligne les occasions\u00a0qu\u2019implique le dialogue.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour r\u00e9sumer\u00a0: L\u2019axiome\u00a0<i>dialectique<\/i> de base en anthropologie centr\u00e9e sur la personne\u00a0est la tendance actualisante en tant que force de l\u2019individu, ench\u00e2ss\u00e9e\u00a0dans l\u2019interrelationalit\u00e9, la nature sociale de la personne.\u00a0Les deux axes de l\u2019axiome forment les fondements de la compr\u00e9hension\u00a0de la personnalisation \u2014 du fait de \u00ab\u00a0devenir une personne\u00a0\u00bb\u00a0de fa\u00e7on authentique (Rogers 1961)<b>.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><b><i>1.2 \u00ab\u00a0Rencontre\u00a0\u00bb\u00a0:\u00a0contact\u00a0avec l\u2019inattendu<\/i><\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><i><u>Se rencontrer face \u00e0 face\u00a0: l\u2019importance\u00a0\u00ab\u00a0d\u2019\u00eatre contre\u00a0\u00bb<\/u><\/i><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Une des cons\u00e9quences du fait\u00a0de consid\u00e9rer l\u2019\u00eatre humain comme une personne est la\u00a0prise de conscience qu\u2019accepter une autre personne signifie la reconna\u00eetre\u00a0v\u00e9ritablement comme Autre au sens de la philosophie dialogique\u00a0ou de la rencontre. Il ou elle n\u2019est pas un(e) <i>alter ego<\/i>,\u00a0pas <i>a priori<\/i> un(e) ami(e) intime, pas une personne identifiable.\u00a0Il ou elle est une personne enti\u00e8rement diff\u00e9rente. Ce n\u2019est\u00a0que lorsqu\u2019on appr\u00e9cie pleinement ce fait \u2013\u00a0la diff\u00e9rence\u00a0fondamentale\u00a0\u2013 que la rencontre et la communaut\u00e9 deviennent\u00a0possibles. Ren-<i>contrer<\/i> une autre personne signifie tout d\u2019abord\u00a0prendre en consid\u00e9ration que l\u2019Autre, r\u00e9ellement, \u00ab\u00a0se\u00a0tient<b> <\/b>devant moi\u00a0\u00bb [<i>stands counter<\/i>]<sup>3<\/sup>,\u00a0parce qu\u2019il ou elle est essentiellement diff\u00e9rent(e) de moi\u00a0(cf. Schmid 1998b).<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le philosophe allemand et th\u00e9ologien\u00a0catholique <i>Romano Guardini <\/i>(1885-1968) comprend la rencontre comme\u00a0un \u00e9tonnant contact avec la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019Autre.\u00a0Selon Guardini (1955), rencontre signifie que l\u2019on est touch\u00e9\u00a0par l\u2019essence de celui ou celle qui se tient face \u00e0 nous.\u00a0Une ouverture sans but, une distance qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e9tonnement\u00a0et l\u2019initiative d\u2019un homme ou d\u2019une femme libre sont des\u00a0conditions indispensables pour que cela puisse se produire. Dans la rencontre\u00a0interpersonnelle, affinit\u00e9 et ali\u00e9nation peuvent \u00eatre\u00a0v\u00e9cues en m\u00eame temps. La rencontre est une aventure qui contient\u00a0une semence cr\u00e9atrice, une perc\u00e9e vers quelque chose de\u00a0nouveau. La relation \u00ab\u00a0se centre dans l\u2019Autre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le grand th\u00e9ologien protestant\u00a0<i>Paul Tillich <\/i>(1886-1965), avec qui Rogers a \u00e9tabli un dialogue\u00a0ouvert (Rogers\/Tillich 1966), soulignait que la personne \u00e9merge\u00a0de la r\u00e9sistance [qui survient] dans la rencontre de l\u2019Autre\u00a0:\u00a0si la personne \u00ab\u00a0ne rencontrait pas la r\u00e9sistance d&rsquo;autres\u00a0Soi, tout Soi tenterait de se faire lui-m\u00eame absolu. [\u2026] Un\u00a0individu peut faire la conqu\u00eate de tout le monde des objets, mais\u00a0il ne peut conqu\u00e9rir une personne sans la d\u00e9truire comme\u00a0une personne. L&rsquo;individu se d\u00e9couvre lui-m\u00eame \u00e0 travers\u00a0cette r\u00e9sistance. S&rsquo;il ne veut pas d\u00e9truire l&rsquo;autre personne,\u00a0il doit entrer en communion avec elle. Dans la r\u00e9sistance de l&rsquo;autre\u00a0personne, la personne est n\u00e9e.\u00a0\u00bb (Tillich, 1951, vol.\u00a0II, p. 39.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">\u00ab\u00a0\u00catre contre\u00a0\u00bb,\u00a0selon <i>Martin Buber <\/i>(1878-1965) est le fondement de la rencontre\u00a0face \u00e0 face. \u00catre devant l\u2019Autre offre la possibilit\u00e9\u00a0de lui faire face et de le ou la reconna\u00eetre. \u00catre une personne\u00a0consiste dans l\u2019\u00e9v\u00e9nement de la rencontre ou du dialogue,\u00a0de la communication de soi-m\u00eame. Buber d\u00e9finit la rencontre\u00a0comme l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de la relation Je-Tu, un \u00e9v\u00e9nement\u00a0o\u00f9 l\u2019on devient pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019Autre. Le\u00a0Je n\u2019est pas constitu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que survienne\u00a0une telle relation de rencontre<b>\u00a0<\/b>:<b><i> <\/i><\/b>\u00ab\u00a0Je\u00a0m&rsquo;accomplis au contact du Tu; c\u2019est en devenant Je que je dis Tu.<sup>4\u00a0<\/sup>[\u2026] Toute vie v\u00e9ritable est rencontre.\u00a0\u00bb (Buber,\u00a01923, 13). Par cons\u00e9quent, la rencontre se trouve l\u00e0 o\u00f9\u00a0se produit le dialogue.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On peut ais\u00e9ment comprendre\u00a0la notion \u00ab\u00a0contre\u00a0\u00bb de la rencontre en pensant\u00a0\u00e0 deux personnes se tenant c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te et faisant\u00a0un pas l\u2019une vers l\u2019autre. Cela commence par un pas pour se\u00a0placer devant l\u2019autre. Ce pas en apparence si simple est cependant\u00a0fondamental\u00a0: s\u2019\u00e9loigner d\u2019un pas et se placer devant\u00a0l\u2019autre personne pour ainsi se trouver face \u00e0 elle ou \u00ab\u00a0contre\u00a0\u00bb\u00a0elle. Dans cette \u00ab\u00a0position\u00a0\u00bb, j\u2019appr\u00e9cie\u00a0l\u2019Autre comme quelqu\u2019un d\u2019ind\u00e9pendant, comme un\u00a0individu autonome, diff\u00e9rent et s\u00e9par\u00e9 de moi, qui\u00a0m\u00e9rite que je m\u2019en occupe \u2013\u00a0autrement je lui tournerais\u00a0le dos. \u00c9tant devant elle ou lui, l\u2019autret\u00e9 de l\u2019Autre\u00a0est appr\u00e9ci\u00e9e. Se tenir face \u00e0 face \u00e9vite\u00a0\u00e0 la fois l\u2019identification et l\u2019objectification. Cela\u00a0permet la rencontre. Le pas pour se tenir devant l\u2019Autre et lui faire\u00a0face constitue \u2013\u00a0litt\u00e9ralement\u00a0\u2013 le tournant\u00a0:\u00a0je me tourne vers l\u2019Autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">\u00ab\u00a0Se tenir contre\u00a0\u00bb\u00a0signifie aussi se donner mutuellement de la place et partager un espace<b>\u00a0<\/b>commun. Cela exprime le respect. En faisant face \u00e0 l\u2019Autre,\u00a0je peux le ou la voir et reconna\u00eetre son unicit\u00e9 et ses qualit\u00e9s.\u00a0<i>En lui faisant face, je ne pense pas \u00e0 ce que je pourrais savoir\u00a0\u00e0 son sujet, mais je suis pr\u00eat ou pr\u00eate \u00e0 accepter\u00a0ce qu\u2019il ou elle va divulguer.<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Faire un tel pas n\u2019est pas un acte insignifiant,\u00a0pas un acte sans risque, inoffensif et \u00ab\u00a0doux\u00a0\u00bb.\u00a0\u00catre contre implique toujours \u00ab\u00a0confrontation\u00a0\u00bb\u00a0(le mot latin <i>frons<\/i> signifie \u00ab\u00a0front\u00a0\u00bb),\u00a0et peut m\u00eame sous-entendre conflit. Il est donc essentiel pour la\u00a0compr\u00e9hension de la rencontre et de la reconnaissance de prendre\u00a0en compte et de composer avec l\u2019agression<sup>5<\/sup>, chose que\u00a0les personnes impliqu\u00e9es dans l\u2019approche centr\u00e9e sur\u00a0la personne \u00e9vitent souvent (cf. Schmid 1996, p. 469-486; 2001c,\u00a0p. 57-58).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-nj\"><i><u>\u00catre tenu en \u00e9veil\u00a0par une \u00e9nigme\u00a0: le d\u00e9fi de la rencontre<\/u><\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Le philosophe existentialiste fran\u00e7ais Gabriel\u00a0Marcel (1889-1973) insistait sur le fait que l\u2019Autre a toujours \u00e9t\u00e9\u00a0pr\u00e9existant. (1935). <\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">De fa\u00e7on semblable, Emmanuel\u00a0L\u00e9vinas (1905-1995)<sup>6<\/sup> met l\u2019accent sur cette v\u00e9rit\u00e9,\u00a0que l\u2019on peut observer ph\u00e9nom\u00e9nologiquement et sur\u00a0le plan du d\u00e9veloppement psychologique, que l\u2019Autre est toujours\u00a0premier venu, et il montre que ceci est une question \u00e9thique fondamentale\u00a0(L\u00e9vinas 1961; 1974; 1983).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u00e9vinas souligne que toute\u00a0la philosophie occidentale est rest\u00e9e une \u00ab\u00a0\u00e9gologie\u00a0\u00bb\u00a0(et ceci s\u2019applique \u00e9galement \u00e0 la psychologie en tant\u00a0que sa \u00ab\u00a0fille\u00a0\u00bb et \u00e0 la psychoth\u00e9rapie\u00a0en tant que sa \u00ab\u00a0petite-fille\u00a0\u00bb, incluant son orientation\u00a0soi-disant humaniste au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle). Cette fixation\u00a0sur le Je est clairement pr\u00e9dominante dans la terminologie de ces\u00a0formes de la psychologie humaniste qui ne se concentrent que sur le d\u00e9veloppement\u00a0personnel (remarquez les nombreuses expressions avec les mots \u00ab\u00a0soi\u00a0\u00bb,\u00a0\u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0personnel\u00a0\u00bb qui\u00a0les d\u00e9signent). En d\u00e9pit de toutes les prises de position\u00a0contre une objectification et une instrumentalisation, cela indique finalement\u00a0une r\u00e9duction de l\u2019Autre \u00e0 ce que l\u2019Autre signifie\u00a0pour <i>moi. <\/i>\u00c0 cet \u00e9gard, m\u00eame la phrase bien\u00a0connue de Martin Buber (1923, p. 13) \u00ab\u00a0Je m\u2019accomplis\u00a0au contact du Tu.\u00a0\u00bb r\u00e9sonne soudain tout diff\u00e9remment\u00a0:\u00a0m\u00eame ici, comme on pourrait s\u2019y attendre, tout est encore focalis\u00e9<b>\u00a0<\/b>sur <i>moi. <\/i>Ceci pr\u00e9sente les id\u00e9aux du mouvement\u00a0humaniste sous un autre jour. Selon L\u00e9vinas, ce qui autrefois semblait\u00a0\u00eatre une qualit\u00e9 humaine distinctive \u2013\u00a0le d\u00e9sir\u00a0absolu de se d\u00e9terminer et de se r\u00e9aliser, \u00ab\u00a0autod\u00e9termination\u00a0\u00bb\u00a0et \u00ab\u00a0r\u00e9alisation de soi\u00a0\u00bb\u00a0\u2013, s\u2019est\u00a0av\u00e9r\u00e9 \u00eatre la raison de la violence contre l\u2019autre\u00a0\u00eatre humain dans l\u2019histoire du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0(Waldsch\u00fctz 1993).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans son \u0153uvre principale<b>\u00a0<\/b><i>Totalit\u00e9 et infini<\/i>, L\u00e9vinas (1961) souligne\u00a0qu\u2019exister signifie \u00eatre prisonnier de soi-m\u00eame, pris\u00a0dans la totalit\u00e9 de son propre monde. Selon L\u00e9vinas, la\u00a0premi\u00e8re ali\u00e9nation de l\u2019\u00eatre humain est d\u2019\u00eatre\u00a0incapable de se d\u00e9barrasser de lui-m\u00eame. C\u2019est \u00e0\u00a0tort que l\u2019intention d\u2019une morale simpliste s\u2019oriente vers\u00a0\u00eatre son propre ma\u00eetre. Mais \u00e9merger de la totalit\u00e9\u00a0de l\u2019\u00eatre-pris-en-lui-m\u00eame ne se produit pas en \u00ab\u00a0\u00e9tant\u00a0ind\u00e9pendant\u00a0\u00bb. La puissance qui lib\u00e8re le Je\u00a0de lui-m\u00eame, c\u2019est plut\u00f4t l\u2019Autre. Le fondement\u00a0de la confiance en soi n\u2019est pas la r\u00e9flexion sur soi-m\u00eame,\u00a0mais la relation \u00e0 l\u2019Autre. Cela brise les limites du moi\u00a0et ouvre l\u2019in-finit\u00e9. Le moi na\u00eet de la relation \u00e0\u00a0une autre personne.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019Autre \u2013\u00a0qui est\u00a0absolument diff\u00e9rent(e) et non un(e) <i>alter ego<\/i>, et qui ne\u00a0doit pas donc \u00eatre vu(e) \u00e0 partir de ma perspective\u00a0\u2013\u00a0est celui ou celle qui vient vers moi, qui s\u2019approche de moi. L\u2019Autre\u00a0\u00ab\u00a0entre\u00a0\u00bb dans la relation \u2013\u00a0ce que L\u00e9vinas\u00a0appelle une \u00ab\u00a0visitation\u00a0\u00bb<sup>7<\/sup>. Il utilise\u00a0la m\u00e9taphore du \u00ab\u00a0visage\u00a0\u00bb [en fran\u00e7ais\u00a0dans le texte]\u00a0: Mon regard est touch\u00e9 par le regard du visage.\u00a0De ce fait, l\u2019Autre n\u2019est pas dans mon paysage, mais je suis\u00a0dans le paysage de l\u2019Autre. Le mouvement va du Tu au Je. Aussi, dans\u00a0une perspective d\u00e9veloppementale, l\u2019origine du mouvement est-elle\u00a0toujours dans le Tu\u00a0: c\u2019est l\u2019appel, l\u2019interpellation\u00a0d\u2019un autre \u00eatre humain, qui \u00e9voque une r\u00e9ponse,\u00a0nous confronte avec la libert\u00e9 et le risque. La rencontre se produit,\u00a0pour l\u2019\u00eatre humain, longtemps avant qu\u2019il puisse aspirer\u00a0\u00e0 une telle exp\u00e9rience.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, la rencontre\u00a0dans le dialogue s\u2019av\u00e8re \u00eatre une condition pour la\u00a0conscience de soi, \u00eatre une in-finit\u00e9, \u00eatre une transcendance\u00a0courante du <i>status quo <\/i>(totalitaire), \u00eatre un d\u00e9part\u00a0sans retour\u00a0: c\u2019est Abraham qui entreprend un voyage sans retour\u00a0vers un pays inconnu et non Ulysse qui revient finalement \u00e0 son\u00a0point de d\u00e9part, que l\u2019on doit prendre comme personnage symbolique.<sup>8<\/sup><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En d\u2019autres mots, la rencontre\u00a0est toujours un d\u00e9fi\u00a0: \u00ab\u00a0Rencontrer un \u00eatre\u00a0humain signifie \u00eatre tenu en \u00e9veil par une \u00e9nigme\u00a0\u00bb\u00a0affirme L\u00e9vinas (1983, p. 120).<sup>9<\/sup><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu2\" name=\"contenu2\"><\/a>2. Pr\u00e9sence\u00a0\u2014 Les \u00ab\u00a0conditions essentielles\u00a0\u00bb dans une\u00a0perspective dialogique<\/b><\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La condition pr\u00e9alable existentielle\u00a0de la rencontre, de cet \u00ab\u00a0\u00eatre avec en \u00e9tant contre\u00a0\u00bb,\u00a0est d\u2019\u00eatre l\u00e0, d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0pr\u00e9sent(e)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><b> <i>2.1<\/i><\/b><i>\u00a0\u00a0<b>\u00ab\u00a0Pr\u00e9sence\u00a0\u00bb \u2014 un \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0avec\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00eatre contre\u00a0\u00bb psychophysique<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La fa\u00e7on dont Rogers (1986)\u00a0d\u00e9crit la relation th\u00e9rapeutique comme \u00eatre pr\u00e9sent(e)\u00a0\u00e0 l\u2019Autre semble \u00eatre, plus qu\u2019il ne l\u2019a remarqu\u00e9\u00a0lui-m\u00eame, une description fondamentale et compr\u00e9hensive d\u2019une\u00a0relation de rencontre th\u00e9rapeutique. Ensemble, l\u2019authenticit\u00e9,\u00a0la consid\u00e9ration positive inconditionnelle et l\u2019empathie constituent\u00a0<i>une <\/i>attitude humaine, une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre en relation\u00a0et d\u2019agir fondamentale, que l\u2019on peut v\u00e9ritablement caract\u00e9riser\u00a0comme pr\u00e9sence psychophysique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il est bien connu et assez souvent\u00a0cit\u00e9 que Carl Rogers (cf. <i>ibid.<\/i>), dans ses derni\u00e8res\u00a0ann\u00e9es, a d\u00e9crit un ph\u00e9nom\u00e8ne des relations\u00a0th\u00e9rapeutiques qu\u2019il a appel\u00e9 \u00ab\u00a0pr\u00e9sence\u00a0\u00bb.\u00a0En examinant ce ph\u00e9nom\u00e8ne de pr\u00e8s, j\u2019ai acquis\u00a0la conviction que cette \u00ab\u00a0pr\u00e9sence\u00a0\u00bb est\u00a0le fondement existentiel des attitudes de base que sont la congruence,\u00a0la consid\u00e9ration positive inconditionnelle et l\u2019empathie.\u00a0D\u2019un point de vue personnaliste, ceci n\u2019est pas une quatri\u00e8me\u00a0condition essentielle ni m\u00eame une condition essentielle additionnelle.\u00a0Ce concept d\u00e9crit de fa\u00e7on plut\u00f4t compr\u00e9hensive\u00a0les attitudes de base d\u2019une fa\u00e7on existentielle. Ce que Carl\u00a0Rogers a d\u00e9crit comme authenticit\u00e9, consid\u00e9ration\u00a0positive inconditionnelle et empathie correspond \u00e0 la pr\u00e9sence\u00a0telle que comprise \u00e0 un niveau plus profond, dialogique-personnel.\u00a0Au sens de la philosophie de la rencontre, la pr\u00e9sence (en allemand\u00a0:\u00a0<i>Gegenw\u00e4rtigkeit<\/i>) est le c\u0153ur existentiel de ces attitudes.\u00a0Elle est plus amplement expliqu\u00e9e par la description des conditions\u00a0elles-m\u00eames que Rogers a toujours comprises holistiquement\u00a0:\u00a0interreli\u00e9es, intrins\u00e8quement connect\u00e9es, une \u00e9quation\u00a0\u00e0 trois variables. Aucune de ces conditions n\u2019a de sens th\u00e9rapeutique\u00a0sans les autres.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sence peut donc \u00eatre\u00a0consid\u00e9r\u00e9e, dans un sens dialectique, comme ce que Hegel\u00a0appelait un <i>Aufhebung<\/i> des attitudes de base. Le mot allemand <i>aufheben\u00a0<\/i>signifie (1) pr\u00e9server, (2) abolir et dissoudre, et (3) remplacer,\u00a0transcender et donner un nouveau sens \u00e0 un niveau plus \u00e9lev\u00e9.\u00a0Si l\u2019on prend ces significations ensemble et au m\u00eame moment,\u00a0\u00ab\u00a0pr\u00e9sence\u00a0\u00bb peut \u00eatre compris comme\u00a0un <i>Aufhebung<\/i> des attitudes de base\u00a0: elles sont pr\u00e9serv\u00e9es\u00a0aussi bien que dissoutes en \u00e9tant remplac\u00e9es et transcend\u00e9es.\u00a0Il en d\u00e9coule que la pr\u00e9sence dans la rencontre est \u00ab\u00a0plus\u00a0que la somme de ses variables\u00a0\u00bb. Ce qui est essentiel dans\u00a0la compr\u00e9hension et la r\u00e9alisation de la relation centr\u00e9e\u00a0sur la personne, c\u2019est la transcendance des attitudes<b> <\/b>de base\u00a0prises individuellement pour former une mani\u00e8re d\u2019<i>\u00eatre\u00a0<\/i>ensemble fondamentale, pleine et extensive\u00a0: ainsi, la source\u00a0et le but de l\u2019action centr\u00e9e sur la personne est la rencontre\u00a0personnelle. Alors, la pr\u00e9sence doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e\u00a0non seulement comme un \u00e9tat de conscience alt\u00e9r\u00e9\u00a0et transcendant, comme Rogers (<i>ibid.<\/i>) l\u2019\u00e9crit, mais\u00a0aussi comme une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre en ouverture, comme \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0dans la rencontre\u00a0\u00bb (Schmid 1994; 1996; 2001a).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, la pr\u00e9sence\u00a0est une expression de l\u2019authenticit\u00e9, car elle est li\u00e9e\u00a0au flux pr\u00e9sent et imm\u00e9diat de l\u2019exp\u00e9rience\u00a0[<i>experiencing<\/i>]. Elle refl\u00e8te la congruence <i>et <\/i>la\u00a0diff\u00e9rence, pour une personne, entre son exp\u00e9rience et sa\u00a0symbolisation, et entre sa symbolisation et sa communication. La pr\u00e9sence\u00a0est une expression d\u2019empathie parce que, dans l\u2019\u00e9merveillement\u00a0existentiel, elle est li\u00e9e \u00e0 ce dont l\u2019Autre fait l\u2019exp\u00e9rience.\u00a0Et la pr\u00e9sence est une expression de la consid\u00e9ration positive\u00a0inconditionnelle en tant qu\u2019acceptation de moi-m\u00eame et en tant\u00a0que reconnaissance personnelle de l\u2019Autre, des sentiments imm\u00e9diatement\u00a0pr\u00e9sents qu\u2019il ou elle vit, quels qu\u2019ils soient.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le mot pr\u00e9sence \u2014 qui\u00a0d\u00e9rive du latin <i>esse<\/i>, dont le sens est \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb\u00a0\u2014 signifie \u00eatre authentiquement en tant que personne, pleinement\u00a0moi-m\u00eame et pleinement ouvert(e); entier ou enti\u00e8re; vivant\u00a0pleinement l\u2019individu que je suis; vivant pleinement les relations\u00a0dans lesquelles je me trouve, et les relations que je suis. (Nous ne sommes\u00a0pas seulement <i>en<\/i> relation, nous <i>sommes<\/i> relations.) Le d\u00e9fi\u00a0consiste \u00e0 \u00eatre soi-m\u00eame et en relation tout \u00e0\u00a0la fois et en m\u00eame temps. \u00catre capable d\u2019\u00eatre touch\u00e9(e),\u00a0impressionn\u00e9(e), surpris(e), chang\u00e9(e), alt\u00e9r\u00e9(e),\u00a0en croissance, et aussi \u00eatre capable de m\u2019en tenir \u00e0\u00a0mes propres exp\u00e9riences et symbolisations (plut\u00f4t que de\u00a0prendre les exp\u00e9riences, interpr\u00e9tations et positions des\u00a0autres), d\u2019appr\u00e9cier \u00e0 partir de l\u2019int\u00e9rieur\u00a0(sans juger <i>la personne<\/i> de l\u2019autre), d\u2019avoir son propre\u00a0point de vue. Voil\u00e0 ce que signifie \u00eatre pr\u00e9sent.\u00a0Voil\u00e0 ce que signifie \u00eatre authentique. Voil\u00e0 ce que\u00a0signifie \u00eatre une personne.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans la \u00ab\u00a0mani\u00e8re\u00a0d\u2019\u00eatre avec\u00a0\u00bb que caract\u00e9rise le mot \u00ab\u00a0pr\u00e9sence\u00a0\u00bb,\u00a0\u00eatre et agir co\u00efncident compl\u00e8tement (contrairement\u00a0\u00e0 \u00ab\u00a0faire\u00a0\u00bb). La personne est ses exp\u00e9riences,\u00a0la personne fait ce qu\u2019elle est et est ce qu\u2019elle fait \u2013\u00a0une\u00a0congruence vivante ayant un influence profonde sur ceux et celles avec\u00a0qui elle entre en relation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><b><i>2.2 Authenticit\u00e9,\u00a0\u00ab\u00a0enveloppement\u00a0\u00bb et reconnaissance<\/i><\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si on examine de plus pr\u00e8s\u00a0ces conditions dites essentielles bien connues et qu\u2019on les envisage\u00a0\u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019une perspective philosophique dialogique\u00a0et de la rencontre<sup>10<\/sup>, on verra non seulement de nouveaux aspects\u00a0dans et au sujet de ces attitudes bien connues, mais aussi, au tout premier\u00a0plan, la cons\u00e9quence globale de ce point de vue ph\u00e9nom\u00e9nologique\u00a0et \u00e9pist\u00e9mologique sur l\u2019image de l\u2019\u00eatre\u00a0humain \u2013\u00a0c&rsquo;est-\u00e0-dire une nouvelle r\u00e9ponse \u00e0\u00a0la vieille question de savoir ce qu\u2019est la psychoth\u00e9rapie\u00a0elle-m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">1. <i>Authenticit\u00e9 <\/i>\u2013\u00a0sinc\u00e9rit\u00e9\u00a0\u2013\u00a0signifie que la personne (les th\u00e9rapeutes autant que les client(e)s)\u00a0est consid\u00e9r\u00e9e comme son propre auteur et on lui fait confiance\u00a0en tant que telle. Une personne authentique, par cons\u00e9quent, est\u00a0son propre \u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb dans sa relation \u00e0\u00a0elle-m\u00eame et aux autres. \u00catre authentique est une condition\u00a0pr\u00e9alable pour ouvrir un dialogue \u2013\u00a0la fa\u00e7on de\u00a0communiquer entre personnes o\u00f9 l\u2019autre est v\u00e9ritablement\u00a0reconnu(e) comme un(e) Autre (au sens mentionn\u00e9 plus haut de la\u00a0philosophie de la rencontre) qui s\u2019ouvre et se r\u00e9v\u00e8le.\u00a0Ainsi, dans une perspective \u00e9pist\u00e9mologique, l\u2019authenticit\u00e9\u00a0est le fondement d\u2019une communication personnelle et facilitatrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">\u00catre authentique est\u00a0un d\u00e9fi particulier si nous prenons en compte l\u2019id\u00e9e\u00a0qu\u2019en pratique, il n\u2019y a pas une \u00ab\u00a0relation-Je-Tu\u00a0\u00bb\u00a0(id\u00e9aliste), mais bien plut\u00f4t que les relations sont toujours\u00a0ench\u00e2ss\u00e9es dans des groupes et dans la soci\u00e9t\u00e9\u00a0dans son ensemble. Ceci sous-entend \u00e9galement le besoin de poser\u00a0un jugement pour d\u00e9couvrir sa propre position, et en m\u00eame\u00a0temps celui de reconna\u00eetre chacun(e) comme un \u00eatre autonome.\u00a0C\u2019est ainsi que s\u2019ouvre, avec de profondes cons\u00e9quences\u00a0th\u00e9rapeutiques, sociales et politiques, la \u00ab\u00a0perspective\u00a0du Nous\u00a0\u00bb de la rencontre et de la pr\u00e9sence, dans le\u00a0jeu dialectique \u00ab\u00a0\u00eatre avec\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0contre\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><i>2. <\/i>L\u2019id\u00e9e philosophique\u00a0sous-jacente \u00e0 la consid\u00e9ration positive inconditionnelle\u00a0est la <i>reconnaissance<\/i>. La reconnaissance est plus que l\u2019absence\u00a0de jugement. C\u2019est une fa\u00e7on active et pro-active de dire\u00a0d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment oui \u00e0 l\u2019Autre en tant que\u00a0personne. Cela signifie que la personne en tant que telle est \u00ab\u00a0ap-pr\u00e9ci\u00e9(e)\u00a0\u00bb\u00a0dans sa valeur et sa dignit\u00e9 \u2013\u00a0estim\u00e9e comme un\u00a0\u00eatre \u00ab\u00a0pr\u00e9cieux\u00a0\u00bb. Elle vise une re-connais-sance\u00a0mutuelle en tant que personnes plut\u00f4t qu\u2019une connaissance au\u00a0sujet de l\u2019autre. Si l\u2019on prend en consid\u00e9ration la notion\u00a0relationnelle de la personne, la reconnaissance nous dirige vers d\u00e9fi\u00a0de la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans une perspective d\u00e9veloppementale,\u00a0nous entrons dans le monde par la con-ception, en \u00e9tant con\u00e7u(e).\u00a0Dans ce moment pr\u00e9cis, nous entrons en relation et sommes ac-cept\u00e9(e).\u00a0Dans des circonstances normales, na\u00eetre signifie \u00eatre attendu(e)\u00a0et re\u00e7u(e). Ainsi, d\u00e8s le premier moment de notre existence,\u00a0il y a les Autres et nous naissons dans des relations avec elles et eux.\u00a0L\u2019Autre ou les Autres \u00e9taient ici \u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb\u00a0nous, comme je l\u2019ai mentionn\u00e9. Ils et elles nous attendent\u00a0et nous accueillent \u00e0 la fois; ils et elles sont \u00e9tranges\u00a0et surprenant(e)s pour nous. De ce point de vue, l\u2019Autre est toujours\u00a0vu(e) comme un appel et une \u00ab\u00a0pro-vocation\u00a0\u00bb. L\u2019autre\u00a0\u00eatre est celui ou celle qui m\u2019est inconnu(e), qui me surprend,\u00a0et \u00e0 qui je me surprends \u00e0 m\u2019opposer, que je dois affronter\u00a0\u2013\u00a0sans le ou la monopoliser ni le ou la rejeter\u00a0\u2013\u00a0face \u00e0 face. La pr\u00e9sence de l\u2019Autre qui, toujours,\u00a0est \u00ab\u00a0premier venu\u00a0\u00bb est une demande de r\u00e9ponse\u00a0\u00e0 laquelle je ne peux \u00e9chapper, car personne ne peut r\u00e9pondre\u00a0\u00e0 ma place. Nous sommes oblig\u00e9(e) et responsable face \u00e0\u00a0l\u2019autre et nous lui devons une r\u00e9ponse \u2013\u00a0ce qui\u00a0fait de l\u2019Autre une \u00ab\u00a0priorit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, dans chaque\u00a0rencontre personnelle r\u00e9side la r\u00e9ponse \u00e0 un appel.\u00a0Et la r\u00e9ponse est issue d\u2019une respons-abilit\u00e9. Ainsi\u00a0la dimension \u00e9thique de la rencontre est-elle d\u00e9not\u00e9e\u00a0:\u00a0l\u2019Autre est un appel et une provocation, et la relation \u00e0\u00a0lui ou \u00e0 elle est en principe asym\u00e9trique. La personne dans\u00a0le besoin repr\u00e9sente une exigence. \u00c0 partir de l\u2019interpellation\u00a0de l\u2019Autre grandit une responsabilit\u00e9 fondamentale (appel\u00e9e\u00a0<i>diakonia<\/i> (service) par L\u00e9vinas) ancr\u00e9e dans le fait\u00a0que personne d\u2019autre ne peut r\u00e9pondre \u00e0 ma place. C\u2019est\u00a0pourquoi en r\u00e9pondant \u00e0 l\u2019Autre, nous ne faisons que\u00a0notre devoir.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><i>3. <\/i>Si la reconnaissance d\u00e9crit la psychoth\u00e9rapie\u00a0comme un art de r\u00e9pondre en tant que personne, l\u2019\u00ab\u00a0enveloppement\u00a0\u00bb<sup>11\u00a0<\/sup><i>, <\/i>habituellement appel\u00e9 \u00ab\u00a0compr\u00e9hension<b>\u00a0<\/b>empathique\u00a0\u00bb, identifie la psychoth\u00e9rapie comme\u00a0l\u2019art de ne-pas-savoir. Dans une perspective personnelle, \u00eatre\u00a0empathique signifie g\u00e9n\u00e9ralement s\u2019exposer \u00e0\u00a0la pr\u00e9sence de l\u2019Autre\u00a0: \u00eatre ouvert(e) \u00e0\u00a0\u00eatre touch\u00e9(e) existentiellement par la r\u00e9alit\u00e9\u00a0d\u2019une autre personne et toucher sa r\u00e9alit\u00e9. Ainsi,\u00a0la possibilit\u00e9 imm\u00e9diate et le risque de changer soi-m\u00eame\u00a0est toujours pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">L\u2019Autre\u00a0: semblable\u00a0\u00e0 moi et diff\u00e9rent(e) malgr\u00e9 tout, voisin(e) et rival(e),\u00a0ami(e) et ennemi(e), miroir et \u00e9nigme. L\u2019empathie est la capacit\u00e9,\u00a0le d\u00e9fi et la tentative d\u2019entrer dans une relation solidaire\u00a0avec l\u2019Autre, reconnaissant la diversit\u00e9 et malgr\u00e9\u00a0tout essayant de comprendre et de prendre conscience de lui ou d\u2019elle.\u00a0\u00catre empathique signifie \u00e9riger un pont vers une <i>terra\u00a0incognita<\/i>. L\u2019empathie \u00e9tablit un pont qui permet de traverser\u00a0le foss\u00e9 des diff\u00e9rences, le foss\u00e9 entre les personnes\u00a0\u2013\u00a0sans enlever le foss\u00e9, sans ignorer les diff\u00e9rences\u00a0\u2013;\u00a0elle ne pr\u00e9tend pas qu\u2019il y ait identit\u00e9 des deux,\u00a0non plus qu\u2019elle n\u2019abandonne \u00e0 la vue de la diversit\u00e9;\u00a0elle ne m\u00e9lange pas ce qui est diff\u00e9rent ni ne capitule\u00a0\u00e0 la vue des profondeurs de l\u2019autret\u00e9 \u2013\u00a0elle\u00a0cr\u00e9e un pont.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Parce qu\u2019elle s\u2019attend\u00a0\u00e0 l\u2019inattendu, l\u2019empathie est le fondement \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0de la th\u00e9rapie centr\u00e9e sur la personne.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu3\" name=\"contenu3\"><\/a>3. \u00catre\u00a0interpell\u00e9(e) et r\u00e9pondre \u2014 Le changement de paradigme\u00a0\u00e9thique et \u00e9pist\u00e9mologique de Carl Rogers<\/b><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">En r\u00e9sum\u00e9, et\u00a0pour tirer les cons\u00e9quences de ces consid\u00e9rations, une nouvelle\u00a0vision de la psychoth\u00e9rapie et du counseling se d\u00e9veloppe.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On ne peut rendre justice \u00e0\u00a0l\u2019Autre qu\u2019en effectuant le passage de la per-cept-ion \u00e0\u00a0l\u2019ac-cept-ation, de la connaissance \u00e0 la reconnaissance \u2014\u00a0la fa\u00e7on personnelle de r\u00e9aliser un changement de paradigme\u00a0\u00e9pist\u00e9mologique d\u2019une formidable importance pour la\u00a0compr\u00e9hension de la psychoth\u00e9rapie et des relations humaines\u00a0en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En tant que personne, l\u2019Autre\u00a0fait \u00e9clater les fronti\u00e8res de notre connaissance, de ce\u00a0que nous pouvons percevoir. Au lieu de la connaissance (factuelle), c\u2019est\u00a0la reconnaissance qui est requise. Nous ne pouvons pas le ou la comprendre\u00a0ou l\u2019\u00ab\u00a0envelopper\u00a0\u00bb (le mot \u00ab\u00a0comprendre\u00a0\u00bb\u00a0signifie \u00e0 l\u2019origine \u00ab\u00a0entourer\u00a0\u00bb ou\u00a0\u00ab\u00a0encercler\u00a0\u00bb quelqu\u2019un). C\u2019est l\u2019Autre\u00a0qui s\u2019ouvre, se r\u00e9v\u00e8le. \u00c9tant vraiment un(e)\u00a0Autre, il ou elle ne peut jamais \u00eatre <i>connu(e) <\/i>ou <i>reconnu(e)\u00a0<\/i>par quelqu\u2019un d\u2019autre, mais doit \u00eatre <i>respect\u00e9(e)\u00a0<\/i>dans son unicit\u00e9. Faire connaissance avec l\u2019Autre exige que\u00a0nous soyons ouvert(e) \u00e0 ce que l\u2019Autre va faire conna\u00eetre\u00a0de lui-m\u00eame ou d\u2019elle-m\u00eame, \u00e0 ce qu\u2019il ou\u00a0elle montre, d\u00e9voile, r\u00e9v\u00e8le.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Avec la connaissance vient le jugement,\u00a0tandis qu\u2019avec la reconnaissance vient la croyance. La rencontre\u00a0ne vise pas \u00e0 la certitude de la connaissance, mais c\u2019est\u00a0une croyance<b>\u00a0<\/b>: reconnaissance \u00e9gale amour au sens de\u00a0<i>agap\u00e9<\/i>, comme Rogers<b> <\/b>lui-m\u00eame l\u2019a \u00e9crit.<sup>12\u00a0<\/sup>(Tout comme l\u2019ancienne acception du mot \u00ab\u00a0conna\u00eetre\u00a0\u00bb\u00a0au sens de contact sexuel, cette acception de \u00ab\u00a0reconnaissance\u00a0\u00bb\u00a0sous-entend une forme intime et intense de communication humaine.)<sup>13<\/sup><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019Autre est celui ou celle\u00a0qui ne peut pas \u00eatre compris mais avec qui on peut \u00ab\u00a0empathiser\u00a0\u00bb.\u00a0Avec la conscience de l\u2019autret\u00e9 fondamentale de l\u2019Autre,\u00a0nous pouvons faciliter son processus d\u2019ouverture, mais nous ne pouvons\u00a0en aucune fa\u00e7on diriger ni guider ce processus.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Sur le plan \u00e9pist\u00e9mologique,\u00a0ceci inverse l\u2019ordre habituel de la communication. Elle va de l\u2019Autre\u00a0vers moi, et non de moi vers l\u2019Autre. Cela d\u00e9note une relation\u00a0Tu-Je. Nous ne tentons pas de comprendre l\u2019Autre en faisant des analogies\u00a0qui partent de nous vers lui ou elle, en estimant comment ou qui il ou\u00a0elle est. Nous tentons plut\u00f4t de comprendre l\u2019Autre en nous\u00a0ouvrant \u00e0 tout ce dont il ou elle fait l\u2019exp\u00e9rience,\u00a0tout ce qu\u2019il ou elle montre, communique ou r\u00e9v\u00e8le.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Et, comme je le mentionnais plus\u00a0haut, en le ou la reconnaissant, nous sommes capable (et nous sommes pri\u00e9(e))\u00a0de r\u00e9pondre, ce qui est une responsabilit\u00e9 fondamentale\u00a0issue de notre respons-abilit\u00e9. C\u2019est pourquoi r\u00e9pondre\u00a0de fa\u00e7on authentique \u00e0 une autre personne, que ce soit en\u00a0th\u00e9rapie ou dans toute relation personnelle, constitue <i>le <\/i>d\u00e9fi\u00a0\u00e9thique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><i><u>La psychoth\u00e9rapie\u00a0comme discipline et profession \u00e9thique<\/u><\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Quoi que puisse \u00eatre\u00a0la psychoth\u00e9rapie par ailleurs, lorsqu\u2019elle est comprise d\u2019une\u00a0fa\u00e7on personnelle, c\u2019est une entreprise \u00e9thique, une\u00a0discipline et une profession \u00e9thique. (Ceci ne doit pas \u00eatre\u00a0entendu dans un sens moraliste. L\u2019\u00e9thique d\u00e9note une\u00a0philosophie morale, pas la casuistique ni la moralisation. Ce n\u2019est\u00a0pas, comme j\u2019ai tent\u00e9 de le montrer, une conclusion morale\u00a0ou un concept d\u00e9riv\u00e9 de pr\u00e9misses th\u00e9oriques\u00a0ou philosophiques, mais la \u00ab\u00a0philosophie premi\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0d\u00e9riv\u00e9e de l\u2019exp\u00e9rience de la rencontre. Voir\u00a0Schmid 2001d; 2002b.)<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans la pratique de la psychoth\u00e9rapie,\u00a0si on refl\u00e8te cela sur le plan th\u00e9orique, on prend la d\u00e9cision\u00a0de r\u00e9pondre \u00e0 la mis\u00e8re, \u00e0 la peine, \u00e0\u00a0la vie d\u2019une autre personne, de partager ses joies et ses chagrins.\u00a0Cela d\u00e9coule du fait d\u2019\u00eatre interpell\u00e9(e) par\u00a0l\u2019autre, d\u2019\u00eatre touch\u00e9(e), de recevoir une demande,\u00a0d\u2019\u00eatre appel\u00e9(e), d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9(e).\u00a0Cela signifie que le besoin de l\u2019autre est l\u00e0 d\u2019abord\u00a0et que la psychoth\u00e9rapie r\u00e9agit, r\u00e9pond, \u00e0\u00a0une exigence. Ainsi, toute psychoth\u00e9rapie a son origine dans l\u2019Autre,\u00a0qu\u2019elle voit comme un Appel.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ce qui se produit en psychoth\u00e9rapie,\u00a0si celle-ci est comprise comme une relation de rencontre, c\u2019est que\u00a0le client ou la cliente s\u2019ouvre et se r\u00e9v\u00e8le. La t\u00e2che\u00a0du ou de la th\u00e9rapeute est alors non pas de tenter d\u2019obtenir\u00a0une connaissance au sujet du client<b> <\/b>ou de la cliente, mais de reconna\u00eetre\u00a0la personne qui se montre. \u00c0 partir de cette fa\u00e7on de voir\u00a0les relations en g\u00e9n\u00e9ral, la psychoth\u00e9rapie en particulier\u00a0adopte \u00e9galement une nouvelle compr\u00e9hension \u2013\u00a0non\u00a0individualiste\u00a0\u2013 de la r\u00e9alisation de soi en tant que\u00a0r\u00e9alisation dans et \u00e0 partir des relations dans lesquelles\u00a0l\u2019individu \u00e9volue. La r\u00e9alisation de soi n\u2019est\u00a0jamais possible sans la r\u00e9alisation de l\u2019Autre. En th\u00e9rapie,\u00a0ceci s\u2019applique aux deux\u00a0: client(e) et th\u00e9rapeute.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Bref, la psychoth\u00e9rapie doit\u00a0\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9thique,\u00a0sp\u00e9cialement lorsqu\u2019on part, comme le faisait Carl Rogers,\u00a0d\u2019une consid\u00e9ration ph\u00e9nom\u00e9nologique (et non\u00a0de la morale).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">L\u2019art de ne-pas-savoir\u00a0est une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre en relation l\u2019un avec l\u2019autre\u00a0que nous avons l\u2019obligation d\u2019\u00e9tablir l\u2019un envers\u00a0l\u2019autre en tant que personnes, et d\u2019\u00e9tablir envers nous-m\u00eame.\u00a0C\u2019est une attitude d\u2019humilit\u00e9 devant l\u2019inconnu (Grant\u00a01990), une attitude d\u2019humilit\u00e9 \u00e0 la vue de l\u2019unicit\u00e9\u00a0de l\u2019Autre.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans la rencontre interpersonnelle\u00a0que nous appelons th\u00e9rapie, interpell\u00e9(e) et incit\u00e9(e)\u00a0\u00e0 r\u00e9pondre, nous assumons une profonde responsabilit\u00e9,\u00a0une obligation par laquelle notre semblable s\u2019attend \u00e0 ce\u00a0que nous fournissions le service que nous nous devons l\u2019un \u00e0\u00a0l\u2019autre, et donc \u00e0 ce que nous fassions notre devoir. Ce que\u00a0nous nous devons l\u2019un \u00e0 l\u2019autre n\u2019est rien d\u2019autre\u00a0que l\u2019amour.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><b><a id=\"contenu4\" name=\"contenu4\"><\/a>4. D\u00e9fis\u00a0paradigmatiques \u2014 Quelques perspectives pour l\u2019avenir de l\u2019approche<\/b><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Rogers a donn\u00e9 une\u00a0impulsion tellement d\u00e9cisive et nous a laiss\u00e9 un h\u00e9ritage\u00a0si riche que la r\u00e9alisation concr\u00e8te d\u2019un certain nombre\u00a0de ses cons\u00e9quences sont encore \u00e0 venir. Si l\u2019approche\u00a0est prise au s\u00e9rieux en tant qu\u2019\u00ab\u00a0approche\u00a0\u00bb\u00a0(et non comme une doctrine toute faite), et si nous prenons \u00e9galement\u00a0au s\u00e9rieux ses implications \u2013\u00a0qui d\u00e9coulent de\u00a0la compr\u00e9hension de l\u2019\u00eatre humain en tant que personne\u00a0au sein de la soci\u00e9t\u00e9, et de la responsabilit\u00e9 de\u00a0la rencontre\u00a0\u2013, un \u00e9ventail de changements n\u00e9cessaires\u00a0et de grande port\u00e9e, au sens de d\u00e9veloppements futurs de\u00a0l\u2019approche \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019image de l\u2019homme\u00a0et de la pratique, se bousculent dans notre esprit.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, en terminant,\u00a0je vais nommer explicitement certains points (sans pr\u00e9tendre \u00eatre\u00a0complet) que je consid\u00e8re essentiels pour d\u00e9velopper l\u2019approche\u00a0plus avant, en particulier dans le domaine du counseling et de la th\u00e9rapie.\u00a0Ils pourraient donner un avant-go\u00fbt des sortes de d\u00e9fis que\u00a0l\u2019approche va fournir et affronter.<sup>14<\/sup><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans la tentative de comprendre l\u2019\u00eatre humain\u00a0en tant que personne, il est tout aussi important d\u2019insister sur\u00a0le fait que toutes les personnes sont \u00e9gales qu\u2019il est important\u00a0d\u2019insister sur les <i>questions sp\u00e9cifiques relatives au sexe\u00a0et au genre<\/i>. Les personnes existent en tant que femmes ou hommes,\u00a0pas en tant qu\u2019\u00eatres asexu\u00e9s. La perspective masculine\u00a0traditionnelle pr\u00e9dominante (\u00e0 titre d\u2019exemple, r\u00e9f\u00e9rez-vous\u00a0\u00e0 la conception de la tendance actualisante en tant que force motrice<b>\u00a0<\/b>\u2013\u00a0un point de vue substantialiste) doit \u00eatre \u00e9quilibr\u00e9e\u00a0par des perspectives et des descriptions \u00ab\u00a0f\u00e9minines\u00a0\u00bb\u00a0(par exemple, la tendance actualisante comme force d\u2019interrelation\u00a0\u2013\u00a0un point de vue relationaliste). Hommes et femmes sont mis(e)s\u00a0au d\u00e9fi de trouver de nouvelles fa\u00e7ons de se comprendre\u00a0eux-m\u00eames, elles-m\u00eames et mutuellement, et de traiter avec\u00a0eux-m\u00eames, elles-m\u00eames et l\u2019un avec l\u2019autre \u2013\u00a0des\u00a0fa\u00e7ons qui c\u00e9l\u00e8brent la diversit\u00e9 \u00e9galement\u00a0dans les questions sp\u00e9cifiques de sexe et de genre (voir Schmid\u00a0et Winkler 2002).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Prendre au s\u00e9rieux l\u2019humain en tant qu\u2019\u00eatre\u00a0social, comme d\u00e9crit plus haut, r\u00e9sulte en une <i>r\u00e9-\u00e9valuation\u00a0de l\u2019indication pour la th\u00e9rapie individuelle ou de groupe<\/i>.\u00a0En raison de la compr\u00e9hension fondamentale de l\u2019\u00eatre\u00a0humain dans ses relations sociales et en tant que personne dans un groupe,\u00a0et en raison de la prise de conscience du fait que travailler sur les\u00a0conflits se fait mieux l\u00e0 o\u00f9 les conflits surgissent, c&rsquo;est-\u00e0-dire\u00a0dans les groupes, la question est plut\u00f4t de d\u00e9terminer jusqu\u2019\u00e0\u00a0quel point le groupe est l\u2019endroit th\u00e9rapeutique \u00e0\u00a0privil\u00e9gier, tandis que la relation individuelle \u2013\u00a0comme\u00a0dans une relation sp\u00e9ciale et sp\u00e9cialement prot\u00e9g\u00e9e\u00a0\u2013\u00a0ne serait indiqu\u00e9e que lorsqu\u2019une protection sp\u00e9ciale\u00a0est n\u00e9cessaire ou lorsque d\u2019autres raisons particuli\u00e8res\u00a0l\u2019exigent. On peut prouver que l\u2019approche centr\u00e9e sur\u00a0la personne est profond\u00e9ment sociale et est en fait, par cons\u00e9quent,\u00a0une approche de groupe, contrairement \u00e0 la fa\u00e7on dont on\u00a0la consid\u00e8re \u00e0 cause de son d\u00e9veloppement historique.\u00a0Par le fait m\u00eame, le groupe est consid\u00e9r\u00e9 comme un\u00a0aspect central de l\u2019avenir de l\u2019approche. Ceci oppose \u00e9galement\u00a0la \u00ab\u00a0pathologie\u00a0\u00bb qui consiste \u00e0 mettre trop\u00a0l\u2019accent sur la th\u00e9rapie individuelle dans certains pays et\u00a0en certains domaines (Schmid 1996, p. 57-76 et 139-148; 2001h).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une telle attitude exige l\u2019<i>inclusion<\/i>,\u00a0de fa\u00e7on non spectaculaire, de modes cr\u00e9atifs de compr\u00e9hension\u00a0et d\u2019action \u2013\u00a0en particulier le jeu et l\u2019art\u00a0\u2013\u00a0dans la compr\u00e9hension et la r\u00e9alisation effective de la\u00a0th\u00e9rapie et du travail psychosocial en tant que formes d\u2019action.\u00a0Cons\u00e9quemment, l\u2019approche prend au s\u00e9rieux le fait\u00a0que son but n\u2019est pas de \u00ab\u00a0fabriquer\u00a0\u00bb quelque\u00a0chose, d\u2019obtenir des effets ou d\u2019atteindre des objectifs pr\u00e9sum\u00e9s\u00a0de quelque sorte que ce soit (elle ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9e\u00a0\u00ab\u00a0afin de\u00a0\u00bb), mais qu\u2019il s\u2019agit \u2013\u00a0au\u00a0sens de la \u00ab\u00a0th\u00e9rapie d\u2019actualisation\u00a0\u00bb\u00a0\u2013\u00a0d\u2019espaces cr\u00e9atifs ouverts \u00e9mergeant l\u00e0 o\u00f9\u00a0les \u00eatres humains <i>sont <\/i>ouverts, accueillants et empathiques,\u00a0vivant ensemble en tant que personnes, enjou\u00e9s et curieux, l\u00e0\u00a0o\u00f9 ils s\u2019impliquent et se mettent eux-m\u00eames en jeu,\u00a0s\u2019engagent, prennent des risques, et o\u00f9 ils n\u2019h\u00e9sitent\u00a0pas \u00e0 se confronter l\u2019un \u00e0 l\u2019autre en tant que\u00a0les personnes qu\u2019ils et elles sont (Schmid 1994, p. 298-423).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ainsi la vision holistique de l\u2019\u00eatre\u00a0humain est-elle prise au s\u00e9rieux. Cela comprend sa corporalit\u00e9\u00a0et, de fa\u00e7on non spectaculaire, <i>l\u2019inclusion du corps\u00a0<\/i>dans la vision de la personne ainsi que, par voie de cons\u00e9quence,\u00a0dans la pratique d\u2019une th\u00e9rapie v\u00e9ritablement personnelle\u00a0qui n\u2019\u00ab\u00a0ajoute\u00a0\u00bb pas le corps au travail psychoth\u00e9rapeutique,\u00a0ni ne se concentre sur le corps plut\u00f4t que sur la psyche, non plus\u00a0qu\u2019elle ne l\u2019utilise \u00ab\u00a0afin de\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0gu\u00e9rir\u00a0l\u2019\u00e2me par le corps\u00a0\u00bb, ce qui reviendrait \u00e0\u00a0l\u2019instrumentaliser, de sorte que la s\u00e9paration du corps et\u00a0de l\u2019\u00e2me serait d\u2019autant plus fix\u00e9e. Au lieu de\u00a0cela, il s\u2019agit de surmonter la s\u00e9paration occidentale malavis\u00e9e\u00a0du corps et de l\u2019esprit et la s\u00e9paration de la psychoth\u00e9rapie\u00a0et de la th\u00e9rapie corporelle qui en d\u00e9coule, [pour se diriger]\u00a0vers une <i>th\u00e9rapie anthropologique<\/i> v\u00e9ritable \u2013\u00a0la\u00a0seule fa\u00e7on de voir correctement l\u2019\u00eatre humain en tant\u00a0que personne (voir <i>Ibid<\/i>., p. 425-497; Schmid 1996, p. 425-228).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si ces sujets s\u2019av\u00e8rent\u00a0souvent tabous dans les contextes centr\u00e9s sur la personne\u00a0:\u00a0l\u2019approche est aussi une base pour une <i>r\u00e9\u00e9valuation\u00a0th\u00e9orique et pratique des formes agressives et sexuelles de la\u00a0rencontre <\/i>qui sont essentielles pour la coexistence humaine en ce\u00a0qui concerne la s\u00e9curit\u00e9 et l\u2019intimit\u00e9. Et c\u2019est\u00a0une base pour <i>comprendre le pouvoir <\/i>en tant que prise en charge\u00a0[<i>empowerment<\/i>] personnelle\u00a0: la t\u00e2che ne consiste pas\u00a0\u00e0 donner du pouvoir aux gens, mais plut\u00f4t \u00e0 ne pas\u00a0le leur prendre et \u00e0 les encourager \u00e0 r\u00e9aliser et\u00a0\u00e0 actualiser leur puissance. C\u2019est une des implications les\u00a0plus r\u00e9volutionnaires de l\u2019anthropologie centr\u00e9e sur\u00a0la personne (<i>ibid<\/i>., p. 449-508).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Cela implique \u00e9galement la\u00a0n\u00e9cessit\u00e9 de <i>d\u00e9velopper une th\u00e9orie de\u00a0la compr\u00e9hension des grands groupes et des communaut\u00e9s,\u00a0et de la pratique aupr\u00e8s d\u2019eux<\/i> \u2013\u00a0une activit\u00e9\u00a0sociopolitique et pacificatrice de premier plan. La t\u00e2che consiste\u00a0\u00e0 perp\u00e9tuer l\u2019engagement de Carl Rogers pour la paix\u00a0et la communication interculturelle (<i>ibid<\/i>., p. 321-352).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Nous avons besoin, <i>en formation\u00a0et en recherche,<\/i> <i>de m\u00e9thodes cr\u00e9atives <\/i>offrant\u00a0un vaste \u00e9ventail de nouvelles possibilit\u00e9s pour le d\u00e9veloppement\u00a0individuel dans le contexte social. M\u00eame si la tendance s\u2019oriente\u00a0vers un arrangement avec le syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 sociale<b>\u00a0<\/b>et une adaptation aux concepts traditionnels de trouble et de maladie,\u00a0et m\u00eame si la tentation est grande de se diriger vers la gestion\u00a0des processus conflictuels au cours de la vie d\u2019une personne \u2013\u00a0\u00e0\u00a0savoir, on les appelle \u00ab\u00a0maladies\u00a0\u00bb et nous avons\u00a0des assurances contre les maladies\u00a0\u2013, une approche centr\u00e9e\u00a0sur la personne met l\u2019accent sur la reconnaissance de la chance que\u00a0repr\u00e9sente un \u00ab\u00a0d\u00e9sordre\u00a0\u00bb tel qu\u2019une\u00a0crise. C\u2019est donc consid\u00e9r\u00e9 comme une d\u00e9cision.\u00a0La compr\u00e9hension de l\u2019unicit\u00e9 de chaque personne individuelle\u00a0et de ses capacit\u00e9s particuli\u00e8res provoque et exige la cr\u00e9ativit\u00e9\u00a0plut\u00f4t que la classification (<i>ibid<\/i>., p. 355-368 et 381-409).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"><i>Une plus grande confiance\u00a0en nous et une notori\u00e9t\u00e9 accrue <\/i>sont cruciales. En consid\u00e9rant\u00a0la situation actuelle, on ne peut que constater que parfois la confiance\u00a0dans notre propre approche et ses fondements semble insuffisante. Ceci\u00a0est mis en \u00e9vidence par l\u2019emprunt d\u2019id\u00e9es et de\u00a0techniques \u00e0 d\u2019autres \u00e9coles et par la propagation\u00a0de m\u00e9thodes \u00e9clectiques et pr\u00e9tendument combinatoires\u00a0ou int\u00e9gratives. On peut encore observer une sorte de \u00ab\u00a0complexe\u00a0d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9\u00a0\u00bb parmi les th\u00e9rapeutes\u00a0centr\u00e9(e)s sur la personne, dans la mesure ou ils et elles se consid\u00e8rent\u00a0comme n\u2019\u00e9tant \u00ab\u00a0que\u00a0\u00bb centr\u00e9(e)s\u00a0sur la personne. Si l\u2019on a conscience qu\u2019au contraire, d\u2019autres\u00a0approches psychanalytiques, b\u00e9havioristes et syst\u00e9miques\u00a0ont r\u00e9cemment adopt\u00e9 des positions que l\u2019approche centr\u00e9e\u00a0sur la personne d\u00e9fend haut et fort depuis longtemps, alors notre\u00a0t\u00e2che est de prendre conscience de notre r\u00f4le de pionniers\u00a0et d\u2019\u00eatre pr\u00eat(e)s \u00e0 le dire en public \u00e9galement.<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le fait que notre approche soit souvent\u00a0consid\u00e9r\u00e9e comme primitive, superficielle et na\u00efve,\u00a0qui \u00ab\u00a0se r\u00e9sume \u00e0 parler\u00a0\u00bb et qui\u00a0est \u00ab\u00a0faible sur le plan th\u00e9orique\u00a0\u00bb<b>,\u00a0<\/b>est en partie la faute de ses adeptes. Pourquoi le fait que notre\u00a0approche n\u2019utilise pas un jargon sophistiqu\u00e9 aux consonnances\u00a0myst\u00e9rieuses mais un langage proche de l\u2019exp\u00e9rience\u00a0n\u2019est-il pas consid\u00e9r\u00e9 comme une force plut\u00f4t\u00a0qu\u2019une faiblesse\u00a0? Ou, tout aussi bien, le fait qu\u2019elle\u00a0n\u2019a pas de r\u00e9ponses toutes faites \u00e0 bien des questions\u00a0?\u00a0Et qu\u2019elle va \u00e0 l\u2019encontre de plusieurs des tendances\u00a0et des valeurs actuelles, comme la pens\u00e9e technique et exclusivement\u00a0rationnelle<b>\u00a0<\/b>? Par dessus tout, il me semble n\u00e9cessaire\u00a0de clarifier et d\u2019expliciter que le concept essentiel de l\u2019approche\u00a0r\u00e9side en ceci qu\u2019elle est un \u00ab\u00a0non concept\u00a0\u00bb\u00a0(dans la mesure o\u00f9 l\u2019on comprend \u00ab\u00a0concept\u00a0\u00bb\u00a0au sens traditionnel).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, la fa\u00e7on\u00a0dont notre approche est consid\u00e9r\u00e9e et la port\u00e9e de\u00a0son influence rel\u00e8vent de la mani\u00e8re dont nous nous pr\u00e9sentons\u00a0et d\u2019une question de relations publiques<b>. <\/b>Cela signifie qu\u2019il\u00a0est n\u00e9cessaire de r\u00e9futer le st\u00e9r\u00e9otype du\u00a0th\u00e9rapeute-miroir passif en exposant clairement qu\u2019il ne faut\u00a0pas \u00e9tablir un lien automatique entre \u00ab\u00a0activit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0et \u00ab\u00a0orientation technique\u00a0\u00bb, et que la force de\u00a0notre approche r\u00e9side dans sa \u00ab\u00a0qualit\u00e9 de sage-femme\u00a0\u00bb,\u00a0dans le fait que sa mani\u00e8re de proc\u00e9der repose sur sa mani\u00e8re\u00a0d\u2019\u00eatre pr\u00e9sente et active, aussi bien que douce et non\u00a0intrusive. Cela signifie qu\u2019il est n\u00e9cessaire de souligner\u00a0que notre approche est tr\u00e8s r\u00e9pandue en tant que pratique\u00a0th\u00e9rapeutique<b> <\/b>et a effectivement, par cons\u00e9quent,\u00a0une fonction importante dans la fourniture de services psychoth\u00e9rapeutiques.\u00a0Dans bien des pays, la th\u00e9rapie centr\u00e9e sur la personne\u00a0est l\u2019approche la plus fr\u00e9quemment utilis\u00e9e. Carl Rogers\u00a0lui-m\u00eame a fait beaucoup pour rendre l\u2019approche compr\u00e9hensible\u00a0et pour la pr\u00e9senter sans ambiguit\u00e9. Il a fait un \u00e9norme\u00a0travail pour communiquer ce qu\u2019il consid\u00e9rait important (pensez\u00a0seulement au nombre de ses publications, de ses films et cassettes audio\u00a0et vid\u00e9o, et de ses voyages). Comparativement, nos efforts actuels\u00a0sur le plan des relations publiques font pi\u00e8tre figure. Les repr\u00e9sentants\u00a0et repr\u00e9sentantes de notre approche ne sont tout simplement pas\u00a0assez pr\u00e9sent(e)s dans la communaut\u00e9 scientifique, dans\u00a0les journaux scientifiques (ce qui est courant en psychoth\u00e9rapie\u00a0et ses domaines connexes en g\u00e9n\u00e9ral), en politique et dans\u00a0les m\u00e9dias. La conclusion qu\u2019on peut en tirer, c\u2019est\u00a0que le \u00ab\u00a0calme\u00a0\u00bb actuel de la popularit\u00e9\u00a0de notre approche doit \u00eatre vu comme un d\u00e9fi \u00e0 la\u00a0cr\u00e9ativit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dernier \u00e9l\u00e9ment, et non le moindre, <i>le\u00a0besoin urgent du renforcement que pourraient apporter des institutions\u00a0promouvant notre identit\u00e9<\/i>. Avec la cr\u00e9ation relativement\u00a0r\u00e9cente des deux organisations que sont le <i>R\u00e9seau europ\u00e9en\u00a0<\/i>(RAEPCCPE) et <i>l\u2019Association mondiale <\/i>(AMPCCPE)<sup>15\u00a0<\/sup>esp\u00e9rons que nous avons cr\u00e9\u00e9 des organisations cadres<b>\u00a0<\/b>ayant un caract\u00e8re facilitateur et qui auront l\u2019influence\u00a0dont nous avons besoin dans une soci\u00e9t\u00e9 pluraliste et d\u00e9mocratique.\u00a0En outre, elles devraient favoriser \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale\u00a0la communication entre les gens centr\u00e9s sur la personne de diff\u00e9rentes\u00a0langues et cultures. Il y a beaucoup plus de connaissances et d\u2019exp\u00e9rience\u00a0parmi les th\u00e9oricien(ne)s et les praticien(ne)s de l\u2019approche\u00a0centr\u00e9e sur la personne qu\u2019ils et elles ne le savent pour\u00a0la plupart. Le premier pas sera le lancement d\u2019une <i>journal professionnel\u00a0international<\/i> dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de 2002<sup>16\u00a0<\/sup>afin de pourvoir \u00e0 l\u2019\u00e9change du corps de connaissances\u00a0et d\u2019exp\u00e9rience des communaut\u00e9s centr\u00e9es sur\u00a0la personne et exp\u00e9rientielles \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.\u00a0Avec pour titre <i>Person-Centered and Experiential Psychotherapies\u00a0<\/i>[Psychoth\u00e9rapies centr\u00e9es sur la personne et exp\u00e9rientielles],\u00a0le journal de l\u2019Association mondiale aidera \u00e0 jeter des ponts\u00a0entre les groupes de diff\u00e9rentes langues et cultures, et fournira\u00a0un forum pour le dialogue entre les orientations centr\u00e9es sur la\u00a0personne et exp\u00e9rientielles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\"> <i><u>Vers un changement de paradigme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur\u00a0de l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne<\/u><\/i> <\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Des r\u00e9flexions pr\u00e9sent\u00e9es\u00a0ci-haut d\u00e9coule la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une r\u00e9orientation\u00a0th\u00e9orique et pratique de l\u2019approche \u2013\u00a0fid\u00e8le\u00a0en cela \u00e0 sa propre tradition. De toute \u00e9vidence, tout cela\u00a0annonce un changement de paradigme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de\u00a0l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne, laquelle pourrait bien\u00a0se trouver \u00e0 un tournant de la compr\u00e9hension qu\u2019elle\u00a0a d\u2019elle-m\u00eame. \u00c0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019anthropologie\u00a0fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9thique dont nous avons esquiss\u00e9\u00a0les grandes lignes ci-haut, le passage de l\u2019individu \u00e0 la\u00a0personne, de la relation \u00e0 la rencontre, se fera comme un pas allant\u00a0de la relation centr\u00e9e sur la personne vue comme une relation Je-Tu\u00a0\u00e0 une relation Nous et finalement, par voie de cons\u00e9quence,\u00a0\u00e0 une \u00ab\u00a0th\u00e9rapie sociale\u00a0\u00bb. Alors\u00a0nous verrons que le Je n\u2019est pas seulement une r\u00e9ponse au\u00a0Tu, qui est toujours premier venu, mais que le Je sera une r\u00e9ponse\u00a0au Nous, qui est premier venu. La socioth\u00e9rapie, aux c\u00f4t\u00e9s\u00a0de la psychoth\u00e9rapie, occupera un rang \u00e9lev\u00e9 dans\u00a0le cadre d\u2019une perspective th\u00e9rapeutique globale impliquant\u00a0les communaut\u00e9s o\u00f9 vit l\u2019\u00eatre humain. Son importance\u00a0politique sera ainsi mise en \u00e9vidence.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9\u00a0l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne ne doit pas devenir univalente\u00a0et n\u00e9gliger l\u2019individuel. Elle vit \u00e0 travers la tension\u00a0entre le Nous et le Je, le groupe et la personne, la relationalit\u00e9\u00a0et la substantialit\u00e9, la rencontre et la r\u00e9flexion de soi,\u00a0c&rsquo;est-\u00e0-dire le rapport dialectique entre relationalit\u00e9\u00a0communicatrice et d\u00e9veloppement individuel. Le point de jonction\u00a0se situe ici dans la compr\u00e9hension de la personne \u00e0 la fois\u00a0dans son individualit\u00e9 et dans sa relationalit\u00e9. Par cons\u00e9quent,\u00a0ce que Carl Rogers (1989, p. 106) soulignait vers la fin de sa vie est\u00a0toujours vrai\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis pr\u00eat \u00e0 placer et\u00a0\u00e0 maintenir la valorisation de la personne au-dessus de tout le\u00a0reste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Alors l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne deviendra\u00a0une approche v\u00e9ritablement personnelle, v\u00e9ritablement dialogique\u00a0et anthropologique, une approche pleinement centr\u00e9e sur la <i>personne<\/i>;<i>\u00a0<\/i>et la th\u00e9rapie centr\u00e9e sur la personne deviendra une\u00a0th\u00e9rapie dialogique, personnelle et anthropologique. Par cons\u00e9quent,\u00a0la relation centr\u00e9e sur la personne doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e\u00a0comme un espace favorisant le processus et valorisant la spontan\u00e9it\u00e9\u00a0et la cr\u00e9ativit\u00e9, o\u00f9 client(s) et cliente(s) autant\u00a0que th\u00e9rapeute(s) se d\u00e9veloppent en visant \u00e0 la rencontre\u00a0personnelle<b>.<\/b><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Peter F. Schmid, Ph.D. <\/b>N\u00e9\u00a0en 1950; professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de\u00a0Graz (Styrie); enseigne dans des universit\u00e9s europ\u00e9ennes;\u00a0psychoth\u00e9rapeute centr\u00e9 sur la personne; th\u00e9ologien\u00a0pratique et psychologue pastoral; fondateur de la formation et du perfectionnement\u00a0en approche centr\u00e9e sur la personne en Autriche; codirecteur de\u00a0l\u2019Acad\u00e9mie pour le counseling et la psychoth\u00e9rapie\u00a0et de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes de l\u2019approche centr\u00e9e\u00a0sur la personne d\u2019Autriche. Membre du conseil de l\u2019Association\u00a0mondiale AMPCCPE et du R\u00e9seau europ\u00e9en RAEPCCPE. Courriel:\u00a0pfs@pfs-online.at<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li class=\"txt-j\">Version r\u00e9vis\u00e9e d\u2019un article soumis\u00a0\u00e0 la conf\u00e9rence anniversaire \u00ab Le Centenaire de\u00a0Carl Rogers. Actualit\u00e9 de son message personnaliste \u00bb,\u00a0Paris, 27 janvier 2002. Pour l\u2019article int\u00e9gral, voir Schmid\u00a02000; 2001a; b; c; e; f; g; et 2002b. Certains des d\u00e9fis mentionn\u00e9s\u00a0ici sont expliqu\u00e9s en d\u00e9tail dans ces publications.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">NDT: \u00ab\u00a0Sinc\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0traduit <i>genuineness<\/i>, tandis que \u00ab\u00a0authenticit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la traduction de\u00a0<i>authenticity<\/i>.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">NDT\u00a0: Tout le propos de l\u2019auteur dans cette\u00a0partie du texte est articul\u00e9 autour des multiples sens du mot\u00a0<i>counter<\/i> (contre) qui, en plus des sens de proximit\u00e9 (\u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0tout contre\u00a0\u00bb quelqu\u2019un ou quelque chose) et d\u2019opposition\u00a0(\u00ab\u00a0prendre position contre\u00a0\u00bb) qu\u2019il a tant\u00a0en anglais qu\u2019en fran\u00e7ais, signifie \u00e9galement en\u00a0anglais \u00ab\u00a0face \u00e0\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0en face\u00a0de\u00a0\u00bb, comme dans <i>stands counter<\/i>.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">NDT\u00a0: En anglais\u00a0: <i>The I becomes through\u00a0the Thou. Becoming and I, I say Thou.<\/i> Une traduction plus litt\u00e9rale,\u00a0et plus proche du sens que lui donne M. Schmid, pourrait donner\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Le Je devient Je \u00e0 travers le Tu. Devenant un Je,\u00a0je dis Tu.\u00a0\u00bb<\/li>\n<li class=\"txt-j\">NDT\u00a0: Dans un \u00e9change visant \u00e0 \u00e9claircir\u00a0le sens de <i>deal with aggression<\/i> pour la traduction, l\u2019auteur\u00a0a pr\u00e9cis\u00e9 ce qui suit (reproduit avec sa permission)\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Cela signifie prendre en compte, mais aussi plus que cela\u00a0:\u00a0g\u00e9rer l\u2019agression du client et la sienne propre; la voir\u00a0comme quelque chose qui pourrait contribuer au processus th\u00e9rapeutique\u00a0de fa\u00e7on constructive.\u00a0\u00bb<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Je consid\u00e8re ce Juif Lithuanien, philosophe\u00a0de la rencontre et professeur \u00e0 la Sorbonne \u00e0 Paris, qui\u00a0a perdu toute sa famille dans l\u2019Holocauste, comme un penseur d\u2019une\u00a0immense importance pour une approche centr\u00e9e sur la personne.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Ceci \u00e9voque l\u2019origine grecque du mot latin\u00a0<i>persona\u00a0<\/i>:<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-6470\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_note7_mot_prosopon.gif\" alt=\"Volume09_3-4_note7_mot_prosopon\" width=\"87\" height=\"21\" \/>(pr\u00f3sopon)\u00a0qui signifie \u00ab\u00a0visage\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Plus sur la rencontre en tant que cat\u00e9gorie\u00a0fondamentale pour l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne dans\u00a0Schmid 1991; 1994; 1998b; 2002a.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Entre autres, L\u00e9vinas s\u2019appuyait sur le\u00a0personnalisme d\u2019Emmanuel Mounier (1949). Sur la pertinence de l\u2019oeuvre\u00a0de Mounier pour l\u2019approche centr\u00e9e sur la personne, voir\u00a0Priels 2000.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Ceci est d\u00e9crit en d\u00e9tail dans mes chapitres\u00a0des quatre livres de la s\u00e9rie sur les conditions th\u00e9rapeutiques\u00a0(Schmid 2001a; b, c; 2002a) publi\u00e9s par G. Wyatt.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">NDT\u00a0: En anglais\u00a0: <i>comprehension<\/i>,\u00a0traduction de l\u2019allemand <i>Umfassung <\/i>(pr\u00e9cision apport\u00e9e\u00a0par l\u2019auteur au cours de la traduction). Nous retenons le terme\u00a0\u00ab\u00a0enveloppement\u00a0\u00bb, choisi par Bianquis (Buber,\u00a01923, p. 97).<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Il a d\u00e9crit la consid\u00e9ration positive\u00a0inconditionnelle comme amour, \u00ab\u00a0aussi mal compris que cela\u00a0puisse \u00eatre\u00a0\u00bb, (Rogers 1951, p. 159), et il a insist\u00e9\u00a0sur son importance en tant qu\u2019agent th\u00e9rapeutique\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0le client passe de l\u2019exp\u00e9rience de lui-m\u00eame\u00a0ou d\u2019elle-m\u00eame en tant que personne indigne, inacceptable\u00a0et qu\u2019on ne peut aimer, \u00e0 la prise de conscience du fait\u00a0qu\u2019il est accept\u00e9, respect\u00e9 et aim\u00e9 dans cette\u00a0relation limit\u00e9e avec le th\u00e9rapeute. \u201cAim\u00e9\u201d\u00a0a ici le sens le plus profond et le plus g\u00e9n\u00e9ral \u2013\u00a0celui d\u2019\u00eatre profond\u00e9ment compris et profond\u00e9ment\u00a0accept\u00e9.\u00a0\u00bb (<i>Ibid<\/i>. 160) Consid\u00e9ration\u00a0positive \u00ab\u00a0signifie une sorte d\u2019amour du client tel\u00a0qu\u2019il est, en autant que nous comprenions le mot amour comme \u00e9quivalent\u00a0au <i>agap\u00e9<\/i> de la th\u00e9ologie, et non dans ses acceptions\u00a0romantiques et possessives habituelles. Ce que je d\u00e9cris est\u00a0un sentiment qui n\u2019est ni paternaliste, ni sentimental, ni superficiellement\u00a0sociable ou agr\u00e9able. Cela respecte l\u2019autre personne en\u00a0tant qu\u2019individu s\u00e9par\u00e9 et ne le poss\u00e8de pas.\u00a0C\u2019est une sorte d\u2019aimance qui est forte sans \u00eatre exigeante.\u00a0Nous l\u2019avons appel\u00e9 \u201cconsid\u00e9ration positive\u201d.\u00a0\u00bb\u00a0(Rogers 1962, p. 94)<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Gabriel Marcel (1978) montre les parall\u00e8les\u00a0entre \u00ab\u00a0reconnaissance\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0avoir\u00a0conscience\u00a0\u00bb au sens d\u2019un \u00ab\u00a0devenir int\u00e9rieurement\u00a0conscient de\u00a0\u00bb qui ne peut se produire sans le corps \u2013\u00a0lui-m\u00eame vu non pas comme un instrument mais comme la gestalt\u00a0pour la relation avec autrui.<\/li>\n<li class=\"txt-j\">Voir Schmid 1998c; 2000; 2001i; 2002b; 2002c<\/li>\n<li class=\"txt-j\">RAEPCCPE\u00a0: R\u00e9seau des associations europ\u00e9ennes\u00a0pour la psychoth\u00e9rapie et le counseling centr\u00e9s sur la\u00a0personne et exp\u00e9rientiels (http:\/\/www.pce-europe.org); AMPCCPE\u00a0:\u00a0Association mondiale pour la psychoth\u00e9rapie et le counseling\u00a0centr\u00e9s sur la personne et exp\u00e9rientiels) (http:\/\/www.pce-world.org).<\/li>\n<li class=\"txt-j\">NDT\u00a0: Maintenant publi\u00e9, ce journal a un\u00a0site Internet au\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.pce-world.org\/idxjournal.htm\" target=\"_blank\">http:\/\/www.pce-world.org\/idxjournal.htm<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">BUBER, M. (1923).<i> Je et Tu<\/i>, traduction de <i>Ich\u00a0und Du<\/i> par G. Bianquis (Aubier-Montaigne, 1938) reproduite dans <i>La\u00a0vie en dialogue. <\/i>Paris, Aubier-Montaigne, 1959.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">GRANT, B., (1990). \u00ab\u00a0Principled and instrumental nondirectiveness\u00a0in person-centered and client-centered therapy\u00a0\u00bb<i> in Person-Centered\u00a0Review <\/i>5, p. 77-88.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">GUARDINI, R. (1955). \u00ab\u00a0Die Begegnung: Ein Beitrag zur Struktur\u00a0des Daseins\u00a0\u00bb<i> in Hochland,<\/i> 47, 3, p. 224-234.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">KIRSCHENBAUM, H. (1979). <i>On becoming Carl Rogers.<\/i> New York, Delacorte.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">L\u00c9VINAS, E. (1961). <i>Totalit\u00e9 et infini \u2013 Essai sur\u00a0l&rsquo;ext\u00e9riorit\u00e9.<\/i> La Haye, Martinus Nijhoff, 2e \u00e9d.1965.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">L\u00c9VINAS, E. (1974). <i>Autrement qu&rsquo;\u00eatre ou au del\u00e0\u00a0de l&rsquo;essence<\/i>. La Haye, Martinus Nijhoff.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">L\u00c9VINAS, E. (1983). <i>Die Spur des Anderen: Untersuchungen zur\u00a0Ph\u00e4nomenologie und Sozialphilosophie.<\/i> Freiburg i. Br.: Alber,\u00a03e \u00e9d. 1992.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">MARCEL, G.<b> <\/b>(1935). <i>\u00catre et avoir. <\/i>Paris, Aubier-Montaigne.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">MARCEL, G.<b> <\/b>(1978). \u00ab\u00a0Leibliche Begegnung\u00a0\u00bb\u00a0<i>in <\/i>Kraus, A. (\u00e9d.), <i>Leib, Geist, Geschichte.<\/i> Heidelberg,\u00a0H\u00fctig. p. 47-73.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">MOUNIER, E. (1949). <i>Le personnalisme<\/i>. Paris, P.U.F. Coll. Que sais-je\u00a0?\u00a0no 395, 12e \u00e9d. 1971.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">PRIELS, J.-M. (2000). <i>Carl Rogers et Emmanuel Mounier\u00a0\u2013 Perspectives personnalistes et r\u00e9volutionnaires pour l&rsquo;av\u00e8nement\u00a0de la personne nouvelle<\/i>. Article pr\u00e9sent\u00e9 au symposium\u00a0de la Troisi\u00e8me assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du R\u00e9seau\u00a0des associations europ\u00e9ennes pour la psychoth\u00e9rapie et le\u00a0counseling centr\u00e9s sur la personne et exp\u00e9rientiels (raepccpe)\u00a0\u00e0 Salg\u00f3tarj\u00e1n, Hongrie, 24-26 novembre 2000. A \u00e9galement\u00a0paru dans <i>Mouvance Rog\u00e9rienne,<\/i> 2001. Aussi disponible en\u00a0ligne sur le site de M. Schmid\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.pfs-online.at\/papers\/paper-priels.doc\" target=\"_blank\">http:\/\/www.pfs-online.at\/papers\/paper-priels.doc<\/a><\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. R. (1951). <i>Client\u2013centered therapy. Its current practice,\u00a0implications, and theory.<\/i> Boston: Houghton Mifflin.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. R. (1961). <i>Le d\u00e9veloppement de la personne.<\/i> Trad.\u00a0de <i>On becoming a person: A therapist&rsquo;s view of psychotherapy<\/i> par\u00a0E.L. Herbert. Paris, Dunod, 1967.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. R. (1962). \u00ab\u00a0The interpersonal relationship: The\u00a0core of guidance\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Rogers, C. R. et Stevens, B. <i>Person\u00a0to person. The problem of being human<b>.<\/b> <\/i>Moab, Real People Press,\u00a0p. 89\u2013104.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. R. (1986). \u00ab\u00a0A client-centered\/person-centered approach\u00a0to therapy\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Kutash, I. L. et Wolf, A. (\u00e9d.),\u00a0<i>Psychotherapist&rsquo;s Casebook: Theory and Technique in the Practice of\u00a0Modern Times<\/i>. San Francisco, Jossey-Bass, p. 197-208.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. R. (1989). \u00ab\u00a0An interview with Carl Rogers\u00a0\u00bb,\u00a0par David Ryback<i> in Person\u2013Centered Review<\/i> 4, 1, p. 99\u2013112.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. R. et TILLICH, P. (1966). <i>Dialogue Between Paul Tillich\u00a0and Carl Rogers, Parts I and II. <\/i>San Diego, San Diego State College.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(1991). \u00ab\u00a0Souver\u00e4nit\u00e4t und Engagement:\u00a0Zu einem personzentrierten Verst\u00e4ndnis von \u2018Person\u2019\u00a0\u00bb\u00a0<i>in <\/i>Rogers, C.<b> <\/b>R. et Schmid, P. F. Mainz,<b><i> <\/i><\/b><i>Person\u2013zentriert:\u00a0Grundlagen von Theorie und Praxis<\/i>. Gr\u00fcnewald, 2000, 4e \u00e9dition,\u00a0p.15\u2013164.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(1994). <i>Personzentrierte Gruppenpsychotherapie:\u00a0Ein Handbuch. Vol. I: Solidarit\u00e4t und Autonomie<\/i>. K\u00f6ln, Edition\u00a0Humanistische Psychologie.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(1996). <i>Personzentrierte Gruppenpsychotherapie\u00a0in der Praxis: Ein Handbuch. Vol. II: Die Kunst der Begegnung<\/i>. Paderborn,\u00a0Junfermann.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(1998a). \u00ab\u00a0On becoming a person-centered\u00a0approach: A person-centred understanding of the person\u00a0\u00bb\u00a0<i>in <\/i>Thorne,<b> <\/b>B. et Lambers, E. (\u00e9d.)<i>, Person-Centered\u00a0Therapy: A European Perspective<\/i>. Londres, Sage, p. 38-52.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(1998b). \u00ab\u00a0Face to face \u2013 The art\u00a0of encounter\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Thorne, B. et Lambers, E<b>. <\/b>(\u00e9d.)<i>,\u00a0Person-Centered Therapy: A European Perspective.<\/i> Londres, Sage, p.\u00a074-90.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(1998c). \u00ab\u00a0Nouvelles perspectives pour\u00a0l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;approche centr\u00e9e sur la personne\u00a0\u00bb\u00a0<i>in Brennpunkt<\/i>, 1998, num\u00e9ro sp\u00e9cial, p. 103-112. Aussi\u00a0dans <i>Mouvance Rog\u00e9rienne, 1998, no<\/i> 14, p. 3-22.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2000). \u00ab\u00a0\u201cEncountering a human being\u00a0means being kept alive by an enigma\u201d<b> <\/b>(E. L\u00e9vinas).\u00a0Prospects on further developments in the Person-Centered Approach\u00a0\u00bb\u00a0<i>in <\/i>Marques-Teixeira, J. et Antunes, S.<b> <\/b>(\u00e9d.)<i>, Client-Centered\u00a0and Experiential Psychotherapy.<\/i> Linda a Velha, Vale &amp; Vale, p.\u00a011-33.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001a). \u00ab\u00a0Authenticity: the person as\u00a0his or her own author. Dialogical and ethical perspectives on therapy\u00a0as an encounter relationship. And beyond\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Wyatt,\u00a0G.<b> <\/b>(\u00e9d.), <i>Rogers\u2019 Therapeutic Conditions. Evolution,\u00a0theory and practice. Volume 1: Congruence. <\/i>Ross\u2013on\u2013Wye,\u00a0PCCS.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001b). \u00ab\u00a0Comprehension: the art of not-knowing.\u00a0Dialogical and ethical perspectives on empathy as dialogue in personal\u00a0and person-centred relationships\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Haugh, S. et Merry,\u00a0T.<b> <\/b>(\u00e9d.),<i> Rogers\u2019 Therapeutic Conditions Evolution,\u00a0theory and practice. Volume 2: Empathy<\/i>. Ross\u2013on\u2013Wye, PCCS.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001c). \u00ab\u00a0Acknowledgement: the art of\u00a0responding. Dialogical and ethical perspectives on the challenge of unconditional\u00a0personal relationships in therapy and beyond\u00a0\u00bb<i> in<\/i> Bozarth,\u00a0J. et Wilkins, P.<b> <\/b>(\u00e9d.),<i> Rogers\u2019 Therapeutic Conditions.\u00a0Evolution, Theory and Practice. Volume 3: Unconditional Positive Regard.\u00a0<\/i>Ross-on-Wye. PCCS.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001d). \u00ab\u00a0Interpellation et r\u00e9ponse.\u00a0La psychoth\u00e9rapie centr\u00e9e sur la personne: une rencontre\u00a0de personne \u00e0 personne\u00a0\u00bb<i> in Mouvance Rog\u00e9rienne\u00a0<\/i>no 24, 2-18.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F. (2001e). \u00ab\u00a0The art of not-knowing. Epistemological\u00a0and ethical foundations of PCT\u00a0\u00bb, article pr\u00e9sent\u00e9\u00a0au VVCgP, Louvain, 8 novembre 2001.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.(2001f). <i>Knowledge or acknowledgement? Psychotherapy\u00a0as &lsquo;the art of not-knowing&rsquo;.<\/i> Article pr\u00e9sent\u00e9 au Colloque\u00a0international du 100e anniversaire de Carl Rogers, \u00ab\u00a0Advancing\u00a0Person-centred theory and practice: What is essential?\u00a0\u00bb, Vienne,\u00a024 novembre 2001.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001g). \u00ab\u00a0Personzentrierte Pers\u00f6nlichkeits-\u00a0und Beziehungstheorie\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Frenzel, P., Keil, W. W.,\u00a0Schmid, P,<b> <\/b>F.<b> <\/b>et St\u00f6lzl, N.<b> <\/b>(\u00e9d.), <i>Klienten-\/Personzentrierte\u00a0Psychotherapie: Kontexte, Konzepte, Konkretisierungen<\/i>, Vienne, WUV,\u00a0p. 57-95.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001h). \u00ab\u00a0Personzentrierte Gruppenpsychotherapie)\u00a0<i>in<\/i> Frenzel, P., Keil, W. W., Schmid, P, F. et St\u00f6lzl, N.<b> <\/b>(\u00e9d.)<i>,\u00a0Klienten-\/Personzentrierte Psychotherapie: Kontexte, Konzepte, Konkretisierungen<\/i>,\u00a0Vienne, WUV, p.\u00a0294-323.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2001i). \u00ab\u00a0Herausforderungen. Neun Vignetten\u00a0zum Stand eines Syntagmenwechsels\u00a0\u00bb<i> in PERSON<\/i> 2, \u00e0\u00a0para\u00eetre.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2002a).<i> \u00ab\u00a0<\/i>Presence: Im-media-te\u00a0co-experiencing and co-responding \u2013 Phenomenological, dialogical\u00a0and ethical perspectives on contact and perception in person-centred therapy\u00a0and beyond<i> in<\/i> Wyatt, G.<i> <\/i>et<b> <\/b>Sanders, P.<b><i> <\/i><\/b>(\u00e9d.)<i>,\u00a0Rogers\u2019 Therapeutic Conditions. Evolution, theory and practice. Volume\u00a04: Contact and perception<\/i>. Ross\u2013on\u2013Wye, PCCS Books, \u00e0\u00a0para\u00eetre.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2002b). \u00ab\u00a0\u2018The necessary and sufficient\u00a0conditions of being person-centered\u2019: On identity, integrity, integration\u00a0and differentiation of the paradigm\u00a0\u00bb<i> in <\/i>Watson, J.<b>\u00a0<\/b>et al. (\u00e9d.)<i>, Client-Centered and Experiential Psychotherapy\u00a0in the 21st Century: Advances in Theory, Research and Practice<\/i>. Ross-on-Wye,\u00a0PCCS Books, \u00e0 para\u00eetre.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>(2002c). \u00ab\u00a0The ongoing challenge of becoming\u00a0person-centered\u00a0\u00bb<i> in Infochange<\/i> (American Counseling\u00a0Association), num\u00e9ro sp\u00e9cial hiver 2002 \u00ab\u00a0100th\u00a0anniversary of Carl Rogers: Our Emerging Vision\u00a0\u00bb, \u00e0\u00a0para\u00eetre.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SCHMID, P. F.<b> <\/b>et WINKLER, M. (2002). \u00ab\u00a0Die Person als\u00a0Frau und Mann: Zur Geschlechterdifferenz in Personzentrierter Therapie\u00a0und Beratung\u00a0\u00bb <i>in<\/i> Iseli, C.; Keil, W. W.; Korbei, L.;\u00a0Nemeskeri, N.; Rasch-Owald, S.;<b> <\/b>Schmid, P. F.; Wacker, P.<b> <\/b>(\u00e9d.)<i>,\u00a0Identit\u00e4t \u2013 Begegnung \u2013 Kooperation: Person-\/Klientenzentrierte\u00a0Psychotherapie und Beratung an der Jahrhundertwende<\/i>. Cologne, GwG,\u00a0p. 92-118.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">TILLICH, P. (1951). <i>Th\u00e9ologie syst\u00e9matique.<\/i> tome\u00a0II, trad. de l\u2019original <i>Systematic Theology <\/i>(Universit\u00e9\u00a0de Chicago) par Fernand Ouellet. Paris, \u00c9ditions Plan\u00e8te,\u00a01970.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">WALDSCH\u00dcTZ, E. (1993). \u00ab\u00a0Was ist \u201ePersonalismus\u201c?\u00a0\u00bb\u00a0<i>in Die Presse, Spectrum,<\/i> 24, 12, p. XII.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\"><b>Autres ouvrages utilis\u00e9s pour la traduction<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">BO\u00c8CE,<b> <\/b><i>Trait\u00e9s th\u00e9ologiques<\/i>, trad.\u00a0de Axel Tisserand (Paris, GF Flammarion, 2000) et <i>Courts trait\u00e9s\u00a0th\u00e9ologiques<\/i>, trad. H\u00e9l\u00e8ne Merle (Paris, \u00c9ditions\u00a0du Cerf, 1991)<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C. et KINGET, G. Marian,<i> Psychoth\u00e9rapie et relations\u00a0humaines \u2013 th\u00e9orie et pratique de la th\u00e9rapie non-directive;\u00a0<\/i>Montr\u00e9al, Institut de recherches psychologiques et Louvain,\u00a0Publications universitaires de Louvain, 1962.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SAINT-VICTOR, Richard de,<b> <\/b><i>La Trinit\u00e9,\u00a0<\/i>trad. Gaston Salet, Paris, \u00c9ditions du Cerf, 1959 et 1999.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9fis que pose et que devra affronter l\u2019approche\u00a0centr\u00e9e sur la personne dans une perspective dialogique et \u00e9thique\u00a0en ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle Peter F. SCHMID Traduction\u00a0: Marie-Andr\u00e9e Dionne, trad.a. 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