{"id":6466,"date":"2004-02-02T00:02:55","date_gmt":"2004-02-01T23:02:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6466"},"modified":"2016-02-02T00:15:20","modified_gmt":"2016-02-01T23:15:20","slug":"la-psychotherapie-non-directive-ne-livre-pas-le-client-au-hasard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2004\/la-psychotherapie-non-directive-ne-livre-pas-le-client-au-hasard\/","title":{"rendered":"La psychoth\u00e9rapie non directive ne livre pas le client au hasard"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Andr\u00e9 TIXIER, professeur<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_07_tixier.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6320 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/strong><\/em><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">En publiant \u00ab\u00a0<i>psychotherapy and counseling<\/i>\u00a0\u00bb\u00a0(1942), Carl R. Rogers mettait \u00e0 jour ce qu\u2019il a nomm\u00e9\u00a0la psychoth\u00e9rapie non directive, centr\u00e9e sur le client.\u00a0Celle-ci s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e entre l\u2019exp\u00e9rience\u00a0th\u00e9rapeutique et la recherche universitaire. Ce cadre de travail\u00a0a favoris\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re n\u00e9cessaire au recueil\u00a0et au traitement de l\u2019information, \u00e0 la communication inter-disciplinaire\u00a0et \u00e0 la critique constructive. Aussi, l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie\u00a0soutenant la psychoth\u00e9rapie rogerienne n\u2019est pas une doctrine\u00a0mais un ensemble d\u2019hypoth\u00e8ses, de propositions, une approche\u00a0sans principe initial pour l\u2019orienter. Le psychoth\u00e9rapie d\u2019orientation\u00a0rogerienne n\u2019abandonne cependant pas le client au hasard ainsi que\u00a0nous allons entreprendre de l\u2019argumenter.<\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--lien-auteur --><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><strong>Contenu<\/strong><\/p>\n<p class=\"lien-1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#contenu1\">Prol\u00e9gom\u00e8nes\u00a0\u00e0 l\u2019approche non directive, centr\u00e9e sur le client<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu2\"><br \/>\nApproche exp\u00e9rientielle de la th\u00e9rapie centr\u00e9e sur\u00a0le client<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu3\"><br \/>\nL\u2019attitude du psychoth\u00e9rapeute facilite la communication du\u00a0client avec lui-m\u00eame<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu4\"><br \/>\nVers une r\u00e9organisation de l\u2019exp\u00e9rience\u00a0: le client\u00a0acteur<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu5\"> Pour conclure<\/a><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu1\"><\/a>Prol\u00e9gom\u00e8nes\u00a0\u00e0 l\u2019approche non directive, centr\u00e9e sur le client<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Un des principaux apports de Carl Rogers est d\u2019avoir\u00a0contribu\u00e9 \u00e0 montrer que la psychoth\u00e9rapie ne peut\u00a0pas inventer et s\u2019inventer en dehors des sujets, des patients, des\u00a0clients, quelle que soit la terminologie employ\u00e9e. La psychoth\u00e9rapie\u00a0n\u2019est pas une discipline abstraite qui s\u2019instruit d\u2019elle-m\u00eame\u00a0\u00e0 partir de la subjectivit\u00e9, des repr\u00e9sentations\u00a0et de la seule initiative des th\u00e9rapeutes. C\u2019est donc au sujet\u00a0souffrant et \u00e0 son exp\u00e9rience telle qu\u2019il la vit que\u00a0doit \u00eatre ramen\u00e9e la psychoth\u00e9rapie (cf. G. Marian\u00a0Kinget, <i>in<\/i> C. Rogers et G.M. Kinget, 1966, chapitre 1).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Si, hypoth\u00e9tiquement, cette r\u00e9alit\u00e9\u00a0de base \u00e9chappe r\u00e9p\u00e9titivement au th\u00e9rapeute\u00a0et que celui-ci ram\u00e8ne la th\u00e9rapie \u00e0 ses initiatives,\u00a0\u00e0 ses repr\u00e9sentations subjectives (cf. Norcross et Newman,\u00a01998, pp 48-51), \u00e0 son besoin d\u2019exhiber un savoir, une expertise,\u00a0peut-\u00eatre ob\u00e9it-il \u00e0 ce que Searles H. (1981) a nomm\u00e9\u00a0un \u00ab\u00a0besoin d\u2019omnipotence infantile non r\u00e9solu.\u00a0\u00bb.\u00a0Ces situations, tr\u00e8s probablement rares mais cependant possibles,\u00a0rendent compte de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une \u00e9thique\u00a0qui pr\u00e9serve le client \u2013d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9-\u00a0d\u2019une d\u00e9pendance au th\u00e9rapeute pour, \u00e0 l\u2019inverse,\u00a0favoriser sa responsabilit\u00e9 et son travail psychologique int\u00e9rieur.\u00a0Ces observations reviennent \u00e0 dire que l\u2019attitude du psychoth\u00e9rapeute\u00a0d\u00e9termine probablement en partie ce que le client met ou ne met\u00a0pas en \u0153uvre dans la th\u00e9rapie. Des travaux comparatifs entre\u00a0diff\u00e9rentes th\u00e9rapies apportent des arguments \u00e0 cette\u00a0proposition.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"contenu2\" name=\"contenu2\"><\/a>Approche\u00a0exp\u00e9rientielle de la th\u00e9rapie centr\u00e9e sur le client<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Golfried, Norcross et alii (1998) ont observ\u00e9\u00a0qu\u2019entre diff\u00e9rentes orientations th\u00e9rapeutiques existe\u00a0une reconnaissance commune d\u2019un r\u00f4le central des processus\u00a0cognitifs, du d\u00e9veloppement d\u2019une \u00e9pist\u00e9mologie\u00a0constructiviste, d\u2019un processus dans le d\u00e9roulement th\u00e9rapeutique,\u00a0des strat\u00e9gies cliniques similaires (comme le feed-back), d\u2019une\u00a0flexibilit\u00e9 technique, et d\u2019un lien tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9\u00a0entre la nature de la perception du psychoth\u00e9rapeute par le client\u00a0et la maturation psychologique de celui-ci.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">De fait, en premier lieu, on ne peut pas ignorer la\u00a0pr\u00e9sence chez chaque personne d\u2019une r\u00e9alit\u00e9\u00a0cognitive qui rend compte de la production de la pens\u00e9e. Cela a\u00a0plusieurs cons\u00e9quences pour la th\u00e9rapie et nous entra\u00eene\u00a0d\u2019embl\u00e9e dans l\u2019exp\u00e9rience clinique rogerienne.\u00a0Si le psychoth\u00e9rapeute se substitue d\u2019une mani\u00e8re ou\u00a0d\u2019une autre \u00e0 la pens\u00e9e du client ou s\u2019il n\u2019en\u00a0favorise pas l\u2019inauguration, celui-ci a une possibilit\u00e9 limit\u00e9e\u00a0ou inexistante d\u2019\u00e9laborer sa propre r\u00e9flexion et de\u00a0la communiquer. Ainsi, une syst\u00e9matisation des interventions du\u00a0th\u00e9rapeute (de l\u2019ordre du conseil, de la suggestion, des interpr\u00e9tations\u00a0h\u00e2tives par exemple) peut se substituer \u00e0 l\u2019activit\u00e9\u00a0mentale du client et l\u2019emp\u00eacher d\u2019exercer une autonomie\u00a0de penser, une facult\u00e9 de jugement, de discernement, \u00e0 partir\u00a0du cadre de \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9rence interne\u00a0\u00bb\u00a0et du \u00ab\u00a0centre d\u2019\u00e9valuation\u00a0\u00bb qui lui\u00a0est propre, selon la terminologie de Rogers (traduction, 1966, notamment\u00a0chapitres VIII et XII). Se substituer \u00e0 l\u2019activit\u00e9\u00a0cognitive du client, c\u2019est n\u00e9gliger, aux d\u00e9pens de\u00a0celui-ci, que l\u2019exercice de la pens\u00e9e augmente le potentiel\u00a0de pens\u00e9e et que, se faisant, la pens\u00e9e \u00e9labore sa\u00a0propre construction. C\u2019est sous-estimer que le langage conduit la\u00a0pens\u00e9e pour fixer l\u2019information, la d\u00e9velopper et la\u00a0communiquer. C\u2019est oublier que l\u2019inconscient, absence de l\u2019actuel\u00a0est aussi pr\u00e9sence du potentiel, que l\u2019activit\u00e9 cognitive\u00a0peut lib\u00e9rer.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ceci dit, il est aussi vrai que, lorsque je pense,\u00a0il se peut qu\u2019un d\u00e9tail ou l\u2019essentiel de ce que j\u2019ai\u00a0exprim\u00e9 m\u2019\u00e9chappe par la suite. Si j\u2019ai un interlocuteur\u00a0attentif \u00e0 ce que je dis et \u00e0 ce que je ressens int\u00e9rieurement\u00a0et qui tente de me le restituer opportun\u00e9ment par une synth\u00e8se,\u00a0une clarification, un reflet de sentiments, tout en maintenant mon langage\u00a0et sans d\u00e9former le contenu de mon propos, ni mes affects du moment,\u00a0cela me montre que cet interlocuteur a vraiment le souci de me comprendre\u00a0\u00e0 partir de mon propre registre exp\u00e9rientiel et qu\u2019il\u00a0maintient ma libert\u00e9 de confirmer ou non un feed-back, ou une \u00ab\u00a0reformulation\u00a0\u00bb,\u00a0une \u00ab\u00a0r\u00e9ponse reflet\u00a0\u00bb venant de lui (cf.\u00a0Rogers, opus cit\u00e9, notamment pp 270-271 et, 1951, pp 105-106, 112-113,\u00a0308-309, 351-352, 452-455). Ce contexte relationnel est susceptible de\u00a0me permettre de prendre une conscience renouvel\u00e9e, voire accrue,\u00a0de ma pens\u00e9e, de mes sentiments et de rep\u00e9rer des aspects\u00a0qui m\u2019\u00e9chappaient. Je me sens alors encourag\u00e9 \u00e0\u00a0continuer l\u2019exploration de mon exp\u00e9rience int\u00e9rieure\u00a0et de tout ce que sa d\u00e9couverte me donne \u00e0 penser et \u00e0\u00a0\u00e9prouver de nouveau. En psychoth\u00e9rapie, le client qui fait\u00a0l\u2019exp\u00e9rience de se sentir ainsi \u00e9cout\u00e9 pour\u00a0lui-m\u00eame, constate que le th\u00e9rapeute n\u2019est pas dans\u00a0le registre de l\u2019approbation ou de la d\u00e9sapprobation mais\u00a0qu\u2019il est inconditionnellement attentif \u00e0 le comprendre de\u00a0mani\u00e8re empathique, en restant une personne s\u00e9par\u00e9e\u00a0et en accord avec elle-m\u00eame. Constatant ainsi que le th\u00e9rapeute\u00a0facilite son entr\u00e9e dans l\u2019exploration de ses propres ressentis,\u00a0il devient plus ouvert, progressivement moins d\u00e9fensif \u00e0\u00a0ce qui se passe en lui.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Remarquons que la relation ainsi \u00e9tablie n\u2019est\u00a0ni fusionnelle ni neutre. Disons, au sens rogerien du terme, qu\u2019elle\u00a0est non directive, centr\u00e9e sur le client (Rogers C., notamment\u00a0traduction 1966, et 1951, r\u00e9\u00e9dition 1998). Une relation\u00a0interventionniste ou fusionnelle emp\u00eacherait le client de se consid\u00e9rer\u00a0comme une personne \u00e0 part enti\u00e8re. Pour pouvoir entrer dans\u00a0une communication avec soi-m\u00eame, il est n\u00e9cessaire que les\u00a0pens\u00e9es, les affects puissent s\u2019exprimer \u00e0 partir de\u00a0sujets ontologiquement s\u00e9par\u00e9s. Ce d\u00e9calage entre\u00a0soi et l\u2019autre est une condition de base pour que les pens\u00e9es\u00a0et les paroles puissent se promouvoir authentiquement, en accroissant\u00a0la sinc\u00e9rit\u00e9 envers soi-m\u00eame. Si le client peut d\u00e9gager\u00a0du sens \u00e0 ce qui lui arrive, s\u2019il peut entrer en communication\u00a0avec lui-m\u00eame, c\u2019est parce qu\u2019il constate qu\u2019il est\u00a0accompagn\u00e9 dans l\u2019expression de ses sentiments et que rien\u00a0de ce qu\u2019il \u00e9prouve et exprime n\u2019est d\u00e9form\u00e9\u00a0par le th\u00e9rapeute, qu\u2019ainsi il n\u2019encourt aucun risque\u00a0d\u2019\u00eatre jug\u00e9. Affranchi de ce souci, il devient plus\u00a0ouvert \u00e0 ses ressentis, \u00e0 son exp\u00e9rience int\u00e9rieure\u00a0et aux informations que celle-ci lui apporte. Ecout\u00e9, respect\u00e9\u00a0par le th\u00e9rapeute dans son cadre de r\u00e9f\u00e9rence, d\u2019id\u00e9es,\u00a0de valeurs, de sentiments, d\u2019expressions \u00e9motives, etc., le\u00a0client rencontre l\u2019exercice de sa libert\u00e9 int\u00e9rieure\u00a0et peut ainsi exp\u00e9rimenter, en toute s\u00e9curit\u00e9 psychologique,\u00a0ses possibilit\u00e9s d\u2019appr\u00e9ciation et d\u2019\u00e9valuations.\u00a0Il devient mieux \u00e0 m\u00eame d\u2019\u00e9laborer une r\u00e9flexion\u00a0qui gagne en sinc\u00e9rit\u00e9 envers lui-m\u00eame et dans son\u00a0rapport aux autres et au monde. De cette fa\u00e7on, l\u2019acceptation\u00a0progressive d\u2019un regard renouvel\u00e9 sur soi, les prises de conscience\u00a0qui en d\u00e9coulent, sont le r\u00e9sultat d\u2019une v\u00e9ritable\u00a0r\u00e9organisation dont le client est l\u2019acteur. Nul ne peut se\u00a0substituer \u00e0 cette d\u00e9marche r\u00e9organisatrice\u00a0;\u00a0on peut simplement l\u2019accompagner dans les conditions minimales \u00e9voqu\u00e9es\u00a0ci-dessus. Cela suppose que le psychoth\u00e9rapeute n\u2019intervienne\u00a0pas dans le processus par lequel le client franchit ses \u00e9tapes\u00a0de maturation, en respectant les temps de passage n\u00e9cessaires d\u2019un\u00a0moindre \u00e9largissement de la conscience, \u00e0 des champs de\u00a0clarification plus expansifs.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a id=\"contenu3\" name=\"contenu3\"><\/a>L\u2019attitude\u00a0du psychoth\u00e9rapeute facilite la communication du client avec lui-m\u00eame<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On constate que les conditions de pr\u00e9sence\u00a0du psychoth\u00e9rapeute, telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9\u00a0pr\u00e9c\u00e9demment abord\u00e9es et d\u00e9crites, cr\u00e9ent\u00a0une relation inter-subjective d\u00e9pourvue de menace psychologique,\u00a0ce qui, par voie de cons\u00e9quence, permet, avec une \u00e9conomie\u00a0d\u2019angoisse, une mise en crise de la subjectivit\u00e9 du client.\u00a0Cette relation inter-subjective temp\u00e8re les risques d\u2019enfermement\u00a0des pens\u00e9es et des affects du client et facilite au contraire le\u00a0mouvement de transcendance d\u2019une conscience qui \u00e9prouve progressivement\u00a0la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019aller plus loin dans l\u2019exploration\u00a0entreprise. Comme l\u2019\u00e9crit Levinas (1982, 1995), la transcendance\u00a0na\u00eet de la r\u00e9flexion inter-subjective\u00a0: ici, le commencement\u00a0de la r\u00e9flexion sur soi n\u2019est pas exclusivement dans le cogito\u00a0mais dans un rapport \u00e0 un autre significatif qu\u2019est le psychoth\u00e9rapeute.\u00a0Du point de vue rogerien, on parlera moins de flexibilit\u00e9 de techniques\u00a0que de la flexibilit\u00e9 d\u2019approche du psychoth\u00e9rapeute,\u00a0d\u00e8s lors qu\u2019il est constamment\u00a0accueillant \u00e0 un\u00a0\u00eatre en mouvement qui cherche les conditions et les chemins de sa\u00a0r\u00e9alisation d\u2019\u00eatre unique et cherchant sa juste place\u00a0dans l\u2019univers, souvent de mani\u00e8re d\u00e9sorient\u00e9e\u00a0(Tixier A., 1991).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ce mouvement, Rogers l\u2019a nomm\u00e9 \u00ab\u00a0tendance\u00a0actualisante\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0tendance \u00e0 se r\u00e9aliser\u00a0\u00bb.\u00a0C\u2019est une tendance commune \u00e0 tous les \u00eatre vivants,\u00a0rep\u00e9r\u00e9e par des chercheurs biologistes, chimistes, physiciens,\u00a0psychologues etc. (cf. Rogers, Goldstein, Maslow, Piaget, Prigogine, Atlan\u00a0et d\u2019autres). Cette tendance rend compte d\u2019un dynamisme inh\u00e9rent\u00a0au sujet qui le pousse \u00e0 devenir, \u00ab\u00a0\u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer\u00a0dans son \u00eatre\u00a0\u00bb. Cela rappelle quelque peu \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9lan\u00a0vital\u00a0\u00bb de Bergson. Aussi la tendance actualisante op\u00e8re-t-elle\u00a0comme un hypoth\u00e8se cardinale de la perspective rogerienne. Elle\u00a0ouvre la probabilit\u00e9, cliniquement fond\u00e9e mais \u00e0\u00a0v\u00e9rifier constamment, que tout sujet a des capacit\u00e9s consid\u00e9rables\u00a0de se comprendre, de changer \u2013s\u2019il y a lieu- l\u2019id\u00e9e\u00a0qu\u2019il a de lui-m\u00eame, de changer ses attitudes et son comportement\u00a0quand cela est n\u00e9cessaire (Rogers C., notamment 1965, 1980).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">A cet \u00e9gard, le client a un atout dont le psychoth\u00e9rapeute\u00a0peut faciliter l\u2019usage, c\u2019est le fait d\u00e9velopp\u00e9\u00a0pr\u00e9c\u00e9demment d\u2019avoir la capacit\u00e9 de penser,\u00a0d\u2019\u00e9valuer, de juger, de comparer, etc.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00eatre humain est un \u00eatre de pens\u00e9e.\u00a0Il a une activit\u00e9 cognitive et si on l\u2019en prive, si on l\u2019en\u00a0dispense, ce n\u2019est \u00e9thiquement pas recevable, c\u2019est emp\u00eacher\u00a0la mise en \u0153uvre de sa tendance \u00e0 se r\u00e9aliser. De fait,\u00a0tout ce qui, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, court-circuite\u00a0la prise de conscience, qu\u2019inaugurent la parole et la pens\u00e9e\u00a0sur soi \u00e0 partir de soi, dispense le sujet d\u2019un processus\u00a0inh\u00e9rent \u00e0 tout parcours de maturation. Parcours auquel,\u00a0nous l\u2019avons vu, personne ne peut se substituer mais qu\u2019un psychoth\u00e9rapeute\u00a0peut faciliter. L\u2019approche th\u00e9rapeutique centr\u00e9e sur\u00a0le client, pr\u00e9cis\u00e9ment en raison de cette centration, facilite\u00a0l\u2019entr\u00e9e et le maintien de la communication du client avec\u00a0lui-m\u00eame. Le climat inter-subjectif th\u00e9rapeute-client se\u00a0diff\u00e9rencie bien entendu des exp\u00e9riences habituelles du\u00a0client et devient pour lui l\u2019occasion d\u2019une nouvelle exp\u00e9rience\u00a0relationnelle\u00a0: rencontre de quelqu\u2019un de significatif, de diff\u00e9rent,\u00a0qui contrairement aux interlocuteurs habituels, \u00e9tablit une relation\u00a0en dehors du registre de l\u2019approbation ou de la d\u00e9sapprobation.\u00a0Le client exp\u00e9rimente une \u00e9coute empathique d\u2019autrui,\u00a0laissant intacte sa libert\u00e9. Il d\u00e9couvre progressivement\u00a0la possibilit\u00e9 d\u2019entreprendre, avec une moindre angoisse,\u00a0l\u2019exploration de son exp\u00e9rience int\u00e9rieure. Le psychoth\u00e9rapeute,\u00a0qui facilite la mise en parole des affects, ne se borne pas \u00e0 exprimer\u00a0au client qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 entendu mais lui permet aussi\u00a0de percevoir qu\u2019il est une personne solidairement engag\u00e9e\u00a0avec lui. Entendons aussi par l\u00e0 que le th\u00e9rapeute ne se\u00a0substitue pas au client par des paroles d\u2019expert, des conseils, des\u00a0initiatives, mais qu\u2019il facilite constamment l\u2019acc\u00e8s\u00a0\u00e0 un communication avec lui-m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Autrement dit, le th\u00e9rapeute non directif, centr\u00e9\u00a0sur le client, ne se situe pas dans son rapport au client avec un comportement\u00a0\u00ab\u00a0pour autrui\u00a0\u00bb, mais dans une attitude \u00ab\u00a0avec\u00a0autrui\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire dans une position d\u2019accompagnement\u00a0qui permet \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019introspection du client\u00a0de se manifester comme telle \u00e0 lui-m\u00eame. Ce qui est ici b\u00e9n\u00e9fique\u00a0au client rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une exp\u00e9rience\u00a0relationnelle significative, sortie de la distraction, de la banalisation\u00a0et de la r\u00e9p\u00e9tition du dehors, avec un th\u00e9rapeute\u00a0pr\u00e9sentant un accord interne, perceptible par le client, avec un\u00a0th\u00e9rapeute confiant en la capacit\u00e9 du client \u00e0 se\u00a0comprendre. Avec un th\u00e9rapeute facilitant l\u2019acc\u00e8s du\u00a0client \u00e0 son exp\u00e9rience intime, sans d\u00e9formation\u00a0de son monde int\u00e9rieur, par une attitude r\u00e9ceptive et une\u00a0restitution favorisant et encourageant la qu\u00eate de l\u2019autre.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Bref, dans le contexte rogerien d\u2019un climat ainsi\u00a0ouvert, le client exp\u00e9rimente une relation inconditionnelle, inscrite\u00a0\u00e0 partir d\u2019un regard positif du th\u00e9rapeute. Affranchi\u00a0de la menace d\u2019une ins\u00e9curit\u00e9 psychologique, le client\u00a0est mieux \u00e0 m\u00eame de se rapprocher avec une moindre crainte\u00a0de son exp\u00e9rience int\u00e9rieure, de la reconna\u00eetre, de\u00a0la d\u00e9finir comme sienne, de la nommer et, ainsi, progressivement,\u00a0de devenir plus sinc\u00e8re avec lui-m\u00eame. Est b\u00e9n\u00e9fique\u00a0au client, dans cette perspective, tout ce qui, dans l\u2019attitude du\u00a0th\u00e9rapeute, manifeste au client son soin \u00e0 \u00eatre avec\u00a0lui et non pour lui ou \u00e0 sa place. On est l\u00e0 dans le cadre\u00a0d\u2019une th\u00e9rapie qui favorise l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019autonomie\u00a0du client. En toute logique, on peut se poser \u00e0 nouveau la question\u00a0de savoir s\u2019il n\u2019est pas ainsi livr\u00e9 au hasard. Ce qui\u00a0pr\u00e9c\u00e8de tend \u00e0 montrer que la centration sur le client,\u00a0la non directivit\u00e9 du th\u00e9rapeute produirait implicitement\u00a0l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une \u00e9thique pr\u00e9servant le\u00a0client de toute influence, de toute menace sur son exp\u00e9rience v\u00e9cue\u00a0ici et maintenant. Lobrot M., (1974, p 29) a \u00e9voqu\u00e9 une\u00a0\u00e9thique de l\u2019acceptation. Quand le client a ainsi la libert\u00e9\u00a0d\u2019avancer dans ses explorations exp\u00e9rientielles, la psychoth\u00e9rapie\u00a0entame un processus dont la progression id\u00e9ale typique comporte\u00a0sept \u00e9tapes (Rogers C., 1965, 1966, 1968).<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><b><a id=\"contenu4\" name=\"contenu4\"><\/a>Vers une r\u00e9organisation\u00a0de l\u2019exp\u00e9rience\u00a0: le client acteur<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En g\u00e9n\u00e9ral, en d\u00e9but de processus,\u00a0le client vient pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes et, en fin de\u00a0processus, il se met simplement \u00e0 faire l\u2019exp\u00e9rience\u00a0de lui-m\u00eame (Rogers, 1968, chapitre 5). Un des indicateurs principaux\u00a0de cette r\u00e9organisation est \u00ab\u00a0un retour aux perceptions\u00a0sensorielles de base et aux exp\u00e9riences visc\u00e9rales\u00a0\u00bb\u00a0(Rogers, C. 1968, p 84).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les informations qui \u00e9manent de ce \u00ab\u00a0retour\u00a0\u00bb\u00a0perceptif apportent au client un champ de conscience \u00e9largi aux\u00a0diff\u00e9rents pans de son exp\u00e9rience. Cela lui permet d\u2019examiner\u00a0chacun d\u2019eux, de les comparer, d\u2019en tirer des cons\u00e9quences\u00a0ad\u00e9quates \u00e0 la conduite de sa vie. La th\u00e9rapie int\u00e8gre\u00a0une v\u00e9ritable r\u00e9organisation de l\u2019exp\u00e9rience,\u00a0une nouvelle communication avec soi-m\u00eame, dont l\u2019acteur est\u00a0le client. Celui-ci arrive progressivement \u00e0 se familiariser avec\u00a0ce qu\u2019il d\u00e9couvre \u00eatre. L\u2019acceptation de soi est\u00a0une des directions que prend le processus de la psychoth\u00e9rapie\u00a0centr\u00e9e sur le client et aussi un de ses aboutissants (Rogers C.,\u00a01968 ,chapitre 5). L\u2019instauration d\u2019une mani\u00e8re plus\u00a0ad\u00e9quate de se percevoir inaugure un accord interne entre ce que\u00a0la personne \u00e9prouve et ce qu\u2019elle est, ici et maintenant.\u00a0Une telle personne devient psychologiquement plus unifi\u00e9e, plus\u00a0harmonieuse, davantage congruente. Il y a un d\u00e9saccord interne,\u00a0incongruence, tant que le client se d\u00e9fend contre les aspects mena\u00e7ants\u00a0de son exp\u00e9rience imm\u00e9diate, tant qu\u2019il d\u00e9code\u00a0le pr\u00e9sent en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des crit\u00e8res\u00a0anciens et r\u00e9volus. A ce stade, il est \u00e9tranger \u00e0\u00a0ce qui lui arrive intimement. La recherche montre qu\u2019il avance psychologiquement\u00a0lorsqu\u2019il se rapproche de ses sentiments actuels, de son exp\u00e9rience\u00a0imm\u00e9diate. Celle-ci devient alors un crit\u00e8re interne auquel\u00a0il apprend \u00e0 faire confiance pour se diriger dans la vie. Progressant\u00a0vers une plus grande proximit\u00e9 de son exp\u00e9rience imm\u00e9diate,\u00a0le client acc\u00e8de \u00e0 une perception de soi \u00e0 un niveau\u00a0profond d\u2019authenticit\u00e9. Comme le pr\u00e9cise Kinget M.\u00a0(Rogers C. et Kinget M., 1966, p 219-222)\u00a0: \u00ab\u00a0le client\u00a0acc\u00e8de pour lui-m\u00eame \u00e0 des questions fondamentales\u00a0telles que\u00a0: que suis-je vraiment\u00a0? Qu\u2019est-ce qui m\u2019importe\u00a0?,\u00a0etc.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ces questionnements rendent compte du changement du lieu\u00a0d\u2019\u00e9valuation du client\u00a0: les valeurs ne sont plus inh\u00e9rentes\u00a0aux choses, aux objets, aux \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs,\u00a0mais \u00e0 l\u2019attitude du sujet \u00e0 l\u2019\u00e9gard de\u00a0ces existants ou manifestations de l\u2019ext\u00e9riorit\u00e9. Ainsi,\u00a0l\u2019\u00e9valuation du client en arrive \u00e0 se faire non pas\u00a0en fonction de crit\u00e8res \u00e9trangers \u00e0 son exp\u00e9rience\u00a0mais apr\u00e8s consultation de son discernement personnel et diff\u00e9renci\u00e9.\u00a0Affranchi progressivement de la crainte d\u2019\u00eatre jug\u00e9,\u00a0lib\u00e9r\u00e9 de ne plus avoir \u00e0 choisir des options de\u00a0paroles, de comportements pour \u00eatre estim\u00e9, le client parvient\u00a0\u00e0 se choisir lui-m\u00eame comme t\u00e2che \u00e0 accomplir.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><b><a id=\"contenu5\" name=\"contenu5\"><\/a>Pour conclure<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Carl Rogers \u00e9tait respectueux des faits cliniques\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0les faits sont nos amis\u00a0\u00bb \u00e9crivait-il (1968,\u00a0traduction p. 29). La dimension scientifique, \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0et ph\u00e9nom\u00e9nologique de son travail de recherche en \u00e9quipe\u00a0est ind\u00e9niable (Pag\u00e8s, M. 1965, de P\u00e9retti, A. 1997).\u00a0Elle s\u2019appuie sur l\u2019exp\u00e9rience th\u00e9rapeutique et\u00a0ce que celle-ci donne \u00e0 recueillir, \u00e0 observer, \u00e0\u00a0interroger, \u00e0 v\u00e9rifier. Cette double approche est toujours\u00a0rest\u00e9e ouverte \u00e0 la r\u00e9futation pluridisciplinaire\u00a0et \u00e0 celle des faits nouveaux. Le risque d\u2019enlisement doctrinal\u00a0\u00e9tait, dans ces conditions, quasiment impossible. N\u00e9anmoins,\u00a0une proposition constituant un des points essentiels de la psychoth\u00e9rapie\u00a0centr\u00e9e sur le client perdure. Elle concerne la probabilit\u00e9\u00a0d\u2019un lien entre l\u2019attitude du th\u00e9rapeute, la perception\u00a0du th\u00e9rapeute par le client et la maturation psychologique de celui-ci.\u00a0Rogers a bien entendu toujours formul\u00e9 cela comme une hypoth\u00e8se\u00a0constamment ouverte \u00e0 la r\u00e9futation. Cependant, l\u2019influence\u00a0de cette proposition est consid\u00e9rable (Thorne, B. 1992). Sp\u00e9cifiquement,\u00a0Jollet, N. (2001), d\u00e9crypte l\u2019influence rogerienne dans la\u00a0conception du r\u00eave \u00e9veill\u00e9 libre, tandis que Trochaska\u00a0et Di Clemente \u00e9crivent\u00a0: \u00ab\u00a0la th\u00e9rapie\u00a0centr\u00e9e sur le client de Rogers a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant\u00a0pour montrer l\u2019importance cruciale de la relation th\u00e9rapeutique\u00a0comme processus de changement. M\u00eame si nous ne nous appuyons pas\u00a0seulement sur les techniques centr\u00e9es sur le client pour d\u00e9velopper\u00a0la relation d\u2019aide, nous avons \u00e9t\u00e9 personnellement\u00a0tr\u00e8s influenc\u00e9s par la pens\u00e9e et la pratique de Rogers,\u00a0qu\u2019on retrouve dans notre approche transth\u00e9orique, \u00e0\u00a0tous les niveaux du changement.\u00a0\u00bb <i>in<\/i> Norcross et Goldfried\u00a0(sous la direction de) (1998, p. 292).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la d\u00e9couverte des conditions de la relation\u00a0th\u00e9rapeutique facilitant le travail et le processus de maturation\u00a0psychologique du client semble avoir un effet de mod\u00e9lisation\u00a0:\u00a0quand le client per\u00e7oit dans l\u2019attitude du th\u00e9rapeute\u00a0sa consid\u00e9ration inconditionnelle, son absence de jugement, son\u00a0\u00e9coute empathique et sa congruence, cela cr\u00e9e une \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0exp\u00e9rientielle\u00a0\u00bb (Kinget M. Rogers C. 1965, pp. 37-41)\u00a0que le client apprend \u00e0 utiliser \u00e0 l\u2019abri de toute\u00a0menace ext\u00e9rieure. On peut alors penser que l\u2019attitude du\u00a0th\u00e9rapeute est b\u00e9n\u00e9fique au client, comme le serait\u00a0une \u00e9thique le pr\u00e9servant de tout interventionnisme susceptible\u00a0de d\u00e9tourner ses directions de croissance psychologique. Cette\u00a0\u00e9thique a posteriori serait alors probablement et implicitement\u00a0constitu\u00e9e par l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie qui caract\u00e9rise\u00a0la relation th\u00e9rapeutique centr\u00e9e sur le client. Plus objectivement,\u00a0il reste que l\u2019attitude non directive, centr\u00e9e sur le client,\u00a0et le climat de s\u00e9curit\u00e9 psychologique qui l\u2019accompagne,\u00a0ne livre pas le client au hasard, mais facilite sa proximit\u00e9 avec\u00a0son exp\u00e9rience imm\u00e9diate, la communication avec lui-m\u00eame\u00a0et potentialise ses capacit\u00e9s \u00e0 rassembler ses forces coh\u00e9sives,\u00a0pour aller plus loin et avec discernement dans ses directions de croissance\u00a0psychologique.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Andr\u00e9 Tixier<\/b>, docteur en sciences sociales,\u00a0psychoth\u00e9rapeute, enseigne la psychologie et facilite des s\u00e9minaires\u00a0de recherche et des groupes d\u2019\u00e9volution personnelle \u00e0\u00a0l\u2019Universit\u00e9 de Tours. Il a initi\u00e9 et dirig\u00e9\u00a0l\u2019option dipl\u00f4mante \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement de la\u00a0personne, relation d\u2019aide, counseling et th\u00e9rapie\u00a0\u00bb\u00a0du \u00ab\u00a0Dipl\u00f4me Universitaire de Formation aux Relations\u00a0humaines et \u00e0 l\u2019Animation\u00a0de groupe \u00bb. Il a particip\u00e9\u00a0\u00e0 des formations de cadres de l\u2019enseignement, du travail social\u00a0et de la sant\u00e9 (IUFM Orl\u00e9ans-Tours, Universit\u00e9 de\u00a0Lyon II-Coll\u00e8ge coop\u00e9ratif, IFSI Tours. Il a exerc\u00e9\u00a0comme th\u00e9rapeute et co-directeur d\u2019un centre m\u00e9dico-psycho-p\u00e9dagogique.\u00a0Il assure des entretiens psychoth\u00e9rapeutiques. Il est chevalier\u00a0de l\u2019ordre des palmes acad\u00e9miques.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Tours, SUFCO, 116 boulevard B\u00e9ranger,\u00a0BP 4239, 37042 Tours cedex \u2013 FRANCE<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">By publishing \u00ab Psychotherapy and Counseling \u00bb\u00a0(1942) , Carl R. Rogers brought into being what he called non-directive,\u00a0client-centered psychotherapy shaped by therapeutic experience and university\u00a0research. This context was conducive to the gathering and sorting of information,\u00a0to interdisciplinary exchange and constructive criticism. What is more,\u00a0the epistemology on which rogerian psychotherapy is based is not a doctrine\u00a0but rather a set of hypotheses and propositions, an approach free of any\u00a0initial principle. In the rogerian type of psychotherapy however, the\u00a0client is not abandoned to chance as we will now endeavour to demonstrate.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"references\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">JOLLET, N. (2001). <i>Le r\u00eave \u00e9veille libre\u00a0\u2013 Gen\u00e8se d\u2019une m\u00e9thode et regard rogerien sur\u00a0son application dans une relation d\u2019aide- <\/i>Tours\u00a0: Universit\u00e9,\u00a0m\u00e9moire DUFRA.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">LEVINAS, E. (1995). <i>Alt\u00e9rit\u00e9 et transcendance.\u00a0<\/i>Montpellier\u00a0: Morgana<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">LOBROT, M. (1974). <i>L\u2019animation non directive\u00a0des groupes\u00a0: <\/i>Payot.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">NORCROSS, J.C., GOLDFRIED, M.R. (Sous la direction de)\u00a0(1998). <i>Psychoth\u00e9rapie int\u00e9grative<\/i>. Paris\u00a0:\u00a0Descl\u00e9e de Brower.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">NORCROSS, J.C., NEWMAN, C.F. (1998). <i>L\u2019int\u00e9gration\u00a0en psychoth\u00e9rapie : synth\u00e8se et\/ou \u00e9lectisme\u00a0<\/i>Dans\u00a0: NORCROSS, J.C., GOLDFRIED, M.R., <i>Psychoth\u00e9rapie\u00a0int\u00e9grative<\/i>. Paris\u00a0: Descl\u00e9e de Brower.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">PAGES, M. (1965). <i>L\u2019orientation non directive\u00a0en psychoth\u00e9rapie et en psychologie sociale. <\/i>Paris\u00a0: Dunod.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">PERETTI, A. (de) (1997). <i>Pr\u00e9sence de Carl Rogers<\/i>.\u00a0Toulouse\u00a0: Editions Er\u00e8s.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C.R. (1942). <i>Counseling and psychotherapy<\/i>,\u00a0Boston : Houghton Mifflin. Traduction (1970) : <i>La relation d\u2019aide\u00a0et la psychoth\u00e9rapie<\/i>. Paris\u00a0: ESF, 2 tomes.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C.R. (1951). <i>Client-centered therapy<\/i>,\u00a0Boston : Houghton Mifflin.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C.R. (1961). <i>On becoming a person<\/i>. Boston\u00a0: Houghton Mifflin. Traduction (1968) : <i>Le d\u00e9veloppement de\u00a0la personne<\/i>, Paris\u00a0: Dunod.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C.R. et KINGET, G.M (1965). <i>Psychoth\u00e9rapie\u00a0et relations humaines. Th\u00e9orie et pratique de la th\u00e9rapie\u00a0non directive.<\/i> Paris\u00a0: Nauwelaerts, 2 tomes.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C.R. (1980). <i>A way of being.<\/i> Boston :\u00a0Houghton Mifflin.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">ROGERS, C.R. (1989). <i>The Carl Rogers reader,<\/i> Howard\u00a0Kirschenbaum. \u2013 Traduction (2001) : <i>L\u2019approche centr\u00e9e\u00a0sur la personne<\/i>, anthologie de textes pr\u00e9sent\u00e9s par\u00a0Kirschenbaum H., Henderson V.L.. Lausanne\u00a0: Ed Randin.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">SEARLES, H. (1981). <i>Le contre-transfert<\/i>. Paris\u00a0:\u00a0Gallimard.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">TIXIER A (1991) <i>Pour un d\u00e9fi \u00e0 la r\u00e9signation<\/i>.\u00a0Dans Cahiers Binet Simon n\u00b03 de 1991, N\u00b0 628, Toulouse\u00a0:\u00a0\u00c9ditions Er\u00e8s<\/p>\n<p class=\"txt-nj\" style=\"text-align: justify;\">THORNE, B. (1992). <i>Carl Rogers.<\/i> London : Sage\u00a0publications \u2013 Traduction (1994) : <i>Comprendre Carl Rogers<\/i>.\u00a0Toulouse\u00a0: Privat.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Andr\u00e9 TIXIER, professeur R\u00e9sum\u00e9\/Abstract En publiant \u00ab\u00a0psychotherapy and counseling\u00a0\u00bb\u00a0(1942), Carl R. Rogers mettait \u00e0 jour ce qu\u2019il a nomm\u00e9\u00a0la psychoth\u00e9rapie non directive, centr\u00e9e sur le client.\u00a0Celle-ci s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e entre l\u2019exp\u00e9rience\u00a0th\u00e9rapeutique&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":101011,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85],"tags":[],"class_list":["post-6466","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-volume-9-numero-3-2004"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6466","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/101011"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6466"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6466\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6468,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6466\/revisions\/6468"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6466"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6466"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6466"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}