{"id":6419,"date":"2004-02-01T18:14:10","date_gmt":"2004-02-01T17:14:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6419"},"modified":"2016-02-02T12:04:34","modified_gmt":"2016-02-02T11:04:34","slug":"haro-sur-lergomanie-au-quebec-etude-dexploration","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2004\/haro-sur-lergomanie-au-quebec-etude-dexploration\/","title":{"rendered":"Haro sur l\u2019ergomanie au Qu\u00e9bec : \u00e9tude d\u2019exploration"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><strong><em> Caroline QUIDOZ, conseill\u00e8re d\u2019orientation<a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2004\/02\/Volume09_3-4_13_quidoz.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6320 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/PDF.png\" alt=\"PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/em><\/strong><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"s-titre\">R\u00e9sum\u00e9<a href=\"#abstract\">\/Abstract<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sente recherche avait pour objectif prioritaire\u00a0d&rsquo;\u00e9tudier qualitativement l\u2019ergomanie, afin de mieux comprendre\u00a0le ph\u00e9nom\u00e8ne. Les r\u00e9sultats obtenus vont principalement\u00a0dans le m\u00eame sens que les th\u00e9ories de Robinson (2000). \u00c0\u00a0savoir que les ergomanes ont une approche de la vie qui consume leur temps,leur \u00e9nergie et leurs pens\u00e9es; que leurs habitudes de travail\u00a0interf\u00e8rent avec leurs relations sociales et intimes et qu\u2019ils\u00a0pensent souvent au travail. Cependant, en ce qui concerne les aspects\u00a0portant sur la sant\u00e9 et la tendance \u00e0 vivre dans le futur\u00a0davantage que dans le pr\u00e9sent, notre \u00e9chantillon ne soul\u00e8ve\u00a0pas tout \u00e0 fait les m\u00eames conclusions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span class=\"s-titre\">Contenu<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu1\">Introduction<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu2\"><br \/>\nFondement th\u00e9orique<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu3\"><br \/>\nD\u00e9marche m\u00e9thodologique<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu4\"><br \/>\nR\u00e9sultats<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu5\"><br \/>\nConclusion<\/a><\/span><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><b><a name=\"contenu1\"><\/a><\/b>INTRODUCTION<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">De nos jours, dans notre soci\u00e9t\u00e9\u00a0nord-am\u00e9ricaine, le rythme de vie est tr\u00e8s rapide. Certains\u00a0avaient pr\u00e9vu une soci\u00e9t\u00e9 de loisirs, mais nous en\u00a0sommes loin. Au contraire, les gens travaillent de plus en plus, se d\u00e9vouent\u00a0de plus en plus \u00e0 leur travail et en viennent \u00e0 n\u00e9gliger\u00a0les autres sph\u00e8res de leur vie. Pour certains, cette r\u00e9alit\u00e9\u00a0est encore plus vraie que pour d&rsquo;autres. Oates en 1971, a m\u00eame invent\u00e9\u00a0un terme pour d\u00e9finir le probl\u00e8me. Il lui a donn\u00e9\u00a0le titre de \u00ab\u00a0<i>workaholism<\/i>\u00a0\u00bb. En fran\u00e7ais,\u00a0ce concept porte le nom d\u2019ergomanie. Ce terme provient du mot grec\u00a0<i>ergon<\/i> qui veut dire travail et bien entendu du terme manie qui\u00a0signifie obsession. Nous pourrions donc dire que l\u2019ergomanie est\u00a0l\u2019obsession du travail. Ce concept est cependant beaucoup plus complexe\u00a0qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. En effet, depuis Oates (1971) le terme\u00a0\u00ab\u00a0<i>workaholism<\/i>\u00a0\u00bb s&rsquo;est grandement r\u00e9pandu\u00a0dans le langage populaire, mais tr\u00e8s peu de recherches scientifiques\u00a0s\u2019y sont int\u00e9ress\u00e9es. De plus, les diff\u00e9rents\u00a0chercheurs ne s&rsquo;entendent pas sur sa d\u00e9finition ni sur les causes\u00a0et les cons\u00e9quences. Par ailleurs, il semblerait qu&rsquo;aucune \u00e9tude\u00a0scientifique francophone ne se soit pench\u00e9e sur le sujet. Il reste\u00a0donc encore beaucoup \u00e0 faire avant de pouvoir dire que nous comprenons\u00a0bien le ph\u00e9nom\u00e8ne; ce fl\u00e9au des ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Cette probl\u00e9matique concerne, la carri\u00e9rologie,\u00a0car elle n\u2019implique pas qu\u2019une personne, mais un ensemble d\u2019individus\u00a0en lien avec le travail. Les comportements ergomanes ne touchent pas uniquement\u00a0la personne qui en souffre, mais \u00e9galement l\u2019organisation\u00a0et sa famille. En effet, contrairement \u00e0 la croyance populaire,\u00a0une personne ergomane n\u2019est pas n\u00e9cessairement b\u00e9n\u00e9fique\u00a0pour l\u2019organisation. De plus, \u00e9tant donn\u00e9 que ces individus\u00a0ne vivent pas toujours seuls, il y a donc des retomb\u00e9es sur leur\u00a0famille.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b><a id=\"contenu2\" name=\"contenu2\"><\/a><\/b>FONDEMENT\u00a0TH\u00c9ORIQUE<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Cette section a pour objet d\u2019exposer\u00a0le cadre th\u00e9orique sur lequel nous nous sommes bas\u00e9es pour\u00a0r\u00e9aliser cette \u00e9tude ainsi que de brosser un portrait d&rsquo;ensemble\u00a0des connaissances actuelles concernant l&rsquo;ergomanie. Nous pr\u00e9senterons\u00a0bri\u00e8vement les diff\u00e9rentes d\u00e9finitions existantes,\u00a0les typologies, les causes et diff\u00e9rents points de vue sur les\u00a0cons\u00e9quences. Finalement, nous exposerons les objectifs de cette\u00a0recherche.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Cadre th\u00e9orique<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">\u00c0 la lumi\u00e8re des diff\u00e9rents\u00a0textes et auteurs consult\u00e9s, la principale d\u00e9finition et\u00a0la typologie retenues ont \u00e9t\u00e9 celles de Robinson. Nous avons\u00a0opt\u00e9 pour cet auteur, car il a effectu\u00e9 plusieurs recherches\u00a0scientifiques afin de valider ses th\u00e9ories. De plus, il a d\u00e9velopp\u00e9\u00a0un outil pour \u00e9valuer les risques de d\u00e9pendance au travail.\u00a0Il a d&rsquo;ailleurs effectu\u00e9 plusieurs \u00e9tudes pour l&rsquo;\u00e9valuer\u00a0(Robinson, 1992, 1994, 1995, 1999). Cependant, nous nous servirons \u00e9galement\u00a0des th\u00e9ories d\u2019autres auteurs mentionn\u00e9s dans notre\u00a0cadre th\u00e9orique. Ces derni\u00e8res sont parfois utiles afin\u00a0d\u2019apporter un \u00e9clairage que la th\u00e9orie de Robinson\u00a0ne permet pas.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Les diff\u00e9rentes d\u00e9finitions\u00a0existantes sur le concept d&rsquo;ergomanie<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Pour Robinson (1989, 1992, 1994, 1995, 1996,\u00a01999, 2000a, 2000b) ce qui diff\u00e9rencie ces individus des autres\u00a0travailleurs, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont une approche de la vie o\u00f9 leur travail\u00a0consume leur temps, leur \u00e9nergie et leurs pens\u00e9es. Leurs\u00a0habitudes excessives de travail interf\u00e8rent avec leur sant\u00e9\u00a0physique, leur bonheur et leurs relations sociales et intimes. Ils ont\u00a0\u00e9galement de la difficult\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler leurs\u00a0habitudes compulsives de travail, ils pensent trop souvent au travail\u00a0et ils tendent \u00e0 vivre davantage dans le futur que dans le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">D\u2019autres auteurs tels que Spence et Robbins\u00a0(1992), Bonebright, Clay et Ankenmann (2000), Burke (1999, 2001), Scott,\u00a0Moore et Miceli (1997) et Naughton (1987) ont des visions diff\u00e9rentes\u00a0de ce qu\u2019est l\u2019ergomanie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Pour Spence et Robbins (1992), Bonebright,\u00a0Clay et Ankenmann (2000) et Burke (1999, 2001) il y a trois caract\u00e9ristiques\u00a0principales qui d\u00e9finissent l&rsquo;ergomanie. La personne doit \u00eatre\u00a0fortement impliqu\u00e9e par son travail, se sentir oblig\u00e9e ou\u00a0pouss\u00e9e \u00e0 travailler en raison de pressions internes et\u00a0\u00e9prouver peu de plaisir au travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Pour Scott, Moore et Miceli (1997) les individus\u00a0s&rsquo;engagent dans des patrons de <i>workaholism<\/i> lorsqu&rsquo;ils\u00a0: a)\u00a0passent beaucoup de temps \u00e0 travailler lorsque la d\u00e9cision\u00a0leur appartient, b) pensent constamment et fr\u00e9quemment au travail\u00a0lorsqu&rsquo;ils ne travaillent pas et c) travaillent au-del\u00e0 de ce qui\u00a0est raisonnablement attendu pour rencontrer les exigences de leur emploi\u00a0ou pour combler les besoins \u00e9conomiques de base.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Pour Naughton (1987), l&rsquo;un des principaux\u00a0facteurs qui entre en jeu dans le probl\u00e8me de l&rsquo;ergomanie est l&rsquo;engagement\u00a0au travail. Selon cet auteur, ce qui caract\u00e9rise un ergomane d&rsquo;un\u00a0non-ergomane, c\u2019est que pour le premier, son emploi est le point\u00a0central de son temps et de son \u00e9nergie. Il d\u00e9pense plus\u00a0de temps et d&rsquo;\u00e9nergie au travail que le fait le non-ergomane, pour\u00a0qui d&rsquo;autres alternatives que le travail peuvent \u00eatre importantes.\u00a0De plus, les ergomanes excluent ou r\u00e9duisent s\u00e9v\u00e8rement\u00a0leurs opportunit\u00e9s de s&rsquo;engager dans des activit\u00e9s qui ne\u00a0sont pas reli\u00e9es au travail. Par ailleurs, pour cet auteur, l&rsquo;obsession-compulsion\u00a0peut \u00e9galement \u00eatre un second \u00e9l\u00e9ment important\u00a0de l&rsquo;ergomanie, m\u00eame selon lui, il y a des ergomanes non-obsessifs-compulsifs\u00a0et des obsessifs-compulsifs non-ergomanes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Les diff\u00e9rentes typologies\u00a0de\u00a0l&rsquo;ergomanie<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Au-del\u00e0 des diff\u00e9rentes d\u00e9finitions,\u00a0il existe \u00e9galement diff\u00e9rentes typologies en fonction des\u00a0auteurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Robinson (2000a, 2000b) a d\u00e9velopp\u00e9\u00a0une typologie bas\u00e9e sur la quantit\u00e9 de travail initi\u00e9\u00a0en proportion avec la quantit\u00e9 de travail compl\u00e9t\u00e9.\u00a0Il a d\u00e9termin\u00e9 quatre types d\u2019ergomanes\u00a0: l\u2019ergomane\u00a0infatigable, l\u2019ergomane boulimique, l\u2019ergomane avec d\u00e9ficit\u00a0d\u2019attention et l\u2019ergomane \u00ab\u00a0<i>savoring<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">1) <i>L\u2019ergomane infatigable<\/i>, correspond\u00a0au \u00ab\u00a0<i>dyed-in-the-wool workaholics<\/i>\u00a0\u00bb de Oates.\u00a0Comme son nom l\u2019indique, il est infatigable. Il initie beaucoup de\u00a0travail et en compl\u00e8te \u00e9galement beaucoup. Il travaille\u00a0compulsivement et constamment, jour et nuit ainsi que durant les vacances\u00a0et les fins de semaine sans d\u00e9crocher ou sans s\u2019accorder de\u00a0p\u00e9riode de repos. Il est press\u00e9 et inflexible en ce qui\u00a0concerne l\u2019atteinte d\u2019\u00e9ch\u00e9ancier, souvent m\u00eame\u00a0une semaine avant l\u2019horaire.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">2)\u00a0L<i>\u2019ergomane boulimique<\/i>,\u00a0pour sa part,<i> <\/i>d\u00e9marre peu de projets et en m\u00e8ne plusieurs\u00a0\u00e0 terme. Il a des patrons de travail complexes qui vacillent entre\u00a0la procrastination et la fr\u00e9n\u00e9sie. Durant de longues p\u00e9riodes\u00a0de temps, il procrastine. Son niveau de perfectionnisme est tellement\u00a0\u00e9lev\u00e9 qu\u2019il n\u2019ose pas commencer<b> <\/b>de peur\u00a0de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur. Par la suite, il peut travailler\u00a0sans rel\u00e2che durant plusieurs jours d\u2019affil\u00e9s en se\u00a0reposant \u00e0 peine. \u00c0 la fin de cette p\u00e9riode de fr\u00e9n\u00e9sie,\u00a0il est tellement \u00e9puis\u00e9, qu\u2019il peut tomber endormi\u00a0tout habill\u00e9. Durant sa p\u00e9riode de procrastination, on peut\u00a0le prendre pour le type anorexique de Fassel (1990). Cependant, il n\u2019est\u00a0pas totalement inactif. Il travaille obsessivement dans sa t\u00eate.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">3) <i>L\u2019ergomane avec d\u00e9ficit\u00a0d\u2019attention<\/i>, quant \u00e0 lui, est un ergomane qui recherche\u00a0constamment l\u2019adr\u00e9naline. C\u2019est une drogue vitale pour\u00a0lui. Il est facilement ennuy\u00e9 et recherche constamment des stimulations.\u00a0Il aime les emplois risqu\u00e9s, vivre sur la corde raide autant au\u00a0travail qu\u2019au jeu. Il entreprend plusieurs projets<b>,<\/b> mais en\u00a0terminent peu. Il a de la difficult\u00e9 \u00e0 se concentrer sur\u00a0la t\u00e2che devant lui, devient ennuy\u00e9 et saute au prochain\u00a0item \u00e0 l\u2019agenda, laissant plusieurs projets inachev\u00e9s\u00a0pour obtenir une autre dose d\u2019adr\u00e9naline.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">4) <i>L\u2019ergomane \u00ab\u00a0savoring<\/i>\u00a0\u00bb\u00a0est lent, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et m\u00e9thodique. Perfectionniste,\u00a0il a peur que le projet fini ne soit pas assez bon. Il savoure son travail\u00a0comme l\u2019alcoolique savourerait un verre de bourbon. Il entame peu\u00a0de travail et en termine peu, car il prolonge et cr\u00e9e du travail\u00a0additionnel lorsqu\u2019il r\u00e9alise qu\u2019il a presque fini un\u00a0projet. Il coupe les cheveux en quatre \u00e0 trop analyser, reste pris\u00a0dans les d\u00e9tails et r\u00e9examine les t\u00e2ches au point\u00a0d\u2019entraver son habilet\u00e9 \u00e0 initier et compl\u00e9ter\u00a0un travail dans un d\u00e9lai opportun. La figure 1.1 repr\u00e9sente\u00a0ces 4 types en fonction de ces deux facteurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Figure 1.1<br \/>\nTypologie de l&rsquo;ergomanie selon Robinson (2000a, 2000b)<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6420 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_figure1_1a.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_figure1_1a\" width=\"550\" height=\"331\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Plusieurs autres auteurs tels Oates, Fassel,\u00a0Scott et al., Spence &amp; Robbins ainsi que Naughton ont \u00e9galement\u00a0\u00e9labor\u00e9 diff\u00e9rentes typologies d\u2019ergomanie,\u00a0en fonction de leur conception de l\u2019ergomanie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Oates (1971), cit\u00e9 par Robinson (2000a),\u00a0fut le premier \u00e0 concevoir des types d\u2019ergomanie. Il en d\u00e9termina\u00a0cinq grands types. L\u2019ergomane-n\u00e9 (<i>dyed-in-the-wool workaholics<\/i>),\u00a0l\u2019ergomane converti, l\u2019ergomane \u00ab\u00a0situationnel\u00a0\u00bb,\u00a0le pseudo-ergomane et le fuyard (<i>escapist<\/i>). L&rsquo;ergomane-n\u00e9\u00a0est le seul vrai ergomane. Il est un perfectionniste qui prend son travail\u00a0au s\u00e9rieux, produit un travail qui rencontre de tr\u00e8s hauts\u00a0standards et il a en horreur l\u2019incomp\u00e9tence chez les autres.\u00a0L\u2019ergomane converti \u00e9tait ergomane, mais il ne l\u2019est\u00a0plus. Il s\u2019impose des limites \u00e0 ses heures de travail. Il\u00a0garde pr\u00e9cieusement ses temps libres et \u00e9vite le temps suppl\u00e9mentaire\u00a0ou les surcharges de travail. Le \u00ab\u00a0situationnel\u00a0\u00bb\u00a0n\u2019a pas une personnalit\u00e9 ergomane, il travaille pour atteindre\u00a0une s\u00e9curit\u00e9 d\u2019emploi plut\u00f4t qu\u2019en raison\u00a0de besoins psychiques internes ou pour le prestige. Le pseudo-ergomane\u00a0a superficiellement les caract\u00e9ristiques de l&rsquo;ergomane-n\u00e9.\u00a0Il pr\u00e9tend \u00eatre un s\u00e9rieux ergomane pour avancer dans\u00a0la puissante structure organisationnelle. Cependant, son orientation en\u00a0est une de pouvoir et non de productivit\u00e9. Le fuyard trouve dans\u00a0le travail une \u00e9chappatoire \u00e0 une vie d\u00e9plaisante\u00a0\u00e0 la maison. Il reste tout simplement au travail ou au bureau pour\u00a0ne pas retourner \u00e0 la maison.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Fassel (1990), cit\u00e9 par Robinson (2000a),\u00a0a pour sa part fait la distinction entre 4 types d\u2019ergomanes. 1)\u00a0Le travailleur compulsif, pouss\u00e9 malgr\u00e9 lui \u00e0 travailler\u00a0tout le temps est celui sur lequel le st\u00e9r\u00e9otype de l\u2019ergomane\u00a0est bas\u00e9. 2) Le \u00ab\u00a0travailleur noceur\u00a0\u00bb m\u00eame\u00a0s\u2019il partage les caract\u00e9ristiques du compulsif, travaille\u00a0intensivement sans rel\u00e2che seulement \u00e0 la fin d\u2019un projet\u00a0plut\u00f4t que de fa\u00e7on constante. 3) Le travailleur garde-robe\u00a0(<i>closet worker<\/i>) cache du travail pour ne pas \u00eatre d\u00e9couvert\u00a0et garde souvent une pile de travail qu\u2019il peut secr\u00e8tement\u00a0sortir quand personne n\u2019est aux alentours, comme un alcoolique avec\u00a0une bouteille cach\u00e9e. 4) L\u2019anorexique du travail est une personne\u00a0pour qui \u00e9viter le travail est autant une compulsion que trop travailler\u00a0pour l\u2019ergomane.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Scott et al. (1997) sur la base de leur revue\u00a0de la litt\u00e9rature sugg\u00e8rent qu\u2019il y ait trois types\u00a0d\u2019ergomane. L\u2019ergomane compulsif-d\u00e9pendant, l\u2019ergomane\u00a0perfectionniste et l\u2019ergomane \u00ab\u00a0orient\u00e9 vers la\u00a0r\u00e9ussite\u00a0\u00bb. 1)\u00a0L\u2019ergomane compulsif-d\u00e9pendant\u00a0est celui qui d\u00e9montre des sympt\u00f4mes d\u2019obsession-compulsion.\u00a0Il travaille plus longtemps qu\u2019il en avait l\u2019intention au d\u00e9part.\u00a0Il reconna\u00eet qu\u2019il travaille excessivement, mais il ne peut\u00a0pas se contr\u00f4ler. Il continue de travailler excessivement en d\u00e9pit\u00a0de probl\u00e8mes sociaux ou de sant\u00e9 et il \u00e9prouve des\u00a0sympt\u00f4mes de manque d\u00e9plaisant lorsqu\u2019il ne travaille\u00a0pas. 2) L\u2019ergomane perfectionniste pour sa part valorise le travail\u00a0et la productivit\u00e9 au point d\u2019exclure les loisirs et les activit\u00e9s\u00a0sociales. Il d\u00e9montre des comportements contr\u00f4lants, rigides\u00a0et inflexibles et il est pr\u00e9occup\u00e9 par les d\u00e9tails,\u00a0les r\u00e8gles et les listes. 3) L\u2019ergomane \u00ab\u00a0orient\u00e9\u00a0vers la r\u00e9ussite\u00a0\u00bb, quant \u00e0 lui, est vu positivement\u00a0parce qu\u2019il lutte pour la r\u00e9ussite, le succ\u00e8s et l\u2019accomplissement\u00a0de t\u00e2ches mod\u00e9r\u00e9ment difficiles. Il est motiv\u00e9\u00a0par la<i> <\/i>comp\u00e9tition et il est capable de retarder les gratifications\u00a0et de se concentrer sur des buts lointains.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Spences et Robbins (1992) sur la base d\u2019analyses\u00a0en grappe (<i>cluster analysis<\/i>) ont d\u00e9termin\u00e9 trois\u00a0types d\u2019ergomanes. L\u2019ergomane, le travailleur enthousiaste et\u00a0l\u2019ergomane enthousiaste. Dans leur typologie, il y a \u00e9galement\u00a0trois types de travailleurs non-ergomanes. Il y a le travailleur non-engag\u00e9,\u00a0le travailleur relax et travailleur d\u00e9senchant\u00e9. Le tableau\u00a01.1 repr\u00e9sente ces six types en fonction de trois crit\u00e8res\u00a0:\u00a0l\u2019investissement au travail, sentir une obligation ou une force interne\u00a0qui nous pousse \u00e0 travailler et le niveau de plaisir au travail.\u00a0Burke (2001) a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette cat\u00e9gorisation\u00a0et a m\u00eame effectu\u00e9 une \u00e9tude portant sur la stabilit\u00e9\u00a0test re-test de ces types.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Tableau 1.1<br \/>\nTypologies de l\u2019ergomanie selon Spence et Robbins (1992)<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6421 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_1b.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_1b\" width=\"550\" height=\"302\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Pour Naughton (1987), il y deux facteurs importants pour comprendre l\u2019ergomanie\u00a0:<br \/>\nl\u2019engagement au travail et l\u2019obsession-compulsion. A partir\u00a0de ces deux dimensions, il a cr\u00e9\u00e9 une\u00a0typologie. La figure 1.2 d\u00e9montre ces quatre cat\u00e9gories\u00a0en fonction des deux facteurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Figure 1.2<br \/>\nTypologie de l\u2019ergomanie selon Naughton (1987)<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6422 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_figure1_2a.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_figure1_2a\" width=\"550\" height=\"309\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Les diff\u00e9rentes causes\u00a0pouvant\u00a0expliquer l&rsquo;ergomanie<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Parmi les diff\u00e9rents auteurs consult\u00e9s,\u00a0les seuls auteurs qui ont d\u00e9fini certaines causes de l\u2019ergomanie\u00a0sont Seybold et Salomone (1994). Dans leur article, ils ont inventori\u00e9\u00a0six causes possibles de l&rsquo;ergomanie. Selon eux, un engagement excessif\u00a0au travail qui se manifeste par une n\u00e9gligence des autres aspects\u00a0importants de la vie peut avoir pour causes : a) une d\u00e9pendance\u00a0qui est incontr\u00f4lable, b) une fuite des probl\u00e8mes personnels,\u00a0incluant l&rsquo;\u00e9vitement de l&rsquo;intimit\u00e9 avec les autres personnes,\u00a0c) un besoin profond et intense de contr\u00f4le sur sa vie, d) une nature\u00a0excessivement comp\u00e9titive, souvent associ\u00e9e \u00e0 un\u00a0d\u00e9sir intense de r\u00e9ussite, e) une image de soi endommag\u00e9e\u00a0et une estime de soi limit\u00e9e r\u00e9sultant de traumatisme de\u00a0l&rsquo;enfance incluant la pauvret\u00e9 et f) des parents ou mod\u00e8les\u00a0ergomanes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Les cons\u00e9quences de l&rsquo;ergomanie<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Robinson (2000a) a \u00e9tudi\u00e9 les\u00a0effets de l&rsquo;ergomanie sur la famille de l&rsquo;ergomane. Il explique que les\u00a0r\u00e9percussions sur la vie de famille et sur les membres de la famille\u00a0sont importantes. M\u00eame si certains auteurs consid\u00e8rent que\u00a0l&rsquo;ergomanie n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement n\u00e9gative, Robinson\u00a0(2000a) soutient qu&rsquo;il y a toujours des effets n\u00e9gatifs pour la\u00a0famille. Les conjointes et enfants des ergomanes rapportent se sentir\u00a0seuls, pas aim\u00e9s et \u00e9motionnellement et physiquement isol\u00e9s\u00a0(Robinson 2000a). Un refrain commun est que m\u00eame lorsqu&rsquo;il est pr\u00e9sent\u00a0physiquement, l\u2019ergomane est \u00e9motionnellement non disponible\u00a0et d\u00e9connect\u00e9 de sa famille. Les conjointes des ergomanes\u00a0peuvent avoir eu \u00e0 \u00e9lever les enfants seules et se plaignent\u00a0que la majeure partie des responsabilit\u00e9s reli\u00e9es \u00e0\u00a0l&rsquo;\u00e9ducation des enfants soit d\u00e9charg\u00e9e sur elles.\u00a0Remplies de ressentiment en raison de cet arrangement \u00e0 sens unique,\u00a0elles ont tendance \u00e0 r\u00e9agir avec col\u00e8re et \u00e0\u00a0se plaindre. De leur c\u00f4t\u00e9, certains ergomanes utilisent ces\u00a0plaintes verbales pour justifier leurs comportements. Il s&rsquo;ensuit donc\u00a0un cercle vicieux. De plus, lorsque les alliances familiales entre la\u00a0m\u00e8re et les enfants se sont solidifi\u00e9es par l&rsquo;absence du\u00a0p\u00e8re ergomane, la conjointe \u00e9prouve du ressentiment lorsque\u00a0l&rsquo;ergomane essaie de devenir plus impliqu\u00e9 activement dans sa famille,\u00a0car elle voit cette implication comme une violation de son territoire.\u00a0Les enfants plus \u00e2g\u00e9s aussi repoussent souvent les tentatives\u00a0de l\u2019ergomane qui cherche \u00e0 r\u00e9tablir les contacts avec\u00a0sa famille parce qu&rsquo;ils trouvent que c\u2019est trop peu, trop tard ou\u00a0les deux.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Selon Scott et al (1997), les cons\u00e9quences\u00a0d\u00e9pendent du type d\u2019ergomane. Ils ont d\u00e9fini 14 propositions\u00a0d\u00e9crivant les cons\u00e9quences de l&rsquo;ergomanie en fonction de\u00a0l&rsquo;organisation et du type d\u2019ergomane. Ils comparent \u00e9galement\u00a0les ergomanes aux autres travailleurs non-ergomanes et non, les diff\u00e9rents\u00a0types d\u2019ergomanes entre eux.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>L&rsquo;objectif de la pr\u00e9sente recherche<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">La pr\u00e9sente recherche avait pour objectif\u00a0prioritaire d&rsquo;\u00e9tudier qualitativement, le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0de l&rsquo;ergomanie afin de mieux comprendre le ph\u00e9nom\u00e8ne. \u00c0\u00a0la lumi\u00e8re des auteurs consult\u00e9s, cette recherche exploratoire\u00a0visait \u00e0:<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">\n<ol>\n<li class=\"txt-j\" type=\"1\">S\u00e9lectionner des personnes qui correspondent\u00a0\u00e0 la d\u00e9finition d&rsquo;ergomane selon Robinson<\/li>\n<li class=\"txt-j\" type=\"1\">Recueillir de plus amples informations sur\u00a0les causes de l&rsquo;ergomanie (motivations, comportements, pens\u00e9es)<\/li>\n<li class=\"txt-j\" type=\"1\">Recueillir de plus amples informations sur\u00a0les cons\u00e9quences de l&rsquo;ergomanie<\/li>\n<li class=\"txt-j\" type=\"1\">Comparer les donn\u00e9es recueillies pour\u00a0v\u00e9rifier si elles vont dans le m\u00eame sens que les th\u00e9ories\u00a0existantes.<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b><a id=\"contenu3\" name=\"contenu3\"><\/a><\/b>D\u00c9MARCHE\u00a0M\u00c9THODOLOGIQUE<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">En d\u00e9pit du fait que le terme \u00ab\u00a0<i>workaholism<\/i>\u00a0\u00bb\u00a0est grandement r\u00e9pandu dans le langage populaire, nous ne comprenons\u00a0pas encore tr\u00e8s bien le ph\u00e9nom\u00e8ne. Dans le but de\u00a0mieux le comprendre, nous avons choisi d&rsquo;effectuer une \u00e9tude de\u00a0type qualitatif. La m\u00e9thodologie employ\u00e9e pour cette recherche\u00a0est pr\u00e9sent\u00e9e dans cette partie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Choix des sujets<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Le choix des sujets s\u2019est effectu\u00e9\u00a0en deux \u00e9tapes. Dans un premier temps, nous avons fait circuler\u00a0une annonce \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0\u00a0Montr\u00e9al mentionnant que nous effectuions une \u00e9tude sur\u00a0l\u2019ergomanie (<i>workaholism<\/i>) et que nous avions besoin de 10\u00a0candidats qui croient l\u2019\u00eatre. Nous avons \u00e9galement mentionn\u00e9\u00a0que ces individus devaient r\u00e9pondre \u00e0 un test et \u00e0\u00a0un questionnaire sur ce th\u00e8me. Il \u00e9tait \u00e9galement\u00a0mentionn\u00e9 que pour \u00eatre \u00e9ligible, une personne proche\u00a0de la personne ergomane devait \u00eatre disponible pour participer \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9tude, car elle aussi avait \u00e0 r\u00e9pondre au\u00a0test et au questionnaire. Les individus int\u00e9ress\u00e9s \u00e0\u00a0participer \u00e0 cette \u00e9tude devaient nous appeler. Au t\u00e9l\u00e9phone,\u00a0une premi\u00e8re \u00e9valuation globale de la situation de la personne\u00a0a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e pour s\u2019assurer qu\u2019elles\u00a0correspondaient au type de personne recherch\u00e9. Par la suite, les\u00a0questionnaires leur \u00e9taient envoy\u00e9s par la poste ou par\u00a0courriel. Les participants nous les retournaient compl\u00e9t\u00e9s\u00a0de la m\u00eame fa\u00e7on.\u00a0Dans un deuxi\u00e8me temps, nous n\u2019avons\u00a0retenu que les r\u00e9ponses des sujets qui avaient un niveau \u00e9lev\u00e9\u00a0de risque d\u2019ergomanie selon Robinson.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>La cueillette de donn\u00e9es<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><u>Outils de mesure utilis\u00e9s pour les\u00a0ergomanes<\/u><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Le test \u00ab<i>Work Addiction Risk Test<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Cette \u00e9tude exploratoire de type qualitatif\u00a0s\u2019est effectu\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une traduction fran\u00e7aise,\u00a0effectu\u00e9e par une traductrice, du \u00ab<i>Work Addiction Risk\u00a0Test<\/i>\u00bb construit par Robinson (1989) et valid\u00e9e de diff\u00e9rentes\u00a0fa\u00e7ons au fil des ans (Robinson 1992, 1994, 1995, 1999). Ce test\u00a0est constitu\u00e9 de 25 \u00e9nonc\u00e9s. Les r\u00e9pondants\u00a0\u00e9valuent chaque item sur une \u00e9chelle en 4 points qui va\u00a0de Jamais Vrai \u00e0 Toujours Vrai, o\u00f9 Jamais Vrai \u00e9gal\u00a01 et Toujours Vrai \u00e9gal 4, en fonction du rapprochement avec leurs\u00a0habitudes de travail. Pour \u00e9valuer le niveau de risque, il suffit\u00a0de calculer les cotes indiqu\u00e9es pour chaque item. Plus le score\u00a0est \u00e9lev\u00e9, plus le niveau de risque est \u00e9lev\u00e9.\u00a0De plus, Robinson a \u00e9tabli 3 niveaux de risque\u00a0: faible, moyen\u00a0et \u00e9lev\u00e9. Un score compris entre 25 et 56 signifie un niveau\u00a0de risque faible, un score compris entre 57 et 66 indique un niveau de\u00a0risque moyen et un score au-dessus de 67 signifie un niveau de risque\u00a0\u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Le questionnaire destin\u00e9 aux ergomanes<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Afin de recueillir des informations d\u2019ordre\u00a0qualitatif, sur les motivations de la personne, ses habitudes excessives\u00a0et ses pr\u00e9occupations mentales, nous lui avons \u00e9galement\u00a0demand\u00e9 de remplir un questionnaire maison. Ce questionnaire touche\u00a0les th\u00e8mes de la d\u00e9pendance et de l\u2019obsession, le perfectionnisme,\u00a0les motivations, les habitudes de travail et de non-travail, les pr\u00e9occupations\u00a0mentales et les impacts qu\u2019ils pensent qu\u2019ont leurs comportements\u00a0sur le travail, leur sant\u00e9 et leur famille.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><u>Outil de mesure utilis\u00e9 avec une personne\u00a0proche<\/u><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">De plus, comme le sugg\u00e8re Robinson\u00a0(2000a), nous avons demand\u00e9 \u00e0 une personne proche de nos\u00a0sujets de r\u00e9pondre au \u00ab<i>Work Addiction Risk Test<\/i>\u00bb\u00a0en fonction de la personne ergomane. Nous avons ensuite compar\u00e9\u00a0les donn\u00e9es afin de v\u00e9rifier si les ergomanes se per\u00e7oivent\u00a0de la m\u00eame fa\u00e7on que leurs proches.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Nous leur avons \u00e9galement demand\u00e9\u00a0de remplir un questionnaire portant sur la fa\u00e7on dont ils per\u00e7oivent\u00a0la personne ergomane et sur l\u2019impact qu\u2019a sur eux et leur famille\u00a0leur d\u00e9pendance au travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Traitements des donn\u00e9es<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Analyse des donn\u00e9es recueillies\u00a0par les tests<br \/>\nEn ce qui concerne l&rsquo;analyse des donn\u00e9es recueillies par les\u00a0tests, nous avons dans un premier temps calcul\u00e9 le score de chacun\u00a0des sujets, pour le test pass\u00e9 par le sujet lui-m\u00eame et celui\u00a0pass\u00e9 par la personne proche de lui. Par la suite, nous avons compar\u00e9\u00a0les deux r\u00e9sultats pour \u00e9valuer si les ergomanes se per\u00e7oivent\u00a0de la m\u00eame mani\u00e8re que leurs proches peuvent les percevoir.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><u>Analyse des questionnaires <\/u><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Questions ferm\u00e9es<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">En ce qui concerne les questions ferm\u00e9es,\u00a0notamment \u00e0 choix multiples, nous avons calcul\u00e9 les fr\u00e9quences\u00a0et les pourcentages, c&rsquo;est-\u00e0-dire le nombre de r\u00e9pondants\u00a0associ\u00e9 \u00e0 chaque r\u00e9ponse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les questions dichotomiques, obligeant le r\u00e9pondant\u00a0\u00e0 choisir entre deux r\u00e9ponses (ex : entre oui ou non), le\u00a0nombre de r\u00e9pondants ayant r\u00e9pondu par l&rsquo;une ou l&rsquo;autre\u00a0des r\u00e9ponses a \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les questions comportant plusieurs volets ferm\u00e9s,\u00a0nous avons dans un premier temps, comptabilis\u00e9 le nombre de r\u00e9ponses\u00a0positives ou n\u00e9gatives et ensuite nous avons appliqu\u00e9 le\u00a0m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la ou aux sous-questions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les questions mixtes comportant un volet ferm\u00e9\u00a0et un volet ouvert, les personnes qui ont r\u00e9pondu par la positive\u00a0ou parfois \u00e0 la n\u00e9gative au volet ferm\u00e9 avaient \u00e0\u00a0r\u00e9pondre \u00e0 une sous-question ouverte. Pour la partie ferm\u00e9e,\u00a0nous avons comptabilis\u00e9 le nombre de r\u00e9pondants ayant r\u00e9pondu\u00a0par l&rsquo;affirmative ou la n\u00e9gative. En ce qui concerne la partie\u00a0ouverte, nous avons trait\u00e9 l&rsquo;analyse des donn\u00e9es dans la\u00a0section suivante.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Questions ouvertes<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">En ce qui concerne les questions ouvertes,\u00a0nous avons eu recours \u00e0 l&rsquo;analyse de contenu.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b><a id=\"contenu4\" name=\"contenu4\"><\/a><\/b>R\u00c9SULTATS<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">L&rsquo;analyse est en partie quantitative et en\u00a0partie qualitative. Nous avons d&rsquo;abord utilis\u00e9 l&rsquo;analyse descriptive\u00a0pour nous permettre de faire ressortir les \u00e9l\u00e9ments les\u00a0plus fr\u00e9quemment \u00e9voqu\u00e9s de l&rsquo;ergomanie. Nous avons\u00a0\u00e9galement compar\u00e9 certaines donn\u00e9es transmises par\u00a0les ergomanes et par les personnes proches d&rsquo;elles. Finalement, nous avons\u00a0analys\u00e9 les r\u00e9sultats en comparant les r\u00e9sultats\u00a0obtenus aux diff\u00e9rentes th\u00e9ories existantes, principalement\u00a0celles de Robinson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9chantillon se r\u00e9partissait de la fa\u00e7on suivante.\u00a0Il y avait un peu plus d\u2019hommes que de femmes, soit 6 hommes et 4\u00a0femmes. Il y avait 4 ergomanes \u00e2g\u00e9s entre 30 et 50 ans, 5\u00a0qui avaient plus de 50 ans et aucun avait moins de 30 ans. La totalit\u00e9\u00a0des personnes interrog\u00e9es \u00e9taient en couple. Il y en avaient\u00a0quatre qui \u00e9taient en couple depuis 5 \u00e0 15 ans, 2 qui l\u2019\u00e9taient\u00a0depuis 15 \u00e0 25 ans, 4 qui l\u2019\u00e9tait depuis plus de 25\u00a0ans et aucun depuis moins de 5 ans. Par ailleurs, au niveau de la distribution\u00a0en fonction du travail, quatre individus travaillaient depuis moins de\u00a05 ans pour la m\u00eame entreprise, 3 personnes travaillaient depuis\u00a05 \u00e0 15 ans, une autre depuis 15 \u00e0 25 ans et deux travaillaient\u00a0pour la m\u00eame entreprise depuis plus de 25 ans. En ce qui concerne\u00a0la taille de l\u2019entreprise, 4 sujets travaillaient dans une petite\u00a0entreprise, 4 autres dans une moyenne entreprise et 2 dans une grande\u00a0entreprise. Pour les types d\u2019occupation, une personne \u00e9tait\u00a0gestionnaire, 4 \u00e9taient des entrepreneurs, 3 \u00e9taient des\u00a0professionnelles, une \u00e9tait travailleuse autonome et une autre\u00a0oeuvrait dans le milieu de l\u2019informatique. Finalement, toutes les\u00a0personnes proches qui avaient r\u00e9pondu aux questionnaires, \u00e9taient\u00a0les conjoints ou conjointes des ergomanes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Les r\u00e9sultats obtenus vont en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0sensiblement dans le m\u00eame sens que les \u00e9l\u00e9ments apport\u00e9s\u00a0par la th\u00e9orie de Robinson, \u00e0 savoir\u00a0que les ergomanes\u00a0seraient majoritairement des hommes, qu\u2019ils ont une approche de la\u00a0vie o\u00f9 leur travail consume leur temps, leur \u00e9nergie et\u00a0leurs pens\u00e9es; que leurs habitudes de travail interf\u00e8rent\u00a0avec leurs relations sociales et intimes et qu\u2019ils pensent souvent\u00a0au travail. Cependant, en ce qui concerne les aspects portant sur la sant\u00e9\u00a0et la tendance \u00e0 vivre dans le futur davantage que dans le pr\u00e9sent,\u00a0notre \u00e9chantillon ne soul\u00e8ve pas tout \u00e0 fait les\u00a0m\u00eames conclusions (voir tableaux 1.2 et 1.3).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Tableau 1.2<br \/>\nR\u00e9partition des ergomanes en fonction de leur perception sur le\u00a0th\u00e8me de la sant\u00e9<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6423 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_2b.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_2b\" width=\"550\" height=\"69\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Tableau 1.3<br \/>\nR\u00e9partition des ergomanes en fonction de leurs pens\u00e9es<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6424 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_3.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_3\" width=\"550\" height=\"73\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">En effet, comme vous avez pu le constater,\u00a0la majorit\u00e9 de nos candidats (9\/10) ne souffrent pas de probl\u00e8mes\u00a0de sant\u00e9. Et 6 sur 10 disent de ne pas rester \u00e0 la maison\u00a0lorsqu\u2019ils sont malades. De plus, 3 de ces ergomanes disent qu\u2019ils\u00a0ne restent pas \u00e0 la maison lorsqu\u2019ils sont malades, car ils\u00a0ne sont, \u00e0 toute fin pratique, jamais malades. \u00c0 premi\u00e8re,\u00a0vue ces r\u00e9sultats semblent surprenants. Cependant, il ne faut pas\u00a0oublier qu\u2019il s\u2019agit de donn\u00e9es recueillies gr\u00e2ce\u00a0\u00e0 un auto-questionnaire. Les ergomanes nous donnent donc l\u2019information\u00a0comme ils la per\u00e7oivent. Il est donc possible, que ces individus\u00a0se per\u00e7oivent rarement malades, car pour eux avoir un petit rhume\u00a0n\u2019est pas \u00eatre malade. Autrement dit, des probl\u00e8mes\u00a0de sant\u00e9 mineurs ne sont pas suffisants pour les emp\u00eacher\u00a0de travailler. La d\u00e9sirabilit\u00e9 sociale peut aussi avoir\u00a0jou\u00e9 un r\u00f4le dans leurs r\u00e9ponses. Pour certains, il\u00a0n\u2019est pas facile d\u2019avouer sa fragilit\u00e9, ses maux, les\u00a0cons\u00e9quences de ses exc\u00e8s de travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, 4 sur 6 nous ont \u00e9galement dit qu\u2019ils ne restaient\u00a0pas \u00e0 la maison lorsqu\u2019ils sont malades, car ils ont trop\u00a0de travail. Ces individus ont un rythme de travail \u00e9lev\u00e9.\u00a0Ils se doivent d\u2019\u00eatre toujours performants. S\u2019ils doivent\u00a0rester \u00e0 la maison pour raison de sant\u00e9, le travail s\u2019accumule.\u00a0\u00c0 leur retour, ils auraient une grosse somme de travail \u00e0\u00a0assumer en plus de leur boulot habituel, puisqu\u2019ils ont une image\u00a0\u00e0 pr\u00e9server. De plus, certains se croient indispensables\u00a0pour le bon fonctionnement de leur entreprise. Nous pouvons donc comprendre\u00a0que la motivation profonde qui les influence est la perception qu\u2019ils\u00a0ont de leur r\u00f4le et de leur importance en tant que travailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les pr\u00e9occupations futures, seulement 4 ergomanes\u00a0sur 10 disent que cela leur arrive souvent de penser \u00e0 l\u2019avenir\u00a0et d\u2019oublier compl\u00e8tement le pr\u00e9sent. Nous nous attendions\u00a0\u00e0 un r\u00e9sultat plus \u00e9lev\u00e9. Les ergomanes qui\u00a0oublient le pr\u00e9sent pensent principalement \u00e0 des aspects\u00a0non-reli\u00e9s \u00e0 leur travail, ce qui est particulier, puisqu\u2019ils\u00a0pensent \u00e9galement tous \u00e0 leur travail lorsqu\u2019ils ne\u00a0sont pas au bureau. Par ailleurs, 4 ergomanes et 3 proches nous disent\u00a0que l\u2019ergomane est parfois inaccessible. Nous aurions pu croire qu\u2019il\u00a0s\u2019agissait des m\u00eames individus qui \u00e9taient \u00e0\u00a0la fois souvent perdus dans leurs pens\u00e9es en raison de leur travail\u00a0et\/ou qui pensent \u00e0 des sujets futurs non-li\u00e9s \u00e0\u00a0leur travail qui adoptent \u00e9galement des comportements distants.\u00a0Il semblerait que cela ne soit pas le cas. Des recherches suppl\u00e9mentaires\u00a0seront n\u00e9cessaires pour mieux comprendre cette dynamique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">Par ailleurs, le th\u00e8me le plus souvent\u00a0mentionn\u00e9 est la retraite (3 sur 4). Il est possible que ces individus\u00a0soient en \u00e2ge de la prendre, mais qu\u2019ils soient dans l\u2019impossibilit\u00e9\u00a0d\u2019arr\u00eater pour diff\u00e9rentes raisons. Il est \u00e9galement\u00a0possible qu\u2019ils aient bient\u00f4t l\u2019occasion de la prendre.\u00a0Ceci pourrait expliquer pourquoi cette pr\u00e9occupation se retrouve\u00a0au premier rang. Une personne pense \u00e9galement aux moments de d\u00e9tentes\u00a0et de loisirs qu\u2019elle aime. Les deux autres, pensent \u00e0 des\u00a0th\u00e8mes reli\u00e9s au travail\u00a0: l\u2019emploi id\u00e9al\u00a0et la r\u00e9ussite de son entreprise. Parmi toutes ces r\u00e9ponses,\u00a0il n\u2019y a que ces deux derni\u00e8res qui sont davantage en lien\u00a0avec les r\u00e9sultats anticip\u00e9s, \u00e0 savoir que les ergomanes\u00a0sont pr\u00e9occup\u00e9es par leur travail. Cependant, il faut admettre\u00a0que Robinson (1989, 1992, 1994, 1995, 1996, 1999, 2000a, 2000b) n\u2019a\u00a0pas \u00e9t\u00e9 aussi sp\u00e9cifique. Ce chercheur a simplement\u00a0\u00e9crit qu\u2019une des caract\u00e9ristiques \u00e9tait d\u2019avoir\u00a0tendance \u00e0 \u00eatre davantage centr\u00e9 sur l\u2019avenir\u00a0au point d\u2019en oublier le pr\u00e9sent. Notre \u00e9chantillon\u00a0permet donc de r\u00e9aliser que lorsque les ergomanes r\u00eavassent,\u00a0ils ne pensent pas n\u00e9cessairement \u00e0 leur travail, m\u00eame\u00a0si tous nos r\u00e9pondants disent penser souvent \u00e0 leur travail,\u00a0m\u00eame lorsqu\u2019ils ne sont pas au bureau. Donc, si nous nous fions\u00a0\u00e0 ces r\u00e9sultats, il semblerait que les ergomanes pensent\u00a0souvent \u00e0 leur travail, mais pas au point d\u2019en oublier le\u00a0pr\u00e9sent. D\u2019autres donn\u00e9es vont dans ce sens. Ils font\u00a0des activit\u00e9s de loisirs et leurs conjoint(es) (6\/10) ne les trouvent\u00a0pas inaccessibles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus, il semblerait que ce ne soit pas la majorit\u00e9 des r\u00e9pondants\u00a0qui apportent souvent du travail \u00e0 la maison. En effet, 6 ergomanes\u00a0sur 10 et 5 proches, disent que l\u2019ergomane en apporte pas souvent.\u00a0Le type d\u2019occupation peut possiblement expliquer ce r\u00e9sultat.\u00a0En effet, certains types d\u2019entrepreneurs, de professionnels et de\u00a0travailleurs du domaine de l\u2019informatique occupent des emplois qui\u00a0ne se pr\u00eatent pas bien \u00e0 ce genre de pratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certaines de nos donn\u00e9es portant sur les habitudes excessives des\u00a0ergomanes vont sensiblement dans le sens de la th\u00e9orie de Robinson.\u00a0De plus, ceci semble \u00e9galement concorder avec les th\u00e9ories\u00a0d\u2019autres auteurs (Voir tableau 1.4 et 1.5) Il semblerait \u00e9galement\u00a0que notre \u00e9chantillon confirme \u00e9galement que les habitudes\u00a0de travail des ergomanes peut affecter leur relation familiale ou de couple\u00a0(Voir tableau 1.6).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Tableau 1.4<br \/>\nHabitudes de travail des ergomanes en fonction \u00a0du nombre d\u2019heures de travail par semaine<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6425 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_4.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_4\" width=\"550\" height=\"137\" \/><\/p>\n<p><b>Tableau 1.5<br \/>\nHabitudes de travail des ergomanes \u00a0en fonction de leurs coll\u00e8gues<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6426 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_5.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_5\" width=\"550\" height=\"113\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>Tableau 1.6<br \/>\nEffets des habitudes de travail des ergomanes sur leur vie de couple<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6427 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_6.gif\" alt=\"Volume09_3-4_Haro_sur_lergonomie_13_tableau1_6\" width=\"550\" height=\"112\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">En effet, en ce qui concerne le nombre d\u2019heures\u00a0travaill\u00e9 par semaine, seulement 2 sujets sur 10 disent travailler\u00a0plus de 60 heures par semaine et un a dit travailler 40 heures et moins.\u00a0Cependant, 7 sur 10 disent \u00eatre au travail entre 40 et 60 heures\u00a0par semaine. De plus, 8 r\u00e9pondants sur 10 ont mentionn\u00e9\u00a0que leurs coll\u00e8gues de travail ne restent pas aussi longtemps qu\u2019eux\u00a0au bureau. Il est \u00e0 noter que la semaine de travail normale est\u00a0de 40 heures. Nos r\u00e9pondants travaillent donc, en majorit\u00e9,\u00a0tout de m\u00eame plus longtemps que la moyenne des gens.<i> <\/i>De plus,\u00a0ce qui est encore plus important, c\u2019est qu\u2019ils travaillent plus\u00a0que leurs coll\u00e8gues et cette information est r\u00e9v\u00e9latrice,\u00a0car selon Scott, Moore et Miceli (1997), ce n\u2019est pas tant le nombre\u00a0d\u2019heures travaill\u00e9es qui est important, mais le fait qu\u2019ils\u00a0travaillent au-del\u00e0 de ce qui est raisonnablement attendu pour\u00a0rencontrer les exigences de leur emploi.<i><br \/>\n<\/i><br \/>\nEn ce qui concerne les relations amicales et intimes, 3 couples sur 9\u00a0disent avoir des probl\u00e8mes de couple en raison des habitudes de\u00a0travail des ergomanes. Cependant, nous devons en ajouter 4 qui ont d\u00e9j\u00e0\u00a0v\u00e9cu des difficult\u00e9s de couple en raison de leurs habitudes\u00a0de travail. Ce qui fait au total 7 personnes sur 10 qui ont ou ont d\u00e9j\u00e0\u00a0eu des difficult\u00e9s de couple en raison de leurs habitudes de travail.\u00a0Nous nous attendions tout de m\u00eame \u00e0 obtenir un r\u00e9sultat\u00a0plus \u00e9lev\u00e9 concernant les probl\u00e8mes de couples actuels.\u00a0Quelques hypoth\u00e8ses peuvent expliquer ce r\u00e9sultat. Le fait\u00a0que leurs proches ne trouvent pas qu\u2019ils travaillent trop et qu\u2019ils\u00a0ne trouvent pas difficile qu\u2019ils travaillent beaucoup; qu\u2019ils\u00a0n\u2019ont pas souvent tendance \u00e0 oublier le pr\u00e9sent et\u00a0\u00e0 apporter du travail \u00e0 la maison et qu\u2019ils font au\u00a0moins parfois des activit\u00e9s de loisirs, donc qu\u2019ils sont accessibles\u00a0lorsqu\u2019ils sont pr\u00e9sents, contribuent possiblement au bon\u00a0fonctionnent de leur couple. Notre deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se est\u00a0purement sp\u00e9culative et ne repose sur aucune donn\u00e9e apport\u00e9e\u00a0par cette recherche. Nous pensons que les personnes qui n\u2019ont pas\u00a0de probl\u00e8mes de couple ont soit r\u00e9ussi \u00e0 surmonter\u00a0leurs probl\u00e8mes ou soit qu\u2019ils sont en couples avec des personnes\u00a0qui sont \u00e9galement tr\u00e8s occup\u00e9es et\/ou qu\u2019elles\u00a0sont ind\u00e9pendantes et n\u2019attendent pas apr\u00e8s les ergomanes\u00a0pour faire leur vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous examinons les raisons qui poussent les ergomanes \u00e0 travailler\u00a0autant, nous pouvons remarquer que quatre individus sur six nous disent\u00a0que c\u2019est parce qu\u2019ils aiment leur travail. Cette information\u00a0ne serait pas conforme \u00e0 la d\u00e9finition que Spence et Robbins\u00a0(1992), Bonebright, Clay et Ankenmann (2000) et Burke (1999, 2001) donne\u00a0de l\u2019ergomanie. En effet, selon eux, les ergomanes sont sens\u00e9s\u00a0\u00e9prouver peu de plaisir \u00e0 travailler. De plus, ces auteurs\u00a0mentionnent que les ergomanes se sentent oblig\u00e9s ou pouss\u00e9s\u00a0\u00e0 travailler en raison de pressions internes. En effet, 6 ergomanes\u00a0sur 10 et 7 proches sur 10 disent que l\u2019ergomane fait souvent ou\u00a0fr\u00e9quemment des activit\u00e9s de loisirs qui ne sont pas en\u00a0lien avec le travail. Aucun de nos r\u00e9pondants ont s\u00e9lectionn\u00e9\u00a0l\u2019option\u00a0: \u00abJe me sens oblig\u00e9 de travailler\u00bb.\u00a0De plus, plusieurs ergomanes ont des activit\u00e9s de loisirs non reli\u00e9es\u00a0\u00e0 leur travail. Nous pouvons donc nous poser des questions sur\u00a0la d\u00e9finition de ces auteurs ou sur l\u2019\u00e9tat de conscience\u00a0de nos sujets. En effet, il est possible que ces derniers ne soient pas\u00a0r\u00e9ellement conscients des motivations profondes qui les poussent\u00a0\u00e0 travailler. D\u2019autres types de tests psychom\u00e9triques\u00a0seraient n\u00e9cessaires pour mieux \u00e9valuer cet aspect de l\u2019ergomanie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les r\u00e9actions des ergomanes lorsqu\u2019ils\u00a0sont confront\u00e9s \u00e0 des personnes qui n\u2019ont pas les m\u00eames\u00a0standards qu\u2019eux, les donn\u00e9es d\u00e9montrent que pour la\u00a0majorit\u00e9 (9\/10), cette situation est d\u00e9rangeante. Ces r\u00e9sultats\u00a0sont conformes \u00e0 nos attentes, car notre id\u00e9e \u00e9tait\u00a0que ces personnes supportent mal ce qu\u2019elles appelleraient \u00ab\u00a0l\u2019imb\u00e9cillit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0et elles sont souvent intransigeantes. Ce qui est int\u00e9ressant de\u00a0constater, c\u2019est que cinq d\u2019entre elles ne se contentent pas\u00a0d\u2019\u00eatre en d\u00e9saccord avec ces individus, mais agissent\u00a0de fa\u00e7on \u00e0 modifier leur environnement pour qu\u2019il leur\u00a0ressemble davantage. \u00c9tant donn\u00e9 que parmi nos sujets, 4\u00a0d\u2019entre eux sont des entrepreneurs, il est fort possible qu\u2019ils\u00a0s\u2019entourent d\u2019employ\u00e9s ergomanes ou qu\u2019ils incitent\u00a0et valorisent les comportements ergomanes. Il serait donc int\u00e9ressant\u00a0de conna\u00eetre la proportion des individus ayant des comportements\u00a0ergomanes ou \u00e9tant \u00e0 haut risque travaillant pour ces quatre\u00a0sujets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne nos ergomanes qui disent n\u2019avoir pas souvent tendance\u00a0\u00e0 retarder la fin d\u2019un projet (9\/10), nous croyons qu\u2019ils\u00a0font probablement partie de la cat\u00e9gorie des \u00ab\u00a0infatigables\u00a0\u00bb.\u00a0Deux autres indices nous permettent \u00e9galement de le croire. Premi\u00e8rement,\u00a0la majorit\u00e9 de nos ergomanes (9\/10) nous disent qu\u2019ils sont\u00a0profitables pour leur entreprise, car ils sont efficaces et contribuent\u00a0au succ\u00e8s de l\u2019entreprise. Nous en concluons donc qu\u2019ils\u00a0initient beaucoup de travail et en terminent beaucoup. De plus, la majorit\u00e9\u00a0d\u2019entre eux (7 sur 10) sont \u00e0 l\u2019aise lorsqu\u2019ils\u00a0doivent produire un travail rapidement et un autre se sent press\u00e9,\u00a0mais apte \u00e0 le faire. En ce qui concerne l\u2019ergomane qui dit\u00a0retarder souvent la fin d\u2019un projet ou repousser une \u00e9ch\u00e9ance,\u00a0il peut s\u2019agir d\u2019une ergomane \u00ab<i>savouring<\/i>\u00bb,\u00a0mais les donn\u00e9es ne nous permettent pas de l\u2019affirmer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, \u00e9tant donn\u00e9 que cette \u00e9tude porte sur\u00a0un tr\u00e8s faible \u00e9chantillon, il serait int\u00e9ressant\u00a0que des recherches ult\u00e9rieures jettent un regard sur certaines\u00a0donn\u00e9es que nous avons recueillies qui ne sont pas conformes aux\u00a0attentes ou aux th\u00e9ories consult\u00e9es et que nous n\u2019arrivons\u00a0pas \u00e0 expliquer. Les th\u00e8mes sont les suivants\u00a0: oublier\u00a0le pr\u00e9sent et penser au futur, faire des activit\u00e9s de loisirs\u00a0qui ne sont pas en lien avec le travail et la sant\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, des commentaires doivent \u00eatre\u00a0\u00e9mis concernant le fait que certaines donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9\u00a0valid\u00e9es aupr\u00e8s des personnes proches des ergomanes. Premi\u00e8rement,\u00a0les avoir questionn\u00e9 a apport\u00e9 des informations tr\u00e8s\u00a0int\u00e9ressantes et il serait avantageux que ce moyen soit r\u00e9utilis\u00e9\u00a0dans d\u2019autres recherches sur le sujet. De plus, il serait int\u00e9ressant\u00a0qu\u2019il y ait plus de questions \u00abjumel\u00e9es\u00bb. Par\u00a0ailleurs, il ne fut pas facile d\u2019analyser ce genre de donn\u00e9es\u00a0et c\u2019est la raison pour laquelle nous n\u2019avons pas r\u00e9utilis\u00e9\u00a0ces donn\u00e9es dans cette section.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres limitations doivent \u00eatre mentionn\u00e9es concernant\u00a0cette recherche. Nous avons utilis\u00e9 une traduction non-valid\u00e9\u00a0d\u2019un inventaire et des questionnaires maisons. Ceci limite donc la\u00a0valeur scientifique de cette recherche. Cependant, elle peut apporter\u00a0des informations int\u00e9ressantes sur le sujet et constitue un des\u00a0rares textes francophones disponibles.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b><a id=\"contenu5\" name=\"contenu5\"><\/a><\/b>CONCLUSION<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\" align=\"left\">En conclusion, nous pouvons affirmer que notre\u00a0\u00e9chantillon correspond sensiblement \u00e0 la th\u00e9orie\u00a0apport\u00e9e par Robinson. De plus, cette recherche nous a permis d\u2019effleurer\u00a0les motivations et les m\u00e9canismes psychologiques reli\u00e9s\u00a0\u00e0 l\u2019ergomanie. Nous avons entre autres, soulev\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se\u00a0que les ergomanes ont tendance \u00e0 consid\u00e9rer leur r\u00f4le\u00a0de travailleur comme \u00e9tant tr\u00e8s important. Nous croyons\u00a0qu\u2019il serait fort int\u00e9ressant d\u2019explorer davantage cette\u00a0avenue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre \u00e9l\u00e9ment qui ressort de cette recherche est que\u00a0les conjoint(e)s semblent avoir sur plusieurs points, la m\u00eame vision\u00a0de la r\u00e9alit\u00e9 que les ergomanes. Il serait pertinent, selon\u00a0nous, que d\u2019autres recherches \u00e9tudient plus en profondeur\u00a0les couples dont l\u2019une des personnes est ergomane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tant donn\u00e9 que notre \u00e9chantillon ne portait que\u00a0sur des couples, nous croyons que des recherches futures devraient se\u00a0pencher sur la question des ergomanes solitaires, car nous croyons que\u00a0leur r\u00e9alit\u00e9 est probablement fort diff\u00e9rente. De\u00a0plus, nous croyons, qu\u2019il serait int\u00e9ressant d\u2019effectuer\u00a0une recherche comparative entre les ergomanes c\u00e9libataires et en\u00a0couples.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, \u00e9tant donn\u00e9 que parmi nos ergomanes, quatre\u00a0sont entrepreneurs, nous croyons qu\u2019il serait int\u00e9ressant\u00a0d\u2019effectuer des recherches plus pouss\u00e9es sur ce groupe de\u00a0travailleurs et les effets de chefs d\u2019entreprises ergomanes sur leur\u00a0organisation et leurs employ\u00e9s.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"auteur\"><\/a>Auteur<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Caroline Quidoz est conseill\u00e8re d\u2019orientation\u00a0au Carrefour Jeunesse Emploi Montcalm \u00e0 Ste-Julienne (Qu\u00e9bec)\u00a0depuis juin 2002. Elle a effectu\u00e9 cette recherche dans le cadre\u00a0de sa ma\u00eetrise en \u00e9ducation, profil carri\u00e9rologie\u00a0\u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al\u00a0en 2002, sous la supervision de Yves Chagnon. Courriel: carolinequidoz@yahoo.com<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">The present research project had as its main objective to qualitively\u00a0study workaholism, so as to better understand the phenomena. The results\u00a0obtained are consistant with Robinson\u2019s (2000) theories, which indicate\u00a0than workaholics have lifestyle habits that dominate their time, energy\u00a0and thoughts, that their work habits interfere with their social and intimate\u00a0relationships and that they spent a lot of time thinking about their work.\u00a0However with respect to health and the tendancy to live more in the future\u00a0than the present, our study does not support the same conclusion.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">BONEBRIGHT, C.A., CLAY, D.L. et ANKENMANN. R.D. (2000).\u00a0\u00a0The\u00a0relationship of workaholism with work-life conflict, life satisfaction\u00a0and purpose in Life. <i>Journal of Counseling Psychology<\/i>, vol. 47,\u00a0n\u00b0 4, p. 469-477.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">BURKE, R.J. (1999a). Workaholism and extra-work satisfactions.\u00a0<i>International Journal of Organizational Analysis<\/i>, vol. 7, n\u00b0\u00a04, p. 352-634.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">BURKE, R.J. (1999b). Workaholism in organizations : Gender\u00a0differences. <i>Sex Roles<\/i>, vol. 41, n\u00b05, p. 333-345.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">BURKE, R.J. (2001). Spence and Robbins\u2019 measures of\u00a0workaholism components\u00a0: Test-retest stability. <i>Psychological\u00a0Reports<\/i>, vol. 88, n\u00b0 3, p. 882-888.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">MANN, D. (2000). All work and no play is bad for your health\u00a0: Workaholism can cause mental, physical problems. <i>WebMD Medical News<\/i>.\u00a0(internet)<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">MORRIS, S. et CHARNEY, N. (1983).\u00a0Workaholism : Thank\u00a0god it\u2019s Monday. <i>Psychology Today<\/i>, juin, p. 88.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">NAUGHTON, T. J. (1987). \u00a0A conceptual view of workaholism\u00a0and implications for career counseling and research. <i>The Career Development\u00a0Quarterly<\/i>, mars, p. 180-187.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. (1995). Split-half reliability of the work\u00a0addiction risk test\u00a0: Development of a measure of workaholism. <i>Psychological\u00a0Reports<\/i>, vol. 76, p. 1226.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. (1996). The psychosocial and familial dimensions\u00a0of work addiction\u00a0: Preliminary perspectives and hypotheses. <i>Journal\u00a0of Counseling and Development<\/i>, vol. 74, no 5, p. 447-451<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. (1999). The work addiction risk test\u00a0:\u00a0Development of a tentative measure of workaholism<i>. Perceptual and Motor\u00a0Skills<\/i>, vol. 88, p.\u00a0199-210.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. (2000a). Workaholism: Bridging the gap between\u00a0workplace, sociocultural, and family research. <i>Journal of Employment\u00a0Counseling<\/i>, vol. 37, no 1, p. 31-47.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. (2000b). A typology of workaholics with\u00a0implications for counselors. <i>Journal of Addictions and Offender Counselling<\/i>,\u00a0vol. 21, no 1, p. 34-48.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. et PHILLIPS, B. (1995). Measuring workaholism\u00a0:\u00a0Content validity of the work addiction risk test. <i>Psychological Reports<\/i>,\u00a0vol. 77, p. 657-658.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E., KHAKEE, J.E. et POST, P. (1992). Test-retest\u00a0reliability of the work addiction risk test. <i>Perceptual and Motor Skills<\/i>,\u00a0vol. 74, p. 926<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">ROBINSON, B.E. et POST, P. (1994). Validity of the work\u00a0addiction risk test. <i>Perceptual and Motor Skills<\/i>, vol. 78, p. 337-338.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">SCOTT, K.S., MOORE, K.S. et MICELI, M.P. (1997). An exploration\u00a0of the meaning and consequences of workaholism. <i>Human Relations<\/i>,\u00a0vol. 50, no. 3, p. 287-314.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">SELLS, B.L. (1993). Workaholism. <i>ABA Journal<\/i>, vol.\u00a079, p. 70-73<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">SEYBOLD, K.C. et. SALOMONE, P.R. (1994). Understanding\u00a0workaholism: A review of causes and counseling approaches. <i>Journal\u00a0of Counseling &amp; Development<\/i>, vol. 73, p. 4-9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">SHL. (1998). Does Working a lot constitute workaholism\u00a0? (internet : www.shlusa.com\/ SHLNews\/ work.htm)<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">SPENCE, J.T. et ROBBINS, A.S. (1992). Workaholism\u00a0:\u00a0Definition, measurement, and preliminary results. <i>Journal of Personality\u00a0Assessment<\/i>, vol. 58, no 1, p. 160-178.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">SPRUELL, G. (1987). Work Fever. <i>Training and Development\u00a0Journal<\/i>, janvier, p. 41- 44.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">VAKNIN, S. Workaholism, leisure and pleasure. (internet\u00a0: www.focus-asia.com\/home\/ samvak\/ nm36.html)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Caroline QUIDOZ, conseill\u00e8re d\u2019orientation Auteur R\u00e9sum\u00e9\/Abstract La pr\u00e9sente recherche avait pour objectif prioritaire\u00a0d&rsquo;\u00e9tudier qualitativement l\u2019ergomanie, afin de mieux comprendre\u00a0le ph\u00e9nom\u00e8ne. 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