{"id":6201,"date":"2002-11-22T04:33:09","date_gmt":"2002-11-22T03:33:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6201"},"modified":"2016-11-06T21:25:58","modified_gmt":"2016-11-06T20:25:58","slug":"carrierologie-a-lenseigne-du-developpement-du-potentiel-humain-depuis-15-ans-faits-saillants-dun-parcours-pluriel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2002\/carrierologie-a-lenseigne-du-developpement-du-potentiel-humain-depuis-15-ans-faits-saillants-dun-parcours-pluriel\/","title":{"rendered":"\u00abCarri\u00e9rologie\u00bb : \u00c0 l\u2019enseigne du d\u00e9veloppement du potentiel humain depuis 15 ans. Faits saillants d\u2019un parcours pluriel"},"content":{"rendered":"<p><b><span class=\"txt-nj\"><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/volume08_3-4-02_dortun.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-5882 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2001\/07\/PDF.png\" alt=\"Version PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a>Francine D\u2019ORTUN<\/span><\/b><span class=\"txt-nj\"><sup> 1<\/sup><\/span><b><span class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: xx-small;\"><br \/>\n<\/span><\/span><\/b><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p class=\"lien-1\"><strong><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"s-titre\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 \/\u00a0<a href=\"#abstract\">Abstract<\/a><\/strong><\/p>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\">Nous soulignons le 15<sup>e<\/sup> anniversaire d\u2019existence de la revue <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. Ce texte constitue une r\u00e9trospective, \u00e0 l\u2019aide de th\u00e8mes, des recherches et des comptes-rendus de pratiques parus dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i> entre 1986 et 1994. Le choix d\u2019examiner les premiers num\u00e9ros de la revue vise \u00e0 faire ressortir le caract\u00e8re \u00e9clairant des d\u00e9bats sociaux, \u00e9conomiques et politiques de la revue dans une perspective carri\u00e9rologique. La lecture transversale des premiers num\u00e9ros de la revue a \u00e9t\u00e9 guid\u00e9e par les th\u00e8mes choisis suivants\u00a0: la pratique de l\u2019orientation, la r\u00e9ussite \u00e9ducative et professionnelle, le bilan de comp\u00e9tences, la reconnaissance des acquis, la planification et le plafonnement de carri\u00e8re, l\u2019insertion socioprofessionnelle, et au vu de quelques d\u00e9bats de fond dont la formation continue et la pr\u00e9carisation des emplois, le tout pr\u00e9sent\u00e9 apr\u00e8s que sera pos\u00e9 un bref regard sur la pratique de l\u2019orientation, ses fondements th\u00e9oriques et l\u2019instrumentation \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des premi\u00e8res parutions.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\">Contenu<\/h3>\n<p class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu1\">Portrait actuel\u00a0: cinq \u00e9v\u00e9nements marquant de <i>Carri\u00e9rologie <\/i>en 2001<\/a><br \/>\n<i><a href=\"#contenu2\">Carri\u00e9rologie\u00a0<\/a><\/i><a href=\"#contenu2\">: \u00e0 l\u2019aff\u00fbt des tendances sociales depuis 15 ans<br \/>\n<\/a><a href=\"#contenu3\">Th\u00e8mes d\u2019un parcours pluriel<br \/>\n<\/a><a href=\"#contenu4\">La pratique de <i>l\u2019ISEP<\/i> et de l\u2019orientation<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu5\">Fondements th\u00e9oriques<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu6\">M\u00e9thodes et instrumentation<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu7\">R\u00e9ussite \u00e9ducative et professionnelle<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu8\">Bilan de comp\u00e9tences<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu9\">Reconnaissance des acquis<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu10\"> Planification et plafonnement de carri\u00e8re<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu11\"> L\u2019insertion<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu12\"> D\u00e9bats de fond<\/a><br \/>\n<a href=\"#contenu13\"> Pour conclure<\/a><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<h3><b class=\"s-titre\"><a name=\"contenu1\"><\/a>Portrait actuel\u00a0: cinq \u00e9v\u00e9nements marquant de <i>Carri\u00e9rologie <\/i>en 2001<\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">D\u2019entr\u00e9e de jeu, mentionnons que les num\u00e9ros retenus pour cette r\u00e9trospective sont ant\u00e9rieurs \u00e0 1994. Ce choix en faveur des premi\u00e8res parutions vise \u00e0 mettre en lumi\u00e8re en quoi la revue <i>Carri\u00e9rologie<\/i> est, depuis ses d\u00e9buts, impr\u00e9gn\u00e9e des grands d\u00e9bats. <i>Carri\u00e9rologie<\/i> existe sous sa forme actuelle depuis 1986, mais d\u00e8s 1995, elle affiche sa pr\u00e9gnance internationale en ajoutant <i>Revue francophone internationale<\/i> en sous-titre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ann\u00e9e 2001 est charg\u00e9e de sens\u00a0: elle \u00e9voque \u00e0 la fois la f\u00eate &#8211; puisqu\u2019on souligne son 15<sup>e<\/sup> anniversaire ; une perte &#8211; en raison du d\u00e9part \u00e0 la retraite de Doria Ross, son directeur; et une naissance &#8211; puisque <i>Carri\u00e9rologie<\/i> est dor\u00e9navant t\u00e9l\u00e9accessible. Le quatri\u00e8me \u00e9v\u00e9nement est l\u2019arriv\u00e9e de Yves Chagnon, professeur au D\u00e9partement des Sciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019UQ\u00e0M, \u00e0 la barre de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. Le nouveau directeur peut compter, comme le faisait Doria Ross, sur Andr\u00e9 E. Botteman, directeur adjoint de la revue et porteur de la double mission \u00ab\u00a0de d\u00e9velopper la revue en Europe francophone et de lui apporter des contributions europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb (Botteman, 2001, p.19). \u00c0 ce titre, le num\u00e9ro sp\u00e9cial \u00ab\u00a0Autour de la vie adulte, maturit\u00e9, identit\u00e9 adultes, jeux impossibles\u00a0\u00bb, paru \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2001 et dirig\u00e9 par Jean-Pierre Boutinet, professeur de psychosociologie et directeur de l\u2019Institut de Recherche Fondamentale et Appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Catholique de l\u2019Ouest (Angers, France), est un exemple \u00e9loquent de la notori\u00e9t\u00e9 outremer de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lecteur, qui consulte <i>Carri\u00e9rologie<\/i> en ligne, comprendra que la <i>toile<\/i> (le <i>web)<\/i> est devenue le passage oblig\u00e9 vers une plus grande diffusion des travaux de nos collaborateurs. De plus, sans faire de politique, la Francophonie gagne \u00e0 multiplier les \u00e9v\u00e9nements rassembleurs. Or, pour <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, <i>la<\/i> <i>toile<\/i> constitue un doubl\u00e9 puisque la revue est \u00e0 la fois francophone et v\u00e9hiculaire de la recherche et de la pratique de ce qui se rapporte, selon la d\u00e9finition qu\u2019en a livr\u00e9e Jacques Limoges, \u00e0 \u00ab\u00a0la vie du travail et au travail, que ce soit avant, pendant ou apr\u00e8s, et par extension, \u00e0 tout ce qui gravite autour de cette vie, telles l\u2019\u00e9tude, le ch\u00f4mage, la retraite\u00a0\u00bb (Limoges, 2001, p.\u00a071). Combien de pages a \u00e9crites ou scrut\u00e9es Jacques Limoges entre 1986 et 2000, comme auteur ou \u00e0 titre de Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 de lecture pour la Francophonie nord-am\u00e9ricaine de <i>Carri\u00e9rologie <\/i>? Voil\u00e0 qui introduit le cinqui\u00e8me \u00e9v\u00e9nement marquant\u00a0: Jacques Limoges a remis le flambeau \u00e0 Marie-Chantal Gu\u00e9don, l\u2019actuelle Pr\u00e9sidente du Comit\u00e9 de lecture, qui, \u00e0 l\u2019instar de Limoges, enseigne \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke. Apr\u00e8s le d\u00e9part de Jacques Limoges, Francine D\u2019Ortun porte le titre de \u00ab\u00a0plus ancienne membre de l\u2019\u00e9quipe de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>\u00a0\u00bb. Cet \u00e9tat de choses n\u2019est pas, par contre, li\u00e9 au fait qu\u2019elle commette ce r\u00e9capitulatif. C\u2019est par amour de la revue, qui, pour elle, t\u00e9moigne des transformations nombreuses et profondes qu\u2019a subi le rapport entre l\u2019humain et le travail.<\/p>\n<h3><b><i><span class=\"s-titre\"><a name=\"contenu2\"><\/a>Carri\u00e9rologie\u00a0<\/span><\/i><span class=\"s-titre\">: \u00e0 l\u2019aff\u00fbt des tendances sociales depuis 15 ans<\/span><\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Des \u00e9v\u00e9nements surviennent en dehors de notre volont\u00e9. Certains sont b\u00e9n\u00e9fiques, pensons \u00e0 la provenance multidisciplinaire des collaborateurs \u00e0 <i>Carri\u00e9rologie<\/i> depuis ses d\u00e9buts. Alors que d\u2019autres sont tragiques, telles les restrictions financi\u00e8res qui frappent les chantiers de recherche. De ces \u00e9v\u00e9nements, certains semblent irr\u00e9versibles, telle la complexit\u00e9 grandissante des valeurs humaines dont la mondialisation est v\u00e9hiculaire, alors que d\u2019autres, tel le spectre grandissant des probl\u00e8mes sociaux dont la pauvret\u00e9 et l\u2019analphab\u00e9tisme ne sont pas les moindre, semblent durables et souvent sans voix politique. Dans ce contexte effervescent, nous avons peine \u00e0 imaginer l\u2019\u00e9tendue actuelle de la cartographie des th\u00e8mes aff\u00e9rents \u00e0 la <u>carri\u00e8re<\/u>. D\u2019o\u00f9 la vari\u00e9t\u00e9 grandissante de domaines auxquels appartiennent nos collaborateurs. C\u2019est pourquoi nous invitons les chercheurs, dont les travaux contribuent \u00e0 la compr\u00e9hension de la vie du travail et au travail, \u00e0 proposer leurs textes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais d\u2019abord, que le lecteur se laisse guider, le temps d\u2019un voyage, jusqu\u2019aux premiers num\u00e9ros de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. C\u2019est ce retour aux sources qui r\u00e9v\u00e8le en quoi <i>Carri\u00e9rologie<\/i> est annonciatrice des tendances sociales depuis ses d\u00e9buts.<\/p>\n<h3><span class=\"txt-j\"><b class=\"s-titre\"><a name=\"contenu3\"><\/a>Th\u00e8mes d\u2019un parcours pluriel<\/b><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Parce qu\u2019elle examine seulement les parutions ant\u00e9rieures \u00e0 1994, cette r\u00e9trospective est loin d\u2019\u00e9puiser toutes les recherches et les comptes-rendus de pratiques qu\u2019abrite la revue depuis 15 ans. Que les absents ne se sentent pas omis. Il est clair, dans notre esprit, que la revue subsiste gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019assemblage d\u2019id\u00e9es, la qualit\u00e9 et la rigueur des propos qu\u2019elle v\u00e9hicule\u00a0: les v\u00f4tres. Apr\u00e8s nous \u00eatre interrog\u00e9 sur les th\u00e8mes phares aux fins de cette r\u00e9trospective, nous avons cibl\u00e9 ceux susceptibles de fluctuer selon l\u2019humeur des enjeux sociaux, politiques ou \u00e9conomiques, tels la pratique de l\u2019orientation, la r\u00e9ussite \u00e9ducative et professionnelle, le bilan de comp\u00e9tences, la reconnaissance des acquis, la planification et le plafonnement de carri\u00e8re, l\u2019insertion socioprofessionnelle. Quelques d\u00e9bats de fond couronneront le tout, dont ceux de la formation continue et de la pr\u00e9carisation des emplois. Mais avant de lire transversalement ces th\u00e8mes, on suivra le fruit d\u2019un bref regard pos\u00e9 sur des textes de <i>Carri\u00e9rologie<\/i> qui abordent la pratique de l\u2019orientation, ses fondements th\u00e9oriques et l\u2019instrumentation, et ce, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des premi\u00e8res parutions.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><br \/>\n<b><a name=\"contenu4\"><\/a>La pratique de <i>l\u2019ISEP<\/i> et de l\u2019orientation<\/b><\/span><span class=\"txt-j\"><b><br \/>\n<\/b><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">En 1986, Doria Ross \u00e9crit dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i> que \u00ab\u00a0L\u2019information scolaire et professionnelle (ISEP) est n\u00e9e d\u2019un besoin social provoqu\u00e9 par la \u201cR\u00e9volution tranquille\u201d qui a multipli\u00e9 les possibilit\u00e9s de cheminements scolaires et par le ph\u00e9nom\u00e8ne accru de l\u2019industrialisation du Qu\u00e9bec, qui a modifi\u00e9 les exigences de qualification professionnelle des travailleurs\u00a0\u00bb (Ross, 1986, p.\u00a03). Pour Ross, la <u>carri\u00e9rologie<\/u> vise \u00e0 expliquer comment un individu se d\u00e9veloppe par l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00e9tudes et de travail, que ce soit en continuit\u00e9 ou en alternance, comment s\u2019effectue le passage de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la formation professionnelle et \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une fonction de travail et comment, d\u2019un point de vue fondamental, sont coordonn\u00e9s les \u00e9l\u00e9ments de continuit\u00e9 de la trilogie \u00e9ducation &#8211; formation professionnelle &#8211; travail, chez une personne. Il d\u00e9finit la carri\u00e9rologie comme l\u2019\u00e9tude du processus qui am\u00e8ne une personne \u00e0 s\u2019\u00e9duquer, \u00e0 se donner une formation professionnelle et \u00e0 s\u2019int\u00e9grer au march\u00e9 du travail, tout en acqu\u00e9rant une identit\u00e9 personnelle, en se fixant un but professionnel et en choisissant les moyens appropri\u00e9s pour l\u2019attendre, eu \u00e9gard aux contingences environnementales (ibid. p.\u00a05). L\u2019\u00e9tude de la carri\u00e9rologie rejoignait (et rejoint encore aujourd\u2019hui) des pr\u00e9occupations d\u2019\u00e9conomie des ressources humaines en tentant de coordonner et de rationaliser, dans un plan de carri\u00e8re, des activit\u00e9s d\u2019orientation scolaire et professionnelle des jeunes et des adultes, de formation professionnelle et d\u2019affectation \u00e0 des postes de travail. Pour Ross, la r\u00e9ussite d\u2019une carri\u00e8re constituait une probl\u00e9matique con\u00e7ue en fonction non seulement des caract\u00e9ristiques des gens, de leur d\u00e9veloppement personnel, de leurs aspirations et de leurs cheminements scolaires et professionnels, mais aussi en fonction de la productivit\u00e9, compte tenu des contingences environnementales. La r\u00e9flexion sur la carri\u00e9rologie a suivi son cours, et, en 1991, Danielle Riverin-Simard (Universit\u00e9 Laval) a propos\u00e9 \u00ab\u00a0Le sens du travail et la carri\u00e9rologie\u00a0\u00bb (1991, p.37). Pour elle, la \u00ab\u00a0carri\u00e9rologie est un champ de connaissances o\u00f9 les sp\u00e9cialistes commencent \u00e0 peine \u00e0 s\u2019attarder\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a038). Apr\u00e8s avoir \u00e9nonc\u00e9 une d\u00e9finition (l\u2019\u00e9tude scientifique des divers \u00e9v\u00e9nements psychosociaux de la carri\u00e8re ainsi que de ceux de la pr\u00e9- et post-carri\u00e8re), la chercheure explique que pour elle la carri\u00e9rologie ne se limite pas \u00e0 l\u2019int\u00e9gration au march\u00e9 du travail, mais englobe de plus tous les ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s aux efforts investis par l\u2019individu ou la soci\u00e9t\u00e9, pour assurer l\u2019int\u00e9gration sociale par les diverses activit\u00e9s professionnelles, tant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du march\u00e9 du travail qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. On songe ici aux activit\u00e9s de formation, de perfectionnement ou de b\u00e9n\u00e9volat, incluant les actions professionnelles r\u00e9alis\u00e9es durant les divers types d\u2019arr\u00eats de travail, volontaires ou impos\u00e9s, tels les cong\u00e9s sabbatiques, les cong\u00e9s de maternit\u00e9 ou de paternit\u00e9 ainsi que le ch\u00f4mage ou la retraite. Elle lance alors de grandes questions qui motivent toujours des recherches, telle que le sens du travail dans un contexte marqu\u00e9 par les valeurs typiques aux soci\u00e9t\u00e9s postindustrielles\u00a0: la sectorisation du travail, la haute technologie, le ch\u00f4mage chronique ? Riverin-Simard, en faisant appel \u00e0 des perspectives historiques et culturelles, envisage alors l\u2019activit\u00e9 professionnelle \u00e0 titre de composante du ph\u00e9nom\u00e8ne humain, tout au long des diverses cultures ou civilisations. \u00ab\u00a0Sur le plan individuel, et d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, le premier but du travail est, historiquement, ramen\u00e9 \u00e0 celui de la survie\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a049). Elle examine le travail parall\u00e8lement \u00e0 la notion de projet, tant personnel que collectif, et ce, sans s\u2019\u00e9pargner la notion de finitude ou de la mort, qui serait \u00ab\u00a0d\u00e9terminante dans la teneur des projets professionnels ou autres, que l\u2019adulte se red\u00e9finit au fil des ans\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a060). La chercheure invite alors les praticiens et les chercheurs \u00e0 s\u2019int\u00e9resser au domaine de la carri\u00e9rologie puisque l\u2019activit\u00e9 professionnelle se situe au c\u0153ur de nos destin\u00e9es individuelles et que \u00ab\u00a0c\u2019est la signification accord\u00e9e \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 qui oriente ces m\u00eames destin\u00e9es\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a061).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui pratique la carri\u00e9rologie\u00a0: les \u00ab\u00a0carri\u00e9rologues\u00a0\u00bb ? La nomenclature de la profession associ\u00e9e \u00e0 ce nouveau domaine n\u2019est pas arr\u00eat\u00e9e. Conseiller en main-d\u2019\u0153uvre, aide \u00e0 l\u2019apprentissage, consultant en formation? Outre la qu\u00eate de noms, la formation des recrues n\u2019en est pas moins abord\u00e9e. Jacques Limoges, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e aux formateurs des S\u00e9minaires p\u00e9dagogiques \u00e0 Lausanne, (1988, p.49-72), analyse son exp\u00e9rience de superviseur de futurs professionnels. Il y relate les impasses de la r\u00e9troaction et propose \u00ab\u00a0un nouveau paradigme qui pourrait d\u00e9boucher sur des avenues nouvelles et plus satisfaisantes en supervision\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a050). Le passage de la r\u00e9troaction vers le renforcement positif, tel que d\u00e9crit par les premiers b\u00e9havioristes, signifie \u00ab\u00a0le ressourcement mutuel des parties, bref avec l\u2019\u00e9panouissement personnel inh\u00e9rent \u00e0 un syst\u00e8me ouvert\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a053). L\u2019autod\u00e9voilement du stagiaire constituerait ce nouveau paradigme, o\u00f9 l\u2019une des fonctions du superviseur est \u00ab\u00a0de faire \u00e9voluer ce stagiaire\u00a0\u00bb (p.\u00a061) dans un climat de collaboration et m\u00eame d\u2019entraide. Implicitement, les fonctions du stagiaire ne sont pas en reste puisque ce dernier\u00a0: \u00ab\u00a01) accepte de s\u2019autod\u00e9voiler mais en respectant son rythme; 2) r\u00e9agit activement et publiquement \u00e0 l\u2019objectivateur et aux questions exploratoires du superviseur; 3) analyse et en d\u00e9gage un mini-plan d\u2019action; 4) amorce ses s\u00e9ances de supervision en abordant son dernier plan d\u2019action\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a070).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><br \/>\n<a name=\"contenu5\"><\/a>Fondements th\u00e9oriques<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les collaborateurs \u00e0 <i>Carri\u00e9rologie<\/i> proviennent de domaines multiples (\u00e9ducation, psychologie, orientation, ressources humaines, psychanalyse, etc.) et s\u2019inspirent donc, pour leurs pratiques professionnelles respectives, de th\u00e9ories et de mod\u00e8les vari\u00e9s. Ce caract\u00e8re hybride est une richesse. Pour illustrer cette abondance, prenons l\u2019exemple du texte de Maurice Aumond (UQAM) sur \u00ab\u00a0La perspective du cycle de la vie dans l\u2019approche d\u2019Erikson\u00a0\u00bb (Aumond, 1989, p.51-67) o\u00f9 l\u2019auteur rappelle la th\u00e9orie d\u2019Erikson touchant au d\u00e9veloppement humain, compos\u00e9e de huit stades \u00e9chelonn\u00e9s sur tout le cycle de la vie. Cette th\u00e9orie, rappelle-t-il, repose sur trois assertions\u00a0: le moi est fa\u00e7onn\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9; l\u2019individu vit dans un processus continu de croissance et de changement; l\u2019individu est pr\u00e9programm\u00e9 dans sa capacit\u00e9 \u00e0 traverser ses stades de d\u00e9veloppement. Dans une autre livraison, Yves Laberge, lui aussi de l\u2019UQAM, examine \u00ab\u00a0Les fondements psychanalytiques du choix de carri\u00e8re\u00a0\u00bb (1991, p.3-16), et ce, apr\u00e8s avoir formul\u00e9, avec l\u2019aide d\u2019\u00e9tudiantes sp\u00e9cialis\u00e9es en psychanalyse, quelques id\u00e9es fondamentales qu\u2019il a ensuite associ\u00e9es au choix professionnel et au d\u00e9veloppement de la carri\u00e8re. En substance, il aborde des grands principes, dont celui de <i>plaisir<\/i> et celui de <i>r\u00e9alit\u00e9<\/i> et les phases biens connues (<i>orale<\/i>, <i>anale<\/i>, <i>phallique<\/i> et <i>g\u00e9nitale<\/i>). Les structures psychiques (<i>\u00e7a<\/i>, <i>moi<\/i> et <i>surmoi<\/i>) sont associ\u00e9es, dans son propos, successivement \u00e0 la source de toute l\u2019\u00e9nergie psychique, \u00e0 la structure de contr\u00f4le et d\u2019adaptation n\u00e9cessaires pour endiguer les pressions et \u00e0 la capacit\u00e9 de repr\u00e9sentations conscientes qui permettent d\u2019apparier les pulsions avec les objets appropri\u00e9s. Ces fondements, associ\u00e9s \u00e0 la contrainte de r\u00e9alit\u00e9 du choix de carri\u00e8re (des jeunes) et de l\u2019exercice du pouvoir personnel, facilitent la compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9cart entre les aspirations de l\u2019individu et les contraintes de la soci\u00e9t\u00e9. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance, pour Laberge, d\u2019inviter l\u2019adolescent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les \u00e9carts entre ses r\u00eaves et ce qu\u2019il vit, et non seulement \u00ab\u00a0\u00e0 \u00e9tudier la r\u00e9alit\u00e9 du monde du travail mais concurremment \u00e0 se pencher sur lui-m\u00eame, \u00e0 d\u00e9couvrir qu\u2019il est le produit dynamique de son histoire personnelle et sociale\u00a0\u00bb (ibid. p.15) et \u00e0 r\u00e9aliser que ses go\u00fbts, int\u00e9r\u00eats et r\u00e9pulsions ne sont pas l\u00e0 par hasard, que certaines aptitudes qu\u2019il a d\u00e9velopp\u00e9es ne correspondent pas n\u00e9cessairement \u00e0 ses go\u00fbts ou \u00e0 ses r\u00eaves. Sur ce, il est courant de d\u00e9finir le bonheur comme l\u2019\u00e9cart entre nos exigences et la r\u00e9alisation de nos d\u00e9sirs. Mais tabler na\u00efvement sur le bonheur au travail, n\u2019est-ce pas \u00ab\u00a0l\u2019imposture du si\u00e8cle?\u00a0\u00bb Nos d\u00e9sirs ne sont par toujours tr\u00e8s r\u00e9alistes, car \u00ab\u00a0dans toute carri\u00e8re il y a des obstacles\u00a0\u00bb. Ce sont autant de chances d\u2019apprendre sur soi, comme le pense Francine D\u2019Ortun (1988, p.\u00a03-11).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est de la recherche sp\u00e9cifique sur les carri\u00e8res, <i>Carri\u00e9rologie<\/i> rapporte l\u2019allocution que le Pr. Donald Super pronon\u00e7a \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke \u00e0 l\u2019occasion de la collation des grades en 1989 (Super, 1990, p.131-132). En commen\u00e7ant un programme de recherche sur les carri\u00e8res, le professeur Super, dont la typologie des \u00e9tapes de la carri\u00e8re a fait \u00e9cole, est convaincu qu\u2019il fallait une base de connaissance, une base scientifique, qui manquait. \u00ab\u00a0Nous avions, bien s\u00fbr, des recherches am\u00e9ricaines, canadiennes, anglaises et fran\u00e7aises qui nous disaient beaucoup au sujet des professions\u00a0: je pourrais citer celles dirig\u00e9es par Paterson aux \u00c9tats-Unis, par Morton au Canada, par Rodger en Grande-Bretagne, et par Pi\u00e9ron en France, mais les carri\u00e8res, le d\u00e9roulement de la vie dans le monde du travail et dans le monde de la famille, dans le monde communal et dans le monde qui l\u2019entoure et qui l\u2019influence, avaient \u00e0 peine \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s. Apr\u00e8s cette base scientifique, il nous fallait utiliser nos nouvelles connaissances dans la pratique\u00a0\u00bb (p.\u00a0132). C\u2019est \u00e0 partir de 1970 que Super a commenc\u00e9 \u00e0 construire, avec des collaborateurs, des tests de d\u00e9veloppement vocationnel aux \u00c9.-U. et \u00e0 appuyer des travaux parall\u00e8les en Suisse, en Autriche, au Portugal, au Japon et au Canada, avec, entre autres, Pierrette Dupont de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les recherches en orientation constituent une bonne part du contenu de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. Pour sa part, Mamadou Diop, dans \u00ab\u00a0Strat\u00e9gies de r\u00e9solution du conflit du choix vocationnel en contexte malien\u00a0\u00bb (Diop, 1993, p.19-49)), livre le r\u00e9sum\u00e9 de sa th\u00e8se, une recherche exploratoire d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval. Sa recherche a suscit\u00e9 nombre de questions chez le nouveau chercheur\u00a0: \u00ab\u00a0Peut-on parler de choix si les individus, qu\u2019il s\u2019agisse du contexte industrialis\u00e9 ou non, ne font que se conformer aux attentes de celui-ci ?\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a046). Diop propose de d\u00e9velopper une approche qui aiderait les sujets \u00e0 choisir en fonction de ce qu\u2019ils privil\u00e9gient entre leurs d\u00e9sirs personnels et les attentes de la soci\u00e9t\u00e9 tout en \u00e9vitant de les marginaliser. Ce qui n\u2019est pas sans soulever des interrogations quant au domaine de la psychologie du choix vocationnel lorsque appliqu\u00e9e dans diff\u00e9rents contextes socioculturels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 Dupont, Jobin et Capel (Institut de psychologie de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne), ils pr\u00e9sentent une illustration empirique relative au choix professionnel dans \u00ab\u00a0R\u00e9alisation de soi et choix professionnel\u00a0\u00bb (Dupont, Jobin et Capel, 1993, p.105-145)). Leur enqu\u00eate longitudinale questionnait \u00e0 trois reprises 519 \u00e9tudiants du secondaire. Globalement, il ressort de leur enqu\u00eate, que les sujets scolairement favoris\u00e9s, vivant dans un pays \u00e9conomiquement fort, tendent \u00e0 actualiser une certaine image de soi par le truchement du choix professionnel. Les chercheures recommandaient d\u2019effectuer de nouvelles enqu\u00eates plus directement reli\u00e9es \u00e0 la dynamique de la r\u00e9alisation de soi aupr\u00e8s de populations vari\u00e9es non seulement par leurs caract\u00e9ristiques personnelles mais aussi par les probl\u00e8mes particuliers de changement d\u2019emploi, de reprises d\u2019emploi, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est des aspects \u00e9thiques, ils ne sont pas en reste dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. Pascal Ardy (Banque de Washington) dans \u00ab\u00a0Le consultant international dans le monde du travail\u00a0: au service de quelle cause?\u00a0\u00bb (Ardy, 1988, p.\u00a011-21<i>)<\/i>, rappelle les r\u00e8gles \u00e9thiques annonc\u00e9es par l\u2019<i>International Consultants Foundation <\/i>(ICF) r\u00e9unis \u00e0 Washington en 1986. R\u00e9p\u00e9tons-les tant elles font sens en 2001\u00a0: \u00ab\u00a0Consultants du monde entier, unissez-vous dans le respect des faits. Ne vous h\u00e2tez pas de formuler des conclusions sans prendre le temps d\u2019analyser tous les aspects d\u2019un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre pour lequel le client vous propose son aide. \u00c9toffez votre bagage professionnel pour que votre comp\u00e9tence soit \u00e0 la hauteur des obligations que vous acceptez. Ne soyez pas indiff\u00e9rents aux valeurs \u00e9thiques de vos clients et de leurs collaborateurs. Gardez-vous de pr\u00eater votre concours \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s moralement condamnables. En un mot, acceptez la responsabilit\u00e9 de traiter vos interlocuteurs dans les entreprises avec toute la conscience que m\u00e9ritent les membres d\u2019une \u00e9quipe dont vous avez le privil\u00e8ge de faire partie pour atteindre des buts communs\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a019).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><br \/>\n<a name=\"contenu6\"><\/a>M\u00e9thodes et instrumentation<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le caract\u00e8re scientifique de la revue s\u2019exprime de fa\u00e7on transversale \u00e0 travers les textes retenus par le Comit\u00e9 de lecture<sup>2<\/sup>. Les aspects m\u00e9thodologique et pratique nous ont paru incontournables dans cette r\u00e9trospective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nicole Roelens, psychologue \u00e0 l\u2019A.F.P.A (Association pour la formation professionnelle des adultes) et membre de l\u2019Association fran\u00e7aise de psychologie appliqu\u00e9e (France) explique comment elle recourt \u00e0 l\u2019approche autobiographique du cheminement professionnel (Roelens,1987, p.52). Pour elle, l\u2019autobiographie permet de proposer \u00e0 la personne en recherche d\u2019orientation de passer par le r\u00f4le d\u2019auteur du texte de son histoire de vie, puis d\u2019assumer ce texte dans une phase de socialisation en petit groupe. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019approche autobiographique, la personne se situe dans un espace relationnel et social, cristallise ses acquis, se construit un r\u00e9f\u00e9rentiel d\u2019exp\u00e9riences personnelles, d\u00e9gage un style existentiel et traverse des situations critiques, pressent le mode de reconnaissance qu\u2019elle a recherch\u00e9 et qui l\u2019a fait agir \u00ab\u00a0[&#8230;] non par un d\u00e9corticage, mais par une approche ph\u00e9nom\u00e9nologique, qui produira des feedback multiples\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a057). C\u2019est aussi dans cet article que la notion d\u2019\u00ab autoformation\u00a0\u00bb, tr\u00e8s en vogue en 2001, appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i> et o\u00f9 elle est d\u00e9finie par Roelens avec les mots de Gaston Pineau, comme un \u00ab\u00a0processus d\u2019appropriation de son pouvoir de formation\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a056). Cependant, l\u2019<u>autobiographie<\/u>, sans \u00eatre une technique psychosociale, ne peut, \u00e0 elle seule, r\u00e9soudre les probl\u00e8mes d\u2019insertion. Mais elle est un des moyens de s\u2019approprier son pouvoir de formation et son r\u00f4le d\u2019acteur social.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gelvan De Veinstein (Buenos Aires), pour sa part, se m\u00e9fie du discours verbal qui ne co\u00efncide pas avec l\u2019action et n\u2019est pas confront\u00e9 avec la r\u00e9alit\u00e9 du monde professionnel. C\u2019est pourquoi elle cr\u00e9e des \u00ab\u00a0ateliers simulation vocationnelle-occupationnelle\u00a0\u00bb (Gelvan De Veinstein, 1988, p. 23) comme ressource importante dans le <u>processus de choix<\/u> qui se d\u00e9veloppe graduellement en phases synergiques de connaissance de soi, de connaissance du monde du travail et des relations r\u00e9ciproques entre ces deux r\u00e9alit\u00e9s (ibid. p.\u00a033). Pour Gelvan De Veinstein, il ne fait aucun doute que la simulation est, sauf la vie elle-m\u00eame, une fa\u00e7on de \u00ab\u00a0diminuer l\u2019incertitude et l\u2019ind\u00e9termination dans le choix vocationnel-occupationnel\u00a0\u00bb (ibid.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andr\u00e9 Gauthier, conseiller d\u2019orientation, pr\u00e9sente, quant qu\u2019\u00e0 lui, le compte-rendu d\u2019une recherche portant sur l\u2019entraide en orientation (Gauthier, 1989,p.35). Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre interrog\u00e9 sur l\u2019efficacit\u00e9 de <u>l\u2019entraide<\/u> et de l\u2019ampleur qu\u2019elle prend, il vise \u00e0 la d\u00e9velopper au niveau de l\u2019orientation scolaire et professionnelle d\u2019\u00e9tudiants du coll\u00e9gial. Son projet a l\u2019ambition de rejoindre des \u00e9tudiants en difficult\u00e9s, mais qui ne consultent pas les services offerts. C\u2019est sur la base du <i>Guide des intervenants d\u2019orientation d\u00e9sireux de s\u2019adjoindre des adolescents comme entraidants vocationnels<\/i> (Jacques Limoges et coll.) que le projet prend forme. Douze entraidants sont recrut\u00e9s sur une base volontaire selon plusieurs approches. La formation, donn\u00e9e \u00e0 l\u2019hiver 1988, a surtout port\u00e9 sur les habilet\u00e9s de base en entraide vocationnelle. Gauthier retient que cette formation, qui vise \u00e0 outiller l\u2019entraidant vocationnel pour qu\u2019il soit en mesure d\u2019apporter une aide \u00e0 ses pairs, (par des mises en situation, des jeux de r\u00f4les, un logiciel, un film et un guide), a modifi\u00e9 la fa\u00e7on d\u2019intervenir des participants. Par contre, les r\u00e9sultats, met-il en garde, ne peuvent \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s en l\u2019absence de groupe t\u00e9moin. Cette exp\u00e9rience est destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e \u00e0 titre de nouvelle approche afin de mieux r\u00e9pondre aux besoins importants des c\u00e9g\u00e9piens (\u00e9l\u00e8ves d\u2019un coll\u00e8ge g\u00e9n\u00e9ral et professionnel), dont 50% changeaient d\u2019orientation durant leur parcours! Qu\u2019en est-il en 2001? Pour en savoir plus sur l\u2019entraide dans le cadre d\u2019un service professionnel d\u2019orientation pour les jeunes, Jacques Limoges, donne des d\u00e9tails sur cette approche dans laquelle le groupe d\u2019appartenance est vital (Limoges, 1989, p.69). Ce texte est \u00e0 lire avant de d\u00e9cider d\u2019implanter une structure d\u2019entraide dans un milieu donn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, les <u>approches de groupes<\/u> ne sont pas en reste dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. En effet, un texte de Limoges (1990) intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Les approches de groupes dans le centre d\u2019emploi. Est-ce une simple question de nombre\u00a0\u00bb, traite de cette question. Apr\u00e8s avoir situ\u00e9 le counseling d\u2019emploi en groupe au nombre des strat\u00e9gies utilis\u00e9es par les conseillers, Jacques Limoges partage sa r\u00e9flexion sur le contexte de restriction qui oblige ce recours au groupe, le d\u00e9fi du nombre de participants, tout en mettant au jour les avantages, les exigences et les limites associ\u00e9s \u00e0 ce genre d\u2019intervention. Il le fait \u00e0 l\u2019aide de tableaux, de figures et d\u2019exemples en lien avec onze fonctions d\u2019un centre d\u2019emploi, qu\u2019il a identifi\u00e9es \u00e0 partir de la documentation produite par Emploi et Immigration Canada. Cette recherche reste une source d\u2019inspiration pour quiconque s\u2019int\u00e9resse au processus de counseling d\u2019emploi en petit groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus sp\u00e9cifiquement en lien avec une client\u00e8le pr\u00e9cise, Armelle Spain et Sylvie Hamel, du D\u00e9partement de counseling et orientation de l\u2019Universit\u00e9 Laval (Qu\u00e9bec) pr\u00e9sentaient une recherche portant sur une \u00ab\u00a0Intervention novatrice en counseling de carri\u00e8re pour les filles\u00a0\u00bb (Spain et Hamel, 1992, p.69). En prenant appui sur les r\u00e9sultats de plusieurs recherches qui d\u00e9montrent que le cheminement des femmes diff\u00e8re de celui des hommes, leur recherche descriptive, bas\u00e9e sur des donn\u00e9es d\u2019entrevues semi-structur\u00e9es men\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9chantillon par unit\u00e9-type, a mis en relief \u00ab\u00a0l\u2019espace consid\u00e9rable que la dimension relationnelle occupe dans le cheminement des filles\u00a0: leurs perceptions d\u2019elles-m\u00eames et de leur avenir sont \u00e9minemment relationnelles\u00a0\u00bb. (ibid. p.\u00a079). Spain et Hamel en concluent que \u00ab\u00a0toute personne \u0153uvrant dans le domaine de l\u2019insertion socioprofessionnelle tirerait avantage \u00e0 mieux comprendre la mani\u00e8re propre aux jeunes femmes d\u2019aborder leur avenir\u00a0\u00bb( p.82). Cette dimension relationnelle du d\u00e9veloppement f\u00e9minin doit \u00eatre per\u00e7ue comme une composante fondamentale \u00e0 travers laquelle leurs choix de vie seront consid\u00e9r\u00e9s, plut\u00f4t que comme un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 \u00e9liminer\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a082). Pour ces chercheures, les responsables de l\u2019encadrement des filles au niveau scolaire ont une responsabilit\u00e9 dans cette <u>nouvelle mani\u00e8re d\u2019aborder le d\u00e9veloppement f\u00e9minin<\/u>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour sa part, Bernadette Dumora (Universit\u00e9 de Bordeaux 2) a examin\u00e9 \u00ab\u00a0Le choix d\u2019une orientation professionnelle chez l\u2019adolescent\u00a0: motivation ou rationalisation\u00a0\u00bb (Dumora,1990, p.15). Elle a d\u00e9nonc\u00e9, \u00e0 l\u2019aide d\u2019exemples, une s\u00e9rie d\u2019illusions de la psychologie de l\u2019orientation dont <u>la lin\u00e9arit\u00e9 des choix scolaires et professionnels<\/u>, la correspondance entre la personnalit\u00e9 et le choix professionnel et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la motivation des sujets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une autre sph\u00e8re, Doria Ross, dans \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019entrepreneurship\u00a0\u00bb (Ross, 1993, p.51), rend compte de son \u00e9tude de l\u2019\u00e9v\u00e9nement entrepreneurial dont l\u2019impr\u00e9cision conceptuelle \u00ab\u00a0rend presque inop\u00e9rantes les activit\u00e9s de pr\u00e9diction et d\u2019intervention \u00e9ducative\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a052). Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 les caract\u00e9ristiques de l\u2019entrepreneur et diff\u00e9rentes d\u00e9finitions de l\u2019entrepreneuship, Ross propose d\u2019entreprendre des recherches sur la nature m\u00eame de l\u2019entrepreneurship, afin d\u2019initier des activit\u00e9s \u00e9ducatives \u00e9clair\u00e9es, orient\u00e9es et efficaces. \u00ab\u00a0Si l\u2019on consid\u00e8re que les jeunes sont appel\u00e9s \u00e0 modifier le parcours de leur carri\u00e8re cinq \u00e0 six fois durant leur vie active, on peut penser qu\u2019un de ces parcours sera la cr\u00e9ation d\u2019une entreprise [&#8230;] le fait de cr\u00e9er une entreprise passe par l\u2019action. C\u2019est donc dans l\u2019action qu\u2019il faut asseoir toute tentative efficace d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019entrepreneuship\u00a0\u00bb (Ibid. p.\u00a072). L\u2019histoire dira que Ross a par la suite cr\u00e9\u00e9 des <u>ateliers d\u2019entrepreneurship<\/u>, qui reposent sur la simulation.<\/p>\n<h3><a name=\"contenu7\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9ussite \u00e9ducative et professionnelle<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La <u>r\u00e9ussite<\/u> est de toutes les tribunes actuelles. Par contre, il ne s\u2019agit pas d\u2019un th\u00e8me nouveau pour le lecteur de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, puisque d\u00e9j\u00e0, en 1986, la revue rapporte les propos de R\u00e9gis Malenfant, de la Direction de l\u2019enseignement coll\u00e9gial, qui souligne trois ph\u00e9nom\u00e8nes majeurs\u00a0: 1) les \u00e9l\u00e8ves mettent en moyenne une session de plus qu\u2019il n\u2019est requis pour terminer le DEC (dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes coll\u00e9giales); 2) 40% des \u00e9l\u00e8ves qui se sont inscrits ne terminent pas le DEC ; 3) environ 10% des \u00e9l\u00e8ves qui s\u2019\u00e9taient inscrits au professionnel se transf\u00e9reront au secteur g\u00e9n\u00e9ral et vice-versa. Pour Malenfant (1986, p.41-48), le probl\u00e8me capital se situe au niveau du passage du secondaire au coll\u00e9gial et que ce probl\u00e8me devrait cependant se r\u00e9sorber avec la mise en place du programme d\u2019\u00e9tudes <i>\u00c9ducation au choix de carri\u00e8re<\/i>. Ce programme, qui, nous le savons, a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 depuis par le Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation du Qu\u00e9bec, visait \u00e0 faciliter une prise de connaissance en profondeur par l\u2019\u00e9l\u00e8ve de ses aptitudes, une meilleure \u00e9valuation de son propre rendement scolaire et une exploration syst\u00e9matique de l\u2019\u00e9volution de la r\u00e9alit\u00e9 scolaire et du monde du travail tout en permettant une plus grande prise en charge de ses responsabilit\u00e9s propres. Qu\u2019en est-il, aujourd\u2019hui, de l\u2019exploration des avenues professionnelles \u00e0 l\u2019ordre secondaire ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sujet de <u>l\u2019encadrement<\/u>, d\u2019abord abord\u00e9 timidement dans les ann\u00e9es 80, devient une condition affirm\u00e9e de r\u00e9ussite \u00e9ducative des ann\u00e9es 2000. Il importe de souligner ici les travaux de Pierrette Dupont de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke. Dans un texte r\u00e9dig\u00e9 en collaboration avec H\u00e9l\u00e8ne De L\u00e9s\u00e9leuc, \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tudiante, Dupont brosse le tableau des \u00ab\u00a0inscriptions des femmes dans les universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises\u00a0\u00bb (Dupont, D\u00e9s\u00e9leuc, 1991, p.17). Ses analyses reposent sur des donn\u00e9es concernant l\u2019inscription des client\u00e8les \u00e0 plein temps dans les diverses disciplines universitaires, obtenues aupr\u00e8s du minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur et de la Science. Il ressort de l\u2019analyse de l\u2019ensemble des disciplines, qu\u2019en 1989, l\u2019informatique n\u2019attire pas encore autant les femmes que les hommes (proportion de 24% en 1989) et que les femmes d\u00e9laissent toujours la physique et m\u00eame la g\u00e9ologie. Pourquoi ? Aspect technique, manque d\u2019informations sur la profession ? Les auteures font remarquer qu\u2019en 1989, les femmes \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 majoritaires dans certaines disciplines de la sant\u00e9 telles l\u2019optom\u00e9trie, la chirurgie dentaire et la m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire. En pharmacie et en m\u00e9decine, les taux de f\u00e9minit\u00e9 avaient augment\u00e9, alors qu\u2019il diminuait l\u00e9g\u00e8rement en nursing et en di\u00e9t\u00e9tique. Au moment o\u00f9 l\u2019article est publi\u00e9, les femmes ont encore des acquis \u00e0 conqu\u00e9rir au niveau du 1<sup>er<\/sup> cycle universitaire en physique, en foresterie, en g\u00e9od\u00e9sie, en informatique et dans la plupart des sp\u00e9cialit\u00e9s du g\u00e9nie. Sur le sujet des femmes et de la science, l\u2019auteure de l\u2019allocution \u00ab\u00a0Les femmes et la formation en ing\u00e9nierie\u00a0\u00bb (de St\u00e9phano, 1992, p.143), prononc\u00e9e dans le cadre du colloque \u00ab\u00a0Techni-G\u00e9nie\u00a0\u00bb (31 janvier 1992), estime que le \u00ab\u00a0manque de mod\u00e8le de femmes exer\u00e7ant des emplois non traditionnels, est un des principaux facteurs susceptibles d&rsquo;expliquer la sous-repr\u00e9sentation des femmes dans ces secteurs de formation et d\u2019emploi (p.\u00a0149). Par ailleurs, la majorit\u00e9 des filles qui ont particip\u00e9 \u00e0 une des \u00e9tudes de r\u00e9f\u00e9rence, dit-elle, affirment ne conna\u00eetre intimement aucune personne \u00e9tudiant ou travaillant dans leur domaine, ce qui vient confirmer que l\u2019absence de mod\u00e8les est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Qu\u2019en est-il aujourd\u2019hui, en 2001 ? Pour faire le tour de la probl\u00e9matique de la r\u00e9ussite des \u00e9tudes universitaires, on lira, par ailleurs, l\u2019avis r\u00e9cent du Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation, que l&rsquo;auteure a co-\u00e9crit et dont elle a men\u00e9 les recherches aff\u00e9rentes (D&rsquo;Ortun,. Hamel, Picard, Audet, Gemme, Lalonde, Taillefer, 2000).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9ussite a son corollaire\u00a0: l\u2019\u00e9chec. L\u2019<u>\u00e9puisement professionnel<\/u> ou <i>burn-out<\/i>, a souvent \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, et entre autres par Mich\u00e8le Roberge (Universit\u00e9 de Sherbrooke). Dans un texte tr\u00e8s document\u00e9 (Roberge, 1990, p.29), elle invite les professionnels de la carri\u00e8re \u00e0 agir aupr\u00e8s des personnes atteintes, \u00e0 l\u2019instar de la recommandation de Michel Guillemette, m\u00e9decin et directeur des services des m\u00e9dicaux, Produits forestiers Canadien Pacifique, (Guillemette,1991, p.63). Celui-ci, rappelle que, vu sous l\u2019angle patronal, le \u00abburn-out\u00bb est une notion r\u00e9cente. Guillemette le pr\u00e9sente du point de vue m\u00e9dical et du point de vue psychologique. Il conclut par l\u2019\u00e9nonc\u00e9 des mesures li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9vention des difficult\u00e9s psychologiques (impliquer les employ\u00e9s dans les d\u00e9cisions, am\u00e9liorer la communication, d\u00e9velopper le sentiment d\u2019appartenance, etc.), sans oublier de d\u00e9pister et de prendre en compte les dimensions d\u2019ordre social, familial et personnel, g\u00e9n\u00e9ralement escamot\u00e9es par l\u2019individu \u00e0 risque.<\/p>\n<h3><a name=\"contenu8\"><\/a><span class=\"s-titre\">Bilan de comp\u00e9tences<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pascal Ardy (1988, p.37) (Washington) se demande \u00ab\u00a0Comment tracer le parcours professionnel ?\u00a0\u00bb dans un contexte o\u00f9 \u00ab\u00a0la micro-informatique a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 divers champs d\u2019activit\u00e9\u00a0\u00bb (p.\u00a038). En effet, la masse d\u2019informations est devenue telle que \u00ab\u00a0les int\u00e9ress\u00e9s l\u2019ont trouv\u00e9e toujours plus difficile \u00e0 consulter et surtout \u00e0 interpr\u00e9ter utilement au plan individuel\u00a0\u00bb (p.\u00a039). D\u00e8s ce moment, Ardy soul\u00e8ve, outre la probl\u00e9matique de la quantit\u00e9, celle de \u00ab\u00a0la qualit\u00e9 de l\u2019information\u00a0\u00bb requise (ibid. p.\u00a040), et \u00e0 recueillir aupr\u00e8s de sources autoris\u00e9es \u00e0 les diss\u00e9miner aux \u00e9tudiants ou aux employ\u00e9s. En pr\u00e9sentant la formule des \u00ab\u00a0centres de ressources\u00a0\u00bb, comme une des solutions au d\u00e9fi informationnel, Ardy y voit alors un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la trajectoire de la personne, qui, accompagn\u00e9e d\u2019un conseiller, dresse le bilan de ses atouts personnels en participant \u00e0 un programme d\u2019auto-\u00e9valuation de ses aspirations, de ses aptitudes et de ses valeurs. Le bilan de comp\u00e9tences est un sujet r\u00e9current dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, et Dominique Clavier (Paris), dans \u00ab\u00a0La relation bilan de comp\u00e9tences, projet professionnel et client\u00a0\u00bb (Vol.\u00a05, no\u00a02, juillet 93), a fait ressortir quelques limites au bilan de comp\u00e9tences tout en sugg\u00e9rant que le bilan ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 l\u2019identification du savoir-faire et aux comp\u00e9tences transf\u00e9rables. Une parenth\u00e8se\u00a0: \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1996, <i>Carri\u00e9rologie<\/i> accueillait les Actes du Colloque \u00ab\u00a0Perspectives psychosociales et pratiques de bilan de comp\u00e9tences\u00a0\u00bb, tenu \u00e0 Poitiers en septembre 1995. Qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0dispositif original et \u00e9volutif\u00a0\u00bb (Fran\u00e7ois,1996 p.8), les participants ont discut\u00e9 des pratiques, de l\u2019\u00e9volution et des perspectives du bilan de comp\u00e9tences. L\u2019interaction conseiller\/b\u00e9n\u00e9ficiaire est examin\u00e9e \u00ab\u00a0et les d\u00e9cisions de ce dernier pour sa vie professionnelle ne prennent sens que dans le contexte socio-\u00e9conomique et institutionnel du bilan\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a09). En toile de fond, outre les th\u00e9matiques connexes telles le ch\u00f4mage, l\u2019auto-efficacit\u00e9, l\u2019\u00e9volution de l\u2019emploi et des m\u00e9tiers, le pont y est solidement construit reliant le bilan, vu comme outil strat\u00e9gique des individus, et le champ de la gestion des ressources humaines par Langelier (ibid. p.\u00a0129), qui r\u00e9sume, en s&rsquo;appuyant sur Gazier (1983) et Aubret (1994), l\u2019aspect historique des ressources humaines.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><br \/>\n<a name=\"contenu9\"><\/a>Reconnaissance des acquis<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est Claude Ryan, alors ministre qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019\u00c9ducation et ministre de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur et de la Science, qui, le premier, a abord\u00e9 \u00ab\u00a0La reconnaissance des acquis extrascolaires\u00a0\u00bb dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i> (1986, p. 8). \u00ab\u00a0\u00c0 partir des ann\u00e9es 60, l\u2019\u00e9ducation a connu un d\u00e9veloppement remarquable au Qu\u00e9bec. Toutefois, la r\u00e9forme ne s\u2019est pas faite sans rat\u00e9. Elle est surtout loin d\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9 tous les objectifs que l\u2019on pouvait entrevoir quand on parlait nagu\u00e8re de la d\u00e9mocratisation de l\u2019\u00e9ducation\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a08). Ryan souligne que l\u2019\u00e9ducation des adultes, tout en connaissant des d\u00e9veloppements remarquables, n\u2019a pas encore pris toute la place qui lui revient. Plus loin dans son allocution, Ryan fait remarquer que trop souvent on a tendance \u00e0 r\u00e9duire la reconnaissance des acquis extrascolaires \u00e0 des op\u00e9rations de mesure et d\u2019\u00e9valuation. \u00ab\u00a0Elle est pourtant un processus beaucoup plus large et complexe\u00a0\u00bb. Pour le ministre lib\u00e9ral, il est n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 doter le r\u00e9seau coll\u00e9gial d\u2019un service d\u2019assistance technique, responsable entre autres de la recherche, de la coordination, de l\u2019\u00e9laboration d\u2019instruments de travail et de la formation des responsables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un autre article, de ce m\u00eame num\u00e9ro de 1986, le ministre canadien de l\u2019Emploi et de l\u2019Immigration d\u2019alors, Beno\u00eet Bouchard, rappelle (1986, p.23) \u00ab\u00a0comment la probl\u00e9matique socio-\u00e9conomique, d\u00e9coulant de la crise \u00e9conomique de 1982, a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 nos entreprises et nos travailleurs, non seulement dans la disponibilit\u00e9 et l\u2019am\u00e9nagement de l\u2019emploi, mais aussi dans la nature des emplois disponibles. [&#8230;] Les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les \u00e9conomies occidentales, les difficult\u00e9s que pr\u00e9sente la concurrence internationale de plus en plus impitoyable, les approches de libre-\u00e9change, la raret\u00e9 des ressources financi\u00e8res d\u2019origine gouvernementale, les n\u00e9cessaires r\u00e9orientations de notre \u00e9conomie, voil\u00e0 divers facteurs qui bousculent notre main-d\u2019\u0153uvre, mettent en cause les cr\u00e9neaux d\u2019emploi et la formation traditionnelle\u00a0\u00bb (ibid.). \u00c9crit il y a 15 ans, ce texte, qui semble actuel, annonce les d\u00e9fis majeurs des ann\u00e9es 90\u00a0: lutter contre le ch\u00f4mage en rendant les ch\u00f4meurs aptes \u00e0 exercer un travail dans des cr\u00e9neaux d\u2019avenir, et maintenir et d\u00e9velopper la comp\u00e9tence des travailleurs dans un contexte de changements socio-\u00e9conomique et technologique constants et souvent rapides. Pour le ministre f\u00e9d\u00e9ral, la question de la reconnaissance des acquis est porteuse d\u2019avenir. Pour lui, l\u2019implantation d\u2019un syst\u00e8me de reconnaissance des acquis, pour \u00eatre durable et significatif, remet en cause les objectifs et les approches de nos syst\u00e8mes \u00e9ducatifs. La faisabilit\u00e9 de la reconnaissance des acquis repose, \u00e9crit-il, sur de nouveaux partenariats entre gouvernements, monde de l\u2019\u00e9ducation, monde des affaires, monde du travail, groupes populaires, organismes sans but lucratif et autres (ibid. p.\u00a028). Le lecteur de <i>Carri\u00e9rologie<\/i> est donc d\u00e9j\u00e0 au parfum, il y a plus de dix ans, des chantiers \u00e0 venir en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation des adultes. Fran\u00e7ois Gonzalez, psychologue du travail \u00e0 l\u2019AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) et conseiller d\u2019orientation, propose \u00ab\u00a0un point de vue carri\u00e9rologique\u00a0\u00bb de la reconnaissance des acquis, et ce, sur la base de neuf occurrences se r\u00e9partissant sur trois p\u00f4les en interaction : celui de l\u2019individu, celui des \u00e9tudes et celui du travail (Gonzalez, 1993, p.102). Pour sa part, Danielle Gladu, conseill\u00e8re d\u2019orientation, retrace le parcours historique de\u00a0la reconnaissance des comp\u00e9tences professionnelles\u00a0(Gladu,1993, p.111), et pr\u00e9sente l\u2019exp\u00e9rimentation du \u00ab\u00a0syst\u00e8me de reconnaissance des comp\u00e9tences professionnelles (RCP) qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 en Estrie d&rsquo;octobre 1990 \u00e0 avril 1991. Pour un tour complet de la probl\u00e9matique de la reconnaissance des acquis, le lecteur int\u00e9ress\u00e9 pourra consulter un avis r\u00e9cent du Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation auquel l\u2019auteure a collabor\u00e9 pour les recherches aff\u00e9rentes (Gobeil, Clermont, D\u2019Ortun, 2000).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b class=\"s-titre\"><br \/>\n<a name=\"contenu10\"><\/a>Planification et plafonnement de carri\u00e8re<\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La <u>planification de carri\u00e8re<\/u> est un autre des th\u00e8mes r\u00e9currents dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. La planification fait appel \u00e0 une m\u00e9thodologie et \u00e0 des interventions sp\u00e9cifiques. C\u2019est ce que note Madeleine Demers dans \u00ab\u00a0Le plan de carri\u00e8re des cadres et le service du personnel\u00a0\u00bb (1989, p.13). Demers relate les fonctions organisationnelles de la planification de carri\u00e8re au regard des objectifs individuels dans un syst\u00e8me o\u00f9 il importe de rechercher l\u2019\u00e9quilibre entre les objectifs de l\u2019employ\u00e9 et les exigences de l\u2019entreprise, d\u2019une part, et les besoins et les aspirations des employ\u00e9s d&rsquo;autre part. Le r\u00f4le du service du personnel y est d\u00e9crit et les enjeux de la productivit\u00e9 y sont camp\u00e9s dans le contexte de la concurrence. Outre la planification, la <u>carri\u00e8re traverse des crises<\/u>. C\u2019est ce dont traite le texte \u00ab\u00a0La crise de mi-carri\u00e8re\u00a0: \u00e9tat de la question. Les auteures (Cardinal et Lamoureux, 1990, p.73), statistiques \u00e0 l\u2019appui, nomment et d\u00e9crivent les \u00e9l\u00e9ments de contexte, tant individuel qu\u2019organisationnel et social, pr\u00e9sents dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne appel\u00e9 \u00ab\u00a0crise de la mi-carri\u00e8re\u00a0\u00bb. Elles d\u00e9finissent ce ph\u00e9nom\u00e8ne par rapport \u00e0 l\u2019\u00e2ge chronologique, au <u>plafonnement<\/u> de carri\u00e8re et au mitan de la vie. Les professeures, toutes deux des Sciences administratives de l\u2019UQ\u00e0M, mettent au jour les implications pour la gestion des ressources humaines tout en proposant des solutions aux employeurs en vue d\u2019en contrer les effets n\u00e9gatifs tant du point de vue organisationnel que personnel. Dans un autre texte, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0\u00c0 propos du plateau de carri\u00e8re\u00a0\u00bb, Cardinal, Lamoureux et Charest (1992) d\u00e9crivent ce <u>plateau<\/u> et ses effets, en pr\u00e9cisant que la notion \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9chec et \u00e0 la frustration que subissent certains professionnels dont les ambitions l\u00e9gitimes de progression et d\u2019avancement dans la structure hi\u00e9rarchique sont [\u2026] compromises\u00a0\u00bb (p.\u00a050). Le caract\u00e8re subjectif et \u00e9volutif du plateau y est d\u00e9crit selon un mod\u00e8le de s\u00e9quence en quatre phases emprunt\u00e9 \u00e0 Bardwick (1986). Des \u00e9l\u00e9ments de solutions sont pr\u00e9sent\u00e9s en conclusion pour \u00ab\u00a0assumer la prise en charge de sa situation et la gestion de sa propre carri\u00e8re\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a066), tels que multiplier les contacts et \u00e9tablir des r\u00e9seaux de relations \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019entreprise. De cette fa\u00e7on, chacun peut augmenter sa visibilit\u00e9 et multiplier les occasions de changer de poste. Poursuivre sa formation, d\u00e9velopper sa polyvalence et r\u00e9orienter sa carri\u00e8re, tels sont les moyens dont dispose la personne pour se prot\u00e9ger d\u2019un plateau dans sa carri\u00e8re et pour \u00e9viter que ce plateau ne se transforme en sentiment d\u2019ali\u00e9nation v\u00e9cu au travail. Ce qui risque, pour qui n\u2019y prend garde, d\u2019envahir toutes les sph\u00e8res de sa vie (ibid.)<\/p>\n<h3><a name=\"contenu11\"><\/a><span class=\"s-titre\">L\u2019insertion<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre la planification de carri\u00e8re des employ\u00e9s, <i>Carri\u00e9rologie<\/i> s\u2019est pench\u00e9e sur <u>l\u2019insertion<\/u>, que Danielle Riverin-Simard (Universit\u00e9 Laval) aborde \u00ab\u00a0la seconde \u00e9tape de l\u2019insertion socioprofessionnelle\u00a0\u00bb (1992, p 7). Elle y fait \u00e9tat d\u2019une recherche men\u00e9e \u00e0 partir de donn\u00e9es d\u2019entrevues semi-structur\u00e9es aupr\u00e8s de 89 jeunes travailleurs. Son but est de diff\u00e9rencier les particularit\u00e9s d\u2019une seconde phase de l\u2019insertion socioprofessionnelle selon les six types de personnalit\u00e9 vocationnelle de Holland (1985). L\u2019insertion y est \u00e9tudi\u00e9e sous deux aspects: l\u2019embauche et la premi\u00e8re p\u00e9riode d\u2019immersion sur le march\u00e9 du travail, en prenant appui sur Super (1980). Les r\u00e9sultats de cette recherche \u00ab\u00a0apportent, sur le plan descriptif, une subdivision in\u00e9dite sur les modes de r\u00e9ajustements souhait\u00e9s\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a038) et sugg\u00e8re que ce processus associ\u00e9 \u00e0 la seconde phase de l\u2019insertion socioprofessionnelle \u00ab\u00a0peut se subdiviser en six strat\u00e9gies d\u2019interaction correspondant \u00e0 autant de types de personnalit\u00e9 vocationnelle\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a039). Dans ce m\u00eame num\u00e9ro, \u00e0 propos de \u00ab\u00a0l\u2019insertion socioprofessionnelle et le concept de l\u2019interaction\u00a0\u00bb, Riverin-Simard, Bujold et collaborateurs (1992, p.86), d\u00e9crivent quatre approches (formiste; relationnelle; organismique; transactionnelle) bas\u00e9es sur diff\u00e9rentes notions de l\u2019interaction personne-environnement. Ils les pr\u00e9sentent au regard d\u2019exemples d\u2019applications tir\u00e9s de six programmes d\u2019intervention en voie d\u2019\u00e9laboration et d\u2019\u00e9valuation, et ce, en vue de clarifier les \u00e9l\u00e9ments conceptuels de ce processus complexe qu\u2019est l\u2019adaptation socioprofessionnelle. Ce qui permet de d\u00e9velopper des interventions plus pertinentes. Pour sa part, Genevi\u00e8ve Fournier (Universit\u00e9 Laval) pr\u00e9sente les fondements th\u00e9oriques de \u00a0l\u2019insertion professionnelle\u00a0: \u00abVers une compr\u00e9hension dynamique de ce qu\u2019en pensent les jeunes\u00a0\u00bb (Fournier, 1992, p.127). L\u2019article pr\u00e9sente une d\u00e9marche exp\u00e9rimentale effectu\u00e9e aupr\u00e8s de 73 jeunes adultes en difficult\u00e9 d\u2019insertion en vue de \u00ab\u00a0saisir les principales croyances de ces derniers \u00e0 l\u2019\u00e9gard de diff\u00e9rentes variables intervenant dans leur d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a0128). Une typologie pr\u00e9liminaire des croyances r\u00e9sulte de ces travaux. Toujours dans ce filon ch\u00e9ri par <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, <u>l\u2019insertion<\/u>, Janik Alary, coordonnatrice du Centre d\u2019orientation sociale de Nanteau-sur-Lunain (France), pr\u00e9sente le module multim\u00e9tiers et le cadre servant de r\u00e9f\u00e9rence aux actions de pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019emploi, dans \u00ab\u00a0L\u2019insertion professionnelle du chercheur d\u2019emploi\u00a0\u00bb (Alary, 1993, p.45). Le public, ch\u00f4meurs de longue dur\u00e9e, jeunes en rupture avec le syst\u00e8me scolaire et b\u00e9n\u00e9ficiaires du revenu minimum d\u2019insertion, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019adaptation m\u00e9thodologique du tr\u00e8fle chanceux et de la m\u00e9thode ADVP.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, Jacques Remoriquet, de l\u2019Institut universitaire professionnalis\u00e9 Colmar, s\u2019int\u00e9resse au cas des ch\u00f4meurs \u00ab\u00a0non-qualifi\u00e9s dans le pays de Montb\u00e9liard\u00a0\u00bb (Remoriquet,1993, p.5). Pour lui, l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 la formation, comme moyen de trouver et conserver un emploi, a peut-\u00eatre masqu\u00e9 la probl\u00e9matique des <u>travailleurs non-qualifi\u00e9s<\/u> embauch\u00e9s par les entreprises. En effet, au regard des r\u00e9sultats des analyses produites dans cette \u00e9tude, men\u00e9e dans des entreprises, \u00e9merge, selon l\u2019auteur, l\u2019existence de deux ensembles distincts de comp\u00e9tences. Celles-ci caract\u00e9risent les niveaux hi\u00e9rarchiques des t\u00e2ches observ\u00e9es et analys\u00e9es au regard d\u2019un continuum de complexit\u00e9 croissante, qui va des t\u00e2ches manuelles requ\u00e9rant peu ou pas de comp\u00e9tences intellectuelles transversales de type scolaire, jusqu\u2019\u00e0 des t\u00e2ches individuelles o\u00f9 l\u2019op\u00e9rateur n\u2019a pas besoin de quelqu\u2019un d\u2019autre pour les ex\u00e9cuter. Comment peut-on aider des ch\u00f4meurs non-qualifi\u00e9s \u00e0 trouver du travail ? \u00ab\u00a0La r\u00e9ponse, au m\u00eame niveau de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 que la question, est la construction par le ch\u00f4meur lui-m\u00eame d\u2019un projet personnel qu\u2019il apprendrait \u00e0 expliciter pour en faire une sorte de canevas de conduite op\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a031). L\u2019auteur propose la cr\u00e9ation, en collaboration avec les entreprises, d\u2019un syst\u00e8me de guidance personnalis\u00e9 en cinq \u00e9tapes bas\u00e9 sur des th\u00e9ories, dont celle de la motivation, de mod\u00e8les et d\u2019applications en intelligence artificielle.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b><br \/>\n<\/b><a name=\"contenu12\"><\/a><span class=\"s-titre\">D\u00e9bats de fond<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>Carri\u00e9rologie<\/i> s\u2019est toujours int\u00e9ress\u00e9e aux d\u00e9bats sociaux dont ceux sur <u>l\u2019\u00e9ducation<\/u>. Le texte \u00ab\u00a0L\u2019avenir de l\u2019\u00e9ducation\u00a0\u00bb nous livre des extraits de l\u2019allocution de Lise Bissonnette (1993, p.147), alors directrice au journal <i>Le Devoir<\/i>, prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion de la collation des grades de l\u2019Universit\u00e9 de Sherbrooke en 1992. \u00ab\u00a0Pourquoi le Qu\u00e9bec, malgr\u00e9 ses investissements et ses efforts, n\u2019est-il pas devenu une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9ducative qui inculque \u00e0 ses enfants l\u2019app\u00e9tit primaire d\u2019apprendre?\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a0152). Pour elle, nous sommes (en 1992), devant l\u2019obligation de retrouver la cl\u00e9 qui relancerait le d\u00e9veloppement du Qu\u00e9bec, cette cl\u00e9 est un nouvel engagement envers l\u2019\u00e9ducation&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre l\u2019\u00e9ducation, la <u>formation g\u00e9n\u00e9rale<\/u> est un autre sujet d\u00e9battu. Alexandre Lhotellier (Universit\u00e9 de Nantes), dans sa r\u00e9flexion sur la \u00ab\u00a0formation g\u00e9n\u00e9rale n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb (Lhotellier, 1989, p.3), soutient que plus il y a besoin de professionnalisme pointu, plus il y a besoin de formation g\u00e9n\u00e9rale. \u00ab\u00a0On ne peut pas se vouloir \u201cmoderne\u201d dans l\u2019appareillage technologique et demeurer \u201cvieux\u201d dans l\u2019appareillage mental\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a04). Pour l\u2019auteur, \u00ab\u00a0on apprend trop rarement \u00e0 se servir de sa pens\u00e9e comme d\u2019un outil perfectible, pour se saisir des concepts, les relier, et par eux, mieux comprendre un \u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a05). La formation g\u00e9n\u00e9rale serait un entra\u00eenement m\u00e9thodique \u00e0 l\u2019attention, \u00e0 mieux assumer des fonctions de r\u00e9flexion, de d\u00e9codage des nouveaux environnements, d\u2019organisation de d\u00e9cision et de mise en \u0153uvre d\u2019action pour une meilleure gestion de soi et une meilleure implication personnelle. Dans ce spectre des questions \u00e9ducatives, Raymond Carpentier, Psychologue conseil en psychologie industrielle (Bourg-la-Reine), dans son texte \u00ab\u00a0Formation et emploi\u00a0\u00bb<sup>3<\/sup>, (1993, p.155), lance dans la tourmente des questions dont les r\u00e9ponses se font toujours attendre\u00a0: \u00ab\u00a0Quelle formation pour quel emploi? Que demandent les entrepreneurs?\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a0155). L\u2019auteur fait ressortir deux facteurs majeurs qui conditionnent le <u>rapport entre l\u2019emploi et formation<\/u> et freinent l\u2019\u00e9mergence de solutions\u00a0: l\u2019impossibilit\u00e9 dans laquelle se trouvent les experts, \u00e0 pr\u00e9dire, dans un contexte qui \u00e9volue de plus en plus vite, les secteurs o\u00f9 les travailleurs doivent acqu\u00e9rir sans cesse de nouvelles comp\u00e9tences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre les propos de chercheurs, <i>Carri\u00e9rologie<\/i> a accueilli ceux d\u2019entrepreneurs dont certains ont trait\u00e9 de \u00ab\u00a0L\u2019importance de planifier la rel\u00e8ve\u00a0\u00bb. Le texte de Ghislain Filion (1993, p.181), Directeur des ressources humaines de la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne d\u2019hypoth\u00e8ses et de logement, propose une strat\u00e9gie visant \u00e0 implanter un syst\u00e8me inspir\u00e9 d\u2019un profil-ma\u00eetre qui refl\u00e8te le profil de l\u2019organisation. Ce syst\u00e8me comprend premi\u00e8rement des donn\u00e9es indiquant les comp\u00e9tences exig\u00e9es par les postes cl\u00e9s; deuxi\u00e8mement, des donn\u00e9es indiquant les comp\u00e9tences poss\u00e9d\u00e9es par les cadres; troisi\u00e8mement, un mod\u00e8le-type de concordance entre le potentiel du cadre et les exigences du poste qui permet d\u2019identifier une liste de rel\u00e8ves potentielles pour un poste donn\u00e9&#8230; v\u00e9ritables jalons des syst\u00e8mes de gestion des comp\u00e9tences (ibid. p.182-183).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La <u>formation continue<\/u>, v\u00e9ritable levier de \u00ab\u00a0l\u2019adaptation de la main-d\u2019\u0153uvre \u00e0 un changement technologique\u00a0\u00bb, est un sujet qui a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 une premi\u00e8re fois dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i> par Carole Brazeau (1989, p.23). L\u2019auteure, alors directrice des <i>R.H.<\/i> du Groupe des produits de p\u00e2tes et papiers DOMTAR, pr\u00e9sente en quoi les changements technologiques, la majoration des co\u00fbts des mati\u00e8res premi\u00e8res, de l\u2019\u00e9nergie et de la main-d\u2019\u0153uvre ainsi que la comp\u00e9tition mondiale viennent bouleverser le travail dans cette entreprise. Avec les changements structurels, cette usine de papier qui, jusque dans les ann\u00e9es 1980, relevait d\u2019une tradition de p\u00e8re en fils, voit arriver la mise \u00e0 pied et la pr\u00e9retraite des employ\u00e9s \u00e2g\u00e9s de plus de 55 ans. Il s\u2019ensuit une s\u00e9rie de choix, dont la mise en place d\u2019une gestion diff\u00e9rente fond\u00e9e sur l\u2019embauche et la formation de nouveaux superviseurs o\u00f9 la r\u00e9solution de probl\u00e8mes en \u00e9quipe dominerait. Outre le counseling offert aux travailleurs, l\u2019usine instaure un programme de formation des op\u00e9rateurs qui s\u2019appuie sur un juste dosage des cours th\u00e9oriques et pratiques, l\u2019engagement dans le processus et l\u2019\u00e9valuation des acquis. Dans un contexte syndiqu\u00e9, l\u2019anciennet\u00e9 est un principe qui ici a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9. Un des d\u00e9fis pos\u00e9 au service des <i>R.H.<\/i> a \u00e9t\u00e9, dit l\u2019auteure, de ne pas surestimer, ni les capacit\u00e9s d\u2019apprentissage des participants ni les pouvoirs d\u2019un programme de formation. La r\u00e9ussite de cette vaste adaptation de la main-d\u2019\u0153uvre \u00e0 un changement technologique a repos\u00e9 sur les efforts de communication lors de toutes les \u00e9tapes importantes du projet sans nier l\u2019impact de l\u2019\u00e2ge et des int\u00e9r\u00eats individuels. Une p\u00e9riode de consolidation des \u00e9quipes de travail a ensuite permis aux travailleurs et \u00e0 l\u2019usine de red\u00e9finir les valeurs et la qualit\u00e9 de la vie \u00e0 l\u2019usine (ibid. p.33).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conceptuellement proche de l\u2019adaptation de la main-d\u2019\u0153uvre, la <u>pr\u00e9carisation<\/u> est un autre sujet r\u00e9current dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>. Dans son texte sur \u00ab\u00a0la pr\u00e9carisation du travail\u00a0\u00bb, Jean-Marc Piotte (1990, p.45), de l\u2019UQ\u00e0M, la d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0une des r\u00e9ponses des dirigeants \u00e0 la crise \u00e9conomique qu\u2019amorce le premier choc p\u00e9trolier de 1973\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a046). \u00c0 l\u2019aide d\u2019exemples puis\u00e9s dans l\u2019histoire de l\u2019apr\u00e8s 2<sup>e<\/sup> grande guerre et celle du mouvement ouvrier au Qu\u00e9bec, le chercheur r\u00e9capitule les grandes n\u00e9gociations des ann\u00e9es soixante o\u00f9, au Qu\u00e9bec, les organisations syndicales (la CSN, la CEQ et la FTQ), se constituent en front commun pour n\u00e9gocier\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a053) une politique salariale et pour limiter les man\u0153uvres gouvernementales qui visent \u00e0 opposer une centrale syndicale \u00e0 l\u2019autre en jouant sur leurs contradictions. Les enjeux sont clairement d\u00e9crits pour les syndicats qui commencent seulement \u00e0 \u00ab\u00a0comprendre l\u2019ampleur de la pr\u00e9carit\u00e9 et \u00e0 s\u2019atteler \u00e0 la lourde et longue t\u00e2che de la r\u00e9soudre\u00a0\u00bb (ibid. p.\u00a070). Piotte a confiance que ces syndicats r\u00e9ussiront \u00e0 se retourner vers les salari\u00e9s les plus d\u00e9munis, les pr\u00e9caires. Ce qui n\u2019est pas sans lien avec l\u2019actuel combat que livrent, dix ann\u00e9es apr\u00e8s la parution du texte de Piotte, la qu\u00eate d\u2019accr\u00e9ditation syndicale poursuivie par des salari\u00e9s de la cha\u00eene de restauration rapide McDonald.<\/p>\n<h3><a name=\"contenu13\"><\/a><span class=\"s-titre\">Pour conclure<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">En choisissant, pour cette r\u00e9trospective, les parutions ant\u00e9rieures \u00e0 1994, nous voulions mettre en lumi\u00e8re en quoi l\u2019objet d\u2019\u00e9tude qu\u2019est la \u00ab\u00a0carri\u00e9rologie\u00a0\u00bb, raison d\u2019\u00eatre de <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, est porteur des grands d\u00e9bats sociaux, \u00e9conomiques et politiques. Vue ainsi, il ne faut pas se surprendre de la provenance vari\u00e9e des collaborations \u00e0 la revue et encore moins du fait que ses articles abordent les aspects th\u00e9orique et pratique et pr\u00e9sentent les travaux qui contribuent \u00e0 la compr\u00e9hension des probl\u00e9matiques en lien avec la carri\u00e8re, et ce, incluant, pourquoi pas, le choix de ne pas travailler ? L\u2019autre moiti\u00e9 de cette r\u00e9trospective portera, cette fois, sur les num\u00e9ros parus de 1994 \u00e0 2000. <span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><span class=\"txt-j\"><a name=\"auteur\"><\/a><\/span>Auteur<\/h3>\n<p><!--debut auteur --><\/p>\n<p><b><span class=\"txt-j\">Francine D\u2019Ortun<\/span><\/b><span class=\"txt-j\">, est membre de l\u2019\u00e9quipe de la revue <i>Carri\u00e9rologie<\/i> depuis 1986. Elle est, actuellement, charg\u00e9e de recherche au Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ducation, charg\u00e9e de cours en carri\u00e9rologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al et \u00e9galement charg\u00e9e de cours en m\u00e9thodologie, au sein du programme de Ma\u00eetrise en intervention \u00e9ducative \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Ses recherches actuelles portent sur les facteurs (psychologique, p\u00e9dagogique et environnemental) en jeu dans la r\u00e9ussite du t\u00e9l\u00e9apprentissage universitaire assist\u00e9.<br \/>\nCourriel: <a href=\"mailto:fdortun@smartnet.ca\"> <u>fdortun@smartnet.ca<\/u><\/a><\/span><\/p>\n<p><!--debut notes --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<blockquote>\n<ol>\n<li class=\"txt-nj\">Andr\u00e9 Botteman a bien voulu relire attentivement notre texte et v\u00e9rifier les r\u00e9f\u00e9rences. Qu\u2019il en soit vivement remerci\u00e9.<\/li>\n<li class=\"txt-nj\">Sur la mani\u00e8re de soumettre un article, le lecteur int\u00e9ress\u00e9 voudra bien se reporter au paragraphe \u00ab\u00a0Comment soumettre un article\u00a0\u00bb, situ\u00e9 \u00e0 la fin de ce volume.<\/li>\n<li><span class=\"txt-nj\"> C\u2019est par erreur que ce texte a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e0 Andr\u00e9 Botteman (NDLR).<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/blockquote>\n<p><!--debut abstract --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\"><em>This article commemorates the 15<sup>th<\/sup> anniversary of Carri\u00e9rologie through a theme-based retrospective of the research and reporting on practices that appeared in the journal from 1986 to 1994. The reason the first issues of the journal were chosen for study was to highlight the way Carri\u00e9rologie shed light on social, economic and political issues from point of view career guidance. The first issues of the journal were read transversally in accordance with the following themes: guidance practices, educational and occupational success, skills assessment, skill recognition, career planning and plateauing and socio-occupational insertion. It was also conducted in light of several major discussions on continuous training and job insecurity. This is presented after a brief look at the guidance practices and theoretical foundations discussed in the first issues.<\/em><\/p>\n<p><!--debut references --><\/p>\n<h3><a name=\"references\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"txt-nj\">ALARY, J. (1993). 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