{"id":6174,"date":"2002-11-22T03:20:37","date_gmt":"2002-11-22T02:20:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6174"},"modified":"2015-11-22T05:00:16","modified_gmt":"2015-11-22T04:00:16","slug":"linsertion-socioprofessionnelle-vers-une-comprehension-dynamique-de-ce-quen-pense-les-jeunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2002\/linsertion-socioprofessionnelle-vers-une-comprehension-dynamique-de-ce-quen-pense-les-jeunes\/","title":{"rendered":"L\u2019insertion socioprofessionnelle : vers une compr\u00e9hension dynamique de ce qu\u2019en pense les jeunes"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"txt-nj\"> <a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/volume08_3-4-06_fournier.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-5882 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2001\/07\/PDF.png\" alt=\"Version PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><i><b>Genevi\u00e8ve Fournier<\/b><\/i> <!--origine-auteur --><br \/>\n<i>Centre de recherche interuniversitaire sur l\u2019\u00e9ducation et la vie au travail (CRIEVAT-Laval)<br \/>\nFacult\u00e9 des sciences de l\u2019\u00e9ducation, Universit\u00e9 Laval<\/i> <\/span><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p><!--lien-auteur --><\/p>\n<p><strong><span class=\"lien-1\"><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><!--lien-abstract --><\/p>\n<p><strong><span class=\"s-titre\">R\u00e9sum\u00e9\u00a0\/\u00a0<a href=\"#abstract\">Abstract<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><!--resume --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"resume\">Le but du pr\u00e9sent article est de pr\u00e9senter bri\u00e8vement les fondements th\u00e9oriques qui nous ont amen\u00e9s \u00e0 privil\u00e9gier l\u2019exploration des croyances de contr\u00f4le comme outil d&rsquo;aide \u00e0 l\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes de 16 \u00e0 25 ans. Il est \u00e9galement de rendre compte sommairement des r\u00e9sultats de la recherche\u00a0effectu\u00e9e aupr\u00e8s de 73 jeunes adultes en difficult\u00e9 d&rsquo;insertion socioprofessionnelle. Cette recherche visait \u00e0 mieux comprendre le point de vue des jeunes en regard des diff\u00e9rents d\u00e9terminants de leur insertion socioprofessionnelle. Pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019analyse et au regroupement de ces diff\u00e9rents points de vue, nous avons utilis\u00e9 le lieu de contr\u00f4le, concept qui nous est apparu particuli\u00e8rement signifiant pour l\u2019analyse d\u2019une situation dans laquelle plusieurs jeunes adultes se sentent relativement impuissants. L&rsquo;analyse des r\u00e9sultats a permis de d\u00e9couvrir suffisamment de nuances pour permettre l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une typologie des croyances comprenant cinq cat\u00e9gories distinctes du locus de contr\u00f4le.<\/span><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\">Contenu<\/h3>\n<p><span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu1\">Entre 16 et 25 ans: une double transition<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu2\">Quelques d\u00e9terminants environnementaux de l\u2019insertion socioprofessionnelle<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu3\">Le r\u00f4le de l\u2019individu dans le processus d\u2019insertion socioprofessionnelle<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu4\">Les croyances de contr\u00f4le et l\u2019insertion socioprofessionnelle<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu5\">D\u00e9marche exp\u00e9rimentale<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu6\">Typologie des croyances: version pr\u00e9liminaire<\/a><\/span><br \/>\n<span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu7\">Conclusion<\/a><\/span><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<p><!--texte --><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le but du pr\u00e9sent article est de pr\u00e9senter bri\u00e8vement les fondements th\u00e9oriques qui nous ont amen\u00e9s \u00e0 privil\u00e9gier l\u2019exploration des croyances de contr\u00f4le comme outil d&rsquo;aide \u00e0 l\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes de 16 \u00e0 25 ans. Il est \u00e9galement de rendre compte sommairement des r\u00e9sultats de la recherche<sup>2\u00a0<\/sup>effectu\u00e9e aupr\u00e8s de 73 jeunes adultes en difficult\u00e9 d&rsquo;insertion socioprofessionnelle. Cette recherche, qui a servi de point de d\u00e9part \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du programme Interagir<sup>3<\/sup> et au d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9chelle du locus de contr\u00f4le vocationnel<sup>4<\/sup>, visait \u00e0 mieux comprendre le point de vue des jeunes en regard des diff\u00e9rents d\u00e9terminants de leur insertion socioprofessionnelle. Pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019analyse et au regroupement de ces diff\u00e9rents points de vue, nous avons utilis\u00e9 le lieu de contr\u00f4le, concept qui nous est apparu particuli\u00e8rement signifiant pour l\u2019analyse d\u2019une situation dans laquelle plusieurs jeunes adultes se sentent relativement impuissants. De fait, pour bon nombre de jeunes aujourd\u2019hui, le contexte socioprofessionnel appara\u00eet non seulement peu favorable mais de plus, ils ne se reconnaissent que peu ou pas de pouvoir d\u2019action dans leurs interactions avec ce contexte.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu1\"><\/a> <span class=\"s-titre\">Entre 16 et 25 ans: une double transition<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;insertion socioprofessionnelle des jeunes adultes de 16 \u00e0 25 ans est une pr\u00e9occupation majeure de nos jours parce qu&rsquo;\u00e0 cet \u00e2ge en particulier, plusieurs \u00e9prouvent des difficult\u00e9s de stabilisation sur le march\u00e9 du travail. Or, ces difficult\u00e9s et la fa\u00e7on dont elles sont r\u00e9solues, s&rsquo;av\u00e8rent souvent lourdes de cons\u00e9quence pour l&rsquo;ensemble de leur vie professionnelle. (Fournier et Croteau,1998; Bujold, 1989; Gauthier,1996; Osipow,1996). \u00c0 ce sujet, Fournier et Careau (1991) soulignent qu\u2019entre 16 et 25 ans, le jeune adulte utilisera tout un \u00e9ventail de strat\u00e9gies dans le but d&rsquo;acqu\u00e9rir une ind\u00e9pendance financi\u00e8re et se montrer autonome aussi bien dans l&rsquo;organisation de sa vie en g\u00e9n\u00e9ral que dans l&rsquo;organisation de sa vie professionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique, c&rsquo;est durant la p\u00e9riode de transition adolescence\/\u00e2ge adulte que l&rsquo;individu doit \u00e9laborer un projet de vie professionnelle. Havighurst (1982) et Levinson (1978) affirment \u00e0 ce propos que la construction de son avenir professionnel constitue la t\u00e2che centrale et organisatrice de la vie du jeune adulte de 16 \u00e0 25 ans. Ce dernier doit effectuer une double transition, soit celle du passage de l&rsquo;adolescence \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte et celle du passage de l&rsquo;\u00e9cole au march\u00e9 du travail, afin d&rsquo;acqu\u00e9rir une autonomie tant affective que professionnelle. Dans cette double transition, la r\u00e9ussite de l\u2019insertion au march\u00e9 de l\u2019emploi rev\u00eat une importance particuli\u00e8re. En effet, d\u2019abord source d\u00e9terminante d\u2019autonomie financi\u00e8re, le travail permet \u00e9galement \u00e0 l\u2019individu de trouver les marges de libert\u00e9 n\u00e9cessaires pour faire ses choix et d\u00e9limiter lui-m\u00eame les contours de son avenir. Dans cette m\u00eame foul\u00e9e, c\u2019est en acqu\u00e9rant une certaine stabilit\u00e9 sur le march\u00e9 du travail qu\u2019il atteint le statut d\u2019adulte et devient un citoyen \u00e0 part enti\u00e8re, capable de participer au d\u00e9veloppement du bien-\u00eatre de la collectivit\u00e9 et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Effectivement, la participation \u00e0 l\u2019\u00e9conomie formelle, du point de vue conservateur, est une condition pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une pleine citoyennet\u00e9 (Tardif, 1998). Comme le souligne \u00e0 juste titre Perret (1995), \u00abL&rsquo;argent concr\u00e9tise l&rsquo;autonomie sociale des personnes, mais seul le travail a vocation de la fonder. (&#8230;) Le travail ne fait pas que l\u00e9gitimer l&rsquo;autonomie de l&rsquo;individu dans la sph\u00e8re de l&rsquo;\u00e9change mon\u00e9taire, il contribue aussi \u00e0 la qualit\u00e9 de sa participation effective \u00e0 la vie sociale.\u00bb (p.43). Que le passage de l\u2019adolescence \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte se fasse aujourd\u2019hui plus tardivement qu\u2019il y a 20 ans (Galland, 1997, Nicole-Drancourt, 1997) a en soi peu d\u2019importance. Il n\u2019en demeure pas moins que cette transition s\u2019effectue par le passage oblig\u00e9 de l\u2019exercice d\u2019un emploi \u00e9conomiquement viable et de l\u2019acquisition du statut de travailleur. Dans cette perspective, il est important, \u00e0 une p\u00e9riode aussi cruciale de la vie de la personne, de mobiliser ses ressources personnelles de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&rsquo;elle se sente capable de s&rsquo;engager et de prendre en charge la r\u00e9alisation de ses objectifs professionnels tout en tenant compte des r\u00e9alit\u00e9s contextuelles \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur desquelles ses buts doivent se r\u00e9aliser.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"contenu2\"><\/a>Quelques d\u00e9terminants environnementaux de l\u2019insertion socioprofessionnelle<\/h3>\n<p class=\"s-titre\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019insertion socioprofessionnelle est conditionn\u00e9e par un march\u00e9 de l\u2019emploi o\u00f9 les d\u00e9ceptions, le manque d\u2019emploi et les remises en question sont choses courantes. Elle demande un investissement de la part des jeunes sur une tr\u00e8s longue p\u00e9riode. Elle n&rsquo;appara\u00eet plus comme un moment pr\u00e9visible, sans discontinuit\u00e9, durant lequel les jeunes passent de la formation professionnelle au plein emploi. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un processus au cours duquel s\u2019ins\u00e8rent la formation, la construction d\u2019un projet professionnel, la recherche d\u2019emploi et de nombreuses entr\u00e9es et sorties du march\u00e9 du travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les conditions qui r\u00e8gnent sur le march\u00e9 du travail subissent fortement l\u2019influence de facteurs issus des structures sociales, politiques et culturelles d\u2019une soci\u00e9t\u00e9. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs auteurs ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse des facteurs qui contraignent particuli\u00e8rement l\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes (Rose, 1998, 2000; Fournier et Bourassa, 2000; Baby, 1993, 2000; Jacot, 1994; Gauthier, 2000; Galland, 1995; De Bandt, Dejours et Dubar, 1995; Castel, 1996; Paugam, 1996, 2000; Gagnon, 1996, OCDE, 1996). Tous sont d\u2019avis que les conditions actuelles sont peu favorables \u00e0 l\u2019int\u00e9gration des jeunes sur le march\u00e9 de l\u2019emploi. Parmi les facteurs les plus souvent \u00e9voqu\u00e9s, on retrouve les facteurs d\u00e9mographiques, c\u2019est-\u00e0-dire le nombre \u00e9lev\u00e9 de jeunes qui sont actuellement disponibles \u00e0 l\u2019emploi et qui se font concurrence. Les facteurs \u00e9conomiques, dans la mesure o\u00f9 la situation \u00e9conomique qui pr\u00e9vaut actuellement nuit \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019emplois stables et g\u00e9n\u00e8re de nouvelles formes d\u2019emplois dites atypiques. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il semble que la r\u00e9duction de l&rsquo;offre d&#8217;emploi et du temps de travail sont parmi les observations qui \u00e9mergent le plus fr\u00e9quemment des analyses de la situation du march\u00e9 du travail des derni\u00e8res ann\u00e9es, dans les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es (OCDE, 1996, Rose, 2000). Cons\u00e9quemment, de plus en plus de jeunes travailleurs et de travailleuses se retrouvent dans une situation de pr\u00e9carit\u00e9 professionnelle et, bien souvent aussi, personnelle (Gauthier, 2000\u00a0; St-Onge, 2000\u00a0; Tessier, 2000). Les facteurs \u00e9ducatifs, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019allongement de la p\u00e9riode des \u00e9tudes cr\u00e9e chez les dipl\u00f4m\u00e9s des attentes plus \u00e9lev\u00e9es et plus nombreuses \u00e0 l\u2019\u00e9gard du march\u00e9 du travail. Enfin, les facteurs technologiques, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9volution des moyens de production requi\u00e8rent une main-d\u2019\u0153uvre capable d\u2019ex\u00e9cuter des t\u00e2ches diverses et complexes, exigeant des qualifications sp\u00e9cialis\u00e9es ou, \u00e0 l\u2019inverse, une main-d\u2019\u0153uvre dispos\u00e9e \u00e0 faire des t\u00e2ches r\u00e9p\u00e9titives et qui n\u00e9cessitent peu ou pas de qualifications.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les facteurs pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9s contribuent \u00e0 d\u00e9crire sommairement le contexte pour le moins difficile dans lequel les jeunes de 16 \u00e0 25 ans \u00e9voluent aujourd\u2019hui. \u00c0 l\u2019heure actuelle, les perspectives d\u2019emploi pour les jeunes de 16 \u00e0 25 ans sont tellement peu encourageantes que plusieurs d\u2019entre eux se sentent d\u00e9munis et impuissants pour faire leur place sur le march\u00e9 du travail. Ils entrevoient difficilement le moment o\u00f9 ils pourront r\u00e9aliser leurs objectifs professionnels et s\u2019affranchir, de mani\u00e8re plus ou moins d\u00e9finitive, des d\u00e9terminismes li\u00e9s aux changements structurels en cours sur le march\u00e9 de l&#8217;emploi. Pour une proportion de plus en plus importante d\u2019entre eux, l&rsquo;insertion socioprofessionnelle s&rsquo;effectue dans un contexte de pr\u00e9carit\u00e9 et d&rsquo;incertitude qui devient une r\u00e9alit\u00e9 et un mode de vie \u00ab oblig\u00e9 \u00bb (Gauthier, 2000). Les jeunes doivent ainsi n\u00e9gocier avec les incertitudes et les impr\u00e9vus comme ils doivent affronter la pr\u00e9carisation et la transformation des formes du travail. Cependant, il existe des disparit\u00e9s dans la mani\u00e8re dont les jeunes composent avec ces nouvelles r\u00e9alit\u00e9s: certains s\u2019en sortent mieux que d\u2019autres et on remarque des diff\u00e9rences individuelles ind\u00e9niables dans la fa\u00e7on de r\u00e9agir au manque d\u2019emploi (Cascino et Le Blanc, 1993; Cairns, Woodward, et Hashizume, 1992).C\u2019est ce dont il sera bri\u00e8vement question dans la prochaine section.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"><a name=\"contenu3\"><\/a>Le r\u00f4le de l\u2019individu dans le processus d\u2019insertion socioprofessionnelle<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019importance des variables individuelles a souvent \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e comme modulateur du cheminement professionnel des individus et, par le fait m\u00eame, de leur insertion socioprofessionnelle. Plusieurs recherches ont \u00e9tabli des liens \u00e9troits entre le prolongement de la fr\u00e9quentation scolaire et la capacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer le march\u00e9 du travail (OCDE, 1996; Laflamme, 1996; Trottier, Perron et Diabomba, 1995). La variable sexe semble aussi jouer un r\u00f4le mod\u00e9rateur dans la d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle. Selon Bengle (1991), \u00e0 comp\u00e9tences \u00e9gales, les hommes ont encore plus de chances de se trouver un emploi permanent et \u00e0 temps plein que les femmes. Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, les auteurs s\u2019accordent pour dire que les champs d\u2019int\u00e9r\u00eat de la personne, ses aptitudes, ses motivations, ses aspirations et ses diverses exp\u00e9riences de travail sont autant de variables qui entrent en jeu au moment de l\u2019int\u00e9gration au march\u00e9 du travail et qui expliquent, partiellement du moins, les diff\u00e9rences dans la mani\u00e8re de vivre cette \u00e9tape de vie (Bujold, 1989; O\u2019Brien, 1986; Osipow, 1986;. Roy, 1988). De plus, Roy (1988) soutient que l\u2019origine sociale est un autre d\u00e9terminant individuel important qui peut affecter le d\u00e9roulement de l\u2019insertion socioprofessionnelle. Il rappelle \u00e0 ce sujet que, selon de nombreuses recherches, les jeunes provenant de milieux favoris\u00e9s \u00e9prouvent moins de difficult\u00e9s dans leur d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle que les jeunes issus des milieux socio\u00e9conomiquement d\u00e9favoris\u00e9s. Pour expliquer cet \u00e9cart dans les possibilit\u00e9s d\u2019insertion, plusieurs hypoth\u00e8ses sont possibles. Il semble d\u2019abord que plus les parents occupent une situation sociale \u00e9lev\u00e9e, plus les jeunes risquent d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 un bon r\u00e9seau de soutien (Monette et Fournier, 2000) et de se rendre \u00e0 l\u2019universit\u00e9 (OCDE, 1996). Il est possible aussi que l\u2019absence de soutien de la famille \u00e9branle fortement une situation d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caire. Ensuite, il est plausible que les jeunes qui sont en pr\u00e9sence de parents vivant de nombreuses difficult\u00e9s en emploi aient tendance \u00e0 envisager les m\u00eames frustrations et insatisfactions pour eux-m\u00eames. Enfin, il importe de souligner l\u2019influence des valeurs et des croyances qui sont v\u00e9hicul\u00e9es dans l\u2019environnement familial \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00e9cole et du travail et qui affectent la mani\u00e8re dont les jeunes abordent leur entr\u00e9e sur le march\u00e9 du travail. Mentionnons notamment l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 la r\u00e9ussite sociale, \u00e0 l\u2019actualisation de soi et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation dans les milieux mieux nantis. Ces valeurs ont possiblement pour effet de motiver les jeunes de ces milieux \u00e0 se montrer plus actifs dans la r\u00e9alisation de leurs projets professionnels<sup>5<\/sup>.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En somme, l\u2019insertion socioprofessionnelle n\u2019est pas strictement conditionn\u00e9e par les contingences du march\u00e9 du travail pas plus qu\u2019elle n\u2019est d\u00e9termin\u00e9e par certaines caract\u00e9ristiques individuelles. Le processus d\u2019insertion socioprofessionnelle est plut\u00f4t issu du jeu d\u2019influence des caract\u00e9ristiques de l\u2019environnement et de celles de l\u2019individu. Cependant, au-del\u00e0 de la situation du march\u00e9 du travail et des ressources personnelles de chacun, le jeunes adulte qui estime avoir des possibilit\u00e9s de choix et d\u2019actions, si limit\u00e9es soient-elles, sur son avenir professionnel, se trouve en meilleure position pour se mobiliser et s\u2019investir dans sa d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle. De fait, les r\u00e9sultats de diff\u00e9rentes recherches montrent que les individus n\u2019abordent pas les \u00e9v\u00e9nements de mani\u00e8re neutre et univoque (Abric, 1993). En ce qui concerne les jeunes en difficult\u00e9 d\u2019insertion socioprofessionnelle, il semble que la repr\u00e9sentation que plusieurs se font de leur vie au travail et de leur capacit\u00e9 d\u2019y trouver satisfaction, les am\u00e8nent \u00e0 anticiper de mani\u00e8re paralysante leurs difficult\u00e9s dans la recherche d\u2019emploi et \u00e0 renforcer des croyances qui rendent pratiquement caduques leur investissement dans une d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle. Dans une perspective d\u2019intervention, il nous est apparu important de conna\u00eetre de mani\u00e8re nuanc\u00e9e les croyances des jeunes \u00e0 propos de leur insertion socioprofessionnelle et de leurs possibilit\u00e9s d\u2019en influencer le cours. Consid\u00e9rant l\u2019insertion socioprofessionnelle comme une d\u00e9marche r\u00e9sultant de l\u2019interaction individu\/environnement, nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019utiliser et d\u2019adapter le lieu de contr\u00f4le comme concept de base pour analyser le discours des jeunes et en d\u00e9gager leurs principales croyances.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><b><a name=\"contenu4\"><\/a>Les croyances de contr\u00f4le et l\u2019insertion socioprofessionnelle<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les croyances de contr\u00f4le individuelles permettent de distinguer les attitudes actives et passives de l&rsquo;individu par rapport \u00e0 son environnement et fournissent en quelque sorte des indices sur sa perception du degr\u00e9 de contr\u00f4le qu&rsquo;il peut exercer sur ce qui lui arrive, sur ce qui constitue pour lui des sources de renforcements (Fournier et Jeanrie, \u00e0 para\u00eetre; Rotter,1966, 1975, 1990). Plusieurs \u00e9tudes dont celles de Lefcourt (1976), St-Louis (1981), Spector (1982), Chevrier et Inostra (1987), Friedrich (1988), Cabral et Salomone (1990), Taylor et Popma (1990), Holmes et Werbel (1992) Luzzo et Ward (1995) et Haworth, Jarman et Lee (1997) ont mis en \u00e9vidence la relation \u00e9troite existant entre le lieu de contr\u00f4le et certaines variables favorisant la r\u00e9ussite professionnelle.<\/p>\n<p>Une remarque s\u2019impose toutefois ici \u00e0 propos du locus de contr\u00f4le. Depuis la fin des ann\u00e9es 1970, ce concept a suscit\u00e9 de nombreux d\u00e9bats et controverses th\u00e9oriques, tant en Europe qu\u2019en Am\u00e9rique du Nord, depuis sa cr\u00e9ation par Julian Rotter en 1966.<sup>6<\/sup> Globalement, ces d\u00e9bats ont port\u00e9 sur le caract\u00e8re dichotomique du construit et sa conceptualisation en tant que trait de personnalit\u00e9, sa g\u00e9n\u00e9rabilit\u00e9 dans toutes les dimensions de la vie et sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux normes sociales et culturelles.<sup>7<\/sup><b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concernant le caract\u00e8re dichotomique du construit et sa conceptualisation en tant que trait de personnalit\u00e9, soulignons qu\u2019\u00e0 l\u2019instar de nombreux auteurs (Rotter, 1975, 1990; Marks, 1998; Shapiro, Schwartz et Astin, 1996; Lefcourt, 1991; Finch, Shanahan, Mortimer et Ryu,1991; Strickland, 1989), nous supportons la th\u00e8se que le locus de contr\u00f4le n\u2019est pas un trait stable de la personnalit\u00e9 qui distingue les individus dans leur capacit\u00e9 d\u2019ajustement. \u00c0 ce propos, Rotter (1975, 1990) rappelle l\u2019importance de ne pas consid\u00e9rer le lieu de contr\u00f4le (LOC) des renforcements comme un trait individuel stable ou un type et souligne l\u2019importance de comprendre et d\u2019interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats li\u00e9s au LOC \u00e0 partir de la perspective des th\u00e9ories plus larges de l\u2019apprentissage social. Rotter insiste sur les dangers d\u2019une conceptualisation et d\u2019une interpr\u00e9tation <i>sur simplifi\u00e9es<\/i> de l\u2019internalit\u00e9 et de l\u2019externalit\u00e9 qui laissent entendre que les comportements d\u2019une personne interne ne peuvent \u00eatre li\u00e9s qu\u2019\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments positifs et souhaitables (<i>good guy<\/i>)<i> <\/i>et ceux d\u2019une personne externe, qu\u2019\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments n\u00e9gatifs et non d\u00e9sirables (<i>bad guy<\/i>). Cette mani\u00e8re d\u2019opposer les deux groupes (perspective diff\u00e9rentialiste), sur la base de caract\u00e9ristiques individuelles pr\u00e9sum\u00e9ment bonnes ou mauvaises, a sans doute \u00e9t\u00e9 amplifi\u00e9e par l\u2019id\u00e9ologie dominante am\u00e9ricaine o\u00f9 les notions de pouvoir, d\u2019autonomie et d\u2019ind\u00e9pendance sont nettement valoris\u00e9es (Marks, 1998; Fink et Hjelle, 1973; Mirels et Garrett, 1971). Cette polarisation des groupes restreint la possibilit\u00e9 de croyances simultan\u00e9es en des sources internes et externes de renforcement de m\u00eame qu\u2019elle conf\u00e8re une valeur intrins\u00e8quement n\u00e9gative \u00e0 toutes croyances en un contr\u00f4le externe. Cette conceptualisation, croyons-nous, surestime l\u2019internalit\u00e9 au d\u00e9triment de l\u2019externalit\u00e9 et accorde un poids excessif \u00e0 l\u2019acteur dans l\u2019explication de ses comportements par rapport aux circonstances et au contexte. Dans cette foul\u00e9e et \u00e0 l\u2019instar \u00e9galement d\u2019un bon nombre d\u2019auteurs, nous nous opposons \u00e0 l\u2019id\u00e9e que les croyances en un contr\u00f4le externe sont en soi n\u00e9gatives, inappropri\u00e9es et encore moins fausses (Wong et Spoule, 1984; Marks, 1998; Fournier et Jeanrie, 1999). Ainsi, toute situation peut s\u2019expliquer par le jeu d\u2019influence de sources externes et internes dont l\u2019effet potentiel et conjugu\u00e9 varie d\u2019une situation \u00e0 l\u2019autre. Sous cet angle, se reconna\u00eetre comme le seul acteur causal de ce qui arrive est tout aussi inappropri\u00e9 et renvoie \u00e0 la notion d\u2019omnipotence tout comme se reconna\u00eetre comme enti\u00e8rement d\u00e9pendant du hasard ou des facteurs de contingence s\u2019associe \u00e0 l\u2019impuissance et \u00e0 l\u2019ali\u00e9nation. <b><br \/>\n<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 la \u00abg\u00e9n\u00e9rabilit\u00e9\u00bb du construit dans toutes les sph\u00e8res de vie, plusieurs chercheurs se sont prononc\u00e9s en faveur du d\u00e9veloppement d\u2019\u00e9chelles de croyances de contr\u00f4le li\u00e9es \u00e0 des domaines plus sp\u00e9cifiques (domain-specific scales) et par le fait m\u00eame au bien-fond\u00e9 de reconna\u00eetre le caract\u00e8re situationnel du locus de contr\u00f4le (Lefcourt, 1991; Mischel and Mischel, 1979; Paulhus, 1983; Spector, 1992; Thompson et Spacapan, 1991). Comme l\u2019a affirm\u00e9 Marks (1998), les croyances de contr\u00f4le chez un m\u00eame individu peuvent diff\u00e9rer selon le domaine de vie, selon le contexte particulier dans lequel il se trouve tout comme elles peuvent se modifier en fonction des exp\u00e9riences qu\u2019il sera amen\u00e9 \u00e0 vivre tout au long de son d\u00e9veloppement. Par exemple, un individu peut entretenir des croyances de contr\u00f4le plut\u00f4t internes dans la gestion de sa vie quotidienne tout en entretenant des croyances davantage externes dans sa vie professionnelle. De la m\u00eame mani\u00e8re, un individu de 16 ans peut entretenir des croyances de contr\u00f4le externes en regard de sa r\u00e9ussite professionnelle et ce m\u00eame individu, \u00e0 30 ans, pourrait entretenir des croyances de contr\u00f4le internes vis-\u00e0-vis sa r\u00e9ussite dans ce domaine de vie. Ainsi, \u00e0 l\u2019instar de ces auteurs, nous supportons la th\u00e8se que les croyances de contr\u00f4le internes et externes varient tr\u00e8s souvent chez un m\u00eame individu selon les sph\u00e8res de vie sp\u00e9cifiques, selon ses diverses exp\u00e9riences et selon son contexte de vie. Elles commencent \u00e0 se d\u00e9velopper tr\u00e8s t\u00f4t dans l\u2019enfance et elles sont influenc\u00e9es par les valeurs v\u00e9hicul\u00e9es dans les milieux familial, social et culturel.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Finalement, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du locus de contr\u00f4le aux normes sociales et culturelles a maintes fois \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e dans les recherches empiriques. Plusieurs \u00e9tudes ont mis en \u00e9vidence que l\u2019internalit\u00e9 ou l\u2019externalit\u00e9 \u00e9taient directement influenc\u00e9es par le contexte social, politique, culturel et \u00e9conomique de l\u2019individu. Selon Marks (1998), les croyances en un contr\u00f4le interne et externe varient grandement selon les pays et ce sont principalement les facteurs culturels qui expliquent cette diversit\u00e9 des r\u00e9sultats. Ainsi, dans les cultures o\u00f9 l\u2019on favorise fortement la r\u00e9ussite personnelle comme les \u00c9tats-Unis et plusieurs pays occidentaux, les individus obtiennent g\u00e9n\u00e9ralement des scores \u00e9lev\u00e9s d\u2019internalit\u00e9 (Smith, Trompenaars et Dugan ,1995). Par exemple, Lefcourt (1982) a observ\u00e9 que les Afro-am\u00e9ricains, les Latino-am\u00e9ricains et les Am\u00e9rindiens obtenaient des scores d\u2019externalit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s que les Am\u00e9ricains de souche. De la m\u00eame mani\u00e8re, Wenzel (1993) a mis en \u00e9vidence que les noirs am\u00e9ricains croyaient significativement plus au r\u00f4le de la chance sur les \u00e9v\u00e9nements de leur vie que les blancs am\u00e9ricains. Une autre \u00e9tude, men\u00e9e par Jensen, Olsen et Hughes (1990) dans neuf pays d\u2019Europe, a clairement mis en \u00e9vidence que le pays d\u2019origine a un impact plus grand sur les r\u00e9sultats aux mesures du LOC que le sexe, la classe sociale ou le cycle de vie de la personne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres auteurs rapportent des diff\u00e9rences dans les scores d\u2019internalit\u00e9\/externalit\u00e9 entre les gens de culture dites individualistes et ceux des cultures dites collectivistes (Chia, Cheng et Chuang, 1998; Markus et Kitayama, 1991\u00a0; Weisz, Rothbaum et Blackburn, 1984). Par exemple, on a observ\u00e9 des diff\u00e9rences importantes de croyances de contr\u00f4le entre les individus appartenant \u00e0 la culture chinoise et am\u00e9ricaine, les premiers obtenant des scores d\u2019externalit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s (Wong, et Piran, 1995). Les auteurs font remarquer que, dans la culture traditionnelle chinoise, le succ\u00e8s est notamment associ\u00e9 \u00e0 la chance et une place importante est accord\u00e9e \u00e0 la conformit\u00e9 aux traditions familiales, au groupe et aux r\u00f4les sociaux. De plus, l\u2019affirmation de soi est per\u00e7ue n\u00e9gativement et est associ\u00e9e \u00e0 la comp\u00e9tition et \u00e0 l\u2019agressivit\u00e9, deux attitudes proscrites dans la culture chinoise. Toutes ces valeurs sont \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la culture occidentale qui privil\u00e9gie davantage l\u2019unicit\u00e9 de l\u2019individu, son ind\u00e9pendance, son affirmation personnelle et sa confiance en soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait citer tout autant d\u2019\u00e9tudes nord-am\u00e9ricaines qui ont permis d\u2019\u00e9tablir des liens significatifs entre l\u2019externalit\u00e9 et l\u2019appartenance \u00e0 un groupe minoritaire ou socio\u00e9conomiquement moins avantag\u00e9 (Gurin, Gurin et Morrison, 1978; Levenson, 1981; Wenzel, 1993; Fink et Hjelle (1973), Mirels et Garret (1971) Nowicki et Duke (1983) Young et Shorr 1986; Lachman et Weaver, 1998). Toutes ces \u00e9tudes arrivent aux m\u00eames conclusions: plus la personne a un niveau d\u2019\u00e9ducation \u00e9lev\u00e9 et appartient \u00e0 une classe socio\u00e9conomiquement favoris\u00e9e, plus elle obtient des scores \u00e9lev\u00e9s d\u2019internalit\u00e9. \u00c0 l\u2019inverse, moins elle est scolaris\u00e9e et plus elle appartient \u00e0 une classe sociale socio\u00e9conomiquement d\u00e9favoris\u00e9e, plus elle entretient des croyances de contr\u00f4le externes. Ces liens significatifs t\u00e9moignent, comme le proposent Gurin et coll. (1978), Lefcourt (1992), Marks (1998) et Lachman et Weaver (1998), de l\u2019influence des opportunit\u00e9s r\u00e9ellement accessibles ou non \u00e0 l\u2019individu sur le d\u00e9veloppement de ses croyances de contr\u00f4le. Elles t\u00e9moignent aussi de l\u2019impact d\u2019exp\u00e9riences d\u2019exclusion ou de discrimination sociale bien r\u00e9elles sur le d\u00e9veloppement de ces croyances et traduisent bien souvent une perception juste d\u2019un environnement hostile sur lequel certains individus ont appris, souvent dans l\u2019enfance, \u00e0 n\u2019avoir que tr\u00e8s peu de pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Consid\u00e9rant le caract\u00e8re pr\u00e9pond\u00e9rant des croyances de contr\u00f4le sur la fa\u00e7on dont l&rsquo;individu appr\u00e9hende les \u00e9v\u00e9nements et y fait face, nous avons voulu pr\u00e9ciser dans notre recherche quelles sont les croyances des jeunes qui manifestent un lieu de contr\u00f4le plut\u00f4t externe vis-\u00e0-vis leur insertion socioprofessionnelle et celles qui expriment davantage de possibilit\u00e9s d\u2019influencer le cours des \u00e9v\u00e9nements et qui traduisent davantage un lieu de contr\u00f4le interne. De fait, en mati\u00e8re d\u2019intervention et en accord avec les th\u00e9ories de l\u2019apprentissage social, pour que l\u2019individu se mobilise pour atteindre un renforcement, ici, l\u2019insertion socioprofessionnelle, deux conditions sont essentielles. Il faut d\u2019une part que l\u2019insertion socioprofessionnelle ait une signification positive pour la personne et, d\u2019autre part, qu\u2019elle estime qu\u2019il existe un lien (plus ou moins fort) entre les actions qu\u2019elle entreprendra et l\u2019atteinte de ce gain. Si l\u2019insertion socioprofessionnelle n\u2019a pas de sens pour la personne et n\u2019a pas en soi de valeur positive ou encore si la personne juge que peu importe ce qu\u2019elle fera, ses probabilit\u00e9s de s\u2019ins\u00e9rer demeurent les m\u00eames, l\u2019intervention offerte risque de demeurer plus ou moins st\u00e9rile. Elle pourrait m\u00eame amener la personne \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 un syst\u00e8me de croyances qui n\u2019est pas le sien ou encore \u00e0 lui apprendre \u00e0 exprimer, de mani\u00e8re d\u00e9sincarn\u00e9e, des croyances socialement d\u00e9sirables (ex. croyances de prescription). Ce type d\u2019intervention serait en contradiction avec les objectifs d\u2019autonomie et de r\u00e9appropriation d\u2019un pouvoir d\u2019action sur sa vie professionnelle de m\u00eame qu\u2019il serait en contradiction avec les fondements m\u00eames du LOC.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fa\u00e7on dont nous abordons l&rsquo;\u00e9tude du lieu de contr\u00f4le par le biais des croyances individuelles supporte la th\u00e8se de l&rsquo;existence d&rsquo;une relation dynamique \u00e9troite entre les croyances d&rsquo;une personne, ses attitudes et ses comportements. Elle r\u00e9fute du m\u00eame coup l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;exclusivit\u00e9 de la dimension cognitive de la notion de croyance et renvoie davantage \u00e0 la d\u00e9finition tridimensionnelle que nous propose Rokeach (1980). Ce dernier reconna\u00eet trois composantes principales \u00e0 la croyance, soit les composantes cognitive, affective et comportementale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, pour ajouter \u00e0 notre propos, nous pr\u00e9sentons ici cinq propri\u00e9t\u00e9s ou fonctions de la croyance, clairement identifi\u00e9es dans la documentation scientifique, qui mettent en \u00e9vidence le lien \u00e9troit existant entre les croyances d&rsquo;une personne, ses attitudes et sa fa\u00e7on de r\u00e9agir aux \u00e9v\u00e9nements. <b>Premi\u00e8rement<\/b>, il existe chez l&rsquo;individu des croyances centrales qui sont reli\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres ensembles de croyances et des croyances plus p\u00e9riph\u00e9riques qui sont g\u00e9n\u00e9ralement plus isol\u00e9es c&rsquo;est-\u00e0-dire peu reli\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres croyances. <b>Deuxi\u00e8mement<\/b>, plus une croyance est centrale pour la personne plus cette croyance a tendance \u00e0 r\u00e9sister au changement. En contrepartie, une croyance centrale qui aura \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e g\u00e9n\u00e9rera des changements majeurs au niveau des attitudes de la personne. <b>Troisi\u00e8mement<\/b>, les croyances d&rsquo;une personne semblent devoir se fonder principalement soit sur la cr\u00e9dibilit\u00e9 que cette personne accorde \u00e0 ses propres exp\u00e9riences soit sur la cr\u00e9dibilit\u00e9 qu&rsquo;elle accorde \u00e0 une autorit\u00e9 externe (le discours social, par exemple). <b>Quatri\u00e8mement<\/b>, un ensemble de croyances entretenues \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;un objet ou d&rsquo;une situation am\u00e8ne l&rsquo;individu \u00e0 adopter une attitude sp\u00e9cifique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de cet objet ou de cette situation. Et <b>cinqui\u00e8mement<\/b>, les croyances constituent un des aspects dynamiques de la motivation humaine et, dans ce sens, jouent un r\u00f4le majeur dans l&rsquo;expression des attitudes et dans l&rsquo;organisation des comportements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, l&rsquo;attitude d&rsquo;un individu envers son orientation et son insertion socioprofessionnelle est affect\u00e9e par ses croyances personnelles \u00e0 propos de cette orientation ou de cette insertion socioprofessionnelle. Si les croyances associent l&rsquo;objet \u00e0 un attribut d\u00e9favorable, l&rsquo;attitude risque alors d\u2019\u00eatre empreinte d\u2019appr\u00e9hensions et de sentiments d\u2019impuissance; si elles associent l&rsquo;objet \u00e0 un attribut favorable, l&rsquo;attitude a plus de chances d\u2019\u00eatre confiante et assur\u00e9e.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s-titre\"> <a name=\"contenu5\"><\/a>D\u00e9marche exp\u00e9rimentale<\/span><b><br \/>\n<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le c\u0153ur de la d\u00e9marche exp\u00e9rimentale a consist\u00e9 \u00e0 analyser les principales croyances d\u2019un groupe de 73 jeunes en difficult\u00e9 sur le plan de l\u2019emploi concernant le processus d\u2019insertion socioprofessionnelle. Pour ce faire, nous avons construit et exp\u00e9riment\u00e9 un protocole d\u2019entrevues de questions semi-ouvertes. \u00c0 la lumi\u00e8re des \u00e9crits th\u00e9oriques pertinents portant notamment sur l&rsquo;insertion socioprofessionnelle des jeunes, sur leurs t\u00e2ches d\u00e9veloppementales, sur le lieu de contr\u00f4le ainsi que sur les concepts de croyances et d&rsquo;attitudes, nous avons identifi\u00e9 sept th\u00e8mes les plus souvent associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;insertion socioprofessionnelle. Il s&rsquo;agit de la connaissance de soi, la prise de d\u00e9cision, la conception du travail, le projet professionnel, l&rsquo;environnement social, l&rsquo;\u00e9cole et le march\u00e9 du travail.<\/p>\n<p class=\"pre-titre\" style=\"text-align: justify;\">Proc\u00e9dure d&rsquo;analyse du questionnaire<b><br \/>\n<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;analyse de contenu s&rsquo;inspire des propositions de Bardin (1986) et a suivi les \u00e9tapes suivantes:1) transcription en \u00e9nonc\u00e9s du mat\u00e9riel recueilli (codage); 2) classification des \u00e9nonc\u00e9s; 3) interpr\u00e9tation des classes et \u00e9laboration d&rsquo;une typologie et 4) validation de la typologie. Nous pr\u00e9sentons ici tr\u00e8s succinctement les quatre \u00e9tapes de l&rsquo;analyse de contenu.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>\u00c9tape 1: codage<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re \u00e9tape a consist\u00e9 en la transcription des donn\u00e9es brutes, c&rsquo;est-\u00e0-dire les r\u00e9ponses fournies spontan\u00e9ment par les sujets lors de la cueillette de donn\u00e9es en \u00e9nonc\u00e9s standardis\u00e9s afin de permettre leur comparaison et leur regroupement. La transcription des r\u00e9ponses a permis de colliger quelques 2700 \u00e9nonc\u00e9s standardis\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>\u00c9tape 2: Classification<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour accomplir cette \u00e9tape, trois t\u00e2ches principales ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es<br \/>\n<b><br \/>\na) <\/b>Analyse et regroupement par question:<\/p>\n<p>Le but de cette t\u00e2che est d&rsquo;identifier les phrases-cl\u00e9s, plus g\u00e9n\u00e9rales et plus abstraites, pouvant remplacer plusieurs des \u00e9nonc\u00e9s standardis\u00e9s. En moyenne, cinq \u00e9nonc\u00e9s standardis\u00e9s par question ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s du regroupement.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>b) <\/b>Analyse et regroupement par th\u00e8me:<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir des 180 \u00e9nonc\u00e9s g\u00e9n\u00e9riques obtenus \u00e0 la t\u00e2che pr\u00e9c\u00e9dente, nous avons constitu\u00e9 des domaines s\u00e9mantiques pouvant rendre compte de l&rsquo;interd\u00e9pendance entre les \u00e9nonc\u00e9s g\u00e9n\u00e9riques. Tout comme le sugg\u00e8re Bardin (1986), nous avons consid\u00e9r\u00e9 comme ayant la m\u00eame signification s\u00e9mantique les \u00e9nonc\u00e9s g\u00e9n\u00e9riques qui sont paradigmatiquement proches les uns des autres et qui partagent des d\u00e9pendances fonctionnelles identiques. En tout, 94 \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9matiques ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s, autant de domaines s\u00e9mantiques qui refl\u00e8tent l&rsquo;ensemble de croyances entretenues \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des diff\u00e9rents th\u00e8mes li\u00e9s au processus d&rsquo;insertion socioprofessionnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>c) <\/b>Analyse et classification des \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9matiques:<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;essentiel de cette t\u00e2che est d&rsquo;ordonner les \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9matiques selon leur type. Cette t\u00e2che a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir des crit\u00e8res suivants<span style=\"font-size: small;\"><sup>8<\/sup><\/span>: 1) niveau de conceptualisation: strat\u00e9gies utilis\u00e9es pour organiser l&rsquo;information disponible dans le milieu; 2) niveau d&rsquo;individualisation: perspectives \u00e0 partir desquelles soi et les autres sont envisag\u00e9es; 3) niveau d&rsquo;activation: moyens envisag\u00e9s pour agir dans le milieu; 4) niveau de responsabilisation: capacit\u00e9 \u00e0 assumer les cons\u00e9quences d&rsquo;une action et; 5) temporalit\u00e9: capacit\u00e9 \u00e0 planifier et \u00e0 anticiper des situations. Trois juges ind\u00e9pendants ont eu pour t\u00e2che de classer l&rsquo;ensemble des \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9matiques sur une \u00e9chelle Likert, allant de 1(plus externe) \u00e0 5 (plus interne), repr\u00e9sentant le continuum du lieu de contr\u00f4le.<b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tape 3: Interpr\u00e9tation<\/p>\n<p>Les deux premi\u00e8res \u00e9tapes de l&rsquo;analyse ont permis de classer l&rsquo;ensemble des informations recueillies en cinq classes de croyances. A l&rsquo;\u00e9tape d&rsquo;interpr\u00e9tation, il a s&rsquo;agi d&rsquo;identifier les caract\u00e9ristiques de chacune d&rsquo;entre elles, de d\u00e9finir un style de raisonnement qui leur est typique, en d&rsquo;autres mots, d&rsquo;interpr\u00e9ter et de donner un sens aux r\u00e9sultats obtenus. L&rsquo;analyse des \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9matiques a permis \u00e0 trois juges, par consensus, de d\u00e9limiter la structure de base et d&rsquo;identifier les composantes essentielles des diff\u00e9rents types de croyances observ\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>\u00c9tape 4\u00a0: Validation<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La corr\u00e9lation de Pearson(r) a permis d&rsquo;\u00e9tablir le taux de concordance entre l&rsquo;\u00e9valuation r\u00e9alis\u00e9e par les trois juges et les niveaux pr\u00e9alablement \u00e9tablis qui ont permis l\u2019\u00e9laboration de la typologie. Le taux moyen de cette relation \u00e9gale 0,72.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Afin de permettre une certaine \u00abobjectivit\u00e9\u00bb de la typologie, trois juges ind\u00e9pendants, n&rsquo;ayant jamais particip\u00e9 \u00e0 la recherche, ont re\u00e7u la t\u00e2che de classer en fonction des cinq types de croyances un \u00e9chantillon de 20 \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9matiques choisis au hasard et plac\u00e9s al\u00e9atoirement afin d&rsquo;\u00e9viter toute syst\u00e9matisation. Le taux \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;accord inter\/juge obtenu lors de cette proc\u00e9dure permet de croire \u00e0 la validit\u00e9 des interpr\u00e9tations r\u00e9alis\u00e9es et indique que la typologie ainsi \u00e9labor\u00e9e repr\u00e9sente bien l&rsquo;ensemble des croyances de contr\u00f4le des jeunes de notre \u00e9chantillon et qu&rsquo;elle caract\u00e9rise diff\u00e9rents types d&rsquo;appr\u00e9hension de leur r\u00e9alit\u00e9 socioprofessionnelle.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\"><a name=\"contenu6\"><\/a><span class=\"s-titre\">Typologie des croyances: version pr\u00e9liminaire<\/span><b><br \/>\n<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Nous pr\u00e9sentons pour terminer une br\u00e8ve d\u00e9finition des cinq types de croyances que nous sugg\u00e8rent \u00e0 cette \u00e9tape-ci de notre travail nos r\u00e9sultats de recherche. Ces r\u00e9sultats sont pr\u00e9liminaires et partiels et veulent surtout fournir un aper\u00e7u g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9tat actuel de nos travaux. Il faut pr\u00e9ciser que la plupart des jeunes entretiennent simultan\u00e9ment des croyances appartenant aux 5 types pr\u00e9sent\u00e9s ci-dessous (croyances de contr\u00f4le externes et internes). Ces types de croyances ne doivent pas \u00eatre confondus avec des types d\u2019individus.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>TYPE 1: Croyances d\u00e9faitistes<br \/>\n<\/b><br \/>\nSelon ce premier type de croyances, la r\u00e9alit\u00e9 s&rsquo;impose \u00e0 soi et ali\u00e8ne toute libert\u00e9 individuelle. L&rsquo;action para\u00eet impossible et les buts fix\u00e9s semblent irr\u00e9alisables. En fait, l&rsquo;environnement est per\u00e7u comme \u00e9tant hostile \u00e0 l&rsquo;individu. La responsabilit\u00e9 individuelle est ici occult\u00e9e puisque seul le destin dicte la route \u00e0 suivre. En pr\u00e9sence de difficult\u00e9s d\u2019insertion socioprofessionnelle, le bl\u00e2me est jet\u00e9 exclusivement sur les structures sociales, les institutions et, bouc \u00e9missaire par excellence, l\u2019autorit\u00e9. Aucune action pour se trouver un emploi n\u2019est envisag\u00e9e dans l\u2019imm\u00e9diat et tr\u00e8s peu ou pas d\u2019espoir n\u2019est entretenu pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Exemple: \u00ab\u00a0La r\u00e9ussite professionnelle est pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e et d\u00e9pend de facteurs inn\u00e9s. Elle d\u00e9passe la volont\u00e9 de la personne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>TYPE 2:<\/b> <b>Croyances de d\u00e9pendance<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour ce type de croyances, les normes ext\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;individu servent \u00e0 conceptualiser la r\u00e9alit\u00e9. La relation de d\u00e9pendance entretenue entre soi et le milieu structure et guide l&rsquo;action et enl\u00e8ve une grande part de responsabilit\u00e9 individuelle. L&rsquo;autorit\u00e9 s&rsquo;impose comme mod\u00e8le dans les d\u00e9marches et dans les prises de d\u00e9cision. L&rsquo;information disponible est per\u00e7ue comme une r\u00e9alit\u00e9 absolue et n&rsquo;est aucunement \u00e9valu\u00e9e, contextualis\u00e9e ou remise en question. Dans une telle perspective, seule l\u2019incertitude du march\u00e9 de l\u2019emploi permet d\u2019expliquer les difficult\u00e9s d\u2019insertion socioprofessionnelle. La connaissance de soi est accessoire dans la d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle et l\u2019investissement personnel, inutile. En d\u2019autres termes, la r\u00e9ussite personnelle est per\u00e7ue comme d\u00e9pendante de la chance et du hasard et dans ce contexte, la construction d\u2019un projet professionnel est vide de sens.<\/p>\n<p>Exemple: \u00ab\u00a0 Me trouver un emploi d\u00e9pend uniquement de la chance et du hasard. Il est inutile de faire des choix . \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>TYPE 3: Croyances de prescription<br \/>\n<\/b><br \/>\nAvec ce troisi\u00e8me type de croyances, la conception du march\u00e9 de l&#8217;emploi et du r\u00f4le qu&rsquo;y joue l&rsquo;individu commence \u00e0 se diversifier. Cependant, les r\u00e9f\u00e9rents demeurent instrumentaux et ext\u00e9rieurs \u00e0 soi. Bien qu&rsquo;un \u00e9ventail de possibilit\u00e9s d&rsquo;action soit envisag\u00e9, l&rsquo;individu se trouve plut\u00f4t d\u00e9muni face un choix. Il est ambivalent quant \u00e0 la responsabilit\u00e9 de ses actions et s&rsquo;en remet aux conventions et aux prescriptions sociales pour prendre une d\u00e9cision importante. En somme, peu de pouvoir personnel encore est reconnu \u00e0 l&rsquo;individu.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Exemple: \u00ab\u00a0 Seules les opinions des personnes ayant un statut d&rsquo;autorit\u00e9 sont importantes lorsque vient le temps de prendre une d\u00e9cision.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>TYPE 4: Croyances d&rsquo;auto-responsabilisation<br \/>\n<\/b><br \/>\nAvec le quatri\u00e8me type de croyances, le travail et le march\u00e9 de l&#8217;emploi sont envisag\u00e9s dans une perspective plus globale. Devant l&rsquo;\u00e9ventail de possibilit\u00e9s qu&rsquo;offre le milieu, l&rsquo;impact des efforts personnels pour r\u00e9ussir son insertion socioprofessionnelle est reconnu. La personne envisage la possibilit\u00e9 de retirer de la satisfaction de ses activit\u00e9s professionnelles si elle y consacre suffisamment de temps et d\u2019\u00e9nergie. Elle se sent responsable de ce qui lui arrive (bon ou mauvais) au risque parfois de ne pas reconna\u00eetre suffisamment les impacts possibles de la chance ou du hasard dans le d\u00e9roulement de sa vie. En fait, la plupart des \u00e9v\u00e9nements sont interpr\u00e9t\u00e9s et jug\u00e9s essentiellement en fonction de soi et ce, parfois au d\u00e9triment de la reconnaissance de l&rsquo;effet de certains facteurs environnementaux ou de certains impr\u00e9vus. Il importe par ailleurs de souligner, tel que rapport\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, qu\u2019une adh\u00e9sion trop univoque \u00e0 cette cat\u00e9gorie de croyances peut mener \u00e0 des comportements de \u00ab sur-responsabilisation\u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la tendance \u00e0 interpr\u00e9ter les \u00e9v\u00e9nements essentiellement en fonction de soi et ce, au d\u00e9triment de la reconnaissance de l&rsquo;effet de la chance, du hasard et\/ou de certains facteurs environnementaux sur le d\u00e9roulement de sa vie.<\/p>\n<p>Exemple: \u00ab\u00a0Ma r\u00e9ussite en emploi d\u00e9pend principalement des efforts que je fais pour compl\u00e9ter ma formation et pour avoir une bonne exp\u00e9rience professionnelle\u00bb<\/p>\n<p><b>TYPE 5: Croyances pro-actives<br \/>\n<\/b><br \/>\nAvec le cinqui\u00e8me type de croyances, le travail et le march\u00e9 de l&#8217;emploi sont envisag\u00e9s dans leur contexte et de fa\u00e7on plus complexe. Les aspects individuels et les facteurs environnementaux servent \u00e0 interpr\u00e9ter les \u00e9v\u00e9nements et \u00e0 exprimer la r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;individu consid\u00e8re l&rsquo;impact de ses efforts personnels non plus comme un absolu mais davantage en tant que possibilit\u00e9 d&rsquo;action sur un milieu toujours changeant et offrant diverses opportunit\u00e9s. En fait, le sujet se trouve en mesure de mettre les faits en relation. Il est en mesure d\u2019\u00e9tablir un projet professionnel \u00e0 plus long terme, accepte de diff\u00e9rer les gratifications possibles et envisage des strat\u00e9gies afin d\u2019atteindre ses buts.<\/p>\n<p>Exemple: \u00ab\u00a0Ma r\u00e9ussite professionnelle d\u00e9pend de mes efforts et des r\u00e9alit\u00e9s plus ou moins contraignantes du march\u00e9 du travail. \u00bb<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"contenu7\"><\/a> <span class=\"s-titre\">Conclusion<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le but de la recherche \u00e9tait de mieux conna\u00eetre les croyances de contr\u00f4le de jeunes en difficult\u00e9 d\u2019insertion socioprofessionnelle et de d\u00e9velopper une intervention qui <i>colle<\/i> \u00e0 leur r\u00e9alit\u00e9 et leur permet de d\u00e9velopper un certain pouvoir d\u2019action dans cette situation. En proc\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;analyse du discours des jeunes, il est apparu \u00e9vident, comme le proposent plusieurs auteurs, que la diversit\u00e9 des croyances exprim\u00e9es pouvait difficilement s&rsquo;inscrire dans une perspective purement dichotomique \u00abd&rsquo;internalit\u00e9 \/ externalit\u00e9\u00bb. Effectivement, l&rsquo;analyse qualitative a permis de d\u00e9couvrir suffisamment de nuances dans le discours des jeunes pour permettre l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une typologie des croyances comprenant cinq cat\u00e9gories distinctes du LOC. Lorsque ces cinq cat\u00e9gories de croyances sont compar\u00e9es entre elles, la repr\u00e9sentation de lieu de contr\u00f4le marque une progression selon laquelle, au point de d\u00e9part, la r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;impose l&rsquo;<u>ext\u00e9rieur<\/u> et qui ali\u00e8ne l&rsquo;action et la responsabilisation, se diversifie au fur et \u00e0 mesure que la perception de contr\u00f4le s&rsquo;<u>int\u00e9riorise<\/u>, offrant ainsi un plus grand nombre d&rsquo;opportunit\u00e9s et une plus grande temporalit\u00e9 d&rsquo;action aux individus. Les croyances les plus externes, les croyances <i>d\u00e9faitistes<\/i> (l\u2019individu est d\u00e9termin\u00e9 par le contexte ou les autres), se situent \u00e0 une extr\u00e9mit\u00e9 du continuum et les croyances les plus internes, les croyances <i>pro-actives<\/i> (l\u2019individu reconna\u00eet \u00e0 la fois l\u2019impact de ses efforts personnels et des contingences environnementales sur les \u00e9v\u00e9nements de sa vie), sont \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9. Trois autres cat\u00e9gories de croyances s&rsquo;ins\u00e8rent entre ces deux p\u00f4les\u00a0: les croyances de <i>d\u00e9pendance<\/i> (l\u2019individu est d\u00e9termin\u00e9 par la chance et le hasard), les croyances de <i>prescription <\/i>(l\u2019individu est d\u00e9termin\u00e9 par les prescriptions et les normes sociales) et les croyances <i>d&rsquo;auto-responsabilisation <\/i>(l\u2019individu reconna\u00eet une contingence \u00e9troite entre ses actions et les r\u00e9sultats qu\u2019il obtient). Toutefois, l&rsquo;examen attentif de chacune des cinq cat\u00e9gories de croyances am\u00e8ne \u00e0 observer que la cat\u00e9gorie des croyances d&rsquo;auto-responsabilisation pose un certain probl\u00e8me d&rsquo;ordre conceptuel. Globalement, ce niveau du LOC vocationnel implique que l&rsquo;individu croit qu&rsquo;\u00e0 la suite de ses efforts personnels, il aura davantage de probabilit\u00e9 de s&rsquo;ins\u00e9rer socioprofessionnellement. Or, si cette cat\u00e9gorie de croyances peut permettre l&rsquo;engagement de l&rsquo;individu vis-\u00e0-vis son projet socioprofessionnel, le fait de n\u2019entretenir que ce type de croyances peut aussi l&rsquo;amener \u00e0 se culpabiliser et \u00e0 se bl\u00e2mer notamment dans la mesure o\u00f9 il ne se per\u00e7oit pas capable d&rsquo;une action efficace. En d&rsquo;autres mots, on a beau se sentir responsable de son avenir, encore faut-il reconna\u00eetre les limites de son seul pouvoir personnel afin d&rsquo;atteindre le but vis\u00e9. Cette nuance appara\u00eet d&rsquo;autant plus pertinente qu&rsquo;une des critiques qui a longtemps \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du LOC est \u00e0 l&rsquo;effet que la mise en valeur de la norme d&rsquo;internalit\u00e9, responsabilise \u00e0 outrance le sujet en regard des \u00e9v\u00e9nements qui lui arrivent. C&rsquo;est un peu comme si la \u00abresponsabilit\u00e9\u00bb d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement &#8211; ici la difficult\u00e9 de s&rsquo;ins\u00e9rer socioprofessionnellement &#8211; devait \u00eatre attribu\u00e9e soit au sujet (LOC interne), soit \u00e0 l&rsquo;environnement (LOC externe). Cette fa\u00e7on de voir, de d\u00e9pendre de soi ou de l&rsquo;environnement, laisse peu de place \u00e0 une analyse qui privil\u00e9gierait la notion de \u00abco-responsabilit\u00e9\u00bb pour comprendre les \u00e9v\u00e9nements qui surviennent dans la vie de l&rsquo;individu. Cette notion de \u00abco-responsabilit\u00e9\u00bb, sugg\u00e9r\u00e9e ici par la cinqui\u00e8me cat\u00e9gorie de croyances, a servi de fondement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du programme Interagir. De fait, comme il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9, il ne suffit pas aux jeunes en qu\u00eate d&rsquo;un travail de conna\u00eetre les conditions et les r\u00e8gles du march\u00e9 de l&#8217;emploi; les conditions actuelles ont vite fait de les d\u00e9courager et de les rendre d\u00e9ficitaires au plan de la motivation s&rsquo;ils ne se reconnaissent aucun pouvoir d\u2019action sur leur cheminement de vie, leur orientation et leur d\u00e9marche d\u2019insertion socioprofessionnelle. Il ne suffit pas non plus de bien se conna\u00eetre ou de le vouloir <i>vraiment<\/i> pour s\u2019int\u00e9grer au march\u00e9 du travail. Le d\u00e9sir et la volont\u00e9 individuelle n\u2019ont d\u2019impact que s\u2019ils se situent dans l\u2019interaction avec le contexte plus large dans lequel ils peuvent s\u2019actualiser. En somme, la surd\u00e9termination individuelle conduit plus souvent qu\u2019autrement au d\u00e9nigrement de soi, la surd\u00e9termination environnementale, \u00e0 la disqualification du sujet. Le pouvoir d\u2019action de l\u2019individu se situe plut\u00f4t dans l\u2019interaction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--fin texte --><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><span class=\"txt-j\"><a name=\"auteur\"><\/a><\/span>Auteur<\/h3>\n<p><!--debut auteur --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Genevi\u00e8ve Fournier est professeure titulaire au d\u00e9partement des fondements et pratiques en \u00e9ducation de l\u2019universit\u00e9 Laval et directrice du Centre de recherche interuniversitaire sur l\u2019\u00e9ducation et la vie au travail, section Laval. Ses recherches actuelles portent principalement sur l\u2019int\u00e9gration sociale et professionnelle de groupes de travailleurs pr\u00e9caires, sur les effets de la pr\u00e9carit\u00e9 d\u2019emploi sur les conditions de vie personnelle, familiale et sociale des individus de m\u00eame que sur les diff\u00e9rentes formes que prend le rapport au travail aujourd\u2019hui.<br \/>\nCourriel: <a href=\"mailto:genevieve.fournier@fse.ulaval.ca \"> <u>genevieve.fournier@fse.ulaval.ca<\/u><\/a> <\/span><\/p>\n<p><!--debut notes --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<blockquote>\n<ol>\n<li class=\"txt-nj\">\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Article original soumis \u00e0 la Revue <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, le 15 octobre 1991. Article r\u00e9vis\u00e9 en septembre 2001.<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Cette recherche a \u00e9t\u00e9 subventionn\u00e9e par la Fondation canadienne d&rsquo;orientation et de consultation et Emploi et immigration Canada.<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Fournier, G. (1995). Interagir. Une strat\u00e9gie efficace d\u2019orientation et d\u2019insertion socioprofessionnelle. Qu\u00e9bec: Les \u00c9ditions Septembre et les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval.<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Fournier, G. et Jeanrie, C. (1999). Validation of a Five-Level Locus of Control Scale. <i>Journal of Career Assessment<\/i>. 7(1), 63-89.<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Notons que pour plusieurs jeunes en difficult\u00e9 d\u2019insertion socioprofessionnelle, l\u2019id\u00e9e m\u00eame de construire un projet professionnel a peu de signification en soi tellement ils se trouvent <i>d\u00e9bord\u00e9s<\/i> par des probl\u00e8mes de survie au quotidien. De fait, pour \u00eatre en mesure d\u2019anticiper et de pr\u00e9parer l\u2019avenir, encore faut-il que le pr\u00e9sent se trouve assur\u00e9.<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Il y a pr\u00e8s de 40 ans, Rotter d\u00e9finissait ainsi le locus de contr\u00f4le \u00ab&#8230;quand un sujet per\u00e7oit un renforcement comme n\u2019\u00e9tant pas totalement d\u00e9termin\u00e9 par une certaine action de sa part, ce renforcement est per\u00e7u comme le r\u00e9sultat de la chance, du hasard, du destin ou comme le fait d\u2019autres tout-puissants, ou bien encore totalement impr\u00e9visible en raison de la grande complexit\u00e9 des forces entourant l\u2019individu. Quand l\u2019individu per\u00e7oit l\u2019\u00e9v\u00e9nement de cette fa\u00e7on, nous disons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une croyance en un locus de contr\u00f4le externe. Si, au contraire, la personne consid\u00e8re que l\u2019\u00e9v\u00e9nement d\u00e9pend de son propre comportement ou de caract\u00e9ristiques personnelles relativement stables, nous disons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une croyance en un locus de contr\u00f4le interne\u00bb. (Rotter, 1966, p.1)<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Le lecteur int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 une revue de la documentation scientifique sur cette question pourra consulter la deuxi\u00e8me \u00e9dition du programme Interagir dans laquelle une section compl\u00e8te est consacr\u00e9e au locus de contr\u00f4le.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\"> Ces crit\u00e8res sont inspir\u00e9s de crit\u00e8res d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s dans la documentation scientifique pour distinguer les lieux de contr\u00f4le interne et externe et ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9s au contexte de la pr\u00e9sente \u00e9tude.<\/span><\/p>\n<\/li>\n<\/ol>\n<\/blockquote>\n<p><!--debut abstract --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"abstract\"><\/a>Abstract<\/h3>\n<p class=\"resume\" style=\"text-align: justify;\"><em>The aim of this article is to briefly present the theorical basis that lead us to privilege the exploration of control beliefs as an helping tool for young adults\u2019s socioprofessional integration process. It is also to put forward the results of a research done with 73 young adults experiencing professional difficulties. The purpose of this research was to get a better understanding of young people\u2019s point of view regarding different issues about their socioprofessional integration. To conduct the analysis, we used the locus of control, concept that appears to us particularly significant for the analysis of a situation in which several young adults feel relatively powerless. The analysis of results has permitted to discover sufficiently slight differences to allow the elaboration of a typology including five distinct categories of locus of control\u2019s beliefs.<\/em><\/p>\n<p><!--debut references --><\/p>\n<h3><a name=\"references\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"txt-nj\">ABRIC, J.C. (1994). Les repr\u00e9sentations sociales : aspects th\u00e9oriques. Dans J.C. 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