{"id":6080,"date":"2002-11-21T05:08:11","date_gmt":"2002-11-21T04:08:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6080"},"modified":"2015-11-21T22:19:09","modified_gmt":"2015-11-21T21:19:09","slug":"imaginaire-professionnel-des-jeunes-adolescents","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2002\/imaginaire-professionnel-des-jeunes-adolescents\/","title":{"rendered":"L\u2019imaginaire professionnel des jeunes adolescents"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-nj\"><i><b><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/volume08_3-4-16_dumora.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-5882 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2001\/07\/PDF.png\" alt=\"Version PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a>Bernadette Dumora<\/b><\/i> <!--origine-auteur --><\/p>\n<p><i>Laboratoire de recherche en Psychologie de l\u2019orientation, INETOP, CNAM,<br \/>\nParis<\/i><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p><!--lien-auteur --><\/p>\n<p class=\"lien-1\"><strong><a href=\"#auteur\">Auteur<\/a><\/strong><\/p>\n<p><!--contenu --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\">Contenu<\/h3>\n<p><!--lien-contenu --><\/p>\n<p><span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu1\">Probl\u00e9matique th\u00e9orique<br \/>\n<\/a><\/span><span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu2\">M\u00e9thodologie de l\u2019enqu\u00eate<br \/>\n<\/a><\/span><span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu3\">R\u00e9sultats et interpr\u00e9tation<br \/>\n<\/a><\/span><span class=\"lien-1\"><a href=\"#contenu4\">Conclusion<\/a><\/span><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<p><!--texte --><\/p>\n<h3><span class=\"s-titre\"><a name=\"contenu1\"><\/a>1. Probl\u00e9matique th\u00e9orique<\/span><\/h3>\n<p class=\"txt-j\">L\u2019objectif de cette recherche est de mettre en \u00e9vidence les structures st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es et sexu\u00e9es de l&rsquo;univers des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles chez les jeunes adolescents \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;entr\u00e9e au coll\u00e8ge. Il s&rsquo;agit pour nous d&rsquo;approfondir et de syst\u00e9matiser sur un plus grand nombre de sujets les constats d&rsquo;une recherche ant\u00e9rieure (Dumora, 1988, 1990). Dans cette recherche, nous avons observ\u00e9, \u00e0 partir de l&rsquo;analyse des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles et de leur argumentation, par entretiens approfondis, chez 35 sujets de deux coll\u00e8ges sociologiquement contrast\u00e9s, que les sujets de 6\u00e8me expriment individuellement des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles nombreuses, mais que ces pr\u00e9f\u00e9rences nombreuses constituent un corpus r\u00e9duit de professions diff\u00e9rentes, concentr\u00e9 autour de deux p\u00f4les essentiellement\u00a0: le p\u00f4le m\u00e9diatique du sport professionnel de haut niveau, du spectacle et de la t\u00e9l\u00e9vision (plus d\u2019un tiers des pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par les filles rel\u00e8vent de cette cat\u00e9gorie et plus de la moiti\u00e9 chez les gar\u00e7ons) et le p\u00f4le altruiste des professions de soin qui s\u2019exercent aupr\u00e8s de jeunes enfants, de malades ou d\u2019animaux (un peu moins d\u2019un tiers des pr\u00e9f\u00e9rences des filles et un cinqui\u00e8me de celles des gar\u00e7ons rel\u00e8vent de cette cat\u00e9gorie). Analyse longitudinale, \u00e0 la fois discursive et th\u00e9matique, cette recherche embrasse du m\u00eame geste les contenus symboliques des choix, les processus cognitifs de leur argumentation, les d\u00e9terminants sociaux de leurs diff\u00e9rences inter-individuelles, et les d\u00e9terminants d\u00e9veloppementaux de leurs diff\u00e9rences intra-individuelles. Ce qui rend possible cette vis\u00e9e oecum\u00e9nique, c&rsquo;est qu&rsquo;elle porte sur un nombre r\u00e9duit de sujets. Mais comme toute \u00e9tude qualitative, elle reste en de\u00e7\u00e0 des exigences acad\u00e9miques de l&rsquo;administration de la preuve et elle d\u00e9bouche sur des hypoth\u00e8ses plut\u00f4t qu&rsquo;elle n&rsquo;est gouvern\u00e9e par elles. Ce sont donc ces hypoth\u00e8ses que nous souhaitons mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve d&rsquo;une \u00e9tude sur un plus grand nombre de sujets.<\/p>\n<p><span class=\"txt-j\"><b>L&rsquo;hypoth\u00e8se de la st\u00e9r\u00e9otypie<\/b> des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles \u00e0 cet \u00e2ge est conforme aux constats d&rsquo;autres recherches en psychologie de l&rsquo;orientation effectu\u00e9es \u00e0 plus de deux g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;intervalle et dans des contextes sociaux diff\u00e9rents: Ginzberg et al., 1951, Huteau, 1972, 1976, Achache, 1997. A chaque \u00e9poque, cette st\u00e9r\u00e9otypie des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles, conformisme ou convergence gr\u00e9gaire des pr\u00e9f\u00e9rences vers les mod\u00e8les pr\u00e9gnants dans ce groupe d&rsquo;\u00e2ge, nous semble tout \u00e0 fait analogue \u00e0 celle des modes vestimentaires, langagi\u00e8res, id\u00e9ologiques ou comportementales dont on peut penser qu\u2019elles sont engendr\u00e9es par la pression normative des groupes de pairs \u00e0 cette p\u00e9riode. En raison de l\u2019adh\u00e9sion des jeunes adolescents \u00e0 une culture juv\u00e9nile naissante (Dubet et Martuccelli, 1996), du poids des m\u00e9dias dans la constitution de l&rsquo;imaginaire enfantin (Chombart de Lauwe et Bellan, 1979), du partage des m\u00eames h\u00e9ros et des m\u00eames identifications \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019influence croissante des groupes de pairs (Berndt, 1979, Bukowsky W.M., Gauze, C., Hoza, B., et Newcomb, 1993, Mallet, 1997), ces adolescents expriment des choix st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, prestigieux, et largement ind\u00e9pendants des professions parentales. Le corpus des pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par les \u00e9l\u00e8ves de nos deux coll\u00e8ges sociologiquement contrast\u00e9s ne diff\u00e8re pas sensiblement, et, quelle que soit la profession du p\u00e8re, \u00e0 deux exceptions pr\u00e8s, les 35 \u00e9l\u00e8ves de notre population pr\u00e9f\u00e8rent en 6\u00e8me des professions qui sont socialement prestigieuses soit par le niveau d\u2019\u00e9tudes exig\u00e9, soit par la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 m\u00e9diatique qui y est attach\u00e9e. On sait combien les positionnements sociaux et scolaires vont modifier ensuite ces premi\u00e8res pr\u00e9f\u00e9rences et combien va jouer, sur les choix ult\u00e9rieurs, la \u00ab\u00a0causalit\u00e9 du probable\u00a0\u00bb, selon le terme de Bourdieu repris dans le domaine de l&rsquo;orientation par Duru-Bellat (1995).<br \/>\n<b><br \/>\nL&rsquo;hypoth\u00e8se de la diff\u00e9rence de ces pr\u00e9f\u00e9rences en fonction du sexe <\/b>est issue de cette m\u00eame observation: les r\u00e9ponses des gar\u00e7ons et des filles diff\u00e8rent quantitativement et qualitativement et si on observe les m\u00eames p\u00f4les de regroupement, altruiste et m\u00e9diatique, les professions n&rsquo;y sont pas les m\u00eames. On retrouve donc, avec ces st\u00e9r\u00e9otypes sexuels, les propositions essentielles de la th\u00e9orie de Gottfredson\u00a0(Gottfredson, 1981, Munoz-Sastre, 1994, 1996). De ses propres observations et de l\u2019examen d\u2019autres \u00e9tudes sur les repr\u00e9sentations professionnelles, Gottfredson tire la conclusion que les pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles des individus s\u2019organisent tr\u00e8s t\u00f4t selon un sch\u00e9ma simple structur\u00e9 par deux axes\u00a0: l\u2019axe de la masculinit\u00e9-f\u00e9minit\u00e9 des professions qui se met en place d\u00e8s 6 ou 7 ans, et l\u2019axe du prestige social un peu plus tardif, de 9 \u00e0 13 ans. Ces deux axes d\u00e9terminent une sorte de \u201c\u00a0carte cognitive des professions\u00a0\u201d qui circonscrit une zone des professions acceptables, en ce qui concerne ces deux crit\u00e8res. Et ce n\u2019est que plus tard que se pr\u00e9cisent, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces fronti\u00e8res d\u2019acceptabilit\u00e9, les domaines d\u2019activit\u00e9 susceptibles de satisfaire d\u2019autres valeurs et pr\u00e9f\u00e9rences personnelles, au moment d\u2019ailleurs o\u00f9 les premi\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances institutionnelles imposent les premi\u00e8res d\u00e9cisions aux adolescents.<\/span><\/p>\n<p>Enfin, au-del\u00e0 d&rsquo;une diff\u00e9rence sexu\u00e9e des th\u00e9matiques professionnelles, nous faisons l&rsquo;hypoth\u00e8se <b>d&rsquo;une diff\u00e9rence de structure des pr\u00e9f\u00e9rences entre gar\u00e7ons et filles. <\/b>Les uns et les autres ont tendance \u00e0 d\u00e9cliner des s\u00e9ries de professions dont la proximit\u00e9 est \u00e9vidente ou le lien logique perceptible: pour reprendre les termes de Super (1973), plus qu&rsquo;une \u00ab\u00a0exploration\u00a0\u00bb divergente ou d\u00e9sordonn\u00e9e, l&rsquo;imaginaire professionnel des jeunes adolescents se pr\u00e9sente comme une organisation convergente et \u00ab\u00a0cristallis\u00e9e\u00a0\u00bb. Cette hypoth\u00e8se structurelle, issue de nos propres observations empiriques, trouve une validit\u00e9 th\u00e9orique dans des travaux classiques en psychologie de l&rsquo;orientation, tels que ceux de ceux de Rufino (1981), de Huteau (1982), ou de Guichard (1993), qui assimilent conceptuellement les pr\u00e9f\u00e9rences et les repr\u00e9sentations professionnelles: toute pr\u00e9f\u00e9rence professionnelle, aussi \u00e9ph\u00e9m\u00e8re soit-elle, s&rsquo;appuie toujours sur des repr\u00e9sentations, et toute repr\u00e9sentation, aussi pauvre soit-elle, s&rsquo;accompagne de pr\u00e9f\u00e9rences et de rejets. Pr\u00e9f\u00e9rences et repr\u00e9sentations sont en quelque sorte isomorphes, se construisent simultan\u00e9ment, et elles constituent une appr\u00e9hension encore sch\u00e9matique et manich\u00e9enne du monde professionnel. Cette fa\u00e7on de \u00ab\u00a0voir\u00a0\u00bb le monde professionnel est \u00e0 la fois tributaire des significations et des symbolisations subjectives de l&rsquo;adolescent, et de ses positionnements sociaux. Au m\u00eame titre que les repr\u00e9sentations sociales dont elles partagent en partie le mode de construction et le fonctionnement, les pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles semblent structur\u00e9es autour d&rsquo;un noyau central stable et organisateur, auquel s&rsquo;agr\u00e8gent, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, des \u00e9l\u00e9ments plus labiles et conjoncturels. La mise en \u00e9vidence de cette structuration suppose une m\u00e9thode qui rende compte \u00e0 la fois de la<b> th\u00e9matique<\/b> des pr\u00e9f\u00e9rences et <b>de la force des liaisons<\/b> entre ces pr\u00e9f\u00e9rences dans les groupes \u00e0 comparer &#8211; ici, les filles et les gar\u00e7ons -.<\/p>\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat d&rsquo;un chercheur en psychologie de l&rsquo;orientation pour une p\u00e9riode qui se situe tr\u00e8s en amont des paliers d\u00e9cisifs du syst\u00e8me scolaire et donc des choix effectifs, se comprend \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;orientation scolaire et professionnelle, de ses pratiques et de ses mod\u00e8les th\u00e9oriques. La nouvelle \u00ab\u00a0orientation \u00e9ducative\u00a0\u00bb, qui s\u2019est mise en place en une trentaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s une longue tradition psychom\u00e9trique (Huteau 1992, 1997), justifie que l&rsquo;on d\u00e9crive les repr\u00e9sentations et les pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles des coll\u00e9giens et que la recherche dans ce domaine essaie de construire un corpus de savoirs relatifs \u00e0 leur \u00e9volution. Ces repr\u00e9sentations et ces pr\u00e9f\u00e9rences coll\u00e9giennes constituent en effet la mati\u00e8re m\u00eame, fluide ou r\u00e9sistante, d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergeront progressivement les choix de fin de cycle que la pratique de l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 l&rsquo;orientation, officiellement obligatoire au coll\u00e8ge depuis 1996 mais exp\u00e9rimentalement pr\u00e9sente depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, est cens\u00e9e rendre aussi inform\u00e9s, consistants et autonomes que possible. La recherche doit proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;analyse serr\u00e9e du jeu des forces psychologiques et sociales qui concourent \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration et \u00e0 la transformation, tout au long de la scolarit\u00e9, des repr\u00e9sentations et des pr\u00e9f\u00e9rences adolescentes. Du point de vue pragmatique, une connaissance approfondie des processus permettrait d\u2019\u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil de l&rsquo;orientation pour les \u00e9quipes \u00e9ducatives de coll\u00e8ge: prendre au pied de la lettre des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles au risque de <b>\u00ab\u00a0chosifier\u00a0\u00bb un projet <\/b>\u00e0 partir d&rsquo;images dont on fait ici l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;elles ne sont que des r\u00eaves tr\u00e8s st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s chez l&rsquo;adolescent jeune et dont on a montr\u00e9 ailleurs qu&rsquo;elles sont aussi tr\u00e8s \u00e9ph\u00e9m\u00e8res (Dumora, op. cit\u00e9).<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"contenu2\"><\/a>2. M\u00e9thodologie de l&rsquo;enqu\u00eate<\/h3>\n<h4 class=\"txt-j\"><b><br \/>\n2.1. Recueil des donn\u00e9es<br \/>\n<\/b><\/h4>\n<p class=\"txt-j\">Il a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 aupr\u00e8s de 225 \u00e9l\u00e8ves de 6\u00e8me (119 filles, 106 gar\u00e7ons) scolaris\u00e9s dans trois coll\u00e8ges de Bordeaux ou de la banlieue, sociologiquement diff\u00e9renci\u00e9s. Nous n\u2019avons pas pris en compte le ch\u00f4mage des parents, variable dont on peut certes supposer qu\u2019elle influence les repr\u00e9sentations d\u2019avenir et les pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles des enfants, mais dont il \u00e9tait difficile, dans un questionnaire \u00e9crit succinct propos\u00e9 \u00e0 de jeunes coll\u00e9giens, d\u2019avoir des informations pr\u00e9cises, sur la dur\u00e9e en particulier. <b><br \/>\n<\/b><br \/>\nLe corpus de r\u00e9ponses que nous analyserons est constitu\u00e9 par les r\u00e9ponses, en temps libre, \u00e0 une simple question \u00e9crite ouverte: <b><i>\u00a0\u00bb quelle(s) profession(s) aimerais-tu exercer plus tard?\u00a0\u00bb<\/i><\/b>.<\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>2.2. Traitement des donn\u00e9es<\/b><\/h4>\n<p class=\"txt-j\">Il s&rsquo;effectue en trois temps:<br \/>\n<b><br \/>\nLe<\/b> <b>d\u00e9nombrement des r\u00e9ponses brutes<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Nous acceptons les \u00e9nonc\u00e9s quelle que soit leur forme verbale: substantifs d\u00e9signant des professions, abr\u00e9viations des noms de professions, verbes caract\u00e9risant l&rsquo;action essentielle de la profession, p\u00e9riphrases d\u00e9crivant cette action. Tous les sujets de notre population ont donn\u00e9 des r\u00e9ponses, et leur nombre varie de 2 \u00e0 9. On d\u00e9nombre ainsi au total 951 \u00e9nonc\u00e9s diff\u00e9rents, soit une moyenne de 4,22 r\u00e9ponses par sujet. 40 \u00e9nonc\u00e9s n&rsquo;ont cependant pas \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9s, soit parce qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas recevables comme pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles, soit parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de crit\u00e8res de choix plut\u00f4t que de pr\u00e9f\u00e9rences (\u00ab\u00a0<i>des professions s\u00fbres pour ne pas devenir ch\u00f4meuse\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0quelque chose o\u00f9 on gagne bien sa vie\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0avoir un m\u00e9tier s\u00fbr\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un m\u00e9tier pour que je puisse assurer la vie de ma famille\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0une profession o\u00f9 je peux \u00e9lever mes enfants\u00a0\u00bb etc&#8230;)<\/i>, soit parce que ces r\u00e9ponses sont des provocations adress\u00e9es aux chercheurs ou des plaisanteries (<i>\u00ab\u00a0SDF\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0clodo\u00a0\u00bb..). <\/i>Qu\u2019il soit exprim\u00e9 sur le mode s\u00e9rieux ou de la d\u00e9rision, ce type de r\u00e9ponses est probablement le signe de la pr\u00e9gnance des discours sur les risques de ch\u00f4mage. Absent lors de notre premi\u00e8re recherche qui a \u00e9t\u00e9 conduite sur le terrain entre 1980 et 1985, il serait certes int\u00e9ressant \u00e0 \u00e9tudier mais il reste h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne \u00e0 notre interrogation pr\u00e9sente.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b><br \/>\nLe regroupement s\u00e9mantique des diff\u00e9rentes formes verbales<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Sans pour autant trahir les \u00e9nonc\u00e9s r\u00e9els, cette op\u00e9ration permet une r\u00e9duction importante de la liste totale des professions. Nous classons ensuite les r\u00e9ponses en fonction de leur fr\u00e9quence. L&rsquo;examen des pr\u00e9f\u00e9rences ainsi class\u00e9es montre que le corpus des pr\u00e9f\u00e9rences des filles diff\u00e8re sensiblement de celui des gar\u00e7ons: il est quantitativement plus riche, et qualitativement diff\u00e9rent. Nous les traiterons donc d\u00e9sormais s\u00e9par\u00e9ment et nous les comparerons.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b><br \/>\nL&rsquo;analyse de similitude<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\">L&rsquo;utilisation de techniques d&rsquo;analyse factorielle, fond\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9tude des variations interindividuelles, ne nous semble pas compatible avec le traitement de donn\u00e9es dont on veut justement montrer l&rsquo;aspect consensuel. Nous avons donc choisi d&rsquo;utiliser <b>la m\u00e9thode d&rsquo;analyse de similitude <\/b>qui nous permet de mettre en \u00e9vidence la proximit\u00e9 des r\u00e9ponses recueillies \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de chaque groupe et leur structuration dont on esp\u00e8re pouvoir d\u00e9gager la signification. Cette m\u00e9thode est largement utilis\u00e9e en psychologie sociale pour l&rsquo;\u00e9tude des repr\u00e9sentations sociales (Flament, 1986, Doise, Cl\u00e9mence et Lorenzi-Cioldi, 1992). Flament d\u00e9finit la similitude de la fa\u00e7on suivante\u00a0: \u201c\u00a0On admet que deux items seront d\u2019autant plus proches dans la repr\u00e9sentation, qu\u2019un nombre d\u2019autant plus \u00e9lev\u00e9 de sujets les traitent de la m\u00eame fa\u00e7on (soit les acceptent tous les deux, soit les rejettent tous les deux)\u00a0\u00bb(Flament, 1986, p.141). Cette m\u00e9thode n&rsquo;est pas r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des repr\u00e9sentations sociales, elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en psycholinguistique et elle convient \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de co-occurrences dans les r\u00e9ponses de sujets. Dans le cas de son application \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles, on admettra donc que deux professions sont d\u2019autant plus proches dans les pr\u00e9f\u00e9rences du groupe consid\u00e9r\u00e9, qu\u2019un grand nombre de sujets choisissent ensemble ces deux professions. Autrement dit, nous cherchons \u00e0 savoir quelles professions \u00ab\u00a0vont ensemble\u00a0\u00bb parmi les choix des filles et parmi les choix des gar\u00e7ons de 6<sup>\u00e8me<\/sup> et \u00e0 comprendre le sens de ces regroupements. Nous d\u00e9crirons pas \u00e0 pas cette m\u00e9thode lorsque nous analyserons la structure des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles pour chaque sexe.<\/p>\n<p><a name=\"contenu3\"><\/a>3. R\u00e9sultats et interpr\u00e9tation<\/p>\n<h4><span class=\"txt-j\"><b>3.1. La st\u00e9r\u00e9otypie des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles<br \/>\n<\/b><br \/>\n<\/span><\/h4>\n<p class=\"txt-j\">Un bon indicateur de la tendance d&rsquo;un groupe \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer les m\u00eames professions, alors que les possibilit\u00e9s de choix sont en principe tr\u00e8s nombreuses, voire innombrables, peut \u00eatre la concentration des pr\u00e9f\u00e9rences sur un petit nombre de professions. C&rsquo;est en effet ce que nous observons: les regroupements s\u00e9mantiques r\u00e9duisent le corpus des 586 r\u00e9ponses des 119 filles \u00e0 un ensemble de 45 professions diff\u00e9rentes et celui des 325 r\u00e9ponses des 106 gar\u00e7ons \u00e0 un ensemble de 48 professions. Et quand on \u00e9tudie la fr\u00e9quence des choix re\u00e7us par chaque profession, la st\u00e9r\u00e9otypie devient \u00e9vidente: plus de 80% des choix des filles se portent sur 12 professions seulement, et plus de 80% des choix des gar\u00e7ons se portent sur 14 professions.<\/p>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6082 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_1.gif\" alt=\"dumora_tab_1\" width=\"658\" height=\"506\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Cette pr\u00e9sentation permet de visualiser la tr\u00e8s forte concentration des r\u00e9ponses sur 12 professions: 4 r\u00e9ponses sur 5 portent sur l&rsquo;une de ces 12 professions. Et par ailleurs, le retour aux protocoles montre que 9 filles sur 10 \u00e9noncent au moins une profession de cette premi\u00e8re colonne des professions pl\u00e9biscit\u00e9es.<\/p>\n<p>Chez les gar\u00e7ons, nous voyons dans le tableau suivant que les choix re\u00e7us par chaque profession diminuent r\u00e9guli\u00e8rement et qu&rsquo;on n\u2019observe pas de rupture comme chez les filles entre des professions pl\u00e9biscit\u00e9es et des professions p\u00e9riph\u00e9riques. Les gar\u00e7ons \u00e9mettent d&rsquo;ailleurs significativement moins de choix que les filles (nombre moyen de r\u00e9ponses chez les filles = 4,96, nombre moyen chez les gar\u00e7ons = 3,06, t de Student=11,92 significatif au seuil de p=.01). Ceci peut signifier soit que les filles ont une plus grande aisance verbale que les gar\u00e7ons, ce qui serait en accord avec les constats habituels sur les diff\u00e9rences gar\u00e7ons-filles \u00e0 cet \u00e2ge (Baudelot et Establet, 1992), soit qu\u2019effectivement elles sont plus enclines que les gar\u00e7ons \u00e0 cette activit\u00e9 exploratoire, ces deux explications n\u2019\u00e9tant pas exclusives l\u2019une de l\u2019autre, mais bien probablement interagissantes. Mais dans un souci de comparaison avec les filles, nous consid\u00e9rons les r\u00e9ponses correspondant aux 82,7% des choix\u00a0: elles se concentrent chez les gar\u00e7ons sur 14 professions.<\/p>\n<p align=\"center\"><b><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6083 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_2.gif\" alt=\"dumora_tab_2\" width=\"638\" height=\"631\" \/>\u00a0<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Si nous ne pouvons utiliser le substantif <b>st\u00e9r\u00e9otype<\/b> r\u00e9serv\u00e9 classiquement par la psychologie sociale aux repr\u00e9sentations des personnes, nous pouvons utiliser l\u2019adjectif pour qualifier ces pr\u00e9f\u00e9rences si agglom\u00e9r\u00e9es. Nous \u00e9cartons l&rsquo;explication cognitive de ce caract\u00e8re st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 des pr\u00e9f\u00e9rences par la seule m\u00e9connaissance du monde professionnel chez des sujets de cet \u00e2ge: le corpus des professions \u00e9voqu\u00e9es pourrait en effet permettre une plus grande dilution des pr\u00e9f\u00e9rences. D&rsquo;autre part, si la visibilit\u00e9 de certaines professions, voire leur pr\u00e9gnance, dans l&rsquo;environnement des sujets (l&rsquo;Institutrice, le Professeur, le M\u00e9decin etc&#8230;) peut expliquer certaines pr\u00e9f\u00e9rences, on ne peut l&rsquo;\u00e9voquer pour expliquer certains pl\u00e9biscites tels celui de la Pu\u00e9ricultrice, profession assez peu pr\u00e9sente et peu visible dans l&rsquo;environnement courant des adolescents, ou ceux d&rsquo;Arch\u00e9ologue, d&rsquo;Oc\u00e9anographe ou de Cosmonaute, encore que ces derni\u00e8res professions soient pr\u00e9sentes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Que les pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles soient donc pour l\u2019essentiel tr\u00e8s st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es peut se comprendre comme l\u2019effet de l\u2019adh\u00e9sion des tr\u00e8s jeunes adolescents \u00e0 certaines images et valeurs de notre soci\u00e9t\u00e9 que les discours et les m\u00e9dias diffusent &#8211; les conseillers d\u2019orientation psychologues connaissent bien dans leur pratique quotidienne l\u2019impact des reportages, des films et des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es mettant en sc\u00e8ne une profession ou une autre\u00a0! &#8211; adh\u00e9sion que la prise de distance progressive par rapport aux familles et \u00e0 leurs mod\u00e8les et l\u2019importance nouvelle accord\u00e9e aux groupes de pairs peuvent renforcer.<\/p>\n<p>Comme peut la renforcer aussi la n\u00e9cessit\u00e9 de la pens\u00e9e encore enfantine de cette p\u00e9riode de fonctionner sur des images concr\u00e8tes &#8211; gestes ou objets professionnels visibles -. En effet, nous observons que les pr\u00e9f\u00e9rences exprim\u00e9es par nos sujets, qu\u2019ils soient filles ou gar\u00e7ons, ont en commun de porter sur des professions \u00e9voquant des <b>images concr\u00e8tes<\/b>\u00a0: les <b>gestes <\/b>professionnels (soigner, enseigner, poser pour les photographes&#8230;ou photographier, conduire des engins, transporter, attraper et punir etc&#8230;) ou les <b>objets<\/b> sur lesquels portent ces professions (le b\u00e9b\u00e9, l\u2019\u00e9l\u00e8ve, le malade, l\u2019animal, le malfaiteur, les v\u00e9hicules&#8230;) sont le support privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019imaginaire professionnel de cette p\u00e9riode. Les justifications verbales de nos sujets lors de notre premi\u00e8re recherche \u00e9taient d\u2019ailleurs des descriptions quasi filmiques. Et ni nos sujets de 6<sup>\u00e8me<\/sup> de 1980, ni ceux-ci en 1995 ne choisissent de professions qui \u201c<i>\u00a0ne<\/i>\u00a0\u201d consistent \u201c<i>\u00a0qu\u2019en<\/i>\u00a0\u201d n\u00e9gociations, \u00e9tudes de dossiers, recherches solitaires, maintenance, surveillance, pr\u00e9visions, constats, calculs informatiques, analyses, conceptions, simulations etc&#8230; sinon de fa\u00e7on tr\u00e8s ponctuelle. Cette observation trouve une confirmation inattendue et une explication plausible chez Denis (1979, 1983) qui, dans une recherche sur les images mentales et par une m\u00e9thodologie toute diff\u00e9rente, montre que les professions auxquelles sont attach\u00e9s des attributs perceptifs saillants (le pompier, le boucher, le jockey&#8230;) provoquent une activit\u00e9 d\u2019imagerie mentale plus rapide, plus pr\u00e9cise, et plus riche que les professions moins \u00ab\u00a0figuratives\u00a0\u00bb (le gestionnaire, le concepteur, le conseiller&#8230;). Du point de vue pragmatique, il est bien probable que l\u2019\u00e9volution du monde du travail vers la tertiarisation (Perret et Roustang, 1995, Ettighoffer\u00a01995), voire vers la \u00ab\u00a0virtualisation\u00a0\u00bb, demandera au coll\u00e9gien plus \u00e2g\u00e9 et au lyc\u00e9en d\u2019autres modes de repr\u00e9sentation des professions\u00a0: c\u2019est bien l\u00e0 l\u2019un des probl\u00e8mes cruciaux de l\u2019information et de l\u2019orientation des adolescents.<\/p>\n<h3><b>3.2 Variables influen\u00e7ant les pr\u00e9f\u00e9rences<\/b><\/h3>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>3.2.1 Pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles et professions des parents<br \/>\n<\/b><\/h4>\n<p class=\"txt-j\">On fait l\u2019hypoth\u00e8se que le conformisme des jeunes adolescents envers des mod\u00e8les socialement valoris\u00e9s dans cette classe d\u2019\u00e2ge co\u00efncide avec une prise de distance avec les parents de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et avec leurs professions et qu&rsquo;on observera donc une large pr\u00e9dominance de pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles diff\u00e9rentes des exemples familiaux. Ceci n&rsquo;est pas une mise en question du ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00ab\u00a0reproduction\u00a0\u00bb \u00e9tudi\u00e9 par les sociologues de l&rsquo;\u00e9ducation: ce ph\u00e9nom\u00e8ne, nous l&rsquo;avons observ\u00e9 aussi, mais au niveau des choix effectifs plus tardifs dans le cursus scolaire, en 3\u00e8me notamment, et nous \u00e9tudions par ailleurs le processus de rationalisation qui accompagne le renoncement aux voies les plus valoris\u00e9es et l&rsquo;adh\u00e9sion aux choix les plus probables (Dumora et al, 1998). <b>Le conformisme des r\u00eaves professionnels<\/b> des jeunes adolescents laisse place ensuite \u00e0 <b>la \u00ab\u00a0conformisation\u00a0\u00bb aux choix prescrits<\/b> par les performances scolaires des adolescents plus \u00e2g\u00e9s. Mais revenons aux r\u00eaves de cette premi\u00e8re p\u00e9riode:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-6084 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_3.gif\" alt=\"dumora_tab_3\" width=\"622\" height=\"204\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Les pr\u00e9f\u00e9rences les plus st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es, celles de la premi\u00e8re colonne, ne viennent qu&rsquo;exceptionnellement d&rsquo;un exemple parental<b>.<\/b> En revanche, on peut consid\u00e9rer qu&rsquo;une profession sur cinq dans le deuxi\u00e8me groupe est une pr\u00e9f\u00e9rence issue de l&rsquo;environnement familial. On peut donc conclure que les pr\u00e9f\u00e9rences des adolescents de cet \u00e2ge, filles et gar\u00e7ons, en tout cas dans cette population de recherche, <b>se polarisent massivement sur un ensemble r\u00e9duit de professions ind\u00e9pendantes des mod\u00e8les familiaux<\/b>. Et ce n&rsquo;est que de fa\u00e7on p\u00e9riph\u00e9rique que les professions des p\u00e8res et\/ou des m\u00e8res viennent alimenter les pr\u00e9f\u00e9rences adolescentes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">Ce\u00a0manque d\u2019envie de s\u2019inscrire dans une continuit\u00e9 familiale,\u00a0qu\u2019un sondage r\u00e9cent confirme amplement (Achache, 1997), tient probablement \u00e0 plusieurs facteurs concourants: certes l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 des mod\u00e8les valoris\u00e9s parmi les pairs, mais aussi l\u2019\u00e9volution du syst\u00e8me scolaire qui a profond\u00e9ment brouill\u00e9 les cartes de la \u201c\u00a0reproduction\u00a0\u201d (Dubet et Martuccelli, 1998), l\u2019\u00e9volution du monde du travail vers toujours plus de tertiarisation, et enfin, plus directement perceptible par les adolescents et probablement engendr\u00e9 par les \u00e9volutions pr\u00e9c\u00e9dentes, le pessimisme des propos des parents sur leur propre travail (Dubet,1997).<\/p>\n<p class=\"txt-j\">La comparaison entre les listes des professions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es par notre population avec celle du sondage effectu\u00e9 par Achache fait d\u2019autre part appara\u00eetre un large recouvrement puisque dix des professions pl\u00e9biscit\u00e9es par nos sujets figurent parmi les seize professions les plus choisies par\u00a0la population de Achache. La pertinence de cette comparaison est cependant limit\u00e9e par la diff\u00e9rence entre les deux m\u00e9thodes,\u00a0celle de Achache proposant une liste de professions a priori, et ne distinguant pas les choix des gar\u00e7ons et des filles.<\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b><br \/>\n3.2.2. Pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles et coll\u00e8ge d\u2019origine<\/b><\/h4>\n<p>L\u2019appartenance \u00e0 un coll\u00e8ge influence-t-elle l\u2019adh\u00e9sion aux professions pl\u00e9biscit\u00e9es par la population\u00a0?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: center;\" align=\"CENTER\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6085 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_4.gif\" alt=\"dumora_tab_4\" width=\"637\" height=\"164\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\">C\u2019est dans le coll\u00e8ge 2, de recrutement moyen, que les filles adh\u00e8rent le plus massivement aux mod\u00e8les pris\u00e9s par cette population. Certes c\u2019est bien dans les milieux socio-culturels moyens, et surtout chez les filles, que l\u2019investissement de l\u2019\u00e9cole comme moyen d\u2019arriver \u00e0 des dipl\u00f4mes utiles socialement est le plus important (Dubet, 1997)\u00a0: la disponibilit\u00e9 de ces sujets pour cette activit\u00e9 sollicit\u00e9e dans le cadre scolaire est donc peut-\u00eatre plus importante. Mais cette valorisation de l&rsquo;\u00e9cole n&rsquo;explique pas la centration quasi exclusive de leurs r\u00e9ponses sur les professions pl\u00e9biscit\u00e9es par leur groupe d&rsquo;\u00e2ge. Sont-elles fascin\u00e9es plus que les autres par les mod\u00e8les prestigieux de la r\u00e9ussite sociale\u00a0inhabituels dans leur environnement familial? Cette explication trouverait son corollaire dans le fait que ce sont les filles du coll\u00e8ge 3, plut\u00f4t favoris\u00e9, qui donnent le moins de r\u00e9ponses de ce type\u00a0: ce sont elles en effet qui semblent le moins fascin\u00e9es par les professions pl\u00e9biscit\u00e9es (encore que m\u00eame chez elles plus de 70% les choisissent\u00a0!) et surtout elles empruntent plus facilement que les autres leurs pr\u00e9f\u00e9rences aux professions parentales plus prestigieuses.<\/p>\n<p>On ne retrouve pas ces r\u00e9sultats chez les gar\u00e7ons\u00a0: les diff\u00e9rences entre coll\u00e8ges ne sont pas significatives.<\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>Pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles et sexe<br \/>\n<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_5.gif\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6086 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_5.gif\" alt=\"dumora_tab_5\" width=\"646\" height=\"299\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Ce tableau est consonant, pour la majorit\u00e9 des professions pr\u00e9sentes, avec l\u2019axe de masculinit\u00e9-f\u00e9minit\u00e9 de la carte cognitive de Gottfredson, \u00e0 ceci pr\u00e8s que nous avons une classification plus grossi\u00e8re que la sienne qui se fait le long d\u2019un axe gradu\u00e9. Ces constats sont d\u2019ailleurs aussi en consonance avec les travaux relatifs aux choix adolescents plus tardifs (Krumboltz, 1979, Wach et al, 1992, Guichard, 1993, Duru-Bellat, 1995).<\/p>\n<p class=\"txt-j\">Il nous para\u00eet int\u00e9ressant maintenant de d\u00e9passer le constat r\u00e9current<b> d\u2019une diff\u00e9renciation th\u00e9matique <\/b>pour \u00e9tudier plut\u00f4t<b> la diff\u00e9renciation structurelle <\/b>de l&rsquo;univers des pr\u00e9f\u00e9rences f\u00e9minines et masculines.<\/p>\n<h3 class=\"txt-j\"><b>3.3. La structure de l&rsquo;univers des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles<br \/>\n<\/b><\/h3>\n<h4><span class=\"txt-j\"><b>Etape 1: construction de la matrice des co-occurrences<\/b><\/span><\/h4>\n<p><span class=\"txt-j\">Nous faisons l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;existence d&rsquo;une structure, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une organisation ordonn\u00e9e des pr\u00e9f\u00e9rences diff\u00e9rente d&rsquo;une r\u00e9partition al\u00e9atoire. Une premi\u00e8re lecture des protocoles montre ainsi que les filles qui choisissent Institutrice choisissent aussi tr\u00e8s souvent Professeur et que les gar\u00e7ons qui choisissent Pilote choisissent aussi tr\u00e8s souvent Sportif. D&rsquo;autres professions sont au contraire disjointes dans les pr\u00e9f\u00e9rences: Mannequin et Arch\u00e9ologue ne font l&rsquo;objet d&rsquo;aucun double choix chez les filles comme Cosmonaute et V\u00e9t\u00e9rinaire chez les gar\u00e7ons. On doit donc proc\u00e9der au d\u00e9nombrement un peu fastidieux de toutes les paires dans les r\u00e9ponses des sujets et construire la matrice des co-occurrences. C&rsquo;est un tableau \u00e0 double entr\u00e9e o\u00f9 sont inscrites, en abscisse et en ordonn\u00e9e, les 12 professions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es par les filles (les 14 par les gar\u00e7ons), ce qui permet de faire appara\u00eetre les liaisons entre toutes les paires possibles rep\u00e9r\u00e9es dans les protocoles. On voit dans les tableaux suivants que le nombre de co-occurrences entre deux professions va de 38 \u00e0 0 chez les filles, de 25 \u00e0 0 chez les gar\u00e7ons, dessinant ainsi une courbe en J consid\u00e9r\u00e9e comme la caract\u00e9ristique statistique de l&rsquo;existence de st\u00e9r\u00e9otypes (Verg\u00e8s, 1994).<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_6.gif\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6087\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_6.gif\" alt=\"dumora_tab_6\" width=\"456\" height=\"403\" \/><\/a><\/p>\n<p><span class=\"txt-j\"><br \/>\nLecture du tableau:<\/span><\/p>\n<p><span class=\"txt-j\">Les nombres de 1 \u00e0 12 correspondent aux professions les plus choisies par les filles<br \/>\n&#8211; cellule 1-2 : 8 sujets ont choisi en m\u00eame temps la profession 1 V\u00e9t\u00e9rinaire et la profession 2 Professeur<br \/>\n&#8211; cellule 2-5: 38 sujets ont choisi en m\u00eame temps la profession 2 Professeur et la profession 5 Institutrice.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"CENTER\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6088\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_7.gif\" alt=\"dumora_tab_7\" width=\"561\" height=\"443\" \/><\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>Etape 2: Calcul de la force de la liaison de chaque paire de professions.<br \/>\n<\/b><br \/>\nElle est donn\u00e9e par un indice de similitude, qui, comme son nom ne l&rsquo;indique pas avec assez de clart\u00e9, d\u00e9signe la proximit\u00e9 entre deux \u00e9l\u00e9ments dans la repr\u00e9sentation, et donc la probabilit\u00e9 de leur \u00e9vocation simultan\u00e9e. Cet indice est utilis\u00e9 par la plupart des auteurs travaillant sur la structure des repr\u00e9sentations sociales. Nous choisissons l\u2019indice de Jaccard parce qu\u2019il est ind\u00e9pendant de la simple fr\u00e9quence des r\u00e9ponses (Doise et al., 1992, Castra, 1995): il nous permet donc de voir la proximit\u00e9 entre les professions prises deux par deux (tableau 8) et de rep\u00e9rer ainsi les paires les plus fortement li\u00e9es, ce qui est d\u00e9j\u00e0 une information sur la structuration de l&rsquo;univers des pr\u00e9f\u00e9rences (tableau 9).<\/h4>\n<p class=\"txt-j\"><b><br \/>\nnombre de co-occurrences entre deux professions<br \/>\nI j = &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nnombre de sujets ayant choisi au moins l\u2019une des deux professions<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6089 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_8-9.gif\" alt=\"dumora_tab_8-9\" width=\"616\" height=\"725\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\" align=\"CENTER\"><b><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6090\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_tab_10-11.gif\" alt=\"dumora_tab_10-11\" width=\"643\" height=\"748\" \/><br \/>\n<\/b><\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>Etape 3: Construction des arbres de similitude<\/b><\/h4>\n<p class=\"txt-j\">C&rsquo;est la repr\u00e9sentation graphique des choix o\u00f9 les sommets sont les professions dont nous connaissons la fr\u00e9quence, et o\u00f9 les ar\u00eates sont les liaisons entre les professions dont la force a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e par l&rsquo;indice de similitude. L&rsquo;arbre maximum de similitude est celui dont la somme des ar\u00eates est maximum: pour le construire, on ne garde, pour chaque triade de professions, que les deux liaisons les plus fortes, la troisi\u00e8me n\u2019appara\u00eet donc pas sur le graphe (Doise, Cl\u00e9mence et Lorenzi-Cioldi, 1992). L&rsquo;arbre maximum de similitude fait ainsi appara\u00eetre les \u00ab\u00a0cha\u00eenes\u00a0\u00bb de pr\u00e9f\u00e9rences et les p\u00f4les de cristallisation des choix auxquels le chercheur peut donner du sens en examinant les professions impliqu\u00e9es dans ces cha\u00eenes et ces p\u00f4les.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" align=\"CENTER\"><b>Figure 12. Arbre maximum de similitude chez les filles<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6091 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_fig_12.gif\" alt=\"dumora_fig_12\" width=\"450\" height=\"306\" \/><\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>Qu&rsquo;observe-t-on chez les filles ?<\/b><\/h4>\n<p class=\"txt-j\"><b>L&rsquo;existence de p\u00f4les <\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Le regroupement des professions tel qu&rsquo;il se pr\u00e9sente dans les r\u00e9ponses des filles appara\u00eet effectivement ordonn\u00e9 et le chercheur n&rsquo;a pas de peine \u00e0 identifier et \u00e0 caract\u00e9riser les p\u00f4les mis en \u00e9vidence. Le plus facile \u00e0 interpr\u00e9ter est celui qui regroupe tr\u00e8s logiquement autour de Pu\u00e9ricultrice les professions de V\u00e9t\u00e9rinaire, M\u00e9decin, et Infirmi\u00e8re : il s\u2019agit de professions de soin, soin \u00e9tant entendu au sens large puisque donn\u00e9 aux malades, aux petits enfants ou aux animaux. Le deuxi\u00e8me regroupement, autour de Institutrice et Professeur comprend les professions de Journaliste et Arch\u00e9ologue, et il peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme celui des professions intellectuelles, o\u00f9 dominent l&rsquo;enseignement, Professeur et Institutrice \u00e9tant \u00e0 la fois parmi les professions les plus fr\u00e9quemment choisies (Professeur est en rang 1 et est choisi par pr\u00e8s d\u2019une fille sur 2, Institutrice en rang 4), et les plus fortement li\u00e9es (.65). Le troisi\u00e8me p\u00f4le rep\u00e9rable regroupe Mannequin, Actrice, H\u00f4tesse de l\u2019air et Dessinatrice. Cette derni\u00e8re profession est une cat\u00e9gorie g\u00e9n\u00e9rale choisie pour classer les r\u00e9ponses <i>styliste, cr\u00e9atrice de mode, dessinatrice de robes<\/i>, et \u00ab\u00a0<i>une profession dans le dessin<\/i>\u00a0\u00bb et on aurait pu s\u2019attendre a priori \u00e0 la voir plus li\u00e9e qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est (.14) \u00e0 Mannequin, \u00e9tant donn\u00e9 leur contigu\u00eft\u00e9 r\u00e9elle. Mais son rapprochement de H\u00f4tesse de l&rsquo;air nous autorise \u00e0 interpr\u00e9ter ce regroupement comme celui de la s\u00e9duction f\u00e9minine.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>L&rsquo;existence de cha\u00eenes significatives:<\/b><\/p>\n<p class=\"txt-j\">La cha\u00eene Pu\u00e9ricultrice-Institutrice-Professeur est remarquable car elle est en quelque sorte d\u00e9veloppementale et assure quasi-chronologiquement le passage entre le p\u00f4le Soin, la pu\u00e9ricultrice intervenant aupr\u00e8s du nourrisson, et le p\u00f4le Enseignement, l&rsquo;institutrice intervenant aupr\u00e8s de l\u2019enfant et le professeur aupr\u00e8s de l\u2019adolescent. Dans une m\u00e9taphore de couturi\u00e8re, on pourrait dire que cette cha\u00eene des professions de l&rsquo;Enfance est bien plut\u00f4t une trame sur laquelle vient se tisser une grande partie des choix des filles. La liaison Journaliste-Actrice assure le passage entre les professions intellectuelles et le bloc S\u00e9duction: on peut supposer que c&rsquo;est l&rsquo;aspect informatif du journalisme qui permet la transition avec le premier bloc et l&rsquo;aspect m\u00e9diatique avec le deuxi\u00e8me.<\/p>\n<h4 class=\"txt-j\"><b>Figure 13: Arbre maximum de similitude chez les gar\u00e7ons<\/b><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6092 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/dumora_fig_13.gif\" alt=\"dumora_fig_13\" width=\"450\" height=\"306\" \/><\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>Qu\u2019observe-t-on chez les gar\u00e7ons\u00a0?<\/b><\/p>\n<p><b>L&rsquo;existence de p\u00f4les<br \/>\n<\/b><br \/>\nOn observe une polarisation comparable autour de trois blocs : le plus simple \u00e0 interpr\u00e9ter est le bloc V\u00e9t\u00e9rinaire-Humanitaire-M\u00e9decin clairement identifi\u00e9 comme un p\u00f4le de <b>Soin<\/b> que nous pouvons rapprocher de celui des filles. Appara\u00eet aussi un p\u00f4le <b>Recherche-Enseignement<\/b> que l\u2019on peut aussi rapprocher th\u00e9matiquement de celui des filles\u00a0: cependant chez les gar\u00e7ons, ce p\u00f4le est plut\u00f4t domin\u00e9 par la Recherche, et peut-\u00eatre l\u2019aventure avant la recherche scientifique. La profession de Professeur, 1<sup>\u00e8re<\/sup> chez les filles, ne re\u00e7oit que 10 choix, ce qui la rel\u00e8gue chez les gar\u00e7ons au rang 11. Les deux p\u00f4les Soin et Recherche sont reli\u00e9s par les professions de l&rsquo;Environnement interpr\u00e9tables \u00e0 la fois comme Soin \u00e0 la nature et comme profession de Recherche. Enfin, on observe un regroupement plus distendu de professions o\u00f9 semblent dominer <b>le Sport et l\u2019Action<\/b>. Le Journaliste, rattach\u00e9 chez les filles \u00e0 Actrice et Professeur est ici li\u00e9 tr\u00e8s fortement \u00e0 Pilote dont il est cens\u00e9 partager l\u2019action et les voyages et moins fortement \u00e0 Photographe avec qui il est associ\u00e9 dans cette action. Les deux secteurs Humanitaire et Environnement, qui recouvrent de tr\u00e8s nombreuses formulations aussi id\u00e9alistes que fantaisistes ( par exemple, <i>travailler pour sauver les enfants africains<\/i> pour l&rsquo;un, ou <i>sauver les for\u00eats en voie de disparition<\/i> pour l&rsquo;autre), sont reli\u00e9s, de fa\u00e7on tr\u00e8s logique, le premier au p\u00f4le Soin et Action, le deuxi\u00e8me au p\u00f4le Soin et Recherche-Enseignement.<\/p>\n<p><b>l&rsquo;absence de cha\u00eenes significatives comparables \u00e0 celles des filles<br \/>\n<\/b><br \/>\nLa cha\u00eene la plus centrale est celle qui relie Pilote \u00e0 Sportif, les deux professions les plus fr\u00e9quentes, mais leur lien est moins fort que celui qui unit les professions de l&rsquo;enfance chez les filles. Certes on peut rep\u00e9rer des p\u00f4les de sens, mais pour reprendre notre m\u00e9taphore de couturi\u00e8re, <b>la structure des pr\u00e9f\u00e9rences des gar\u00e7ons appara\u00eet plus effiloch\u00e9e: leurs pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles sont \u00e0 la fois moins nombreuses et moins hi\u00e9rarchis\u00e9es.<\/b><\/p>\n<h3 class=\"txt-j\"><b>3.4. Comparaisons<\/b><\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\"><b>Comparons ces r\u00e9sultats \u00e0 des donn\u00e9es plus anciennes, puis plus r\u00e9centes.<\/b> Les pr\u00e9f\u00e9rences que nous venons d&rsquo;\u00e9tudier sont tr\u00e8s proches de celles des \u00e9l\u00e8ves de 6\u00e8me de notre premi\u00e8re recherche, interview\u00e9s en 1980-1981. On retrouve les m\u00eames professions avec quelques diff\u00e9rences dans les fr\u00e9quences: la profession de V\u00e9t\u00e9rinaire qui est la plus fr\u00e9quemment choisie est nouvelle par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de 1980 o\u00f9 elle n&rsquo;apparaissait qu\u2019une fois. Le p\u00f4le Enseignement est aussi plus net qu\u2019en 1980: lorsque l&rsquo;item Institutrice \u00e9tait choisi, \u00e0 cette \u00e9poque, les \u00e9l\u00e8ves pr\u00e9cisaient la plupart du temps \u00ab\u00a0institutrice en maternelle\u00a0\u00bb, ce qui le rapprochait encore plus de la pu\u00e9riculture, et Professeur, choisi ici en rang 1 ex-aequo avec V\u00e9t\u00e9rinaire, \u00e9tait p\u00e9riph\u00e9rique en 1980. Mais cette tendance au changement reste donc tr\u00e8s limit\u00e9e, puisque persistent les m\u00eames concentrations de r\u00e9ponses. Plus r\u00e9cente et avec une m\u00e9thodologie diff\u00e9rente &#8211; \u00e9chelle de type Likert relative \u00e0 une liste a priori de 50 professions -, la recherche de Marvaud (1998) aboutit, pour les filles de 6\u00e8me, \u00e0 un classement \u00e9galement tr\u00e8s proche puisque les scores les plus forts qu&rsquo;elles attribuent vont aux m\u00eames douze professions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es par nos sujets auxquelles elles ajoutent Photographe et Avocate, deux professions qui ne sont que p\u00e9riph\u00e9riques ici. Plut\u00f4t que le changement, c&rsquo;est bien la permanence des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles des filles de 6\u00e8me de diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations qu&rsquo;il faut signaler. Et ceci malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9volution des r\u00f4les sociaux des hommes et des femmes, et l&rsquo;ouverture de certaines professions traditionnellement masculines aux filles des g\u00e9n\u00e9rations actuelles. Les pr\u00e9f\u00e9rences que nous avons observ\u00e9es tant en 1980 qu&rsquo;en 1995, et les plus r\u00e9centes de Marvaud, ob\u00e9issent aux st\u00e9r\u00e9otypes sexuels les plus traditionnels: ces st\u00e9r\u00e9otypes ont \u00e9t\u00e9 abondamment \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 plusieurs niveaux du syst\u00e8me \u00e9ducatif ( Wach et al, 1992, Duru-Bellat, 1995) et on sait que cette cat\u00e9gorisation des sexes, ou \u00ab\u00a0sch\u00e9ma de genre\u00a0\u00bb, se constitue progressivement par l&rsquo;int\u00e9riorisation d&rsquo;images, de mod\u00e8les et de discours environnants, et par les pratiques aussi bien familiales que scolaires et ludiques et qu&rsquo;elle est renforc\u00e9e d&rsquo;une certaine fa\u00e7on par les personnages et les h\u00e9ros des m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;en est-il chez les gar\u00e7ons? Si on revient aux donn\u00e9es de 1980, on observe que les p\u00f4les Soin et Action y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9rables. Le p\u00f4le Enseignement-Recherche est plus net qu&rsquo;il ne l&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Enfin apparaissent aujourd&rsquo;hui deux secteurs professionnels tout \u00e0 fait absents en 1980 : l&rsquo;Humanitaire et l&rsquo;Environnement, deux secteurs tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s dans les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Dans la recherche de Marvaud, qui rappelons-le propose une liste de professions, on retrouve les m\u00eames pr\u00e9f\u00e9rences mais avec des \u00e9valuations plus nuanc\u00e9es et surtout les gar\u00e7ons \u00e9valuent tr\u00e8s positivement de nombreuses professions qui sont p\u00e9riph\u00e9riques dans le corpus spontan\u00e9 de nos propres sujets: ils donnent ainsi un score maximum \u00e0 Pompier, Ing\u00e9nieur, Informaticien, Electronicien. Mais le Sportif de haut niveau et le Pilote restent les professions favorites.<\/p>\n<p><b>Comparons maintenant ces r\u00e9sultats avec ceux d&rsquo;adolescents plus \u00e2g\u00e9s.<\/b> Nous avons proc\u00e9d\u00e9 au m\u00eame recueil m\u00e9thodologique de donn\u00e9es par question \u00e9crite ouverte, \u00e0 des \u00e2ges ult\u00e9rieurs, 5\u00e8me, 4\u00e8me et 3\u00e8me, mais les donn\u00e9es ne se pr\u00eatent plus \u00e0 ce traitement des co-occurrences pour une raison simple: les sujets ne donnent la plupart du temps qu&rsquo;une seule r\u00e9ponse. Les injonctions institutionnelles relatives \u00e0 l&rsquo;orientation en fin de coll\u00e8ge et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9laborer un projet semblent avoir raison de l&rsquo;exploration gratuite du monde professionnel \u00e0 laquelle se livrent les \u00e9l\u00e8ves plus jeunes. Leur jeu imaginaire gratuit se transforme progressivement, et peut-\u00eatre pr\u00e9matur\u00e9ment, en une pr\u00e9occupation s\u00e9rieuse prise en charge par les \u00e9quipes \u00e9ducatives. Mais si on leur propose, comme l&rsquo;a fait Marvaud en 3\u00e8me et en Terminale, une liste de professions \u00e0 \u00e9valuer en fonction de leur attrait, une analyse des scores aboutit \u00e0 la conclusion que <b>les filles maintiennent toujours \u00e0 un tr\u00e8s haut niveau d&rsquo;\u00e9valuation les professions de l&rsquo;enfance<\/b>, notamment Institutrice et Pu\u00e9ricultrice, auxquelles s&rsquo;agr\u00e8gent des professions p\u00e9dagogiques ou m\u00e9dico-sociales telles que Educatrice sp\u00e9cialis\u00e9e, Assistante sociale, Sage-femme, ou Psychologue, \u00e9galement tr\u00e8s pris\u00e9es. En revanche, elles renoncent largement aux pr\u00e9f\u00e9rences ant\u00e9rieures du p\u00f4le m\u00e9diatique et des r\u00eaves de s\u00e9duction et elles adh\u00e8rent \u00e0 des secteurs plus diversifi\u00e9s qui d\u00e9pendent en Terminale de la fili\u00e8re dans laquelle elles sont scolaris\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">Chez les gar\u00e7ons, seule la profession de Pilote r\u00e9siste au temps, en t\u00eate de l&rsquo;\u00e9valuation, y compris en Terminale. Les autres r\u00e9sultats t\u00e9moignent de l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 de nouvelles hi\u00e9rarchies o\u00f9 dominent certaines figures, celles de l&rsquo;ing\u00e9nieur et du chercheur, ou certains secteurs, l&rsquo;informatique et l&rsquo;\u00e9lectronique, les valorisations d\u00e9pendant, comme chez les filles, de leur fili\u00e8re scolaire.<\/p>\n<h3><b><a name=\"contenu4\"><\/a><span class=\"s-titre\">Conclusion<\/span><\/b><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"txt-j\">Les deux arbres maximum de similitude exhibent le conformisme des pr\u00e9f\u00e9rences et confirment la structuration des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles. Ce conformisme, les jeunes adolescents le partagent quel que soit leur milieu d&rsquo;origine: les professions des parents n&rsquo;interviennent pratiquement pas dans les pr\u00e9f\u00e9rences, si ce n&rsquo;est dans les professions p\u00e9riph\u00e9riques, et plut\u00f4t chez les sujets de milieu favoris\u00e9, professions p\u00e9riph\u00e9riques qui n&rsquo;apparaissent pas dans les arbres de similitude. Parce qu&rsquo;ils sont encore unis dans un m\u00eame statut scolaire et qu&rsquo;ils sont loin en 6<sup>\u00e8me<\/sup> des \u00e9ch\u00e9ances effectives de l&rsquo;orientation, ces jeunes adolescents expriment peu leurs diff\u00e9rences sociales dont on verra pourtant tr\u00e8s vite combien elles sont agissantes dans les pr\u00e9f\u00e9rences ult\u00e9rieures. Ce qu&rsquo;ils expriment est bien un imaginaire professionnel, mais un imaginaire sans imagination pourrait-on dire, st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9, sexu\u00e9 et peu confront\u00e9 aux exigences de la r\u00e9alit\u00e9. Ce conformisme polarise les pr\u00e9f\u00e9rences d\u2019une part sur des valeurs ambiantes tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9es, la c\u00e9l\u00e9bration des h\u00e9ros sportifs, de la mode et du spectacle et d&rsquo;autre part, sur les valeurs altruistes du Soin ou de la petite enfance, traditionnellement attractives chez les filles et dont on voit ici un certain \u00e9quivalent masculin avec les professions humanitaires et \u00e9cologiques \u00e9galement tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9es par ailleurs.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p class=\"txt-j\">L&rsquo;\u00e2ge et la r\u00e9alit\u00e9 scolaire de l&rsquo;orientation modifient certes ces st\u00e9r\u00e9otypes, et plus chez les gar\u00e7ons que chez les filles. Les pr\u00e9f\u00e9rences des gar\u00e7ons, moins fortement crisp\u00e9es sur leur structure, apparaissent plus labiles et plus sensibles au contexte et aux informations ext\u00e9rieures. Chez les filles, la cha\u00eene des professions de l&rsquo;Enfance semble tenir l&rsquo;univers des pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles et assurer la fonction de noyau central de la repr\u00e9sentation dont les psychologues sociaux ont \u00e9labor\u00e9 la th\u00e9orie, notamment Abric (1994): dans une conception structurale des repr\u00e9sentations sociales, Abric sugg\u00e8re que la repr\u00e9sentation est organis\u00e9e autour d&rsquo;un noyau central dont la fonction est structurante et qui g\u00e8re le sens de l&rsquo;ensemble des \u00e9l\u00e9ments de la repr\u00e9sentation. Le noyau central est stable, il r\u00e9siste au changement et ses \u00e9l\u00e9ments sont collectivement partag\u00e9s. Et plus la structure est hi\u00e9rarchis\u00e9e, plus le noyau central est organisateur, r\u00e9sistant et prescripteur des conduites. Les \u00e9l\u00e9ments p\u00e9riph\u00e9riques sont plus souples, plus sensibles aux influences ext\u00e9rieures et aux \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;une histoire personnelle. Chez les filles donc, la cha\u00eene des professions de l&rsquo;Enfance, dont on peut penser qu&rsquo;elle est \u00e0 la fois psychologiquement construite dans les processus complexes d&rsquo;identification et socialement renforc\u00e9e dans les interactions, les jeux et les discours familiaux et scolaires, et dont on voit qu&rsquo;elle r\u00e9siste au contexte, explique peut-\u00eatre la p\u00e9rennit\u00e9 des pr\u00e9f\u00e9rences f\u00e9minines.<\/p>\n<p><span class=\"txt-j\">D&rsquo;autre part, que les pr\u00e9f\u00e9rences soient prestigieuses \u00e0 cette p\u00e9riode initiant le processus adolescent peut se comprendre comme n\u00e9cessaire \u00e0 la construction de l\u2019identit\u00e9 et d\u2019une estime de Soi autonome, et au maintien des images id\u00e9ales de soi gratifiantes dans un contexte psychologique d&rsquo;incertitude. L\u2019irruption de la r\u00e9alit\u00e9 scolaire, par la diff\u00e9renciation des niveaux de r\u00e9ussite, se chargera de diff\u00e9rencier aussi les pr\u00e9f\u00e9rences professionnelles, ce qui conduira progressivement la plupart des adolescents des images id\u00e9ales \u00e0 l\u2019examen des possibles &#8211; ou, pour le dire avec d&rsquo;autres mots, du principe de plaisir au principe de r\u00e9alit\u00e9 &#8211; et sauf \u00e0 \u00eatre dans une logique d\u2019excellence o\u00f9 co\u00efncident aspirations id\u00e9ales et possibilit\u00e9s scolaires d\u2019accomplissement, c\u2019est une logique r\u00e9aliste qui se mettra en place, avec ses renoncements et ses rationalisations. <\/span><br \/>\n<!--fin texte --><\/p>\n<hr align=\"left\" width=\"33%\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--debut auteur --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><span class=\"txt-j\"><a name=\"auteur\"><\/a><\/span>Auteur<\/h3>\n<p><span class=\"txt-j\"> Bernadette Dumora est Ma\u00eetre de Conf\u00e9rences en Psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Victor-Segalen, Bordeaux 2 et Directrice de recherches en psychologie de l\u2019orientation au sein du Laboratoire de Psychologie de l\u2019Orientation \u00e0 l\u2019Institut National d\u2019\u00c9tude du travail et d\u2019Orientation Professionnelle (I.N.E.T.O.P.) \u00e0 Paris.<\/span><\/p>\n<p>Courriel: <a href=\"mailto:dumora@aol.com\"><u>dumora@aol.com<\/u><\/a><\/p>\n<p><!--debut notes --><\/p>\n<h3 class=\"s-titre\"><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<blockquote>\n<ol>\n<li class=\"txt-nj\"><span style=\"font-size: small;\">Ce texte est paru dans <i>Carri\u00e9rologie<\/i>, volume 7, no. 1-2, 1998.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/blockquote>\n<p><!--debut references --><\/p>\n<h3><a name=\"references\"><\/a><span class=\"s-titre\">R\u00e9f\u00e9rences<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"txt-nj\">ABRIC, J.C. 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