{"id":6044,"date":"2002-11-21T04:05:33","date_gmt":"2002-11-21T03:05:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/?p=6044"},"modified":"2016-01-28T16:52:25","modified_gmt":"2016-01-28T15:52:25","slug":"recensions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/index.php\/2002\/recensions\/","title":{"rendered":"Recensions"},"content":{"rendered":"<p class=\"txt-j\"><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Bruno_Bourassa-18-30.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6047\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Bruno_Bourassa-18-30-197x300.jpg\" alt=\"Genevieve_Fournier_et_Bruno_Bourassa-18-30\" width=\"197\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Bruno_Bourassa-18-30-197x300.jpg 197w, https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Bruno_Bourassa-18-30.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2002\/11\/volume08_3-4_21_recensions.pdf\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-5882 size-full\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2001\/07\/PDF.png\" alt=\"Version PDF\" width=\"50\" height=\"50\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>Genevi\u00e8ve Fournier et Bruno Bourassa <\/b>(sous la direction de)<b> <\/b><i><b><br \/>\n<\/b><i>Les 18 \u00e0 30 ans et le march\u00e9 du travail. Quand la marge devient la norme&#8230;<\/i><\/i><br \/>\nQu\u00e9bec: Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval, 2000.<br \/>\n286 pages, ISBN: 2-7637-7737-6, 27,00$<br \/>\nLes Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.ulaval.ca\/pul\/\"><u>http:\/\/www.ulaval.ca\/pul\/<\/u><\/a><\/p>\n<p class=\"txt-j\">Paru \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 2000 aux Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval, ce volume de 286 pages regroupe les contributions de 14 sp\u00e9cialistes sur la question du difficile rapport au travail des jeunes adultes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Les neuf premiers textes sont issus de communications pr\u00e9sent\u00e9es en mai 1998 au 66\u00e8me congr\u00e8s annuel de l&rsquo;Association canadienne-fran\u00e7aise pour l&rsquo;avancement des sciences, dans le cadre d&rsquo;un colloque. Les deux derniers jettent un regard critique sur l&rsquo;ensemble du recueil et analysent les r\u00e9flexions pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 partir de points de vue particuliers. Signalons que plus de la moiti\u00e9 des auteurs et auteures sont rattach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Laval. Les autres viennent de diff\u00e9rents horizons de recherche ou, plus rarement, de milieux d&rsquo;intervention.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">Il n&rsquo;est pas facile de r\u00e9sumer un ouvrage de ce genre sans trahir la pens\u00e9e des diff\u00e9rentes personnes qui y ont contribu\u00e9, en raison de la densit\u00e9 et de la diversit\u00e9 des textes qui le composent. Pour les besoins de cette pr\u00e9sentation, cependant, il nous fallait courir ce risque. Nous nous limiterons \u00e0 pr\u00e9ciser la nature des r\u00e9flexions expos\u00e9es dans ces textes, sans en d\u00e9tailler tout le contenu, en tentant surtout de refl\u00e9ter ce qui nous a sembl\u00e9 constituer l&rsquo;originalit\u00e9 des apports de chacun et en esp\u00e9rant ne pas avoir trop d\u00e9form\u00e9 les propos originaux.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">L&rsquo;ouvrage est divis\u00e9 en quatre parties comportant de un \u00e0 quatre chapitres.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans la partie 1 (Probl\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale) qui forme aussi le premier chapitre, Genevi\u00e8ve Fournier et Bruno Bourassa exposent la probl\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale qui fait l&rsquo;objet du recueil. Dans ce premier chapitre intitul\u00e9 \u00abLe travail des 18 \u00e0 30 ans: vers une nouvelle norme\u00bb, ils analysent diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments du probl\u00e8me pour en faire ressortir l&rsquo;interrogation centrale: la normalit\u00e9 d&rsquo;autrefois, dans l&rsquo;insertion professionnelle des jeunes adultes, est-elle devenue aujourd&rsquo;hui marginale? La transformation de monde du travail, la multiplication des emplois atypiques et pr\u00e9caires, les difficult\u00e9s \u00e0 se tailler une place satisfaisante dans la soci\u00e9t\u00e9 travaillante, allant cependant de pair avec la conservation de l&rsquo;id\u00e9al du travail permanent \u00e0 temps plein, qui semble toujours d&rsquo;actualit\u00e9 chez nombre de jeunes adultes, creusent l&rsquo;\u00e9cart entre la r\u00e9alit\u00e9 et les attentes. De plus en plus de jeunes adultes semblent se retrouver dans ce qui \u00e9tait autrefois un rapport marginal au march\u00e9 du travail. Les signataires du texte s&rsquo;interrogent, entre autres, sur les modifications \u00e0 apporter dans la fa\u00e7on d&rsquo;envisager l&rsquo;insertion sociale et professionnelle, et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de red\u00e9finir le rapport au travail, notamment par rapport \u00e0 ce qui est \u00a0\u00bb normal \u00a0\u00bb et \u00e0 ce qui est \u00a0\u00bb marginal \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">La partie 2 (Jeunes et travail: nouveaux parcours, nouvelles recherches) est form\u00e9e des textes de Claude Trottier, Madeleine Gauthier et Jos\u00e9 Rose.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 2, de Trottier, a pour sujet \u00abLe rapport au travail et l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un emploi stable \u00e0 temps plein, li\u00e9 \u00e0 la formation; vers l&rsquo;\u00e9mergence de nouvelles normes\u00bb. Trottier att\u00e9nue un peu le pessimisme qui se d\u00e9gage des propos des auteurs pr\u00e9c\u00e9dents alors qu&rsquo;il rapporte la situation de jeunes un peu plus favoris\u00e9s que les autres \u00e0 cause de leur formation. Son texte traite en effet plus sp\u00e9cifiquement du rapport de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s universitaires au travail id\u00e9al: l&#8217;emploi temps plein, permanent, correspondant \u00e0 sa formation. Id\u00e9al auquel parvient d&rsquo;ailleurs une proportion non n\u00e9gligeable de dipl\u00f4m\u00e9s universitaires. Trottier montre que le travail garde, pour ces jeunes, une grande importance. Cependant, il d\u00e9crit le caract\u00e8re relatif que semblent actuellement prendre maintenant les expressions \u00a0\u00bb travail permanent \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb travail correspondant \u00e0 sa formation \u00a0\u00bb Ainsi, il se d\u00e9velopperait une nouvelle repr\u00e9sentation de la permanence, non plus celle d&rsquo;une emploi en particulier, mais celle de la pr\u00e9sence de l&rsquo;individu sur le march\u00e9 du travail, entra\u00eenant une nouvelle vision de la pr\u00e9carit\u00e9. En outre, la relation entre la formation et l&#8217;emploi varierait selon les individus et se construirait avec l&rsquo;exp\u00e9rience plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre donn\u00e9e au d\u00e9part. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ce texte am\u00e8ne un \u00e9clairage diff\u00e9rent sur la situation des dipl\u00f4m\u00e9s universitaires et permet de relativiser le rapport de ces jeunes \u00e0 la norme, sans pour autant en nier les difficult\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le chapitre 3, (L&rsquo;insertion professionnelle des jeunes, au coeur d&rsquo;une nouvelle d\u00e9finition du centre et de la marge), Gauthier soul\u00e8ve aussi la question de savoir o\u00f9 est la norme et o\u00f9 est la marginalit\u00e9 et met en \u00e9vidence les constants changements qui redessinent les contours des pratiques d&rsquo;insertion des jeunes adultes et d\u00e9finissent la marginalit\u00e9. S&rsquo;appuyant sur diff\u00e9rentes observations \u00e0 caract\u00e8re historique, elle montre comment la marge se cr\u00e9e et se transforme, non seulement sous l&rsquo;effet de l\u2019\u00e9volution du travail et des structures sociales, mais aussi parfois avec la complicit\u00e9 involontaire des comportements des diff\u00e9rents acteurs concern\u00e9s, y compris de ceux-l\u00e0 m\u00eames qui en sont affect\u00e9s. Abordant la situation des jeunes adultes marginaux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, elle met l&rsquo;accent sur l&rsquo;isolement qui les caract\u00e9rise, isolement accentu\u00e9 par les modes de vie et de travail actuels, (l&rsquo;individualisme, la valorisation de l&rsquo;autonomie, l&rsquo;\u00e9loignement du milieu familial d&rsquo;origine&#8230;). Elle \u00e9tablit par ailleurs une int\u00e9ressante distinction entre la marge d&rsquo;exclusion, g\u00e9n\u00e9ratrice d&rsquo;isolement et de pauvret\u00e9, et la marge excentrique, productrice potentielle de nouvelles valeurs ou de nouvelles orientations.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au chapitre 4, (Les jeunes et l&#8217;emploi, questions conceptuelles et m\u00e9thodologiques) Rose d\u00e9cortique les aspects th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques de diff\u00e9rentes notions que l&rsquo;on retrouve dans les recherches traitant de l&rsquo;insertion socioprofessionnelle des jeunes adultes. Il illustre la complexit\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9finition op\u00e9rationnelle et claire de ces notions et montre bien le caract\u00e8re relatif et variable de ces d\u00e9finitions, de m\u00eame que l&rsquo;impact de certains choix m\u00e9thodologiques sur les r\u00e9sultats que l&rsquo;on obtient . Il signale aussi l&rsquo;effet des transformations du march\u00e9 du travail sur la d\u00e9finition du concept de jeunesse. Son article a le m\u00e9rite, entre autres, de faire saisir toute la prudence qu&rsquo;il faut mettre dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des donn\u00e9es de recherches dans ce domaine, et de mettre en \u00e9vidence l&rsquo;\u00e9volution des objets d&rsquo;\u00e9tude qui se produit en m\u00eame temps que l&rsquo;\u00e9volution des contextes dans lesquels ils se situent.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">La partie 3 (Des conditions d&#8217;emploi et des conditions de vie), la plus volumineuse, rassemble les contributions de Claude Laflamme, Armelle Spain, Lucille B\u00e9dard et Lucie Paiement, Luce Duval, Gilbert Moisan et Christiane Tessier.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le chapitre 5 (La poursuite des \u00e9tudes, une question de pouvoir du dipl\u00f4me et de marginalisation), Laflamme aborde la question du pouvoir du dipl\u00f4me dans l&rsquo;insertion socioprofessionnelle et de l&rsquo;incitatif que constitue ce pouvoir dans la d\u00e9cision de poursuivre des \u00e9tudes. Il montre que la poursuite des \u00e9tudes est li\u00e9e au pouvoir attribu\u00e9 au dipl\u00f4me, propos qu&rsquo;il d\u00e9veloppe en pr\u00e9sentant des donn\u00e9es relatives \u00e0 la poursuite des \u00e9tudes apr\u00e8s le c\u00e9gep technique, soulignant au passage les diff\u00e9rences entre les gar\u00e7ons et les filles dans la poursuite des \u00e9tudes, de m\u00eame que les variations observ\u00e9es entre les domaines d&rsquo;\u00e9tudes. Il montre que la relation entre le dipl\u00f4me et l&rsquo;insertion, quoique r\u00e9elle, n&rsquo;est pas simple, et met en \u00e9vidence la relation dialectique complexe qui s&rsquo;\u00e9tablit entre le syst\u00e8me \u00e9ducatif et le syst\u00e8me productif.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour leur part, Spain, B\u00e9dard et Paiement examinent plus sp\u00e9cifiquement, dans le chapitre 6 (Le travail au f\u00e9minin: normalit\u00e9 ou marginalit\u00e9), la situation des femmes par rapport au march\u00e9 du travail. Selon elles, les femmes ont toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme marginales dans leur rapport au travail, un rapport rendu d&rsquo;ailleurs complexe par le jeu de toutes sortes de consid\u00e9rations, en particulier l&rsquo;importance de la dimension relationnelle dans la gestion de leur vie. \u00c0 partir d\u2019observations effectu\u00e9es dans une recherche r\u00e9cente, elles notent des \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques de ce rapport au travail. Ainsi, elles parlent de singularit\u00e9s des trajectoires, de fractionnement de la vie professionnelle, de relations entre les diff\u00e9rentes sph\u00e8res d\u2019activit\u00e9s, et de l\u2019importance du travail dans la vie des femmes. Elles signalent que, ayant d\u00fb, depuis longtemps, faire preuve d\u2019une grande capacit\u00e9 d\u2019adaptation et de beaucoup de flexibilit\u00e9, les femmes sont peut-\u00eatre mieux arm\u00e9es que leurs homologues masculins pour faire face aux difficult\u00e9s actuelles du monde du travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 7 (La pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique et les modes de vie des jeunes familles<b> <\/b>biparentales), sous la plume de Duval, am\u00e8ne \u00e0 explorer les liens entre les transformations du monde du travail et celles de la vie familiale, en particulier la situation des jeunes familles biparentales. Ce texte se conclut sur un constat de perspectives d\u2019avenir moins bonnes qu\u2019autrefois pour ces jeunes familles, qui ne constituent d\u2019ailleurs plus une mani\u00e8re de vivre pr\u00e9pond\u00e9rante chez les jeunes adultes. Il fait ressortir la multiplicit\u00e9 des facteurs en cause dans les d\u00e9cisions concernant la fondation d\u2019une famille. Cependant, il indique que \u00ab\u00a0le mod\u00e8le familial est li\u00e9 \u00e9troitement \u00e0 la structure \u00e9conomique d\u2019une \u00e9poque\u00a0\u00bb et que les consid\u00e9rations \u00e9conomiques jouent un r\u00f4le \u00e9vident dans les projets relatifs \u00e0 la famille. Il montre en passant que les mod\u00e8les anciens sont toujours vivants et que c\u2019est surtout l\u2019attente d\u2019une insertion professionnelle achev\u00e9e pour l\u2019homme qui influence les d\u00e9cisions des jeunes couples en mati\u00e8re de famille.<\/p>\n<p class=\"txt-j\">Dans le chapitre 8 (Le travail des jeunes, du r\u00eave \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9&#8230;), Moisan revient sur l\u2019\u00e9volution que l\u2019on peut observer dans la norme d\u2019insertion, \u00e9volution qu\u2019il d\u00e9montre \u00e0 partir de diff\u00e9rents indices statistiques touchant le taux de placement de dipl\u00f4m\u00e9s universitaires. Il mentionne, entre autres, que dans le nouveau contexte qui s\u2019installe, la progression de la carri\u00e8re d\u00e9pendra probablement d\u2019habilet\u00e9s en termes de connaissance de soi et de capacit\u00e9 de traiter avec un march\u00e9 de l\u2019emploi en mouvement, et mettra davantage l\u2019accent sur l\u2019autonomie et la conduite personnelle de ses projets. Selon lui, les changements qui se produisent dans les modalit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi commandent une r\u00e9vision des concepts li\u00e9s \u00e0 la notion de carri\u00e8re. Il \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle les strat\u00e9gies d\u2019insertion jug\u00e9es aujourd\u2019hui marginales seront peut-\u00eatre les plus efficaces dans l\u2019avenir.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le titre du chapitre 8 \u00abJeunes et jeunes femmes, reconna\u00eetre la marge, d\u00e9noncer la<b> <\/b>norme\u00bb, annonce les couleurs du texte \u00e9crit par Tessier. Directrice d\u2019un organisme dont l\u2019un des objectifs est de favoriser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi des femmes dans des m\u00e9tiers non traditionnels, l\u2019auteure situe la relativit\u00e9 de la marge et de la norme dans un contexte en constant changement et questionne le sens qui est donn\u00e9 au travail dans les conditions actuelles d\u2019insertion professionnelle. Pr\u00e9cisant la probl\u00e9matique particuli\u00e8re de l\u2019acc\u00e8s des femmes au travail, elle constate que les jeunes femmes vivent actuellement une double probl\u00e9matique d\u2019insertion, \u00e9tant \u00e0 la fois jeunes et femmes. Elle conclut en affirmant la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser la signification du travail et de pr\u00e9parer les jeunes \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9rente de celle que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs ont eue \u00e0 vivre.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 la partie 4 (positions critiques) elle chapeaute le tout en permettant \u00e0 deux auteurs, Antoine Baby et Yvon P\u00e9pin, d\u2019examiner et de commenter, chacun de son point de vue respectif, les textes composant l\u2019ensemble des autres parties.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le chapitre 10 (Le travail \u00ab\u00a0atypique\u00a0\u00bb vu depuis la face cach\u00e9e de la lune), Baby rappelle les th\u00e8ses concernant la disparition du travail salari\u00e9 et r\u00e9affirme l\u2019existence d\u2019une tendance en ce sens. Il situe les contributions qui forment l\u2019ouvrage \u00e0 la lumi\u00e8re de cette th\u00e8se. Il d\u00e9plore, entre autres, qu\u2019on n\u2019accorde pas plus d\u2019attention aux perdants, c\u2019est-\u00e0-dire aux victimes de cette disparition tendancielle du travail salari\u00e9. Ce dernier ph\u00e9nom\u00e8ne a des causes multiples, selon lui, en particulier la mondialisation et le d\u00e9veloppement technologique, et pourrait \u00e9voluer jusqu\u2019\u00e0 s\u2019inverser si les individus se concertaient pour agir. Dans cette perspective, les professionnels de l\u2019insertion devraient aider les jeunes \u00e0 \u00eatre des agents de changement social plut\u00f4t que de travailler simplement \u00e0 leur adaptation \u00e0 la situation.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 11 (Faut-il repenser l\u2019insertion sociale et professionnelle) termine le volume par les r\u00e9flexions de P\u00e9pin, qui critique les cadres normatifs avec lesquels on aborde habituellement le probl\u00e8me de l\u2019insertion professionnelle. Il propose un cadre th\u00e9orique interactionniste-strat\u00e9gique qui se veut moins normatif et moins prescriptif, davantage ax\u00e9 sur les enjeux des acteurs en cause. Selon lui, l\u2019insertion professionnelle est un processus qui dure toute la vie, qui demande \u00e0 \u00eatre n\u00e9goci\u00e9 et ren\u00e9goci\u00e9 en fonction des situations particuli\u00e8res qui tissent la vie des individus, et compos\u00e9 de strat\u00e9gies dont la valeur varie en fonction des contextes sp\u00e9cifiques dans lesquels elles se d\u00e9ploient. La norme repr\u00e9sente les strat\u00e9gies majoritaires, la marginalit\u00e9 correspond aux strat\u00e9gies minoritaires. Quant \u00e0 savoir si ces derni\u00e8res prendront un jour la place des premi\u00e8res, l\u2019auteur conclut en se disant d\u2019avis que, pour le moment, il est surtout important de comprendre comment les diff\u00e9rentes pratiques d\u2019insertion qui sont mises en oeuvre se posent mutuellement des probl\u00e8mes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ce recueil de textes est int\u00e9ressant \u00e0 plusieurs points de vue. D\u2019abord, par le caract\u00e8re toujours actuel des th\u00e8mes qui y sont abord\u00e9s, bien que ces textes aient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s lors d\u2019un colloque tenu il y a plus de trois ans. Ensuite, par la qualit\u00e9 des r\u00e9flexions qu\u2019il propose, appuy\u00e9es sur des sources vari\u00e9es, reconnaissant la complexit\u00e9 du probl\u00e8me et d\u00e9passant les clich\u00e9s habituels, parfois m\u00eame en prenant carr\u00e9ment le contre-pied des opinions courantes en la mati\u00e8re. Enfin, par la diversit\u00e9 des perspectives qui y sont adopt\u00e9es pour traiter du th\u00e8me central: celui de la norme et de la marge dans l\u2019insertion professionnelle des jeunes adultes d\u2019aujourd\u2019hui. La pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale et agr\u00e9able et a\u00e9r\u00e9e. En somme, c\u2019est un ouvrage \u00e0 recommander.<\/p>\n<p class=\"txt-nj\"><b>Marie-Chantal Gu\u00e9don, Ph.D.,<br \/>\nProfesseure<\/b><b><br \/>\nSecteur Orientation professionnelle,<br \/>\nFacult\u00e9 d\u2019\u00e9ducation, Universit\u00e9 de Sherbrooke<\/b><\/p>\n<p><!--auteur-titre --><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Marcel_Monette_insertion.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6048\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Marcel_Monette_insertion-199x300.jpg\" alt=\"Genevieve_Fournier_et_Marcel_Monette_insertion\" width=\"199\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Marcel_Monette_insertion-199x300.jpg 199w, https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Genevieve_Fournier_et_Marcel_Monette_insertion.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a><\/p>\n<p><b>Genevi\u00e8ve Fournier et Marcel Monette<\/b> (sous la direction de)<i><br \/>\n<i>L\u2019insertion socioprofessionnelle\u00a0: un jeu de strat\u00e9gie ou un jeu de hasard ?<br \/>\n<\/i><\/i>Qu\u00e9bec: Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval, 2000.<br \/>\n202 pages, ISBN 2-7637 7722-8, 25,00$ CAN.<br \/>\nLes Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.ulaval.ca\/pul\/\"><u>http:\/\/www.ulaval.ca\/pul\/<\/u><\/a><\/p>\n<h3>R\u00c9SUM\u00c9<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Une douzaine de chercheurs associ\u00e9s au Centre de recherche interuniversitaire sur l\u2019\u00e9ducation et la vie au travail (CRIEVAT) ont r\u00e9dig\u00e9 cet ouvrage. Outre la description des auteurs, l\u2019avant-propos et la conclusion, ce livre se divise en huit chapitres. Il porte principalement sur les nouveaux enjeux et les d\u00e9fis que repr\u00e9sente le processus d\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes adultes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les auteurs chercheurs Genevi\u00e8ve Fournier, Marcel Monette, Ren\u00e9 Pelletier et Pauline Tardif r\u00e9sument dans un premier chapitre leur recherche (1997-2000). Ce projet visait \u00e0 conna\u00eetre\u00a0les repr\u00e9sentations des jeunes adultes (dipl\u00f4m\u00e9s du secondaire professionnel, du coll\u00e9gial technique et du premier cycle universitaire) vis-\u00e0-vis: l\u2019insertion professionnelle, leur dipl\u00f4me, leurs attentes versus la r\u00e9alit\u00e9 des emplois obtenus, le r\u00f4le jou\u00e9 par la chance et le hasard dans leur insertion socioprofessionnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">La satisfaction au travail, un emploi li\u00e9 \u00e0 la formation, le sentiment de comp\u00e9tence, la reconnaissance des pairs et du milieu, se maintenir pendant plusieurs ann\u00e9es dans un ou plusieurs emplois, le d\u00e9veloppement personnel et professionnel par le travail sont les principales repr\u00e9sentations de la r\u00e9ussite de l\u2019insertion professionnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le dipl\u00f4me constitue le permis essentiel, mais non suffisant pour entrer et \u00eatre reconnu sur le march\u00e9 du travail. Par ailleurs, m\u00eame si pour certains sujets le dipl\u00f4me n\u2019a pas toujours permis de trouver un emploi et par cons\u00e9quent a une moindre valeur que celle qu\u2019ils avaient estim\u00e9e avant l\u2019entr\u00e9e au travail, ce dipl\u00f4me reste malgr\u00e9 tout une source de satisfaction personnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les \u00e9carts entre leurs attentes et la r\u00e9alit\u00e9 du march\u00e9 du travail, les jeunes adultes constatent que leur insertion socioprofessionnelle (obtention et condition de l\u2019emploi) a \u00e9t\u00e9 plus difficile que ce qu\u2019ils avaient pr\u00e9vu lorsqu\u2019ils \u00e9taient aux \u00e9tudes. Seulement 7 % des sujets disent que le march\u00e9 du travail leur a \u00e9t\u00e9 plus favorable que ce qu\u2019ils avaient pr\u00e9vu et ce, uniquement pour des dipl\u00f4m\u00e9s du secondaire professionnel et coll\u00e9gial technique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour plusieurs, l\u2019effort, la comp\u00e9tence, les strat\u00e9gies pour saisir les opportunit\u00e9s, sont des conditions pour obtenir un emploi. Par contre, 35 % des sujets affirment que la chance et le hasard (s\u2019\u00eatre trouv\u00e9 l\u00e0 au bon moment) ont occup\u00e9 une place d\u00e9terminante dans la r\u00e9ussite de leur insertion professionnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les auteurs concluent que les repr\u00e9sentations de la r\u00e9ussite de l\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes adultes renvoient encore \u00e0 des dimensions psychologiques et identitaires, telles que: r\u00e9alisation de soi, comp\u00e9tence personnelle et professionnelle, reconnaissance des autres, qu\u00eate de sens. Et que ces repr\u00e9sentations tendent \u00e0 se maintenir malgr\u00e9 le fait que le contexte \u00e9conomique actuel offre tr\u00e8s peu d\u2019emplois qui remplissent ces attentes. Les auteurs ajoutent que finalement, le pouvoir personnel de s\u2019ins\u00e9rer sur le march\u00e9 du travail est largement contingent aux facteurs structurels du march\u00e9 du travail.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le second chapitre, Marie-Denise Boivin aborde les enjeux de l\u2019affiliation et de la d\u00e9saffiliation au march\u00e9 du travail tout en se questionnant sur le sens du travail. Pourquoi le travail est-il une source de frustration et de souffrance pour certains ? Doit-il \u00eatre la seule voie \u00e0 valoriser pour exprimer la dignit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain ? Dans un premier temps, l\u2019auteure d\u00e9montre en s\u2019appuyant sur plusieurs recherches qu\u2019effectivement le travail permet la r\u00e9alisation de soi, l\u2019actualisation d\u2019une qu\u00eate de sens, le lien aux autres, l\u2019autonomie financi\u00e8re et produit ainsi les rep\u00e8res identitaires fondamentaux. Nous avons alors les \u00e9l\u00e9ments qui constituent une insertion socioprofessionnelle r\u00e9ussie. Or, tous n\u2019ont pas les ressources pour s\u2019ins\u00e9rer ad\u00e9quatement sur le march\u00e9 du travail. Et de plus, la fin des trente ann\u00e9es glorieuses (1946\u20131975) sonne le glas du travail \u00e0 dimension humaine. Bien que plusieurs arrivent \u00e0 s\u2019accommoder des conditions actuelles du travail, force est de constater que l\u2019instabilit\u00e9 professionnelle favorise des d\u00e9sordres \u00e9motifs chez d\u2019autres, \u00e0 plus forte raison pour les individus provenant des couches les moins favoris\u00e9es. Ceux-ci ayant assimil\u00e9 une culture de pauvret\u00e9 avec tous ses avatars (faible confiance en soi, faible sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle, identit\u00e9 instable, etc.) non propice \u00e0 une insertion sociale et professionnelle. Par voie de cons\u00e9quence, dans un deuxi\u00e8me temps, Marie-Denise Boivin pose alors deux questions essentielles\u00a0: Est-il possible de vivre la pr\u00e9carit\u00e9 professionnelle sans glisser dans la d\u00e9saffiliation sociale ? Quelles sont les strat\u00e9gies adaptatives employ\u00e9es ? Pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 cette derni\u00e8re question, la chercheure s\u2019appuie sur deux recherches r\u00e9alis\u00e9es aupr\u00e8s de jeunes toxicomanes. L\u2019auteure conclut que les strat\u00e9gies adaptatives s\u2019expriment diff\u00e9remment selon que le jeune s\u2019inscrit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou en marge du syst\u00e8me social. Ceux qui sont soutenus par des mesures sociales per\u00e7oivent le travail comme une des valeurs les plus importantes dans leur vie alors que chez les jeunes dont les revenus proviennent exclusivement d\u2019activit\u00e9s ill\u00e9gales, le travail ne fait plus partie de leur id\u00e9alisation. Mais, de l\u2019aveu m\u00eame de l\u2019auteure, ces deux recherches sont insuffisantes pour achever la conceptualisation des p\u00f4les affiliation-d\u00e9saffiliation. Pour conclure, Marie-Denise Boivin convie les conseillers d\u2019orientation \u00e0 se questionner eux-m\u00eames sur le sens du travail dans leur vie et sur leur d\u00e9veloppement personnel et professionnel au fil de leur carri\u00e8re. Par extension, elle invite \u00e0 un repositionnement collectif face au travail en remettant en questions nos repr\u00e9sentations sociales traditionnelles de l\u2019emploi, a fortiori dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les rapports \u00e9conomiques ne sont pas fondateurs de l\u2019autonomie sociale des individus.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au chapitre 3 , le texte de Marcel Monette et de Genevi\u00e8ve Fournier livre les r\u00e9sultats de leur recherche sur les liens entre le soutien social et l\u2019adaptation \u00e0 la transition des \u00e9tudes au march\u00e9 du travail. Au d\u00e9but, sont pr\u00e9sent\u00e9s les concepts li\u00e9s au soutien social et \u00e0 l\u2019adaptation \u00e0 la transition \u00e9tudes-travail. Cette recherche quantitative a \u00e9t\u00e9 faite aupr\u00e8s de 243 finissants du secondaire, du coll\u00e9gial et de l\u2019universit\u00e9. Tous ces sujets \u00e9taient en recherche d\u2019emploi. Les r\u00e9sultats de la recherche d\u00e9montrent qu\u2019il y a un lien mod\u00e9r\u00e9 entre le soutien social et l\u2019adaptation \u00e0 la transition \u00e9tude-travail. Le soutien social est reli\u00e9 au sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle et \u00e0 l\u2019estime de soi par rapport au processus d\u2019insertion socioprofessionnelle (recherche d\u2019emploi et strat\u00e9gies mises en \u0153uvre). L\u2019encouragement et l\u2019appui moral s\u2019av\u00e8rent les plus importants dans le soutien social pour maintenir le sentiment d\u2019efficacit\u00e9 personnelle et les strat\u00e9gies d\u2019investissement. Les personnes identifi\u00e9es comme pouvant assurer le soutien social sont les parents et les amis. Pour terminer les auteurs consid\u00e8rent que le r\u00e9seau social joue un r\u00f4le essentiel dans l\u2019insertion socioprofessionnelle et ils invitent les intervenants \u00e0 inciter les jeunes \u00e0 d\u00e9velopper des habilet\u00e9s relationnelles pour avoir acc\u00e8s aux r\u00e9seaux sociaux et solliciter les ressources.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Au quatri\u00e8me chapitre, Marie-Chantal Gu\u00e9don propose une r\u00e9flexion sur l\u2019utilisation cr\u00e9atrice de la pr\u00e9carit\u00e9 d\u2019insertion professionnelle comme antidote \u00e0 la d\u00e9mobilisation et \u00e0 l\u2019exclusion. L\u2019auteure traite alors de quatre strat\u00e9gies qui semblent pouvoir favoriser le d\u00e9veloppement et la r\u00e9alisation d\u2019un projet professionnel satisfaisant dans le contexte actuel de l\u2019\u00e9conomie. Voici ces strat\u00e9gies: 1. Entretenir le lien au travail, c\u2019est-\u00e0-dire rester actifs ( faire des petits boulots, maintenir des liens avec les travailleurs, rester dans l\u2019espace du travail); 2. Pr\u00e9ciser ou r\u00e9ajuster son projet professionnel en d\u00e9celant des lieux d\u2019emplois interm\u00e9diaires susceptibles de se rapprocher de la r\u00e9alisation d\u2019un projet plus satisfaisant; 3. Tirer profit des contacts \u00e9tablis dans les divers milieux c\u00f4toy\u00e9s car la r\u00e9alisation d\u2019un projet professionnel d\u00e9pend souvent des r\u00e9seaux sociaux informels en lien avec le travail; 4. Utiliser le temps lib\u00e9r\u00e9 pour r\u00e9aliser d\u2019autres projets par exemple un voyage, une formation compl\u00e9mentaire, une grossesse. De tels projets permettent d\u2019utiliser la pr\u00e9carit\u00e9 pour vivre des exp\u00e9riences qui ne pourraient peut-\u00eatre pas se concr\u00e9tiser dans un contexte de stabilit\u00e9 professionnelle. Parall\u00e8lement \u00e0 ces strat\u00e9gies, Marie-Chantal Gu\u00e9don croit que si l\u2019insertion professionnelle \u00e9tait r\u00e9alistement mieux comprise plut\u00f4t qu\u2019id\u00e9alis\u00e9e, elle serait mieux v\u00e9cue et l\u2019impact en terme d\u2019exclusion et de marginalisation serait moindre.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Marie-Claude Gagnon dans le chapitre 5, traite de l\u2019insertion socioprofessionnelle des dipl\u00f4m\u00e9s et dipl\u00f4m\u00e9es universitaires et des service de counseling d\u2019emploi de l\u2019Universit\u00e9 Laval. Dans la premi\u00e8re partie de cet article, l\u2019auteure dresse un portrait du profil des \u00e9tudiants dipl\u00f4m\u00e9s de niveau universitaire en termes de caract\u00e9ristiques (\u00e2ge, source de revenu, endettement) et de repr\u00e9sentations concernant leurs attentes, le march\u00e9 du travail, leur scolarisation. Au passage, Marie-Claude Gagnon \u00e9num\u00e8re divers mythes que les \u00e9tudiants entretiennent vis-\u00e0-vis\u00a0: leur projet professionnel, le dipl\u00f4me acquis, la d\u00e9marche et les strat\u00e9gies d\u2019insertion professionnelle. Par la suite, sont abord\u00e9es les formes d\u2019interventions\u00a0: processus, counseling, bilan personnel, outils, la pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019entrevue d\u2019emploi. La derni\u00e8re partie aborde les comp\u00e9tences sp\u00e9cifiques (connaissances, habilet\u00e9s cognitives \u00e9motives et relationnelles) que requiert l\u2019intervention en milieu universitaire. En guise de conclusion, l\u2019auteure rappelle que l\u2019insertion professionnelle est une d\u00e9marche rationnelle qui ne rel\u00e8ve ni du hasard, ni de la pens\u00e9e magique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le sixi\u00e8me chapitre, Marie-France Maranda et Chantal Leclerc nous livrent les r\u00e9sultats de leur recherche (1998-2001)\u00a0: <i>Enqu\u00eate de psychodynamique du travail sur la formation universitaire dans un contexte de crise de l\u2019emploi<\/i>. Cette recherche s\u2019inspire des th\u00e9ories de Dejours (1993) et vise \u00e0 comprendre comment les \u00e9tudiants inscrits dans une formation universitaire qui d\u00e9bouchent sur une raret\u00e9 de l\u2019emploi vivent leur rapport \u00e0 l\u2019avenir. Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question les chercheures ont utilis\u00e9 une m\u00e9thode clinique dans une perspective herm\u00e9neutique et constructiviste. Cet article r\u00e9sume les premiers r\u00e9sultats obtenus aupr\u00e8s d\u2019\u00e9tudiants de premier cycle en sociologie dont le taux de d\u00e9crochage scolaire est de 70 % \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval. Dans un premier temps, les auteures nous tracent le portrait r\u00e9el de l\u2019emploi au Canada et au Qu\u00e9bec. Elles nous pr\u00e9sentent les statistiques assez \u00e9loquentes concernant l\u2019augmentation du ch\u00f4mage parall\u00e8lement \u00e0 une reprise \u00e9conomique. Apr\u00e8s lecture de cette premi\u00e8re partie, il est clair que l\u2019on fait face non pas \u00e0 une crise \u00e9conomique, mais \u00e0 une crise de l\u2019emploi. On mentionne que le Canada a la plus forte croissance \u00e9conomique des pays du G-7 alors qu\u2019au m\u00eame moment le pays enregistre un taux d\u2019inactivit\u00e9 oscillant entre 30 % et 45 % selon les calculs de l\u2019\u00e9conomiste Valaskakis. Ainsi, les profits des entreprises se r\u00e9alisent gr\u00e2ce aux fusions et aux suppressions massives des emplois. Pour contrer cette situation, on a souvent laiss\u00e9 entendre que le travail autonome, l\u2019apanage des gens audacieux et volontaires, \u00e9tait la panac\u00e9e par excellence. Alors que les statistiques indiquent que 75 % des travailleurs autonomes gagnent 20,000$ ou moins et 70 % des femmes gagneraient moins de 10,000$ avec cette nouvelle forme de travail. \u00c0 la suite de ce portrait, les chercheures se demandent comment les jeunes r\u00e9agissent \u00e0 ces informations peu encourageantes. Les th\u00e8mes alors abord\u00e9s avec les sujets sont ceux-ci: le rapport \u00e0 l\u2019argent et le rapport \u00e0 l\u2019avenir. En fait, les chercheures d\u00e9crivent les m\u00e9canismes de d\u00e9fenses que les \u00e9tudiants mettent en place pour se prot\u00e9ger des aspects mena\u00e7ants li\u00e9s \u00e0 leur pauvret\u00e9 actuelle ou anticip\u00e9e: demeurer plus longtemps chez les parents, consid\u00e9rer que jongler avec les chiffres pour arriver \u00e0 la fin du mois est une forme d\u2019apprentissage, consid\u00e9rer que les \u00e9tudes sont un placement temporaire et que les petits boulots constituent des plaisirs qui augurent une bonne adaptation, minimiser les consid\u00e9rations mat\u00e9rielles, ne pas penser \u00e0 son endettement, renoncer \u00e0 diverses d\u00e9penses (voyage, auto, loisirs). Cohabitent aussi les peurs d\u2019\u00eatre oblig\u00e9 de quitter ses \u00e9tudes, peur de s\u2019orienter dans un programme moins int\u00e9ressant mais plus prometteur, peur d\u2019\u00eatre condamn\u00e9s \u00e0 la pauvret\u00e9 \u00e0 la fin de leurs \u00e9tudes. En ce qui concerne le rapport \u00e0 l\u2019avenir les m\u00e9canismes de d\u00e9fense sont ceux-ci: douter de la v\u00e9racit\u00e9 des informations re\u00e7ues, porter le d\u00e9bat sur la place publique, maintenir les contacts avec les sociologues, consid\u00e9rer l\u2019avenir comme un nouveau d\u00e9fi, croire que la situation va s\u2019am\u00e9liorer. Les peurs sont: d\u2019avoir \u00e0 se vendre pour gagner sa vie et du m\u00eame coup se faire condamner de manque d\u2019int\u00e9grit\u00e9, d\u2019\u00eatre b\u00e2illonn\u00e9 et de renoncer aux id\u00e9aux de la sociologie pour ne pas d\u00e9plaire aux pouvoirs en place, d\u2019\u00eatre per\u00e7u comme un rebelle et \u00eatre par cons\u00e9quent assujetti \u00e0 la pauvret\u00e9. Les auteures concluent que les conseill\u00e8res et les conseillers d\u2019orientation devront sans doute se positionner socialement dans le d\u00e9bat de l\u2019emploi. On consid\u00e8re que les conseillers d\u2019orientation ont un devoir de v\u00e9rit\u00e9 envers leur client\u00e8le concernant la situation de l\u2019emploi. Et, dans ce contexte, ils devront d\u00e9velopper de nouvelles interventions.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le chapitre 7, Yvan Comeau fait \u00e9tat de diff\u00e9rents types d\u2019initiatives d\u2019insertion par l\u2019\u00e9conomique initi\u00e9s par les mouvements associatifs. Pour d\u00e9buter, l\u2019auteur d\u00e9crit l\u2019\u00e9volution de l\u2019exclusion sociale et professionnelle des jeunes au Qu\u00e9bec. En r\u00e9ponse au peu de r\u00e9sultats obtenus par les programmes gouvernementaux, sont pr\u00e9sent\u00e9es divers types d\u2019exp\u00e9riences d\u2019insertion par l\u2019\u00e9conomique dans la r\u00e9gion de Qu\u00e9bec: Groupe d\u2019entraide \u00e9conomique, Initiatives rattach\u00e9es \u00e0 des programmes publics, entreprises d\u2019insertion et les entreprises communautaires et coop\u00e9ratives. Est d\u00e9montr\u00e9 le bien fond\u00e9 de telles initiatives qui ont favoris\u00e9 l\u2019insertion socioprofessionnelle de plusieurs jeunes. L\u2019auteur souligne que l\u2019insertion par l\u2019\u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e d\u00e8s les ann\u00e9es 1950 par l\u2019ONU dans la foul\u00e9e du d\u00e9veloppement \u00e9conomique communautaire. L\u2019insertion par l\u2019\u00e9conomique peut \u00eatre un domaine investi par les conseillers d\u2019orientation \u00e0 condition que ceux-ci d\u00e9veloppent des habilet\u00e9s en analyse socio-\u00e9conomique, en intervention de groupe et <i>entrepreneuriat <\/i>collectif. En guise de conclusion, l\u2019auteur souligne que malgr\u00e9 certaines limites, ces interventions renouvellent les pratiques en mati\u00e8re d\u2019insertion, mais ne sauraient \u00eatre une panac\u00e9e universelle pour contrer l\u2019exclusion des jeunes. Par ailleurs, ces interventions d\u2019insertion par l\u2019\u00e9conomique peuvent \u00eatre de v\u00e9ritables espaces pour l\u2019exercice de la citoyennet\u00e9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le dernier chapitre, Yann Le Boss\u00e9 pr\u00e9sente l\u2019approche centr\u00e9e sur le pouvoir d\u2019agir (\u00abempowerment\u00bb) qui se pr\u00e9occupe \u00e0 la fois des facteurs individuels et environnementaux en fonction de leur contribution au pouvoir d\u2019agir des personnes dans leur milieu. La notion d\u2019\u00abempowerment\u00bb dans ce contexte est tr\u00e8s li\u00e9e au pouvoir de contr\u00f4ler sa vie, et ce autant au plan collectif qu\u2019au plan individuel. Il s\u2019agit donc d\u2019une action sociale qui implique le d\u00e9veloppement d\u2019une conscience critique de l\u2019environnement. Conscience qui d\u00e9bouche sur la conviction que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s et de l\u2019usage des ressources engendrent des difficult\u00e9s individuelles et collectives. Ainsi, l\u2019auteur affirme que toute intervention qui pr\u00e9tend que les personnes se voient attribuer l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 du changement contribue au maintien des in\u00e9quit\u00e9s sociales et par extension aux difficult\u00e9s des personnes. L\u2019\u00abempowerment\u00bb est une forme d\u2019humanisme car elle repose sur la conviction de la valeur in\u00e9luctable de la condition humaine. Ce qui entra\u00eene une action qui consid\u00e8re la personne en difficult\u00e9 comme celle qui est la mieux plac\u00e9e pour d\u00e9finir son probl\u00e8me et les solutions \u00e0 envisager et donc de refuser toutes cat\u00e9gorisations impos\u00e9es de l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019intervenant dans cette perspective devient un agent de changement, mais qui ne prend pas, pour autant, le client en charge. Le conseiller a pour fonction d\u2019accompagner, d\u2019\u00eatre avec\u2026, de formuler un projet et de rendre accessible les ressources n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteur pr\u00e9sente par la suite les enjeux collectif et personnel de l\u2019int\u00e9gration socioprofessionnelle des jeunes adultes. L\u2019enjeu collectif concerne l\u2019acquisition d\u2019une autonomie de subsistance pour soi et ses d\u00e9pendants. L\u2019enjeu personnel renvoie au travail comme porteur de sens, comme outil de d\u00e9veloppement personnel et professionnel, comme vecteur de l\u2019expression de ses potentialit\u00e9s, de son identit\u00e9. Sont abord\u00e9s par la suite les th\u00e8mes de la socialisation, de la connaissance de soi et de l\u2019affirmation de soi.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Yann Le Boss\u00e9 encha\u00eene sur une critique de certains programmes d\u2019insertion professionnelle qui ne sont \u00e9labor\u00e9s qu\u2019\u00e0 partir de crit\u00e8res mon\u00e9taires, qui \u00e9vacuent toutes pr\u00e9occupations concernant les enjeux personnels et qui forcent les personnes \u00e0 s\u2019orienter vers le travail alimentaire et non porteur de sens.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il rappelle que souvent la compr\u00e9hension du probl\u00e8me adopt\u00e9 par l\u2019intervenant d\u00e9pend souvent de son propre syst\u00e8me de croyances, de son statut, des moyens qu\u2019il dispose et des crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation de sa performance, \u00e0 la limite du degr\u00e9 de sa conscience sociale. L\u2019auteur d\u00e9plore que trop d\u2019intervenants, eux-m\u00eames en situation de pr\u00e9carit\u00e9, cherchent strictement \u00e0 emmener la personne (le moi) \u00e0 ajuster ses aspirations en fonction d\u2019exigences instrumentales (non moi). Des aspirations soumises \u00e0 la logique du profit ne peuvent mener qu\u2019\u00e0 la mort du moi. La parole de la personne en recherche d\u2019emploi a peu de place, dans ce contexte, pour d\u00e9finir sa difficult\u00e9 d\u2019insertion professionnelle. Ainsi les enjeux rapport\u00e9s par les participants \u00e0 de tels programmes sont plus larges que ceux qui sont pris en consid\u00e9ration dans la pratique. Une bonne intervention devrait permettre de faire la part entre ce qui rel\u00e8ve r\u00e9ellement du potentiel de la personne et ce qui \u00e9chappe \u00e0 son pouvoir, voire ce qui r\u00e9sulte des in\u00e9galit\u00e9s sociales. Dans ce cadre, l\u2019intervenant devient un compagnon de projet, un \u00e9ducateur. Par ailleurs, monsieur Le Boss\u00e9 mentionne que l\u2019\u00e9laboration d\u2019un projet est une condition n\u00e9cessaire mais non suffisante pour contribuer \u00e0 l\u2019\u00abempowerment\u00bb des jeunes. L\u2019\u00e9laboration du projet devra alors s\u2019accompagner d\u2019un d\u00e9veloppement de la conscience critique de la personne, c\u2019est\u2013\u00e0-dire mettre en relation son v\u00e9cu individuel avec les \u00e9l\u00e9ments micro et macro &#8211; sociaux qui l\u2019influencent. Pour conclure, la pratique du \u2039\u2039 pouvoir agir \u203a\u203a permet \u00e9galement de participer \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 plus juste.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En conclusion de l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage, Susan St-Onge met en parall\u00e8le le si\u00e8cle dernier et le si\u00e8cle pr\u00e9sent. Elle pr\u00e9sente les vicissitudes de chacune des \u00e9poques. Aujourd\u2019hui, certaines se r\u00e9p\u00e8tent, d\u2019autres sont en \u00e9mergence. Elle d\u00e9montre que d\u2019une \u00e9poque \u00e0 l\u2019autre le despotisme \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 la principale source de l\u2019exclusion sociale. Au fil progressif des glissements de sens, l\u2019insertion sociale, l\u2019indigence n\u2019ont plus les m\u00eames statuts. La pauvret\u00e9 devient honte sociale car elle fait le proc\u00e8s d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui trahit ses id\u00e9aux de libert\u00e9, d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de fraternit\u00e9. L\u2019auteure parle des <i>qu\u00eateux<\/i> d\u2019autrefois des sans-abri d\u2019aujourd\u2019hui de l\u2019asservissement \u00e0 la machine d\u2019hier \u00e0 la soumission aux crit\u00e8res de performance d\u2019aujourd\u2019hui. Elle rel\u00e8ve les insuffisances de l\u2019aide sociale, des prestations d\u2019assurance-ch\u00f4mage, les strat\u00e9gies de survie des exclues ou la fronti\u00e8re entre la d\u00e9brouillardise et l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 est mince. Elle fait le proc\u00e8s des riches (1\/5 de la population qui poss\u00e8dent 85 % de la richesse mondiale) qui ne contribueront pas \u00e0 \u00e9ponger la dette nationale. Elle d\u00e9nonce la mondialisation des march\u00e9s qui est surtout la mondialisation de la pauvret\u00e9, le travail comme privil\u00e8ge et non un droit, un travail dont la condition n\u2019est surtout plus humaine, une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle \u00eatre soi signifie solitude, performance, comp\u00e9tition. En fin de parcours, elle nous appelle \u00e0 la solidarit\u00e9, \u00e0 la fraternit\u00e9 pour contrer le despotisme \u00e9conomique.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\">CRITIQUE<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Je tire mon chapeau \u00e0 ces professeurs et chercheurs qui ont eu le courage de pr\u00e9senter une analyse des enjeux de l\u2019insertion socioprofessionnelle sans souscrire \u00e0 la rectitude politique voire positiviste de l\u2019air du temps. Mon enthousiasme pour ce livre n\u2019est pas \u00e9tranger au fait que je partage enti\u00e8rement les propos de la majorit\u00e9 des auteurs. Enfin un livre qui ose aborder lucidement les vrais probl\u00e8mes de l\u2019insertion socioprofessionnelle et qui n\u2019est pas un livre de recettes. Les propos pr\u00e9sent\u00e9s dans ce livre ne sont pas gratuits et sont forts bien document\u00e9s, l\u2019argumentation pr\u00e9sent\u00e9e est bien \u00e9tay\u00e9e et s\u2019appuie sur des recherches s\u00e9rieuses et rigoureuses.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le premier chapitre introduit bien le th\u00e8me de l\u2019insertion socioprofessionnelle des jeunes et pose d\u2019embl\u00e9e les questions qui resteront la trame de fond de l\u2019ensemble du livre. Le deuxi\u00e8me chapitre s\u2019inscrit dans la suite logique du premier. Par contre, il aurait \u00e9t\u00e9 utile que l\u2019auteure nous donne une d\u00e9finition du concept de d\u00e9saffiliation. Ce concept r\u00e9f\u00e8re-t-il strictement \u00e0 un d\u00e9crochage du march\u00e9 du travail ou \u00e0 un d\u00e9crochage soci\u00e9tal? Ou les deux, \u00e0 la fois? De m\u00eame que l\u2019on parle de glissement vers des zones de vuln\u00e9rabilit\u00e9, d\u2019\u00e9tat de vuln\u00e9rabilit\u00e9s, de zones de d\u00e9sengagement conduisant \u00e0 la d\u00e9saffiliation en marge du syst\u00e8me social. Les termes: syst\u00e8me social et march\u00e9 du travail sont-ils \u00e9quivalents? L\u2019utilisation du concept par rapport aux jeunes toxicomanes alimente la confusion. Ceci dit, la pertinence des questions pr\u00e9sent\u00e9es dans ce texte ne peut laisser le lecteur indiff\u00e9rent et l\u2019auteure nous convie \u00e0 une r\u00e9flexion originale. La partie qui traite de l\u2019analyse des r\u00e9sultats concernant le soutien social et l\u2019adaptation dans le troisi\u00e8me chapitre, est moins accessible au lecteur non familier des m\u00e9thodes quantitatives. Les termes comme deuxi\u00e8me racine du score factoriel, variance standardis\u00e9e, corr\u00e9lation canonique obscurcissent le sens du texte. La m\u00eame critique s\u2019adresse au chapitre 6, en ce qui a trait \u00e0 l\u2019utilisation des termes suivants: m\u00e9thode clinique, perspective herm\u00e9neutique et constructiviste, description positiviste ou de v\u00e9rification empirique. Ces termes sont difficilement intelligibles pour les personnes qui ne connaissent pas la recherche qualitative. Il faut tenir compte de lecteurs qui n\u2019ont pas de formation en recherche qu\u2019elle soit quantitative ou qualitative, \u00e0 plus forte raison dans un livre qui d\u00e9nonce l\u2019exclusion\u2026<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me chapitres ont des liens moins t\u00e9nus par rapport \u00e0 l\u2019ensemble du livre. Ces chapitres qui ne manquent pas d\u2019int\u00e9r\u00eats ne participent pas au m\u00eame niveau \u00e9pist\u00e9mologique que les autres parties de l\u2019ouvrage. Au sixi\u00e8me chapitre, on parle de dissonance cognitive, de m\u00e9canisme de d\u00e9fense, de strat\u00e9gies comportementales, d\u2019\u00e9quilibre entre deux \u00e9l\u00e9ments contradictoires, en fait des situations o\u00f9 l\u2019intol\u00e9rable et l\u2019indispensable se c\u00f4toient. Il aurait \u00e9t\u00e9 bon que les auteures situent mieux le cadre th\u00e9orique. En effet, les termes employ\u00e9s ont des acceptations de sens qui d\u00e9pendent du cadre th\u00e9orique. Ce cadre est-il humaniste, analytique, cognitiviste?<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">On ne peut pas traiter sur un m\u00eame pied des strat\u00e9gies d\u2019adaptation (coping) que des m\u00e9canismes de d\u00e9fense. Il est aussi \u00e9tonnant que les auteures n\u2019aient pas cit\u00e9 Festinger, le p\u00e8re de la th\u00e9orie de la dissonance cognitive. Les septi\u00e8me et huiti\u00e8me chapitre pr\u00e9sentent des pistes innovatrices d\u2019intervention qui ouvrent des espaces de plus grande conscience sociale. \u00c0 la fin du livre, on pr\u00e9sente en guise de conclusion le texte de Susan St-Onge. Ce texte se suffit \u00e0 lui-m\u00eame. Il se situe certes dans le th\u00e8me de l\u2019insertion socioprofessionnelle, mais n\u2019est pas \u00e0 proprement parler une conclusion. La conclusion devrait \u00eatre un retour r\u00e9capitulatif mettant en lien les diff\u00e9rents chapitres.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Enfin, toutes ces critiques sont minimes tant que ce livre a soulev\u00e9 mon enthousiasme. Ce livre est un bel outil pour aborder la probl\u00e9matique de l\u2019insertion socioprofessionnelle au-del\u00e0 d\u2019une perspective strictement individuelle. Cet ouvrage annonce, l\u2019\u00e9mergence d\u2019un d\u00e9bat de fond sur l\u2019insertion socioprofessionnelle, qui \u00e0 mon avis, a \u00e9t\u00e9 largement esquiv\u00e9 depuis la fin des ann\u00e9es 1970. Ainsi, ce livre est un apport significatif sur le plan de la connaissance, plus particuli\u00e8rement pour les \u00e9tudiants et les intervenants des divers domaines li\u00e9s aux domaines de la carri\u00e9rologie. Je ne manquerais pas de recommander cet ouvrage \u00e0 mes \u00e9tudiants pour qu\u2019ils puissent dans leur pratique, accorder une toute aussi grande importance aux dimensions sociales qu\u2019individuelles, et ce dans l\u2019optique de construire un monde meilleur.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b> Bernard Rivi\u00e8re, Ph.D.<br \/>\nProfesseure<br \/>\nDirecteur du programme de d\u00e9veloppement de carri\u00e8re<br \/>\nUniversit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al<\/b><\/p>\n<p><!--auteur-titre --><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Normand_Pettersen_potentiel.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6049\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Normand_Pettersen_potentiel-195x300.jpg\" alt=\"Normand_Pettersen_potentiel\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Normand_Pettersen_potentiel-195x300.jpg 195w, https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Normand_Pettersen_potentiel.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/a><\/p>\n<p><b>Normand Pettersen<\/b><br \/>\n<i>\u00c9valuation du potentiel humain dans les organisations<br \/>\n<\/i>Montr\u00e9al : Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, 2000<br \/>\n396 pages, ISBN 2-7605-1051-4, 49,00$CAN<br \/>\nPresses de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.puq.uquebec.ca\/accueil.html\"><u>http:\/\/www.puq.uquebec.ca\/accueil.html<\/u><\/a><\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le volume de Pettersen est tr\u00e8s int\u00e9ressant non pas de par les nouvelles informations qu&rsquo;il apporte, mais plut\u00f4t par la fa\u00e7on dont il les apporte. La perspective de l&rsquo;auteur est celle d&rsquo;un praticien des ressources humaines aux prises avec la t\u00e2che d&rsquo;\u00e9laborer et de valider un instrument de s\u00e9lection du personnel. Les questions sur lesquelles Pettersen s&rsquo;arr\u00eate sont par cons\u00e9quent tr\u00e8s pertinentes aux praticiens et les r\u00e9ponses qu&rsquo;il apporte sont claires et directement applicables.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le premier chapitre, Pettersen aborde une question rarement soulev\u00e9e dans les ouvrages de psychom\u00e9trie: la valeur de l&rsquo;instrument. Non pas la valeur psychom\u00e9trique mais la valeur financi\u00e8re. Est-ce que l&rsquo;instrument contribue \u00e0 une s\u00e9lection plus rentable des employ\u00e9s? Y a-t-il une valeur ajout\u00e9e? Ces questions ne sont pas toujours prioritaires pour les sp\u00e9cialistes de la mesure mais elles sont fondamentales pour les gestionnaires. Malheureusement, les r\u00e9ponses propos\u00e9es par Pettersen reposent sur les mod\u00e8les de Taylor-Russel et de Brogden-Cronbach-Gleser qui datent de plusieurs d\u00e9cennies et dont l&rsquo;utilit\u00e9 a souvent \u00e9t\u00e9 remise en question. De plus, l&rsquo;utilit\u00e9 et la qualit\u00e9 d&rsquo;un instrument de mesure sont g\u00e9n\u00e9ralement multidimensionnelles et il devient dangereux de trop chercher \u00e0 les r\u00e9duire pour faciliter la d\u00e9cision. Il est tout de m\u00eame important de traiter de cette question et de ne pas cesser de s&rsquo;y int\u00e9resser.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pettersen consacre les deux chapitres suivants \u00e0 la validit\u00e9, d&rsquo;abord de contenu et ensuite reli\u00e9e \u00e0 un crit\u00e8re. Dans ces deux chapitres, nous sentons que l&rsquo;auteur s&rsquo;\u00e9loigne quelque peu de son objectif premier. Il quitte le \u00ab\u00a0comment faire\u00a0\u00bb et s&rsquo;attarde au \u00ab\u00a0pourquoi\u00a0\u00bb. Il pr\u00e9sente une excellente synth\u00e8se des \u00e9crits sur l&rsquo;importance de la validit\u00e9, des contraintes et des limites de l&rsquo;\u00e9laboration qui, ensuite, affectent la validit\u00e9. Ses explications sont appuy\u00e9es de nombreux exemples qui mettent en contexte les notions pr\u00e9sent\u00e9es. Un retour aux mod\u00e8les de prise de d\u00e9cision bas\u00e9s sur les r\u00e9sultats des analyses de validit\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 encore plus utile .<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur nous surprend un peu en pr\u00e9sentant les notions de fid\u00e9lit\u00e9 apr\u00e8s les notions de validit\u00e9. Surtout, puisqu&rsquo;il d\u00e9bute le chapitre en disant \u00ab\u00a0pour \u00eatre utile, une mesure doit d&rsquo;abord \u00eatre fiable, exacte et digne de confiance\u00a0\u00bb (p.153). Toutefois, la pr\u00e9sentation est bien faite, les exemples sont clairs et les principales notions sont incluses. Encore une fois, une int\u00e9gration pratique, aurait permis \u00e0 ce volume de se distinguer davantage de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Les chapitres cinq et six forment le c\u0153ur de l&rsquo;ouvrage de Pettersen. Dans ces chapitres, il abordent l&rsquo;\u00e9laboration de l&rsquo;instrument. D&rsquo;abord, en discutant de la d\u00e9termination du domaine \u00e0 mesurer et ensuite en discutant de l&rsquo;\u00e9laboration de l&rsquo;instrument m\u00eame. Ici encore, nous retrouvons des applications pratiques et des suggestions tr\u00e8s utiles. Les t\u00e2ches \u00e0 accomplir sont pr\u00e9sent\u00e9es sans consid\u00e9ration de l&rsquo;ampleur ou de l&rsquo;\u00e9tendue de l&rsquo;instrument d\u00e9sir\u00e9. Ainsi, comme le souligne Pettersen, le temps et l&rsquo;\u00e9nergie consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de l&rsquo;instrument varient grandement m\u00eame si la s\u00e9quence des t\u00e2ches et la rigueur, eux, devraient \u00eatre fixes.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant que l&rsquo;auteur int\u00e8gre l&rsquo;usage de l&rsquo;informatique dans ses d\u00e9monstrations. Aujourd&rsquo;hui, il est douteux qu&rsquo;un praticien n&rsquo;ait pas recours \u00e0 des logiciels de traitement de donn\u00e9es afin d&rsquo;effectuer ses analyses statistiques, pourtant, il n&rsquo;en n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 mention dans le volume.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Un aspect de l&rsquo;utilisation des instruments de mesure qui est omnipr\u00e9sent mais qui n&rsquo;est pas directement discut\u00e9 est l&rsquo;\u00e9thique dans l&rsquo;utilisation des instruments. Nous sentons, tout au long, que l&rsquo;auteur se pr\u00e9occupe du respect des individus et de leurs droits, mais il serait opportun de ne pas manquer une occasion de souligner l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9thique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">En conclusion, malgr\u00e9 ses limites, le volume de Pettersen est un outil tr\u00e8s int\u00e9ressant pour les gestionnaires des ressources humaines. Son utilisation serait certainement tr\u00e8s appropri\u00e9e dans la formation de ces gestionnaires.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b>Robert Beaudoin Ph.D.<br \/>\nProfesseur<br \/>\nUniversit\u00e9 de Moncton<\/b><\/p>\n<p><!--auteur-titre --><\/p>\n<hr width=\"100%\" \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Claude_Dubar_crise.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6050\" src=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Claude_Dubar_crise-198x300.jpg\" alt=\"Claude_Dubar_crise\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Claude_Dubar_crise-198x300.jpg 198w, https:\/\/www.carrierologie.uqam.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Claude_Dubar_crise.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a><\/p>\n<p><b>Claude Dubar<br \/>\n<\/b><i>La crise des identit\u00e9s: l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une mutation, 2<sup>e<\/sup> \u00e9dition<br \/>\n<\/i>Paris\u00a0: PUF, 2001<br \/>\n248 pages, ISBN 2-1305 2232-7, 23 Euros<br \/>\nPresses Universitaires de France\u00a0:<a href=\"http:\/\/www.puf.com\"><u>http:\/\/www.puf.com<\/u><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La perspective d\u00e9fendue dans ce livre est reli\u00e9e \u00e0 deux op\u00e9rations qui sont, selon l\u2019auteur, \u00e0 l\u2019origine du paradoxe de l\u2019identit\u00e9\u00a0: l\u2019identit\u00e9 c\u2019est la diff\u00e9rence et l\u2019identit\u00e9 c\u2019est l\u2019appartenance commune. \u201cCe qui est d\u2019unique est ce qui est partag\u00e9\u201d (p.3). Pour lui, ce paradoxe ne peut pas \u00eatre lev\u00e9 si on ne prend pas en compte l\u2019\u00e9l\u00e9ment commun aux deux op\u00e9rations, soit l\u2019identification de et par l\u2019autre. Selon l\u2019auteur, il n\u2019y a pas d\u2019identit\u00e9 sans alt\u00e9rit\u00e9 et de plus, les identit\u00e9s comme les alt\u00e9rit\u00e9s subissent des variations au cours de l\u2019histoire et sont d\u00e9pendantes de leur contexte de d\u00e9finition. C\u2019est la relation entre ces deux processus d\u2019identification qui est pr\u00e9sent\u00e9e tout au long de ce livre et qui, selon l\u2019auteur est \u201cau fondement de la notion des formes identitaires\u201d (p.4).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il nous pr\u00e9sente, \u00e0 partir de ce qu\u2019il nomme comme \u00e9tant \u201cune hypoth\u00e8se structurante de l\u2019existence d\u2019un mouvement historique, \u00e0 la fois tr\u00e8s ancien et tr\u00e8s incertain o\u00f9 il y a des passages d\u2019un certain mode d\u2019identification \u00e0 un autre\u201d (p.4), les dynamiques historiques des formes identitaires (premier chapitre) et les dynamiques de la famille et crise des identit\u00e9s sexu\u00e9es (deuxi\u00e8me chapitre). Selon lui, les processus historiques qui sont \u00e0 la fois collectifs et individuels modifient la configuration des formes identitaires d\u00e9finies comme des modalit\u00e9s d\u2019identification. Les premi\u00e8res formes identitaires sont les formes communautaires qu\u2019il identifie comme \u00e9tant les plus anciennes o\u00f9 \u201cchaque individu a une appartenance consid\u00e9r\u00e9e comme principale en tant que membre de sa communaut\u00e9 et une position singuli\u00e8re en tant qu\u2019occupant une place au sein de celle-ci\u201d(p.5). Il pr\u00e9sente aussi les formes soci\u00e9taires qui sont plus r\u00e9centes, voire en \u00e9mergence, o\u00f9 l\u2019individu \u201cposs\u00e8de de multiples appartenances qui peuvent changer au cours d\u2019une vie. C\u2019est la croyance dans l\u2019identit\u00e9 personnelle qui conditionne les formes d\u2019identification soci\u00e9taire aux divers groupes (familiaux, professionnels, religieux, politiques) consid\u00e9r\u00e9s comme des r\u00e9sultantes de choix personnels et non comme des assignations h\u00e9rit\u00e9es\u201d (p.5). Dans ce livre, l\u2019auteur ne veut pas opposer les identit\u00e9s collectives \u00e0 des identit\u00e9s individuelles. Il cherche d\u2019abord \u201c\u00e0 conceptualiser les diverses mani\u00e8res d\u2019identifier les individus en les r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des points de vue typiques, de distinguer les modalit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de construction de cat\u00e9gories d\u2019identification\u201d (p.6). Ensuite, il veut mieux comprendre, \u00e9clairer, interroger la relation entre les deux formes identitaires sociales typiques, soit communautaires et soci\u00e9taires. Ces formes identitaires sont aussi pour lui deux mani\u00e8res d\u2019identifier les autres et de s\u2019identifier soi-m\u00eame, ce qui met en jeu la double identification, pour autrui et pour soi, m\u00eame si elles le font de mani\u00e8re significativement diff\u00e9rente. \u201cCes dimensions relationnelles et biographiques de l\u2019identification se combinent pour d\u00e9finir ce que l\u2019auteur appelle \u201cdes formes identitaires, formes sociales d\u2019identification des individus en relation avec les autres et dans la dur\u00e9e d\u2019une vie\u201d (p.6). Selon lui, l\u2019identit\u00e9 n\u2019est pas seulement sociale, elle est aussi personnelle.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans sa perspective, les crises identitaires peuvent \u00eatre pens\u00e9es comme \u00e9tant des perturbations des relations qui sont relativement stables qui nous permettent de structurer les autres et soi-m\u00eame. La rupture de cet \u00e9quilibre constitue une dimension importante et sp\u00e9cifique de la crise. Ainsi, il parle de \u201ccrise du lien social\u201d et que l\u2019on a qualifi\u00e9 de \u201cnouvelle pauvret\u00e9\u201d et c\u2019est celui d\u2019exclusion qui s\u2019est le plus r\u00e9pandu dans le discours. Il ne s\u2019agit plus pour lui de d\u00e9signer simplement une d\u00e9gradation des ressources \u00e9conomiques mais aussi de souligner les transformations et les ruptures des relations sociales ant\u00e9rieures. Le changement aux plans des normes, des mod\u00e8les, de la terminologie provoque une d\u00e9stabilisation des rep\u00e8res, des appellations, des syst\u00e8mes symboliques ant\u00e9rieurs. \u201cCette dimension, m\u00eame si elle est complexe et cach\u00e9e, touche une question cruciale\u00a0: celle de la subjectivit\u00e9, du fonctionnement psychique et des formes d\u2019individualit\u00e9 ainsi mises en question\u201d (p.11). En fait, il parle de crise qui \u201caffecte \u00e0 la fois les comportements \u00e9conomiques, les relations sociales et les subjectivit\u00e9s individuelles\u201d (p.11). Ainsi, l\u2019auteur essaie de relier la crise des liens sociaux aux crises existentielles de la subjectivit\u00e9 et nous propose de comprendre la nature de cette nouvelle forme de lien social qui \u00e9merge du processus historique.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019int\u00e9r\u00eat dans cet ouvrage c\u2019est que l\u2019on arr\u00eate de r\u00e9duire le social \u00e0 l\u2019\u00e9conomique d\u2019une part et d\u2019autre part, on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la subjectivit\u00e9, aux repr\u00e9sentations de l\u2019\u00eatre humain et \u00e0 l\u2019impact sur ses propres conceptions de soi et des autres.<\/p>\n<h3 class=\"s-titre\">La d\u00e9marche du livre<\/h3>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le premier chapitre, l\u2019auteur pr\u00e9sente les dynamiques historiques des formes identitaires en s\u2019appuyant comme il le souligne, sur \u201ctrois \u00e9difices th\u00e9oriques\u201d qui privil\u00e9gient trois grands processus historiques particuliers et qui ont tent\u00e9 \u00e0 leur mani\u00e8re, de relier la crise des liens sociaux aux crises existentielles de la subjectivit\u00e9. Il y a celui de Norbert \u00c9lias qui parle du <i>processus de civilisation<\/i> qui renvoie \u00e0 une notion d\u2019identit\u00e9 \u201cNous-Je\u201d. Il y a celui de Max Weber, soit le <i>processus de rationalisation <\/i>qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la relation historique entre le lien communautaire et le lien soci\u00e9taire. Finalement, celui de Marx et Angels pour d\u00e9crire le <i>processus de lib\u00e9ration <\/i>qui est vu comme \u00e9tant le renversement de la domination d\u2019une classe sur une autre et comme le passage des soci\u00e9t\u00e9s communautaires pr\u00e9capitalistes \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s communistes postcapitalistes. Il identifie un point commun \u00e0 ces th\u00e9ories qui est l\u2019hypoth\u00e8se que la d\u00e9finition m\u00eame de l\u2019individu et de sa place dans le processus social change progressivement au cours de l\u2019histoire. L\u2019auteur cherche \u00e0 comprendre quelle est la nature de cette nouvelle forme de lien social qui \u00e9merge du processus historique. En fait, les formes identitaires sont pour lui, mises en question par les \u00e9volutions \u00e9conomiques et par les mouvements sociaux de toute esp\u00e8ce. Il y a \u201cdes mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve constantes de la gestion identitaire que les individus doivent faire d\u2019eux-m\u00eames et des autres, dans tous les aspects de la vie sociale et dans toutes les sph\u00e8res de l\u2019existence personnelle\u201d (p.56). C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019il va \u00e9tudier dans le deuxi\u00e8me, le troisi\u00e8me et le quatri\u00e8me chapitre.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Dans le deuxi\u00e8me chapitre, il pr\u00e9sente l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une mutation au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es de la configuration des formes identitaires dans le champ de la famille et des relations entre les sexes. Il examine en quoi les transformations de la famille, la conjugalit\u00e9 et la parentalit\u00e9 d\u00e9bouchent sur une crise. Il examine aussi en quoi les \u00e9volutions de la relation amoureuse, de son sens et de ses enjeux d\u00e9bouchent sur une crise des identit\u00e9s sexu\u00e9es. Il en arrive \u00e0 dire suite \u00e0 ses analyses, que l\u2019on ne sait plus vraiment ce que veut dire \u00eatre une m\u00e8re ou un p\u00e8re, un mari ou une \u00e9pouse, un beau-p\u00e8re ou une belle-m\u00e8re. En plus, on n\u2019est plus s\u00fbr de savoir au fond ce que sont le masculin et le f\u00e9minin. En fait, cette crise des identit\u00e9s d\u00e9montrent que l\u2019on ne sait plus bien \u00e0 quoi s\u2019en tenir \u201c\u00eatre un homme ou une femme est en train de devenir une question d\u2019histoire, de projet, de parcours biographique, de construction identitaire tout au long de la vie\u201d (p. 93). Ainsi, il souligne que \u201cles identit\u00e9s intimes ne sont pas l\u00e9gitim\u00e9es et qu\u2019ils manquent de ressources pour pouvoir s\u2019exprimer et se faire reconna\u00eetre\u2026 et que les projets de vie sont de plus en plus incertains\u201d (p.93). On peut voir ici l\u2019importance dans un processus d\u2019orientation de l\u00e9gitimer ce que vit la personne et de l\u2019aider \u00e0 se dire et \u00e0 se <i>re<\/i>conna\u00eetre dans ses comp\u00e9tences et dans ses actions.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le troisi\u00e8me chapitre pr\u00e9sente la crise des identit\u00e9s professionnelles. Pour l\u2019auteur, \u201cles identit\u00e9s professionnelles sont des mani\u00e8res socialement reconnues, pour les individus, de s\u2019identifier les uns les autres, dans le champ du travail et de l\u2019emploi\u201d (p. 96). Il s\u2019int\u00e9resse aux \u00e9volutions de l\u2019emploi et aux transformations du travail, au plan de leur sens et des rapports sociaux qu\u2019ils mettent en jeu. De ce fait, la question des rapports subjectifs \u00e0 l\u2019emploi, des implications dans le travail et dans ses rapports sociaux d\u00e9bouche sur une tentative d\u2019\u00e9lucider ce que signifie la crise des identit\u00e9s professionnelles. Il questionne les bouleversements (ch\u00f4mage total ou la pr\u00e9-retraite) reli\u00e9s \u00e0 l\u2019exclusion situant les individus hors du mod\u00e8le de la comp\u00e9tence et qui les plonge dans des processus sociaux et psychiques de la d\u00e9socialisation impliquant toutes les sph\u00e8res de l\u2019existence, y compris celle de la citoyennet\u00e9. Bien que, comme l\u2019affirme l\u2019auteur, sous les coups du boutoir de la rationalisation, cela ne d\u00e9bouche pas toujours sur l\u2019exclusion, il y a tout de m\u00eame des alternatives douloureuses entre reconversion incertaine et le reclassement des emplois souvent d\u00e9valu\u00e9s. Selon l\u2019auteur, le dernier cri du mod\u00e8le de la comp\u00e9tence suppose que l\u2019individu soit rationnel et autonome en g\u00e9rant par lui-m\u00eame ses formations et ses p\u00e9riodes de travail selon une logique entrepreneuriale de \u201c<i>maximisation de soi\u201d.<\/i> \u201cCette forme tourn\u00e9e vers la r\u00e9alisation de soi, l\u2019\u00e9panouissement personnel, dans un contexte de forte comp\u00e9tition, met les individus dans l\u2019obligation d\u2019affronter l\u2019incertitude et, de plus en plus souvent, la pr\u00e9carit\u00e9 en tentant de lui donner un sens\u201d (p.127). Pour lui, \u201csi l\u2019aboutissement de trente ans de crise de l\u2019emploi, de transformation du travail dans le sens de la responsabilit\u00e9 individuelle, de la valorisation de la comp\u00e9tence personnelle et de l\u2019employabilit\u00e9 de chacun a \u00e9t\u00e9 de faire de cette derni\u00e8re forme identitaire la seule d\u00e9sirable dans l\u2019avenir, la seule susceptible de reconnaissance temporaire, la seule \u00e0 proposer \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration nouvelle, alors nous sommes entr\u00e9s dans une crise identitaire permanente\u201d (p.127). Cette situation am\u00e8ne l\u2019auteur \u00e0 poser plusieurs questions, que je crois fondamentales pour guider nos interventions. Ce chapitre nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir sur ces questions fondamentales qui sont souvent au c\u0153ur des crises v\u00e9cues par les personnes qui nous consultent.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le quatri\u00e8me chapitre qui s\u2019intitule \u201cReligion, politique et crise des identit\u00e9s symboliques\u201d nous am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les pr\u00e9occupations principales de nos contemporains, sinon exclusives, qui sont d\u2019aimer et avoir une famille, de travailler et avoir un emploi. Pour l\u2019auteur cela n\u2019est pas suffisant pour d\u00e9finir notre identit\u00e9. Pour lui l\u2019identit\u00e9 en plus d\u2019\u00eatre un nom de famille, h\u00e9rit\u00e9 d\u2019une lign\u00e9e et parfois, reli\u00e9e \u00e0 une cat\u00e9gorie socioprofessionnelle, c\u2019est aussi une nationalit\u00e9 qui implique, dans les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques, la citoyennet\u00e9. Ainsi, avoir une nationalit\u00e9 ce n\u2019est pas seulement b\u00e9n\u00e9ficier de droits, mais c\u2019est aussi un devoir d\u2019exprimer des pr\u00e9f\u00e9rences par le vote d\u00e9mocratique. Ici, il fait r\u00e9f\u00e9rence aux valeurs et aux croyances qui motivent les choix et qui d\u00e9finissent les identit\u00e9s dites symboliques. Ce chapitre permet de parler de crise des id\u00e9ologies dans le sens de syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation du monde ou encore, des identit\u00e9s symboliques au sens des convictions en mati\u00e8re religieuse ou politique. Ainsi, l\u2019auteur \u201cexamine la th\u00e8se de la crise des repr\u00e9sentations des identit\u00e9s symboliques, en \u00e9troite relation avec la question des repr\u00e9sentations, non seulement cognitives mais politiques, nous seulement id\u00e9ologiques mais personnelles\u201d (p.130). Suite \u00e0 ses r\u00e9flexions, il en arrive \u00e0 dire que la citoyennet\u00e9 suppose une forme de l\u00e9gitimit\u00e9 permettant par \u00e9lection de se sentir personnellement repr\u00e9sent\u00e9 par des \u00e9lus que l\u2019on peut sentir comme \u00e9tant des porte-parole des vrais probl\u00e8mes v\u00e9cus par la soci\u00e9t\u00e9 et en m\u00eame temps, que ces d\u00e9cideurs politiques soient efficaces et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s dans la sph\u00e8re du pouvoir. Parall\u00e8lement \u00e0 cela, il doit y avoir une identit\u00e9 personnelle (soi-m\u00eame) en tant que sujet actif et donc citoyen \u00e0 part enti\u00e8re, avec une forme de r\u00e9flexivit\u00e9 (SOI) qui soit \u00e0 la fois l\u2019expression de son Moi, un \u00eatre social pour autrui avec une conviction forg\u00e9e par soi-m\u00eame et permettant ainsi, une forme d\u2019engagement citoyen. Dans ce sens, l\u2019auteur affirme que \u201cla r\u00e9flexivit\u00e9 poss\u00e8de une dimension politique qui ne peut se d\u00e9velopper que si la l\u00e9gitimit\u00e9 du Pouvoir est objectivement garantie et subjectivement signifiante\u2026 et pour lui, c\u2019est \u2026cette dimension qui est en crise dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise\u201d (p.160). \u00c0 mon avis, on pourrait aussi facilement reconna\u00eetre cette crise en Am\u00e9rique du Nord. De plus, l\u2019auteur affirme que plus personne n\u2019a une id\u00e9e claire et indiscutable de l\u2019avenir, du progr\u00e8s, plus personne ne croit \u00e0 une solution miracle aux probl\u00e8mes, plus personne ne peut plus accorder aveugl\u00e9ment sa confiance \u00e0 un parti sur la base de ses proclamations g\u00e9n\u00e9reuses. Ainsi, il affirme que l\u2019on doit \u201ctrouver en soi des raisons de choisir tel ou tel repr\u00e9sentant, tel ou tel programme, telle ou telle option\u201d (p.160), mais de sa perspective, une question demeure, c\u2019est-\u00e0-dire sur quelles bases peut-on faire ce choix\u00a0? Pour ce faire, l\u2019auteur propose d\u2019affronter l\u2019incertitude et renforcer la r\u00e9flexivit\u00e9 personnelle, en m\u00eame temps que les engagements solidaires. Pour lui, \u201cla question de l\u2019identit\u00e9 personnelle ne peut pas \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de la politique, pas plus du travail, et de son avenir, et donc des politiques publiques de l\u2019emploi, pas plus que de la famille, des politiques \u00e9ducatives, sanitaires, sociales\u2026 L\u2019identit\u00e9 personnelle est aussi ins\u00e9parable de la trajectoire professionnelle, du sens de l\u2019activit\u00e9 dans la dur\u00e9e d\u2019une vie, des opportunit\u00e9s de se former, de progresser, d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des activit\u00e9s qualifiantes que des convictions et engagements politiques, de leur \u00e9volution tout au long d\u2019une vie. Cette construction identitaire est donc \u00e0 la fois une affaire \u00e9minemment priv\u00e9e, et une affaire publique, et donc politique, au sens le plus fort. En tant que citoyen, ou simplement \u00eatre humain, chacun doit pouvoir trouver des ressources pour construire son identit\u00e9 personnelle, y compris des ressources symboliques lui permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la citoyennet\u00e9\u201d (p.161).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Le cinqui\u00e8me chapitre est destin\u00e9 \u00e0 \u00e9lucider la signification de l\u2019expression \u201cconstruction de l\u2019identit\u00e9 personnelle\u201d d\u2019une part et d\u2019autre part, \u00e0 d\u00e9fendre la th\u00e8se selon laquelle les crises sont au c\u0153ur de cette construction, toujours fragile et inachev\u00e9e qu\u2019est la construction d\u2019un sujet plong\u00e9 dans une forme sociale \u00e0 dominance \u201csoci\u00e9taire\u201d. Ainsi, l\u2019auteur tente \u201cd\u2019\u00e9lucider les relations entre cette notion d\u2019identit\u00e9 personnelle et les formes identitaires construites dans le premier chapitre et rencontr\u00e9es dans les champs de la famille (vie priv\u00e9e), du travail (vie professionnelle) et de la sph\u00e8re politique et religieuse (vie publique ou symbolique)\u201d. Il tente \u201cd\u2019\u00e9lucider les relations entre processus d\u2019apprentissage et construction identitaire, entre types de savoirs et formes identitaires\u201d (p,217). Il aborde \u201cla question de la mutation des cycles de vie, en cours dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines, et dont l\u2019analyse d\u2019ensemble est loin d\u2019\u00eatre r\u00e9alis\u00e9e\u201d. Il d\u00e9bouche sur \u201cune explication de la notion d\u2019identit\u00e9 narrative qui n\u00e9cessite une analyse des langages de l\u2019identit\u00e9, de la place des r\u00e9cits de vie dans la construction de l\u2019identit\u00e9 personnelle et de la crise corr\u00e9lative des formes identitaires\u201d. Pour lui, \u201cla construction de l\u2019identit\u00e9 personnelle ne peut \u00e9viter de rencontrer des crises qui ne r\u00e9sultent pas d\u2019abord d\u2019une manque de ressources \u00e9conomiques mais de la structure m\u00eame de la subjectivit\u00e9 humaine d\u00e8s lors qu\u2019elle s\u2019\u00e9mancipe des cadres communautaires\u201d (p,217).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, pour l\u2019auteur, la configuration des formes identitaires, constitu\u00e9e dans la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente, a perdu sa l\u00e9gitimit\u00e9. C\u2019est en cela qu\u2019il parle d\u2019une crise des identit\u00e9s, au sens de d\u00e9stabilisation de l\u2019agencement ant\u00e9rieur des formes identitaires. Il pense que la sociologie classique a tendance \u00e0 r\u00e9duire le social aux formes communautaires et ainsi, de ne pas saisir l\u2019\u00e9mergence de nouvelles formes sociales \u201csoci\u00e9taires\u201d. En fait, il croit que les nouvelles formes sociales qui \u00e9mergent historiquement des formes communautaires sont conceptualis\u00e9s sociologiquement de mani\u00e8re souvent tr\u00e8s ambivalente. Ainsi, c\u2019est souvent la conceptualisation \u00e9conomique qui prend la place laiss\u00e9e vacante par l\u2019absence d\u2019une conceptualisation sociologique satisfaisante. Pour lui, le soci\u00e9taire est alors assimil\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomique et l\u2019identit\u00e9 personnelle au mod\u00e8le abstrait de <i>l\u2019homo oeconomicus<\/i>. Dans sa perspective, c\u2019est la forme la plus courante qu\u2019adopte la sociologie classique pour r\u00e9duire le social \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9conomique, les valeurs symboliques aux valeurs \u00e9conomiques, c\u2019est-\u00e0-dire aux seuls int\u00e9r\u00eats. Par ce livre, l\u2019auteur veut faire prendre conscience des limites de cette r\u00e9duction et \u00e0 ouvrir d\u2019autres perspectives.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">De plus, dans ce chapitre, l\u2019auteur redonne des lettres de noblesse \u00e0 l\u2019apprentissage exp\u00e9rientiel en soulignant que ce processus part de l\u2019action pour y retourner et ainsi, permet la construction personnelle de savoir reconnus \u00e0 partir d\u2019une exp\u00e9rience partag\u00e9e. Pour lui, \u201cl\u2019apprentissage exp\u00e9rientiel permet seul la mise en \u0153uvre de la r\u00e9flexivit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire la construction d\u2019une identit\u00e9 r\u00e9flexive donnant sens \u00e0 une pratique o\u00f9 l\u2019on r\u00e9ussit\u201d(p.185).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Finalement, pour l\u2019auteur, \u201cla crise des identit\u00e9s est une fa\u00e7on d\u2019exprimer un ensemble de processus en interaction et leur moment historique\u201d(p.219). Il y a le processus dans les soci\u00e9t\u00e9s modernes qui fait en sorte que les anciennes formes sociales \u201ccommunautaires\u201d sont constamment remplac\u00e9s par de nouvelles formes sociales qu\u2019il nomme comme \u00e9tant \u201csoci\u00e9taires\u201d. Ce processus repose, selon l\u2019auteur, sur une nouvelle configuration de forces productives o\u00f9 la pr\u00e9\u00e9minence potentielle de l\u2019identit\u00e9 des \u201cJe\u201d sur celles des \u201cNous\u201d. Ainsi, \u201cce processus se d\u00e9roule \u00e0 travers des crises qui sont \u00e0 la fois des crises personnelles, celles des \u201cJe\u201d concern\u00e9s et des crises collectives (\u00e9conomiques, sociales et symboliques) des \u201cNous\u201d d\u00e9structur\u00e9s voire d\u00e9truits\u201d(p.218).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Pour l\u2019auteur, il y a des nouvelles exigences soci\u00e9taires, \u201cconstruire son identit\u00e9 personnelle, \u00eatre soi-m\u00eame, se r\u00e9aliser, \u00eatre comp\u00e9tent et performant, etc.\u201d(p.220). \u201cLes effets d\u00e9stabilisateurs sur les subjectivit\u00e9s de cette mise en question et de ces exigences\u2026 sont ins\u00e9parables des transformations des rapports sociaux et des formes de relations interpersonnelles, des modalit\u00e9s de la relation \u00e0 l\u2019autre\u201d (p.220).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Il ajoute aussi que \u201cLes trente derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es, en France comme ailleurs, par des transformations majeures qui sont loin d\u2019avoir \u00e9puis\u00e9 tous leurs effets\u201d (p.220). \u201cLes identit\u00e9s collectives h\u00e9rit\u00e9es de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente sont d\u00e9stabilis\u00e9es, d\u00e9structur\u00e9es, parfois d\u00e9truites. L\u2019individualisme semble partout triompher\u201d (p.221). Cependant, pour l\u2019auteur, l\u2019individu ne remplace pas le collectif. Il fait valoir leur interd\u00e9pendance en citant \u00c9lias qui dit qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019identit\u00e9 du Je sans identit\u00e9 du Nous. En fait, le processus de socialisation est aussi un processus d\u2019individualisation. Il d\u00e9finit la notion de l\u2019identit\u00e9 personnelle comme \u201ccelle d\u2019un sujet apprenant toute sa vie et agissant avec les autres pour en marquer les deux caract\u00e9ristiques majeures. La premi\u00e8re, c\u2019est d\u2019\u00eatre une subjectivit\u00e9 en devenir permanent\u2026 et qui s\u2019\u00e9difie et se d\u00e9veloppe dans et par les relations avec l\u2019Autre\u201d (p.222) et la deuxi\u00e8me, c\u2019est d\u2019\u00eatre des acteurs sociaux engag\u00e9s \u201cdans des formes d\u2019action qu\u2019ils veulent pouvoir infl\u00e9chir, discuter, contr\u00f4ler. Ils se dotent ainsi, gr\u00e2ce \u00e0 leur exp\u00e9rience, de capacit\u00e9s subjectives, de r\u00e9flexivit\u00e9 et de formes d\u2019expression, de r\u00e9f\u00e9rences et de rep\u00e8res, de convictions et d\u2019argumentaires\u201d (p.222). Ainsi, l\u2019auteur nous pr\u00e9sente comment le sujet apprenant doit se construire et s\u2019approprier son propre langage, le langage de son identit\u00e9 personnelle. Il parle d\u2019un Je r\u00e9flexif qui se construit dans un processus de langage \u00e0 soi. L\u2019identit\u00e9 personnelle ne se r\u00e9duit pas seulement \u00e0 la r\u00e9flexivit\u00e9 car le sujet apprenant toute la vie est devenu une histoire. Ainsi, la dimension biographique est une composante essentielle de l\u2019identit\u00e9 personnelle. Raconter sa vie, c\u2019est trouver une intrigue susceptible de guider la s\u00e9lection des \u00e9pisodes et leur encha\u00eenement, des personnages et de leur influence. C\u2019est construire une intrigue articulant ces deux niveaux et permettant donner un sens \u00e0 sa vie, \u00e0 la fois une direction et une signification compr\u00e9hensibles par autrui. Cette biographie est travers\u00e9e de crises car l\u2019identit\u00e9 n\u2019est jamais acquise, toujours en qu\u00eate d\u2019elle-m\u00eame, toujours expos\u00e9e aux changements et aux remises en cause (p.225). Ainsi, l\u2019auteur affirme, qu\u2019on ne peut pas, \u201cs\u00e9parer compl\u00e8tement l\u2019interpr\u00e9tation des formes identitaires socialement identifiables de l\u2019analyse compr\u00e9hensive et clinique des processus d\u2019expression de la subjectivit\u00e9 singuli\u00e8re\u201d(p.226).<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteur souligne en conclusion de son livre, \u201c\u00e0 quel point les questions de vocabulaire peuvent constituer des obstacles difficiles \u00e0 surmonter pour qui veut proposer une approche compr\u00e9hensive des dynamiques identitaires. Selon que le lecteur aura en t\u00eate, avant tout, le langage des <i>identit\u00e9s collectives<\/i> (l\u2019ethnie, la culture h\u00e9rit\u00e9e, la nation, la classe, etc.) ou celui de <i>l\u2019identit\u00e9 personnelle<\/i> (le soi, le soi-m\u00eame, l\u2019intime, le subjectif, etc.), son point de vu initial sera diff\u00e9rent.\u201d(p.228). Pour ma part, en d\u00e9butant ce livre, j\u2019avais en t\u00eate le point de vue de l\u2019identit\u00e9 personnelle. Dans ma perspective, il est important d\u2019explorer et de comprendre comment l\u2019autre s\u2019est construit et comment il construit son monde pour en d\u00e9crypter les caract\u00e9ristiques de l\u2019individu. De plus, je trouve que la relation \u00e0 l\u2019autre est tr\u00e8s importante pour la r\u00e9ussite du processus de d\u00e9veloppement vocationnel de l\u2019individu, en particulier l\u2019alliance de travail. Certes, au fur et \u00e0 mesure que j\u2019avan\u00e7ais dans ma lecture, je me suis rendu compte que nous avions un langage commun et des perceptions semblables car l\u2019auteur cherche \u00e0 comprendre comment s\u2019inscrit, les diverses exp\u00e9riences v\u00e9cues dans un milieu donn\u00e9 dans l\u2019identit\u00e9 et comment on peut aider l\u2019individu \u00e0 faire des choix \u00e9clair\u00e9s en passant par la route de sa propre subjectivit\u00e9. Il me semble que cette fa\u00e7on de voir et de faire permet d\u2019aller au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 personnelle et professionnelle. Je pense aussi que c\u2019est seulement \u00e0 partir de ce lieu que l\u2019on peut accompagner l\u2019autre dans ses passages oblig\u00e9s tout au long de sa vie.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">Ce livre nous fait effectivement explorer les influences majeures des changements sociaux, \u00e9conomiques, politiques et personnelles sur l\u2019identit\u00e9. L\u2019individu se construit constamment en lien avec ces bouleversements et ces crises qui participent \u00e0 fa\u00e7onner ce que l\u2019on est. Comme l\u2019auteur le souligne, ces crises \u201ctouchent souvent ce qu\u2019il y a de plus profond et de plus intime dans son rapport au monde, aux autres mais aussi \u00e0 soi\u2026\u201d (p.167). Il affirme aussi que \u201cles crises se multiplient dans toutes les existences et \u00e0 tous les \u00e2ges, il y a des s\u00e9parations, des divorces ou encore des difficult\u00e9s dans la vie priv\u00e9e jusqu\u2019au drame des licenciements, des mutations forc\u00e9es ou des mises en pr\u00e9retraite brutales en passant par des d\u00e9ceptions politiques, les abandons de croyances, les remises en question des convictions ant\u00e9rieures qui s\u2019effondrent\u201d (p.165). L\u2019auteur parle ici d\u2019\u00e9preuves de ruptures qui frappent de plein fouet d\u2019anciennes conceptions et qui viennent briser l\u2019espoir d\u2019une progression dans la vie sans changement. Par contre, on sait tr\u00e8s bien que de plus en plus de personnes \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte, comme le dit l\u2019auteur, sont confront\u00e9es \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de changer, entre autres, d\u2019emploi, d\u2019habitation, de partenaire, de milieu de vie, etc. Il souligne dans ce livre comment tout changement est g\u00e9n\u00e9rateur de \u201cpetites crises\u201d qui n\u00e9cessitent un travail sur soi, une modification de certaines habitudes et une perturbation des routines ant\u00e9rieures. Pour lui, lorsque les valeurs et les croyances sont mises en cause, la crise, quelles qu\u2019en soient les formes est difficilement in\u00e9vitable. Je crois que ces crises provoquent de s\u00e9rieuses remises en question o\u00f9 le soi est sous tension entre le maintien d\u2019une coh\u00e9sion interne d\u2019une part et d\u2019autre part, une n\u00e9cessit\u00e9 de changement. Ainsi, la coh\u00e9sion du soi est menac\u00e9e car \u201cle soi ainsi agress\u00e9, parfois humili\u00e9, fait souffrir, il se sent orphelin de ses identifications pass\u00e9es, bless\u00e9 dans ses croyances incorpor\u00e9es, honteux souvent des sentiments des autres \u00e0 l\u2019\u00e9gard de soi-m\u00eame\u201d (p.167). Selon l\u2019auteur, ces crises sont identitaires parce qu\u2019elles perturbent l\u2019image de soi, l\u2019estime de soi, la d\u00e9finition m\u00eame que la personne donnait de soi \u00e0 soi-m\u00eame. La personne est sous tension car l\u2019ancienne configuration identitaire est devenue intenable, invivable et corporellement insoutenable. \u201cElle fait souffrir de partout, elle est \u00e9puisante \u00e0 porter, impossible \u00e0 supporter\u2026 L\u2019avenir s\u2019est \u00e9croul\u00e9\u201d (p.167). Et pourtant, pour le moment, comme l\u2019affirme l\u2019auteur, il n\u2019y en a pas d\u2019autre ou encore quelque chose de vague, de flou et m\u00eame de terrifiant parfois, car l\u2019individu ne sait pas s\u2019il va se retrouver un emploi, il se dit qu\u2019il va possiblement se retrouver en bas de l\u2019\u00e9chelle, peut-\u00eatre qu\u2019il sera contraint \u00e0 demeurer seul\u2026 Pour y faire face, souvent l\u2019individu doit tout remettre en question, faire son deuil de ce \u00e0 quoi il s\u2019accroche, depuis si longtemps, et qui vient de c\u00e9der. Ainsi, on peut voir dans les propos de l\u2019auteur ce qui peut se passer lors des transitions professionnelles qui sont porteuses de tensions chez l\u2019individu en qu\u00eate de continuit\u00e9 pour maintenir un sens de soi structurant une coh\u00e9sion interne. Dans cette situation, il pr\u00e9sente comment l\u2019individu n\u2019a de choix que le repli sur soi et qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0 ce qui reste c\u2019est son pass\u00e9, ses racines, son histoire la plus primordiale qui renvoie \u00e0 ce qu\u2019il y a de plus profond chez l\u2019individu et de plus ancien dans son histoire personnelle reli\u00e9e au premier attachement. La personne doit retoucher son essence afin de se <i>re<\/i>conna\u00eetre dans une d\u00e9marche de validation avec l\u2019autre. Et cet autre comme le souligne l\u2019auteur est un <i>Autrui g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9<\/i>. Je crois que la conseill\u00e8re ou le conseiller d\u2019orientation peut jouer ce r\u00f4le afin \u201cd\u2019accompagner la reconstruction identitaire, de servir d\u2019interm\u00e9diaire entre les anciennes identifications en crise, voire en faillite, et les nouvelles en gestation\u201d(p.172). En fait, je crois que la conseill\u00e8re ou le conseiller peut devenir cet \u201c<i>Autrui significatif<\/i> capable de valider, conforter, reconna\u00eetre la nouvelle identit\u00e9 latente qui a pu commencer \u00e0 se dire et qui est susceptible d\u2019\u00eatre reconnue\u2026\u201d (p.172) pour faciliter ce passage de l\u2019ancien au nouveau.. Ainsi, on peut \u201ccomprendre comment le sujet a subjectivement construit des mondes qui ont un sens pour lui et au sein desquels il peut se situer\u2026\u201d (p.207). On peut aussi voir l\u2019importance du r\u00f4le de la conseill\u00e8re ou du conseiller lorsque l\u2019auteur affirme que l\u2019identit\u00e9 personnelle est une configuration dynamique de toutes ces identifications dont le projet de vie assure la coh\u00e9rence intime. Ainsi, l\u2019un des projets de vie qui est au c\u0153ur des pr\u00e9occupations de l\u2019individu est au plan professionnel. De plus, on peut voir l\u2019importance accord\u00e9e par l\u2019auteur \u00e0 la relation \u00e0 l\u2019autre comme \u00e9tant au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 personnelle. Ceci correspond aux recherches sur l\u2019importance de la relation et particuli\u00e8rement de l\u2019alliance de travail dans un processus d\u2019accompagnement de l\u2019autre dans le changement. Ainsi, comme l\u2019auteur, je crois que c\u2019est par cette relation intersubjective qui permet l\u2019\u00e9mergence de l\u2019identit\u00e9 personnelle et ce, depuis les premi\u00e8res exp\u00e9riences d\u2019attachement jusqu\u2019\u00e0 celle qui existe entre la conseill\u00e8re ou le conseiller et la cliente ou le client o\u00f9 il peut y avoir une \u201creconnaissance mutuelle et authentique\u201d de soi par soi et \u00e0 partir de l\u2019autre. Ce livre permet de mieux comprendre les diverses influences que l\u2019individu peut subir et qui fa\u00e7onnent son identit\u00e9 et conditionnent ses comportements.<\/p>\n<p class=\"txt-j\" style=\"text-align: justify;\">\u201cL\u2019identit\u00e9 personnelle est un processus, une histoire, une aventure et rien ne permet de la fixer \u00e0 un moment quelconque de la biographie\u201d (p.210). Je termine cette recension en disant que ce livre permet de faire une analyse des diff\u00e9rentes influences sur la construction de l\u2019identit\u00e9. Bien que son cadre de r\u00e9f\u00e9rence soit la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, on peut faire de nombreux liens entre cette soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019\u00e9volution de notre soci\u00e9t\u00e9 nord-am\u00e9ricaine et de mieux comprendre nos histoires personnelles. De plus, je veux souligner encore une fois, que ce livre permet de mieux comprendre comment un individu se construit et de l\u2019aider \u00e0 faire les analyses r\u00e9flexives n\u00e9cessaires pour effectuer des choix \u00e9clair\u00e9s et pour prendre des d\u00e9cisions tout au long de ses projets de vie. Je crois que les conseill\u00e8res et les conseillers d\u2019orientation sauront profiter de cet ouvrage afin de mieux comprendre l\u2019effet des crises personnelles, sociales, \u00e9conomiques et politiques sur la construction de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019individu en qu\u00eate d\u2019un sens de soi tout au long de son parcours de vie, soit de la naissance \u00e0 la mort. C\u2019est \u00e0 travers la trame de sa vie professionnelle et personnelle que l\u2019on va d\u00e9couvrir diff\u00e9rentes tranches significatives de sa vie qui ont particuli\u00e8rement forg\u00e9 son identit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"txt-j\"><b><span class=\"txt-nj\">R\u00e9ginald Savard, Ph.D.,<br \/>\nProfesseur<br \/>\nSecteur Orientation professionnelle,<br \/>\n<\/span><\/b><span class=\"txt-nj\"><b>Facult\u00e9 d\u2019\u00e9ducation, Universit\u00e9 de Sherbrooke<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Genevi\u00e8ve Fournier et Bruno Bourassa (sous la direction de) Les 18 \u00e0 30 ans et le march\u00e9 du travail. 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